La course du mois

La France en Courant de Barbie

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La course du mois
Écrit par Ken   

samedi 2 août 2008 : voilà c'est fini... 

  

Et voilà je suis rentrée à la maison... 15 jours de balade à travers la France qui ont pris fin en Normandie à Bernay, ville du fondateur de la France en courant.

Comme de bien entendu, le crachin normand était là au rendez vous (là ça y est je me suis mis tous les normands à dos avec une seule phrase !!!). Le réveil a été plus que mouvementé puisque suite à une erreur de compréhension j'ai failli être abandonnée sur un terrain de foot. Ayant pris mon temps pour notre dernier dîner je suis rentrée après mon équipe que je trouve profondément endormie, éparpillée de ci de là autour de la salle de sport qui accueille le camps de gitans sportifs pour un soir. Inquiète pour le temps, je décide de dormir à l'abri des sapins à quelques mètres de la voiture. J'ai réglé mon réveil sur 3h puisque comble du bonheur la dernière étape étant un peu plus courte, une grasse matinée nous est offerte. Le problème c'est que j'ai mal compris et qu'en fait le départ pour mon équipe est prévu à 3h. J'ouvre un œil, je constate que cela bouge autour de la voiture et je commence à ranger mes petites affaires et là tout d'un coup je vois la voiture partir. En quelques secondes je réalise qu'ils sont en train de partir sans moi !!! Décidément, tout le monde m'abandonne... Je m'élance (à froid bien sur, les étirements ce sera pour une autre fois), pieds nus (mes petites ballerines parfaites imitations des Marc Jacob sont faites pour tout sauf pour piquer un sprint...) et remonte le terrain de foot à fond, n'osant pas hurler de peur de réveiller tout le monde et de me prendre un lancé de runnings vengeurs. Intérieurement je me dis qu'avec le bol que j'ai en ce moment, je vais trouver le moyen de me blesser et me retrouver le pied en sang le dernier jour. J'arrive enfin à la voiture et mes comparses ont l'air surpris de me voir. Ils pensaient que j'avais décidé d'aller directement au petit déjeuner avec un autre véhicule, ne me voyant pas les rejoindre. Pierre est déjà parti sur la route et c'est Daniel qui se charge de m'attendre le temps que je récupère tout mon barda. En 1 min, tout est plié et je me retrouve dans la petite clio jaune, mon sac sur les genoux, bien décidée à retrouver mon équipe pour courir 40 km, histoire de fêter dignement mon dernier jour.

Oh mon ambition va vite être freinée puisque mon genou va se charger de me rappeler qui est le maître ici. Lorsque j'attaque mon 2° relais de 2000 m, je me brise littéralement sur place, la douleur est insupportable... Furieuse après moi, je remonte dans la voiture et mes compagnons n'arriveront pas à me redonner le sourire tout de suite. Je suis frustrée, furieuse après moi et après ce corps qui a décidé de reprendre le dessus. Du coup je vais dormir quelques relais, histoire de ne pas voir les autres courir sur la route. A mon réveil, je décide qu'il faut faire quelque chose. J'ai bien compris que le départ à froid est radical, alors je pars à pied devant Michel qui attend le passage de témoin. Je marche de plus en plus vite et lorsqu'il arrive enfin à mon niveau, je démarre, oh doucement bien sur mais je cours. Au bout de quelques relais, la douleur s'est faite plus discrète et je prie intérieurement pour que ma jambe tienne. Je sais déjà que mon rêve de courir symboliquement 42 bornes est derrière moi mais je vais tout de même faire 30 km en petites foulées étant tout simplement incapable de lever les genoux.
Des ravitaillements sauvages dans les villages que nous traversons, notre dernier pique nique dans un champ arrosé d'un petit vin d'Alsace des plus réconfortants, la découverte du chat de Pierre planqué dans le camping car et enfin l'arrivée à Bernay, tout cela va jouer à rendre cette dernière journée inoubliable. Pour notre dernier km, nous attendons l'équipe de Courir pour la vie, courir pour Curie (dont Dom 50 fait partie) et comble du bonheur, Ken fait son apparition juste à temps pour être là à l'arrivée. Nous allons passer la ligne d'arrivée tous ensemble et réaliser que ça y est tout est fini...

L'heure du bilan a sonné, que retenir de cette épopée ? Quels visages m'ont marqué ? Quels moments resteront gravés dans ma mémoire ? Pas facile de faire un choix alors allons y, le tout dans un grand désordre bien sur (à la hauteur de mon sac de voyage...) et à l'avance milles excuses à tous ceux que je vais oublier !

  • - Vincent pour nos escapades gourmandes dans les super U de France et de Navarre et nos magnums menthe choco dévorés dès notre passage en caisse
  • - Sébastien, seul coureur que je connaisse qui soit capable de courir, nager et pédaler à la fois (je regrette de n'avoir pas eu de camescope), pas de doute le triathlon est fait pour toi!
  • - Marcel et l'équipe Chambre des Métiers pour leur volonté à atteindre leur objectif et le podium
  • - Nathalie l'épouse de Marcel, la reine du camping car et du remplissage de bouteille d'eau (elle seule comprendra...)
  • - Maxime, l'homme après lequel j'aurai le plus couru de ma vie sans jamais le rattraper!
  • - Bip Bip pour nos discussions nocturnes
  • - William pour nos séances d'étirements oh combien salvatrices
  • - Jean Paul, l'homme aux doigts de fée qui a réussi à me remettre sur pied pour que je puisse courir chaque jour malgré un genou en vrac et une cheville quelque peu douloureuse
  • - L'équipe des ostéo pour leur sourire et leur efficacité, maintenant je sais me fabriquer un oreiller avec une serviette éponge!
  • - Les podologues pour le petit rosé du dernier soir
  • - Aurélien pour son arrivée à Commercy drapeau flottant au vent, sa bande de copains et son épilateur!
  • - Mes 1000 m en côte avec Hamid, coureur exceptionnel et toujours souriant
  • - Mes 4000 m de descente au petit matin avec Dominique Chauvelier qui m'ont donné l'impression de voler
  • - Mes moments à moi musique à fond dans le MP3 chantant des tubes des années 80 à fond les ballons
  • - Les bénévoles et surtout ceux de la roulante, leurs tartines beurre miel ont été ma seule raison de me lever certains jours... le boulanger pour son pain chaud à l'arrivée.
  • - André l'organisateur qui a su être à mon écoute
  • - Les féminines des différentes équipes pour nos lavages de petites culottes collectifs
  • - Et bien sur l'équipe de la ligue contre le cancer de l'Hérault qui a su me faire une place et qui m'a redonné le goût de courir. Les quelques jours passés à leur côté m'ont fait un bien fou.
  • - Pour finir je souhaite faire une place d'honneur à Isabelle, membre de cette équipe et femme exceptionnelle de courage. Ce qu'elle a vécu et traversé avec le sourire est tout simplement ahurissant. Je ne sais pas où elle a pioché cette volonté mais sache Isabelle que je te fais 1er membre d'honneur de la Barbie's team et que j'ai été très fière de partager ces quelques km à tes côtés.

Résumer cette expérience en quelques lignes serait tout simplement impossible, il me reste des flashs qui reviennent et grâce aux photos de Fred des images à jamais gravées sur le papier.

Retenterais-je l'expérience ? Pour l'instant je ne le pense pas. Avant tout parce que mon fils Thomas me l'a interdit ! Plus sérieusement j'ai trouvé que 15 jours c'est un peu long, que ce soit pour eux ou pour moi. Il me faudra attendre un peu que l'adolescence arrive et avec elle le désir de voir partir au loin Maman pour avoir la maison à eux tous seuls. Il existe pleins de courses sur 6 jours permettant de partir à l'aventure que ce soit en France et à l'étranger et je compte bien en profiter.

Aujourd'hui je suis déjà tournée vers les 100 km de Millau fin septembre, c'est fou ce que la vie passe vite...

(du 19 juillet au 02 août 2008) 

vendredi 1er août 2008  

 

J-1 ! demain l'aventure s'arrête et vous savez quoi je suis presque triste...

Depuis que j'ai rejoint l'équipe de l'Hérault je m'amuse comme une folle. Pour vous donner une idée, j'ai l'impression d'être à la fois dans un film de Pagnol avec notre Raimu national au volant et avec les Tontons Flingueurs en plein film d'Audiard.

Roger avec sa gouaille provençale m'amuse au plus haut point. A tout moment j'ai l'impression qu'il va nous dire ave l'accent : « tu le dégages ton camping car ou je te le pulvérise façon puzzle... ». Les autres ne sont pas en reste je vous rassure. J'ai eu le droit après un relais avec Michel à un « dis c'est plus un chrono qui nous faut c'est un calendrier » !

La bonne humeur est de rigueur et il n'y a eu qu'hier matin que cela s'est révélé un peu dur pour moi. Mes genoux ont décidé de jouer les essuies glaces si j'ai bien compris et je n'ai pu faire que 2000 m. j'ai découvert l'enfer que vivait Martine, une autre féminine de l'équipe bloquée depuis plusieurs jours en raison d'une tendinite au péroné. Elle est là au volant de la voiture tentant de ronger son frein à nous voir courir comme des lapins et maintenant que j'ai vécu la même chose qu'elle pendant seulement une matinée je suis de tout cœur avec elle. Je lui ai même prêté mon « Gala » c'est dire ! Dieu merci grâce à l'homme aux doigts de fée à savoir notre kiné Jean-Paul ma privation de bitume sera de courte durée et je repars dès l'après-midi pour 15 km.

Je découvre aussi le camping sauvage de chez sauvage. C'est bien simple j'ai l'impression qu'ils me bizutent plus qu'autre chose. J'ai eu le droit à dormir à la belle étoile à côté d'un parking d'Intermarché et la nuit dernière comble du luxe j'ai dormi par terre sous un porche pour éviter la pluie. Mais bon comme tout ça est fait dans la bonne humeur ça passe comme une lettre à la poste. Ma plus grande inquiétude va être de convaincre Ken à mon retour que je ne peux dormir que dans des Relais et Châteaux : 10 ans de travail de persuasion réduit à néant... Je sens que mon prochain we en amoureux va se résumer à une quecha, un duvet, une serviette roulée en guise d'oreiller et un terrain vague ! En plus plus de restaurant 19 sur 20 au Gault et Millau, une boite de bolino devrait faire l'affaire...

Un grand moment hier qui restera dans ma mémoire : alors que nous faisons la route du Champagne au milieu des vignes sous un soleil de plomb, nous nous arrêtons pour attendre le relais suivant juste devant les vignes Taittinger. Là Roger a mis la radio et nous écoutons le Boléro de Ravel. Les machines qui traitent les vignes et qui les taillent ressemblent à de grandes araignées et leur ballet semble être en rythme avec la musique. Un grand moment de poésie dans cette journée difficile où la chaleur est écrasante.

Aujourd'hui tout va bien. Même si le genou reste sensible un départ calme va permettre de lancer la machine et surtout de la faire tenir toute la journée. Comble du bonheur, Fred est là comme promis avec son appareil. Il va nous mitrailler toute la matinée nous permettant de garder des souvenirs de cette avant dernière journée. Ses photos prises au milieu des champs de blé à perte de vue devraient être du meilleur effet et mes compagnons de route sont ravis de cette initiative. C'est fou comme les km passent vite à leur côté, 40 comme c'est devenu l'habitude pour moi, 25 le matin et 15 l'après midi et encore très franchement c'est parce que je me freine que je ne cours pas plus. Nos pique-niques improvisés sont de purs régals et nous permettent d'oublier un peu que nous sommes des coureurs pour redevenir de simples touristes.


Notre arrivée aujourd'hui sera aussi un grand souvenir. Comme nous partons 30 min avant les autres pour être dans la course et que nous sommes partis un peu plus tôt que prévu, nous arrivons un peu trop tôt. Nous nous installons à une terrasse pour attendre le passage des équipes arrivant les unes après les autres pour prendre la 10° place à l'arrivée. Au moment de partir Martine qui a décidé de faire l'arrivée attrape au vol 2 motards qui sont là et leur demande de nous faire une escorte digne d'un convoi présidentiel, tout cela en échange d'un bisou. Et vous savez quoi ? Ils ont accepté !!!

En voilà une qui est digne de rentrer dans le clan des Barbie girls !!!

A demain pour la fin de mes aventures

Barbie

mercredi 30 juillet 2008  

Bonjour tout le monde

Je sais que mon silence était quelque peu étonnant mais il m'a fallu quelques jours pour reprendre l'envie d'écrire et de courir...

Après une journée quelque peu mouvementée, j'ai pris la décision difficile de quitter mon équipe. Je n'étais plus en accord avec leur façon d'aborder cette course et je perdais le goût de courir, dommage non ? Du coup arrivée à Besançon, je suis allée voir l'organisateur pour lui exprimer mon malaise. Je lui ai proposé 2 solutions : ou j'allais prendre un train pour rentrer chez moi, ce qui ne pouvait que déboucher sur une grande frustration pour moi, ou j'intégrais une équipe qui pouvait avoir besoin de mon soutien pour finir la semaine. J'avais déjà en tête le nom de cette équipe, celle qui en raison de plusieurs blessés finit dernière à chaque classement. Il se trouve en plus que cette équipe est celle qui représente la Ligue contre le Cancer et plus particulièrement le comité de l'Hérault, comité dont le président d'honneur aujourd'hui a été pendant quelques années mon propre Président lorsque je travaillais chez eux, à savoir le Professeur Pujol. Quand j'ai découvert que la Ligue envoyait une équipe j'avais envisagé pendant quelques temps de les contacter mais ayant constaté sur leur site que celle-ci était complète j'avais laissé tomber.

Tout s'arrange en un seul coup de téléphone et je rends mon dossard. En effet le règlement ne me permet pas de courir officiellement avec une autre équipe que celle pour laquelle je suis arrivée sur le tour. Mais franchement pour moi ce n'est qu'un détail. Vous tous qui me lisez régulièrement savez que ma vie n'est pas axée sur mes chronos.

J'ai donc connaissance des personnes avec lesquelles je vais courir en doublon pendant les jours qui restent et franchement je ne vais pas regretter une seule seconde ma décision.

Isabelle, femme d'un courage extraordinaire qui s'accroche comme personne et qui avale les km sans broncher, certes pas à 14km/h mais avec une régularité parfaite et un sourire qui fait plaisir à voir.

Pascal, qui malgré une maladie handicapante est capable de courir plusieurs km de suite.

Jamel, coureur attachant que je n'avais jamais abordé à ce jour avec lequel je vais courir une bonne dizaine de km alors qu'une blessure l'handicape sérieusement.

Aujourd'hui j'ai rejoint le 2° véhicule et rencontré le reste de l'équipe : que des hommes mais quels hommes !!!

Pierre qui en plus d'avoir monté l'équipe s'occupe de la partie touristique du petit journal qui nous est distribué chaque jour autant dire une mine d'or pour tout savoir des régions que nous traversons.

Michel, ancien fumeur venu là pour relever le défi que je ne lâche pas dans les côtes et qui fait preuve d'un courage sans faille pour avaler les 2000 m malgré la difficulté du terrain. Comme je lui ai dit aujourd'hui, il attire les côtes !

Louis, homme passionné et passionnant avec lequel je vais vivre des 3000 d'anthologie où je me retrouve à parler des écrits d'Elisabeth Badinter ou de son périple organisé il y a quelques années qui l'a mené d'Orange à la mer de Chine en courant et en vélo. Nous nous retrouvons à râler quand le camion apparaît sur la route en se demandant ce qu'il fait là, il a du se tromper, nous n'avons fait que 2000 tellement le temps passe vite à refaire le monde.

Je n'oublie pas les chauffeurs bien sur qui sont indispensable au confort du coureur à savoir : Daniel, Roger et Jean-Luc.

Bref tout va bien dans le meilleur des mondes, je cours environ 40 km par jour le sourire accroché au visage et ça franchement cela n'a pas de prix.

Une Barbie super heureuse d'avoir enfin trouvé sa place

dimanche 27 juillet 2008 - Etape 8

Thones à Morez

 

Aujourd'hui sera une grande journée qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Le jour où on m'a abandonnée sur une route de France... Non je vous vois venir : « faut dire qu'elle est insupportable, alors ils l'ont laissé là toute seule ».  Tout d'abord je tiens à corriger tout de suite, mes problèmes féminins sont derrière moi et mes sautes d'humeur également.

Tout avait commencé sur des chapeaux de roues avec nos coéquipiers qui avaient décidé de se lever à 2h à notre place. Autant dire que je ne me suis pas battue... Ils voulaient monter un col super vite pour gagner du temps sur notre équipe adversaire pour la 3° place du podium. Pour compléter la chose, je ne cours pas avant le petit déjeuner après que mon nouveau meilleur ami à savoir le kiné m'ait remis sur pied. Faut dire que les premiers essais de course devant le camion sont plus qu'inquiétants.

Pour faire court nous allons nous perdre 2 fois aujourd'hui avec une première fois plutôt sympathique puisque nous allons nous retrouver devant les premiers par miracle... C'est d'ailleurs ce qui va nous mettre la puce à l'oreille. Du coup demi-tour, retour au contrôleur le plus proche, nouveau temps et zou nous repartons.

L'après midi, tel des moutons de panurge nous allons suivre une équipe devant nous qui va se tromper à son tour, nous entraînant dans sa lancée. Cette fois ci c'est un peu plus d'un km que nous allons faire en plus de tous ceux que nous devons déjà parcourir. D'un autre côté nous ne sommes plus à un près... Mais le mieux cela va être la panne d'essence ! Alors que je suis en train de terminer un relais à fond dans une descente comme d'habitude, un de mes coéquipiers hilare m'attend sur le bord de la route. Juste le temps de passer le relais à Vincent et Sébastien finit par m'avouer ce qui le fait rire, nous n'avons plus d'essence... Nous sommes à 7km de l'arrivée. Nous arrêtons d'autres équipes et nous répartissons les coureurs entre 2 camions. Me voilà grimpée dans un camping car fort sympathique des « pétillants champenois ». Ils sont ravis de m'accueillir à leur bord et moi ravie de passer quelque temps avec eux. Dans mon enthousiasme je vais même faire un relais avec l'un d'entre eux. Quelques kms plus loin j'aperçois le camion de mon équipe garé devant une station service. Je leur demande donc de m'arrêter pour aller rejoindre mon équipe. Ils démarrent en flèche pour aller retrouver leur coureur seul sur la route et je me dirige vers le camion qui est vide...
Me voilà donc sur une route, perdue, toute seule avec un petit short grand comme un mouchoir de poche, une brassière, le tout trempé puisque j'ai oublié de vous dire que j'ai couru sous un orage dantesque. Nous nous sommes retrouvés juste dessous avec des éclairs et du tonnerre à faire trembler les portes du camion. Je vais courir avec de l'eau au dessus de mes chaussettes ! En plus des 100 km de Millau, je prépare la course du Goix à Noirmoutier...

Je pars donc toute seule, tranquille, marchant jusqu'à l'arrivée en me disant que ce n'est pas possible, les garçons ne vont pas me laisser toute seule. Pourtant je vais finir en courant avec un couple charmant qui connaissant le chemin m'accompagnent jusqu'à l'arrivée où je retrouve les garçons. Grand moment de rigolade quand ils me diront : « ben on t'a appelée sur ton portable ». Ok mon pseudo c'est Barbie mais je ne cours quand même pas avec mon sac à main les mecs...

Heureusement un visage connu à savoir un ami rencontré à un stage marathon en Grèce est là à l'arrivée à ma grande surprise, accompagné de son épouse. Ils ont fait 3h de route pour venir voir l'arrivée et ne seront pas déçus de mon récit. Ce n'est plus la France en courant, c'est Koh Lanta !!!

Bon je vais me coucher, parait que je me lève à 2h demain matin pour jouer les lapins dans les phares d'un camion.

Barbie

samedi 26 juillet 2008 - Etape 7

Villars de Lans  à Thones

 

Et voilà un jour de plus en retard... Décidément mon envie de pouvoir écrire tous les soirs était quelque peu ambitieuse. Pourtant la journée de samedi a été quelque peu épique. Après une matinée totalement déchaînée où on va même me demander si j'ai pris de la testostérone, où j'ai la chance de courir encore des descentes à fond les ballons lecteur MP3 sur les oreilles tout en chantant « confidence pour confidence », l'euphorie va vite retomber. En pleine descente en début d'après midi alors que je reprenais après la pause déjeuner, j'entends mon genou gauche, celui de l'accident de moto craquer. Résultat immédiat je boite et la douleur va m'empêcher malgré plusieurs tentatives de recourir l'après midi.


Comme cette journée a été peu courue pour moi je vais pouvoir enfin vous parler de tout ce qui fait cette course, à savoir l'organisation. Nous avons donc les bénévoles, une bande de joyeux drilles qui se lèvent avant nous pour que nous puissions avoir notre petit déjeuner en temps et en heure et le staff médical. Nous avons donc les podologues qui sont au nombre de 2 et qui sont tout à fait charmantes hormis le fait qu'elles refusent de me faire une french manucure malgré mes nombreuses demandes. Elles sont quand même capables de vous fabriquer des semelles dans un champ juste à côté d'un poulailler... Nous avons aussi les ostéopathes au nombre de 3, toutes aussi jolies et charmantes les unes que les autres. Je pense qu'elles justifient à elles seules le nombre élevé de blessés parmi la gente masculine. Pour finir il y a le kiné et son assistante. Je ne sais pas ce que je lui ai fait à lui mais dès que je l'approche il me fait mal ! Bon je dois bien reconnaître que je lui dois d'avoir pu courir aujourd'hui grâce à son élasto savamment posé sur mon pied.

Il y a aussi le parlé FEC (France en Courant). Alors cela vous donne :

  • - quand vous demandez une direction on nous répond: «suivez les flèches». Résultat, ce matin au petit déj quand quelqu'un m'a demandé où était le miel, je lui ai répondu: «ben t'as qu'à suivre les flèches...».
  • - Quand vous demandez si c'est encore loin, normalement on vous répond:«non c'est juste là». Alors là il faut comprendre 5 à 10 km... Vous prenez donc 2 gels et la ceinture de ravito.

Bref vous l'aurez compris, on s'amuse...

Barbie

 

Vendredi 25 juillet 2008 - Etape 6

Vaison la Romaine à Villars de Lans

 

6° jour et les ennuis commencent... Le réveil confirme ce que nous sentions la veille au soir : l'ascension du Mont Ventoux va laisser des traces. Sébastien ne fait plus le fou du tout, il a le tendon d'Achille dans la glace et il va nous servir de chauffeur au moins la matinée, nous devrons attendre l'avis du kiné pour en savoir plus. Pour ma part bien sur je vous le donne en mille mon organisme farceur me rappelle que je suis une femme et attaque très fort. Je pense que les chocs répétés n'arrangent rien et je suis en train de perdre le peu de fer qui me reste. Je vais tenir la matinée mais l'après midi va se révéler un cauchemar. Le plus difficile c'est que je suis au sein d'une équipe. Quand je suis sur un marathon toute seule, je sais que ces jours là je vais devoir gérer et accepter ma faiblesse. Là les autres n'y sont pour rien et il faut admettre que je n'ai pas non plus très envie de raconter ma vie gynéco à des personnes que je connais depuis 4 jours...

Le matin en pleine nuit je vais enchaîner les relais longs type 3km ou 5 km histoire d'avancer pour permettre aux garçons en forme plus que moyenne de récupérer. Je vais arriver à bout au petit déjeuner et l'idée de repartir m'épuise avant même de remonter sur le camion. Pourtant il n'y a pas vraiment le choix. Le départ pour la 2° partie va être très, très, très difficile... C'est la première fois que j'éprouve le besoin de parler à Ken en pleine journée. J'ai eu l'impression de vivre la retraite de Russie, nous sommes crevés et la motivation laisse sérieusement à désirer. Seuls les 2 garçons  Marcel et Vincent sont prêts encore à se battre pour la 3° place sur le podium. Je dois bien avouer que je ne suis plus dans le truc pour l'instant. Même si je dois bien reconnaître que je serai très heureuse de monter sur le podium à l'arrivée à Bernay, je ne sais plus si j'ai encore la force de me battre.

Pourtant j'aime encore courir, je me suis offert de grands moments en courant au petit matin avec ma musique à fond dans les oreilles. Vous m'auriez vu chanter à tue tête « confidence pour confidence », un grand moment de course à pied, c'est moi qui vous le dis. On s'arrête pour prendre des photos pour immortaliser les vues que bien sur je vous transmettrai dès que possible. Attention tout visionnage du diaporama va vous donner immédiatement envie de vous inscrire l'année prochaine.

J'ai adoré l'arrivée de notre 2° équipe complétée par Vincent et Marcel sur la petite place qui sert de campement à la caravane du Tour de France. Ils sont 4° grâce à une force de caractère que je n'ai pas encore et que je doute d'avoir un jour, ce goût de la gagne qui est un sentiment étranger pour moi-même si je dois bien reconnaître que je me suis surprise à l'avoir de temps en temps comme sur ce 1000 m ce matin aux côtés d'une athlète moldave qui a participé à 2 jeux Olympiques pour représenter la Russie en catégorie Marathon. Nous avons couru l'une à côté de l'autre, elle accélérant pour me tester et moi m'accrochant pour lui montrer que j'étais là et que je n'allais rien lâcher.

C'est peut être bête à dire comme ça mais je suis fière de mes « hommes », de mon équipe tellement combative. J'essaye tant bien que mal de me faire une petite place même si mon sale caractère n'est pas toujours facile à gérer. Je me fais entendre quelque fois un peu fortement mais pour l'instant la tension retombe toujours le soir autour de l'apéritif où je n'arrive jamais à réaliser que le matin à 3h j'étais déjà sur le bitume en train de courir.


Nous sommes en ce moment dans le camion en direction de Grenoble où nous allons dormir où nous pourrons pour être prêt demain à prendre le relais de l'autre camion qui lui partira en pleine nuit. Journée encore difficile avec une nouvelle ascension vers la ville de Thones où je devrai normalement voir les parents de Ken qui, en vacances dans la région, devraient être là pour m'accueillir.
A demain donc et cette nuit promis j'essaye de dormir !

Barbie

Jeudi 24 juillet 2008 - Etape 5

St-Remy de Provence à Vaison la Romaine

20080724_barbie_vaison_1.jpg

Ce qui devait arriver arriva : je n'ai pas eu le courage d'écrire hier soir... Le Mont Ventoux a eu raison de moi ! Bon pour être très honnête c'est plutôt le rythme soutenu de cette course, les horaires décalés, les repas à n'importe quelle heure, le stress de la vie collective qui sont à l'origine de ma fatigue qu'il faut apprendre à gérer coûte que coûte puisque la course n'est pas finie loin de là.

J'ai pris la décision de me coucher le plus vite possible le soir pour essayer de grappiller quelques minutes de précieux sommeils même s'il faut bien le reconnaître pour l'instant cela ne marche pas vraiment. Je n'arrive pas à comprendre comment je peux tenir depuis samedi dernier avec aussi peu d'heures de sommeil correct et un rythme aussi soutenu. Je n'arrive pas à manger à l'heure normale mais j'ai faim à n'importe quelle heure. Mon organisme réagit bizarrement mais pour l'instant semble tenir le coup même si je dois bien reconnaître que là ça commence à devenir dur. J'ai les jambes lourdes de plus en plus vite dans la journée même si j'aime toujours autant mes sorties matinales (très matinales !!!) à la lumière des campings cars sur les petites routes de France. Ce matin à Vaison la Romaine nous avons même eu la surprise de voir une partie de pétanque endiablée à 3h30 du matin.

Evidement je pourrais vous vanter les beautés du paysage d'hier, les champs de lavande à perte de vue odeur comprise, ce fameux mont tant attendu (avec un peu de crainte quand même et d'appréhension bien légitime)... Bref encore un grand moment pour tous les coureurs qui pourtant en ont bavé tant à l'escalader qu'à le descendre.

Mais il ne faut pas oublier pour autant le grand moment de la journée, la venue de Mireille notre gazelle présente malgré la centaine de kms qui la sépare de son domicile, bronzée et rayonnante qui a eu l'idée géniale de m'amener une boite de calissons d'Aix qui seront vivement appréciés.

Une de mes regrets : l'éloignement quelque fois de notre campement souvent sauvage du centre ville qui fait que nous n'avons pas le courage de repartir nous balader. Nous nous contentons de faire nos petites lessives, de transformer un terrain de foot en quartier napolitain avec mon soutien gorge qui sèche au milieu des maillots des équipes, de ranger nos camions sachant pertinemment que demain tout sera à recommencer.

Je vais quitter à regret cette région que j'ai trouvé de toute beauté avec les Gorges de la Nesque, les fontaines glacées qui nous attendent sur les petites places de village où nous plongeons volontiers nos jambes pour repartir de plus belle.

Je commence à rencontrer les membres des autres équipes pour faire connaissance et la papote fonctionne à plein dans les douches.

Demain ça recommence avec un lever à 2h15...

Barbie toujours debout à sa grande surprise

20080724_barbie_vaison_2.jpg

Mercredi 23 juillet 2008 - Etape 4

Mireval à St-Remy de Provence

20080723_la_fameuse_abbaye_et_le_fameux_collant.jpg

Mercredi 23 juillet, 4° jour de course et pour l'instant tout va bien...

Je suis pour l'instant sur une petite place de Saint Rémy de Provence où je viens de dévorer une paëlla délicieuse après avoir dégusté avec un plaisir non dissimulé une triple café, ananas et dulce de leche et comme cela ne suffisait pas je suis allée chercher les garçons pour retourner en manger une autre mais là en terrasse. J'ai choisi une coupe avec 3 boules de sorbet fruits rouges, chantilly et meringue !!! Je vous jure que c'est vrai... On dit que quand l'appétit va tout va, c'est donc la preuve absolue de ma grande forme. Il faut dire que j'étais levée depuis 2h15 du matin. J'ai couru 25 km dans la journée avec de grands moments de bonheur, tout particulièrement une descente qui restera à jamais gravée dans ma mémoire et que je vais absolument allée refaire mais tranquille cette fois-ci, celle qui suit l'Abbaye de Prémontrés. Si vous passez dans le coin surtout arrêtez vous, ce lieu est à couper le souffle. Je suis arrivée à mon camion avec le sourire accroché au visage, comme une Barbie qui a réussi à décrocher le dernier it bag avant tout le monde !

Le matin a été plus particulier avec une traversée de nuit de la Grande Motte. Nous sommes tombés sur des personnes sortant de boite assez ahuries de voir passer une bande de cinglés dans des gilets fluos à fond avec un camping car collé aux fesses. On me demande ce que je fais là et je crie : « le Tour de France en courant ! ». Et là les garçons se lèvent d'un seul homme pour m'applaudir à ma grande surprise. Preuve de leur respect, j'ai même le droit à un « bravo Madame ». Une voiture avec 2 jeunes vont même me protéger pour traverser un rond point à fond les ballons, n'hésitant pas une seule seconde à aller tout droit dans la végétation pour gagner quelques précieuses secondes. Je me transforme en compétitrice, je me retrouve à ne rien lâcher (enfin à mon niveau bien sur...). Je réalise aussi que l'équipe avec laquelle nous nous battons tous les jours pour la 3° place n'arrive plus à me semer comme ça. Certes je perds quelques dizaines de mètres puisque je me bats contre des hommes d'un niveau très largement supérieur au mien mais je me donne à fond et je crois que je surprends tout le monde.

Je surprends aussi par ma capacité de récupération. Je gambade au campement sans problème avec juste un peu les mollets douloureux, enfin plutôt sensibles. Bon je vais vous avouer un secret : j'ai testé aujourd'hui mon collant de compression skin acheté comme cadeau d'anniversaire au marathon du Mont Blanc. Du bonheur à l'état pur... Je ne peux pas vous expliquer comment mais j'ai couru en plein cagnard avec un collant long, noir et opaque en plein soleil sans jamais souffrir de la chaleur. Une chose est sure maintenant, je serai en skin pour les 100 km de Millau, la question ne se pose même plus.

Ils sont pleins de ceux qui marchent en canard à me regarder comme une extra terrestre. Quand ils viennent me voir et me demande mon palmarès, je regrette toujours de ne pas avoir d'appareil photo pour mémoriser leur visage quand je leur annonce que cela fait 2 ans que je cours...

Nous avons profité de cet après midi en terrasse au maximum avant d'attaquer le Mont Ventoux demain matin qui nous réserve de sacrées perspectives de rigolade ! Bon je dois avouer que je suis sacrément contente, j'assure les descentes !

A demain pour de nouvelles aventures

Barbie coureuse (maintenant je crois que je peux vraiment l'écrire)

Ps : au fait nous sommes de nouveau 3° ! Je commence à aimer faire podium moi...

Mardi 22 juillet 2008 - Etape 3

De Salles Curan à Mireval

Bonsoir les filles
Et oui vous ne rêvez pas c'est bien Barbie en direct live de la 3° étape de la France en courant ! je suis branchée dans les douches d'un terrain de foot où oh miracle de la technologie je retrouve le contact avec la vie normale ! 3° journée et la vie de la coureuse au long court s'installe tranquillement. Je me retrouve à adorer le bruit de la chasse d'eau comme le summum de la civilisation... Debout à 6h00 ce matin avec un départ en fanfare, à cause de notre 2° équipe qui a décidé de passer la seconde et qui passe devant nous avec plus de 3/4 d'heure d'avance. Du coup nous nous mettons à 3 pour plier la quecha et zou dans le camion, le thé à peine avalé. La nuit a été relativement bonne grâce à notre petit voyage pour rejoindre notre point de chute en pleine nuit. Nous sommes passé sur le chemin de Millau, du viaduc, de Saint Affrique et je n'ai qu'une envie, qu'une impatience maintenant : y retourner ! Vivement fin septembre et les 100 km. On m'avait dit que les coureurs étaient portés par le paysage et je confirme, c'est absolument grandiose. Mais bon septembre c'est bien gentil mais c'est dans quelques semaines et là pour l'instant il faut courir, pas 100 km certes mais reprendre nos séances de fractionnés sachant que nous continuons sur notre lancée et que le matin est réservé aux relais plus long, histoire de réveiller la machine et de ne pas se casser tout de suite. C'est un vrai bonheur de quitter tranquillement l'Auvergne pour se diriger vers le sud, d'entendre les cigales, de voir les champs d'oliviers, la végétation se raréfier. Je vais m'offrir quelques descentes quand même même si quelquefois elles sont suivies de remontées vertigineuses qui me laissent sans souffle. Ce qui est étonnant c'est que j'ai vraiment l'impression que je progresse, que j'aborde plus facilement ces épreuves que pourtant je déteste.
Un ami de Marcel va nous rejoindre pour finir la dizaine de km qui nous séparent de Mireval là nous allons déjeuner et sa présence à mes côtés va être d'une grande aide lors de la dernière cote justement. Il va me permettre de tenir un rythme que je n'aurais surement pas tenue toute seule.
Pause déjeuner : je découvre que je suis comme tout le monde et que moi aussi j'ai une périosiste aux 2 jambes. Je repars avec des bandes de compression des plus sexy pour reprendre notre 2° relais. Là je vais être honnête avec vous ça a été l'horreur. Pas pour ma santé ni ma forme, juste pour ma sécurité. Nous roulons sur des départementales qui tiennent lieu de nationales dans l'indifférence générale pour ne pas dire l'exaspération de certains conducteurs. J'ai eu de sacrés frayeurs qui ont très grandement contribuées à ma baisse de moral. Mais bon je suis là entière, prête à repartir demain vers d'autres aventures, d'autres paysages et comme nous remontons vers le nord et vers les magnifiques paysages des Baux de Provence, de Gordes, je suis impatiente d'y être.
A demain donc pour de nouvelles aventures
Barbie
Marcel en pleine action
20080722-fec-marcel.jpg
Sébastien, le "chien fou" de l'équipe
20080722-fec-sebastien.jpg
Le classement même si ce n'est pas le plus important (toujours 4e)
N° Equipe
Classement Général
TEMPS
TOTAL
Moyennes
Générale
Différence
avec le 1er
Ordre
de Classe-
Km parcourus depuis le départ
585.000
KM
9
V I P   ENDURANCE 
39:40:56
14.742
1
2
COURIR MAINE ET LOIRE
40:10:24
14.562
0:29:28
2
7
CONSEIL GENERAL DE L'EURE
41:25:42
14.121
1:44:46
3
8
CHAMBRE DES METIERS
41:49:14
13.988
2:08:18
4
Lundi 21 juillet 2008 - Etape 2

Compte-rendu de la journée

2008_07_21_-_fec_-_etape2.jpg

Je vous ai laissé hier sur un doute : comment peut on se lever à 2h30 du matin pour aller courir à 3h ? Eh bien vous n'allez pas le croire mais ça le fait !!! J'ai traîné jusqu'au dernier moment préférant un réveil à 2h30 plutôt que 2h15 conseillé par les pro mais l'idée de gagner 15 min me remplissait de joie. En plus miracle des miracles j'ai réussi à dormir ! 22h, je ferme les yeux dans ma petite tente enroulée dans mon duvet. J'ai tout préparé pour ne pas perdre une minute et je n'aurai même pas besoin du réveil, mes compagnons d'infortune ayant eu la bonne idée de faire un peu de bruit. J'ai pris la décision de prendre le premier relais parce que j'ai l'habitude de mes sorties à jeun au petit matin (certes un peu plus tard quand même). 3h le coup de pistolet est tiré et nous partons dans la nuit vêtus de nos gilets jaunes fluo top mode depuis que Karl Lagarfeld les a présentés à son dernier défilé et sur tous les murs de France. Bon ok le mien n'est pas rebrodé de strass mais il en jette ! Les 3 premiers kms sont bizarres, il faut apprendre à courir avec le camion aux fesses qui vous suit et vous éclaire. Il klaxonne tous les kms et à 300 m de la fin du relais double pour aller se garer plus loin et organiser le relais. Pendant quelques centaines de mètres on se retrouve toute seule dans le noir même si souvent d'autres camions ne sont pas loin. Bref il faut le vivre ! Bien sur le problème quand on court la nuit c'est qu'on loupe le paysage qu'on devine sublime. On attend avec impatience le lever du soleil espérant que ce sera au moment de son nouveau relais. La brume sur la campagne de Salers restera à jamais dans ma mémoire. Dans les moments de silence, quand les camions sont loin, on entend le bruit des ruisseaux au loin quand ce n'est pas celui des animaux. Nous avons fait le choix de faire quand le terrain s'y prête des relais assez longs, histoire de retrouver le plaisir de courir. Certaines équipes, là pour la gagne, enchaînent les 1000 m à fond mais perdent à mon humble avis tout l'intérêt de ce type de balade. Nous prenons le temps de nous arrêter pour prendre des photos, elles viendront plus tard quand je serai rentrée dans ma campagne auvergnate. 2 grands moments qui resteront eux aussi gravés dans mes souvenirs de coureuse : un relais au côté d'Hamid Belhaj ... qui a juste fait 2° au marathon du Mont Saint-Michel dans des conditions que vous connaissez. Il va prendre le temps de rester à mes côtés pour m'aider à appréhender ces fameuses côtes que je déteste tant mais qu'il faut que je travaille pour Millau. De même Dominique Chauvelier qu'on ne présente plus va passer 4 km à mes côtés dans une descente phénoménale où totalement en confiance dans ce type d'exercice je n'hésite pas à lâcher les fauves... J'ai eu littéralement l'impression de m'envoler !

La reprise, après plus de 60 km à 4 sera quelque peu difficile, il faut bien l'avouer. Même notre chien fou de Sébastien est calmé ! Vincent grimace de douleur et arrive tout juste à marcher alors qu'il vole dès que le relais lui est confié. Marcel est lui imperturbable et on sent l'homme d'expérience pour ce genre d'étape. Nous avons 40 km à faire à nous 4 et franchement par moment j'ai vraiment eu l'impression que nous n'en verrions jamais le bout... Les côtes sont impressionnantes à gérer surtout avec une nuit si courte et les kms du matin. Pourtant l'esprit de groupe joue à fond. Comme j'ai la chance de ne pas du tout souffrir dans les descentes alors que les garçons se plaignent d'avoir les cuisses en feu. Je pense sincèrement que ma musculature de danseuse joue en ma faveur dans ces moments difficiles pour les autres coureurs. Je vais finir notre dernier relais et confier le bracelet avec un bonheur inimaginable.

En tout cas je ne suis pas prête d'oublier le château des Seigneurs d'Espeyrac, le canyon de Bozouls et nous allons dîner à Salles Curan, ville elle aussi médiévale qui abrite le château des évêques de Rodez, construit au 15° siècle. Je replonge dans mes cours d'histoire à chaque pas que je fais, chaque km que je cours.

Demain nous partons vers l'Heyrault. Je n'arrive pas encore à y croire, comment peut-on traverser des départements par la seule force de nos jambes ? Franchement je me le demande encore.

Demain grasse matinée puisque nous nous levons à 5h30 pour un départ à 6h00 ! Elle n'est pas belle la vie...

Barbie qui est en train de vivre quelque chose d'extraordinaire et qui est sur le podium ce soir avec son équipe à la 3° place !!!

Photo : Vincent mon coéquipier pour rassurer sa compagne, il court toujours !

 

N° Equipe
Classement Général
TEMPS
TOTAL
Moyennes
Générale
Différence
avec le 1er
Ordre
de Classe-
Km parcourus depuis le départ
392.000
KM
9
V I P   ENDURANCE 
26:40:42
14.694
1
2
COURIR MAINE ET LOIRE
27:00:57
14.510
0:20:15
2
7
CONSEIL GENERAL DE L'EURE
27:54:13
14.048
1:13:31
3
8
CHAMBRE DES METIERS
28:06:43
13.944
1:26:01
4
4
ASLA DE LA SEINE MARITIME
28:47:33
13.615
2:06:51
5

 

Dimanche 20 juillet 2008 - Etape 1

Compte-rendu de la journée

2008-07-20-fec-barbie-etape1.jpg 

Dimanche 20 ça y est les hostilités sont lancées !!! Départ à 6h30 ce matin après une nuit par terre dans le camion perdue en plein milieu de la campagne auvergnate juste inquiète qu'un gentil fermier local ne se transforme pas en fou en voyant son champ transformé en camp retranché quecha... Le premier camion de mon équipe est lui parti à 3h du matin du gymnase où nous étions arrivés samedi pour le prologue. Mon passage chez l'osthéo la veille a été miraculeux et c'est sans torticoli que je me réveille. Bon réveiller est un grand mot puisque pour se réveiller il faut déjà avoir dormi... Mais bon je m'habille en quelques secondes et file boire un thé à la « roulante » chargée comme pendant les guerres napoléoniennes de ravitailler les braves. J'avale 2 tartines alors que je sais que je suis mieux a jeun mais comme je ne sais pas où je pars, je préfère être prudente.

Il faut dire que la première étape s'annonce costaude avec 190,5 km à parcourir avec plein de côtes si j'ai bien compris... Et pourtant cela ne va être que du bonheur. Les paysages que nous traversons sont tellement superbes que les kms se font moins sentir : le parc naturel des volcans d'Auvergne, Orcival superbe village roman, Montaigut le Blanc et sa forteresse féodale, Saint Floret lieu du passage du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle que je verrai donc dans quelques années plus calmement... Nous allons passer 2 cols avec le mythique de Super Besse et le col d'Aulac à 1242 m. Je ne sais par quel hasard mais je vais me retrouver à les courir tous les 2 !

Pour Super Besse, au moment de notre relais 2 cyclistes d'un age certain arrivent et commencent l'ascension péniblement. Je les encourage en leur disant qu'il faut qu'ils accélèrent s'ils ne veulent pas se faire doubler par une blonde qui court ! C'est d'ailleurs ce que je vais faire quelques centaines de mètres plus loin sous leurs encouragements.

J'ai couru un peu plus de 25 km aujourd'hui avec des montées difficiles et des descentes vertigineuses mais j'ai surtout découvert l'équipe de mon camion.

3 garçons formidables qui ont toujours été là, qui m'ont laissé passer la ligne d'arrivée comme une championne avec mon sprint devenu célèbre. Pourtant ils ont tous les 3 un niveau largement supérieur au mien : Marcel, notre d'Artagnan nous prouvent tous les kms que les coureurs c'est comme les bons bordeaux, ça vieillit très bien ; Sébastien notre chien tout fou qui découvre avec nous l'univers impitoyable de la course à pied après avoir rangé son vélo pour 15 jours ; Vincent, coureur d'exception dont la foulée d'une souplesse incroyable me fait penser à un félin. Bref je suis ravie, je sais que je vais apprendre à leur contact parce qu'ils m'ont laissé prendre ma place au sein du groupe alors que certaines équipes ne sortent leur féminine que sur quelques kms histoire de ne pas perdre de temps...

Pour l'instant j'ai l'impression que tout va bien, certes l'après midi a été difficile, faire 25 km de fractionné je ne connaissais pas vraiment... J'ai même fait un relais à plus de 15km/h de moyenne ! Mais ce n'est que le premier jour... Il va falloir gérer la durée et là j'ai peur de ce qui peut arriver.

Demain nous nous levons à 3h pour partir en pleine nuit vers une autre étape, d'autres paysages puisqu'on se dirige vers l'Hérault où il parait que le temps ne sera pas forcément au rendez vous mais ce n'est pas grave parce que les filles vous le savez bien : ça va le faire !!!

Détail de l'étape 1:

 

1ère étape :   ORCINES  ANGLARDS DE SALERS 190,5 km
  km Lieu ROUTE Altitude Heures de passages
Int à parcourir parcourus   Suivie   16km/h 15km/h 14 km/h 13 km/h 12 km/h
      63 - PUY DE DOME              
0 190,5 0,0 ORCINES  D90 D 90 820 03:00 03:00 03:00 03:00 03:00
2 188,5 2,0 La Font de l'Arbre  D  68 D 68   03:07 03:08 03:08 03:09 03:10
0,5 188,0 2,5 Inter  D941A D68 D 68   03:09 03:10 03:10 03:11 03:12
4,5 183,5 7,0 Col de Ceyssat D 68 1078 03:26 03:28 03:30 03:32 03:35
4,5 179,0 11,5 Ceyssat D 554 D 554   03:43 03:46 03:49 03:53 03:57
2 177,0 13,5 Inter D554 VC VC   03:50 03:54 03:57 04:02 04:07
2 175,0 15,5 Bravant  VC   03:58 04:02 04:06 04:11 04:17
1 174,0 16,5 Int VC  D 2089 D216 D 216 803 04:01 04:06 04:10 04:16 04:22
7,5 166,5 24,0 Orcival  D 27 D 27 870 04:30 04:36 04:42 04:50 05:00
1,5 165,0 25,5 Inter  D 27  D 74 D 74   04:35 04:42 04:49 04:57 05:07
3 162,0 28,5 Bessat D 74   04:46 04:54 05:02