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Army run - 1/2 marathon - Ottawa par Nano Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
22-09-2008
Voilà 4 semaines que je suis en déplacement professionnel à Ottawa (capitale du Canada), lors d'un footing le premier weekend après mon arrivée je vois des tshirts rouges nike human race et je me dis "zut, j'ai raté un course au canada!" pas si grave que ça finalement, courir une course que j'aurais pu faire à paris ou à milan ne m'interesse pas beaucoup. J'ai cherché sur le net et j'ai trouvé la course de l'armée ou Army Run puisque tout est en deux langues ici. Trois semaines pour se préparer, dur dur, mais c'est pas grave ce qui compte c'est de courir avec des canadiens, des vrais! En plus c'est la seule course à Ottawa sur la durée de ma mission.

Je n'avais pas l'impression que les canadiens étaient très patriotes, en tout cas, après cette course ce que je peux assurer, c'est qu'il y a beaucoup de canadiens qui supportent leur armée et surtout leurs soldats. Il faut également savoir que les canadiens ont perdus récemment deux de leurs jeunes soldats en afganisthan et beaucoup de supporters avaient des affiches avec le portrait des jeunes gens.

Hier je suis allée chercher ma chip et mon bib (dossard, j'apprends du vocabulaire tous les jours ici!) avant de faire une virée shopping dans une boutique de running à coté de chez moi, en effet les prix sont nettement plus bas ici qu'en france et en plus comme beaucoup de gens confondent streetwear et vetement de running il y a beaucoup de choix.

Déjà j'ai trouvé ça incroyable le nombre de personne qui venaient chercher leur dossard, et de toutes sortes: enfants, vieux, soldats, gros (un gros ici c'est vraiment très très gros), maigrichons et pas mal de femmes! La course se décline en deux versions: 5km et demi-marathon (à la quebecoise).

Ce matin, après un petit déjeuner copieux, je teste la température extérieure du bout de l'orteil: 9°C ah padre! je remonte en vitesse ajouter un tshirt manches longues fushia sous mon tshirt manches courtes rose, c'est pas parce qu'il fait froid que je vais sortir dépareillée! J'arrive tôt, à 8h15 pour un départ à 9h! Bon même si je n'avais pas envie de m'échauffer j'étais quand même obligée de trottiner/sautiller/remuer/dansouiller bref de bouger à moins de finir avec les genoux gelés. Les gens ont l'air gentils mais plutot concentrés, je n'ose pas trop parler au début mais l'avantage quand on n'est pas d'ici c'est qu'on nous excuse d'être un peu trop curieux

Beaucoup sont là pour une raison et bien souvent l'affichent sur leur tshirt "soldier's mom" "my kids are in afganisthan" "my fellow's dead" "proud to be a candian soldier" "I support our troup" etc etc.

Alors que je refais pour la 50ème fois mes lacets je me rends compte que tout le monde mais vraiment tout le monde, même le chien là à coté, est figé, raide comme un I, loupé Nano c'était l'hymne nationale. Dés que l'hymne est terminé tout le monde me regarde bizarrement, zut moi qui voulait me faire des amis!

Tout le monde commence à se diriger vers la ligne de départ, ou du moins à 50 mètres de la ligne de départ. Comme si c'était voulu je me retrouve entourée de plein de femmes, comme si on s'était donné rendez vous, pourtant elles n'ont pas l'air de se connaitre. C'est cool d'être avec plein de femmes, j'avais moins l'impression d'être en rose 

le départ est lancé, très cahotique, ça avance, ça avance pas, un peu énervant surtout que j'ai froid! je me force quand même à partir tranquillement, sans chercher à doubler qui que ce soit! Dés que c'est un peu plus fluide je trouve l'expérience extraordinaire: personne ne parle, personne n'est encore essouflé et on entend le doux flopflop des runnings sur le sol, comme un concert, génial la prochaine fois je prends un dictaphone. Arrivée au km 2 je vois le bunny pace de 2h00. Parce que ici ce ne sont pas des ballons mais des bunnies pace, bref des lapins qui donnent le rythme avec des oreilles de lapin et un petit fanion indiquant leur temps de course. A mon seul et unique semi-marathon à milan en avril j'avais fait 2h06 et j'espérais, après tout le sport que j'avais fait depuis, faire 1h50. Donc pas beau le bunny pace de 2h00!! J'accélère tranquillement pour arriver à ce qui me semble être un rythme de course raisonnable pour moi.

Les ravitaillements sont uniquement liquides et tous les 3 kms. Il y a à chaque fois une bande de jeunes qui hurlent "gatorade" ou "water" bref impossible de savoir qui distribue quoi dans l'histoire et forcément au premier ravitaillement je me fais avoir, je me retrouve avec un gobelet au gout de jus dilué, très sucré, vite recraché. Parce que s'il y a une chose à reprocher à cette course c'est bien de donner à boire dans des gobelets: c'est le meilleur moyen d'en mettre partout. J'ai quand même pris mes 2/3 gorgée d'eau à chaque ravitaillement et en marchant pour laisser mon nez sec!

Donc passé le 2ème km, probablement parce que beaucoup sont partis trop vite, je dépasse beaucoup de monde. Je passe le 10km en 55min et je continue ma remontée fantastique, bon ok, je continue d'essayer tant bien que mal de conserver le rythme. J'ai l'impression d'accélerer à partir du 15ème mais je sais bien qu'en fait je ne fais que maintenir ma vitesse et c'est de plus en plus dur. On se dirige vers le centre ville et il y a de plus en plus de supporters qui lancent des encouragements à tout ce qui est rose ou qui a des cheveux longs! Ca aide à maintenir la vitesse mais j'ai vraiment l'impression de sprinter alors que non, je suis toujours à la même vitesse, juste au maximum de mes possibilités! Je passe le bunny pace de 1h55 (oui il y en a un toutes les 5 minutes!) vers le 16ème kilomètre et en me voyant passé il me dit qu'il est un peu en avance, d'ailleurs il est tout seul hihi!

J'arrive au 20ème km et mon chrono affiche 1h45! Tant pis, je tente le tout pour le tout, à quoi ça sert de courir si c'est pas pour donner le meilleur de moi-même. J'accélère, j'ai l'impression de courir après le bus, d'aller super vite mais non pas tant que ça. Je faiblis mais je relance dés que je m'en rends compte. Un spectateur dit qu'il est temps de commencé le sprint finale et je murmure comme je peux "but this is my final sprint!".

Je passe un monsieur en jaune et là, blessé dans son amour propre (d'être dépassé par une madame en rose) il se lance dans un super sprint mais j'arrive pas à le suivre, je vois une madame, elle aussi en jaune qui sprinte aussi et là j'essaie d'accrocher à sa semelle, je prend son aspiration et je finis particulièrement essouflée, les muscles raides, les jouent brulante et en 1h51:28. Pas mal!

Alors certes si j'avais voulu faire 1h50 il aurait peut-être été plus judicieux de suivre le bunny pace de 1h50 mais d'abord je ne l'ai pas trouvé (ni vraiment cherché), ensuite je suis un diesel et donc je préfère partir plus lentement, et en plus de ce que j'ai vu dans mes deux précédentes courses, les meneurs d'allures sont entourés de plein de monde et j'aime un minimum de quiétude quand je cours

Maintenant quelques stats:

Nombre de participants (hommes + femmes) à la course: 2909

Nombre de participantes à la course: 1116

Première feminine: 1h22:19

Dernière féminine: 4h03:41 (il y avait un groupe de marcheuses et je pense que c'est l'une d'entre elles)

Dernier homme: 4h21:03 (bon ok elle est gratuite celle là!)

Le prix de la course: 60$CAN (environ 40€) mais je m'y suis prise un peu tard!

 
OHM Trail 2008 - Nenni Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
10-09-2008
 

OHM TRail, (B) Aywaille, 08 septembre 35 kms et 1700 D+

Ohm Trail, 8 septembre, Aywaille, Belgique
1700 m de D+ pour +/- 35 kms.
Ohm, symbole de résistance... j'avais déjà commencé un de mes CR sur ce trail de cette manière ; cette année, ce symbole prend toute sa valeur !
Après mes ennuis de cette fin de premier semestre et ayant trouvé en l'industrie pharmaceutique mon principal sponsor, j'aborde ce début de saison sur des œufs : comment retrouver la confiance en moi, et comment courir, en plus du reste, avec la borréliose et mon asthme ? En m'inscrivant sur cette course que je connais, je savais les risques grands, mais étais aussi conscient que si les résultats étaient positifs, le moral reviendrait au top.

Dimanche 8 , 8 heures.
Levé, douche et petit déjeuner copieux, pour être à 9 heures 15 sur place.
La journée commence bien, les organisateurs n'ont pas pris en compte ma pré-inscription... un signe ? je pars, je reste ? je pense à autre chose, et retombe dans un mutisme, je me prépare, chaussette gauche, chaussure gauche, cho 7 droite ...
10 heures, brieffing, 10h10, départ ! Avec mes misères et mon sur poids, cela fait presque 6 semaines que je ne cours plus, et ai juste 100 kms de préparation...

Après 500 mètres de plat, certains diront d'échauffement, les festivités commencent : passer de 122 m d'altitude à 330 mètres sur quelques centaines de mètres... on dirait les Alpes. Je ne pense à rien, et cours comme un robot, sans plaisir mais sans douleurs non plus. Le parcours en ce moment, est identique à celui de l'année précédente ; l'organisateur a bien prévu quelques changements, je me réjouis de voir de quoi il en retourne. Malgré la pluie fine du matin, il fait assez chaud, et parfois le soleil nous réchauffe, je me détend lentement. Les paysages et nature sont toujours aussi beaux. D'un bref calcul, après10 kms, et 400 mètres de D+, au pied d'un put... de côte, le déclic ! le genre de truc qui vous fait passer de l'état de spectateur à celui d'acteur, une poussée d'adrénaline pas possible telle un coup de pied aux fesses ! Au fait, cette cote, un mur, en légère courbe, qui vous donne l'impression d'embrasser le ciel.
Il y a 1h10 qui je suis parti, et j'atteins le premier ravitaillement. Tout va bien.
Je bois mais comme à Desvres, je ne mange pas. La sortie de la vallée est en forte pente, et je remonte un groupe de marcheurs. Cela me dynamise. Les 500 mètres suivant seront d'un autre registre, pas en difficulté, mais courir dans les hautes herbes me fait peur, et je repense à cette saloperie de tique qui m'a fait tant de mal. Je paierais cher le cantonnier pour qu'il vienne débroussailler ce passage.
Je descend maintenant vers le Ninglinspo, lieu touristique mythique de la région, superbe, enchanteur, magique en balade, à pied, mais en course, même lente, très technique ! Je ne sais sur combien de mètres, le chemin longe le ruisseau, et le traverse de gauche à droite, sur de petits ponts en rondins. Je choisis la facilité et passe au travers de tout, en ligne droite, pataugeant dans l'eau. Je prend maintenant du plaisir à courir. Le deuxième ravito est au dessus d'une butte, petite, mais hard ! Je prend 5 minutes pour papoter et boire. Il fait beau.
Montées et descentes se suivent, se ressemblent. Les petits changements apportés au parcours le rendent encore plus dur et technique que l'année précédente. Pour le puriste, ce n'est que du mieux, mais pour le néophyte qui venait s'initier au trail, ce n'est pas une bonne chose.
27 kms, et dernier ravitaillement. A vol d'oiseau, il reste 1km, sur le terrain, il en reste 6 . Yves et Dominique, les GO, nous font monter et descendre à flanc de vallée. C'est beau de voir, sous différents angles, le même château accroché à la colline, mais je n'ai pas l'impression d'avancer, et cela me tue. Mais enfin, le bout du tunnel ! Enfin le bout, la dernière côte plutôt, mais de cela, j'en suis sur, c'est la dernière ! Nous passerons de 150 mètres d'altitude à 310 mètres sur 300 mètres de cote ! Dur en fin de parcours, mais sentir l'écurie me booste. Je n'ai pas eu de douleur, de réel problème sur le parcours, je suis content !
De bonne augure pour la suite, avec Millau fin septembre.
Mes problèmes ne m'ont pas trop affectés, si ce ne sont d'énormes douleurs aux genoux et aux omoplates (problèmes liés médicaments) pas de coup de fatigue, de douleurs nerveuses, musculaires, rien de bien ennuyant à signaler. La machine a tenu !
Il est 15h10 et j'en termine.
Ma femme m'attend. Je bois une bière, un coca. Je n'ai pas de gout à manger, pourtant, j'ai droit à un « boulet-frites-salade ». Je rentre direct à la maison, je prendrai un bon bain chez moi.

Le moral revient, le physique me laisse tranquille. Une nouvelle saison recommence. Aujourd'hui, j'ai couru seul tout le temps, j'ai eu du temps pour moi, du temps pour vivre, rêver, penser... un bon lavage de cerveau.
48 heures après cette course, et avoir recouru ce midi une dizaine de kms, mon asthme ne m'ennuie plus, et aucune douleur à la course n'est apparue.

non, pas de photo de moi cette fois, je ne tiens plus la comparaison avec Fred...

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Marathon du Médoc 2008 - Barbie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
09-09-2008
 

Médoc : oh ça va c'est bon j'ai compris...

Je les entends d'ici tous les maîtres Yoda de la Force de la Course à pied : « comment toi misérable petite vermicelle de débutante tu as pu penser que tu arriverais à enchaîner les marathons la fleur au balconnet ? ». Et oui il serait bon parfois que je me rappelle un peu que cela ne fait que 2 ans que je cours pour autre chose que l'espoir secret de rattraper les pompiers du jardin des plantes...

Pourtant sur le papier tout semblait coller : une dernière sortie longue avant le grand saut des 100 km à Millau qui se profilent à la fin du mois. Ce qui peut s'apparenter à une corvée quand on est tout seul sur la route toute la sainte journée et qu'on n'a pas vu le doute en nous s'immiscer devient une joyeuse balade dans les vignes avec les copains. C'est donc très (trop...) sure de moi que je monte à la capitale d'abord pour un rendez-vous pro et ensuite pour rejoindre Ken qui est en charge de la championne.

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Le nouvel ordinateur rose de Barbie

Quoique cette année petit changement : Monsieur a l'air de prendre ça un tout petit peu plus au sérieux. Il s'est mis à courir un peu plus que l'année précédente (d'un autre côté ce n'était pas difficile non plus la barre n'était pas très haute) et s'est même mis en tête de se déguiser autrement qu'en coureur. Il faut dire qu'il n'y avait que nous 2 pour rire de ce costume l'année dernière ! Ma journée commence très bien puisque je suis au starbuck devant mon petit déjeuner préféré... Aucun sucre lent à l'horizon, que du bonheur... Je croque des escargots à la cannelle et au chocolat le cœur léger puisque de toute façon je vais courir 42 km demain. Le déjeuner se fera sur l'autoroute autant dire un exemple d'équilibre alimentaire ! Pendant environ 2 sec. j'ai bien envisagé la salade de fruits qui me tendait les bras mais là devant moi le fondant au chocolat me fait les yeux doux. Et puis en pré dessert avant la barre de Daim pour accompagner mon expresso ça le fait non ? C'est rigolo parce que nous sommes déjà entourés par des coureurs runnings aux pieds prêts à prendre le départ des fois que l'organisateur du marathon du Médoc ait décidé de se la jouer farceur et de donner le départ en pleine Beauce !

Nous arrivons sur le fil pour retirer notre dossard et je cours au stand du loueur de costume chercher ce que j'ai réservé par téléphone au tout dernier moment, complètement à la ramasse comme tous les ans. Le costume du Médoc pour moi c'est comme les fiches en fac... Vous savez tous les ans on se disait : « cette année je fais mes fiches au fur et à mesure et je les relis tous les week-ends pour être fin prête pour les examens... ». Bref j'ai appelé mercredi en pleurant et en implorant le loueur de me sauver la vie en me dégotant un costume d'Athéna. Ah oui il faut que je vous explique : cette année sur ma proposition tous les membres de la communauté Courir Le Monde se sont déguisés en Dieux grecs (en toute simplicité bien sur !). Je cherchais une idée qui fasse à la fois référence aux jeux Olympiques (sans froisser la susceptibilité du Dalaï Lama et de Carla, sa nouvelle copine) et à notre sport préféré. Les divinités grecques me sont apparues comme idéales. J'ai aussi pensé de façon assez égoïste que cela nous permettrait d'avoir les gambettes à l'air en cas de grande chaleur n'envisageant pas une seule seconde qu'il puisse faire mauvais. Quand j'ai évoqué le fait d'être Athéna, déesse guerrière, pas un ne s'est manifesté pour dire : « mais non ma chérie tu es faite pour être Aphrodite, la déesse de l'amour ! ». Ken m'a lui confirmé que j'avais fait le bon choix par un : « C'est pas celle là qui est sortie du crâne de Zeus après qu'il se soit fracassé le crâne à coup de haches tellement elle lui filait la migraine ? C'est parfait pour toi ma chérie !!! ».

Bref tout ça pour dire que je me retrouve en toge blanche armée d'une épée bien décidée à en découdre avec tous ceux qui s'approcheront un peu trop prêt de moi.

Pasta party chez un vigneron coureur au château de Fontesteau où je retrouve mes comparses Olivier et Fabrice. Ce dernier regrettera sûrement vivement d'avoir choisi de dîner avec moi parce que je vais l'inonder de questions en tout genre sur la préparation des ultras. Mais bon il n'était pas obligé de faire les sables tous les ans non plus avec une facilité déconcertante genre « bouge pas chérie je vais chercher le pain et je reviens »... Ken, désespéré, profitera de mon inattention pour remplir notre coffre de voiture avant de remplir notre cave !

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Nous dormons chez l'habitant pour la première nuit car c'est ça aussi le Médoc : toute une communauté qui reçoit les coureurs le temps d'un we. J'en profite pour faire de la couture et raccourcir ma toge qui devient mini jupette et comme toujours la veille d'un marathon je dors mal... Réveil difficile surtout que l'idée d'aller avaler du sportdej, cadeau d'Olivier, à la coureuse toujours aussi désorganisée que je suis, n'est pas super motivante. Il parait que c'est au chocolat et qu'il y a des pépites dedans. Ils m'ont tous les 2 vanté les mérites du produit tels des représentants de la marque sur un stand mais franchement là j'ai du mal... J'avale sans aucun plaisir tout en me rassurant et en me disant qu'il y a au moins le gatosport au citron qui m'attend.

Il n'y a pas que cela qui ne va pas : il y a le temps ! Il tombe des cordes... Mais quand je dis des cordes c'est vraiment des cordes. Je suis là avec dans une main mon coupe vent et dans l'autre mon costume, et je doute... Certes ma tenue est jolie, le drapé tombe bien mais c'est du au poids du tissu, alors m'imaginer courir avec ça trempé sur le dos m'emballe moyen moyen. Du coup je ne m'habille pas et je décide de reporter le choix au dernier moment.

Arrivés à Pauillac, Ken décidément très en forme ce jour là nous trouve une place pas trop loin du départ et avec une haie qui sera parfaite pour les 4 pipi post marathon que je vais faire en environ 15 min...Comme le temps s'éclaircit je me lance et j'enfile mon costume : advienne que pourra. Je brosse la perruque de Ken et nous voilà partis à la recherche de nos comparses d'un jour. Oh cela ne va pas être dur de les trouver : Poseïdon (mari de notre Tortue) est là grimpé en hauteur pour surveiller l'arrivée des CLM. Je dois dire que je suis sidérée devant le travail des costumes : tout le monde a joué le jeu et nous sommes tout bonnement superbes ! C'est vrai que pour ça le Médoc est vraiment une course à part. Cela m'amuse de penser que presque tous ces coureurs sont d'habitude armés de cardio, GPS et autres gels en tout genre. Là aujourd'hui la seule chose qui les préoccupe c'est de savoir si la jupette leur va bien...

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Les autres coureurs ne sont pas en reste et malgré un thème un peu trop facile avec les îles, les vahinés ne sont pas tellement légions. Nous avons les beatles, les candidats des élections présidentielles américaines, les traditionnels mariés, les curés, les bonnes sœurs, Tintin, le capitaine Haddock et les Duponts... Je retiendrais surtout un groupe fabuleux à mon goût venu tout droit du japon. Ils sont tous en personnages de manga et les kimonos en soie court portés par les jeunes femmes sont sublimes ! Bref le Médoc dans toute sa splendeur.

La course va être à la hauteur également de sa réputation puisque nous allons mettre plus de 15 min pour faire le premier km !!! Autant dire que l'échauffement n'était vraiment pas indispensable... Le fait qu'il y ait un peu moins de chars que l'année précédente rend la course quand même un peu plus fluide et le terrain trempé nous évite les désagréments de la poussière. Je cherche désespérément du regard mes petits Princes de Lu histoire de grignoter quelques granolas au passage mais rien. Je n'ai à me mettre sous la dent que les pilotes de l'Armée de l'Air venus carrément avec leur avion ! Faut dire qu'ils sont mignons avec leur petit short bleu et leur chemisette, à te donner envie de t'engager... Mes pensées s'égarent vers une fameuse partie de volley dans Top Gun (les filles si vous ne l'avez pas vu allez louer le DVD une fois au moins, il faut voir ça une fois dans sa vie comme Rome et après tu peux mourir) mais Zeus alias Olivier est là pour me rappeler qu'il y a un marathon à courir. D'ailleurs il n'y a pas que lui qui se rappelle à moi, il y a aussi mon estomac ! J'ai faim !!! Heureusement un ravitaillement solide se profile à l'horizon et je peux me venger sur le cake. Pas très diététique tout ça...

Ce qui est marrant avec le Médoc c'est que les spectateurs s'amusent autant si ce n'est plus à un certain stade de la course que les coureurs ! Les familles sont là, déguisées, les enfants encouragent papa, maman devenus complètement fous. Je ne parle même pas des soutiens logistiques en vélo comme pour un 100 bornes, généralement des dames totalement déchaînées il faut bien le dire. Nous aurons le droit au passage d'une dizaine de nones toutes coiffes dehors criant « poussez vous c'est la sortie du couvent ! ».

Comme je cours avec Olivier en Zeus, nous ne passons pas inaperçus. Quoique question identification c'est à se demander qui boit le plus des spectateurs ou des coureurs ??? Zeus sera appelé ou Dieu (là tu me diras on est pas loin...) ou Père Noël (c'est blanc le père Noël en Gironde ?) et pour ma part je passerais pour un ange un coup sur 2 malgré mon épée et mon absence d'ailes... Un groupe qui court derrière nous se renseigne d'ailleurs et me demande si je suis en Aphrodite. Je leur réponds qu'hélas pour eux je suis Athéna, déesse guerrière restée vierge jusqu'à la fin de ses jours. Du coup un des coureurs m'embarque dans les vignes en disant : « ouais ben les légendes grecques on sait ce que ça vaut, on va aller vérifier quand même... ».

Mais bon on rigole, on rigole mais il faut avancer et là franchement c'est justement beaucoup moins la rigolade. Le terrain est détrempé par endroit et j'ai l'impression d'être quelques mois en arrière à patauger dans les polders du Mont Saint Michel. A partir du semi je ne vais plus d'ailleurs courir avec Zeus, mais derrière Zeus, qui se retourne le regard de plus en plus inquiet je le sens bien. Pour la côte du 26°, véritable casse pattes à coureurs éméchés, je le vois qui remonte telle une fusée alors que moi je cours péniblement. Je sais, je le sens, je suis cuite de chez cuite... Même les quelques minutes aux côtés de Mireille à papoter agréablement n'y feront rien, ça va être la retraite de Russie cette histoire.

Je vais de ravitaillement en ravitaillement comptant les kms à partir du 30°. Je sais que je vais finir, la question ne se pose pas mais bon j'aurais apprécié finir dans un meilleur état général dirons nous. J'en viens à espérer la pluie dans l'espoir de me réveiller un peu, c'est dire ! Comme je sens qu'Olivier piétine devant moi, je lui dis de partir aux huîtres sans moi et de m'y attendre. « J'arrive ! » j'ai même l'audace de lui lancer... Tu parles ! Je vais mettre je ne sais pas combien de temps pour faire la distance (je suis sans chrono donc un peu perdue) et je serais accueillie par un : « j'ai eu le temps d'en manger une douzaine... ». Oh ça va hein je fais ce que je peux. Bon l'avantage c'est que maintenant je suis sur bitume jusqu'à l'arrivée donc plus d'inquiétude pour ma cheville qui s'est douloureusement rappelée à mon bon souvenir avec des mauvais appuis sur des cailloux farceurs. En fait cela ne va pas suffire et j'ai bien cru que je finirais tout en marchant. Finalement une petite compote salvatrice  et la traditionnelle glace à la fraise vont me sauver la vie et je vais réussir à finir tant bien que mal ce foutu marathon. C'est un peu comme mon premier : dommage qu'il n'ait pas fait 35 km comme le disait si intelligemment Ken !

En tout cas maintenant ça va mieux, j'ai mon verre de coca à la main (j'en avais envie à un point que j'ai failli m'arrêter à une table de pique nique pour en prendre un au vol !). Une seule chose me tracasse : pas de Ken à l'horizon... J'ai peur de l'avoir raté à l'arrivée et qu'il soit en train de pester à la recherche de sa déesse. Je décide de retourner à la voiture, vu que c'est moi qui ait la clé planquée dans ma ceinture de ravitaillement. Arrivée là bas toujours personne... Je prends mon téléphone et là instantanément il sonne : c'est Ken ! C'est beau non ? Je lui demande tout de suite où il peut bien être planqué et il me répond : « je suis au 38°, je suis en train de le finir ». Quoi ? il va être marathonien aujourd'hui et je ne suis pas sur la ligne d'arrivée !!! « Ne vas pas trop vite, j'arrive ! ». Je jette l'épée dans la voiture et me voilà repartie de plus belle dans l'autre sens. Moi qui ne pouvais plus courir il y a 45 min, je cavale comme une gazelle devant l'air quelque peu ahuris de coureurs qui se demandent bien ce qu'il me prend. J'entends des : « non mais tu ne trouves pas que c'était assez long comme ça non ? » mais je n'ai pas le temps de leur expliquer, je dois arriver à temps. Oh ben ça je vais être à l'heure... même très à l'heure... Si j'avais su j'aurais amené un truc à lire, mon ouvrage de point de croix à finir... Bon ok je rigole ! Je suis sur le tapis rouge après avoir sauté la barrière et j'attends le héros du jour. L'avantage de la situation finalement c'est que cela va me donner l'occasion de profiter un peu du spectacle, de découvrir que la Bretagne entière est venue ici avec une invasion de Bigoudènes, que les pilotes de l'armée de l'air ont sacrément du plomb dans l'aile, que mon ami Basilio est toujours aussi beau avec sa cape qui flotte au vent... Mais bon en attendant je suis comme ma sœur Anne et je ne vois rien venir. Je rappelle Ken qui finit par s'énerver un peu : « oh ça va j'arrive j'ai dit ! » et en effet il finit par apparaître. C'est vrai qu'avec sa perruque rose je pouvais difficilement le rater quand même. Je bondis sur le tapis et c'est main dans la main que nous passons la ligne.

  • - Alors tu vois ça y est tu es marathonien!
  • - ouaih ben plus jamais, c'est vraiment un truc de malade!

Et là je compte dans ma tête : 1, 2, 3... (je vais jusqu'à 20) avant d'entendre comme je m'en doutais déjà :

  • - enfin si on fait un marathon américain je veux bien, au moins là je ne serai pas ridicule en plus de 5h

Ca y est c'est bon le virus est pris !!!

Nous retrouverons Nathou pour un moment très agréable devant une bière pour les hommes et un coca pour les filles (même pas light mais le serveur avait l'air encore plus épuisé que nous...), nous ferons escale à notre stand préféré de cannelés sortant tout chaud du four et nous arriverons fièrement à notre hôtel encore déguisés. Je ne suis même pas sure que Ken avait posé ses lunettes roses en forme de cœur.
En tout cas sa médaille il l'avait autour du cou ça j'en suis sure !

Barbie

Ps : pour info, Ken qui ne voulait plus entendre parler de marathon a déjà réservé la chambre et le resto pour la 25° édition du marathon du Médoc 2009 et je ne sais pas pourquoi mais je sens que le marathon de NY 2010 je ne devrais pas compter sur lui pour m'attendre bien sagement à l'arrivée avec mon petit sac... Mince alors il serait bien capable de s'entraîner comme un fou juste pour y être justement avant moi à l'arrivée...

Ken reviens ici tout de suite !!!

 
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