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Le marathon de New York vu par Jogasi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
11-11-2008
Tout d'abord un grand merci à vous toutes et à Marathonnerre pour vos encouragements en pleine course et pour vos félicitations. Je n'ai pas fait de CR plus tôt car l'émotion était encore trop forte.
Ce grand week end de 4 jours dans ma ville préférée me faisait tout d'abord très peur : comment courir un marathon sérieusement après avoir arpenté le macadam durant 3 jours pour traverser de long en large la ville aux 2 000 facettes ... et autant de boutiques !! ??
C'était décidé, le choix Cornélien entre le shopping et le marathon ... ne se fera pas. Ce sera les 2 !
D'autant plus que l'ambiance de la ville était particulièrement chaude : Halloween et Barak Obama obligent. Quel programme ! Résultat : 7 heures de marche par jour.
Je n'étais également pas décidée à tirer un trait sur la Junk Food New Yorkaise. Comment résister au célèbre sandwich au pastrami de chez Katz Delicatessen (c'est dans ce petit bouiboui que Meg Ryan est entrée dans la légende dans la fameuse scène de « quand Harry rencontre Sally » avec son orgasme) ?
Résultat : un sandwich de 700 grammes englouti en 10' ... 2 jours avant la course.
Ajoutons à cela 1 aller-retour chez Wendy's, le roi des hamburgers à l'ancienne.
Si la police des vilaines coureuses à pied existait, j'aurais pris perpette pour mal bouffe et shopping inappropriés.
Ces excès et surtout les regrets qui suivaient ont au passage bien fait rire mon mari.
Il fallait pourtant évacuer le mécontentement occasionné par la chambre miteuse de l'hôtel Pennsylvania (au demeurant extrêmement bien situé dans Manhattan).
Arrive la veille de la course et son lot de surprises :
1ère surprise - il fallait quitter l'hôtel à 5H15 pour un départ de course à 10H20. Le petit déjeuner devait être pris à 4H00 (fort heureusement les USA passaient à l'heure d'hiver en pleine nuit. Chouette 1 H00 de sommeil en plus!).
2nde surprise - mon mari s'est blessé lors de la dernière sortie CAP de vendredi 31 octobre dans Central Parc avec tout le staff de Dominique Chauvelier et Philippe Remond (des gars forts sympathiques). Mon mari est fou : « Rien à battre, je cours même avec une jambe en moins ! ».
Vive les anti-inflammatoires.
Au passage, un lièvre avec une patte en moins sur 42 kilos, ça le fait moyen !
Heureusement il avait tout prévu ... notamment une armoire à pharmacie pour subvenir aux besoins de tout l'hôtel et plus. Il a également un chrono perso sur marathon largement inférieur à notre objectif commun : terminer entre 3H50 et 3H55.
Départ de l'hôtel à 5H45. Arrivée sur Staten Island à 6H20 ou plutôt ... au pôle nord : 6° et des bourrasques de vent à supporter durant 4H00 d'attente interminables.
Nous faisons la manche pour un sac poubelle généreusement offert par un chirurgien allemand qui a préféré conserver sa tenue de bloc opératoire pour rester au chaud.
Le départ s'est fait en 3 vagues successives. Nous partons avec la dernière à 10H20.
L'émotion s'installe alors et ne m'a pas quitté plus durant 4 heures : après le discours de Bloomberg (Maire de New York) , l'hymne américain est chanté avec brio par le gagnant de la Star Ac US.
Le coup de canon est donné et Francky Sinatra chante New York - New York. J'en pleure de joie consciente de ma chance d'être là.
Après 2 miles mémorables sur le pont de Verrazano (courir avec le sosie de Rocky en tenue de boxe et Radio cassette sur les épaules c'est peu fréquent), les lignes droites de Brooklyn suivent (10 KM pour la 1ère) avec des haies humaines qui nous encouragent (allez la France !).
Le ciel est bleu et il le restera. Ça aide. Mon mari se charge du chrono et de la gestion des miles .... Nous slalomons non stop durant le 1er semi sur les rythmes musicaux les plus variés (Village People dans le quartier Afro, David Guetta dans le Bronx un peu plus tard ... ça le fait).
L'euphorie disparaît avec la traversée du mythique Queensboro. Un pont d'un kilomètre peu après le semi. Ça fait mal dans les jambes mais toujours pas de crampes. Au passage j'ai bu de l'eau à une dizaine de ravitaillements. Ceci explique peut-être cela.
L'arrivée dans Manhattan et la 1ère avenue est tout simplement irréelle : une marée humaine sur plus de 3 kilomètres qui vous encouragent avec des cris et des sourires. On en tremble de joie. On ne court plus, on vole, on rêve sur un nuage.
Ce nuage, je ne le quitterai jamais.
Oh, j'ai eu mal aux jambes durant de longues minutes. J'ai détesté mon mari qui volontairement restait 1 mètre devant moi pour me booster, ouvrir la voie et garder le cap des 3H50. J'ai demandé à mes anges de m'aider comme à mon précédent marathon (mon papa et ma maman qui ne sont plus là) et j'ai pensé à mes 3 petits qui m'attendaient en France chez leurs grands parents.
Et pourtant malgré cela, je ne souhaitais pas que ce moment cesse. Cette course est énorme. D'ailleurs ce n'est pas une course, c'est une histoire, un moment de bonheur partagé avec plus de 2 000 000 de personnes et mon petit chéri.
L'objectif a été atteint. Pas les 3H52, qui ne constituent qu'un simple chrono qui sera oublié dans quelques mois ou années tout au plus. L'objectif était de vivre quelque chose d'intense pour notre anniversaire de mariage. La médaille ne sera pas gravée le lendemain comme prévu. Trop d'attente (1H00). Le souvenir lui est quant à lui bien ancré à tout jamais.
Les prochaines courses arriveront rapidement mais aucune ne ressemblera à celle-ci.
Si le dieu de la CAP veut bien m'accorder une faveur (malgré les vilains pêchés d'avant-course) ce sera celle de permettre à tout coureur à pied de vivre ce rêve un jour dans sa vie. Voir New York et courir !
Encore merci pour tous les encouragements.
 
Le marathon de New York vu par Tiny Bat Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
06-11-2008
Coucou les filles (et les garçons, compte tenu de la belle participation de Marathonnerre à ce post!)
Je vais essayer de résumer pour vous éviter une trop longue lecture, mais çà va être dur!!! Je me disais hier qu'après la naissance de mes deux enfants, ce que j'ai vécu dimanche est sans doute une des choses les plus belles et les plus fortes que j'ai pu connaître.
Il est vrai qu'au delà de l'aspect sportif, j'avais fait de ma course un engagement humain, en récoltant des fonds pour le service des cancers pédiatriques de l'hôpital Memorial Sloan Kettering de New York; Fred's Team, du nom de Fred Lebow, le refondateur du Marathon de NY en 1970, a encadré mon séjour et ma course et les deux sont indissociables.
Dimanche matin, donc, petit déj avec l'équipe avant de faire la photo de groupe sur Time Square et de prendre le bus.
J'ai mon Gatosport dans mon sac, je me dispense donc assez facilement de l'énorme buffet offert (mais comment vont-ils pouvoir courir après avoir avalé tout çà??), et j'écoute le discours d'Aubrey Barr, tout petit bout de femme blonde, soignée à MSKCC à l'âge de quatre ans pour une leucémie presque incurable à l'époque, mais guérie, marathonienne et maman de deux enfants, c'est elle qui a relancé Fred's Team après la mort de Fred Lebow, grâce à elle que les fonds récoltés vont au service pédiatrique de l'hôpital. Le ton est donné...la salle est au bord des larmes.
Je retrouve Alberta, avec qui j'ai sympathisé sur le groupe internet de Fred's Team: 59 ans, une pêche d'enfer, premier marathon...very girl power, comme dirait Barbie!
Et dans le bus, nous rencontrons notre troisième copine, Shannon. Premier marathon aussi, mais elle, elle le court car sa petite fille de 4 ans a été soignée à MSKCC l'an dernier, elle est actuellement en rémission... sur le tee-shirt de sa maman coureuse, Marrett a dessiné le contour de sa petite main et écrit "Go Mummy"... Shannon est au bord des larmes, elle a peur de ne pas y arriver. Comment vous dire, mes peurs à moi, mes doutes, mes questions existentielles du genre "j'ai pris assez de gels" ou "le faux plat à la fin...", tout çà me semble tout à coup dérisoire.
Je sais que je vais en baver mais je n'ai plus peur de rien, et cet état de grâce ne va plus me quitter.
Je vais rester avec Shannon et Alberta pendant trois heures, par un froid polaire (3 degrés, du vent...), assises sur des sacs, à boire du café (pas génial avant de courir mais par ce froid on a même fait 25 minutes de queue pour en avoir une tasse), à partager mon Gatosport et les PowerBar d'Alberta.
Très franchement, j'étais heureuse qu'elles soient là. C'est long, il fait froid, on ne sait pas ce qui va se passer...On s'est serrées les unes dans les bras des autres avant de rejoindre nos zones de départ respectives , et là c'est toute seule comme une grande que j'attends 10 heures. Le temps de me débarrasser de mes vieux pantalon et veste en polaire que j'étais ravie d'avoir emmené, et c'est parti...
On est un peu serrés le temps d'arriver sur le pont, la sono hurle New York, New York, le pont est là, majestueux sur fond de ciel bleu, c'est irréel.
J'ai au poignet un bracelet que j'ai été cherché chez Nike la veille, qui donne les temps de passage au mile en fonction du temps souhaité. J'ai demandé quatre heures.
Ce bracelet (là encore, je pense à Barbie et au sien...), je vais commencer à le regarder et à m'en servir comme d'une balise permanent au 2ème mile; là, j'ai 2 minutes de retard sur le temps indiqué, et jusqu'au bout elles seront là: ces deux minutes en trop pour finir en 4 heures, c'est là, sur le pont Verrazzano que je les perds.
Et pour cause: je suis scotchée. Je trottine à peine, les yeux rivés sur les tours de Manhattan là-bas dans le lointain, c'est si beau, si magique... jets d'eau, hélicos au-dessus de nous...
Bref, j'atterris en arrivant de l'autre côté du pont, à Brooklyn, là je me rappelle enfin pour quoi je suis venue et je me mets à courir. A mon rythme, bien, totalement portée par les spectateurs, la musique, les "go, Virginie! Go, Fred's Team!"
J'ai décidé de ne penser qu'en miles, d'abord parce qu'il n'y en a que 26, psychologiquement çà passe mieux que 42, et puis j'ai peur de m'emmêler les pinceaux avec mes temps de passage si je convertis à chaque fois en kilomètres.
Les miles défilent, je bois un peu à chaque ravitaillement, en alternant eau et Gatorade (conseil de Barbie!); toujours beaucoup de monde, c'est familial, les enfants sont assis au bord de la route, ils tendent des bonbons...
Une pensée pour Barbie (une de plus, j'en ai eu vraiment beaucoup...) en voyant tous les spectateurs dans leur doudoune marron, la même pour tous, dans le quartier juif orthodoxe!
Je passe le semi en 2h02, tout va bien, j'appréhende un peu le pont de Queensboro qui va nous faire rentrer dans Manhattan; çà monte un peu, mais je suis plus gênée par le fait de courir sous le pont, je suis un peu claustro.
Je prends un gel tous les 5 miles, je me force un peu car je n'en ressens pas vraiment le besoin mais je pense que çà paiera, je n'aurai jamais le moindre coup de barre, ni physique, ni moral.
Arrivée dans Manhattan, sur la 1ère avenue: on entend la clameur des spectateurs avant de les voir...Foule immense, à côté Brooklyn, c'était la petit course de quartier!
Chair de poule et énorme bouffée d'énergie. Je guette le 17ème mile, car la course passe alors devant l'hôpital; en y arrivant, je ralentis pour taper dans toutes ces mains qui se tendent, médecins, infirmières, parents. Les enfants présents sont trop fatigués, souvent sur des brancards, mais tant de choses passent dans leurs regards si vite croisés.
Je repars, et mes larmes coulent. Il reste neuf miles, ce ne sont pas les plus faciles mais mes jambes avancent seules, je n'aurai même physiquement mal que vers le 37ème kilomètre, pas avant... c'est dingue ce que la tête peut faire.
Je ne faiblis pas, j'y crois, je crie "allez" quand c'est un peu plus dur, çà n'a l'air de gêner personne!
Le Bronx, écran géant, "we will rock you" de Queen, je chante, les bras levés avec les autres coureurs, puis Harlem, là je commence à avoir vraiment hâte de voir les arbres de Central Park. De plus en plus de coureurs s'arrêtent, les visages sont tendus, je me demande à quel moment l'état d'euphorie qui m'habite va céder la place à autre chose. Mais çà n'arrive pas. Enfin la 5ème Avenue, nous longeons le parc; un panneau au bord de la route "pain is temporary, pride is forever", la douleur est temporaire, la fierté c'est pour toujours.
Je vois le flot de coureurs monter devant moi, voilà donc le fameux faux plat..;et bien une fois dessus, je ne le sens même pas, je suis en pilote automatique, chaque foulée me coûte mais, oui, je suis portée, je comprends maintenant ce que voulaient dire toutes les filles qui l'ont fait.
Nous rentrons dans Central Park, je me dis "presque, presque, presque...", je vois qu'il reste deux miles, mon mari et mon fils sont à la sortie du parc, juste avant l'arrivée. Je les cherche, je ne les vois pas, ah si, çà y est, j'embrasse mon fils, je sais que j'y suis presque... retour dans le parc, encore quelques dizaines de mètres, et hop, çà y est, 4h02 et 36 sec.
La formidable tension nerveuse et émotionnelle qui m'a portée pendant 26.2 miles cède brutalement et je fonds en larmes, sanglots nerveux, pendant que ma voisine d'arrivée me vomit sur les pieds, comme dirait Churchill, du sang de la sueur et des larmes!
C'est fini, je marche, poussée par les bénévoles "walk, walk, don't stop..." je récupère couverture, médaille et sac de victuailles (et oui, on est aux U.S.!)...et je cherche la sortie. çà me prendra bien 20 minutes, et puis il faudra même que je rentre à l'hôtel à pied car les rues autour du parc sont fermées, piétonnes, pas de taxi...
Je suis presque heureuse d'être seule à cet instant, il faut que la pression retombe, c'est dur...
Alberta s'est blessée au 20ème mile, elle a fini en marchant. respect.
Shannon a fini en 4h28, elle a trouvé la fin très dure, mais Marrett est très très fière de sa maman.
Merci de m'avoir lue, c'était très long...Et merci pour vos conseils si précieux et votre soutien.
Je voudrais revenir en 2009, je suis préinscrite, j'espère que nous serons nombreuses; c'est par le forum que j'ai appris le super chrono de Jogasi, quant à Véro, injoignable, son portable semble ne pas passer quel dommage...alors j'espère à l'an prochain, cette magie-là, il faut l'avoir vécue dans une vie de coureuse!

PS j'ai su ici en vous lisant que Noah était devant moi...aaarghhh
 
le marathon du Médoc 2008 en images Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
03-10-2008

Notre nouvel ami Denis est décidement partout et nous offre un reportage à sa façon sur le marathon du Médoc 2008 (cherchez bien je suis dessus !!!).

Barbie

 Mon-Médoc-à-moi-par-Denis

 
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