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oui je sais, dit comme ça on peut de poser la question oh combien légitime : mais qu’est ce qu’elle foutait là ? Honnêtement je me la suis posée également… En fait je rassure tout le monde : non je n’ai en effet pas le niveau et oui il suffit de payer pour s’y inscrire. Le président de mon club qui participait à l’organisation m’en avait parlé et m’avait rassuré : « tu verras l’ambiance est sympa et il y a de tous les niveaux ». De plus, je me suis dit que cela ferait un truc rigolo à raconter sur mon site alors zou ni une ni deux je m’inscris le dernier jour et voilà comment je me suis retrouvée à Clermont Ferrand hier. Samedi matin : petit déjeuner classique, la course est prévue à midi et franchement cet horaire ne me convient pas du tout… On ne sait pas quoi manger… je me suis décidée sur une réserve de gâteaux Babou que je grignoterai vers 10h. Après le réglage du GPS par Ken qui a fini par s’équiper, fatigué d’avoir à me supporter au téléphone lors de mes déplacements pour toutes les courses que je fais. Les appels au secours du genre « mais comment ça tu ne trouves pas le stade de Troubalec les bains ? Ca sert à quoi qu’on est 6 ordinateurs à la maison ??? » l’ont quelque peu fatigué (et encore là je reste polie au cas où des enfants viendraient lire ce texte). Ah oui j’ai oublié : il fait un temps affreux !!! J’ai refait mon sac 2 fois, rajoutant polaire, gants et coupe vent. Il fait froid, le temps est à la neige et franchement je me demande déjà s’il est bien raisonnable d’y aller. Mais bon tout le monde l’aura déjà compris, le mot raisonnable ne fait plus partie de mon vocabulaire depuis quelques temps…
Me voilà partie avec une fille qui me dit : « à 200m tournez à gauche, à 200 m tournez à gauche… » et qui a le culot de me rappeler à l’ordre dès que je dépasse la limitation de vitesse de 2 ou 3 km/h : aucune solidarité féminine… A 20 km de Clermont les choses se gâtent sérieusement : il neige, mais quand je dis il neige je ne plaisante pas ! C’est bien simple je ne vois plus à 10 m… Pendant quelques minutes, je me demande si je vais faire demi tour, puis je me demande ce qu’il faut mettre comme chaussure pour courir sur la neige : des chaînes, des crampons ? J’hésite à rentrer chez moi, persuadée que l’épreuve va forcément être annulée mais je suis tellement prêt du but que je me dis que ce serait bête de ne pas aller voir les autres coureurs, ceux qui, pas bêtes, se sont inscrits aux épreuves en salle. Quand j’arrive au stage couvert, j’aperçois des petits bonhommes de neige qui courent. Ah c’est sur, comme pour la plongée sous marine, où la pression engendre une concentration du sang vers le cœur, délaissant les extrémités, la course à pied doit annuler l’irrigation du cerveau… Je vais aux nouvelles et apparemment ils n’ont toujours pas décidé d’annuler l’épreuve. Je valide mon dossard et je cours me réfugier dans la salle où les épreuves se déroulent. C’est bien simple, ça grouille de monde : partout des gens s’échauffent, sautent, courent sur une piste même pas plane… Vous savez comme pour le vélo en salle. En tout cas les gens ne sont pas là pour rigoler et la bagarre est sévère pour décrocher le titre de champion du monde plus de 75 ans sur 100 m. N’empêche il faut bien reconnaître que voir toutes ces personnes venues du monde entier à un age quelquefois avancé fait plaisir à voir et je me dis qu’il n’est vraiment pas exclu que moi aussi je me retrouve dans quelques années avec mes petits enfants dans le tribune avec un panneau : « vas y mamy t’es la meilleure ! ».
Bon ce n’est pas tout ça mais il parait que je suis venue pour courir ! Je profite de la salle chauffée pour me préparer les pieds, faire quelques étirements et surtout réaliser que le départ n’est pas du tout prévu au stade. Heureusement que je croise par hasard le président de mon club pour me remettre sur le droit chemin et me confie aux bons soins d’autres coureurs. Faut dire que je suis fâchée avec la fille du GPS : paraîtrait que je l’ai insulté à cause d’une indication plutôt foireuse dans un rond point et du coup elle boude dans la boite à gants… La neige s’est calmée mais le froid est toujours là et moi je demande toujours ce que je fais là. Le départ se situe à 5 km et comme de bien entendu nous nous perdons un peu mais pas trop… En tout cas notre chauffeur va faire très fort puisque nous réussissons à nous garer à 200 m du départ. Les coureurs sont déjà là et je comprends vite que la rigolade ce ne sera pas pour aujourd’hui. Tout le monde s’échauffe, sautille dans tous les sens et surtout s’observe. Ah j’ai oublié de vous dire : après les pompiers de Paris je continue avec les militaires puisque c’est l’armée de terre qui est en charge de l’organisation. J’oserai dire que s’ils nous défendent comme ils organisent les semis, faudrait que je commence à apprendre le tir mais bon je ne veux pas me fâcher avec tout le monde. Je croise notre chère Claudine (voir portrait du mois) qui compte bien devenir championne du monde dans 2h et je ne vais pas faire durer le suspens, elle va réussir son pari en 1h28 et 21’ (je sais ça calme…)
Je croise aussi Dominique Chauvelier qui me fait remarquer gentiment qu’il serait bon que je me découvre un peu pour courir et je n’ose lui avouer qu’il y a encore 2 minutes j’envisageais sérieusement de garder ma polaire pour la course… Enfin je rejoins tous les coureurs et pan nous voilà parti pour 4 boucles d’un peu plus de 5km ! J’ai horreur des parcours en boucle, j’ai le sentiment que cela n’en finit jamais… Pour compléter le tableau déjà bien noir, le paysage n’a aucun intérêt mais quand je dis aucun ce n’est vraiment aucun… Ah si le seul avantage que j’y vois, c’est qu’il est quasiment plat. J’entends des coups tirés et je m’imagine pendant quelques secondes que c’est un feu d’artifice en notre honneur. Et non ce n’est pas Las Vegas, c’est juste l’armée qui continue l’entraînement pendant que nous courons… Le premier tour s’enquille sans trop de problème. Je surveille mon pied douloureux mais pour l’instant tout va bien. J’ai avalé un gel juste avant le départ et dès le premier ravitaillement j’avale un peu d’eau pour faire passer tout ça. Je manque encore complètement d’organisation, comme d’hab…
2° tour : la neige ou plutôt une espèce de petite grêle commence ! Heureusement ce sera de très courte durée mais franchement pendant quelques minutes je me suis sentie un peu mal. Je suis rejointe par 2 coureurs avec qui j’entame la conversation ravie de montrer que je peux parler sans problème à cette vitesse. Histoire de me remettre à ma place tout de suite, l’un m’annonce qu’il sort d’une grosse bronchite et l’autre a une côte cassée… Enfin nous décidons de courir ensemble et je fais donc la connaissance de Christophe et Bruno, 2 furets d’Eiffage, un club d’athlétisme situé pas loin de Millau. Cela va changer le côté un peu tristouille de cette course et me permette de papoter comme j’aime tant le faire. Au 3° tour nous nous faisons doubler par les premiers qui sont en train de terminer. C’est ahurissant de les voir passer : j’ai l’impression de faire du sur place !!! Ils disparaissent de ma vue à une vitesse qui me laisse perplexe… Mais que mangent-ils ??? Mais bon c’est pas tout ça nous il nous reste encore quelques km devant nous sous le soleil ! Et oui maintenant il fait chaud !!! C’est vraiment du grand n’importe quoi… Au 15° km je teste pour la première fois le gel « coup de fouet ». A part un goût de médicament au menthol, je ne peux pas dire que je sens des ailes me pousser aux pieds. Par contre je sens poindre une douleur sous le gros orteil du pied gauche (ampoule en vue…) et surtout à la cheville. Il n’y a pas que moi qui commence à souffrir. Un de mes furets se plaint d’avoir mal aux jambes et commence à ralentir. Son comparse me conseille de m’accrocher à un autre monsieur juste devant moi : « vas y, tu peux réussir à suivre le monsieur en M75 ! Il est à ton niveau ! ». En français dans le texte pour ceux qui ne sauraient pas, M75 ça veut dire qu’il a entre 75 et 80 ans le jeune homme. Et oui j’arrive à le suivre tant bien que mal… J’en ai marre de la course à pied : soit je cours avec des hommes qui pourraient être quasiment mon grand père, soit avec des hommes qui relèvent de blessures : ça va vraiment devenir vexant à la fin…
Enfin je dois bien reconnaître que Pierre va se révéler un compagnon de course tout à fait charmant, allant même jusqu’à se mettre devant moi pour couper le vent qui s’est levé !!! Et oui, après la neige, le soleil, voilà le vent… Je m’accroche à lui en tout cas parce que franchement je n’en peux plus. La douleur à la cheville devient totalement insupportable et je suis de plus en plus inquiète. Chaque mètre est difficile et je me dis que vraiment il va falloir que je fasse attention parce qu’à ce rythme je ne vais jamais finir mon programme de l’année… Je n’arrive même plus à parler, c’est dire si je suis mal… Enfin je m’accroche et là l’avantage d’un parcours en boucle c’est que je sais combien il me reste : allez encore un peu et je vais passer sous le pont, encore quelques mètres et la ligne d’arrivée sera là. J’ai presque le sentiment d’accélérer même si je suis consciente que ce n’est sûrement qu’une impression. J’aperçois enfin la ligne et je n’en peux tellement plus que je fonce abandonnant pour quelques mètres mon compagnon de course. Je passe la ligne en 1h46 et 20s… Je me retourne pour attendre Pierre que je salue chaleureusement et là je comprends que mon temps n’est pas encore validé !!! En fait je dois continuer un peu pour que ma puce sur mon dossard soit enregistrée. Du coup je vais perdre une minute sur mon temps officiel. Bon ça ne change pas grand-chose à ma place sur le podium… Je vais me chercher une bouteille d’eau en boitant lamentablement et je me maudis intérieurement… Mais qu’est ce que je me suis encore fait ??? Je retourne vers la ligne d’arrivée pour embrasser mes furets préférés et je repars comme je peux vers la voiture. Bon au moins, je sais une chose : ma sortie du lendemain est quelque peu compromise… Je n’ai qu’une envie : rentrer !!! Je ne vais même pas passer par la case douche au stade et je fonce rejoindre ma voiture. Je retrouve mes petits gâteaux Babou qui me remontent un peu le moral mais là franchement il n’y a que ça qui va. En descendant de la voiture, Ken est ahuri : je boite et apparemment on voit que je souffre. Le bain chaud avec une perle de bain grenadine ananas n’y fera rien. Bon ben je crois que je vais retrouver mon nouveau meilleur ami, à savoir mon vélo d’appartement… Par contre j’ai remarqué un truc : quand je marche sur la pointe des pieds je n’ai pas mal… Le marathon de Paris sur des pointes de danseuse je suis sure de faire sensation !!! Et puis il parait qu’il faut faire du jus avant une course, là c’est sur je vais baigner dedans…
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Pour récupérer, j'ai lu que les bains chauds c'était pas le top ... Une douche froide, c'est mieux (brrr!). Mais bon, après avoir affronté la neige, je n'en aurais pas eu le courage non plus !