La Sarabande de La Rochelle 2008 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par admin   
01-06-2008
Tout avait pourtant mal commencé... Vendredi journée noire, vous savez le genre de journée où on se demande pourquoi on s'est levé le matin : tout part en vrille. Vous allez chez Champion acheter du jus d'orange pour le petit déjeuner puisque vous n'êtes pas là le lendemain et vous revenez avec de quoi nourrir le Darfour pendant un mois mais sans le fameux jus, vous réalisez que le mal de gorge qui vous gênait depuis plusieurs jours s'est transformé en angine et que votre voix ressemble plus à celle de Ken qu'à celle de Barbie...

 Bref vous n'attendez qu'une chose : vous recoucher le soir dans l'espoir secret que le lendemain sera meilleur. Pourtant alors que je pensais que la journée ne pouvait pas être pire, je n'allais pas être au bout de mes surprises. A l'heure où je devais partir vers la Rochelle (5 heures de route quand même) un orage éclate et pas un petit. Très rapidement la route devant chez nous se transforme en torrent de boue, enfin la route c'est vite dit puisqu'au bout de quelques minutes, il n'y en a plus justement de route. La bouche d'égout un peu plus loin saute sous la force du geyser qui en jaillit de plus d'un mètre de haut. Il va falloir attendre que tout cela se calme pour partir. Je finis par sauter dans le camion en me disant qu'il faut partir parce que La Rochelle c'est loin et que conduire tout le temps de nuit à mon grand âge ce n'est pas trop prudent. Je n'ai pas fait 5 km que le téléphone sonne : « Chérie la cave est inondée et la chaudière est dans l'eau... ». Bon qu'est ce que je fais ? Je rentre et j'annule tout ? Ken m'encourage à y aller et je continue avec ce sentiment désagréable d'être le capitaine qui quitte le navire qui coule avant les passagers. Cela me perturbe tellement que je me plante de route (alors que je la connais par cœur) et je vais me rallonger de presque 50 km pour rien. Bon l'appel de Ken m'a rassuré, l'eau est évacuée et la chaudière redémarre. Je peux donc discuter tranquille avec ma Bridget Jones de petite sœur tranquille pour savoir si cela vaut le coup d'aller dîner avec Raoul alors que celui-ci l'a déjà larguée 2 fois...

 Poitiers : arrêt pour dîner chez un concurrent direct de Mc do et là encore ils ont décidé de m'embêter. « On n'a plus de salade, on a tout vendu... ». Bon ben je vais prendre un sandwich bien lourd et une grosse glace parce que quitte à ne pas suivre mon régime alimentaire, autant le faire carrément ! Arrivée nocturne à La Rochelle où Madame GPS me guide à mon hôtel réservé sur internet à la va vite bien sur. « Mais pourquoi elle me fait passer par là ? Je suis sensée aller sur le port... qu'est ce qu'elle me fait encore la blondasse ? ». Oui je sais, je suis pourtant blonde mais j'ai décrété que mon GPS était une blondasse filasse et je la déteste. Bon ok quand elle dit : « vous êtes arrivée », je suis bien devant un hôtel sauf que je ne le voyais pas du tout là et que je me suis trompée en réservant. Pas de parking, il faut donc trouver à se garer dans les petites rues rochelaises, ce qui avec mon camion relève de l'exploit. Après une tentative de créneau à gauche totalement lamentable, je décide de me garer là sur cette grande place à côté des voitures déjà présentes, juste en face du commissariat. Je veux me coucher et passer enfin au lendemain même si vu l'heure tardive nous sommes déjà au lendemain justement. Nuit à peu près correcte même si je suis une vieille fille qui ne dort vraiment bien que dans son lit et constat désagréable au réveil devant la glace éclairée au néon aveuglant de la salle de bain : « bon ben la course à pied ça rajeunit peut être de 10 ans mais pas tous les jours... ». En plus la glace est un peu grossissante et je constate l'apparition de ridules (pour ne pas dire rides) que je ne connaissais pas encore. De désespoir, je décide d'aller me suicider par absorption massive de brioche au buffet du petit déjeuner... Un peu moins malheureuse, je retourne à ma voiture et je constate que je m'étais garée à un endroit qui est peut être toléré le soir mais le matin ça fait tache ! La voiture est là toute seule perdue au milieu d'une grande place sans rien autour. Ah si les véhicules de police et leurs occupants qui me voient débarquer avec armes et bagages, d'une humeur relativement maussade. Ils vont me regarder charger la voiture, redémarrer et sortir de la place sans oser rien me dire. Je pense vraiment que ma plaque étrangère m'a sauvé le coup...

 Madame GPS décidemment bien lunée en ce moment m'emmène à destination et je découvre la salle de sport qui va servir de lieu de retrait pour les dossards de la course et où je vais passer quelques heures à dire que Barbie c'est la plus belle et la plus sympa et que son site il est trop beau ! Je découvre par là même une équipe formidable et plein de bénévoles tout aussi sympathiques les uns que les autres. Je comprends mieux d'où vient la réputation de la course maintenant.

 Je m'installe et je dégaine l'arme absolue à savoir les saladiers remplis de gros bonbons tendres et de fraises bien rouges et bien chimiques. Normalement avec ça les filles devraient venir me voir. En fait cela ne va pas se passer comme prévu... Les familles arrivent souvent ensemble pour retirer le dossard de l'héroïne du jour. Les enfants courent un peu partout et aperçoivent rapidement les bonbons. Ils débarquent n'osant pas la plupart du temps se servir. Après mon accord, c'est la mine ravie qu'ils plongent dans les saladiers. Là normalement Papa arrive sur l'ordre de Maman qui, inquiète de ne plus voir ou entendre sa progéniture, lui a dit : « va chercher les enfants ils ne sont plus là ». Papa arrive et se retrouve irrésistiblement attiré non pas par moi (je rassure ces dames !) mais par des petits tableaux où j'ai exposé mes médailles de marathons favorites. La conversation est lancée : « Vous avez fait NY ? Et Las Vegas ? Tiens je ne savais pas qu'il y avait un marathon là bas.» Finalement Maman arrive partie à la recherche de sa petite famille, râle en disant « pourquoi tu les as laissés manger autant de bonbons avant le repas ? Ils ne vont rien manger !!! ». Papa : « Mais non ils n'en ont presque pas pris. » alors que le gamin tente d'avaler en vitesse les 3 chamallows qu'il a dans sa bouche devenue rouge de fraises tagada... J'en profite pour lui parler de mon site et zou elle repart avec sa petite carte.

Bon bien sur je caricature un peu mais bon Barbie ne serait plus Barbie sans ça...

Surprise : Indy 73 passe me voir sur le stand et je découvre une superbe brune. Je ne sais pas à quoi c'est du mais je me faisais la réflexion suivante : les filles du forum sont vraiment jolies ! Je savais que la course à pied avait des effets positifs sur la santé mais sur la beauté, je ne savais pas. Va falloir lancer une étude scientifique là dessus...

La matinée s'écoule rapidement et 14h est là sans que je m'en sois vraiment rendu compte. J'avale 2 gâteaux de Babou version madeleine et  je range tout mon bazar. Il va maintenant falloir se transformer en super coureuse ! Ce n'est pas tout ça mais je suis aussi venue pour courir. Franchement, entre la route la veille, le manque de sommeil devenu un peu chronique je trouve, la tenue du stand pendant quelques heures et mon angine qui me brûle littéralement les bronches, je le sens moyen. Mais bon je suis venue pour tester le confort de ma nouvelle ceinture pour le Mont Blanc (un vrai bidon pour boire, ce marathon se court en semi autonomie) et puis surtout il fait un soleil radieux alors je ne vais pas résister longtemps et je chausse mes runnings le cœur léger.

Je rencontre sur la route du départ des coureuses avec lesquelles je devise tranquillement. Elles sont très impressionnées par l'équipement « pro ». Entre la ceinture pas vraiment faite pour la distance et le GPS au poignet, je fais super sérieuse. Quand je leur dis que je viens décrasser du Mont Saint Michel et que je teste mon matériel pour le Mont Blanc, on ne peut pas dire que j'arrange les choses. J'ai vraiment le sentiment de passer pour une folle complète mais bon... N'empêche ma gourde va m'être d'un grand secours parce que je vais découvrir que malgré la chaleur qui règne, plein de filles sont là à attendre sous le soleil sans eau pour s'hydrater. Autre chose qui me saute aux yeux tout de suite : les tenues !!! Pas mal de filles sont habillées pour une sortie printanière voir automnale mais sûrement pas estivale. Collant mi-long noir épais et soleil font rarement bon ménage.

Après un petit échauffement réalisé dans une joyeuse rigolade le départ est donné. Je sais que mon choix de rester au milieu des coureuses et de ne pas me mettre devant va m'handicaper sérieusement et que le chrono ne pourra pas être au rendez vous. Mais je veux profiter du moment et surtout recourir là où ma vie de femme a changé, ce jour de novembre 2006 où sur ce port je finissais dans la douleur mon premier marathon. Le premier tour va être l'occasion pour moi de me replonger dans ce moment si fort de ma vie. N'empêche, je cours et je finis la première boucle de 5km sans vraiment m'en rendre compte. Je ne peux pas vous dire en combien parce que bien sur mon GPS n'est pas chargé et donc reste muet... Je cours donc à l'aveugle mais pas sans douleur. C'est bien simple j'ai l'impression à chaque quinte de toux qu'on attaque mes bronches au lance flammes... Mais bon j'attaque ma 2° boucle bien décidée à passer à la vitesse supérieure. J'ai repairé le parcours, je sais quand je vais pouvoir accélérer. Il faut être honnête avec vous, je vais commencer à remonter tranquillement mais sûrement des coureuses qui souffrent je le vois bien. Je suis gênée de les doubler consciente en plus que je ne vais pas à fond. Sur le port alors que je passe le 7° km, je vois les filles qui sont en tête dans l'autre sens fonçant vers l'arrivée. Je suis ravie de découvrir que dans les 20 premières une fille court avec la fameuse jupette que je vais vraiment me commander tellement je suis jalouse. C'est au moins la preuve qu'on peut courir vite avec...

Je n'ai toujours aucune idée de mon temps, je sais juste que je double toujours et encore. 9° km j'accélère vraiment. Bizarrement mes bronches ont décidé de me laisser en paix. Je pense qu'elles ont compris que de toute façon j'irai au bout alors... Sous les encouragements des hommes présents sur le bas côté (c'est bien les courses féminines pour ça...), j'accélère vraiment à 500m de l'arrivée. Je sais que je suis 90ème grâce à un monsieur qui au lieu de compter les moutons a décidé de compter les filles qui passent... Je repère une fille au loin et je décide de la rattraper. Je vais carrément piquer un sprint à l'arrivée la doublant sur la ligne. C'est là seulement que je vais découvrir que j'ai mis 52 min et quelques secondes et que je finis 82°. Vu les circonstances, je suis très heureuse et c'est en sautillant que je me dirige vers le ravitaillement histoire de boire mon traditionnel verre de coca pas light mais si bon après l'effort. C'est ma bière à moi...

Après avoir récupéré mes cadeaux à savoir un joli tee-shirt turquoise et une trousse de toilette trop belle qui a déjà rejoint mon sac de sport, c'est le cœur léger que je rentre à ma voiture, histoire de prendre une douche et de repartir toute fraîche vers mon Auvergne. Ca m'a fait un bien fou cette petite course féminine au soleil après la grande messe trempée de testostérone du week-end dernier. Je ne traîne pas parce que l'orage s'annonce déjà et c'est sous une pluie battante que je quitte La Rochelle. C'est là que je réalise qu'il est 18 h et que je n'ai toujours pas mangé !!! Les gâteaux de Babou ont beau être supers, cela ne nourrit pas la blonde. Je m'arrête dans une station service où je m'achète pleine de bonne volonté une petite salade de pâtes et une salade d'ananas. Je fais la queue pour payer et là dans son congélateur, j'entends le magnum chocolat café qui crie : « prends moi ! Sors moi de cet enfer glacé ! ». N'écoutant que mon courage je décide de faire ma B.A. du jour et de sauver ce pauvre petit esquimau glacé qui ne demande qu'à voir enfin le jour. Oui je sais, tant de bonté me perdra... Je dîne tranquillement en lisant un journal totalement passionnant qui me parle d'un sujet totalement crucial pour l'avenir du monde, que dis je de l'humanité tout entière : la cellulite de Britney Spears sur ses cuisses. Je découvre aussi grâce à une publicité qu'il existe un produit miracle que si j'en prends 2 gélules par jour je vais avoir les seins qui poussent. Et comme décidément c'est une bonne journée, je vais reprendre le volant avec une radio qui ne diffuse que des musiques des années 80. Je me retrouve donc en train de chanter sur du Jeanne Mas « toute première fois » (mais si Jeanne Mas, la mère des Tokyo Hotel !) et à danser sur du Jimmy Summerville comme quand j'étais jeune. Je me rappelle cette époque pas si lointaine où je portais du fluo (la techtonik nous a tout piqué) et surtout où je venais enfin pour mon plus grand bonheur d'être dispensée de sport pour toute ma scolarité. Je regardais mes copains sur le stade de la salle d'étude où je lisais l'intégrale de Voltaire pour la 3° fois en me disant : « faut quand même être c... pour courir comme ça ! ».

Comme quoi la vie réserve de sacrées surprises...

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Commentaires (9)Add Comment
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Ecrit par madamegal, juillet 03, 2008
Trop drôle...et bravo pour les BA smilies/grin.gif
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Ecrit par charlotte Flo, juin 06, 2008
Et bien j'y étais à cette Sarabande 2008, et je dois dire que je ne l'ai pas vécu de la même façon ! Je n'ai jamais eu aussi soif de ma vie, du moins, que je me souvienne. J'ai bien failli abandoner au 7ème KM, déshydratée, à la limite de l'insolation. Heureusement, ma p'tite mère était là, ses encouragements et sa bouteille d'eau m'ont décidé à repartir. Mais les filles tombaient comme des mouches de malaises, la Croix Rouge n'a pas chomée. Bref, j'ai fait 8 min de qu'en 2006, en 55'45 c'était pas si mal.
La Sarabande des Filles de LR reste malgrés tout une supère course pour nous les nanas, rien que pour nous avec une ambiance sportive.
Merci Barbie pour ton site, tu ma donné ta carte sur ton stand, et je t'assure tes p'tites rides il n'y a que toi qui les vois.
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Ecrit par Bridget Jones, juin 06, 2008
Raoul ???????? et ben t'étais bien inspirée dis moi !!!!!
bizzzzzzzzzzz ma souerounette adorée de mon coeur qui court trop trop vite !!!
alors que moi j'arrive même pas à courir 20 mètres sans appeler les urgences.....
Signé : petite Bridget qu'y connait rien en course mais qu'en connait un rayon sur les mecs relous
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Ecrit par babou, juin 03, 2008
Barbie, grand reporter ! ça sent la pro de journaliste ce compte rendu. Toujours le même plaisir de te lire. Courage, encore deux semaines et les grands espaces s'ouvriront devant toi. Le Mont Blanc, j'adore ! (les magnums aussi d'ailleurs...)
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Ecrit par avril92, juin 02, 2008
Courir pas malade je sais que c'est dur, alors courir avec une angine .... admiration !
Merci Barbie pour ce compte rendu sympa comme d'habitude .... on le "savoure" !
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Ecrit par Birgit, juin 02, 2008
Bravo pour ta course malgré l'angine, il fallait du courage ! (et je parle en connaissance de cause pour en avoir souffert cet hiver pile le jour des lifa cross !)J'adore tes compte-rendus.
Mais récupère bien pour le Marathon du Mont Blanc, et soignes toi bien.
Je me demande comment tu arrives à tout faire ? Tes journées sont à "rallonges" !
Peut-être à un jour pour une course du côté de Vichy ?
Birgit
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Ecrit par papillon, juin 01, 2008
voilà encore un compte rendu bien palpitant, barbie sacrée virtuose de la cap et des mots! un régal à la magnum (classic pour moi).
attention malgré tout à bien te soigner !!
papillon
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Ecrit par zoé, juin 01, 2008
Superbe récit d'une super Barbie toujours souriante et volontaire malgrés les aléas du temps,
et une angine (à ne pas trop négliger toutefois),
et qui plus est porte drapeau de la cause des magnums chocolats ''libre'' smilies/wink.gif
Encor Bravo Barbie smilies/smiley.gif
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Ecrit par Nathou, juin 01, 2008
Ben voilà, tu nous as encore fait un super compte rendu Barbie. Tu es une super coureuse et en plus une super woman, sauveuse d'esquimaux!!! Bravo petite blonde smilies/grin.gif smilies/grin.gif et bisous smilies/kiss.gif

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