Le Marathon de Chavagnes 2008 (Brinouille et Marathonnere) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Les Courses - Les Comptes rendus
Écrit par admin   
12-05-2008

Compte-rendu de Brinouille sur son marathon à Chavagnes

2  mois ½ d'entrainements, 4 séances par semaine (voire une ou 2 semaines à 5 séances) toujours sur le fil de la blessure,  pour un objectif à 3h38/moins de 3h40. c'est le maximum que professionnellement et physiquement je pense encaisser pour le moment.

Ca commence dans un restau du coin devant une bonne plâtrée de pâtes : Pierrot75 méditant  placidement un « qu'est ce que je fous là », Fred près à se farcir stoïquement 3h40 de course à pied,  Baltha et Pépito en super supporters de notre club, Duduche et Jean-Luc en accompagnateurs à vélo de Pierrot. Nico en reporter photo. Bref une compagnie  digne des J.O. pour les 2 modestes athlètes  que nous sommes ; )

Tous le monde file se coucher à 9h30. Le lendemain réveil à 5h ! Je pense à Pierrot qui est parti pour de longues heures à 9 km/h, à Ouille dont le genou à fait grève à 1 semaine de Chavagnes .  Allez hop on se prépare, je me sens bien, juste très énervée. Nous voilà parti pour 10 mn de voiture, puis voilà le sas du départ de Chavagnes qui se dessine. Je rejoins Baltha et Pepito qui arborent leur très orange coupe vent du club . Je croise dans les toilettes du gymnase  2 filles qui ont sacrément un physique à  courir devant moi (je ne me suis pas trompée elles seront devant moi), je me sens l'espace d'un instant une toute petite Brinouille pas assez affûtée. On passe voir passer les premier 100 bornards  à un bon 15 à l'heure ( Impressionnant !)  Je me sens encore plus toute petite.

Puis vient le moment de se mettre sur la ligne de départ. Je m'énerve, je stresse, plus que pour mon premier marathon. Ca y est, on est au pied du mur, va falloir accepter de souffrir un moment et pour le moment ça me parait énorme. Fred à beau être rassurant à ce moment je suis seule face à ma petite mécanique imparfaite, et je me demande où elle va me mener. Mon cœur cogne un peu haut, 115 debout sans bouger  ça me parait énorme !

On est parti ! Je démarre comme un bombe et Fred me tempère de suite, c'est lui mon chrono mon lièvre et mon ravito, moi je me contente de rester dans mes puls : 160-162 dans les 5 premiers km. Je vois des filles partout, Il n'y en a que 15 mais j'ai la sensation qu'elles sont toutes devant moi !  Mon cardio monte trop haut, je suis bien trop énervée, je parle sans cesse, Fred me demande de ralentir le débit vocal, mais je me rebiffe. Désormais il y a 4 filles devant moi, et trois ont d'office des allures inaccessibles et partent au loin. Je papote avec ma voisine qui vise 3h45 (elle est parti bien vite me dis-je) une autre fille caracole devant moi en me disant que c'est son premier et qu'elle n'a pas d'objectif. Je suis impressionnée par son aisance en course pour un premier, réelles facilités ou méconnaissance du mur ? Fred me dispute de causer autant. C'est vrai que je suis la seule à parler. Mais j'ai besoin d'évacuer mon stress de cette manière, même si ça gaspille un peu d'énergie. Les puls sont à 164 minimum, je n'arrive pas à moins.

Enfin le 5ème km arrive, et là je peux enfin aller vers 164-168 puls.  Je suis bien dans mon allure, 11,8 km/h.  je me calme enfin. Je rentre enfin dans ma course. Un ravito arrive, c'est un luxe d'être ravitaillée par Fred sans devoir s'arrêter, je grappille de ce fait  quelques mètres à la  fille devant moi. Fred me dit qu'on est sur les bases de 3h36. Tout va bien. 10ème km en 50 mn environ, je suis en super forme.

Le paysage est sublime, il fait doux et bon, les grenouilles coassent  comme l'année dernière (n'est-ce pas Ouille ! ; ) et les vaches cavalent pour venir nous voir passer. Je grignote cm par cm la fille devant moi mais son allure ne faiblit pas. Elle reste toujours une centaine de mètre devant moi.
Au 20ème les pattes commencent à faire mal, je sens mes tendons commencer à tirer : achille et surtout l'insertion de mes jambiers postérieurs. Là je sens que cette année ça va être nettement moins facile. On passe le semi en 1h47. Grâce aux ravitos évités je me rapproche de la miss infailliblement, ça me met une sacrée pression. Barbie, Martine, Duduche, pépito, Baltha  et d'autres viennent aux nouvelles en téléphonant à Fred (à cette allure il peut courir ravitailler, téléphoner et photographier en même temps !!!!) je suis contente de les entendre.

25ème, 30 ème, Inexorablement, les douleurs et la fatigue s'installent.  Je monte les puls à 170. Je talonne l'opiniâtre miss devant moi, nous parlons, elle me dit que c'est dur, qu'on va y  aller ensemble, c'est ce qu'on fait.  Mais le ravito du 35ème arrive, elle s'arrête  et je continue. Elle se prend la pauvre le mur en pleine face, l'erreur du débutant. Je ne fais pas pour autant la maligne, car ce n'est pas une partie de plaisir non plus. Les puls montent à 175. Je ressens maintenant la chaleur, mon visage devient grimaçant, Je demande à Fred mon portable, il n'a pas trop envie de me le donner pour que je ne gaspille pas mon énergie, je râle et l'oblige à me le filer, j'ai besoin juste d'entendre un pote, je l'écoute me dire « allllez ! » sans avoir la force de répondre, mais ça fait du vraiment bien. Le coach aussi m'appelle, il est content que ça se passe comme prévu, mais le pire est devant moi.

Au 38ème plus de jus, les cuisses deviennent dures et lourdes,  je ressens impérieusement le besoin de marcher, je marche quelques secondes je repars, puis l'envie de marcher revient,  2 fois, encore juste quelques secondes, puis 3, 4, 5 fois....j'en pleure de rage. J'empêche le pauvre Fred de me photographier, je suis en colère.  Je vois les 3h36 m'échapper, puis les 3h38. J'ai un sursaut d'orgueil voulant y arriver, mai je remarche encore.  À 800 m de l'arrivée j'entends Baltha au loin me hurler des encouragements et là  je me remets à courir et je lâche tout,  les puls grimpent, c'est vraiment douloureux, je vois les marquages des derniers 200 m je ne cours  plus vers l'arrivée je cours vers le  moment où ça va cesser. Je passe l'arche d'arrivée, je ne pense même pas à éteindre mon chrono, j'entends juste Fred qui me dit 3h40mn05. Je m'écroule, jamais je n'ai ressenti un épuisement pareil,  affalée, tenue par les bénévoles qui s'inquiètent. Il me faudra une bonne heure pour retrouver une petite forme.

pas de déception pour autant, je suis à peu près dans l'objectif. C'est si Fascinant un marathon, on croit durant 38 bornes que l'on va le survoler en gagnant quelques minutes,et à 2 km de l'arrivée ce sont tous nos espoirs qui s'envolent, c'est le dur retour à la réalité..... mais quelle source de motivation pour en refaire un autre, un peu plus vite ! : )

Merci à Fred de m'avoir supporté durant ces 42 bornes 195, à Baltha et Pépito, et encore bravo à Pierrot75, c'était chouette quand nos chemins se rejoignaient.

 des photos ici :  http://brinouille.courseapied.net/billet.php?idbillet=4539 et celles de fred : http://picasaweb.google.fr/marathonnerre/100KmDeChavagnes2008

Compte-rendu de Marathonnere dans le rôle du lièvre

Samedi 3 mai, 7 heures du matin.
Les deux premiers coureurs des 100 km ont terminé vers 6h45 le premier de leur quatre tours à une moyenne de 15 km/h.
Brinouille est sur la ligne de départ de son second marathon, avec un objectif de 3 heures 38 minutes. Je l'accompagnerai tout au long de la course, avec dans ma ceinture une bouteille et des gels.
Le départ est en descente, Brinouille file comme une affamée, il me faut à plusieurs reprises tirer sur la laisse puis froncer les sourcils pour la retenir, 5'10" au km, pas plus vite. Elle a repéré deux coureuses devant, une uatre avec un temps de référence vers 3h02 est inaccessible.
Il m'en faut de la persuasion pour dissuader Brinouille de suivre une coureuse, qui, néomarathonienne, part un peu au jugé sur cette distance. Soit elle est meilleure que Brinouille et il n'y a rien à faire, soit elle va dans le mur et inutile de l'y accompagner.
Vers le 3e km la seconde coureuse des 100 km nous dépasse à envion 13 km/h (nous sommes vers 11,8 km/h), elle en est à environ 26 km de course.
Vers le 5e km passé en 25'05" soit 45 secondes trop vite le rythme est enfin stabilisé, la file des coureurs s'étire, nous ne sommes pas gênés par la foule.
Le soleil commence à monter, il va faire chaud. Passage sur un chemin en forêt, puis contrairement aux coureurs des 100 km nous coupons à droite, notre première boucle ne mesure que 16 km. Un peu plus loin nous retrouvons le parcours des 100 km et les deux leaders, Régis Lacombe et Antoine Amiot nous dépassent à 15 km/h, nous sommes vers le 13e km (un peu plus de 1h05) et eux ont déjà couvert 45 km.

Parcours sans bornes
Les 5 premiers kilomètres étaient indiqués, ensuite nous n'aurons d'indication kilométrique que tous les 5 kilomètres. Malgré cette absence de repères je suis régulier sur l'allure voulue, avec un peu d'avance liée au départ rapide nous sommes sur la base de 3h37 au marathon.
A chaque ravitaillement je m'arrête pour remplir ma bouteille de 75 cl puis je cavale pour rattraper Brinouille.
La coureuse en 4e position (je la compte 3e tout au long de la course, n'ayant pas vu partir une autre coureuse devant) est à moins de 2 minutes, au gré des virages nous la voyons parfois.
Passage au 15e km en 1h16 toujours sur la base de 3h36 / 3h37.
Nous terminons notre tour pour repasser sur le début du parcours, et cette fois nous courrons l'intégralité de la boucle des 100 km. Quelques coureurs rapides nous ont encore dépassé, dont Eric Legat en quatrième position, et futur vainqueur, puis Benoît Laval, le créateur de RaidLight. Mais globalement nous sommes bien seuls.

Ici l'ombre
Nous arrivons dans la forêt et son ombre bienfaitrice, il fait chaud, je pense aux coureurs des 100 km qui ont passer l'après-midi sous le soleil, ça va être difficile pour eux.
Le parcours du marathon n'est pas très facile finalement, avec beaucoup de virages, des ruptures de rythme causées par des faux plats tour à tour favorables puis défavoables, et un vent tiède de sud est gênant.
Par contre c'est globalement très joli, entre bocage et forêt.
Brinouille boit régulièrement et prend ses gels également sans s'arrêter, elle se sert dans la poche de ma ceinture.
Nous passons le semi en 1h48, soit 3h36 à la fin, il y a eu quelques légères accélérations pas faciles à vérifier en l'absence de repères kilométriques. J'ai attaché mon Forerunner 201 à ma ceinture, il est précis sur la distance moyenne (15,03 km au 15e km et 42,35 à l'arrivée),mais l'affichage de la vitesse instantanée est toujours aussi fluctuant, entre 10 et 14 km/h !

Rencontre
Au ravitaillement du 35e km passé en 3h et 15 secondes la coureuse qui était avec nous coince sévèrement, elle paye son départ sans doute trop rapide. Je le signale à Brinouille qui semble avoir un peu plus de mal maintenant mais qui tient bon. Il va encore y avoir un faux plat défavorable face au vent, il va falloir s'accrocher.
Régulièrement j'appelle Barbie pour lui donner des infos, j'ai également Baltha et Duduche à plusieurs reprises, Pierrot continue à son allure régulière.
Après la petite montée sur l'autoroute vers le 37e km il y a le gros ravitaillement de la ferme Ste-Marie tenu par les Kékés du bocage. Brinouille voudrait s'arrêter, je lui conseille de marcher plutôt. J'y effectue un long arrêt vidange et ravitaillement, puis je cavale pour rattraper Brinouille qui n'a plus la même aisance. Il va falloir tenir pendant quatre kilomètres au moment où ça remonte légèrement. Elle s'octroie à nouveau deux courtes périodes de marche.

A bout de course, mais pas mûre pour le mur
Les quatre derniers kilomètres sont difficiles, avec des accélérations, des ralentissements, enfin c'est plat, ça descend même légèrement.
Alez Brinouille, moins de 3h40, allez !
Nico, Baltha et Pepito sont là pour encourager, relayés par le speaker et Brinouille trouve les ressources pour accélérer sur les 200 derniers mètres.

Bravo Brinouille, tu es une grande !
J'ai soufert pour toi dans les quatre derniers kilomètres où je ne pouvais pas faire grand chose.

Quelques minutes après Pierrot arrive, il en est au 50e kilomètre après 5h43 de course, et il lui reste deux tours à couvrir sous une terrible fournaise...

Analyse des chiffres 

Parlons chiffres, je sais que c'est pas trop un truc de filles, mais c'est assez instructif pour que j'analyse ma course et les erreurs commises :

Pour faire 3h38, il aurait fallu être en 5mn09 au km de moyenne

1 km 5'05"
2 km 5'02"
3 km 4'57"
4 km 5'03"
5 km 4'58" soit 25'05" pour 25'50" prévues
10 km en 51' (5 km en 25'55")
15 km en 1h16'  (5 km 25', apparemment des accélérations)
20 km 1h42'22" (5 km en 26'12", léger ralentissement)
Semi 1h48' pile (une minute en rab par rapport à l'objectif)
25 km 2h08" (km 20 à 25 en 25'38")
30 km 2h34' (5 km en 26')
Ensuite très légère accélération pour user la 4e mais elle s'est accrochée.
35 km 3h00'15", là on a largué définitivement la 4e qui était parti trop vite (5 km en 26'15")
40 km 3h28'11" (km 35 à 40 en 27'56", avec un peu de marche)
41 km 3h33'44"
42 km pas noté, sans doute vers 3h39'10"
Arrivée 3h40'05" soit 11,5 km/h pile (5'12" au km)

 Le bilan du coach : Objectif rempli Ouf, mais j'étais parti moins vite et je n'avais pas accéléré sur le 15 ème, ben je les aurais fait mes 3h38. Mince moi  qui me suis cru métronomique pour une Brinouille, les écarts d'allures me paraissent énormes ! C'est fou la précision qu'il faut pour optimiser parfaitement sa course....le prochain c'est sans parler, accéléromètre parfaitement calibré, et respect de la vitesse imposée au départ. Est-ce que j'en suis capable, je ne sais pas, je suis une bordélique en CAP comme dans la vie : /

On peut considérer que le plan d'entrainement a bien marché sur moi.  par rapport au précédent  il était plus étalé dans le temps, j'ai fait beaucoup plus d'endurance (pas bien vite d'ailleurs, qu'est ce que ça m'a énervé de me faire doubler par plein de filles en footing ! ; )) Dans l'ensemble je crois que il y avait plus de séances car j'étais au minimum à 4 par semaines, et deux semaine à 5 séances. Et l'allure marathon a été pratiqués à multi petites doses dans beaucoup de mes séances plutôt que quelques grosses doses.

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