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Voici mon compte rendu de mon premier marathon du Médoc (qui ne sera pas le dernier !).
Tout d’abord je mets les choses au point : si vous aimez la compétition, si vous faites vos courses chez Champion avec votre cardio pour être sur de bien rester à 70% de votre VMA, alors fuyez ce marathon n’est pas pour vous ! On est là pour courir certes mais aussi pour s’amuser et prendre le temps de découvrir un site hors norme.
Donc nous voilà arrivés Ken et moi après 6h de voiture à Pauillac, charmante petite ville au bord de l’estuaire de la Gironde. Nous récupérons nos dossards et direction le village marathon où sont surtout représentés des marathons nationaux et internationaux. Là je me retiens d’aller faire le tour des stands histoire de ne pas effrayer l’homme qui déjà a compris que l’année 2008 n’allait pas être plus calme que l’année 2007 question course à pied bien sur…
Petite balade sur les quais et là miracle : nous trouvons un stand qui vend des cannelés qui sortent du four. Je ne sais pas si c’est bon question stock de glucides et tout le toutim mais je peux vous dire que le cannelé tiède c’est que du bonheur. Retrouvailles ou plutôt rencontre avec nos amis de Courir le Monde, un forum que j’ai découvert par le biais d’un autre gagnant du concours de NY (enfin ceux déjà arrivés). Petite photo, petite bière et oups on file au Château de Fontesteau où nous attends un dîner de marathonien cette fois ci avec pâtes et vin rouge (c’est le médoc que diable !).
Pendant que nous dînons, la France perd son match de Rugby (me demandez pas lequel, s’ils ne sont pas tous nus sur un calendrier je ne m’intéresse pas du tout à ce sport…) et nous allons nous coucher beaucoup trop tard pour une veille de marathon. Minuit et demi alors que nous devons nous réveiller à 6h, moi je dis c’est pas gagné !!! D’ailleurs sans Olivier notre hôte, nous serions sûrement encore en train de dormir. Petit déjeuner avec pour la première fois un gatosport parfum citron. Bon je dois bien reconnaître : j’étais septique mais je me lance et il faut l’avouer ça se laisse manger… Mais ce n’est pas tout ça il faut foncer à Pauillac parce que je suis quand même venue pour courir. Pour être honnête je me sens bizarre, je ne rentre pas dedans, sentiment étrange que je ne suis pas prête. Il me faudra bien 30 min pour réussir à m’habiller et à accrocher ce fichu dossard. Je me suis déguisée en cow boy et mon premier essai de course se solde par un vol plané de mes pistolets. Je comprends aussi que 42 bornes avec mon chapeau c’est pas gagné. Nous allons nous aligner au départ non sans oublier la traditionnelle photo de groupe (sur ce genre de course pas de doute, il faut prendre ce genre de photos au départ et pas à l’arrivée vu l’état des troupes…).
Et là nous découvrons ce qui fait la légende du Médoc. Devant nous les Blues Brothers (en costume noir, un vrai avec chapeau et lunettes), Omer et Marge avec ses cheveux bleus, le monsieur tout nu avec juste une tête de souris en peluche pour cache sexe, les nombreux 118 218, les chevaliers, les écossais, les princes… Il faut le voir pour le croire. Et ce joyeux attroupement est là très clairement pour s’amuser même si parfois on a envie de leur dire : « eh oh les mecs va falloir faire 42 bornes quand même ! ».
Le départ est donné avec un peu de retard mais il parait que c’est normal et nous voilà parti à l’attaque de ce marathon mythique. Le ton va être vite donné quand je vais constater que nous mettrons 12 min pour le premier km. Le monde ne permet pas de courir, on trottine, bref on s’échauffe. Ah là c’est sur je risque pas de partir trop vite. Par contre grosse inquiétude : j’ai faim ! Mais quand je dis faim j’ai le ventre qui fait un bruit assourdissant. Je me dis que je ne tiendrais pas jusqu’au 5° km où je pense trouver de quoi manger. Et là miracle, le Prince de Lu en chair et en os apparaît avec son coffre fort et ses granolas, mes gâteaux préférés. Les coureurs les distribuent aux spectateurs comme la caravane du Tour de France et j’en profite pour faire des stocks. Nous avançons doucement mais sûrement avec mon ken pas au top quand même. Il veut tenir jusqu’au 10° mais je le perdrais au 8° où là je n’en peux plus, faut que je passe la seconde sinon ce marathon va se terminer en retraire de russie. Tiens d’ailleurs je double les soldats de l’empereur qui pousse une carriole… Bon je ne pars pas comme une bombe non plus parce qu’il ne faut pas oublier que nous sommes aussi là pour admirer des châteaux superbes (me rappeler d’épouser un vigneron du Médoc la prochaine fois…). L’ambiance est plus que conviviale, ça papote, ça rigole quand même. Il y a des points de ravitaillement quasiment tous les km, ce qui avec la chaleur qui arrive se révèlera bien utile. Il parait qu’une année ils ont manqué d’eau mais là nous sommes noyés sous l’acquarel !
Je cours avec Olivier et Francis un autre gagnant tranquillement mais sûrement. Je vais mettre 2h40 pour atteindre le semi, ce qui donne une idée de la chose. Et puis là la machine va s’emballer. Je vais m’accrocher au sombrero d’Olivier et ne plus le lâcher. J’ai l’impression de voler tout en remontant les coureurs fatigués qui marchent de plus en plus. Mais je découvre aussi quelque chose que je n’avais pas compris : certes le marathon du médoc est sympa mais il est aussi très technique avec des terrains difficiles alternant sable, bitume et graviers de cour de château, des côtes mémorables (d’accord ce n’est pas le Paris Versailles mais quand même !) et un vent de face infernal qui s’engouffre dans mon chapeau de cow boy. Mais bon j’ai un lièvre de folie et je ne le lâche pas.
32° km là stupeur ! Une goutte de transpiration salée donc s’infiltre dans mon œil opéré il y a peu (juste un petit kyste que j’avais laissé traîner bien sur) et c’est l’horreur. Ça brûle horriblement et je ne sais pas quoi faire. Pas de collyre, de l’eau pas propre dans une bouteille chaude et pas de ravitaillement en vue. Du coup je ferme l’œil le plus fort possible et espère que les larmes vont le laver. Je vais courir 2 km comme ça cachée derrière mes lunettes et mon chapeau, ne quittant pas le sombrero qui trottine devant moi.
Et le miracle arrive enfin, les larmes font leur effet et je peux courir en regardant le superbe château qui s’annonce au loin. Après ce ne sera l’estuaire et ses célèbres ravitos : les huîtres (supers bonnes alors que franchement j’hésitais un peu), l’entrecôte (bon là d’accord j’ai sauté, plutôt végétarienne la fille) et la glace fraise (pour aller avec mon costume rose…) drôlement appréciée après une course aussi longue en plein soleil. Je fonce vers Pauillac toujours accrochée au poncho de mon mexicain préféré et je passe la ligne en accélérant de toutes mes forces. Bon d’accord Olivier fera de même et passera le premier histoire de bien me rappeler qui est le maître ici. Mais ça y est c’est fini : 4h45 que finalement je n’ai pas vraiment vu passé même si j’étais ravie de passer la ligne.
Je retrouve Ken frais comme un gardon qui est allé jusqu’au 20° km malgré sa promesse d’arrêter au 10° (que ne ferait pas un auvergnat pour du vin gratuit…). Allez une petite bière, un canelé pour la route et oups nous voilà repartis vers notre Bourbonnais ravis de l’expérience et en train de penser à l’année prochaine. Je pense déjà à mon prochain déguisement et Ken envisage d’aller au 25° km. Comme il compte le finir un jour, nous ne sommes pas prêts de nous arrêter.
Je confirme ce que beaucoup de coureurs disent : le marathon du Médoc est vraiment une expérience unique qu’il faut je pense vivre au moins une fois dans sa vie. Alors n’hésitez pas et venez vous rejoindre l’année prochaine.
Barbie
Ps : récit un peu long mais comment résumer une course pareille en quelques lignes ! Lien : http://www.marathondumedoc.com/
Une petite video pour retrouver l'ambiance
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