Semi marathon de Paris 2008 : oui je sais je n'aurais pas du ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Appréciation des utilisateurs: / 0
FaibleMeilleur 
Les Courses - Les Comptes rendus
Écrit par admin   
03-03-2008
Ah ça on pourra dire que ce semi marathon restera dans ma mémoire ! Je m’en vais donc vous raconter ce grand moment de course à pied comme une pièce de théâtre.

 

Acte 1 – scène 1

Je suis arrivée samedi matin sur le village du semi pour retirer mon dossard et profiter de l’occasion pour présenter mon site à la presse présente et aux femmes présentes. Estelle me trouve toute seule comme une grande et nous papotons gaiement. Mais bon zou il faut que j’y retourne, j’ai du travail. Je fais le tour des stands et comme si je n’avais pas assez d’idées comme ça je me trouve pleins de petites courses ou de marathons sympas, top indispensables à faire. 2 marathons par an ils disent, ah ben je suis désolée mais avec tout le programme que je me suis fait cela ne va pas être possible !

La journée passe et vers 16h je me dis qu’il est temps de rentrer chez moi, histoire de prendre un petit bain relaxant parce qu’une journée debout, pas top comme prépa…

Acte 1 – scène 2

Me voilà partie sur ma belle moto pour traverser Paris. Comme d’habitude je décide de passer par le centre et d’éviter le périphérique qui me fait trop peur (oui je sais c’est comique…). Oh je ne vais pas aller bien loin. J’ai à peine fait 200m sur l’avenue Daumesnil qu’une voiture pile devant moi. En quelques fractions de seconde j’ai un choix à faire : la voiture à l’arrêt ou les voitures qui arrivent à fond en face. Le choix évidement est vite fait, comme je vais doucement je pile et la moto se couche. Je me retrouve par terre, la moto encastrée à l’arrière de la voiture et moi aussi par la même occasion. Le chauffeur du bus descend tout de suite et vient à mon secours. Je veux absolument me lever pour vérifier que tout fonctionne. Ils n’ont pas vraiment l’air d’accord mais c’est vraiment mon premier réflexe. Je me traîne jusqu’au trottoir et je commence à réaliser ce qui vient de se passer. Tout se bouscule dans ma tête : Ken qui va être fou de savoir la moto cassée, mes genoux qui me font horriblement souffrir me font comprendre que le semi est foutu et que peut être le marathon de Paris aussi. Oh je n’ai pas tellement le temps de penser puisque les pompiers arrivent. 3 charmants jeunes hommes rien que pour moi qui sont vraiment à la hauteur de la réputation des pompiers de Paris. Ils me font grimper dans le camion et là va commencer la grande rigolade. Il faut attendre la police avant de pouvoir m’emmener aux urgences. Malgré ma réticence ils ne veulent rien entendre, il faut m’emmener. Ils me demandent d’enlever mon pantalon et là bien sur je me dis : « mince qu’est ce que j’ai mis comme culotte ce matin ??? C’est malin j’ai mis une culotte petit bateau, certes top confort mais bon côté sexy on a fait mieux ». Oh je vous rassure ils ne sont pas mal non plus ! Première réflexion à la vue de mes jambes : « ah heureusement que vous vous êtes épilée, non parce que nous on a décidé à la caserne de ne plus prendre en charge que les filles épilées… ». Bon redevenons sérieux et je ne peux que constater l’étendue des dégâts : genou gauche déjà en train de doubler de volume, genou droit douloureux et abîmé comme les genoux d’une petite fille qui est tombée sur les graviers, des zones tuméfiées sur les cuisses (bonjour les bleus !!!) et le pouce droit très douloureux. Bon j’ai aussi un ongle cassé mais il parait que ça ce n’est pas important… Ah c’est bien des bonhommes tiens… L’attente commence à se faire longue pour la Police et je ne tiens plus en place. Je veux aller voir la moto, ramasser mes affaires en vrac par terre, bref bouger. Là le chef de l’équipe me dit : « bon il va falloir vous calmer parce que sinon je sors les sangles ! ». Quoi ? 3 pompiers, des sangles, plus de pantalon… « ne me tentez pas » je lui réponds… Pour être honnête on a quand même bien rigolé avant l’arrivée de la Police qui finit par débarquer avec éthylotest (à une marathonienne !!!) et tous pleins de papiers à remplir. Dès que tout cela est fait en route pour Saint Antoine et ses urgences.

Acte 1 – scène 3 (entrée en scène de Palmito, coureur connu par le biais d’un forum de course à pied chez qui je vais dîner le samedi soir. Pour être précise, juste croisé une fois au Médoc, aux 20 km de Paris et dans un starbuck parisien pour un échange de nain voyageur mais ça c’est une autre histoire…)

Là je vais faire aussi court que l’attente fut longue… les infirmières me demandent de noter ma douleur sur une échelle de 1 à 10. Je dis 5 mais en leur précisant que je place mes 4 accouchements à 7-8 sur cette échelle et que donc je suis quand même assez résistante de ce côté-là. Un jeune externe en orthopédie vient m’examiner. Apparemment j’ai un syndrome rotulien. Je lui demande ce que cela peut avoir comme conséquence. « Oh juste un repos pendant 1mois, une immobilisation pendant 8 jours et ça devrait aller ». « Oh que non mon brave, dans un mois j’ai le marathon de Paris et demain je cours le semi ! ». Pendant quelques secondes je sens bien qu’il envisage un transfert à Saint Anne l’hôpital psychiatrique de Paris. Je lui dis qu’il doit bien connaître quelques produits qui pourraient me remettre sur pied mais bon il n’a pas l’air vraiment d’accord. Du coup il continue l’examen clinique et décide de voir si les constantes sont bonnes. Pouls, poumons, tout y passe et là j’ai beaucoup mieux joué qu’avec les pompiers, j’ai un soutien gorge pigeonnant qui donne l’impression que j’ai encore une poitrine digne de ce nom. Je prie juste pour qu’il ne demande pas que je l’enlève !!! Ah ben oui j’avais oublié de vous dire, mon jeune toubib, grand, blond, coureur (les 20 km de Paris l’année dernière), de quoi donner envie à toutes les filles de se mettre par terre avec leur mobylette. Mais bon il est mignon mais là j’en ai marre. Palmito m’attend pour dîner et les urgences commencent sérieusement à ressembler aux images catastrophes qu’on nous montre tout le temps à la télé. Brancards entassés pèle mêle dans les couloirs, clochards saouls qui insultent les infirmières, j’en ai marre. Je ne veux pas attendre la radio, je signe donc une décharge, prend mon ordonnance et zou je file de là enlevée dans la clio grise de Palmito.

Sa charmante épouse et lui m’ont proposée de passer la nuit chez eux pour ne pas rester toute seule et j’accepte de bon cœur. Voilà comment je me retrouve sur leur super canapé à m’endormir rassasiée, bichonnée, Ken rassuré et pas trop fâché (tu me diras il n’a pas encore lu mon compte rendu…).

Acte 2 – scène 1

Le réveil : je suis là allongée et tout va bien. Plus mal nulle part, pas assez dormi mais ça va. Enfin ça c’était avant de poser le pied par terre… Bon ok la machine ne va pas redémarrer tout de suite. Je me dirige tant bien que mal pour prendre une douche et je dois dire que l’eau chaude sur mon genou gauche me soulage un peu. Je sais aussi qu’au fond de moi-même la décision est prise et que je vais y aller. Je sais que ce n’est pas raisonnable mais après tout courir un marathon n’est déjà pas vraiment raisonnable… Palmito, affolé, comprend ma décision quand il me voit accrocher mon dossard. Je me jure une chose à moi-même : si la douleur devient trop violente j’arrête et je rentre avec la croix rouge (ou les pompiers…oh ben non je vais encore avoir une culotte petit bateau…). Je mets un cuissard long pour cacher mes bleus, mes genoux gonflés et nous voilà partis avec Mounir, un ami de Palmito qui bénéficie lui aussi de l’accueil légendaire marocain. Grâce à un truc super confidentiel que je ne peux révéler sous peine de mort, la clio grise se retrouve garée comme par enchantement à 200 m des sas de départ. Je profite du temps qui nous reste pour faire quelques échauffements, histoire de voir, mais bon pour être honnête j’ai presque moins mal quand je cours… Je pars à la recherche de mon petit coin pour mon pipi traditionnel parce que comme d’habitude les toilettes sont prises d’assaut. Alors pour les filles qui voudraient le courir l’année prochaine, un truc : vous rentrez dans le château, vous traversez une première grande cour. Après un porche vous allez directement vers la droite, vers un parking où vous trouverez des endroits à l’abri des regards et zou ni vu ni connu !

Nous partons dans le sas des 1h40 même si je sais que ce temps restera du domaine du rêve. Et après quelques minutes nous voilà parti.

Acte 2 – scène 2

Je repasse juste à l’endroit où je suis tombée la veille et je dois bien reconnaître que cela me fait bizarre. Mais bon je cours et pour l’instant tout va bien. Je perds Palmito au 4° km et Mounir au 5°. J’ai compris qu’il fallait que je ralentisse un peu la cadence. Mounir me rejoint et nous courrons quelques km ensemble mais je sens qu’il en a sous le pied ce qui n’est pas mon cas alors je le laisse partir lui aussi. Et là un petit miracle comme la course à pied nous en réserve arrive. Un charmant monsieur se met à ma hauteur et entame la discussion. Nous allons courir plus de 10km ensemble, à nous raconter notre vie de coureur sachant que la sienne est un peu plus étoffée que la mienne… Claude (puisque c’est comme ça qu’il s’appelle) m’avoue son âge : 70 ans !!! Eh ben mes enfants si vous aviez besoin de preuves que la course à pied conserve j’ai votre homme !!! Sans lui je n’aurais jamais tenu le rythme. Le fait de papoter me fait oublier que j’ai mal (même si c’est supportable) et j’avance. Je sens bien qu’il se freine pour rester à mon niveau. Je lui propose d’ailleurs de me lâcher mais il refuse : « c’est bon je n’ai plus rien à prouver, ni à me prouver, je reste avec vous ». Je ne l’en remercierai jamais assez ! Grâce à lui, je vais passer la ligne en 1h46 soit 4 minutes de plus que prévu, autant dire que je suis contente. A peine la ligne passée je me remets à boiter. Les gens me regardent quelque fois un peu inquiets mais je les rassure : je boitais déjà avant !!! Pour être honnête mon corps se rappelle tout de suite à mon bon souvenir et je n’ai qu’une hâte, c’est de foncer à la gare et rentrer chez moi. Je chope mon sac dans la voiture de Palmito, j’embrasse tout le monde et zou je fonce guidée par 2 coureurs du forum CLM vers le métro.

Acte 2 – scène 3

J’arrive à la gare avec une heure d’avance sur mon train, je vais donc profiter de ce temps pour prendre une douche. Et oui il y a des douches publiques dans toutes les gares parisiennes, bon plutôt fréquentées par les clochards d’habitude mais c’est généralement très propre et ils louent même des serviettes. Je vais en tout cas en profiter et passer un bon moment sous l’eau bouillante. Là je me rappelle que j’ai quand même eu le culot de mettre en ligne un article louant les vertus de la douche glacée alors n’écoutant que mon courage j’inverse la tendance et je reste le plus longtemps possible sous l’eau froide. Je n’ai plus qu’à me trouver à manger, m’acheter des pansements double peau (grosse ampoule sous le pied gauche), des journaux débiles et hop me voilà vautrée dans mon train corail à destination de ma grande maison.

Conclusion : je sais que ce que j’ai fait n’était absolument pas raisonnable mais bon c’est comme ça. J’ai pris cette décision parce que je me connais bien, parce que mes années de danse classique m’ont apprises à gérer la douleur, parce que j’ai la volonté, l’ambition, la prétention même de vouloir un jour courir le marathon des sables et un 100 km, épreuves où il faut apprendre à gérer la douleur. Je vais peut être le payer très cher (d’ailleurs là aujourd’hui je suis plutôt ramollo…) mais bon je suis comme ça. Il ne faut pas suivre mon exemple pour autant !!! Donc pas de moto, on obéit aux médecins, et on ne fait pas pipi n'importe où, ce n'est pas hygiénique…

Barbie

Video réalisée par Maratholiv de CLM 

http://maratholiv.free.fr/blog/index.php?2008/03/05/149-la-video-souvenir-du-semi-marathon-de-paris-2008

Hits: 645
Commentaires (12)Add Comment
...
Ecrit par LaPépite, mars 11, 2008
Bravo Barbie !!!
je me "reconnais " un peu en toi : même volonté farouche de ne pas se laisser abattre et d'aller parfois au-delà de ce que d'aucun considère comme raisonnable !!!
Et surtout BRAVISSIMO pour la consécration de ton site évoqué en bonne place dans le dernier ELLE Spécial Mode smilies/wink.gif
...
Ecrit par LaPépite, mars 11, 2008
Bravo Barbie !!!
je me "reconnais" un peu en toi : même volonté farouche de ne pas se laisser abattre ...ce qui nous fait parfois aller au-delà de ce que d'aucun considère comme raisonnable !!
Et j'interviens car j'ai lu le petit encart consacré à ton site sur ELLE BRAVISSIMO Miss pour mener auss iefficacement cette belle entreprise
...
Ecrit par MarathOliv, mars 08, 2008
Très content d'avoir pu papoter quelques instants tous ensembles avant le départ. Attends de voir les coulisses du tournage (bientôt en ligne) j'ai trouvé un endroit mieux que celui que tu décris smilies/grin.gif bientôt en vidéo ...
...
Ecrit par Barbie, mars 06, 2008
Alors je vous donne des petites nouvelles !!! Je suis désolée je suis assez peu présente cette semaine mais je cours de médecin en radiologue en passant par le podologue... Donc pour résumer : le plus drole c'est que maintenant c'est mon pouce qui me fait le plus souffrir !!! J'étais tellement focalisée sur mes jambes à saint Antoine que j'ai un peu mis de côté ma main. résultat : luxation du pouce... je me retrouve à avoir du mal à dévisser le biberon du petit dernier ! Bon pour les genoux je suis enfin passée à contre coeur aux anti inflammatoires, il fallait aider mes genoux à retrouver un aspect normal. Je respecte même 3 jours d'arrêt total, ce qui est pour moi un truc complêtement fou mais pour une fois je vais être sérieuse.
Encore merci d'avoir été aussi adorables avec moi. Cela m'a fait vraiment chaud au coeur !
Barbie très touchée
...
Ecrit par Palmito, mars 05, 2008
Je suis revenu lire ce récit (pour la 3e fois) et je me poile toujours autant. En fait, je viens vérifier que ni Barbie, ni Ken n'ont entamé de poursuites judiciaires quelconques à mon sujet.
Je recherche, par ailleurs, activement (à l'aide de flyers et coup de fils quotidiens à la caserne de pompiers) les 3 sapeurs pour une ré-écriture de l'acte 1 scène 2 selon leur propre vécu. Merci de relayer l'info.
...
Ecrit par Claude, mars 05, 2008
Ils ont dû nous prendre pour Cécilia et Nicolas et ne voulaient pas avoir d'histoire en nous prenant en photo.
...
Ecrit par Barbie, mars 05, 2008
Claude
Mon dossard était le 9264. La seule photo que j'ai vu sur Maindru n'est pas celle où nous sommes tous les 2 ! un comble quand même... Avec tous les photographes présents !
Barbie
...
Ecrit par Claude, mars 05, 2008
Bonjour Barbie, alors est-ce que tes douleurs ont disparues ? oui je l'espère. J'ai vu 2 photos qui sont associées à mon N° de dossard, pourrais-tu me communiquer ton N° de dossard pour que je puisse voir les tiennes puisque nous étions côte à côte lorsqu'elles ont été prises (mon N° était 9730). A bientôt
...
Ecrit par MIREILLE, mars 03, 2008
Que de péripéties! Il me tarde d'être au marathon de Paris pour savoir ce qui va se passer, non sans blaguer, bravo!
...
Ecrit par Claude, mars 03, 2008
Je suis confus d'être assimilé à un miracle......, j'ai vraiment passé un bon moment de sympathie sportive et n'ai pas vu passer le temps. Qu'est-ce que l'on peut être bavards ! J'ai suis passé par le salon de thé où j'y ai mis un petit message ce matin.
...
Ecrit par gavroche, mars 03, 2008
super ton compte rendu comme d'habitude, en fait quand j'ai lu le message de ken qui disait que tu allais courir le semi après ton accident, j'ai cru à une plaisanterie, ben non c'était vrai, moi j'ai renoncé à le courir parce que je n'avais pas couru depuis 6 semaines suite à un bras cassé mais finalement c'est des histoires comme la tienne qui me dit que dans 1 mois je ferai peut être le MDP.soigne toi bien et repose toi car souvent le contrecoup de ce genre de chose arrive 2 ou3 jours après, on se verra peut être le 6 avril
bizzzz
...
Ecrit par babou, mars 03, 2008
Super sympa ton comte-rendu. Je ne vais pas te faire le blablabla du "tu es courageuse" "super woman" et tout et tout... mais bravo quand même. J'ai toujours dit que dans le sport, tout ou presque est dans la tête. Tout ou presque est une question de volonté. Quand on a fixé des objectifs, c'est à coup de mental qu'on les atteint. Tu nous en as encore une fois apporté la preuve.
Maintenant, arrête de faire pipi n'importe où... et continue à nous faire partager tes aventures.

Ecrivez un commentaire
quote
bold
italicize
underline
strike
url
image
quote
quote
smile
wink
laugh
grin
angry
sad
shocked
cool
tongue
kiss
cry
smaller | bigger

busy
 
< Précédent   Suivant >