Nous avons en effet tout pour nous entendre :
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Elle porte le même prénom que moi
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Elle aime les chats comme moi
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Elle court comme moi
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Elle est gourmande comme moi
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Elle aime les voyages comme moi
Seule différence : elle court vraiment plus vite que moi mais je n'ai pas dit mon dernier mot !
Petite présentation
J'ai 34 ans, je suis mariée avec Christophe. Nous avons un chat Calvin, et 6 vélos.
Nous habitons depuis 3 ans et demi à La Haye, où je travaille pour une organisation européenne. En arrivant aux Pays-Bas, nous avons débuté la course à pied ensemble. Une passion que l'on partage depuis comme celle pour les voyages et les découvertes culinaires.
J'aime le long. Je ne suis pas particulièrement rapide mais j'arrive à garder une allure respectable assez longtemps. Ayant débuté tardivement, nous n'avons aucune expérience sur piste ou en cross. Je n'ai jamais fait de 10km. J'ai couru de nombreux semis (avec un meilleur temps en 1h32) et mon 3ème marathon à Amsterdam en Octobre dernier en 3h18'07.
L'été dernier en juillet 2007, j'ai participé à ma première course nature par étapes dans le Jura Suisse. Le Swiss Jura marathon est un trail qui se court en 7 jours entre Genève & Bâle par les crêtes : dans notre catégorie 175km et un dénivelé cumulé de +5000/-8000m... l'autre catégorie se court en 350km ! Pour une première, ce fut une véritable révélation. J'ai adoré. J'ai fini première féminine et deuxième au scratch juste derrière Christophe.
L'année 2008 fait la part belle aux courses nature par étapes avec la Corsica Coast Race (180km en 6 étapes sur le littoral Corse) et le Raid des Trolls (160km en 5 étapes au sud ouest de la Norvège dans la région des fjords.). Nous devions également participer au Finis'trail (même type de course mais en Bretagne) qui a malheureusement été annulé faute d'inscrits. En course sur route, je vais tenter d'améliorer mon temps sur marathon en septembre à Genève.
Comment as tu commencé la course à pied ? Comment es tu passé du jogging du dimanche à des "vraies courses" si on peut dire ça comme ça?
Quand nous avons emménagé aux Pays-Bas fin 2004, j'étais sans emploi. Je tournais en rond dans la maison, j'avais besoin de me dépenser. Nous habitions dans une petite ville (Weesp) au sud-est d'Amsterdam, d'où il était facile de trouver des parcours variés. Les nombreuses pistes cyclables étaient autant de voies sans voiture et éclairées la nuit. J'ai toujours été sportive (passé de judokate et hand-balleuse). Les footings, j'en ai toujours faits pour rester en forme. J'ai donc vite atteint 3 sorties hebdo, avec une séance un peu plus longue le WE (15 km).
Les Hollandais courent beaucoup. Il y a des courses dans tous les villages, parfaitement organisées.
Christophe a voulu participer à un semi-marathon, il nous a inscrit à un 14 km dans les bois le lendemain de Noël 2004 pour se faire une idée. J'ai eu un point de côté à cause du stress avant même le départ et je l'ai gardé tout le long du parcours. Après son semi, Christophe a eu envie de recommencer et d'allier course à pied et voyages. Au début je l'ai suivi, puis, après mon premier marathon, c'est moi qui en demandais toujours plus.
Que t'apporte la pratique de ce sport ?
J'ai la chance de vivre cette passion en couple. Courir c'est surtout partager des émotions, des découvertes. Christophe est mon premier supporter et conseiller.
Courir est devenu une manière de vivre. Ce sport me permet de mener une vie à peu près équilibrée dans ce monde de sédentarité. La course à pied donne un rythme à ma vie, et de la tonicité à mon esprit. J'en ai un réel besoin. Ça m'aide à traverser l'hiver hollandais long et pluvieux avec le sourire. Quand je cours le matin avant d'aller bosser, je reconnecte les neurones. Si je fais une séance cool, mes pensées partent dans tous les sens. C'est sans doute le seul moment où je lâche prise sur mon cerveau. Je prends contact avec le jour qui démarre. Je vois les saisons, la végétation qui change, les odeurs. Si une séance plus tonique est au programme, je reste concentrée sur mes sensations. Souvent je rêve éveillée. Je pense aux projets de course à pied. Je m'imagine à la fin de mon prochain marathon. Ça me donne de la force pour toute la journée à venir.
Depuis le début, nous conjuguons courir et voyager. Traverser l'Europe pour courir un semi-marathon ne nous impressionne pas, au contraire. C'est comme ça que nous avons couru à Stockholm, à Berlin, Malmo, Coppenhague, Genève. Chacun de nos voyages a été une occasion de plus de découvrir en courant. J'ai eu le plaisir de courir dans des endroits complètement improbables comme la forêt pluviale de Singapour ou le centre ville de Kuala Lumpur.
Désormais, quand nous choisissons une destination, elle doit être propice à la course à pied.
Comment se passent tes entraînements ?
Mon entraînement hebdomadaire comporte en général 5 à 6 sorties de course à pied, une séance de yoga et une séance de préparation physique générale (renforcement musculaire/gainage/stabilité). Mon corps a mis pas mal de temps à s'habituer à la course à pied et j'ai connu de nombreuses blessures, toutes plus ou moins liées à un manque de musculation du tronc et du bassin. J'ai travaillé dur pour renforcer tout ça (j'ai connu des semaines avec plus de préparation physique générale que de course). Désormais, les 2 séances hebdomadaires (yoga et renforcement musculaire) permettent de m'entretenir.
Au boulot, j'accompagne une fois par semaine un groupe de coureuses pour un entraînement que nous appelons Run 4 Fun. Cette initiative est née il y a deux ans, pour les amener à la course à pied. Ca a tout de suite été un succès. Je ne suis pas particulièrement favorable aux événements réservés aux femmes (surtout parce qu'en Europe, une course réservée aux filles dépasse rarement les 6 km comme si nous n'étions pas capables de courir plus). Mais je dois reconnaître que le Run 4 Fun a permis à des femmes d'oser courir, chose qu'elles n'auraient pas faite en présence d'hommes. Etre essoufflée, rouge, transpirante n'est pas hyper flatteur. En plus, on peut discuter en toute liberté de sujets comme la perte de poids, le soutien-gorge adapté, et les soldes dans notre boutique de running préférée !
A part ça, je cours seule en semaine et avec Christophe le WE. Je n'ai jamais été dans un club et mes runnings n'ont jamais vu une piste d'athlétisme en dehors des quelques mètres sur le stade olympique à l'arrivée du marathon d'Amsterdam. Je ne fais pas d'intervalles, pas de fractionnés, pas de 30/30. Mon entraînement est basé sur des séances assez courtes (8 à 12 km en semaine, 17 km le WE) et toniques. Christophe est un adepte du fartlek, alors je joue avec lui à ce jeu de vitesse dans les dunes (seul endroit où nous pouvons trouver un peu de relief). J'aime beaucoup les séances en progressif, on part doucement pour accélérer par phase selon ses sensations et finir proche d'une allure au seuil.
En période de prépa marathon, je fais des séances tempo, au cours desquelles je travaille mon allure (typiquement 5 km d'échauffement puis 10 km à l'allure marathon). Mes semaines comptent en moyenne entre 60 et 70 km, avec des pics à 80 km en période de prépa spécifique.
Comment gères tu l'entraînement et la vie quotidienne ? Le regard de ton entourage a-t-il changé sur toi ?
Trouver le juste équilibre entre la vie quotidienne, le travail et la course à pied n'est pas difficile quand on est bien organisée et que l'on sait pourquoi on a fait certains choix. La présence à mes côtés de mon mari coureur lui aussi facilite beaucoup les choses. Désormais, quand nous prenons des vacances, c'est aussi pour aller nous entraîner dans des lieux et des conditions différentes. Le genre de décisions qui ne peuvent se prendre que si les deux courent. Ces vacances en forme de stage nous permettent de varier les plaisirs, de faire plus attention à la récupération et surtout de regagner en motivation. C'est magique de découvrir un lieu en courant, qu'il soit à 50 km de chez vous ou à l'autre bout du monde. Nous avons ainsi couru à Iten au Kénya, à Singapour, à Font Romeu, sur l'île d'Oléron, aux Pays-Bas (forêt du Veluwe et dunes de Schoorl), à San Francisco...
En dehors de ces périodes de stage, je commence ma journée tôt. J'arrive au travail généralement vers 7h - 7h30. Mais ce que j'aime par dessus tout c'est courir le matin. Je pars donc de la maison vers 5h, pour une sortie de 50min - 1h. Puis douche, petit déjeuner et en route (à vélo, quelle que soit la météo) pour le boulot. La pause déjeuner est réservée aux autres activités : préparation physique générale, yoga, Run 4 Fun. En hiver, quand il fait vraiment trop mauvais et trop nuit, je ne cours pas le matin mais aussi à l'heure du déjeuner. Mon agenda est alors orchestré à la minute pour arriver à enchaîner la course et les autres activités. Question d'organisation et de motivation. J'ai essayé de courir le soir, comme tout le monde, après le travail. Mais l'envie n'y est pas. J'ai rarement de bonnes sensations à ce moment de la journée. Et puis, quand je rentre vers 18h30 (encore à vélo), je suis claquée et je n'ai pas particulièrement envie de bouger.
Mes débuts en course à pied ont correspondu à un changement de cadre de vie. Les gens qui m'entourent m'ont donc toujours connue coureuse. Ils ont juste du mal à percevoir qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Christophe me conseille un peu. Il m'aide à faire mes plans d'entraînement et à dompter mon appétit du toujours plus. Mes parents sont heureux que je m'épanouisse dans ce sport. Ma mère est ma première supportrice et ma plus chère admiratrice.
Et l'alimentation chez toi ? si j'en crois ton blog tu es une gourmande "bio"...
Vaste sujet que celui de l'alimentation. Il me tient particulièrement à coeur. Je ne suis pas vraiment une gourmande "bio", mais une gourmande végétalienne. Une dévoreuse de brocoli autant que de chocolat ^_^ Je mange des produits complets d'origine végétale (aucune chaire ni produit animal) que je cuisine le plus souvent moi même. Je préfère acheter des produits "bio" quand leur prix est accessible. J'y suis venue petit à petit. Sur plusieurs années, j'ai cessé la viande, le poisson; puis les produits laitiers et les oeufs. Ça s'est fait en douceur, très naturellement. Je me suis laissé guider par mes envies et mes goûts.
Cela nous réussi pleinement (Christophe est également végétalien)... C'est un festival de couleurs, textures, parfums, saveurs de mon assiette. Je m'amuse en cuisine et suis en pleine forme pour courir. Cela a révélé chez moi une grande curiosité gastronomique. J'ai ainsi découvert des tas de produits, de méthodes de préparation et de cuisson.
Le week-end, je passe des heures dans ma cuisine. J'expérimente, j'explore. Christophe participe de plus en plus à ce petit jeu (disons que je tolère petit à petit sa discrète présence dans MA cuisine) pour notre plus grand plaisir gustatif. Je me sens beaucoup mieux depuis que je suis végétalienne. Je digère bien et beaucoup plus vite qu'avant. Mon corps semble apprécier et me remercie d'avoir enfin tenu compte du message qu'il m'envoie depuis des années. J'avais consulté tous les médecins possibles et imaginables pour des maux de ventre. Ils ont disparus avec le végétalisme.
Tu parles de mon blog. On y trouve effectivement quelques recettes et des récits de nos entraînement, courses et voyages:
Le Blog de Kecily
As tu des rêves de courses pas encore réalisées ?
La prochaine course programmée ! Plus sérieusement, la découverte du trail et plus particulièrement de la course nature à étapes a été une véritable révélation pour nous deux. Nous ne vivons pas dans le pays idéal pour préparer des trails et les dénivelés qui vont avec, mais ça ne nous empêche pas de nous faire plaisir.
Côté course sur route, j'aime tout particulièrement courir sur marathon. Je n'ai pas de course précise en tête, même si j'aimerais faire Berlin et Chicago un jour. Cette année, à Genève, j'espère passer sous les 3h15.