Le triathlon, c’est avant tout un chiffre : trois. Je propose donc de vous raconter ma trinité sportive parisienne en mode le plus mathématique qui soit dans l’ordre chronologique le plus proportionnel à notre ensemble réel.
Hypothèse n° 1 : 1+1+1 = 3
Gestuelle associée : petits sauts de cabris
Fond musical : enthousiaste, urbain et innocent genre « Penny Lane »
Ambiance littéraire : « Les Conquérants » de JM de Heredia
Humeur picturale :

Faire un triathlon, l’idée m’est venue quand j’ai réellement appris l’existence de cette discipline sur CAF à mes débuts de compétition il y a 2-3 ans. Une envie vague de lier à mon sport adoré, la CAP, et les deux autres sports que je pratique mollement, vélo et natation.
Et puis en juillet 2010, je découvre l’existence du triathlon de Paris : ils nagent dans la Seine ! Dans ma Seine ! Le fleuve de ma ville, que je traverse tous les jours ! Je le ferai, c’est sûr, je le ferai ! Un jour, je nagerai dans la Seine.
Printemps 2011, j’hésite à m’inscrire. Ce qui me fait reculer : euh, bah la Seine justement. Sa propreté légendaire et cette fameuse décharge de responsabilité qui réveille mes tendances à l’hypocondriaquie. Et puis aussi le matériel : que je n’ai pas. Ni combi, ni de vélo, ni lunettes bien étanches. Pas le temps ni l’énergie pour dénicher tout cela en 2 mois. Je passe mon tour.
Mais l’idée reste et je prends quelques cours de crawl l’été et l’automne suivants.
Janvier 2012 : je m’inscris. Cette année, oui cette année !, je nagerai dans la Seine !
Mais en attendant, ma priorité c’est le marathon. Je ne vois pas plus loin que le bout du 15 avril.
Hypothèse n°2 : 1+1+1 = 1
Gestuelle associée : Se prendre la tête dans les mains en secouant légèrement la tête de gauche à droite
Fond musical : glou glou glou
Ambiance littéraire : « La Jeune Tarentine » d’André Chénier
Humeur picturale :
6 mai 2012 : mon premier triathlon format sprint à Versailles dans un froid novembresque. Je suffoque en natation dans l’eau à 12 degrés, je reste coincée 6 minutes dans ma combi, je fais les 20km avec mon VTC nouvellement acheté, je cours avec les pieds pleins de fourmis.
Bref, je réalise que le triathlon et moi ça va fait bien plus que quatre.
Dans certaines tragédies, lorsque vous entendez " 1+1 = 1", votre sang se glace d'effroi.
Avec le tri 1 + 1 + 1 = 1.
Je suis effarée.
J’ai deux mois pour me préparer et éviter une fin tragique dans la Seine.
Terreur et Pitié.
Une prépa sérieuse s’impose :
Je garde mes 4 séances de CAP par semaine car je dois me préparer à mes deux trails du printemps ( Annecy et Chamonix). Je sais, je sais, je ne me facilite pas la tâche avec ces multiples compétitions. Mais c’est la vie ! Enfin… ma vie… Et puis, aucun objectif de chrono pour les trails et le tri, juste deux buts en –IR : Finir et Plaisir.
J’ajoute 2 séances de natation, en général à 7h le matin ou 20h le soir, entre 1000 et 1500m, composées de pas mal de mouvements techniques. Je travaille l’ « aisance respiratoire » pour éviter le calvaire que m’annonce le maître-nageur.
Maîtres-nageurs bien aimés de la Ville de Paris qui ont été en grève en mai et juin le matin à 7h. Plusieurs de mes cours ont été annulés sans aucun préavis.
Je progresse… sûrement…. mais trop lentement. En piscine de 25 ou 33m, ça va. En piscine de 50m, j’ai du mal à nager à l’aise.
J’ajoute une séance de vélo par semaine, qui va aller progressivement de 30 à 55km. En bords de Marne ou sur les parcours « anneaux » du Bois de Vincennes et Boulogne.
Je travaillerai 3 ou 4 fois les enchaînements vélo-CAP.
Ni pour la natation, ni pour le vélo, je n’ai le courage de faire du fractionné.
En fait, mai et juin seront harassants. De tous ces entraînements, presque tous les jours et donc arithmétiquement des jours en bi-quotidien, je n’en peux plus, je n’en peux plus, je n’en peux plus.
Et je n’arrête pas de cauchemarder triathlon :
- je m’entraîne à vélo et m’aperçois que la course était aujourd’hui et que le départ a été donné
- je vais dans l’eau avec les TGG et je m’aperçois que j’ai oublié de mettre la puce. Oh non…. Encore une organisation râtée….
- Je fais la partie vélo de la compétition et m’interromps pour faire du fractionné en CAP 30’30 pour garder le dynamisme des jambes en vue de la partie CAP. Ce faisant, tout le monde me double et je panique
- Je descends de vélo pour la partie CAP et je n’arrive pas à avancer, mes jambes sont coincées
- Mon vélo crève
- Je fais la partie natation, je suis une bénévole qui sort de l’eau, court, puis retourne dans l’eau. Résultat, je fais partie des premiers arrivés en natation. Mais je me rends compte que ce n’était pas le bon trajet ( trop facile !) et que je vais être disqualifiée
- Le pire : je suis dans la Seine et je regarde avec mes lunettes dans l’eau. L’eau est transparente ( mon angoisse depuis le début) et c’est terriblement profond avec au fond, des sortes de grilles pour qu’on ne voit pas les choses effrayantes cachées dessous. Brrrrr….
Honnêtement, j’ai pris assez peu de plaisir à cette préparation. C’était trop en quantité pour moi et le délai que je me suis donné trop court.
Et j’ai tendance à trop extérioriser mes angoisses et mon énervement. Donc je finis par angoisser mon entourage qui commence à se demander si je ne vais pas effectivement couler dans la Seine.
Ma collègue me dit qu’elle ne veut vraiment récupérer tous mes dossiers si je me noie. Je lui promets de laisser une note post mortem pour faire passer cette noyade en suicide professionnel afin de lui obtenir des moyens supplémentaires. Elle est sceptique sur l’impact de ce pseudo geste suicidaire et confirme qu’elle préfère que je ne me noie pas. L'amitié professionnelle me touchera sans cesse.
Quant à ceux qui me disent « le sport c’est pour le plaisir. Arrête de te faire du mal, laisse tomber ce tri », eh bien sachez que se donner des objectifs même difficiles est un plaisir. Et lorsque je me suis donnée un objectif, j’ai du mal, et c’est un euphémisme, à en dévier. Enfin, commencé pour commencé, vu la difficulté qu’il représente, autant le finir maintenant ce triathlon. Autant en finir MAINTENANT !
Et Maintenant, c’est le Jour J !
Hypothèse n° 3 : 1+1+1 = 12345678903486557895321579909652358421690345
Gestuelle associée : ronds de bras, ronds de jambes, levées de genoux et grands sauts de cabris.
Fond musical : Symphonie n’°9 ( si j’osais, j’écrirais que pendant le triathlon dans ma tête chantait Amel Bent et son « viser la lune…. »)
Ambiance littéraire : Le Bâteau Ivre
Humeur picturale :

En ce matin du 8 juillet, je me réveille à 4h30, histoire d’avoir pris mon petit-déjeuner 3h avant le départ.
Il pleut à torrent. A torrent.
Bon, je me recouche là, non ? Ca n’a pas de sens d’aller faire un tri sous une pluie battante. Ca n’a pas de sens !
Oui, mais non. Non mais oui. Je suis arrivée jusque là, pas question de me refaire une autre prépa choc comme cela. L’année prochaine c’est CAP et Yoga. Alors, autant en finir MAINTENANT !
Je suis sous la Tour Eiffel à 6h. La pluie a quasiment cessé, le ciel reste nuageux, la Seine… grise. Nous avons dû déposer les vélos et nous faire tatouer la veille. Il ne me reste plus qu’à organiser mon espace tri sur le 50cm3 qui m’échoit : je prépare les runnings, les chaussettes, un gel, de l’eau, une serviette, le casque, les lunettes de soleil, un mouchoir pour la transition 1. Oui, j’ai signé pour l’option confort !
Question combi, il était bien sûr hors de question de relouer une combinaison high tech dans laquelle j’allais rester coincée. J’ai acheté en solde pour 25euros une comb surf shorty, un peu au-dessus de ma taille. Elle s’enfile et s’enlève comme un large pull-over sec. Option confort !
Je suis dans la première vague, les « bonnets rouges ». Nous quittons la Tour Eiffel à 7h20 pour marcher jusqu’au Pont Alexandre III. Etrange procession que ces 1000 personnes en combi et bonnets rouges, tongs pour beaucoup, presque exclusivement des hommes, qui longent la Seine en riant nerveusement.
1) la natation
Avant la mise à l’eau, la pluie se remet à tomber. Je me suis mise en mode « tout va très bien Madame la Marquise » et j’estime que cette eau tombée du ciel 1) me prépare à la natation, 2) me rendra l’eau de la Seine plus agréable 3) permet d’éviter la sécheresse en Ile-de-France. Merci la pluie ! Je retrouve Marc et Edwige de mon club. On se regarde et on discute, incrédules, hilares, dans cette ambiance surréaliste pendant que le speaker fait des blagues potaches au micro. En scrutant le ciel d’un regard désespéré, Marc me dit : « mais qu’est-ce qu’on fout là ? !! ». Mais moi je sais bien pourquoi je suis là et j’irai jusqu’au bout. On nous annonce une eau à 21 degré et un courant à 1km/h, et c’est peu dire que ce sont de très bonnes nouvelles.
Il est temps d’aller sur le ponton et de descendre … dans la Seine. Je n’y crois pas. Ce moment est arrivé .
Je descends du ponton et entre donc… dans la Seine !!! un sourire aux lèvres qui ne me quittera pas pendant plusieurs heures. L’eau est à une température très très agréable. Un peu comme si je prenais un bain après ne pas m’être lavée pendant un an. Oui, l’eau est marron, trouble, ce qui me rassure paradoxalement. Une première tentative de crawl. Ouf ! on ne voit pas le fond du fleuve, c’est totalement opaque, je ne verrai pas la profondeur de l’eau, les cadavres, les déchets, les poissons. Je me détends. La température de l’eau me permet de crawler sans difficulté. Je ne ressens aucune angoisse d’avoir à nager 1700m en continue sans savoir ce qu’il y a sous mes pieds. Je regarde autour de moi, les nageurs, les monuments, en me disant que je vis un moment extraordinaire : Je nage dans la Seine !
Le départ est donné rapidement. Je me suis placée en retrait, donc pas de bousculade. Il y a vraiment de la place pour tout le monde. J’y vais coolos, toute étonnée de pouvoir nager le crawl ici, l’eau est tellement « roulante » que j’arrive à respirer en trois temps, à me concentrer sur des gestes techniques. De temps en temps, je relève la tête et brasse pour voir le paysage parisien de ce point de vue si incongru. L’arrivée n’est pas toute proche, mais je sens que le courant me porte. « Chaque pont de passé est un point gagné », je me récite ce nouveau mantra.

Beaucoup de non-licenciés dans cette épreuve, aussi je me sens moins seule qu’à Versailles. J’arrive même à doubler des nageurs. Au bout d’environ 300m, je passe devant un nageur qui est en position verticale et n’avance plus. Je lui demande si ça va. Il me répond « je n’y arriverai pas ». « Prenez votre temps, il y a le courant et d’autres vagues derrière. Vous avez aussi le droit d’aller vous accrocher sur les canoés sur le côté ». Moi qui rassure quelqu’un sur la partie natation…je dois être encore en train de rêver ce triathlon.
Quelques fois, une vague apparaît et nous soulève. Mais globalement tout est facile, si facile. Je suis aux anges, et je n’arrête pas de me répéter : « j’adore ! j’adore ! c’est génial ! c’est génial ! l’année prochaine je le refais, je le refais ! ». Je réalise, inquiète, qu’à prendre ainsi mon pied, mon plan « CAP et yoga » est en train… de prendre l’eau. Quelques jours plus tard, en plein épisode de gastro, mon enthousiasme sera légèrement tiédi.
Et puis je vois à ma gauche la Tour Eiffel et….. je suis arrivée. Déjà ! Je remonte sur le ponton, passe sous la douche rapidement, regarde ma montre : il est 8h15. J’ai donc mis 25 minutes à parcourir 1700m et sans forcer du tout. En piscine, c’est 45 minutes minimum.
Galvanisée par cette première épreuve « cadeau » et par les applaudissements des spectateurs, je cours jusqu’au parc à vélo, puis jusqu’à mon emplacement.
Temps officiel natation : 26 minutes 15.
Transition 1 :
Comme j’ai gagné 25 minutes sur mes estimations de chrono, je prends le temps de me changer et sécher, tout en parlant avec mes voisins de parc qui sont eux-aussi des coureurs qui s’initient au triathlon. Je mets chaussettes et baskets, casques, lunettes de soleil, j’avale un gel et de l’eau, et je prends mon vélo à la main pour de nouvelles aventures.
Le temps de courir plus de 100m jusqu’à la « ligne », je vous présente « mon » vélo du jour. Il n’a pas de nom, je ne me souviens plus trop de sa couleur, il me semble qu’il est de la marque Peugeot, il a une quinzaine de vitesses, est très léger, rapide, a un porte bidon, pas de pédale automatique.
Bref, c’est un vélo que j’ai loué. J’ai fait sa rencontre hier en allant le chercher au magasin de location mais dès que je l’ai essayé, j’ai compris que nous étions faits pour vivre ce triathlon ensemble. Au tri de Versailles, avec mon VTC, j’avais l’impression de ne pas faire le même sport que les autres.
Temps T1 : 6minutes58. Je n’étais même pas coincée dans ma combi ! Les meilleurs ont mis 2min30.
2) Le vélo :
Toujours le sourire jusqu’aux oreilles d’avoir si bien passé cette épreuve de natation qui m’angoissait tant, je pédale vers le Bois de Boulogne. Sur ce vélo d’emprunt, je me sens rapide, mais rapide. Et puis le soleil est revenu pile lorsque nous étions dans la Seine. Pas de doute, les dieux du sport sont avec nous !
Nous rejoignons le bord de Seine, où j’entends Michel de mon club m’encourager, puis nous nous dirigeons vers le Pont Garigliano. Je vois Marathonnerre en passager scooter qui m’appelle puis me photographie. J’ai le sourire toujours jusqu’aux oreilles. Je me dis qu’il faut que je prenne un air concentré, décidé, sérieux pour la photo, mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas m’empêcher de sourire béatement !
A celles qui n’ont jamais fait de triathlon, je vais tenter de vous expliquer ce qu’on ressent en trifonction mouillée sur un vélo anorexique sous un doux soleil d’été. Vous avez comme l’impression d’être une héroïne, une guerrière, une aventurière. C’est un film, un jeu vidéo, une bande-dessinée – que sais-je ? Vous êtes une princesse qui a sauté de sa tour pour nager dans les douves avant de filer vers votre mission secrète et gagner votre liberté. L’expérience est encore plus irréelle que courir au milieu d’inconnus dans une ville. Ces gestes totalement impossibles à vivre dans la vie normale, nager dans la Seine, rouler à toute vitesse dans les rues sans vous arrêter au feu rouge, sous les acclamations des passants, ajoutent encore davantage à l’adrénaline, à l’excitation, au plaisir des mouvements. C’est tellement drôle et agréable. Non, impossible de réfréner ce sourire !
Je n’arrêterai pas de me faire dépasser malgré mon presque 30km/h de croisière. D’abord quelques « rouges », puis les « jaunes » ( la deuxième vague partie 20minutes après moi) par immenses paquets et sur la toute fin quelques « bleus » ( donc m’ayant grillé 40 minutes). Pourtant je ne chôme pas, je double même de rares personnes ( certes, un vélib compris, que je ne manquerais pas d’encourager à voix haute et de plaindre à voix basse). Si mon cardio est au calme plat, je sens mes quadris qui chauffent. Je ne forcerai pas, de crainte de m’épuiser pour la CAP.
On fait des tours et beaucoup de demis-tours dans le Bois de Boulogne. J’adore rouler sur les routes du marathon de Paris. Je me sens en sécurité, il faut dire qu’à ma modeste vitesse, je n’ai pas la possibilité de faire du drafting, aucun « troupeau » n’est à mon allure. Deux imbéciles me frôleront et manqueront de me faire chuter, mais la stabilité exceptionnelle du vélo me sauvera.
Beaucoup d’athlètes sur le bord de la route pour cause de crevaison.
Au bout d’une heure, je demande autour de moi combien de km il reste ( pas de Garmin aujourd’hui car elle ne prend pas l’eau). Ce sera difficile d’obtenir une réponse, sauf d’un Monsieur dont le compteur est en panne. La solidarité des cyclistes ne me fera pas une très belle impression… Au final, je finis par apprendre que 30km ont déjà été faits, ce qui me sidère. Je prévoyais 2h pour faire la partie vélo. J’avale un gel et de l’eau, et toujours, voire davantage, ravie je sors du Bois de Boulogne pour longer vers Boulogne les quais de la Seine qui me mèneront sous la Tour Eiffel.
A la ligne, je descends de mon vélo, me mets à trottiner et comprends aussitôt que la CAP ne sera pas une partie de plaisir : mon rythme cardiaque qui s’était visiblement mis en mode plage pendant le vélo, s’emballe à toute allure et comme prévu les jambes sont lourdes. La fatigue tombe tout d’un coup comme un éclair dans un ciel serein.
Temps vélo : 1h21'12
Transition 2 : je cours vélo à la main jusqu’à mon emplacement où je retrouve étonnée mes voisins. Je pose vélo et casque. Je bois un peu d’eau, pas de gel, le dernier remontant à seulement une quinzaine de minutes.
Et je cours… Aïe aïe c’est dur. C’est quoi ce sport pourri qui fait si mal ? Je déteste la CAP !
Temps T2 :4'10
3) La CAP :
Mon idée est de partir cool pendant 2 km, le temps de retrouver mes sensations, puis… de voir ce que je pourrai faire. Je n’ai jamais eu d’objectif de chrono pour ce triathlon et là j’en suis à moins de 2h d’épreuve avec 8.6km à faire.
Environ 300m après le parc à vélo, j’entends des personnes crier mon nom. Ce sont Vincent, Christophe et Frédérique du club. « Vas-y, Tiens bon, accroche-toi ! ». Ah mince, juste au moment où je souhaitais relaxer incognito. Allez je fais mine de lever les genoux pour la photo et d’avoir un bon rythme jusqu’au coin de la rue où ils ne me verront plus.

J’ai l’impression d’être excessivement lente, lourde, ankylosée et je n’ai aucun plaisir à courir. Je me sens incapable d’aller plus vite. Le peu d’énergie qui me reste, je l’utilise à positiver, à penser que je vis un super moment, que je dois en profiter et le savourer malgré les mauvaises sensations. Le parcours me semble interminable. Je pense à Cheyenne sur son Ironman et à celles qui ont fait des half. Courir un semi dans cet état ! Je ne veux même pas imaginer un marathon !
Et puis ils continuent de me doubler ces athlètes sans ménagement. J’en double quelques uns, mais je me sens vraiment tortue.

Je suis cuite:
En fait, j’aurais couru à une allure de 4.46 au kilo, quasiment mon allure semi, ce qui me semble très bien après la natation et les presque 40km de vélo.
Enfin on relonge la Tour Eiffel, on passe le pont, beaucoup de coureurs, de spectateurs, on aperçoit des cyclistes qui arrivent au loin, et la dernière montée où je fais une accélération symbolique.
Temps CAP: 41 minutes pile.
Fini ! C’est fini en 2h39minutes33s !
J’ai fini le triathlon de Paris !
Je récupère ma médaille avec une joie immense.
Je la porterai toute la journée… même pour passer l’aspirateur.
Certaines compétitions marquent plus que d’autres.
Voilà. Ce semestre un peu fou de compétition s’achève en beauté sur un triathlon de Paris magnifique. J’ai battu mes records et atteint les temps que j’espérais sur 10, semi, marathon. J’ai fait deux trails extraordinaires en vivant des moments encore plus extraordinaires avec des amis. Et j’ai réalisé ce rêve, ce challenge physique que je portais en moi depuis deux ans : J’ai nagé dans la Seine !
C’est un sentiment de joie tellement intense et tellement fort que de réaliser ces défis sportifs. Les rêver, les programmer, les préparer, les cauchemarder, ne pas renoncer, puis au final les vivre. De telles aventures donnent une confiance en soi et en la vie que le monde quotidien et l’actualité ont trop tendance à ronger .
Reste à trouver mon prochain défi… Après une période de repos transition indispensable, l’imagination me reviendra sûrement.
Je remercie CAF et les caffeuses/eurs sans lesquels je n’aurai jamais découvert le trail, osé faire un triathlon ou vécu mes courses avec autant de plaisir et de succès. Sans vous, je serais tout simplement passée à côté de moments extraordinaires. Merci Marathonnerre et mes co-clubbeurs pour les photos.
Et je sais que je peux compter sur vous pour me donner des idées pour remplir mon calendrier sportif !
Bonnes vacances à tout le monde.
Conclusion : 1+1+1= ?
Je laisse la question ouverte. Je me réserve le droit d’y répondre ultérieurement à la faveur d’une nouvelle inspiration empirique. Ces calculs sont infiniment trop complexes pour moi. Se mettre aux mathématiques après avoir baigné dans les lettres, c’est un peu comme se jeter dans la Seine après avoir uniquement pratiqué la course à pied pendant des années. Cela nécessite un minimum de préparation. Voire une mutation.
Gestuelle associée : corps à l’horizontal, mains repliées sous la tête
Fond musical : « Lullaby » des Beatles
Ambiance littéraire : « Booz endormi » de Hugo
Humeur picturale :
