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août 10
2011
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Quand prudence rime avec patiencePosted by Dragibus in Untagged |
Je me décide enfin à mettre des mots sur ce qui s'annonce être la décision la plus difficile prise dans ma courte carrière de coureuse: Annuler ma participation au marathon de NY 2011.
Très bref historique pour se remémorer des rebondissements trépidants (si si).
Mi 2010, ivre d'un sentiment de puissance (et d'orgueil) d'avoir terminé mon premier marathon, je décide de m'inscrire à celui de Vincennes se déroulant en fin d'année.
Au bout de 6 semaines de prépa, une tendinite s'invite et squatte sans scrupule mon tendon rotulien.
D'abord incrédule, je dois très vite me rendre à l'évidence: Je n'arrive plus à courir plus de 20 min sans douleur qui m'oblige, ou à l'arrêt, ou à courir en boitant (ce qui n'est pas du tout envisageable pendant 42km, outre le fait que j'ai l'air parfaitement ridicule).
Dépitée, je déclare forfait pour le marathon de Vincennes et entame le long, trèèèèès long chemin caillouteux de la guérison.
Glacage-massage-kiné. Pendant 4 mois....le marathon de NY 2011 est encore loin...Insouciante et pleine d'espoir, je m'inscris.
Mi-mars, reprise très progressive de la course.
Je suis rouillée, ça grince de partout, les sensations sont nulles, mais j'insiste.
Et ô miracle! Petit à petit, ça va de mieux en mieux! J'irais même jusqu'à faire une séance d'1h20.
Naïve, je pense que tout est enfin rentré dans l'ordre.
A moi les prépas marathons! Les sorties longues! A moi New York!!!
Oui mais....
Les tendinites sont fourbes qu'on se le dise! La mienne décide de se repointer début juillet.
D'abord incrédule, je dois très vite me rendre à l'évidence: Je peux courir mais c'est quand même pas génial cette douleur dans le genou.
Re-glaçage re-massage re-kiné et pour parfaire le tout : Mésothérapie.
3 jours après la première séance, je fais un jogging de 45 min...sans douleur.
J'en pleurerais presque de joie...
Oui mais....
J'ai besoin de reprendre en douceur sans me stresser.
J'ai besoin de temps (tant physiquement que moralement).
Or, je suis sensée débuter la prépa pour NY la semaine suivante.
J'y réfléchis.
Non, en fait ça va bien au-delà...je pèse le pour et le contre, j'y pense tout le temps, j'en rêve la nuit, je tourne le problème dans tous les sens....
Au bout d'une semaine de ce traitement, je prends une décision: J'annule ma participation au marathon de New York....Avec une curieuse sensation de vivre toujours la même chose....Au cours d'une crise de paranoïa et de désespoir aigus, j'ai même songé à me faire désenvouter, c'est dire.
Certains diront que j'ai abandonné trop vite, que j'aurais dû persévérer, que novembre c'est encore loin, que d'ici là je courrais sans doute comme une tortue qui se prend pour une gazelle...
Oui mais....
Le long chemin caillouteux de la guérison m'a appris la sagesse d'un retour aux sources.
Mes temps sur courses n'ont jamais été et ne seront jamais une donnée importante.
On pourrait me dire "oui mais au fond de toi...". Et bien non. Même au fond de moi et même en cherchant dans tous les recoins de mon esprit, je me contrefous de courir un marathon en 4h, 5h ou 6h ou de passer sous les 1h au 10km.
En revanche, je ne conçois pas une seule seconde, que la course devienne une contrainte.
Même pour quelques semaines et même pour New York.
Alors certes, je suis très déçue de déclarer une nouvelle fois forfait, mais paradoxalement heureuse et soulagée de pouvoir recourir sans douleurs.
J'ignore ce que l'avenir me réserve et si je pourrais un jour refaire un marathon, mais pour le moment, je savoure juste le plaisir de courir...alors :)

