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nov 12
2011

Coureuses

Posted by Eric in Untagged 

Eric

un hommage en image :
http://www.youtube.com/watch?v=F84317KBPCM

nov 08
2011

The first marathon of a Lady (Marathon de Diégo-Suarez 2011)

Posted by Eric in Untagged 

Eric

CR par l'image

http://www.youtube.com/watch?v=fmqXL-j9Q5A

jui 10
2011

Défi de l'Oisans - Prévisionnel

Posted by Eric in Untagged 

Eric
Distance Distance intermédiaire Altitude Dénivelés Temps de Course intermédiaire / distance Temps de Course intermédiaire / Dénivelé Temps de Course intermédiaire Temps cumulé Repère cartographique
0 0 1650 0,00 00:00:00 00:00:00 00:00:00 27/7/11 8:00 Les Deux Alpes - Départ
5300 5300 934 -716,00 00:31:48 00:00:00 00:31:48 27/7/11 8:31 Le Fresney en Oisans
10200 4900 1627 693,00 00:58:48 01:23:24 02:22:12 27/7/11 10:54 Chapelle de Cluy - Arrivée
10200 0 1627 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 27/7/11 11:09 Chapelle de Cluy - Départ
12300 2100 1800 173,00 00:25:12 00:21:00 00:46:12 27/7/11 11:55 Col de Cluy
17700 5400 1997 197,00 01:04:48 00:24:00 01:28:48 27/7/11 13:24 Col de Sarenne
25300 7600 1565 -432,00 01:31:12 00:00:00 01:31:12 27/7/11 14:55 Besse en Oisans - Arrivée
25300 0 1565 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 27/7/11 15:10 Besse en Oisans - Départ
27800 2500 1901 336,00 00:30:00 00:40:48 01:10:48 27/7/11 16:21 Col Nazié
29500 1700 2251 350,00 00:20:24 00:42:00 01:02:24 27/7/11 17:23 Plateau d'Emparis
32900 3400 2370 119,00 00:40:48 00:14:24 00:55:12 27/7/11 18:18 Col du Souchet
39000 6100 1782 -588,00 01:13:12 00:00:00 01:13:12 27/7/11 19:31 Les Terrasses - Arrivée
39000 0 1782 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 27/7/11 19:46 Les Terrasses - Départ - 27/7/2011 à 20h00
52300 13300 2084 302,00 02:39:36 00:36:36 03:16:12 27/7/11 23:03 Refuge de l'Alpes - Arrivée
52300 0 2084 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 27/7/11 23:08 Refuge de l'Alpes - Départ
55200 2900 2355 271,00 00:34:48 00:33:00 01:07:48 28/7/11 0:15 Col d'Arsine
62700 7500 1512 -843,00 01:30:00 00:00:00 01:30:00 28/7/11 1:45 Le Casset - Arrivée
62700 0 1512 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 28/7/11 1:50 Le Casset - Départ
64900 2200 1473 -39,00 00:26:24 00:00:00 00:26:24 28/7/11 2:17 Mônetier les Bains - Arrivée - 28/7/2011 à 3h00
64900 0 1473 0,00 02:00:00 00:00:00 02:00:00 28/7/11 4:17 Mônetier les Bains - Départ - 28/7/2011 à 8h00
70700 5800 2423 950,00 01:09:36 01:54:00 03:03:36 28/7/11 7:20 Col de l'Eychauda
76300 5600 1719 -704,00 01:07:12 00:00:00 01:07:12 28/7/11 8:28 Chambran - Arrivée
76300 0 1719 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 28/7/11 8:33 Chambran - Départ
83100 6800 1167 -552,00 01:21:36 00:00:00 01:21:36 28/7/11 9:54 Vallouise - Arrivée
83100 0 1167 0,00 02:00:00 00:00:00 02:00:00 28/7/11 11:54 Vallouise - Départ - 28/7/2011 à 12h00
92000 8900 1628 461,00 01:46:48 00:55:48 02:42:36 28/7/11 14:37 Entre les Aygues
102300 10300 2761 1133,00 02:03:36 02:15:36 04:19:12 28/7/11 18:56 Col de l'Aup Martin
108000 5700 1814 -947,00 01:08:24 00:00:00 01:08:24 28/7/11 20:04 Pré Chaumette - Arrivée
108000 0 1814 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 28/7/11 20:19 Pré Chaumette - Départ
112500 4500 2680 866,00 00:54:00 01:44:24 02:38:24 28/7/11 22:43 Col de Valette
116500 4000 2631 -49,00 00:48:00 00:00:00 00:48:00 28/7/11 23:46 Col de Vallonpierre
118500 2000 2271 -360,00 00:24:00 00:00:00 00:24:00 29/7/11 0:10 Refuge de Vallonpierre - Arrivée
118500 0 2271 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 29/7/11 0:15 Refuge de Vallonpierre - Départ
125400 6900 1428 -843,00 01:22:48 00:00:00 01:22:48 29/7/11 1:38 Refuge Xavier Blanc - Arrivée
125400 0 1428 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 29/7/11 1:43 Refuge Xavier Blanc - Départ
132600 7200 1109 -319,00 01:26:24 00:00:00 01:26:24 29/7/11 3:09 La Chapelle en Valgaudemar - Arrivée - 29/7/2011 à 6h00
132600 0 1109 0,00 06:00:00 00:00:00 06:00:00 29/7/11 9:09 La Chapelle en Valgaudemar - Départ - 29/7/2011 à 11h00
141800 9200 1961 852,00 01:50:24 01:42:36 03:33:00 29/7/11 12:42 Refuge des Souffles - Arrivée
141800 0 1961 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 29/7/11 12:47 Refuge des Souffles - Départ
147100 5300 2505 544,00 01:03:36 01:05:24 02:09:00 29/7/11 14:56 Col de Vaurze
152000 4900 1271 -1234,00 00:58:48 00:00:00 00:58:48 29/7/11 15:55 Le Désert - Arrivée
152000 0 1271 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 29/7/11 16:10 Le Désert - Départ
156400 4400 2290 1019,00 00:52:48 02:02:24 02:55:12 29/7/11 19:05 Côte Belle
162000 5600 1509 -781,00 01:07:12 00:00:00 01:07:12 29/7/11 20:12 Valsenetre - Arrivée - 30/7/2011 à 1h00
162000 0 1509 0,00 08:00:00 00:00:00 08:00:00 30/7/11 4:12 Valsenetre - Départ - 30/7/2011 à 6h00
166100 4100 2617 1108,00 00:49:12 02:13:12 03:02:24 30/7/11 7:15 Col de Muzelle
168700 2600 2119 -498,00 00:31:12 00:00:00 00:31:12 30/7/11 7:46 Refuge de la Muzelle - Arrivée
168700 0 2119 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 30/7/11 7:51 Refuge de la Muzelle - Départ
175500 6800 977 -1142,00 01:21:36 00:00:00 01:21:36 30/7/11 9:12 Venosc - Arrivée
175500 0 977 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 30/7/11 9:27 Venosc - Départ - 30/7/2011 à 13h00
180000 4500 1650 673,00 00:54:00 01:21:00 02:15:00 30/7/11 11:42 Les Deux Alpes - Arrivée - 30/7/2011 à 16h00
Avec Estelle On peut m'y voir Base de vie Ravitaillement Point d'eau En rouge les limites horaires
avr 13
2011

D'un abandon à l'autre

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Il y a longtemps, au temps des huit Baronnies du Gévaudan, Constance de Toulouse, Dame de Pierre-Bermond d’Anduze alors Baron de Florac attirait les meilleurs troubadours et érudits de ce début du XIIIème siècle (ce qui devait donner le don à sa fille Azalaïs, la célèbre troubadouresse), faisant sa cours des plus jolies femmes de l’époque. Depuis lors, le Comté du Gévaudan, devenu le département de la Lozère (alors numéroté 46, maintenant 48) le 22 décembre 1889, attire les plus jolies femmes de France…

 L’histoire qui débute fin mai 2010, devait le vérifier. J’arrive en Lozère après une jolie balade le long du canal du midi. Je profite d’une belle journée pour enfin faire connaissance avec la seule lozérienne (à ma connaissance) du site. Rendez-vous est pris pour un café dans Mende. Assis à la terrasse, je vois une jolie dame brune venir vers moi…



Fin juin, Fanny puisqu’il s’agit d’elle, courra dans la froidure du pays de la « Besta » son premier trail. « La Capucine » est un trail exclusivement féminin de 11km pour plus de 200m de dénivelés positifs. Elle finira 14ème sur 178 finisseuses et 245 au départ (67 abandons) et 8ème sénior sur 68 arrivantes en un superbe 1h15mn31s. Je crois bien que ses cuisses se souviennent encore du travail que je leurs avais fait faire pour que la Damoiselle devienne une descendeuse accomplie. Croyez-moi sur parole, descendre de 1040m à 720m en 1km200m, une descente aussi technique que celle de « l’Ermitage Saint-Privat » à Mende en moins de 5mn, c’est déjà une belle performance et démontre de réelles capacités de trailleuse. Capacité que confirmera le sens de l’orientation de la belle dans l’immense centre commercial de Toulouse-Blagnac lors du semi test couru dans sa préparation marathon le 6 mars 2011. Dans le même temps, je connaitrai du côté de Nasbinals mon premier abandon sur « L’Aubrac Aventure Trail »…




Décembre 2010, la vie de Fanny bascule, la néo-Biterroise s’accroche à la course à pied comme un marin à une bouée au milieu de la tempête. Moi qui prenait mon sport pour un jeu comprend alors que les circonstances peuvent amener à dépasser le côté ludique, voir à transformer sa pratique en un besoin presque vital. Fanny est inscrite au marathon de Paris, je sais quelle comptais être entourée de sa petite famille et qu’elle ne le sera probablement pas, je m’inscris donc espérant être utile à mon amie.

En réalisant le plan de Fanny (son sixième), je n’imaginais cependant pas qu’il puisse à ce point lui servir de fil conducteur. Le 10 janvier débute l’aventure… La jolie brune me demande un plan sur douze semaines mais j’ai beau compter, du 10 janvier au 10 avril, il y en a bien treize. En fait, cela est parfait car cette durée permet d’avoir une semaine d’assimilation juste avant la semaine « marathon ». Je personnalise au maximum le plan en fonction des desideratas et des possibilités de Fanny. Elle souhaite un plan en fonction des allures, je projette donc le temps de son meilleur semi pour déterminer une VMA approximative, ce qui me donne 12,8km/h et je lui détermine les allures à tenir en fonction de la teneur des exercices. Dès la semaine 2, elle courra un 10km. Je connais ma coureuse et je sais que je ne pourrais probablement pas la brider à une vitesse marathon. À 11 semaines de l’objectif principal, elle pourra donc se permettre de courir ce 10km en performance (ce quelle fera puisqu’elle le bouclera en 52mn36s). Je dois cependant tenir compte de la récupération et détermine la semaine 3 comme une semaine de récupération. Les choses sérieuses commenceront donc en semaine 4.

Le plan est articulé de la manière suivante :

  1. 4 séances par semaine (3 lors des semaines de compétitions, d’assimilations ou de récupération).
    1. Une séance de fractionnés courts ou mi-longs (sans répétition d’un même exercice pour que la coureuse n’ait jamais le même repère temps et que ne s’installe une course aux records).
    2. Une séance en endurance pour une récupération active.
    3. Une séance de fractionnés mi-long à longs (toujours sans répétition d’un même exercice).
    4. Une sortie longue en endurance incluant une période de plus en plus longue d’allure spécifique « marathon » sur fatigue.
  2. 13 semaines découpées de la manière suivante :
    1. Semaine 1 : Préparatoire au 10km
    2. Semaine 2 : Compétition 10km en performance
    3. Semaine 3 : Récupération
    4. Semaines 4 à 6 : Progression (augmentation progressive du temps de travail hebdomadaire)
    5. Semaine 7 : Assimilation
    6. Semaine 8 : Compétition semi-marathon de Blagnac

                                                              i.      20mn d’échauffement

                                                            ii.      16km à l’allure marathon (6mn/km)

                                                          iii.      Si possible, 3km en accélération progressive

                                                          iv.      Si possible, 2 derniers km en allure 10km

                                                            v.      10mn de retour au calme

                                                          vi.      10mn d’étirements

                     g.   Semaines 9 à 11 : Maintien (maintien du temps de travail hebdomadaire)

                     h.   Semaine  12 : Assimilation

                      i.   Semaine 13 : Compétition marathon de Paris (6mn/km)

Fanny me fait un compte rendu régulier pour que je puisse adapter son plan en fonction de sa fatigue, de ses obligations familiales ou professionnelles. Les séances s’enchaînent, tantôt euphoriques, tantôt confuses, les larmes et les doutes s’estompent, la confiance s’installe…

En ce qui me concerne, je continue à suivre le plan « cross » que je me suis concocté pour pouvoir amener mon maximum aux équipes de mon club.

10 janvier 2011, je cours les « Départementaux de cross », je suis alors au top et j’effectue les 8,840km en 35mn56s soit à une vitesse de 14,76km/h. Seulement voilà, le dernier kilomètre est agrémenté de fortes douleurs au talon droit et il me faut presque 2h pour effectuer les 5km qui me séparent de chez moi. Dés lors, plus rien ne va se passer comme prévu… La douleur se calme lorsque je ne cours pas. C’est donc sans entraînement ou presque que je me traine aux « régionaux de cross » le 23 janvier. Je cours, mais la douleur refait très rapidement son apparition. Je ne peux pas abandonner car après les blessures de deux de mes partenaires ça éliminerait la possibilité à mon club de qualifier une équipe supplémentaire aux « interrégionaux ». Je finis dans les derniers en bouclant les 9,380km en 42mn41s soit à une vitesse de 13,19km/h, mais l’essentiel est que l’EAC disposera de deux équipes qualifiées. Je décline ma participation aux interrégionaux. Le 8 février, j’ai rendez-vous avec ma médecin du sport qui diagnostique une tendinite de l’Achille droit au niveau de l’insertion et un syndrome du pyramidal droit. Je vais donc suivre une dizaine de séances chez mon kinésithérapeute du sport ; au programme, glaçage par jets de CO2 à -15°C, massages profonds, électrostimulation, étirements pour la tendinite et massages profonds, musculation et réchauffement du pyramidal droit. Mon éco-trail est mal engagé mais j’ai trop envie de revoir Juju. J’essaierai donc de le courir et puis l’écotrail est un trail certes mais un trail comment dire… très domestiqué ou l’on n’est jamais bien loin de la civilisation. Je ne risque donc pas grand-chose à maintenir ma participation. Entre temps, ma maman me demande de l’emmener voir la petite sœur (99 ans) de mon papa à Nîmes. Je pose donc quelques jours de congés et je m’aperçois que cela tombe la semaine du semi de Blagnac. Je sais également que se sera une semaine difficile pour Fanny qui laissera ses loulous à leur papa toute une semaine pour la première fois. Fanny accepte de m’héberger et je décide donc, (avec l’accord de mon kiné) de brider la belle à Blagnac pour valider son allure marathon. Seulement voilà, après le décès de mon petit papa le 2 avril 2010, ma tata perd son beau-fils et doit se rendre chez ma cousine. Le voyage de ma maman est donc annulé… Que faire ! J’annule mes vacances et mon inscription à Blagnac ou nous devions avoir le plaisir de retrouver Bibiche, Josette et Kiki et faire la connaissance de Véronique ? 

Fanny accepte finalement de m’héberger un peu plus longtemps que ce qui était prévu. Elle passera même me prendre à Orléans puisqu’ elle reviendra d’une semaine de vacances à Dunkerque.




Le soleil Biterrois, le canal du midi, les courses les pieds dans la méditerranée, les petits chocolats, le thé du soir voir de la nuit, les repas enchaînés aux restaurants et la présence amicale de Fanny font que je ne ressens pratiquement plus de douleur à mon Achille. Les bons soins de Raph, mon kiné font que je n’ai plus besoin de lui montrer mon derrière depuis déjà quelques jours. Tout va pour le mieux, le semi-marathon est une vrai partie de plaisirs, je fanfaronne, je vole même un bisou à une jolie pompon girl, ma partenaire valide parfaitement l’exercice en bouclant le semi en 2h2mn56s lors d’un sprint magistral qui me laisse sur place.



 Le capital confiance de notre Languedocienne est regonflé. Fanny est si fraiche à l’arrivée que je décide de lui faire subir dans la semaine deux nouveaux tests pour éliminer les derniers petits doutes qui subsisteraient. La première torture que je lui inflige sera de déterminer sa FCM. Après une petite balade pour nous échauffer, la côte qui lui permet de retrouver sa maison est idéale, Fanny devra pousser la mécanique à fond, la FC explose montant même jusqu’à une pointe de 206puls/mn. Je préfère valider 200puls/mn, FC  maintenue quelques secondes (exit les 185puls/mn supposée). Le lendemain, veille de mon départ, je remplace la séance de seuil prévue par un test VMA. Je briefe la belle, après 20mn tranquillou pour s’échauffer, nous irons au stade ou elle subira l'épreuve suivante. Elle courra 4mn à sa VMA estimée (12,8km/h, 28s au 100m), puis elle accélèrera progressivement jusqu’à ne plus pouvoir. Si elle ne tiens pas 4mn à sa VMA estimée, nous devrons refaire le test en partant de plus bas. Si elle tient les 4mn sans atteindre les 5mn, nous validerons la VMA estimée. Si elle tient 5mn, nous mesurerons la distance (facile sur piste) et nous la multiplierons par 12 pour connaître sa nouvelle VMA. Si elle tient 6mn, nous mesurerons la distance et nous la multiplierons par 10 pour connaitre sa nouvelle VMA. Je lui explique qu’elle devra vraiment puiser dans ses ressources et finir à la Lulubelle, allongée sur la piste les bras en croix. Je serais au centre du terrain et je la guiderais pour qu’elle ne parte pas trop vite et pour lui donner les repères temps. Comme il se doit et comme nous faisons tous à nos premiers tests, Fanny part trop vite bouclant le premier 100m en 19s au lieu de 28s, je lui intime l’ordre de ralentir car elle ne pourra pas tenir les 4mn à cette vitesse, deuxième 100m,  23s, encore trop vite, le troisième est enfin passé à la bonne vitesse et celle-ci se stabilise à 27s/100m. Les 4mn sont atteintes. Je libère la coureuse de son carcan. L’accélération est régulière, j’entends le souffle d’où je suis. 4mn30s Fanny cherche l’air, je l’harangue en courant à ses côtés pour quelle ne lâche pas.  Soudain un cri « J’peux pu », « encore 10s Fanny 10 », « Arff !!!!!! » mais je sens qu’elle a encore de la ressource et accélère encore… Je cris « 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3s Fanny… Stop ». Fanny s’effondre, je lui apporte de quoi se couvrir, son change et de quoi se désaltérer, la laisse reprendre sa respiration, je suis drôlement fier de mon élève, elle a tout donné. Je mesure précisément la distance parcourue ; 1136m  sa nouvelle VMA est validée à 13,632km/h arrondi à 13,6. Jamais je n’ai autant donné qu’elle pour un test VMA, je suis admiratif. Il y a dix mois, je faisais connaissance d’une jeune femme active pratiquant le footing pour se vider la tête. Que de chemin parcouru, tel un papillon sortant de la Chrysalide, la métamorphose est spectaculaire, j’ai maintenant devant moi une sportive capable de trouver en elle des ressources physiques inexplorées et un mental de winneuse.

L’après-midi, je laisse Fanny s’adonner à la lecture tranquillement installée à la terrasse d’un café et je vais courir sur la plage, les jambes s’enfoncent jusqu’aux genoux dans l’eau froide de la mer, c’est bon, les vagues sont bien réelles et manquent à plusieurs reprises de me faire tomber, mais je suis euphorique. Malgré l’eau, je file à plus de 13,5km/h, le soleil me chauffe et je me sens bien… Cela ne dure pas, peut-être ai-je trop demandé à mon Achille, le soir même il se réveille, m’empêchant même de dormir. Le retour vers Évreux m’est pénible. Je retourne voir Raph dès le lendemain, mon kiné m’assure que je pourrais courir l’écotrail… Deux semaines, je dispose de deux semaines pour me guérir et courir au côté de Juju !

Le 25 mars, je retrouve Juju, MJuju et BellemamanJuju dans un restaurant à deux pas de la tour Eiffel. Le WE sera magnifique, magnifique mais comme avec un goût d’inachevé. Magnifique de par la prestation de Juju, inachevé parce que dès le dixième kilomètre, j’ai senti que ça ne le ferait pas et que mon abandon du vingt-septième était écrit d’avance…




Retour chez Martine, ma médecin du sport qui commence par m’interdire de courir. IMPOSSIBLE… Bien sûr Fanny est tout à fait capable de courir seule ce marathon, mais je sais également qu’elle est encore fragilisée et je sais l’importance que revêt pour elle ce marathon. Bien sûr ce n’est que de la course à pied, mais Fanny s’est tellement investit que je veux que toutes les chances soient de son côté. Je connais l’euphorie de la première fois, je sais que la belle arrive avec un tel capital confiance (j’ai tout fait pour ce résultat) qu’elle risque de vouloir partir trop vite et qu’elle ne saura probablement pas se brider sur les premiers kilomètres. Sur les courses un peu longues, le temps trop vite gagné se transforme à coup sûr en temps perdu. La réussite d’un objectif tient à tellement peu de chose et j’ai peur des conséquences d’un échec sur Fanny. J’explique la situation à ma doctoresse, elle comprend et m’accorde sa bénédiction à condition que je cesse toute activité sportive dès la course fini et ce jusqu’à la guérison complète de ma tendinite. Je promets, me soumet de bonne grâce à ma première séance de torture euhhhhhhhh… d’onde de choc (une personne que j’aime énormément m’a dit dernièrement qu’il ne fallait jamais se plaindre… Mais c’est que j’aime ça, moi me plaindre, c’est tellement agréable, lorsque l’on nous croit, de se faire consoler !)

Le temps passe, je m’applique à préparer Fanny du mieux que je puisse… Elle sait maintenant que je ne pourrais probablement pas l’accompagner tout le long de la course alors je la saoule continuellement de mes vérités, de phrases qui devaient ressembler quelque peu à ça : « Tu sais, le plus dur dans un marathon, ce n’est pas les 42,195 derniers petits kilomètres, le plus dur, tu l’as vécu dans ta préparation, le plus dur est derrière toi, il ne te reste que du plaisir, le plaisir de voir le chemin parcouru et moi le plaisir que j’aurai a voir ton sourire, tes larmes de joie peut-être, j’adore voir l’émotion des néo-marathoniennes » ; « Je veux que tu te fabriques de belles images, ces images, tu te les visionneras dans les quelques petits moments ou ce sera un peu moins facile » ; « Tes loulous seront fiers de leur maman, imagine les, montrant à leurs copains de classe la médaille que tu ramèneras, imagine les, expliquer à leurs maîtresses : - Ben ma maman elle a couru drôlement longtemps et ça, ben elle l’a gagné » ; « Surtout, ne part pas trop vite, tu ne dois jamais aller plus vite que du 6mn/km (4h15mn c’est 6mn3s/km), je veux que tu te rentres ça dans ta jolie caboche » ; « une gorgée toute les 20mn, un gel toute les heures » ; « tu dois perdre un minimum d’énergie, ne chante pas, ne danse pas, évite de changer ta trajectoire, évite les trottoirs » ; « je sais que tu es très pudique, mais ne garde pas une envie pressante, deux voitures font l’affaire » ; « au départ, tu gardes ta vue au sol, tant pis pour la télé, ce serait dommage d’être arrivée ici pour se payer une gamelle en glissant sur un sac poubelle ou en se prenant les pieds dans un tee shirt » ; « tant que je serai là, je m’occupe de tes ravitaillement en eau. Tu courras alors sur la ligne bleue jusqu’à ce que je te rattrape » ; « je sais que Pierre va hurler mais n’hésite pas à marcher lors des ravitaillements ou à la sortie du tunnel sur le petit raidillon pavé ; etc. Chaque phrase est illustré d’anecdote, par exemple le cas de ce petit vieux (84ans), qui comptait finir sa carrière de coureur en finissant son 100ème marathon et qui est tombé avant même de passer la ligne de départ, empêtré dans un sac poubelle se fracturant les hanches, jamais il n’a atteint le chiffre 100.

Bref, Fanny dû me prendre pour un vieux radoteur, mais je sais que la persuasion vient aussi de la répétition…

Je réserve une chambre dans le même hôtel que le mien (Rue Blomet) insiste lourdement auprès du réceptionniste, pour que nous soyons sur le même palier. L’hôtel propose un petit déjeuner marathon qui sera servi dès 6h, parfait !

Sur Fesse de bouc, Eva, la petite sœur de Fanny me contacte. Elle viendra accompagnée de leur maman encourager Fanny mais chut… c’est une surprise… Je lui donne nos temps prévisionnels et lui indique les meilleurs endroits pour venir nous encourager (merci Marathonnerre). Nous échangeons nos numéros de téléphones et je leur demande de m’appeler pour m’indiquer les lieux précis de nos rencontres.

Vendredi 8 avril, je me présente porte de Versailles, retire mon dossard et je visite le marathon expo, bien entendu, je fais chauffer la carte visa. Je mange dans une pizzéria et je vais me coucher… Jamais je n’ai été aussi stressé par une course, j’ai peur de ne pas tenir la distance, de ne pas pouvoir aider suffisamment ma protégée… Même si par bonheur, la douleur m’était épargnée, je ne suis pas entraîné et je sais que j’ai peu de chance de pouvoir suivre la jolie brune sur l’ensemble du parcours. Je crois que c’est à ce moment que j’ai décidé ma stratégie… J’amènerai mon amie tant que je serais sûr de pouvoir le faire. Quand je commencerais à entrer dans le dur, que Fanny sera sur la bonne trajectoire et qu’elle sera rebooster par sa famille, je la laisserais filer pour la retrouver de nouveau fringuant au 35ème et l’amener sur le bon rythme jusqu’à l’arrivée. Je sens que Fanny souhaite savourer seule (peur de s’exposer ?) l’arrivée de son premier marathon, j’ai donc également prévu de la laisser filer pour qu’elle vive son marathon tel qu’elle l’avait rêvé.




Samedi 9, puis vient le jour J, Fanny explique mieux que je le ferais sa course… J’ai couru comme je l’avais prévu, les douleurs sont encore là mais je suis ravis… Tout c’est passé comme le prévoyait le scénario. Depuis quelques mois, un petit nounours m’accompagne dorénavant partout « juste un tout petit peu de toi » (c’est son nom) a veillé une fois de plus sur moi… Jamais je n’ai vécu un abandon aussi joyeusement…

oct 26
2010

Mon premier plan depuis... pfffffffffffffff!

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Voilà, je touche du bois mais il semblerait que je puisse parler de mes blessures au passé (j'ai été bougrement sage, je n'ai pas fait de compétition depuis Rennes et ma prochaine est Nice-Cannes)...
Donc, place aux bonnes résolutions. Face aux performances qui déclinent, je dois réagir... Je veux bien courir moins vite mais il faut tout de même que je réussisse à maintenir un niveau suffisant pour me faire plaisir, non mais... Et puis, il y a les cross qui arrivent à grand pas et je veux pénaliser mon club le moins possible d'autant que comme il y a du monde, il y a de quoi jouer les Kékés...
Donc voilà mon plan pour la fin de l'année et le début de l'autre...

Dates Séances Exercices Remarques
mardi 26 octobre 2010 1-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 14x(300m en 1mn10s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mercredi 27 octobre 2010 1-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
jeudi 28 octobre 2010 1-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 6x(800m en 3mn14s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
vendredi 29 octobre 2010 1-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 30 octobre 2010 1-5 : Seuil 20mn à 135puls/mn + 15mn à 153puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
dimanche 31 octobre 2010 1-6 : Sortie longue 2h à 135puls/mn  
lundi 1 novembre 2010 2-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 12x(400m en 1mn34s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 2 novembre 2010     Alençon
mercredi 3 novembre 2010 2-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
jeudi 4 novembre 2010 2-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 5x(1000m en 4mn44s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
vendredi 5 novembre 2010 2-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
samedi 6 novembre 2010 2-5 : Seuil 20mn à 135puls/mn + 15mn à 153puls/mn + 5mn à 126 puls/mn + 15mn à 153puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
dimanche 7 novembre 2010 2-6 : Sortie longue 2h15mn à 135puls/mn  
lundi 8 novembre 2010 3-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 8x(600m en 2mn24s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 9 novembre 2010     Paris
mercredi 10 novembre 2010 3-2 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
jeudi 11 novembre 2010 3-3 : Compétition Cross du Carrington - Louviers Louviers
vendredi 12 novembre 2010     Nice
samedi 13 novembre 2010 3-4 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite
dimanche 14 novembre 2010 3-5 : Compétition Marathon Nice-Cannes
lundi 15 novembre 2010 4-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn
mardi 16 novembre 2010 4-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
mercredi 17 novembre 2010     Orléans
jeudi 18 novembre 2010    
vendredi 19 novembre 2010 4-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 2x(2000m en 8mn25s / 300m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn
samedi 20 novembre 2010 4-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
dimanche 21 novembre 2010 4-5 : Sortie longue 2h30mn à 135puls/mn  
lundi 22 novembre 2010 5-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 10x(300m en 1mn10s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 23 novembre 2010     Rouen
mercredi 24 novembre 2010 5-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
jeudi 25 novembre 2010     Rouen
vendredi 26 novembre 2010     Île de Ré
samedi 27 novembre 2010 5-3 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite
dimanche 28 novembre 2010 5-4 : Compétition Marathon de La Rochelle
lundi 29 novembre 2010    
mardi 30 novembre 2010 6-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn  
mercredi 1 décembre 2010 6-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
jeudi 2 décembre 2010     Rouen
vendredi 3 décembre 2010    
samedi 4 décembre 2010    
dimanche 5 décembre 2010    
lundi 6 décembre 2010    
mardi 7 décembre 2010 7-1 : Côtes 20mn à 135puls/mn + 10x(30s vite en côtes / récupération en descendant) + 10mn à 135puls/mn  
mercredi 8 décembre 2010 7-2 : Fartlek 1h à 135puls/mn dont une dizaine d'accélération inférieure à 3mn jusqu'à 162puls/mn  
jeudi 9 décembre 2010     Rouen
vendredi 10 décembre 2010 7-3 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite Angers
samedi 11 décembre 2010 7-4 : Compétition Trail de nuit d'Ecuillé
dimanche 12 décembre 2010 7-5 : Récupération 30mn à 135puls/mn
lundi 13 décembre 2010 8-1 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
mardi 14 décembre 2010     Rouen
mercredi 15 décembre 2010 8-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
jeudi 16 décembre 2010 8-3 : Endurance 45mn à 135puls/mn
vendredi 17 décembre 2010      
samedi 18 décembre 2010 8-4 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
dimanche 19 décembre 2010 8-5 : Compétition Les foulées andelysiennes Les Andelys
lundi 20 décembre 2010 9-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn  
mardi 21 décembre 2010 9-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 22 décembre 2010 9-3 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 15x(100m en 22s / 50m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 23 décembre 2010     Rouen
vendredi 24 décembre 2010 9-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 25 décembre 2010 9-5 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 5x(800m en 3mn14s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
dimanche 26 décembre 2010 9-6 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
lundi 27 décembre 2010 10-1 : Seuil + 20mn à 135puls/mn + 10mn à 162puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
mardi 28 décembre 2010 10-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 29 décembre 2010 10-3 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 12x(200m en 46s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 30 décembre 2010     Rouen
vendredi 31 décembre 2010 10-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 1 janvier 2011 10-5 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 4x(1000m en 4mn4s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
dimanche 2 janvier 2011 10-6 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
lundi 3 janvier 2011 11-1 : Seuil + 20mn à 135puls/mn + 15mn à 162puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
mardi 4 janvier 2011 11-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 5 janvier 2011 11-3 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 10x(300m en 1mn10s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 6 janvier 2011 11-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
vendredi 7 janvier 2011      
samedi 8 janvier 2011 11-5 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
dimanche 9 janvier 2011 11-6 : Compétition Championnats départementaux de cross Évreux
lundi 10 janvier 2011 12-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn  
mardi 11 janvier 2011 12-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 12 janvier 2011 12-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 3x(1200m en 4mn56s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 13 janvier 2011     Rouen
vendredi 14 janvier 2011 12-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 15 janvier 2011 12-5 : Seuil + 20mn à 135puls/mn + 10mn à 162puls/mn + 5mn à 126puls/mn + 10mn à 162puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
dimanche 16 janvier 2011 12-6 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
lundi 17 janvier 2011 13-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 8x(400m en 1mn34s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 18 janvier 2011 13-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 19 janvier 2011 13-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 2x(1500m en 6mn15s / 300m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 20 janvier 2011 13-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
vendredi 21 janvier 2011      
samedi 22 janvier 2011 13-5 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
dimanche 23 janvier 2011 13-6 : Compétition Championnats régionaux de cross Barentin
oct 07
2010

ENTRE PARADIS ET ENFER : MA PLUS BELLE VICTOIRE C’EST VOUS !

Posted by Eric in Untagged 

Eric

A priori, un 24h et encore moins un 24h sur piste, ça n’a rien de sexy et seuls des fous peuvent jouer au hamster sur un anneau de 400m pendant 1440mn… Seulement voilà, quand vous avez dans votre club un certain nombre de spécimens qui courent ainsi pendant 24h, 48h, 6 ou 7 jours et qu’en plus malgré leurs niveaux, ils ne se prennent pas la tête et vous font l’honneur d’être de vos amis, forcément, malgré la réticence que vous avez au premier abord, vous vous dites à un moment donné et s’ils avaient raisons, si la plénitude et la zénitude qu’ils arborent venaient de là ? Pourquoi s’infligent-ils ce que je considérais comme un supplice ? Pour l’argent ? Il n’y a pas d’argent ou si peu dans le monde de l’ultra. Pour la gloire ? Beaucoup de non-initiés connaissent les Jean-Pierre GUYOMARC’H, Pierre-Mickaël MICALETTI ? 260,024kms sur 24h pour Jean-Pierre, 860kms sur 7 jours (vainqueur des 7 jours d’Athènes 2010), 811kms sur 6 jours pour Pierre-Mickaël. Même à Évreux, leur ville, leurs exploits restent silencieux, et ils ne s’en plaignent pas, bien au contraire. Je reste cependant sceptique… Vous me connaissez un petit peu maintenant, je n’aime pas les aprioris et la meilleure façon de se forger une opinion c’est de devenir circadien. Ma première compétition horaire, un 6H, 62km. Mon deuxième 6h, abandon au bout de 2 heures 45minutes (par précaution car en pleine préparation de la Trans Aq’) et près de 29km, mon premier douze heure, 108km. J’ai toujours adoré l’ambiance et je n’ai jamais ressenti de lassitude sur des circuits d’environ 1,4km. Je sais déjà qu’un jour proche je tenterais l’aventure du double tour d’horloge et qu’à terme je tâterais à l’encore plus long. Suivant les prévisions de mon entourage, je me fixe comme objectif 170km.

En 2008, Basilio court plus de 200km à Arcueil, son récit me charme et je sais déjà que je deviendrais Circadien ici. Fin 2009, je programme mon année 2010. J’ai décidé de faire l’impasse sur les 100km de Millau pour pouvoir arriver début octobre relativement frais. Le 25 décembre, mon papa tombe malade, il ne m’accompagne que rarement sur mes courses, mais je lui fais promettre qu’après sa rééducation il m’accompagnera. Mon petit papa partira le vendredi 2 avril à 20h42mn.

Seulement, voilà, depuis l’Ultra 6000D, mon pied droit me dérange (déplacement du scaphoïde) et m’empêche un entraînement sérieux. Ainsi, si les courses courtes passent à peu près, je plante complètement les 100km des étangs de Sologne par manque d’entraînements à allure spécifique et de sorties longues. Mon ostéopathe replace le scaphoïde et le marathon du Médoc passe plutôt bien. Trop tard pour bien préparer mon 24h d’autant qu’après le scaphoïde, c’est le syndrome de Morton qui a décidé de m’ennuyer. Si la douleur est supportable lorsque je cours lentement (Paris-Versailles me sert de test), elle se réveille lorsque je cours au-delà de 10,5km/h pour devenir insupportable à 15km/h. Comme je ne devrais pas courir plus vite que 10km/h, je ne suis pas trop inquiet. Reste à savoir comment se comportera mon pied droit sur la longueur de l’épreuve. Le manque flagrant d’entraînement me fait revoir mon objectif à la baisse, 150km. J’ai un peu peur que cette fois mon endurance naturelle et ma capacité à bien récupérer ne suffisent pas et puis, j’ai toujours un surpoids important (près de 9kg) qui risque de réveiller mes douleurs aux genoux d’autant que nous courons sur une piste d’athlétisme et que ce genre de surface est très traumatisante.

La date fatidique approche, je me fais une check-list pour peaufiner mon organisation.

La nourriture : 1 cake salé ou 1 part de pain d’épice toute les 4h, une pâte de fruit ou un gel salé toute les heures, des fruits déshydratés ou des amandes, noix, noisettes à l’envie.

La boisson : 3 litres de boisson isotonique, 3 litres d’eau plate, 3 litres d’eau gazeuse, 1 thermos de café et 1 de chocolat. Je prévois de boire une gorgée toute les 10mn.

L’habillement : 2 collants de contention, 2 maillots manches longues de contention, 2 polaires, 2 coupe-vents, 1 anorak technique, 2 paires de chaussures, 1 buff, 1 bonnet, 1 cache-oreilles en polaire, 1 tour de cou en polaire, 1 paire de gants, 1 paire de sous-gants, 2 paires de chaussettes et 2 paires de chaussettes de contention.

Le confort : 1 chaise longue pliante, 1 couverture épaisse en polaire, 1 duvet, 1 sac poubelle, 1 sac à linges sales, 1 radio, 1 téléphone portable, la photo de mon petit papa. Basilio rajoutera un panneau d’encouragement et un panneau CLM.

La pharmacie : 2 bandes rotuliennes, seringues, éosine, compresses, pansements, antalgique, anti-inflammatoires, bombe de froid, huile de massage à l’arnica, bandes de strapping, sporténine.

L’organisation nous a gâtée et je n’ai pas eu trop à puiser dans la nourriture, par contre, l’ensemble de mes boissons a été bu exceptées les thermos. Je me suis changé au petit matin et mes habits ont pratiquement tous été utilisés, je prévoirais même au moins une paire de chaussures et une paire de chaussettes supplémentaires la prochaine fois. Je ne regrette pas de m’être encombré de la chaise longue tant son utilisation me fut salutaire. Pouvoir relever les jambes sans effort est vraiment un plus. La pharmacie n’est pas indispensable puisque les secours sont sur la course en permanence mais elle permet d’être autonome. Les bandes rotuliennes m’ont été d’un grand secours ainsi qu’un cachet d’antalgique et la sporténine.

Vendredi 1er octobre, je me rends chez Isabelle et Vincent qui m’hébergeront, comme lors de l’ensemble de mes courses parisiennes, à Saint-Gratien. On me bichonne, un repas pré-course idéal et je vais me coucher.



Samedi 2 octobre, je suis à Arcueil avant 9h, j’ai la possibilité de stationner la voiture le long de la piste. Certains y stationnent leurs camping-cars et y trouveront un confort supplémentaire. Je m’installe dans la deuxième tente que je partagerai avec Pierre (qui abandonnera entre la 19ème et la 20ème heures). J’accroche la photo de mon papa. Je réalise alors que cela fait juste 6 mois jour pour jour qu’il nous a laissé… Je perçois ma chasuble, N°17, le même numéro que Basilio en 2008.
J’ai le plaisir d’être accueilli par K-Dom. Je suis touché, c’est très émouvant d’être encouragé par une CAFeuse, même si K-Dom est très (trop) discrète sur le forum. Just4fun un autre CLM vient à son tour vers moi. Nous faisons connaissance. Il souffre d’une tendinite (probablement TFL) et qu’il a bien peur de ne pas finir.
Bientôt 11h et nous devons nous rendre sous la tente de départ. Je salue chaque compteur. Ma compteuse est une superbe jeune femme brune accompagnée d’une adorable bambine, je lui fais la bise et nous faisons rapidement connaissance. Le départ est donné.

Ma tactique : Partir prudemment pour voir comment se comportera mon pied droit puis maintenir une vitesse suffisante pour que je passe les 100km aux environs de la treizième heure. Je serais alors quasiment sûr de pouvoir atteindre les 150km de mon objectif. Je compte utiliser la méthode Cyrano sous la forme d’un 9/1 (9mn de course pour 1mn de marche) le plus longtemps possible puis je passerais en 4/1 pour finir probablement en marchant. Je ne me suis pas fixé d’heures pour mes pauses mais pas plus de 4 arrêts de maximum 20mn auxquels il faut ajouter des arrêts d’une ou deux minutes lorsque les besoins naturels se feront sentir.

La première heure se déroule comme dans un rêve. La petite fille et sa maman qui comptent mes tours sont choux. Systématiquement, lorsque je passe à leur hauteur, j’ai droit à un sourire ponctué d’un geste ou à d’un petit mot d’encouragement. 8,4kms en une heure, je n'ai pas trop de douleurs au pied ce qui m’encourage à augmenter progressivement ma vitesse. Au dixième kilomètre, j’ai le droit à un petit mot sur l’ardoise blanche, « Super Eric, déjà 10kms », ça fait 1h10mn que je cours.

Deuxième heure : 17,6kms, je suis si bien que j’accélère encore (peut-être à tord), l’ardoise blanche me crie « t’es génial », je souris, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que je le crois (ah… Vanité !). Le 20ème kilomètre est passé en 2h13mn et à la troisième heure, j’ai déjà parcouru 27,6kms. « Trop fort »,  me dit l’ardoise. Non d’un chien, je n’aurais jamais cru qu’un petit mot puisse faire autant de bien. Mes compteuses ponctuent chacun de mes tours d’une ola, je suis aux anges ou plutôt je me sens soutenu par deux anges gardiens. 14h... J’ai également une pensé pour mes potes qui manifestent, je sais qu’ils pensent également à moi. Nous en avons fait des luttes ensemble et j’ai un peu l’impression de jouer l’égoïste, ici, alors que mes camarades se battent pour sauvegarder nos retraites.

4h et 36,4kms que je tourne et mon genou gauche commence à être douloureux.



FredM arrive avec toute sa petite famille au moment ou je passe le 40ème kilomètre en 4h28mn. Mes charmantes compteuses viennent d’être remplacées. L C’est bon d’apercevoir alors une de mes primoCAFeuse, je commence à fatiguer, parti 24ème, je suis maintenant 12ème, mais je sais que cela ne durera pas et je songe déjà à passer en 4/1. FredM, MFredM, FredMSon et FredMDaughter me chouchoutent, l’une me lit mes texto et y répond (Merci à IsaRun, Fanny48, Steph95, Fafa, Runsk, Panda, Marilyn, Lapuce92, Kiki, Juju, Bibiche, Bea54, Sof, Marie24130 et les autres que je ne peux pas citer car les petits mots ne sont pas signés, merci à celles qui mon laissé un message sur mon répondeur), les autres accompagnent mes tours de piste. Quand je vous dis qu’elles sont adorables les CAFeuses hein !



L’un des texto  reçu est de Pontgib, il m’annonce que Basilio et lui viendront me soutenir après sa journée de travail. Je ne passerai pas la nuit seul 
J.

5h de course pour 44kms parcouru (je suis maintenant 15ème), je sens que je suis moins bien, je décide de passer en 4/1. Je pensais pouvoir tenir au moins les 6h en 9/1 et le moral en prend un coup, heureusement que FredMFamily est là car je me suis fixé une règle… Interdiction de m’écrouler devant une CAFeuse (c’est bien un truc de mec ça de vouloir jouer les costauds devant les filles !). Les 50kms sont passés en 5h48mn. FredM doit me laisser, elle reviendra dans la soirée. J’embrasse la famille et je repars, la douleur au genou est moins vive. Je prends mon téléphone et j’écoute les messages ou je lis les SMS. Je n’ai pas la dextérité d’un « djeune », d’une Barbie ou d’une Cécil pour me servir d’un clavier. La vitesse à laquelle je cours permet aisément de parler. Je décide, au risque d’exploser mon forfait, de donner en « live » de mes nouvelles à celles et ceux qui m’ont appelés. Qu’elle belle invention que la parole, les mots sont doux, enjoués, je reçois chacun comme un cadeau, j’emmagasine cet amour comme une pile son énergie, je saurai me le restituer dans les moments difficiles. Le temps passe vite au téléphone et je ne pense plus à ma course qui devient automatique.

6h : 51,2kms, je stabilise mon allure et je tourne tel un métronome. Mais que fait Just4Fun ? Il vient me souhaiter bon courage et m’annonce son abandon après un peu plus de 47kms parcourus. Ses tendinites « TFL » auront donc été les plus fortes mais je sais également qu’il reviendra et qu’il atteindra les 150kms souhaités.

7h à jouer au hamster mes douleurs se stabilisent à 3/10 sur l’échelle « Brinouillesque » et j’ai parcouru 58,4kms. Lors de mes moments de marche, je tire la discussion avec mes « coreligionnaires ». Gérard, 76 ans a couru pour ainsi dire l’ensemble des vingt « 24h d’Arcueil », il dépassera encore cette année les 111kms. L’un court son 100ème 24h ici et l’autre en est à son premier… Tous sont remplis de la même passion. Les coureurs d’ultra forment une petite famille, beaucoup se connaissent depuis des années, la rivalité si elle existe est réduite à sa partie congrue et les étoiles qui scintillent dans les yeux de ces « fous » éclairent le chemin de chacun d’entre nous.
Il n’y a que peu de jeunots ici, FredMSon le fit d’ailleurs remarquer à son papa, et même si l’esprit de compétition existe encore chez les meilleurs d’entre nous, même si, ici comme ailleurs, certains sont plus amis que d’autres, l’esprit de camaraderie est bien là. Le hasard fit que j’étais présent lorsqu’il y eu changement de leader et j’assistai alors à un comportement exemplaire et irréel, inconcevable dans les sports ou j’ai exercé ou ceux que je pratique encore. Le second d’alors se porte à la hauteur du premier, ils marchent maintenant tout les deux côte-à-côte, la discussion s’engage entre les deux champions, le changement de leader ne s’effectue que lorsque l’ancien adoube le nouveau. J’ai encore des frissons quand je repense à cela. Mais nous n’en sommes pas encore là. Revenons-en au déroulement chronologique.

Les 60kms sont franchis en 7h12mn.

8h : 65,6kms, je vais bien et je suis confiant même si la nuit commence à nous avaler. Bientôt, nous ne serons plus que des ombres… Je pense à mon papa, le passage du 70ème kilomètre se fait en 8h42mn, il est 20h42mn, il y a 6 mois à la minute près, il s’éteignait dans les bras de ma sœur et de mon frère, il me manque et mes yeux s’embuent.

9h : 71,6kms de course, Pontgib et Basilio arrivent, je manque de m’écrouler dans leurs bras tant l’émotion me tient. Pontgib fait un tour avec moi puis ils vont manger. Ils s’installent face aux musiciens qui égaieront notre nuit jusqu’à 1h du matin. Je continue de tourner, je n’ai plus envie de taper la discute alors je rentre dans mon monde. Pontgib et Basilio sont mes phares, je ne les quitte pas des yeux…  Je décide de changer de chaussures au 75ème km.

10h : 77,2kms, mon 4/1 ronronne, Basilio tourne avec moi depuis un petit moment. Il connait tout le monde ici et c’est un plaisir que d’entendre mon facétieux ami tancer mes camarades de course.
Un très court moment, mes yeux se transforment en poignard… Je ne sais pas s’il s’en est aperçu mais il repart immédiatement en (très) petites foulées. Ça fait mal, à ce moment de la course quand vous vous apercevez que vous ne courez pas plus vite que votre accompagnant qui marche. Je pense alors à ce que peuvent ressentir « mes » CAFeuses à qui j’indique parfois « ne pas courir plus vite que si vous marchiez ».
10h… Je me remémore également ce que l’on m’a mainte fois dit : « Normalement, il faut multiplier par deux le kilométrage de la dixième heure pour connaître la performance facilement réalisable sur un 24h ». Mon cerveau est encore capable d’effectuer une multiplication par 2 : 2x77,2=154,4kms. YES !
10h… Le premier vient de franchir le cap des 100km.
10h… J’aperçois FredM sous ma tente. Je suis heureux ! Je procède aux présentations et je repars.

Les 80km sont passés en 10h27mn. FredM m’accompagne quelques temps, et ce temps m’est bien agréable. C’est vraiment un plus que d’avoir une personne qui s’occupe de l’intendance. Lorsque je passe devant ma tente, j’ai ainsi droit à une purée et des nuggets de poulet bien chaud, un verre d’eau pétillante, etc.

11h : 83,6kms…
11h2mn, je m’accorde un repos de 6mn pendant lequel je pulvérise du froid sur mon genou gauche.
FredM retourne vers les siens pour la nuit. Elle reviendra demain et me propose de passer chez elle après la course, sympa d’autant que MFredM conduira ma voiture, ce que je n’aurais peut-être pas eu la possibilité de faire à ce moment.
Basilio et Pontgib ont rejoint la table des compteurs… Puis ma ronde continue !

12h: 89,6kms, l’anneau se dépeuple, certains choisissent de dormir.

90kms, 12h3mn, je réalise que dans 10kms je serai au 100. J’essaie de calculer le moment ou je serai à nouveau centbornard. Les 13h sont à oublier mais les 14h c’est jouable…
10h pour faire 50km, facile pffff !

96kms tout rond en treize heures, un coup de fatigue et je me repose 23mn. Ma première pause longue au bout de 13h, je pourrais encore m’accorder 3 arrêts de ce type lors des onze dernières heures. Pas de panique, je suis serein.

13h54mn : 100kms ! Basilio et Pontgib ont coiffés des perruques de Hippies et me font la fête, soufflent dans des cornes, applaudissent à tout rompre. Je ris bêtement et je pense que j’ai de la chance d’avoir des amis de cet acabit. Je serre un poing rageur, je l’ai eu mon cent bornes avant les 14h. D’un coup d’un seul, les larmes envahissent mon visage à tel point que je ne peux pas courir le tour d’après, je l’aurais mon 150... Je me calme et m’essuie, je ne veux pas que mes amis me voit ainsi.

14h : 100,6kms. Je réfléchie 30s…
Je ne suis pas trop atteint. Les douleurs n’ont pas beaucoup évoluées, disons 4 sur l’échelle « Brinouillesque ».
Deux solutions, je continue le 4/1 pour maintenir une vitesse de course moyenne de 7km/h au risque d’augmenter la douleur ou je passe à la marche et je boucle mes tours en un peu plus de 4mn (un peut moins de 6km/h) ?
Je pense aux « Bretonnes » que j’espère bien pouvoir accompagner la semaine prochaine ; aux 2 ou 3 marathons qu’il me reste à courir avant la fin de l’année.
Hors de question que je rate « Nice-Cannes » et nos provençales, ni La Rochelle et le super bichonnage que « mes » CAFeuses m’ont offertes. D’autant que j’ai une jeune mariée à accompagner là bas chez les « Chouans ».
J’opte pour ce que je croyais-être la prudence… J’informe Basilio et Pontgib de mes intentions et je repars de plus belle. Je tourne bien.
Quinzième heure, 106,4kms.

Les 110kms sont passés en 15h32mn.

Seizième heure : 112kms officiellement, je jette un coup d’œil à mon chrono, 112,8kms…
Je ne comprends pas, alors que mon accéléromètre n’avait que 200m d’écart avec la mesure officielle au 100km, en 12km seulement il y en aurait 600m de plus.
Je jette un regard tueur en direction de Basilio qui est alors mon compteur. Le tour d’après, je lui demande de vérifier mais pour lui ça correspond (excuse mon attitude, mon ami, la fatigue est bien mauvaise conseillère dans ces moments là)…
Je suis dépité et mon moral en prend un sacré coup ! J’ai envie d’abandonner, bref, je fais mon Caliméro et je rentre dans ma coquille. Malgré les efforts que font mes amis pour essayer de me dérider (déguisements en tout genre), je reste fermé et je ne cause plus… Je me contente d’avancer.

17ème heure : 117,6kms, les 120kms sont atteint à H+17h17mn. La douleur alors limité au genou gauche se déplace alors en s’accentuant fortement sur le genou droit, à moins que brusquement le nouveau mal couvre l’ancien. Sur l’échelle « Brinouillesque », je dirais que la souffrance monte brusquement à 7.
17h41mn je suis contraint de m’arrêter 23mn pour appliquer une projection de froid sur mes deux genoux et enlever les bandes rotuliennes.
Mon genou droit à presque doublé de volume. J’essaie de repartir...

18h : 121,2km.
Je m’arrête à nouveau après 18h7mn de course, j’essaie de me reposer dans ma chaise longue mais le bruit extérieur m’en empêche. D’autre part, la douleur est encore plus importante au repos. Je repars donc après 5mn.
Tel un zombie j’avance. Toute mon attention est portée sur ma souffrance.
J’essaie cependant de faire bonne figure lorsque je passe devant mes amis. 18h44mn, je préviens Basilio que je dois me reposer et que je vais en salle de repos.
J’ai un mal de chien à m’allonger sur le matelas posé à même le sol. La pause du genou douloureux est impossible. Je compte sur un court repos pour me remettre en selle, je dormirai (mal) 1h30mn. Le levé est difficile et me demande dix bonnes minutes.
La douleur est toujours présente et s’élève maintenant à 8/10. Je décide d’abandonner. Je me rends à la table pour annoncer ma décision.
« Il te reste 4h à tenir, tu ne peux pas abandonner maintenant, pense à tes CAFeuses » me dit Basilio et Pontgib de rajouter « Tu fais comme tu veux Eric, mais nous on est venu spécialement pour te voir ! », j’entends derrière moi un « Non, Eric, pas si près du but ! » c’est Mireille, l’organisatrice de ces 24h et elle rajoute « tu es pâle et tu trembles, c’est le froid qui te met dans cet état, va te couvrir et tu repars. »
Alors, tel un enfant, j’obéis, je me change entièrement, je me couvre d’un maillot de corps, d’un polaire, d’un coupe vent et comme j’ai encore froid, sous l’injonction de Mireille, j’enfile mon anorak, Basilio me dit de me couvrir d’un bonnet et je décide d’enfiler mes gants… Il fait 9°C, j’ai l’air de quoi déguisé en esquimau
J.
Pierre mon colocataire a plié le camp, je regrette de ne pas lui avoir dis au-revoir 
L. Mais je repars et à ma grande surprise, les sensations vont en s’améliorant, la souffrance a diminué (6/10). Je m’essaie même à recourir, ça passe mais je préfère jouer la prudence.
Je sais que mon objectif c’est envolé.
Lorsque je passe devant les potos, je leur annonce : « 140, nouvel objectif ». Ils me sourient d’un air entendu et ça me fait du bien. La chaleur m’envahi petit à petit, à chaque tour j’enlève une couche. Le soleil maintenant bien présent me chauffe la couenne et c’est presqu’aussi bon qu’un bisou de gendarmette.

20h de course pour 123,6kms, ma sieste m’a fait reculer de la 16ème à la 20ème place. Mes deux premières compteuses arrivent, leurs sourires suffisent à relever presque définitivement le gaillard.

21h : 127,2kms, plus que trois heures. Mickaël, qui n’est pas encore premier (il a près de 5kms de retard sur Olivier et est 3kms derrière Régis), marche à mes côtés.
C’est son deuxième 24h, lors du premier il avait couru 179,6kms et il était privé du championnat de France pour 400m. Son but n’est pas alors de gagner mais de se qualifier. Je sais qu’il peut remonter son retard, Olivier est contracturé de partout et je m’attends d’ailleurs à le voir stopper par le médecin à chaque tour. Mais cet homme, c’est du roc, il marche encore vite et je suis stupéfait et admiratif de le voir continuer malgré les rictus de douleur qui marquent son visage.
Régis lui tourne encore bon train, mais des crampes l’empêcheront de continuer à courir en permanence.

Les 130kms sont tout de même passé en 21h12mn.
Une qui semble en pleine forme, c’est Monique. Le matin lui a été bénéfique car elle galope comme une gazelle et dire que durant la nuit, je m’attendais à ce qu’elle abandonne à chaque tour.
Jeannick, notre V3 ainsi que Gérard (V4) se sont pausés un instant et le repos à agit comme une fontaine de jouvence… Ils filent deux fois plus vite que moi.
Il faut bien avouer qu’en matière de vitesse  je ne peux que difficilement servir de mètre étalon.

22h : 132kms, la chaleur est maintenant bien présente. Je suis mieux, je me surprends même à m’amuser lorsque je vois Franck rejoindre en courant (alors qu’il ne courait plus depuis un bon moment) le milieu du stade pour jouer avec un petit yorkshire qu’une jeune femme vient d’amener. Il n’y a que sur ce genre de course ou l’on peut voir des choses comme cela.
La balade continue, le temps est propice aux confidences…
Pierre et moi échangeons nos impressions tranquillement comme si nous nous connaissions depuis de longues années.
Mickaël, lui est reparti, rien ne semble plus pouvoir arrêter sa course vers la victoire.
Pierre et moi sommes ravis et nous l’encourageons à chaque passage.





23h : 136kms, je vais bien mais allez savoir pourquoi, 45mn plus tard alors que j’approche les 140kms mon mental part en vrille, d’un seul coup… Il faut que je m’arrête, j’en fais part à mes amis qui me crient un immense « NON ! Tu marches » accompagné de regards et de gestes qui ne me laissent pas le choix. Je ne me pose aucune question et j’obéis.
C’est à ce moment que FredMFamily arrive, je n’ai plus le droit de m’arrêter maintenant d’autant que FredM m’accompagne et que ce n’est plus que du bonheur.

Plus que 10mn, les 140kms viennent d’être franchi. 9, 8, 7, 6, je vais même dépasser les 141. Pontgib et Basilio me crient leurs fiertés, FredM est toujours là accompagnée maintenant de toute la famille, 5, 4. Mireille nous explique que lors du premier coup de feu, il ne restera plus qu’une minute et qu’il faudra s’arrêter au deuxième, enlever sa chasuble et la poser au sol pour que la distance soit mesurée.
3, 2, 1 (premier bang !) les coureurs se mettent à sprinter Jean qui avait 100m de retard sur moi, me dépasse sans que je réagisse mais comme il y a déjà quelques temps que j’avais doublé Pascal, je conserve ma 20ème place. 0 (deuxième bang !), je serais mesurer à 141,130kms, mon accéléromètre en indique 143,99kms.
Pas grave ! Je n’aurais de toute façon pas pu atteindre les 150kms.
Je pense comprendre d’ailleurs maintenant comment fonctionne le comptage.
Contrairement à ce que je faisais, il faut que j’arrête et que je reprenne la course devant le compteur et pas quitter la course à un autre endroit car les, par exemple, 300m que j’effectuais avant ma pause ne m’étaient pas alors comptabilisé.

Épilogue :

Que dire si ce n'est que vous êtes formidable, vous avez été, avec Basilio et Pongib qui m'ont encouragés jusqu'à la fin, mes meilleurs soutiens.
40 texto pendant la course (une vingtaine après), plus de 25 messages sur mon répondeur et je ne découvrirai ceux de la matinée de dimanche qu'arrivé à St Gratien car mon téléphone a explosé sous la quantité (message d'erreur).
Un grand merci également à FredM, à MFredM et à leurs loulous, merci également de m’avoir transporté chez vous, de m’avoir permis une douche confortable et un repos, si ce n’est mérité, au moins réparateur.
K-Dom, ravi d’avoir fait ta connaissance et merci d’être venu.
Cela fait vraiment du bien de voir des amis qui vous soutiennent sur ce genre d'épreuve.

Une première analyse :

Je me savais mal (pas) préparé. En effet depuis ma blessure sur l'ultra 6000D, je n'ai couru qu'une course de montagne, une petit course plaisir, un cent km (en fait 75), un quinze en off, le marathon du Médoc et Paris-Versailles.
Pour limiter les douleurs du d'abord au déplacement de mon scaphoïde puis à mon syndrome de Morton, je n'ai, depuis le 24 juillet, pas effectué de sorties longues, ni de séances de qualité. Un 24h ne s'improvise pas et mon manque d'entraînement est réellement la cause de mes déboires auxquels il faut ajouter mon surpoids qui sur une piste d'athlétisme à mis en difficulté mes articulations. Ma dernière préparation sérieuse a été l'ultra de la 6000D et jusqu'à ma blessure, je l'ai vraiment bien contrôlé.

Quelques remarques, faire le hamster sur une piste de 400m n'est vraiment pas monotone tant l'ambiance y est bonne. Les compteurs de tours sont des gens adorables et les erreurs éventuelles de comptage sont compensées largement par un contact, un petit mot, un sourire qui vaut toutes les puces électroniques du monde.

Les quelques coureurs circadiens valent, par leur humilité et leur compassion, tous les champions ultra rapides que l'on voit (mais que l’on ne fait que voir) sur les courses rapides.

Conclusion :

Jamais je n'ai autant souffert physiquement et mentalement sur une course. Mais après le traditionnel "plus jamais ça", je pense que je retenterais l'aventure mais cette fois ci, il faudra que je me donne les moyens de la réussir...

Quel est l'intérêt de ce genre de course :

C'est une expérience qui même si elle ne paraît pas sexy, vaut de surmonter ses réticences. Humainement c'est une aventure passionnante qui vaut d'être tentée... Certes, il n'y a pas les magnifiques paysages que l'on rencontre en trail ou en Ultra-trail, certes, il n'y a pas la sensation de vitesse que l'on rencontre sur les courses sur route. Certes il n'y a pas la découverte de nouvelles cultures que l'on découvre lorsque l'on court à l'étranger.
Mais la grenouille des contes de fée existe, je l'ai rencontré, la beauté de ce genre de défit ne se rencontre qu'à l'intérieur.
La fatigue et la souffrance aidant permettent aussi de tirer de notre passion qu'est la course à pied, sa substantifique moelle.
La course à pied à ceci de magnifique qu'elle se décline d'innombrables façons et je veux tant que je le peux en goûter un maximum.

sep 28
2010

24 heures d'Arcueil - Dominique Philippot

Posted by Eric in Untagged 

Eric

   Ligne droite au tournant

Grosse déception, je suis sur la liste d’attente au 01 juillet 2008 pour cette compétition d’un nouveau genre pour moi : 24 heures de course à pied. Il faut être convaincu pour s’engager. Mon nouveau challenge sera celui ci et cela me paraît une bonne évolution vers d’autres objectifs tel que l’ultra trail. Je vais pouvoir évaluer mes capacités sur longue durée en endurance sur terrain plat. Je m’étais presque fait à l’idée d’être supporter de Catson alors que rentrant du marathon du médoc et de cette première longue sortie du mois de septembre , 06h00 tout de même, j’apprends que je suis inscrit au 24h, car il y a eu des désistements. Tout s’enchaîne très vite alors. La surprise pour Catson de me voir inscrit 15 jours avant, mon entourage étonné, et mon obligation de continuer mon entrainement assidûment.

J’avais intégré l’idée de faire un marathon 30 ans avant de le faire mais un 24 heures en course à pied, jamais je n’y avais pensé. J’avais pourtant été supporter en 1979 d’un 24h de marche athlétique, épreuve sélective au fameux Paris-Strasbourg…Durant quatre années, je n’ai fait qu’un marathon par an et le même, puis la cadence s’est accélérée, le goût de la course et du voyage et des nombreuses rencontres ont  fait le reste. Après de bonnes sensations, le corps est déclaré apte a tenté d’autres aventures.

Durant toute la semaine qui précède cette course,  préparation de mon sac et suivant les bons conseils de Pompier22, j’emmène un cageot pliable, l’exposition de mes affaires étant plus pratique. Visuels et broderies sont confectionnés pour cette occasion.

Mon sac à dos digne d’un aventurier, le maillon fort,  ma voisine Letizia et supportrice dont la promesse de m’assister datait de deux mois.
Nous voilà au stade.la course est à 11h00, il est 10h00, j’ai pris mon dossard le 17, nous sommes 33 coureurs. Le pointage des tours se faisant manuellement, il faut donc compter sur un certain nombre de pointeurs bénévoles qui  devront se relayer sur 24h00.

L’ambiance est plutôt sereine, je maitrise mon euphorie. Une crise de fou rire au départ de chez moi à cause de Letizia « ma manager » enfilant son dossard de supportrice fait maison et qui l’avait boudiné, m’avait ôté quelques énergies. Je suis vraiment très détendu et loin d’un stress d’avant marathon, je sais que je vais courir à l’allure footing. Je salue les bénévoles, j’offre quelques cadeaux à mon pointeur et une fiche de présentation. Nous allons former un couple durant 24 heures. La photo des coureurs avant le départ, l’installation dans mon stand partagé et déjà le coup de revolver. Mon buff « courir le monde » sur la tête, un short , un tee-shirt assez épais , me voilà parti pour 24h00.Mon objectif minimum 144 kms car cela correspond à une marche de bonne randonnée, à 06kms heure cela doit être jouable , mon objectif secret la barre des 200.

Je ne sais pas courir très lentement, toutefois je peux courir moins vite qu’en entraînement, 11,5 kms heure. Je découvre la piste, le tartan est moins confortable que la piste que je connais en Normandie mais ca va. 09 heures de course où j’entends scander que je suis le premier .Quelques heures de gloire.Ma supportrice, elle sera rejoint par deux autres supportrices, Barbie est là, ainsi qu’une très bonne amie Chantal. Mon stand doit être celui où on s’amuse beaucoup de mes exigences. Mon amabilité a fait place à une certaine  intransigeance, Letizia m’avait prévenu de son inexpérience, tandis que la femme de Catson était en tout point remarquable .Mais j’ai pris sur moi et cela au final n’a pas été trop pénalisant. Le passage de la crème anti-échauffement très efficace (aptonia) que j’ai mis qu’une fois , le passage des 5 gels en 24 heures, les cachets de sportenine , 5 également durant la course, les gorgés d’eau vittel énergie , deux bouteilles de 75 cl en courant qui ont contrains d’abord Letizia puis Barbie à courir à mes côtés, le changement de tenue, uniquement le haut, du tee-shirt je suis passé au juste corps skin, puis a la veste coupe vent et j’ai du dans la fin de nuit mettre un polaire entre les deux, le passage des lingettes eau de Cologne (trop sèches d’ailleurs) pour retirer le sel, quelques nourritures, le passage en main droite , le changement de casquettes etc.….vraiment il aurait fallu une caméra, car je crois que tout le monde s’est bien amusé.
Mon challenge : ne pas s’arrêter, et surtout pouvoir continuer sur un rythme constant, les petits arrêts, évidemment ca coupe les jambes. Quels sont-ils : les arrêts pipi, 5 fois sur le bord de la piste, (pratique pour les hommes) et deux arrêts toilettes. Les marches sur la pistes, au diner, 2 fois 400 mètres, au souper 1 fois 400 mètres, pour le thé trois fois, fatigue où lassitude de courir disons cinq tours, grand maxi.
Pour le diner, j’ai eu de la chance car tous mes supporters étaient à mes côtés, assiette de charcuterie à droite, fromage à gauche…c’était folklo.

Lassitude de courir peut-être mais pas de la piste, en fait je n’ai pas connu la monotonie, j’ai pu parler avec quelques uns après la première partie de l’épreuve. Catson m’a devancé avant le 100km et ai resté quelques heures premier.J’ai pu discuter et courir avec Christine (VH2 ,182kms) assez longtemps, nous étions en bonne harmonie, nous n’avions même pas besoin de parler, elle m’a bien aidé à conserver le rythme, elle est adorable et a beaucoup d’expérience. J’ai couru aussi aux côtés de Christophe, le champion, il allait encore vite après 130kms, d’ailleurs il savait qu’il rattraperait des gens inexpérimentés qui se grilleraient un peu avant les 12 heures. Il y a-t-il un mur sur une telle course ?oui, entre 70 et 75 kilomètres j’ai eu un petit coup de manque d’énergie, réparé rapidement avec quelques nourritures. Je n’ai pas voulu mangé trop tôt et respecté mon horloge biologique, cependant j’ai essayé de ne pas négligé ma consommation d’énergie.

Mes soucis ont été, la vigilance du pointage, certains étant plus attentifs que d’autres, j’étais soucieux qu’aucun ne rate mon passage. Sachez que cela est très difficile entre tourner à allure régulière et passer tous les 3 minutes, puis 6 minutes et quelquefois plus et quelquefois moins, vraiment c’est un travail fatiguant. 500 tours = 500 pointages, ce n’est pas une mince affaire. Ces bénévoles doivent être vivement remerciés .Et le temps qui s’égrène, à chaque tour, on peut lire le temps couru, la journée défile.11h00, il fait jour, le climat est  tout de même très clément, l’après midi est même assez douce, j’avais hâte que la fraicheur revienne et vraiment ce fut idéal vers la fin d’après midi puis j’attendais patiemment de courir de nuit.
Il y a eu une sonorisation durant toute la course, un trio de percussion au départ, puis de la musiques diverses, quoiqu’ on a du entendre la compilation complète d’Aznavour.Nous entendions cette sono que durant la moitié des 400mètres et le soir après l’orchestre qui est resté jusqu’à 00h00 au moins, merci à eux, la musique m’a semblé plus douce. La nuit est sereine. Le problème sur une distance aussi courte, c’est qu’il est difficile d’avoir des moments longs de total détachement car nous passons très vite au pointage et aux ravitos, la nuit pourtant m’a semblé plutôt agréable et ce malgré le fort vent et la pluie qui est tombé par intermittence.

A chaque tout je voyais, ma supportrice, sur son transat, profondément endormie, à côté d’elle un coureur qui l’imitait de temps en temps, c’était croisière sur le Nil sur le pont du bateau. Je n’ai dérangé personne, j’ai fait mes petites affaires tout seul .L’aube a mis du temps à arriver, beaucoup était sur la piste tout de même, trottinant, marchant et courant. Le numéro 19 commençait à me doubler souvent, je m’étais déjà habituer au dossard 35, là c’était un peu agaçant lol. Les calculs commençaient à se faire de ma tête, à 05h00 de la fin, on me disait que haut la main, les 200 étaient dans la poche, hors à 05h00 j’étais à 166kms  donc oui c’était largement possible, pour faire 34 kilomètres, ben voyons. Mais faut croire que le temps avance plus vite que mes jambes et c’est à 03h00 de la fin que mes premières angoisses arrivent, Catson qui avait 04 kilomètres d’avance sur moi s’arrêtent brutalement, je le vois à chaque tour dans son stand sous une couette, sa femme auprès de lui, des encouragements le poussant à continuer sa course, je suis béat et vraiment très triste. Les émotions commencent à émerger, à 22heures de course je suis à 184,400, en deux heures je dois faire 15kms 600, ca va me dis je, à 01h00 de l’arrivée je suis à 191,200, je fais donc du 7 kms heure, c’est juste, j’accélère et je pense en avoir fini et pouvoir après avoir passé les 200kms finir en trottinant et ben non !!! je n’ai trop pas compris car à 30 minutes de la fin, il me restait encore 05 kilomètres, il a fallu donc que je termine en sprint après 23h30 de course à pied !A 02’40 les 400 mètres , j’ai fait un beau spectacle de fin, et là je peux vous dire, que j’avais le regard concentré, l’allure coupe vent , à chaque tour c’était presque la Ola, l’émotion me submergeait et après le coup de corne qui indiquait enfin mon passage des 200kms, je continuais à courir, pour finalement m’arrêter au premier coup de pistolet indiquant que dans une minute tout le monde devait s’arrêter de courir , je n’avais pas bien compris, j’ai couru de nouveau alors pour atteindre ces 220 mètres supplémentaires. Chantal, ma supportrice a traversé la pelouse pour venir me soutenir et là dans ces bras j’ai versé mes larmes de victoires.

Rhabillé, tremblotant un peu, un cachet d’aspirine, et  marchant comme un petit enfant, nous dirigeons tous vers la cérémonie de remise des prix. Je reçois pour mon premier podium sur lequel on a du me hisser, une très belle coupe de troisième. Catson, premier senior reçoit aussi une coupe. Tout le monde se sépare après le repas buffet. Il y a eu durant cette course l’expression de l’esprit et du corps, certains ont eu à gérer des problèmes gastriques, de fatigue, de muscles, d’articulations (un ostéopathe était présent), mais la victoire était là présente pour tout le monde. L’organisation était impeccable, les ravitaillements étaient abondants, (les raisins étaient une excellente idée).La ligne droite est après le tournant après la ligne droite mais l’arrivée est toujours en face de soi.

Des séquelles : moins de courbatures qu’après un marathon, mais un tendon releveur pied gauche inflammée car j’avais une chaussure beaucoup trop serrée, que j’ai desserrée bien trop tard. Pas de mal de dos, une perte de poids normal .Un genou un peu douloureux deux jours. Ce qui est à constater c’est une excitation du corps assez longue et des jambes qui pétillent. Je le referai car je sais que je peux faire mieux.

aoû 11
2010

ULTRA 6000D : BON POUR RECOMMENCER !

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Bonne nouvelle !

L’ultra6000D ne sera pas le même jour que Marvejols-Mende en 2011.

Ben oui, il me reste 9km à courir, mais comme ils ne voudront jamais que je ne cours que cette distance, je suis bien obligé de parcourir les 101 premiers petits kilomètres non ? Mais il est hors de question que je rate Marvejols-Mende une deuxième année d’autant que j’espère bien accompagner Fanny48 l’année prochaine…

Mais revenons à l’édition de cette année…

Dans un premier temps, j’avais inscrit la promenade à mon calendrier conditionnée cependant à ma récupération de l’Intégrale de Riquet. Un deuxième projet devait annuler cette décision, une petite sortie off sur trois jours en Lozère avec Cécil (4 étapes de 25 à 30km par jour sur le causse de Sauveterre, les gorges du Tarn, le causse Méjan et le Mont Lozère), histoire de mettre à profit le stage trail qu’elle devait effectuer du côté de chez Maylïs, le week end précédent. Pour différentes raisons, la vie suivant son cours, pas toujours de la façon dont on le souhaiterait et à mon grand désappointement, Cécil se vit dans l’impossibilité, et de faire le stage et d’effectuer notre jolie flânerie. Mes vacances étaient posées, je n’allais pas les annuler et puis, le moral n’était pas au mieux, je devais réagir avant qu’une dépression ne m’anéantisse complètement… Trois semaines après les chemins de hallage du canal du midi, je décidais donc de profiter de mon endurance acquise (plus de 120km/semaine en moyenne depuis la Balade de Riquet) pour me tester en montagne comptant, une fois de plus sur mes pieds pour sortir la tête de l’eau.

La course se court le 24 juillet… Je réserve donc un appartement à Belle-Plagne à 2075m d’altitude dès le 21 juillet, espérant ainsi profiter des beautés et des bienfaits de l’altitude.


Je dois bien avouer que je suis un peu inquiet… Même si je ne ressens plus aucune fatigue de mon escapade et que je suis habitué à courir en montagne, j’ai peur de souffrir sur les longues montées. D’autant que la dernière côte que j’ai gravie, remonte à l’Aubrac Aventure Trail et que la plus longue grimpette effectuée n’était que de 14km. Il m’avait fallu plus de trois heures pour l’effectuer. Alors imaginez une ascension de 20km avec encore plus de dénivelés… Bon, la comparaison entre les deux courses s’arrêtent ici car les montées et les descentes de la course Lozérienne sont beaucoup plus techniques que celles de l’ultra 6000D. Ici, c’est la durée de l’effort qui prime sur l’habileté du geste.

J’arrive donc pour midi à Belle-Plagne, je suis très agréablement surpris, mon appartement est grand (de quoi coucher 6 personnes), bien agencé avec une grande terrasse privative et deux salles de bain dont l’une est équipée d’un spa. La résidence possède une piscine, un sauna, un spa collectif et surtout, comble du bonheur, d’une salle de massage ou officie Anna. Inutile de vous dire que j’allais profiter de tous ces équipements ? Dès 9h, le lendemain, je confiais mon corps aux bons soins d’Anna. Merveilleuse Anna, qui devait dénouer mes muscles mis à mal par 8 ultras couru en moins d’un an. Massage,  piscine, sauna, spa, jamais ma personne n’avait été aussi bichonnée avant une course. Et dire que l’on m’avait dit qu’il fallait éviter cet enchaînement avant de courir ! Certes mes muscles étaient détendus, ils risquaient de râler lorsque deux jours plus tard, je les solliciterais mais dieu que j’étais bien éloigné d’une réalité qui, ces derniers temps, m’oppressait. Tout le monde y l’est beau, tout le monde y l’est gentil, atteindre un tel niveau de béatitude sans produits illicites, ça faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Seule petite ombre au tableau, la météo est incertaine, mais cette fois ci, contrairement à mon aventure lozérienne, j’ai prévu les habits en conséquence (3 tenues complètes en fonction du temps et de l’état du terrain).

Vendredi, je redescends dans la vallée, 20km plus bas, pour récupérer mon dossard. Surprise, je n’y rencontre que des Normands ou presque, un Caennais et deux coureurs du Val de Reuil inscrits sur l’Ultra. Ils espèrent tous finir entre 14h et 16h (un autre monde donc…) et un ébroïcien inscrit sur la 6000D. Je m’informe si Barbie a retiré son dossard, il n’est plus là. Elle est donc arrivée. Lorsque je l’avais eu au téléphone le midi, elle était coincée dans les embouteillages à Lyon. Je sais qu’elle à plusieurs rendez-vous presse donc, je ne cherche même pas à la retrouver. Je la verrai le lendemain.

Sur le village, je retrouve Isa13 et MIsa13 qui court la 6000D, une bise, une photo, le temps d’acheter une paire de Five fingers, histoire de faire un peu bisquer Japhy (ce que je fais dans la foulée en lui envoyant l’image en texto) et je me rends à la Pasta.

Je fais connaissance d’un néo-trailleur rapide, ancien cycliste, mais sujet aux blessures. Nous échangeons sur nos expériences respectives et sur un aspect certainement plus important en trail que sur route, le matériel, l’intérêt des bâtons, les différents modèles de sacs, de chaussures… Bref rien de plus banal en fait ! Mais il me reste une bonne demi-heure de route et je veux me coucher tôt. Il n’est pas encore 20h30mn que je suis déjà remonté. Je m’informe de la météo locale, et je prépare méticuleusement mes affaires pour cette nuit. Le matériel obligatoire qui normalement ne sert jamais est rangé dans le fond du sac (boussole, couteau, sifflet). Je mise plus sur le confort de course que sur la légèreté. Donc je privilégie l’anorak North-face au coupe vent léger de Raidlight, un maillot technique de rechange et surtout 2 paires de chaussettes supplémentaires dans un sac plastique pour les préserver de l’humidité. Une trousse de secours complète, une batterie de rechange pour ma frontale, un billet de 20€, mon téléphone portable et ma CB dans un sac étanche. Ma nourriture sera constituée de fruits secs (salé et sucré) pour ne pas générer de déchets et de sporténine. Une réserve de 2l d’eau plate dans la poche à eau et une gourde de 0,8l à la ceinture. Je préfère les chaussures Salomon au Brook plus confortable dans les descentes sur rocher ou en pierrier. De bas en haut, je serais habillé de chaussettes mi-hautes hydrofuges, des manchons de contention Raidlight, d’un corsaire Salomon, d’un maillot de corps Falke, d’un maillot Helly-Hansen, de manchons Gore, de gants de cycliste Adidas, d’un buff autour du cou et d’un autre sur la tête. Les lunettes de soleil sont accessibles la frontale dans la poche extérieur du sac et les bâtons sont prêts.

Le réveil sonne à 2h30mn, Je déjeune correctement, une douche puis je m’enduis la presque totalité du corps (tout ce qui est couvert) d’une couche épaisse de Nok (2 tubes sont nécessaires). Je m’habille, une dernière vérification et je pars. Il est 3h30mn.

4h10mn, après l’ultime passage aux toilettes publiques, je me dirige vers le sas de départ, j’y aperçois Barbie. Je passe le contrôle sans problème, vidant mon sac et le rechargeant sans même m’en apercevoir. Je fais une bise à Barbie en pleine discussion avec Sylvain, journaliste comme elle. Je m’assois le long des barrières et je l’observe. Je la trouve changée… Fini la petite fille modèle anxieuse presqu’angoissée mais aussi insouciante que j’avais rencontré à Millau, les traits sont plus fermés, la taille et les muscles bien dessinés maintenant, l’apparente décontraction et le délicieux humour cachent mal, pour qui la connait une concentration et une volonté que l’on devine résolues. La princesse des contes d’antan s’est transformée en héroïne de Manga. Blanche-Neige est devenue Lara Craft. La frêle coureuse s’est muée en ultra-trailleuse accomplie. Certes, on reconnait encore quelquefois la Barbie au diadème, l’histoire de la poche à eau ou des gants perdus sont là pour perpétuer la légende… Je sais également que la belle n’a besoin de personne pour réussir ses défis et pourtant, je ne peux pas m’empêcher encore de me faire du souci. On ne se refait pas !

Bon, il est temps de se remémorer le scénario de la course…

Je cours sur le bitume, mais interdiction de dépasser le 8km/h, dès que ça monte, je marche, sur le plat, je récupère en marchant vite et dans les descentes, je lâche les chevaux. Je compte rester en dedans jusqu’à ce qu’il ne me reste plus qu’un marathon à courir (environ le 68ème km), surtout ne pas puiser dans mes réserves avant. La seule chose importante, c’est de maintenir une vitesse moyenne supérieure à 4,4 km/h qui permet d’arriver dans les délais.

5h5mn le départ est donné et j’ai déjà perdu Barbie…


Nous quittons Aime (673m) rapidement, les premiers kilomètres se courent sur route puis sur une piste forestière qui monte doucement, presque régulièrement jusqu’à une ferme isolée « Les Esserts » (857m). On s’enfonce ensuite dans la forêt par un petit monotrace au sol relativement meuble. Je me mets donc en mode marche car le chemin est assez raide. Ce type de terrain ou il faut grimper en souplesse ne met pas favorable, mon poids est un handicap et ma marche habituelle, trop en force ne me permet pas de rivaliser avec bons nombres. Suivant les usages du trail, je me gare donc souvent sur le côté pour laisser mes camarades passés. Après quelques kilomètres de ce régime, voici Longefoy (1180m), je me remets à courir sur environ 300m puis nous empruntons une piste  avant d’arriver à Montalbert (1350m). Encore un peu de route puis nous cheminons maintenant entre forêts et alpages jusqu’au télésiège des coqs (1802m) qui voit nos pas se séparer de ceux qui courront sous peu la 6000D. Je maintiens à la perfection les allures que je m’étais fixé. Je suis bien, seul, la plus part du temps, je savoure. Plus de forêt, nous courons maintenant entouré de vaches. Malgré les hauts sommets environnant, la présence de ces ruminants rend ce paysage paisible. Le chalet des Étroits (2246m), premier point de contrôle annonce la montée sur les crêtes qui nous amène du Pas des Brebis (2321m) au col du Martinet (2381m). Il fait frais, le vent souffle mais le panorama qui nous est offert est à couper le souffle, les nuages nous enveloppent et nous incite cependant à courir sur ce chemin vertigineux, étroit mais facile. En effet, le froid nous saisi lorsque l’on marche ou lorsque se met en mode contemplatif. La descente sur la Plagne (1979m) est un plaisir, je fonce, je rigole tout seul, je suis heureux d’être ici dans mon élément. Le ravitaillement et le deuxième point de contrôle nous attend, 4h10mn16s de course pour 26.84km, je suis largement dans les temps. Je m’y arrête 15 bonnes minutes, téléphonant à Brinouille pour donner de mes nouvelles. Je profite également de l’arrêt pour ranger la frontale dans le sac et lire les premiers texto, ceux de Lou2009 et de Steph95. C’est fou ce que l’on se sent bien lorsque l’on sait que plein d’amis sont derrière vous. Je repars, je sais que Barbie est devant maintenant et cela me fait du bien de savoir que je la suis.


Au plan Leitchoums (à vos souhaits) (2165m), une multitude de fusées commencent à nous doubler, des dossards bleus, des dossards verts, les coureurs de la 6000D et du trail des 2 lacs sont bien sympathiques, untel nous donne une petite tape sur l’épaule, une autre vous encourage d’un mot, notre relative solitude, pour un court instant est brisée et c’est vrai que cette entrée dans un autre monde est bien agréable également d’autant que les trailleuses se font plus nombreuses et que la nature n’est donc plus mon unique point d’attraction. Hélas, ceci ne dure pas puisque nous sommes déjà à l’arrivée du télésiège des Quilis (2363m) et qu’il faut déjà se séparer. Nous empruntons maintenant une bonne piste qui descend régulièrement, ma course s’accélère et je rattrape Nicolas et Martin avec qui je vais faire un bout de chemin. Pour rester un peu avec cette bonne compagnie, je déroge à ma règle, je vais marcher longuement dans une longue et bonne descente. Claude se joint à nous. Nous cheminons tranquillement ainsi papotant de tout et de rien jusqu’à la Chapelle du Bozelet, 3ème point de contrôle (2256m). Mon portable n’arrête pas de sonner ce qui me vaut les sarcasmes de mes compagnons de fortunes, « Eh ben ! Y ‘en a une qui s’inquiète dit donc ! » « Tu lui as pas dit ou tu partais » et il n’y a pas que des texto, Japhy, Fanny48,  et puis d’autres dont vous ne me tiendrez pas rigueur si je ne les cite pas ici m’appellent directement. Comme je conclue sans arrêt mes appels par gros bisous, Clothilde ou je t’embrasse Fanny, devant l’air incrédule de mes compagnons, je me mets en devoir d’expliquer la provenance de tout ces appels… Vu leurs airs goguenards et entendus (un air de dire « à d’autres oui ! »), je ne suis pas sûr qu’il m’ait cru... Je décide de repartir avec Claude lorsque la descente devient un peu plus technique. Je me croyais bon descendeur, que dire de Claude alors. Je peine à rester coller aux baskets de ce vétéran 3. Nous apercevons, tout en bas, Champagny-En-Vanoise (1221m), mais le sentier qui y nous mène n’en fini pas. Enfin nous y voilà, la montée vers Champagny-Le-Haut (1468m) est raide, mais la piste est bonne. Denis (encore un normand qui plus est, qui court les mêmes trails que moi dans son très joli pays de Caux) qui finira la course avec Barbie, se joint à Claude et à moi pour rejoindre le quatrième point de contrôle et le deuxième ravitaillement. 7h59mn20s de course pour 46,9km parcouru, je suis alors 118ème. Je m’arrête longuement (près de 20mn), je bois un bol de soupe, je change mes chaussettes et je prends le temps de récolter un tas d’ondes positives en lisant les texto de ma p’tite sœur Atacama, de diabolo, de la fée clochette et de Peter Pan, de Lou2009 et d’autres non signés dont le numéro s’affiche mais qui ne sont pas identifier dans mon répertoire et je repars plus en forme que jamais. La piste qui relie Champagny-Le-Haut à Le Laisonnay (1574m) est très roulante. Je me dis que je pourrais bien grignoter un peu de temps et je repars en méthode Cyrano (9mn de course pour 1mn de marche. En quelques kilomètres, je remonte cinq coureurs. Me voir dans cette forme me fait un bien fou mais cela ne va pas durer. A Le Laisonnay, les choses sérieuses commencent… l’interminable montée vers le col du Palet (2596m). Nous alternons les monotraces (empierrés ou d’alpages) avec de belle pistes roulantes. Il n’y a plus de réseau, mon téléphone est muet maintenant, je relis les SMS envoyés, ça me fait du bien. Je souffre et quand je souffre je m’efforce de me remémorer les bons moments de ma vie. Tout y passe, mon enfance, mon adolescence, mon Amour ou mes amourettes, les bons moments en famille, le sourire de mon papa lors de nos moments de complicité, mes premières sorties off entre amis. Les manifestations syndicales et mes premiers coups de gueule ou le sourire émerveillé des enfants en centre de vacances, lorsqu’ils découvraient pour la première fois l’un la mer, l’autre une vache (vous ne pouvez pas savoir le nombre d’enfant qui ne savent pas ce qu’est une vache)… Mes courses et les rencontres que j’y ai faites également. Mon premier Millau avec Barbie, je me souviens également de mon deuxième (celui ou je n’étais pas bien), je me récite en boucle les mots qu’avait su trouver Cécil, je ris souvent au risque de passer pour un doux dingue, mes rires agacent les marmottes qui me le font savoir par leurs innombrables sifflement. C’est rigolo, elles ne sont pas effrayées. Nous pourrions presque les toucher. Chemin faisant,  je m’aperçois rapidement que je continue de grignoter du temps sur mes prédécesseurs, j’en remonte même encore un ou deux. Enfin le col est en vue. Un court instant, je cours avec Laurent, histoire de passer le temps, on se raconte nos histoires de course. J’aime bien Laurent, mais lorsque le chemin redevient monotrace, je suis obligé de le laissé partir. Enfin le col, plus qu’a redescendre jusqu’au point de contrôle. Je le passe en 11h19mn44s pour 60.97km et je suis 111ème. J’avale un sporténine et je continue la descente. Nous traversons une immense prairie d’altitude, beaucoup de cascades, c’est beau mais ça me parait long. Le lac de la Plagne ouvre cette vallée et nous sommes maintenant à flan de coteaux, nous passons le refuge de Rosuel. Le chemin est étroit, plusieurs fois, je dois jouer les vachers pour pousser quelques génisses qui encombrent le chemin. Tout ça m’amuse bien, la descente devient un peu plus technique et rocheuse, il reste un marathon, je suis bien, très bien, (trop bien ?) alors je me fais plaisir et je lâche les gaz. Je dévale la pente, je saute, mes bâtons m’apportent la stabilité, mes bras aident mes jambes… Je double près d’une dizaine de coureurs, certains sont médusés. Je reconnais Barbie, reste un peu derrière elle à l’observer. La démarche est sûre, évidemment je la sens fatiguée mais qui n’est pas fatigué après pas loin de 14h de course. Je me porte à sa hauteur, lui demande si ça va. La réponse est affirmative et déterminée alors je file vers le gîte des Glières (1473m) à Pont Baudin. C’est le sixième point de contrôle, les sacs sont vérifiés. Le 73,07ème km est passé en 13h49mn, je suis maintenant 104ème. Je décide alors d’attendre Cécile, histoire d’être vraiment sûr qu’elle va vraiment bien. De toute façon, elle ne devrait pas tarder. Je mange une soupe, je remplis ma poche à eau,  change de chaussettes. Cécile arrive, me voilà complètement rassuré. L’arrêt aura duré 20mn. Je repars doucement, accélérant tranquillement ma marche jusqu’à courir tranquillou, un bon chemin nous amène sans coup férir au Pont de Romano (1464m). La piste monte maintenant régulièrement jusqu’à Les Bauches (1774m), un sentier forestier qui suit les courbes de niveau prend le relai jusqu’à Le Sauges (1701m). Enfin, après un court raidillon apparait Plan Bois (1878m), 7ème point de contrôle, il m’aura fallu 16h11mn19s pour parcourir les 84,14km, je suis 105ème. Je me ravitaille et je prends 10mn pour me reposer. Seulement 3,5km nous sépare de la dernière difficulté mais les 450m de dénivelé positif m’inquiètent tout de même un peu. Le chemin d’attaque est déjà abrupt mais lorsque j’arrive réellement au pied du col et que je devine le chemin qui serpente dans l’obscurité naissante, je maudis l’organisateur en avalant mon deuxième comprimé de sporténine. J’attrape ma frontale, jure une dernière fois « dire que l’on paye pour ça ! » et je mets le bonhomme en ordre de bataille. Finalement la montée ne se fait pas trop mal puisque je double encore quelques trailleurs et je passe le col de l’Arpette (2337m), lieu du 8ème contrôle en 17h30mn37s pour 87.51km, je suis maintenant 100ème. Je crois alors réellement que je finirais cette épreuve puisque je viens de vaincre la dernière grosse difficulté.

J’essaie de courir pour redescendre, mais la pelouse, gorgée d’eau est extrêmement glissante. Je glisse une première fois, je repars cependant à toute vitesse (enfin ce qui m’en reste) puis je m’étale de tout mon long après avoir fait une figure à faire pâlir d’envie Candeloro. Heureusement, l’herbe est presque aussi grasse que le coureur et la chute est bien amortie. Mon honneur est sauf, il n’y eu pas de témoin. Dorénavant prudent, je zigzague me servant de mes bâtons comme freins en les laissant trainer derrière moi. La piste, enfin un endroit stable. Mais, ça y est, je suis à Belle-Plagne (2075m) et là bas en dessous, c’est ou je crèche… La tentation est grande, mais à cette heure tardive, il y a encore plein de gens sur les balcons qui encouragent les fadas qui passent. C’est plus fort que moi, la fatigue est là, je ne suis certainement pas des plus avenants, mais ces présences me boostent et je refais le beau en m’efforçant de courir d’une foulée qui j’espère fait allusion. Plagne-Bellecôte (1924m), 9ème point de contrôle, 91,01km est atteint après 18h14mn3s, je suis toujours 100ème. Je me restaure, je remplis ma poche à eau, ma gourde. Un rapide calcul me fait penser que je pourrais franchir la ligne d’arrivée avant les 22h de course. Je suis bien, je suis confiant. Un quart d’heure de pose et je repars en petites foulées. Je fixe mon allure à 6km/h. Après un bref passage routier, je m’engage dans un large sentier. Je marche vite, m’efforçant de me servir de mes bâtons de course comme je le fais en marche nordique, je passe Les Frasses (1846m) dans le bon tempo. Petit à petit, le bon sentier se transforme en monotrace. Je suis un peu inquiet car je m’attendais à descendre régulièrement jusqu’à Aime. Il n’en ait rien. J’emprunte en fait un chemin en montagne russe. La descente finale promet donc d’être rude. Effectivement le monotrace ou je suis, plonge maintenant et ce qui m’inquiète encore plus, c’est que d’innombrables ruisseaux noient le chemin. Ce qui devait arriver, arriva, je me sens partir… Plutôt que de me laisser tomber, je plante mes bâtons qui m’évitent la chute. Je ressens immédiatement une douleur fulgurante sur le devant et les côtés de mes deux tibias. Je me pose 2mn et je repars, mais j’ai mal, très mal, trop mal... Je peine à marcher et surtout je suis inquiet. Cette souffrance me rappelle celle qu’avait engendrée une périostite qui m’avait empêché de courir et de marcher six semaines il y a 5 ou 6 ans. Lorsque mon pied est en extension, ce qui est le cas systématiquement dans les descentes la douleur est vive. Je peste, je râle, bref je m’en veux terriblement, je continue cependant, je passe Les Tuiles (1527m) puis la route frôle Les Coches (1450m) avant de plonger vers Montchavin (1207m). Montchavin situé au 101,1ème kilomètre est le 10ème et dernier contrôle, j’y passe en 20h39mn et j’ai maintenu malgré tout ma 100ème place. Je m’arrête, essaie d’étudier la situation avec le peu de lucidité qu’il me reste… Je suis dégoûté à la limite de pleurer, tout ça pour ça ! Les bénévoles hyper gentils et prévenant essaient de me dissuader de l’abandon, mais je n’y crois plus. J’ai peur de compromettre la suite de mon année. Il m’a fallut 1h54mn pour parcourir les 7km qui sépare le dernier ravitaillement du lieu de mon accident. Il me faudra donc, dans le meilleur des cas 3h pour clore cette aventure. C’est à ce moment qu’arrive Barbie, je l’encourage, tente de repartir mais la douleur est trop vive. J’ai le moral à zéro et je décide alors de rendre mon dossard. Avec le recul, je m’en mords encore les doigts. Les pompiers me prennent en charge, mais finalement, c’est le responsable du poste de contrôle qui me ramène à Aime. Je ne m’éternise pas. Je rentre me doucher et me coucher.
6h30mn, la nuit, bien que courte a été réparatrice, les douleurs ne sont plus que résiduelles… Le soulagement fait rapidement place aux regrets. Je me suis trop écouté, j’aurais du aller au bout de l’aventure.

Sauna, piscine et spa finissent de me rassurer. Anna infirmera mon premier diagnostique, il ne s’agit que d’élongations. D’ailleurs, compte tenue de l’exercice, elle trouve mes jambes en plutôt bons états. Mon dos et mes épaules lui donnent d’ailleurs beaucoup plus de travail. Porter un sac à dos d’environ 5kg pendant près de 21h laisse des traces.

Je serais complètement rassuré le dimanche suivant, rarement je ne m’étais senti aussi bien sur ma course de montagne fétiche. Les sentiers de Bouzède, 12km pour 1000m de D+ est passé comme une lettre à la Poste.

aoû 09
2010

Pour le plaisir… Le run de Tatihou

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Après mes quelques courses sympathiques de montagne (l’ultra 6000D et les sentiers de Bouzède) ou malgré mon abandon dans les Alpes, j’affichais une grande forme, retour au bord de mer. L’année dernière, je l’avais couru pour accompagner Cécil et nous avions eu le bonheur d’y rencontrer Berry. Cécil ne pouvant malheureusement pas s’y rendre cette année, je me résolue à courir seul.

Moi qui n’aime pas conduire, 3h de voiture à l’aller, 3h pour revenir pour courir moins de 40mn laissent deviner l’intérêt que je porte à cette course extrêmement ludique.


Petite description :


La course part de la plage de Saint-Vaast-la-Hougue, suit le run de Tatihou qui est un chemin praticable uniquement lors des marées basses, on fait le tour de l’île en traversant une réserve ornithologique de toute beauté puis en franchissant les jardins de la forteresse Vauban. Le retour s’effectue à nouveau par le run, la plage, enfin on grimpe sur les quais pour arriver près de la capitainerie du port.

800m sur le sable mouillé de la plage

1000m de traversée les pieds dans l’eau

2 bons kilomètres sur la plage (sable meuble)

500m sur les chemins sablonneux des prés salés de la réserve

500m sur les chemins gravillonnés des jardins du château

On retraverse les 1000m du run

800m sur la même plage

1km sur les chemins gravillonnés ou engazonnés du quai.

Au total, 7,4km de course nature facile, majoritairement sur du sable et dans l’eau pour un maximum de plaisirs. Je conseille cependant le port de chaussures de trail et le port de guêtres ou avec celles-ci intégrées comme celles que j’ai porté pour l’occasion, des NB1100 maintenant dénommées NB MDS. Outre le fait d’avoir des guêtres incorporées aux chaussons, les semelles de ces chaussures sont percées d’une multitude de petits trous, idéals pour évacuer l’eau qui ne manquera pas d’y pénétrer.

Arrivée le matin à onze heures, après avoir retiré mon dossard et discuté avec quelques connaissances, je me dirige vers le petit restaurant ou Cécil et moi avions déjeuné en 2009. Je ne commande pas de calamar ( ;) à ma partenaire vélo) mais une salade composée de 4 riz différents, excellent pour une course qui démarre cette année au environ de 14h (comme toutes les courses ou l’on se bat contre la marée, (transbaie, enduro des sables…), l’heure exacte n’est qu’approximative et conditionnée par les éléments). En attendant l’heure de mon échauffement, je prends le temps de correspondre par SMS avec Cécil et NaDom qui vient de m’envoyer de belles photos de son séjour en Corse. J’étais venu pour une promenade, mais les évènements font que je promets à Cécil de me donner à fond sur cette course.

13h, me voici parti pour 45mn d’échauffement… ça me change des ultras ou cette période est prise sur la course mais l’intensité de l’effort que je m’apprête à fournir nécessite, malgré la relative chaleur, une telle longueur.

13h45mn, je me positionne dans le premier tiers de la course. Cette année presque 900 inscrits, 400 de plus que l’année dernière, cela aura des conséquences lors de l’arrivée. Je suis juste derrière une charmante jeune femme du club de Tourlaville. Comment dirais-je… la tenue du club est très attrayante et je me dis que comme elle parait affutée, la demoiselle pourrait me servir de lièvre ! Bon d’accord, des lièvres j’eu pu en trouver des masculins mais je dois avouer que la faune présente est tout de même bien moins à mon goût.


On nous annonce que la course partira avec quelques minutes de retard… Pas grave, quelques sautillements sur place devraient me conserver les bénéfices de l’échauffement et maintenir des pulsations cardiaques suffisamment hautes pour parvenir à effectuer un départ rapide susceptible de mettre mon corps rapidement dans l’action. Je dois bien avouer que cela fait bien quelques années que je n’ai pas pris part à une course ou le chrono sera l’une de mes principales obsessions, mais j’ai promis à Cécil de tout donner alors… Le retard me permet de faire connaissance, pour de vrai avec Joëlle, une de mes amis, jusqu’alors virtuel, de fesses de bouc.

Brusquement, le départ est donné, rapide, trop rapide mais je reste collé (pas plus que ça non plus hein !) à mon lièvre du jour. Il y a du monde pour nous regarder alors forcément, je joue les kékés, ça me donne des ailes… enfin, si j’ai bien des ailes, ce n’est pas pour autant que j’ai appris à voler, et le vilain petit canard que je suis à bien du mal à suivre le magnifique cygne qui me précède, que dis-je… qui me lâche. 

A la demande de Fanny, mon lièvre du début de course (tout début hein ! Trop rapide pour moi, la gazelle). Merci à elle de m'avoir lancé... (Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir yeuté LOL).

Le premier kilomètre est couru en 3mn52s et nous sommes dans l’eau maintenant, là, je suis dans mon élément, mes genoux montent hauts, ma foulée est sûre, habituée qu’elle est de courir sur des sols instables et difficiles, ma taille est également un avantage, je résiste également très bien au courant qu’engendre la marée et je reviens sur la gazelle, le deuxième kilomètre couru dans l’eau l’est en 4mn20s.
 
Hélas, l’arrivée sur l’île m’est fatale, la jeune femme, plus légère est à l’aise sur le sable meuble de la plage, chaque pas m’enfonce lourdement, elle effleure le sable et se détache inexorablement. Je dois m’avouer vaincu et je laisse partir celle qui gagnera chez les féminines en 31mn7s (elle me prendra donc 3mn25s en 5,4km). Pas très à l’aise sur ce type de terrain, ma vitesse diminue : 4mn46s pour le 3ème km, 4mn54s pour le 4ème. Nous entrons maintenant dans les prés salés de la réserve ornithologique. L’année dernière, Cécil s’était tordue la cheville sur ce chemin, ma vitesse continue de décroitre, je souffre, j’ai terriblement soif, je pense à mon amie, à ma promesse, je ne veux pas passer le mur des 5mn/km, alors je serre les dents, la moitié de la course est passée, nous entrons dans les jardins du château, lieu du ravitaillement, je me jette sur les gobelets, en avale deux, renversant le troisième sur ma tête et je repars. Le 5ème km est franchi en 4mn56s. J’arrive à nouveau sur le run, je suis à nouveau dans mon élément et ma vitesse se stabilise. Le 6ème km est également couru en 4mn56s. Gros coup de mou sur la plage, une jeune fille de l’ASPTT Rouen m’interpelle et me dit de m’accrocher à ses baskets, j’aimerais bien, mais je pioche dur là, elle parvient cependant à me traîner sur 500m, je retrouve un peu de vitesse dans la montée qui mène sur le quai, surtout, ne pas passer en dessous de 5mn/km, le 7ème kilomètre se fait malgré tout en 4mn58s. Plus que 400m, je revois le sprint de Cécil l’année dernière, boostée qu’elle était par son « non » esprit de compétition ;). J’accélère, bien aidé par un collègue de Caen qui m’emmène dans son wagon, les 400 derniers mètres sont couverts en 1mn50s (pas fulgurant non plus hein !) mais je suis heureux, j’ai tout donné, je me suis bien amusé et je ne fais que 3mn de plus qu’il y a 6 ans (34mn32s en réel, 34mn52s en officiel, 303ème sur 852 partants) alors que le parcours ne traversait pas le parc ornithologique ni les jardins du château, soit un bon kilomètre de moins. Près des deux tiers des participants ne seront pas classés. En effet, comme sur le semi de Paris l’aire d’arrivée ne possède pas assez de couloirs pour faire face à l’affluence. Pas grave, Les paysages traversés sont magnifiques, le terrain est amusant et l’ambiance bon-enfant. Classement ou pas les jeux sont fait et l’amusement a été maximal.

En fait, je n’ai pas eu l’impression de courir seul, cette fois encore Cécil m’accompagnait.

Depuis peu, je sais qu’il y a des douches dans les capitaineries de ports (cf le CR de l'Intégrale de Riquet que je n'ai dailleurs pas fait :(). Je m’y rends donc, paye les 2€ d’usage et c’est un Riquet propre et serein qui rejoint la crêperie pour déguster une crêpe au caramel salé moins bonne que celles que nous avait fait Calou à Yport.

jui 17
2010

Absence

Posted by Eric in Untagged 

Eric


Comme un cri familier, discrète est ma souffrance

Je vis le journalier, malgré cette carence

Chaque jour j’expire de ne plus respirer

Plus long, plus loin, courir ne peut me libérer

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Un grand froid est entré,  au cœur de l’existence

Laissant mon cœur prostré, vivant en pénitence

Mes yeux se ferment et mon regard s’éteint

Ma course s’enferme dans un pas incertain

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Parfois, je perds le fil fragile de ma vie

Je voile mon profil d’une image servie

Mon souffle diminue, mais je cache mes maux

Ma fuite continue, sans prononcer un mot

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Déjà, ma voix faiblit, il faut que tu l’entendes

Un jour viendra l’oubli, il faut que tu attendes

Absence magnifiée d’un esprit tourmenté

Ma course s’est brisée, mon cœur va s’arrêter

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Évreux le 17 juillet 2010

jun 10
2010

Le road-book de notre balade sur l'Intégrale de Riquet

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Vous le savez, la course a été annulée, mais ce n'est pas une raison pour se priver de cette intégrale. Cécil, Claudine et Pascal étant toujours partant, nous la ferons différamment. 3 étapes d'eviron 80km les 30 juin, 1er et 2 juillet.
Voici le carnet de route de notre promenade si un jour vous êtes tentés.

Point Kilométrique Point remarquable Ville ou village à proximité Piste cyclable Chemin de terre Remarques Ecluses Point d'eau Sanitaires Alimentation
0 Pointe des Onglous Marseillan (RD) Passage en vélo délicat Rive Gauche RG (Sud) Le chemin est très étroit et assez dégradé voir même complètement effondré, il faut monter sur le bas côté pour passer.   O O O
5 Bagnas   RG 1      
  Prades     RG 1      
  Bassin Rond Agde (RG)   RG Du km 7 jusqu'à l'écluse ronde d'Agde, le chemin s'écarte du canal. Sentier jusqu'à Vias qui s'élargi ensuite en un chemin confortable. 1 O   O
10       RG        
    Vias (RD)   RG   O   O
15 Ouvrages du Libron     RG        
20       RG        
      RG   Piste cyclable goudronnée parfois doublée d'un chemin de terre (choisir selon la préférence        
  Portiragnes Portiragnes (RD) RG   1 O   O
    Cers (RD) RG         O
25     RG          
  Villeneuve les Béziers Villeneuve les Béziers RG   1 O O O
  Ariège   RG   1      
30 Bézier Bézier RG/RD   Chemin en bon ou en très bon état. Le vélo doit passer au dessus du tunnel de Malpas 1 O   O
        RG        
  Orb     RD/RG 1      
  Pont Canal sur l'Orb     RG        
  Fonsérannes     RG/Rive Droite RD (Nord) 7      
35       RD        
40   Colombiers (RG)   RD   O   O
  Tunnel de Malpas   Interdit au vélo RD/RG        
45       RG        
    Poihes   RG   O O O
50       RG        
    Capestang (RG) Passage en vélo délicat RG   O O O
55     RG        
60     RG        
65     RG        
    Argeliers (RD) RG   O   O
70       RG        
  Canal de jonction de la Robine (RG)     RG     O  
    Mirepeisset (RD)   RG   O    
  Pont Canal de Cesse              
  Epanchoir des Pantiasses              
  Couchée du Somail Le Somail (RG)   RG Chemin en terre en bon état mais assez irrégulier. Entre Roubia et Paraza, la route a remplacé le chemin sur 1,4km.   O O  
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