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Les blogs de Courir au féminin

Un espace pour retrouver mes plans d'entraînements.
mars 27
2012

PLAN 6h de GRAVIGNY

Posted by Eric in Untagged 

Eric

 mercredi 28 mars 2012 = 45mn à 138puls/mn = EF
 
jeudi 29 mars 2012 = 20mn à 138puls/mn + 30mn à 148puls/mn + 10mn à 138puls/mn = AS Marathon
 
samedi 31 mars 2012 = 20mn à 138puls/mn + 60mn à 11km/h + 10mn à 138puls/mn = AS 6h
 
dimanche 1 avril 2012 = 3h à 10,64km/h méthode cyrano (14mn à 11km/h + 1mn à 6km/h) = Cyrano
 
mardi 3 avril 2012 = 20mn à 138puls/mn + 15mn à 157puls/mn + 5mn à 138puls/mn + 15mn à 157puls/mn + 10mn à 138puls/mn = Seuil
 
mercredi 4 avril 2012 = 45mn à 138puls/mn = EF
 
jeudi 5 avril 2012 = 20mn à 138puls/mn + 40mn à 148puls/mn + 10mn à 138puls/mn = AS Marathon
 
samedi 7 avril 2012 = 20mn à 138puls/mn + 60mn à 11km/h + 10mn à 138puls/mn = AS 6h
 
dimanche 8 avril 2012 = 2h à 10,64km/h méthode cyrano (14mn à 11km/h + 1mn à 6km/h) = Cyrano
 
mardi 10 avril 2012 = 20mn à 138puls/mn + 20mn à 157puls/mn + 10mn à 138puls/mn = Seuil
 
mercredi 11 avril 2012 = 45mn à 138puls/mn = EF

 vendredi 13 avril 2012 = 30mn à 138puls/mn = EF
 
samedi 14 avril 2012 = 6h de Gravigny = Compétition

mars 22
2012

Petites peurs et amusements

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Comme tous les matins, je pars au travail en rallongeant mon parcours pour marcher 40mn. Tous les matins, je longe une entreprise fermée à cette heure et souvent, je tape la discute, sur une centaine de mètre avec un jeune danois de race canine à peu près aussi gros qu’un veau. Lui d’un côté de son grillage et moi de l’autre, c’est devenu presqu’un jeu. Je vois, que vous imaginez très bien là scène là… Attention, hein, je vois aussi ceux qui s’interrogent sur ma santé mentale et qui mettent en doute mes talents en langues canines… Ben si, on se comprend… Ce matin, je passe donc… La porte est ouverte et je me dis que je n’aurais pas droit à nos échanges courtois. Sauf que, d’un seul coup, je vois l’animal fondre sur moi, langue pendante, tel le « bestio del Gévaudan » attirée par la chair tendre du petit Pierrounet… Je vois à vos sourires que vous ne croyez pas ma chair aussi tendre que cela et que vous l’imaginez plutôt comparable à celle d’une vielle carne… Bon passons, je note, mais je passe ! Reprenons… Je me fige, courageux et fort, prêt à affronter le monstre… Bon, c’est fini ces sourires en coin… Puisque je vous dis que ces petits tremblements ne sont dus qu’au froid et que si je reste là, bouche ouverte et qu’aucun son ne sort, c’est simplement pour me montrer plus impressionnant encore que je ne le suis (si si, je vous assure, c’est possible). Je me force donc à rester immobile, évitant de regarder le toutou dans les yeux et je me mets à lui parler courageusement avec calme et sérénité… Bon, là, si vous n’arrêtez pas de sourire, je vais me fâcher hein ! Le choc va se produire car le fauve arrive et il est bien lancé… Un bref instant, je ferme les yeux… Mais non, ce n’est pas la peur, c’est de la concentration… La bête est à mes pieds maintenant… Je n’arrête cependant pas de parler, je sens un souffle et la truffe chaude de la créature remonter le long de mes jambes, puis plus rien, je rouvre les yeux… La bestiole s’en retourne dodelinant tranquillement vers son chez lui. Je tâte mes jambes… Pas trop de dégâts, la bave ça tâche mais on n’en meurt pas… Je décide donc de continuer mon chemin, je passe l’entrée laissant l’apparition derrière moi… Mais à peine ai-je passé l’entrée de la propriété que j’entends le bruit d’une galopade derrière moi. Prestement, je me retourne pour faire face, à nouveau au danger. Je distingue cette fois quelque chose dans la gueule du phénomène qui se précipite vers moi. Téméraire, je m’apprête au combat, priant (moi le mécréant) pour qu’il me reste assez de jambes pour le marathon de Marseille… La créature s’arrête à mes pieds, se couche, fait acte de soumission et lâche la baballe… Finalement, on a bien joué tous les deux mais mon nouvel ami m’a fait arriver en retard au boulot et il m’a fallu faire le tour des bureaux pour distribuer les tracts que normalement je donne à l’entrée du bâtiment. Mais bon, finalement, j’ai bien aimé et la bonne humeur m’a gagné pour la journée…

mars 11
2012

Vous reprendrez bien un semi...

Posted by Eric in Untagged 

Eric


Notre première rencontre au semi-marathon de Paris 2010.

Eh ben… ça faisait bien longtemps que je n’avais blablaté sur une course parfaitement réussi… Mais de toute façon, cette course, je la devais à IsaRun et après notre marathon difficile de Diégo, il lui fallait reprendre un capital confiance pour qu’elle puisse appréhender les petits plaisirs à venir, rassurée sur ses réelles capacités.

C’est donc enfin avec une préparation optimale que je me présentais au semi-marathon de Paris. En effet, les blessures se sont enchaînées depuis juillet 2010 et mon poids a grimpé jusqu’à 18kg au-dessus de  mon poids de forme. Après la diagonale avortée, je me suis donc accordé pour la première fois de ma vie de coureur, 1 mois et demi de pause complète.

Du premier décembre jusqu’à la fin de l’année, je n’ai repris la course qu’en endurance fondamentale (100km) et pour conserver un volume correcte d’entraînement sans trop solliciter mon Achille encore douloureux, je repris également de manière plus intensive, la marche nordique (100km également).

Début janvier, je teste ma VMA sur VAMEVAL, le résultat est conforme à ce que j’attendais, c’est-à-dire pas terrible, 15,2km/h. Je valide ce test par un demi-cooper (15,4km/h). Il faut donc que je regagne de la vitesse. Seulement voilà, je n’ai pas fractionné depuis le 7 janvier 2011. Qu’à cela ne se tienne, je minore un peu ma VMA et je ne charge pas plus que ça mes séances… Mon plan de deux mois s’articule donc comme ça :

-        1 séance de fractionnés courts puis mi-longs

-        1 séance d’endurance fondamentale

-        1 séance de fractionnés mi-longs à longs

-        1 séance d’endurance fondamentale

-        1 séance de seuil sur fatigue

-        À cela je rajoute de 40mn à 1h10mn de marche nordique par jour

J’arriverai donc au semi en ayant parcouru près de 180km de course et 170km de marche nordique en janvier, 180km de course et 130km de marche nordique en février. Jamais je n’avais fait autant pour un semi (bon d’accord pas que, puisque je dois essayer de suivre Fanny48 au marathon de Marseille et que je voudrais battre mon record (62km) sur un 6h le 15 avril), même si je suis loin des 300km de course à pied, mes 150km de marche nordique et mes 34km de natation par mois que je faisais avant mes blessures. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à me recoller ne serais-ce que la moitié des séances de natation (je m’ennuie).

Après deux semaines difficiles fin janvier et début février et un gros coup au moral, un déclic se produit la deuxième semaine de février. Je retrouve presque mon meilleur niveau, pas encore sur la durée mais en vitesse. J’en suis, d’ailleurs, inquiet…

Bref, le décor est planté et comme de son côté IsaRun arrive également au top de sa forme une semaine avant l’épreuve, je me mets à espérer. D’autant que le semi-marathon de Paris ne m’a toujours laissé que des bons souvenirs. Pas pour l’organisation ou je ne comprends pas comment une entreprise puisse si bien réussir le marathon de Paris et être si souvent si peu « professionnelle » sur son semi. Pas pour les temps que j’y fis, toujours supérieurs d’une ou deux minutes à mes possibilités du moment. Mais pour les rencontres pré, post et pendant la course. Je me souviens encore de Sophi et de son sourire lorsque nous avions fait 1h38mn en 2009, et du soutien de Brinouille lorsque j’avais fait 1h35mn en 2010. 2012 égalera ces satisfactions.

Pas facile d’estimer ce que vaut IsaRun en France. Sa VMA est de 11,6km/h à Madagascar mais les conditions atmosphériques du pays ne sont pas les mêmes et je sais qu’elle explosera son record de 2h17mn réalisé à Diégo sur des routes, avec un dénivelé qui ne ressemblent pas à ce qu’il y a à Paris, et surtout avec une température supérieure de 20 à 25°C à ce que l’on trouve en France. On peut supposer que sa VMA est probablement supérieure de 1 à 1,5km/h en France. J’ai remarqué que je perdais en moyenne 0,5km/h par tranche de 5°C supérieure à 20°C mais ai-je raison de généraliser ce qui s’applique pour moi ?

J’arrive à Paris le samedi matin, je laisse mes bagages à l’hôtel de Bretagne (je souris…), rue Blomet dans le XVème et je me rends à mon premier rendez-vous CAF. Repas du midi au « Restaurante Del Pozzo », en plus d’IsaRun, j’ai la chance de faire connaissance de deux superbes CAFeuses : Une petite flèche capable de courir le semi en un peu plus d’1h47mn en étant en petite forme, la toute mimi et jeunette mais trop discrète sur CAF « Faut y Croire » vient pour valider l’allure de son premier marathon. Elle fera 1h55mn, BRAVO miss. Et la non moins jeune et belle Kashaiia, aussi trop discrète qui ne courra pas puisqu’une vilaine TFL est venue contrarier sa progression. Kashaiia, encore parisienne (adepte du Parc Saint Cloud) retournera bientôt en Alsace ou je ne doute pas qu’elle se fera de nouvelles CAFines chez nos amies alsaciennes.

À l’issu de cet excellent repas ou je réserve pour la rencontre CAF du lendemain midi, je vais chercher mon dossard. IsaRun me consacrera le restant de son après-midi pour valider à minima notre allure. Je suis serein, je sais que nous approcherons les 2h… Nous rentrons à « Cœur et Conscience » non sans inviter SergentJogger, qui nous vient du Nord prendre un café. Je dois bien avouer que je suis pessimiste sur l’issu de son semi lorsque lorsqu’elle nous explique ses gros problèmes aux genoux. Mais cette maman de 6 enfants a de la ressource. Elle est dure à la souffrance et finira sa course en 2h17mn et des pépettes comme elle l’écrit si bien dans son compte rendu.

Le soir, je retrouve Cécil pour un repas sur une péniche. Mon amie n’est pas bien en ce moment et cela m’attriste de ne pas savoir trouver les mots pour la faire à nouveau sourire…


Rassemblement CAF

Le lendemain, je me réveille serein. Je suis calme et n’ai qu’une envie y aller. Le Rendez-vous photo CAF est à 9h, le métro est bondé mais je reste concentré, sûr de ce que je veux…


Rassemblement CLM

La photo CAF, la photo CLM et IsaRun, Virginie (une amie qui courra avec nous) et moi allons déposer nos sacs… Et là, le bazar ! Faudra-t-il qu’il y ait toujours un raté sur cette course ! ASO se complait à modifier son organisation, corrigeant certes les points négatifs mais s’évertuant à changer ce qui marche bien. Mais bon, rien ne peut altérer ma zénitude. L’heure d’attente pour déposer nos changes et le piétinement d’avant course n’y feront rien d’autant que nous retrouvons dans la file notre SergentJogger plus motivée que jamais. Son optimiste et son plaisir me rassure…


IsaRun, Virginie et moi courrons pour les enfants de "Coeur et Conscience" 

Le départ de notre sas est déjà donné lorsque nous rejoignons la ligne et nous ne sommes gênés que par les milliers de sacs qui encombrent la voie. J’allume donc la caméra (oublie de l’éteindre pour l’arrêt pipi) et nous partons… La course ne sera que plaisir, pas trop de soucis si ce n’est que ces points de côtés qu’auront d’abord IsaRun au 3ème kilomètre et Virginie au 17ème. Nous courrons avec une belle régularité faisant fi des quelques petites difficultés. Virginie est très à l'aise et très loin de son potentiel lorsque l’on songe que sa dernière course remonte à près de dix ans. Je lui dis de partir lorsque nous passons le 18ème et elle nous mettra près d’une minute trente secondes dans la vue. Je serais curieux de la voir entraînée (mais non, ce n’est pas un appel du pied).


Virginie

IsaRun fait plaisir à voir. Non, ce n’est pas qu’une partie de plaisir, mais elle s’accrochera, serra les dents et finira pas un sprint à rendre chauve les plus chevelus. 1h59mn3s, 18mn de moins qu’à son premier semi (malgache il est vrai). Elle battra au passage son record aux 10km de plus d’une minute trente secondes (56mn18s) et nous courrons ce semi légèrement en « négative split » (59mn45s pour les 10,550km 59mn18s pour la deuxième moitié).


IsaRun (même pas fatiguée)

Le repas d’après course me donnera le plaisir de faire connaissance de « M.Faut y Croire », de retrouver quelques-unes de mes primo-CAFeuses et de féliciter chacune des performances réalisées.

Mon train n’étant qu'à 20h35mn, j’ai largement le temps de rendre visite à ma « Dame à la Licorne » au musée d’histoire médiévale de Cluny. J’y passerais de longues heures… Comme à mon habitude, ébloui et charmé !

mars 05
2012

Plan express : Marathon de Marseille

Posted by Eric in Untagged 

Eric
mardi 6 mars 2012 FML 20mn à 138puls/mn + 14x(500m en 2mn2s / 1mn entre 6,8 et 7,2km/h) + 10mn à 138puls/mn

mercredi 7 mars 2012 EF 45mn à 138puls/mn
 
jeudi 8 mars 2012 FL 20mn à 138puls/mn + 6x(1500m en 6mn27s / 2mn entre 6,8 et 7,2km/h) + 10mn à 138puls/mn

samedi 10 mars 2012 Seuil 20mn à 138puls/mn + 15mn à 157puls/mn + 5mn à 138puls/mn + 15mn à 157...puls/mn + 10mn à 138puls/mn

dimanche 11 mars 2012 Sortie longue + AS 1h30mn à 138puls/mn + 30mn à 148puls/mn + 10mn à 138puls/mn

mardi 13 mars 2012 FML 20mn à 138puls/mn + 12x(600m en 2mn28s / 1mn entre 6,8 et 7,2km/h) + 10mn à 138puls/mn

mercredi 14 mars 2012 EF 45mn à 138puls/mn

jeudi 15 mars 2012 FL 20mn à 138puls/mn + 4x(2000m en 8mn42s / 2mn entre 6,8 et 7,2km/h) + 10mn à 138puls/mn

samedi 17 mars 2012 Seuil 20mn à 138puls/mn + 10mn à 157puls/mn + 5mn à 138puls/mn + 10mn à 157puls/mn + 10mn à 138puls/mn

dimanche 18 mars 2012 Sortie longue + AS 1h à 138puls/mn + 20mn à 148puls/mn + 10mn à 138puls/mn
 
mardi 20 mars 2012 FML 20mn à 138puls/mn + 10x(800m en 3mn20s / 1mn30s entre 6,8 et 7,2km/h) + 10mn à 138puls/mn

mercredi 21 mars 2012 EF 45mn à 138puls/mn

jeudi 22 mars 2012 FL 20mn à 138puls/mn + 2x(3000m en 13mn20s / 2mn entre 6,8 et 7,2km/h) + 10mn à 138puls/mn

samedi 24 mars 2012 Fartlek dirigé 30mn à 138puls/mn dont 5x45s à 15km/h

dimanche 25 mars 2012 Compétition Marathon de Marseille : 42195m en -4h
févr. 22
2012

Parenthèse orléanaise

Posted by Eric in Untagged 

Eric
« Brin de zinc », 22h30mn je sors du restaurant, le repas est (trop) copieux… Je quitte mes amis CGTistes… J’ai le spleen, pas envie de rentrer et de me retrouver seul dans ma chambre d’hôtel. « Etre seul chaque nuit, être seul chaque jour, en attendant des joies qui ne doivent venir, sentir avec une tristesse amère que nos heures demeurent comme autant de pages mutilées ». ...Je laisse aller mes pas au gré de ma fantaisie. Je longe les quais de Loire. Bizarre, une charpente est en construction sur une barge amarrée. Je m’approche : « Construction d’un bateau Lavoir ». Qu’est-ce qu’un bateau lavoir ?

Il fait frais mais beau, les lampadaires inventent des formes et je marche, seul. Sans vraiment le vouloir, mes jambes me dirigent vers un de mes terrains de jeu Orléanais. Je traverse la Loire déjà embrumée en longeant la voie ferré, un train me frôle faisant danser les ombres, mon ombre…
Je songe à ces gens, ou vont-ils ? Je me sens inutile, je revois mes rêves d’enfants… J’ai peur… mon esprit s’envole. Je ne crois pas ceux qui justifient une guerre par la justice, ceux qui disent qu’il faut tuer pour avoir la paix. Des brides de poèmes me reviennent en mémoire comme des cris qui traversent la nuit… « On a tué un homme, un homme, un ancien enfant ».

Je me demande aussi à quoi sert de crier tout le temps le mot « Paix ».
J’entends jusqu’à la nausée des marchands d’armes en appeler à la paix, des menteurs en appeler à la vérité et des tueurs parler de justice et d’Amour. « L’amour est à réinventer » et le mot paix aussi.
Ce ne sont pas ceux qui le prononcent avec le plus d’ardeur, qui travaillent à lui donner de nouvelles couleurs, ce vieux mots de quatre lettres est usé jusqu’à la corde… Allons, ne regardons pas ailleurs qu’en nous, car si la paix ne prends pas source en nous, si elle n’écarte pas les haines que l’on nous vend, celle de l’étranger, du chômeur, du Rom, du fonctionnaire, de celui qui ne vit pas, qui n’a pas la même religion, la même pensée, les mêmes valeurs que nous, alors la Paix ne sera qu’un mot qui n’aura de sens que pour le poète.

Je me demande d’ailleurs ce que les poètes ont cherché à tisser avec le fil de leurs mots « combien plus belle doit-elle paraître la beauté, par le doux ornement que donne la vérité ! »
Quel silence atroce ils ont voulu enfouir dans la musique de leur souffle. « Puis l’oiseau s’est arrêté dans mon oreille de parler. Alors le chat m’a regardé, ensemble nous avons pleuré, car l’oiseau, cette liberté, dans ma main avait succombé. Oui, il venait de s’en aller, sans même pouvoir amener, la paix si souvent espérée »
Quel rythme du monde ils ont voulu inventer jusqu’à y croire ! « Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie, je suis né pour te connaître, pour te nommer : Liberté »
Quel silence ils ont voulu faire chanter. « Doucement, là, est née une fleur, douce à regarder, tendre à aimer ».
Suis-je digne de croire ces mots ? Ne me faut-il pas assimiler ce patient labeur d’amour qui recoud tout ce qui est déchiré ? Être celui qui en voulant penser à l’autre avant de penser à lui, pense à l’autre en même temps qu’à lui. Celui qui ne sait pas penser à lui sans penser à l’autre… Saurais-je dire à des personnes que je n’ai jamais vu que je les aime, qu’avant que d’être des inconnus, ils sont humains comme moi et qu’en tant que tels, ils font partie de moi…

Toute à mes pensées, j’avance, je traverse une passerelle, la nuit est noire maintenant. J’emprunte les chemins de l’île « Charlemagne »…
Je lève la tête, pas de lune pour m’éclairer mais un tapis d’étoiles… Chaque étoile est là pour me rappeler les combats de ceux que j’aime, les idéaux de ceux qui m’ont précédés… Il y a mon petit papa qui me disait que ce qui caractérisait l’être humain, c’était peut-être bien l’espoir et que cet espoir ne pouvait qu’amener la délivrance : « Le doux souffle de la brise, répandra son musc encore, le vieux monde, de nouveau, retrouvera sa jeunesse » donc « j’attends perpétuellement et à jamais une renaissance de l’émerveillement ». Je me souviens d’un saint catholique, poète peut-être avant que d’être saint qui disait : « C’est quand on n’a plus d’espoir qu’on peut commencer à espérer ».
Peut-on ne plus avoir d’espoir ? Ne faites pas la fine bouche, je suis sûr qu’à vous aussi, il vous arrive d’espérer ! Et à force d’espérer, on reste vivant. Ce n’est déjà pas si mal d’être vivant !
Et lorsque l’on a totalement perdu espoir que les mots qui existent ne nous sont plus d’aucun secours ? Alors, on devient poète et on essaye d’inventer d’autres mots pour continuer à espérer, des mots pour soigner nos maux, des mots qui laissent une place pour l’espoir, des mots que la raison ne sait pas épuiser.
La vie c’est ça… Mais la vie ce n’est pas que ça !

La vie, c’est aussi l’Amour et cette autre étoile là, c’est Dine « Grace et beauté se trouvent en elle, Et brillent comme l’étoile, le soleil, Rallumant mon cœur longtemps infidèle, Aux plaisirs d’amour qui en moi s’éveillent. La beauté de ses mots tendres, mélodieux, Donnent à ses lèvres la chaleur des cieux. Inconnu et profond le gris de ses yeux, Noie dans leurs flots mes sentiments amoureux En les clouant en moi, sans les lui dire : mes aveux ! » et la petite dernière, ici, c’est Chiara qui a su m’apprendre ce qu’encore je m’efforce d’appliquer « Il faut savoir aimer ceux que l’on aime pour ce qu’ils sont, pas tels que l’on souhaiterait qu’ils soient ».
Mes yeux s’embrument, je baisse la tête et je m’efforce de marcher sur un chemin que je connais. Je souris maintenant car je m’accroche à un chemin comme à la vie et la vie nous joue des tours parfois.
27 ans d’amours enfouies, car « Parfois, je perds le fil fragile de ma vie, Je voile mon profil d’une image servie, Mon souffle diminue, mais je cache mes maux, Ma fuite continue, sans prononcer un mot », mais qui ressurgissent comme ça une nuit d’hiver lorsque le spleen me prend subitement. « Encore une année loin de toi, Qui glisse sans laisser de trace, Dans mes songes rien ne t’efface, Tous mes rêves viennent de toi ».
Sans m’en rendre compte me voici de retour à l’hôtel, au cloitre Saint Aignan et je me dis que la vie ne peut qu’être belle car « Tes yeux azurs et sensibles, Sont deux perles indicibles, Dont l’abîme profondeur, Laisse humer les effluves parfumés de ton cœur. Ce beau cœur est si fragile, Il est aimant et habile, Car il sut m’emprisonner, Ce cœur est mon cœur et je me dois de le protéger ».

Je vais donc me coucher dans ma chambre d’hôtel mais à présent, je ne suis plus seul…

Orléans le 21 février 2012
nov. 12
2011

Coureuses

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Eric

un hommage en image :
http://www.youtube.com/watch?v=F84317KBPCM

nov. 08
2011

The first marathon of a Lady (Marathon de Diégo-Suarez 2011)

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Eric

CR par l'image

http://www.youtube.com/watch?v=fmqXL-j9Q5A

juil. 10
2011

Défi de l'Oisans - Prévisionnel

Posted by Eric in Untagged 

Eric
Distance Distance intermédiaire Altitude Dénivelés Temps de Course intermédiaire / distance Temps de Course intermédiaire / Dénivelé Temps de Course intermédiaire Temps cumulé Repère cartographique
0 0 1650 0,00 00:00:00 00:00:00 00:00:00 27/7/11 8:00 Les Deux Alpes - Départ
5300 5300 934 -716,00 00:31:48 00:00:00 00:31:48 27/7/11 8:31 Le Fresney en Oisans
10200 4900 1627 693,00 00:58:48 01:23:24 02:22:12 27/7/11 10:54 Chapelle de Cluy - Arrivée
10200 0 1627 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 27/7/11 11:09 Chapelle de Cluy - Départ
12300 2100 1800 173,00 00:25:12 00:21:00 00:46:12 27/7/11 11:55 Col de Cluy
17700 5400 1997 197,00 01:04:48 00:24:00 01:28:48 27/7/11 13:24 Col de Sarenne
25300 7600 1565 -432,00 01:31:12 00:00:00 01:31:12 27/7/11 14:55 Besse en Oisans - Arrivée
25300 0 1565 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 27/7/11 15:10 Besse en Oisans - Départ
27800 2500 1901 336,00 00:30:00 00:40:48 01:10:48 27/7/11 16:21 Col Nazié
29500 1700 2251 350,00 00:20:24 00:42:00 01:02:24 27/7/11 17:23 Plateau d'Emparis
32900 3400 2370 119,00 00:40:48 00:14:24 00:55:12 27/7/11 18:18 Col du Souchet
39000 6100 1782 -588,00 01:13:12 00:00:00 01:13:12 27/7/11 19:31 Les Terrasses - Arrivée
39000 0 1782 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 27/7/11 19:46 Les Terrasses - Départ - 27/7/2011 à 20h00
52300 13300 2084 302,00 02:39:36 00:36:36 03:16:12 27/7/11 23:03 Refuge de l'Alpes - Arrivée
52300 0 2084 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 27/7/11 23:08 Refuge de l'Alpes - Départ
55200 2900 2355 271,00 00:34:48 00:33:00 01:07:48 28/7/11 0:15 Col d'Arsine
62700 7500 1512 -843,00 01:30:00 00:00:00 01:30:00 28/7/11 1:45 Le Casset - Arrivée
62700 0 1512 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 28/7/11 1:50 Le Casset - Départ
64900 2200 1473 -39,00 00:26:24 00:00:00 00:26:24 28/7/11 2:17 Mônetier les Bains - Arrivée - 28/7/2011 à 3h00
64900 0 1473 0,00 02:00:00 00:00:00 02:00:00 28/7/11 4:17 Mônetier les Bains - Départ - 28/7/2011 à 8h00
70700 5800 2423 950,00 01:09:36 01:54:00 03:03:36 28/7/11 7:20 Col de l'Eychauda
76300 5600 1719 -704,00 01:07:12 00:00:00 01:07:12 28/7/11 8:28 Chambran - Arrivée
76300 0 1719 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 28/7/11 8:33 Chambran - Départ
83100 6800 1167 -552,00 01:21:36 00:00:00 01:21:36 28/7/11 9:54 Vallouise - Arrivée
83100 0 1167 0,00 02:00:00 00:00:00 02:00:00 28/7/11 11:54 Vallouise - Départ - 28/7/2011 à 12h00
92000 8900 1628 461,00 01:46:48 00:55:48 02:42:36 28/7/11 14:37 Entre les Aygues
102300 10300 2761 1133,00 02:03:36 02:15:36 04:19:12 28/7/11 18:56 Col de l'Aup Martin
108000 5700 1814 -947,00 01:08:24 00:00:00 01:08:24 28/7/11 20:04 Pré Chaumette - Arrivée
108000 0 1814 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 28/7/11 20:19 Pré Chaumette - Départ
112500 4500 2680 866,00 00:54:00 01:44:24 02:38:24 28/7/11 22:43 Col de Valette
116500 4000 2631 -49,00 00:48:00 00:00:00 00:48:00 28/7/11 23:46 Col de Vallonpierre
118500 2000 2271 -360,00 00:24:00 00:00:00 00:24:00 29/7/11 0:10 Refuge de Vallonpierre - Arrivée
118500 0 2271 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 29/7/11 0:15 Refuge de Vallonpierre - Départ
125400 6900 1428 -843,00 01:22:48 00:00:00 01:22:48 29/7/11 1:38 Refuge Xavier Blanc - Arrivée
125400 0 1428 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 29/7/11 1:43 Refuge Xavier Blanc - Départ
132600 7200 1109 -319,00 01:26:24 00:00:00 01:26:24 29/7/11 3:09 La Chapelle en Valgaudemar - Arrivée - 29/7/2011 à 6h00
132600 0 1109 0,00 06:00:00 00:00:00 06:00:00 29/7/11 9:09 La Chapelle en Valgaudemar - Départ - 29/7/2011 à 11h00
141800 9200 1961 852,00 01:50:24 01:42:36 03:33:00 29/7/11 12:42 Refuge des Souffles - Arrivée
141800 0 1961 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 29/7/11 12:47 Refuge des Souffles - Départ
147100 5300 2505 544,00 01:03:36 01:05:24 02:09:00 29/7/11 14:56 Col de Vaurze
152000 4900 1271 -1234,00 00:58:48 00:00:00 00:58:48 29/7/11 15:55 Le Désert - Arrivée
152000 0 1271 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 29/7/11 16:10 Le Désert - Départ
156400 4400 2290 1019,00 00:52:48 02:02:24 02:55:12 29/7/11 19:05 Côte Belle
162000 5600 1509 -781,00 01:07:12 00:00:00 01:07:12 29/7/11 20:12 Valsenetre - Arrivée - 30/7/2011 à 1h00
162000 0 1509 0,00 08:00:00 00:00:00 08:00:00 30/7/11 4:12 Valsenetre - Départ - 30/7/2011 à 6h00
166100 4100 2617 1108,00 00:49:12 02:13:12 03:02:24 30/7/11 7:15 Col de Muzelle
168700 2600 2119 -498,00 00:31:12 00:00:00 00:31:12 30/7/11 7:46 Refuge de la Muzelle - Arrivée
168700 0 2119 0,00 00:05:00 00:00:00 00:05:00 30/7/11 7:51 Refuge de la Muzelle - Départ
175500 6800 977 -1142,00 01:21:36 00:00:00 01:21:36 30/7/11 9:12 Venosc - Arrivée
175500 0 977 0,00 00:15:00 00:00:00 00:15:00 30/7/11 9:27 Venosc - Départ - 30/7/2011 à 13h00
180000 4500 1650 673,00 00:54:00 01:21:00 02:15:00 30/7/11 11:42 Les Deux Alpes - Arrivée - 30/7/2011 à 16h00
Avec Estelle On peut m'y voir Base de vie Ravitaillement Point d'eau En rouge les limites horaires
avril 13
2011

D'un abandon à l'autre

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Il y a longtemps, au temps des huit Baronnies du Gévaudan, Constance de Toulouse, Dame de Pierre-Bermond d’Anduze alors Baron de Florac attirait les meilleurs troubadours et érudits de ce début du XIIIème siècle (ce qui devait donner le don à sa fille Azalaïs, la célèbre troubadouresse), faisant sa cours des plus jolies femmes de l’époque. Depuis lors, le Comté du Gévaudan, devenu le département de la Lozère (alors numéroté 46, maintenant 48) le 22 décembre 1889, attire les plus jolies femmes de France…

 L’histoire qui débute fin mai 2010, devait le vérifier. J’arrive en Lozère après une jolie balade le long du canal du midi. Je profite d’une belle journée pour enfin faire connaissance avec la seule lozérienne (à ma connaissance) du site. Rendez-vous est pris pour un café dans Mende. Assis à la terrasse, je vois une jolie dame brune venir vers moi…



Fin juin, Fanny puisqu’il s’agit d’elle, courra dans la froidure du pays de la « Besta » son premier trail. « La Capucine » est un trail exclusivement féminin de 11km pour plus de 200m de dénivelés positifs. Elle finira 14ème sur 178 finisseuses et 245 au départ (67 abandons) et 8ème sénior sur 68 arrivantes en un superbe 1h15mn31s. Je crois bien que ses cuisses se souviennent encore du travail que je leurs avais fait faire pour que la Damoiselle devienne une descendeuse accomplie. Croyez-moi sur parole, descendre de 1040m à 720m en 1km200m, une descente aussi technique que celle de « l’Ermitage Saint-Privat » à Mende en moins de 5mn, c’est déjà une belle performance et démontre de réelles capacités de trailleuse. Capacité que confirmera le sens de l’orientation de la belle dans l’immense centre commercial de Toulouse-Blagnac lors du semi test couru dans sa préparation marathon le 6 mars 2011. Dans le même temps, je connaitrai du côté de Nasbinals mon premier abandon sur « L’Aubrac Aventure Trail »…




Décembre 2010, la vie de Fanny bascule, la néo-Biterroise s’accroche à la course à pied comme un marin à une bouée au milieu de la tempête. Moi qui prenait mon sport pour un jeu comprend alors que les circonstances peuvent amener à dépasser le côté ludique, voir à transformer sa pratique en un besoin presque vital. Fanny est inscrite au marathon de Paris, je sais quelle comptais être entourée de sa petite famille et qu’elle ne le sera probablement pas, je m’inscris donc espérant être utile à mon amie.

En réalisant le plan de Fanny (son sixième), je n’imaginais cependant pas qu’il puisse à ce point lui servir de fil conducteur. Le 10 janvier débute l’aventure… La jolie brune me demande un plan sur douze semaines mais j’ai beau compter, du 10 janvier au 10 avril, il y en a bien treize. En fait, cela est parfait car cette durée permet d’avoir une semaine d’assimilation juste avant la semaine « marathon ». Je personnalise au maximum le plan en fonction des desideratas et des possibilités de Fanny. Elle souhaite un plan en fonction des allures, je projette donc le temps de son meilleur semi pour déterminer une VMA approximative, ce qui me donne 12,8km/h et je lui détermine les allures à tenir en fonction de la teneur des exercices. Dès la semaine 2, elle courra un 10km. Je connais ma coureuse et je sais que je ne pourrais probablement pas la brider à une vitesse marathon. À 11 semaines de l’objectif principal, elle pourra donc se permettre de courir ce 10km en performance (ce quelle fera puisqu’elle le bouclera en 52mn36s). Je dois cependant tenir compte de la récupération et détermine la semaine 3 comme une semaine de récupération. Les choses sérieuses commenceront donc en semaine 4.

Le plan est articulé de la manière suivante :

  1. 4 séances par semaine (3 lors des semaines de compétitions, d’assimilations ou de récupération).
    1. Une séance de fractionnés courts ou mi-longs (sans répétition d’un même exercice pour que la coureuse n’ait jamais le même repère temps et que ne s’installe une course aux records).
    2. Une séance en endurance pour une récupération active.
    3. Une séance de fractionnés mi-long à longs (toujours sans répétition d’un même exercice).
    4. Une sortie longue en endurance incluant une période de plus en plus longue d’allure spécifique « marathon » sur fatigue.
  2. 13 semaines découpées de la manière suivante :
    1. Semaine 1 : Préparatoire au 10km
    2. Semaine 2 : Compétition 10km en performance
    3. Semaine 3 : Récupération
    4. Semaines 4 à 6 : Progression (augmentation progressive du temps de travail hebdomadaire)
    5. Semaine 7 : Assimilation
    6. Semaine 8 : Compétition semi-marathon de Blagnac

                                                              i.      20mn d’échauffement

                                                            ii.      16km à l’allure marathon (6mn/km)

                                                          iii.      Si possible, 3km en accélération progressive

                                                          iv.      Si possible, 2 derniers km en allure 10km

                                                            v.      10mn de retour au calme

                                                          vi.      10mn d’étirements

                     g.   Semaines 9 à 11 : Maintien (maintien du temps de travail hebdomadaire)

                     h.   Semaine  12 : Assimilation

                      i.   Semaine 13 : Compétition marathon de Paris (6mn/km)

Fanny me fait un compte rendu régulier pour que je puisse adapter son plan en fonction de sa fatigue, de ses obligations familiales ou professionnelles. Les séances s’enchaînent, tantôt euphoriques, tantôt confuses, les larmes et les doutes s’estompent, la confiance s’installe…

En ce qui me concerne, je continue à suivre le plan « cross » que je me suis concocté pour pouvoir amener mon maximum aux équipes de mon club.

10 janvier 2011, je cours les « Départementaux de cross », je suis alors au top et j’effectue les 8,840km en 35mn56s soit à une vitesse de 14,76km/h. Seulement voilà, le dernier kilomètre est agrémenté de fortes douleurs au talon droit et il me faut presque 2h pour effectuer les 5km qui me séparent de chez moi. Dés lors, plus rien ne va se passer comme prévu… La douleur se calme lorsque je ne cours pas. C’est donc sans entraînement ou presque que je me traine aux « régionaux de cross » le 23 janvier. Je cours, mais la douleur refait très rapidement son apparition. Je ne peux pas abandonner car après les blessures de deux de mes partenaires ça éliminerait la possibilité à mon club de qualifier une équipe supplémentaire aux « interrégionaux ». Je finis dans les derniers en bouclant les 9,380km en 42mn41s soit à une vitesse de 13,19km/h, mais l’essentiel est que l’EAC disposera de deux équipes qualifiées. Je décline ma participation aux interrégionaux. Le 8 février, j’ai rendez-vous avec ma médecin du sport qui diagnostique une tendinite de l’Achille droit au niveau de l’insertion et un syndrome du pyramidal droit. Je vais donc suivre une dizaine de séances chez mon kinésithérapeute du sport ; au programme, glaçage par jets de CO2 à -15°C, massages profonds, électrostimulation, étirements pour la tendinite et massages profonds, musculation et réchauffement du pyramidal droit. Mon éco-trail est mal engagé mais j’ai trop envie de revoir Juju. J’essaierai donc de le courir et puis l’écotrail est un trail certes mais un trail comment dire… très domestiqué ou l’on n’est jamais bien loin de la civilisation. Je ne risque donc pas grand-chose à maintenir ma participation. Entre temps, ma maman me demande de l’emmener voir la petite sœur (99 ans) de mon papa à Nîmes. Je pose donc quelques jours de congés et je m’aperçois que cela tombe la semaine du semi de Blagnac. Je sais également que se sera une semaine difficile pour Fanny qui laissera ses loulous à leur papa toute une semaine pour la première fois. Fanny accepte de m’héberger et je décide donc, (avec l’accord de mon kiné) de brider la belle à Blagnac pour valider son allure marathon. Seulement voilà, après le décès de mon petit papa le 2 avril 2010, ma tata perd son beau-fils et doit se rendre chez ma cousine. Le voyage de ma maman est donc annulé… Que faire ! J’annule mes vacances et mon inscription à Blagnac ou nous devions avoir le plaisir de retrouver Bibiche, Josette et Kiki et faire la connaissance de Véronique ? 

Fanny accepte finalement de m’héberger un peu plus longtemps que ce qui était prévu. Elle passera même me prendre à Orléans puisqu’ elle reviendra d’une semaine de vacances à Dunkerque.




Le soleil Biterrois, le canal du midi, les courses les pieds dans la méditerranée, les petits chocolats, le thé du soir voir de la nuit, les repas enchaînés aux restaurants et la présence amicale de Fanny font que je ne ressens pratiquement plus de douleur à mon Achille. Les bons soins de Raph, mon kiné font que je n’ai plus besoin de lui montrer mon derrière depuis déjà quelques jours. Tout va pour le mieux, le semi-marathon est une vrai partie de plaisirs, je fanfaronne, je vole même un bisou à une jolie pompon girl, ma partenaire valide parfaitement l’exercice en bouclant le semi en 2h2mn56s lors d’un sprint magistral qui me laisse sur place.



 Le capital confiance de notre Languedocienne est regonflé. Fanny est si fraiche à l’arrivée que je décide de lui faire subir dans la semaine deux nouveaux tests pour éliminer les derniers petits doutes qui subsisteraient. La première torture que je lui inflige sera de déterminer sa FCM. Après une petite balade pour nous échauffer, la côte qui lui permet de retrouver sa maison est idéale, Fanny devra pousser la mécanique à fond, la FC explose montant même jusqu’à une pointe de 206puls/mn. Je préfère valider 200puls/mn, FC  maintenue quelques secondes (exit les 185puls/mn supposée). Le lendemain, veille de mon départ, je remplace la séance de seuil prévue par un test VMA. Je briefe la belle, après 20mn tranquillou pour s’échauffer, nous irons au stade ou elle subira l'épreuve suivante. Elle courra 4mn à sa VMA estimée (12,8km/h, 28s au 100m), puis elle accélèrera progressivement jusqu’à ne plus pouvoir. Si elle ne tiens pas 4mn à sa VMA estimée, nous devrons refaire le test en partant de plus bas. Si elle tient les 4mn sans atteindre les 5mn, nous validerons la VMA estimée. Si elle tient 5mn, nous mesurerons la distance (facile sur piste) et nous la multiplierons par 12 pour connaître sa nouvelle VMA. Si elle tient 6mn, nous mesurerons la distance et nous la multiplierons par 10 pour connaitre sa nouvelle VMA. Je lui explique qu’elle devra vraiment puiser dans ses ressources et finir à la Lulubelle, allongée sur la piste les bras en croix. Je serais au centre du terrain et je la guiderais pour qu’elle ne parte pas trop vite et pour lui donner les repères temps. Comme il se doit et comme nous faisons tous à nos premiers tests, Fanny part trop vite bouclant le premier 100m en 19s au lieu de 28s, je lui intime l’ordre de ralentir car elle ne pourra pas tenir les 4mn à cette vitesse, deuxième 100m,  23s, encore trop vite, le troisième est enfin passé à la bonne vitesse et celle-ci se stabilise à 27s/100m. Les 4mn sont atteintes. Je libère la coureuse de son carcan. L’accélération est régulière, j’entends le souffle d’où je suis. 4mn30s Fanny cherche l’air, je l’harangue en courant à ses côtés pour quelle ne lâche pas.  Soudain un cri « J’peux pu », « encore 10s Fanny 10 », « Arff !!!!!! » mais je sens qu’elle a encore de la ressource et accélère encore… Je cris « 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3s Fanny… Stop ». Fanny s’effondre, je lui apporte de quoi se couvrir, son change et de quoi se désaltérer, la laisse reprendre sa respiration, je suis drôlement fier de mon élève, elle a tout donné. Je mesure précisément la distance parcourue ; 1136m  sa nouvelle VMA est validée à 13,632km/h arrondi à 13,6. Jamais je n’ai autant donné qu’elle pour un test VMA, je suis admiratif. Il y a dix mois, je faisais connaissance d’une jeune femme active pratiquant le footing pour se vider la tête. Que de chemin parcouru, tel un papillon sortant de la Chrysalide, la métamorphose est spectaculaire, j’ai maintenant devant moi une sportive capable de trouver en elle des ressources physiques inexplorées et un mental de winneuse.

L’après-midi, je laisse Fanny s’adonner à la lecture tranquillement installée à la terrasse d’un café et je vais courir sur la plage, les jambes s’enfoncent jusqu’aux genoux dans l’eau froide de la mer, c’est bon, les vagues sont bien réelles et manquent à plusieurs reprises de me faire tomber, mais je suis euphorique. Malgré l’eau, je file à plus de 13,5km/h, le soleil me chauffe et je me sens bien… Cela ne dure pas, peut-être ai-je trop demandé à mon Achille, le soir même il se réveille, m’empêchant même de dormir. Le retour vers Évreux m’est pénible. Je retourne voir Raph dès le lendemain, mon kiné m’assure que je pourrais courir l’écotrail… Deux semaines, je dispose de deux semaines pour me guérir et courir au côté de Juju !

Le 25 mars, je retrouve Juju, MJuju et BellemamanJuju dans un restaurant à deux pas de la tour Eiffel. Le WE sera magnifique, magnifique mais comme avec un goût d’inachevé. Magnifique de par la prestation de Juju, inachevé parce que dès le dixième kilomètre, j’ai senti que ça ne le ferait pas et que mon abandon du vingt-septième était écrit d’avance…




Retour chez Martine, ma médecin du sport qui commence par m’interdire de courir. IMPOSSIBLE… Bien sûr Fanny est tout à fait capable de courir seule ce marathon, mais je sais également qu’elle est encore fragilisée et je sais l’importance que revêt pour elle ce marathon. Bien sûr ce n’est que de la course à pied, mais Fanny s’est tellement investit que je veux que toutes les chances soient de son côté. Je connais l’euphorie de la première fois, je sais que la belle arrive avec un tel capital confiance (j’ai tout fait pour ce résultat) qu’elle risque de vouloir partir trop vite et qu’elle ne saura probablement pas se brider sur les premiers kilomètres. Sur les courses un peu longues, le temps trop vite gagné se transforme à coup sûr en temps perdu. La réussite d’un objectif tient à tellement peu de chose et j’ai peur des conséquences d’un échec sur Fanny. J’explique la situation à ma doctoresse, elle comprend et m’accorde sa bénédiction à condition que je cesse toute activité sportive dès la course fini et ce jusqu’à la guérison complète de ma tendinite. Je promets, me soumet de bonne grâce à ma première séance de torture euhhhhhhhh… d’onde de choc (une personne que j’aime énormément m’a dit dernièrement qu’il ne fallait jamais se plaindre… Mais c’est que j’aime ça, moi me plaindre, c’est tellement agréable, lorsque l’on nous croit, de se faire consoler !)

Le temps passe, je m’applique à préparer Fanny du mieux que je puisse… Elle sait maintenant que je ne pourrais probablement pas l’accompagner tout le long de la course alors je la saoule continuellement de mes vérités, de phrases qui devaient ressembler quelque peu à ça : « Tu sais, le plus dur dans un marathon, ce n’est pas les 42,195 derniers petits kilomètres, le plus dur, tu l’as vécu dans ta préparation, le plus dur est derrière toi, il ne te reste que du plaisir, le plaisir de voir le chemin parcouru et moi le plaisir que j’aurai a voir ton sourire, tes larmes de joie peut-être, j’adore voir l’émotion des néo-marathoniennes » ; « Je veux que tu te fabriques de belles images, ces images, tu te les visionneras dans les quelques petits moments ou ce sera un peu moins facile » ; « Tes loulous seront fiers de leur maman, imagine les, montrant à leurs copains de classe la médaille que tu ramèneras, imagine les, expliquer à leurs maîtresses : - Ben ma maman elle a couru drôlement longtemps et ça, ben elle l’a gagné » ; « Surtout, ne part pas trop vite, tu ne dois jamais aller plus vite que du 6mn/km (4h15mn c’est 6mn3s/km), je veux que tu te rentres ça dans ta jolie caboche » ; « une gorgée toute les 20mn, un gel toute les heures » ; « tu dois perdre un minimum d’énergie, ne chante pas, ne danse pas, évite de changer ta trajectoire, évite les trottoirs » ; « je sais que tu es très pudique, mais ne garde pas une envie pressante, deux voitures font l’affaire » ; « au départ, tu gardes ta vue au sol, tant pis pour la télé, ce serait dommage d’être arrivée ici pour se payer une gamelle en glissant sur un sac poubelle ou en se prenant les pieds dans un tee shirt » ; « tant que je serai là, je m’occupe de tes ravitaillement en eau. Tu courras alors sur la ligne bleue jusqu’à ce que je te rattrape » ; « je sais que Pierre va hurler mais n’hésite pas à marcher lors des ravitaillements ou à la sortie du tunnel sur le petit raidillon pavé ; etc. Chaque phrase est illustré d’anecdote, par exemple le cas de ce petit vieux (84ans), qui comptait finir sa carrière de coureur en finissant son 100ème marathon et qui est tombé avant même de passer la ligne de départ, empêtré dans un sac poubelle se fracturant les hanches, jamais il n’a atteint le chiffre 100.

Bref, Fanny dû me prendre pour un vieux radoteur, mais je sais que la persuasion vient aussi de la répétition…

Je réserve une chambre dans le même hôtel que le mien (Rue Blomet) insiste lourdement auprès du réceptionniste, pour que nous soyons sur le même palier. L’hôtel propose un petit déjeuner marathon qui sera servi dès 6h, parfait !

Sur Fesse de bouc, Eva, la petite sœur de Fanny me contacte. Elle viendra accompagnée de leur maman encourager Fanny mais chut… c’est une surprise… Je lui donne nos temps prévisionnels et lui indique les meilleurs endroits pour venir nous encourager (merci Marathonnerre). Nous échangeons nos numéros de téléphones et je leur demande de m’appeler pour m’indiquer les lieux précis de nos rencontres.

Vendredi 8 avril, je me présente porte de Versailles, retire mon dossard et je visite le marathon expo, bien entendu, je fais chauffer la carte visa. Je mange dans une pizzéria et je vais me coucher… Jamais je n’ai été aussi stressé par une course, j’ai peur de ne pas tenir la distance, de ne pas pouvoir aider suffisamment ma protégée… Même si par bonheur, la douleur m’était épargnée, je ne suis pas entraîné et je sais que j’ai peu de chance de pouvoir suivre la jolie brune sur l’ensemble du parcours. Je crois que c’est à ce moment que j’ai décidé ma stratégie… J’amènerai mon amie tant que je serais sûr de pouvoir le faire. Quand je commencerais à entrer dans le dur, que Fanny sera sur la bonne trajectoire et qu’elle sera rebooster par sa famille, je la laisserais filer pour la retrouver de nouveau fringuant au 35ème et l’amener sur le bon rythme jusqu’à l’arrivée. Je sens que Fanny souhaite savourer seule (peur de s’exposer ?) l’arrivée de son premier marathon, j’ai donc également prévu de la laisser filer pour qu’elle vive son marathon tel qu’elle l’avait rêvé.




Samedi 9, puis vient le jour J, Fanny explique mieux que je le ferais sa course… J’ai couru comme je l’avais prévu, les douleurs sont encore là mais je suis ravis… Tout c’est passé comme le prévoyait le scénario. Depuis quelques mois, un petit nounours m’accompagne dorénavant partout « juste un tout petit peu de toi » (c’est son nom) a veillé une fois de plus sur moi… Jamais je n’ai vécu un abandon aussi joyeusement…

oct. 26
2010

Mon premier plan depuis... pfffffffffffffff!

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Voilà, je touche du bois mais il semblerait que je puisse parler de mes blessures au passé (j'ai été bougrement sage, je n'ai pas fait de compétition depuis Rennes et ma prochaine est Nice-Cannes)...
Donc, place aux bonnes résolutions. Face aux performances qui déclinent, je dois réagir... Je veux bien courir moins vite mais il faut tout de même que je réussisse à maintenir un niveau suffisant pour me faire plaisir, non mais... Et puis, il y a les cross qui arrivent à grand pas et je veux pénaliser mon club le moins possible d'autant que comme il y a du monde, il y a de quoi jouer les Kékés...
Donc voilà mon plan pour la fin de l'année et le début de l'autre...

Dates Séances Exercices Remarques
mardi 26 octobre 2010 1-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 14x(300m en 1mn10s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mercredi 27 octobre 2010 1-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
jeudi 28 octobre 2010 1-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 6x(800m en 3mn14s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
vendredi 29 octobre 2010 1-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 30 octobre 2010 1-5 : Seuil 20mn à 135puls/mn + 15mn à 153puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
dimanche 31 octobre 2010 1-6 : Sortie longue 2h à 135puls/mn  
lundi 1 novembre 2010 2-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 12x(400m en 1mn34s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 2 novembre 2010     Alençon
mercredi 3 novembre 2010 2-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
jeudi 4 novembre 2010 2-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 5x(1000m en 4mn44s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
vendredi 5 novembre 2010 2-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
samedi 6 novembre 2010 2-5 : Seuil 20mn à 135puls/mn + 15mn à 153puls/mn + 5mn à 126 puls/mn + 15mn à 153puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
dimanche 7 novembre 2010 2-6 : Sortie longue 2h15mn à 135puls/mn  
lundi 8 novembre 2010 3-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 8x(600m en 2mn24s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 9 novembre 2010     Paris
mercredi 10 novembre 2010 3-2 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
jeudi 11 novembre 2010 3-3 : Compétition Cross du Carrington - Louviers Louviers
vendredi 12 novembre 2010     Nice
samedi 13 novembre 2010 3-4 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite
dimanche 14 novembre 2010 3-5 : Compétition Marathon Nice-Cannes
lundi 15 novembre 2010 4-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn
mardi 16 novembre 2010 4-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
mercredi 17 novembre 2010     Orléans
jeudi 18 novembre 2010    
vendredi 19 novembre 2010 4-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 2x(2000m en 8mn25s / 300m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn
samedi 20 novembre 2010 4-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
dimanche 21 novembre 2010 4-5 : Sortie longue 2h30mn à 135puls/mn  
lundi 22 novembre 2010 5-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 10x(300m en 1mn10s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 23 novembre 2010     Rouen
mercredi 24 novembre 2010 5-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
jeudi 25 novembre 2010     Rouen
vendredi 26 novembre 2010     Île de Ré
samedi 27 novembre 2010 5-3 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite
dimanche 28 novembre 2010 5-4 : Compétition Marathon de La Rochelle
lundi 29 novembre 2010    
mardi 30 novembre 2010 6-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn  
mercredi 1 décembre 2010 6-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
jeudi 2 décembre 2010     Rouen
vendredi 3 décembre 2010    
samedi 4 décembre 2010    
dimanche 5 décembre 2010    
lundi 6 décembre 2010    
mardi 7 décembre 2010 7-1 : Côtes 20mn à 135puls/mn + 10x(30s vite en côtes / récupération en descendant) + 10mn à 135puls/mn  
mercredi 8 décembre 2010 7-2 : Fartlek 1h à 135puls/mn dont une dizaine d'accélération inférieure à 3mn jusqu'à 162puls/mn  
jeudi 9 décembre 2010     Rouen
vendredi 10 décembre 2010 7-3 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite Angers
samedi 11 décembre 2010 7-4 : Compétition Trail de nuit d'Ecuillé
dimanche 12 décembre 2010 7-5 : Récupération 30mn à 135puls/mn
lundi 13 décembre 2010 8-1 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
mardi 14 décembre 2010     Rouen
mercredi 15 décembre 2010 8-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn
jeudi 16 décembre 2010 8-3 : Endurance 45mn à 135puls/mn
vendredi 17 décembre 2010      
samedi 18 décembre 2010 8-4 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
dimanche 19 décembre 2010 8-5 : Compétition Les foulées andelysiennes Les Andelys
lundi 20 décembre 2010 9-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn  
mardi 21 décembre 2010 9-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 22 décembre 2010 9-3 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 15x(100m en 22s / 50m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 23 décembre 2010     Rouen
vendredi 24 décembre 2010 9-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 25 décembre 2010 9-5 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 5x(800m en 3mn14s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
dimanche 26 décembre 2010 9-6 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
lundi 27 décembre 2010 10-1 : Seuil + 20mn à 135puls/mn + 10mn à 162puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
mardi 28 décembre 2010 10-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 29 décembre 2010 10-3 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 12x(200m en 46s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 30 décembre 2010     Rouen
vendredi 31 décembre 2010 10-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 1 janvier 2011 10-5 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 4x(1000m en 4mn4s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
dimanche 2 janvier 2011 10-6 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
lundi 3 janvier 2011 11-1 : Seuil + 20mn à 135puls/mn + 15mn à 162puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
mardi 4 janvier 2011 11-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 5 janvier 2011 11-3 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 10x(300m en 1mn10s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 6 janvier 2011 11-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
vendredi 7 janvier 2011      
samedi 8 janvier 2011 11-5 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
dimanche 9 janvier 2011 11-6 : Compétition Championnats départementaux de cross Évreux
lundi 10 janvier 2011 12-1 : Récupération 30mn à 135puls/mn  
mardi 11 janvier 2011 12-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 12 janvier 2011 12-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 3x(1200m en 4mn56s / 200m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 13 janvier 2011     Rouen
vendredi 14 janvier 2011 12-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
samedi 15 janvier 2011 12-5 : Seuil + 20mn à 135puls/mn + 10mn à 162puls/mn + 5mn à 126puls/mn + 10mn à 162puls/mn + 10mn à 135puls/mn  
dimanche 16 janvier 2011 12-6 : Endurance 45mn à 135puls/mn  
lundi 17 janvier 2011 13-1 : Fractionnés courts 2000m à 135puls/mn + 8x(400m en 1mn34s / 100m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
mardi 18 janvier 2011 13-2 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
mercredi 19 janvier 2011 13-3 : Fractionnés longs 2000m à 135puls/mn + 2x(1500m en 6mn15s / 300m à 126puls/mn) + 1000m à 135puls/mn  
jeudi 20 janvier 2011 13-4 : Endurance 45mn à 135puls/mn Rouen
vendredi 21 janvier 2011      
samedi 22 janvier 2011 13-5 : Fartlek dirigé 30mn à 135puls/mn dont 5x45s vite  
dimanche 23 janvier 2011 13-6 : Compétition Championnats régionaux de cross Barentin
oct. 07
2010

ENTRE PARADIS ET ENFER : MA PLUS BELLE VICTOIRE C’EST VOUS !

Posted by Eric in Untagged 

Eric

A priori, un 24h et encore moins un 24h sur piste, ça n’a rien de sexy et seuls des fous peuvent jouer au hamster sur un anneau de 400m pendant 1440mn… Seulement voilà, quand vous avez dans votre club un certain nombre de spécimens qui courent ainsi pendant 24h, 48h, 6 ou 7 jours et qu’en plus malgré leurs niveaux, ils ne se prennent pas la tête et vous font l’honneur d’être de vos amis, forcément, malgré la réticence que vous avez au premier abord, vous vous dites à un moment donné et s’ils avaient raisons, si la plénitude et la zénitude qu’ils arborent venaient de là ? Pourquoi s’infligent-ils ce que je considérais comme un supplice ? Pour l’argent ? Il n’y a pas d’argent ou si peu dans le monde de l’ultra. Pour la gloire ? Beaucoup de non-initiés connaissent les Jean-Pierre GUYOMARC’H, Pierre-Mickaël MICALETTI ? 260,024kms sur 24h pour Jean-Pierre, 860kms sur 7 jours (vainqueur des 7 jours d’Athènes 2010), 811kms sur 6 jours pour Pierre-Mickaël. Même à Évreux, leur ville, leurs exploits restent silencieux, et ils ne s’en plaignent pas, bien au contraire. Je reste cependant sceptique… Vous me connaissez un petit peu maintenant, je n’aime pas les aprioris et la meilleure façon de se forger une opinion c’est de devenir circadien. Ma première compétition horaire, un 6H, 62km. Mon deuxième 6h, abandon au bout de 2 heures 45minutes (par précaution car en pleine préparation de la Trans Aq’) et près de 29km, mon premier douze heure, 108km. J’ai toujours adoré l’ambiance et je n’ai jamais ressenti de lassitude sur des circuits d’environ 1,4km. Je sais déjà qu’un jour proche je tenterais l’aventure du double tour d’horloge et qu’à terme je tâterais à l’encore plus long. Suivant les prévisions de mon entourage, je me fixe comme objectif 170km.

En 2008, Basilio court plus de 200km à Arcueil, son récit me charme et je sais déjà que je deviendrais Circadien ici. Fin 2009, je programme mon année 2010. J’ai décidé de faire l’impasse sur les 100km de Millau pour pouvoir arriver début octobre relativement frais. Le 25 décembre, mon papa tombe malade, il ne m’accompagne que rarement sur mes courses, mais je lui fais promettre qu’après sa rééducation il m’accompagnera. Mon petit papa partira le vendredi 2 avril à 20h42mn.

Seulement, voilà, depuis l’Ultra 6000D, mon pied droit me dérange (déplacement du scaphoïde) et m’empêche un entraînement sérieux. Ainsi, si les courses courtes passent à peu près, je plante complètement les 100km des étangs de Sologne par manque d’entraînements à allure spécifique et de sorties longues. Mon ostéopathe replace le scaphoïde et le marathon du Médoc passe plutôt bien. Trop tard pour bien préparer mon 24h d’autant qu’après le scaphoïde, c’est le syndrome de Morton qui a décidé de m’ennuyer. Si la douleur est supportable lorsque je cours lentement (Paris-Versailles me sert de test), elle se réveille lorsque je cours au-delà de 10,5km/h pour devenir insupportable à 15km/h. Comme je ne devrais pas courir plus vite que 10km/h, je ne suis pas trop inquiet. Reste à savoir comment se comportera mon pied droit sur la longueur de l’épreuve. Le manque flagrant d’entraînement me fait revoir mon objectif à la baisse, 150km. J’ai un peu peur que cette fois mon endurance naturelle et ma capacité à bien récupérer ne suffisent pas et puis, j’ai toujours un surpoids important (près de 9kg) qui risque de réveiller mes douleurs aux genoux d’autant que nous courons sur une piste d’athlétisme et que ce genre de surface est très traumatisante.

La date fatidique approche, je me fais une check-list pour peaufiner mon organisation.

La nourriture : 1 cake salé ou 1 part de pain d’épice toute les 4h, une pâte de fruit ou un gel salé toute les heures, des fruits déshydratés ou des amandes, noix, noisettes à l’envie.

La boisson : 3 litres de boisson isotonique, 3 litres d’eau plate, 3 litres d’eau gazeuse, 1 thermos de café et 1 de chocolat. Je prévois de boire une gorgée toute les 10mn.

L’habillement : 2 collants de contention, 2 maillots manches longues de contention, 2 polaires, 2 coupe-vents, 1 anorak technique, 2 paires de chaussures, 1 buff, 1 bonnet, 1 cache-oreilles en polaire, 1 tour de cou en polaire, 1 paire de gants, 1 paire de sous-gants, 2 paires de chaussettes et 2 paires de chaussettes de contention.

Le confort : 1 chaise longue pliante, 1 couverture épaisse en polaire, 1 duvet, 1 sac poubelle, 1 sac à linges sales, 1 radio, 1 téléphone portable, la photo de mon petit papa. Basilio rajoutera un panneau d’encouragement et un panneau CLM.

La pharmacie : 2 bandes rotuliennes, seringues, éosine, compresses, pansements, antalgique, anti-inflammatoires, bombe de froid, huile de massage à l’arnica, bandes de strapping, sporténine.

L’organisation nous a gâtée et je n’ai pas eu trop à puiser dans la nourriture, par contre, l’ensemble de mes boissons a été bu exceptées les thermos. Je me suis changé au petit matin et mes habits ont pratiquement tous été utilisés, je prévoirais même au moins une paire de chaussures et une paire de chaussettes supplémentaires la prochaine fois. Je ne regrette pas de m’être encombré de la chaise longue tant son utilisation me fut salutaire. Pouvoir relever les jambes sans effort est vraiment un plus. La pharmacie n’est pas indispensable puisque les secours sont sur la course en permanence mais elle permet d’être autonome. Les bandes rotuliennes m’ont été d’un grand secours ainsi qu’un cachet d’antalgique et la sporténine.

Vendredi 1er octobre, je me rends chez Isabelle et Vincent qui m’hébergeront, comme lors de l’ensemble de mes courses parisiennes, à Saint-Gratien. On me bichonne, un repas pré-course idéal et je vais me coucher.



Samedi 2 octobre, je suis à Arcueil avant 9h, j’ai la possibilité de stationner la voiture le long de la piste. Certains y stationnent leurs camping-cars et y trouveront un confort supplémentaire. Je m’installe dans la deuxième tente que je partagerai avec Pierre (qui abandonnera entre la 19ème et la 20ème heures). J’accroche la photo de mon papa. Je réalise alors que cela fait juste 6 mois jour pour jour qu’il nous a laissé… Je perçois ma chasuble, N°17, le même numéro que Basilio en 2008.
J’ai le plaisir d’être accueilli par K-Dom. Je suis touché, c’est très émouvant d’être encouragé par une CAFeuse, même si K-Dom est très (trop) discrète sur le forum. Just4fun un autre CLM vient à son tour vers moi. Nous faisons connaissance. Il souffre d’une tendinite (probablement TFL) et qu’il a bien peur de ne pas finir.
Bientôt 11h et nous devons nous rendre sous la tente de départ. Je salue chaque compteur. Ma compteuse est une superbe jeune femme brune accompagnée d’une adorable bambine, je lui fais la bise et nous faisons rapidement connaissance. Le départ est donné.

Ma tactique : Partir prudemment pour voir comment se comportera mon pied droit puis maintenir une vitesse suffisante pour que je passe les 100km aux environs de la treizième heure. Je serais alors quasiment sûr de pouvoir atteindre les 150km de mon objectif. Je compte utiliser la méthode Cyrano sous la forme d’un 9/1 (9mn de course pour 1mn de marche) le plus longtemps possible puis je passerais en 4/1 pour finir probablement en marchant. Je ne me suis pas fixé d’heures pour mes pauses mais pas plus de 4 arrêts de maximum 20mn auxquels il faut ajouter des arrêts d’une ou deux minutes lorsque les besoins naturels se feront sentir.

La première heure se déroule comme dans un rêve. La petite fille et sa maman qui comptent mes tours sont choux. Systématiquement, lorsque je passe à leur hauteur, j’ai droit à un sourire ponctué d’un geste ou à d’un petit mot d’encouragement. 8,4kms en une heure, je n'ai pas trop de douleurs au pied ce qui m’encourage à augmenter progressivement ma vitesse. Au dixième kilomètre, j’ai le droit à un petit mot sur l’ardoise blanche, « Super Eric, déjà 10kms », ça fait 1h10mn que je cours.

Deuxième heure : 17,6kms, je suis si bien que j’accélère encore (peut-être à tord), l’ardoise blanche me crie « t’es génial », je souris, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que je le crois (ah… Vanité !). Le 20ème kilomètre est passé en 2h13mn et à la troisième heure, j’ai déjà parcouru 27,6kms. « Trop fort »,  me dit l’ardoise. Non d’un chien, je n’aurais jamais cru qu’un petit mot puisse faire autant de bien. Mes compteuses ponctuent chacun de mes tours d’une ola, je suis aux anges ou plutôt je me sens soutenu par deux anges gardiens. 14h... J’ai également une pensé pour mes potes qui manifestent, je sais qu’ils pensent également à moi. Nous en avons fait des luttes ensemble et j’ai un peu l’impression de jouer l’égoïste, ici, alors que mes camarades se battent pour sauvegarder nos retraites.

4h et 36,4kms que je tourne et mon genou gauche commence à être douloureux.



FredM arrive avec toute sa petite famille au moment ou je passe le 40ème kilomètre en 4h28mn. Mes charmantes compteuses viennent d’être remplacées. L C’est bon d’apercevoir alors une de mes primoCAFeuse, je commence à fatiguer, parti 24ème, je suis maintenant 12ème, mais je sais que cela ne durera pas et je songe déjà à passer en 4/1. FredM, MFredM, FredMSon et FredMDaughter me chouchoutent, l’une me lit mes texto et y répond (Merci à IsaRun, Fanny48, Steph95, Fafa, Runsk, Panda, Marilyn, Lapuce92, Kiki, Juju, Bibiche, Bea54, Sof, Marie24130 et les autres que je ne peux pas citer car les petits mots ne sont pas signés, merci à celles qui mon laissé un message sur mon répondeur), les autres accompagnent mes tours de piste. Quand je vous dis qu’elles sont adorables les CAFeuses hein !



L’un des texto  reçu est de Pontgib, il m’annonce que Basilio et lui viendront me soutenir après sa journée de travail. Je ne passerai pas la nuit seul 
J.

5h de course pour 44kms parcouru (je suis maintenant 15ème), je sens que je suis moins bien, je décide de passer en 4/1. Je pensais pouvoir tenir au moins les 6h en 9/1 et le moral en prend un coup, heureusement que FredMFamily est là car je me suis fixé une règle… Interdiction de m’écrouler devant une CAFeuse (c’est bien un truc de mec ça de vouloir jouer les costauds devant les filles !). Les 50kms sont passés en 5h48mn. FredM doit me laisser, elle reviendra dans la soirée. J’embrasse la famille et je repars, la douleur au genou est moins vive. Je prends mon téléphone et j’écoute les messages ou je lis les SMS. Je n’ai pas la dextérité d’un « djeune », d’une Barbie ou d’une Cécil pour me servir d’un clavier. La vitesse à laquelle je cours permet aisément de parler. Je décide, au risque d’exploser mon forfait, de donner en « live » de mes nouvelles à celles et ceux qui m’ont appelés. Qu’elle belle invention que la parole, les mots sont doux, enjoués, je reçois chacun comme un cadeau, j’emmagasine cet amour comme une pile son énergie, je saurai me le restituer dans les moments difficiles. Le temps passe vite au téléphone et je ne pense plus à ma course qui devient automatique.

6h : 51,2kms, je stabilise mon allure et je tourne tel un métronome. Mais que fait Just4Fun ? Il vient me souhaiter bon courage et m’annonce son abandon après un peu plus de 47kms parcourus. Ses tendinites « TFL » auront donc été les plus fortes mais je sais également qu’il reviendra et qu’il atteindra les 150kms souhaités.

7h à jouer au hamster mes douleurs se stabilisent à 3/10 sur l’échelle « Brinouillesque » et j’ai parcouru 58,4kms. Lors de mes moments de marche, je tire la discussion avec mes « coreligionnaires ». Gérard, 76 ans a couru pour ainsi dire l’ensemble des vingt « 24h d’Arcueil », il dépassera encore cette année les 111kms. L’un court son 100ème 24h ici et l’autre en est à son premier… Tous sont remplis de la même passion. Les coureurs d’ultra forment une petite famille, beaucoup se connaissent depuis des années, la rivalité si elle existe est réduite à sa partie congrue et les étoiles qui scintillent dans les yeux de ces « fous » éclairent le chemin de chacun d’entre nous.
Il n’y a que peu de jeunots ici, FredMSon le fit d’ailleurs remarquer à son papa, et même si l’esprit de compétition existe encore chez les meilleurs d’entre nous, même si, ici comme ailleurs, certains sont plus amis que d’autres, l’esprit de camaraderie est bien là. Le hasard fit que j’étais présent lorsqu’il y eu changement de leader et j’assistai alors à un comportement exemplaire et irréel, inconcevable dans les sports ou j’ai exercé ou ceux que je pratique encore. Le second d’alors se porte à la hauteur du premier, ils marchent maintenant tout les deux côte-à-côte, la discussion s’engage entre les deux champions, le changement de leader ne s’effectue que lorsque l’ancien adoube le nouveau. J’ai encore des frissons quand je repense à cela. Mais nous n’en sommes pas encore là. Revenons-en au déroulement chronologique.

Les 60kms sont franchis en 7h12mn.

8h : 65,6kms, je vais bien et je suis confiant même si la nuit commence à nous avaler. Bientôt, nous ne serons plus que des ombres… Je pense à mon papa, le passage du 70ème kilomètre se fait en 8h42mn, il est 20h42mn, il y a 6 mois à la minute près, il s’éteignait dans les bras de ma sœur et de mon frère, il me manque et mes yeux s’embuent.

9h : 71,6kms de course, Pontgib et Basilio arrivent, je manque de m’écrouler dans leurs bras tant l’émotion me tient. Pontgib fait un tour avec moi puis ils vont manger. Ils s’installent face aux musiciens qui égaieront notre nuit jusqu’à 1h du matin. Je continue de tourner, je n’ai plus envie de taper la discute alors je rentre dans mon monde. Pontgib et Basilio sont mes phares, je ne les quitte pas des yeux…  Je décide de changer de chaussures au 75ème km.

10h : 77,2kms, mon 4/1 ronronne, Basilio tourne avec moi depuis un petit moment. Il connait tout le monde ici et c’est un plaisir que d’entendre mon facétieux ami tancer mes camarades de course.
Un très court moment, mes yeux se transforment en poignard… Je ne sais pas s’il s’en est aperçu mais il repart immédiatement en (très) petites foulées. Ça fait mal, à ce moment de la course quand vous vous apercevez que vous ne courez pas plus vite que votre accompagnant qui marche. Je pense alors à ce que peuvent ressentir « mes » CAFeuses à qui j’indique parfois « ne pas courir plus vite que si vous marchiez ».
10h… Je me remémore également ce que l’on m’a mainte fois dit : « Normalement, il faut multiplier par deux le kilométrage de la dixième heure pour connaître la performance facilement réalisable sur un 24h ». Mon cerveau est encore capable d’effectuer une multiplication par 2 : 2x77,2=154,4kms. YES !
10h… Le premier vient de franchir le cap des 100km.
10h… J’aperçois FredM sous ma tente. Je suis heureux ! Je procède aux présentations et je repars.

Les 80km sont passés en 10h27mn. FredM m’accompagne quelques temps, et ce temps m’est bien agréable. C’est vraiment un plus que d’avoir une personne qui s’occupe de l’intendance. Lorsque je passe devant ma tente, j’ai ainsi droit à une purée et des nuggets de poulet bien chaud, un verre d’eau pétillante, etc.

11h : 83,6kms…
11h2mn, je m’accorde un repos de 6mn pendant lequel je pulvérise du froid sur mon genou gauche.
FredM retourne vers les siens pour la nuit. Elle reviendra demain et me propose de passer chez elle après la course, sympa d’autant que MFredM conduira ma voiture, ce que je n’aurais peut-être pas eu la possibilité de faire à ce moment.
Basilio et Pontgib ont rejoint la table des compteurs… Puis ma ronde continue !

12h: 89,6kms, l’anneau se dépeuple, certains choisissent de dormir.

90kms, 12h3mn, je réalise que dans 10kms je serai au 100. J’essaie de calculer le moment ou je serai à nouveau centbornard. Les 13h sont à oublier mais les 14h c’est jouable…
10h pour faire 50km, facile pffff !

96kms tout rond en treize heures, un coup de fatigue et je me repose 23mn. Ma première pause longue au bout de 13h, je pourrais encore m’accorder 3 arrêts de ce type lors des onze dernières heures. Pas de panique, je suis serein.

13h54mn : 100kms ! Basilio et Pontgib ont coiffés des perruques de Hippies et me font la fête, soufflent dans des cornes, applaudissent à tout rompre. Je ris bêtement et je pense que j’ai de la chance d’avoir des amis de cet acabit. Je serre un poing rageur, je l’ai eu mon cent bornes avant les 14h. D’un coup d’un seul, les larmes envahissent mon visage à tel point que je ne peux pas courir le tour d’après, je l’aurais mon 150... Je me calme et m’essuie, je ne veux pas que mes amis me voit ainsi.

14h : 100,6kms. Je réfléchie 30s…
Je ne suis pas trop atteint. Les douleurs n’ont pas beaucoup évoluées, disons 4 sur l’échelle « Brinouillesque ».
Deux solutions, je continue le 4/1 pour maintenir une vitesse de course moyenne de 7km/h au risque d’augmenter la douleur ou je passe à la marche et je boucle mes tours en un peu plus de 4mn (un peut moins de 6km/h) ?
Je pense aux « Bretonnes » que j’espère bien pouvoir accompagner la semaine prochaine ; aux 2 ou 3 marathons qu’il me reste à courir avant la fin de l’année.
Hors de question que je rate « Nice-Cannes » et nos provençales, ni La Rochelle et le super bichonnage que « mes » CAFeuses m’ont offertes. D’autant que j’ai une jeune mariée à accompagner là bas chez les « Chouans ».
J’opte pour ce que je croyais-être la prudence… J’informe Basilio et Pontgib de mes intentions et je repars de plus belle. Je tourne bien.
Quinzième heure, 106,4kms.

Les 110kms sont passés en 15h32mn.

Seizième heure : 112kms officiellement, je jette un coup d’œil à mon chrono, 112,8kms…
Je ne comprends pas, alors que mon accéléromètre n’avait que 200m d’écart avec la mesure officielle au 100km, en 12km seulement il y en aurait 600m de plus.
Je jette un regard tueur en direction de Basilio qui est alors mon compteur. Le tour d’après, je lui demande de vérifier mais pour lui ça correspond (excuse mon attitude, mon ami, la fatigue est bien mauvaise conseillère dans ces moments là)…
Je suis dépité et mon moral en prend un sacré coup ! J’ai envie d’abandonner, bref, je fais mon Caliméro et je rentre dans ma coquille. Malgré les efforts que font mes amis pour essayer de me dérider (déguisements en tout genre), je reste fermé et je ne cause plus… Je me contente d’avancer.

17ème heure : 117,6kms, les 120kms sont atteint à H+17h17mn. La douleur alors limité au genou gauche se déplace alors en s’accentuant fortement sur le genou droit, à moins que brusquement le nouveau mal couvre l’ancien. Sur l’échelle « Brinouillesque », je dirais que la souffrance monte brusquement à 7.
17h41mn je suis contraint de m’arrêter 23mn pour appliquer une projection de froid sur mes deux genoux et enlever les bandes rotuliennes.
Mon genou droit à presque doublé de volume. J’essaie de repartir...

18h : 121,2km.
Je m’arrête à nouveau après 18h7mn de course, j’essaie de me reposer dans ma chaise longue mais le bruit extérieur m’en empêche. D’autre part, la douleur est encore plus importante au repos. Je repars donc après 5mn.
Tel un zombie j’avance. Toute mon attention est portée sur ma souffrance.
J’essaie cependant de faire bonne figure lorsque je passe devant mes amis. 18h44mn, je préviens Basilio que je dois me reposer et que je vais en salle de repos.
J’ai un mal de chien à m’allonger sur le matelas posé à même le sol. La pause du genou douloureux est impossible. Je compte sur un court repos pour me remettre en selle, je dormirai (mal) 1h30mn. Le levé est difficile et me demande dix bonnes minutes.
La douleur est toujours présente et s’élève maintenant à 8/10. Je décide d’abandonner. Je me rends à la table pour annoncer ma décision.
« Il te reste 4h à tenir, tu ne peux pas abandonner maintenant, pense à tes CAFeuses » me dit Basilio et Pontgib de rajouter « Tu fais comme tu veux Eric, mais nous on est venu spécialement pour te voir ! », j’entends derrière moi un « Non, Eric, pas si près du but ! » c’est Mireille, l’organisatrice de ces 24h et elle rajoute « tu es pâle et tu trembles, c’est le froid qui te met dans cet état, va te couvrir et tu repars. »
Alors, tel un enfant, j’obéis, je me change entièrement, je me couvre d’un maillot de corps, d’un polaire, d’un coupe vent et comme j’ai encore froid, sous l’injonction de Mireille, j’enfile mon anorak, Basilio me dit de me couvrir d’un bonnet et je décide d’enfiler mes gants… Il fait 9°C, j’ai l’air de quoi déguisé en esquimau
J.
Pierre mon colocataire a plié le camp, je regrette de ne pas lui avoir dis au-revoir 
L. Mais je repars et à ma grande surprise, les sensations vont en s’améliorant, la souffrance a diminué (6/10). Je m’essaie même à recourir, ça passe mais je préfère jouer la prudence.
Je sais que mon objectif c’est envolé.
Lorsque je passe devant les potos, je leur annonce : « 140, nouvel objectif ». Ils me sourient d’un air entendu et ça me fait du bien. La chaleur m’envahi petit à petit, à chaque tour j’enlève une couche. Le soleil maintenant bien présent me chauffe la couenne et c’est presqu’aussi bon qu’un bisou de gendarmette.

20h de course pour 123,6kms, ma sieste m’a fait reculer de la 16ème à la 20ème place. Mes deux premières compteuses arrivent, leurs sourires suffisent à relever presque définitivement le gaillard.

21h : 127,2kms, plus que trois heures. Mickaël, qui n’est pas encore premier (il a près de 5kms de retard sur Olivier et est 3kms derrière Régis), marche à mes côtés.
C’est son deuxième 24h, lors du premier il avait couru 179,6kms et il était privé du championnat de France pour 400m. Son but n’est pas alors de gagner mais de se qualifier. Je sais qu’il peut remonter son retard, Olivier est contracturé de partout et je m’attends d’ailleurs à le voir stopper par le médecin à chaque tour. Mais cet homme, c’est du roc, il marche encore vite et je suis stupéfait et admiratif de le voir continuer malgré les rictus de douleur qui marquent son visage.
Régis lui tourne encore bon train, mais des crampes l’empêcheront de continuer à courir en permanence.

Les 130kms sont tout de même passé en 21h12mn.
Une qui semble en pleine forme, c’est Monique. Le matin lui a été bénéfique car elle galope comme une gazelle et dire que durant la nuit, je m’attendais à ce qu’elle abandonne à chaque tour.
Jeannick, notre V3 ainsi que Gérard (V4) se sont pausés un instant et le repos à agit comme une fontaine de jouvence… Ils filent deux fois plus vite que moi.
Il faut bien avouer qu’en matière de vitesse  je ne peux que difficilement servir de mètre étalon.

22h : 132kms, la chaleur est maintenant bien présente. Je suis mieux, je me surprends même à m’amuser lorsque je vois Franck rejoindre en courant (alors qu’il ne courait plus depuis un bon moment) le milieu du stade pour jouer avec un petit yorkshire qu’une jeune femme vient d’amener. Il n’y a que sur ce genre de course ou l’on peut voir des choses comme cela.
La balade continue, le temps est propice aux confidences…
Pierre et moi échangeons nos impressions tranquillement comme si nous nous connaissions depuis de longues années.
Mickaël, lui est reparti, rien ne semble plus pouvoir arrêter sa course vers la victoire.
Pierre et moi sommes ravis et nous l’encourageons à chaque passage.





23h : 136kms, je vais bien mais allez savoir pourquoi, 45mn plus tard alors que j’approche les 140kms mon mental part en vrille, d’un seul coup… Il faut que je m’arrête, j’en fais part à mes amis qui me crient un immense « NON ! Tu marches » accompagné de regards et de gestes qui ne me laissent pas le choix. Je ne me pose aucune question et j’obéis.
C’est à ce moment que FredMFamily arrive, je n’ai plus le droit de m’arrêter maintenant d’autant que FredM m’accompagne et que ce n’est plus que du bonheur.

Plus que 10mn, les 140kms viennent d’être franchi. 9, 8, 7, 6, je vais même dépasser les 141. Pontgib et Basilio me crient leurs fiertés, FredM est toujours là accompagnée maintenant de toute la famille, 5, 4. Mireille nous explique que lors du premier coup de feu, il ne restera plus qu’une minute et qu’il faudra s’arrêter au deuxième, enlever sa chasuble et la poser au sol pour que la distance soit mesurée.
3, 2, 1 (premier bang !) les coureurs se mettent à sprinter Jean qui avait 100m de retard sur moi, me dépasse sans que je réagisse mais comme il y a déjà quelques temps que j’avais doublé Pascal, je conserve ma 20ème place. 0 (deuxième bang !), je serais mesurer à 141,130kms, mon accéléromètre en indique 143,99kms.
Pas grave ! Je n’aurais de toute façon pas pu atteindre les 150kms.
Je pense comprendre d’ailleurs maintenant comment fonctionne le comptage.
Contrairement à ce que je faisais, il faut que j’arrête et que je reprenne la course devant le compteur et pas quitter la course à un autre endroit car les, par exemple, 300m que j’effectuais avant ma pause ne m’étaient pas alors comptabilisé.

Épilogue :

Que dire si ce n'est que vous êtes formidable, vous avez été, avec Basilio et Pongib qui m'ont encouragés jusqu'à la fin, mes meilleurs soutiens.
40 texto pendant la course (une vingtaine après), plus de 25 messages sur mon répondeur et je ne découvrirai ceux de la matinée de dimanche qu'arrivé à St Gratien car mon téléphone a explosé sous la quantité (message d'erreur).
Un grand merci également à FredM, à MFredM et à leurs loulous, merci également de m’avoir transporté chez vous, de m’avoir permis une douche confortable et un repos, si ce n’est mérité, au moins réparateur.
K-Dom, ravi d’avoir fait ta connaissance et merci d’être venu.
Cela fait vraiment du bien de voir des amis qui vous soutiennent sur ce genre d'épreuve.

Une première analyse :

Je me savais mal (pas) préparé. En effet depuis ma blessure sur l'ultra 6000D, je n'ai couru qu'une course de montagne, une petit course plaisir, un cent km (en fait 75), un quinze en off, le marathon du Médoc et Paris-Versailles.
Pour limiter les douleurs du d'abord au déplacement de mon scaphoïde puis à mon syndrome de Morton, je n'ai, depuis le 24 juillet, pas effectué de sorties longues, ni de séances de qualité. Un 24h ne s'improvise pas et mon manque d'entraînement est réellement la cause de mes déboires auxquels il faut ajouter mon surpoids qui sur une piste d'athlétisme à mis en difficulté mes articulations. Ma dernière préparation sérieuse a été l'ultra de la 6000D et jusqu'à ma blessure, je l'ai vraiment bien contrôlé.

Quelques remarques, faire le hamster sur une piste de 400m n'est vraiment pas monotone tant l'ambiance y est bonne. Les compteurs de tours sont des gens adorables et les erreurs éventuelles de comptage sont compensées largement par un contact, un petit mot, un sourire qui vaut toutes les puces électroniques du monde.

Les quelques coureurs circadiens valent, par leur humilité et leur compassion, tous les champions ultra rapides que l'on voit (mais que l’on ne fait que voir) sur les courses rapides.

Conclusion :

Jamais je n'ai autant souffert physiquement et mentalement sur une course. Mais après le traditionnel "plus jamais ça", je pense que je retenterais l'aventure mais cette fois ci, il faudra que je me donne les moyens de la réussir...

Quel est l'intérêt de ce genre de course :

C'est une expérience qui même si elle ne paraît pas sexy, vaut de surmonter ses réticences. Humainement c'est une aventure passionnante qui vaut d'être tentée... Certes, il n'y a pas les magnifiques paysages que l'on rencontre en trail ou en Ultra-trail, certes, il n'y a pas la sensation de vitesse que l'on rencontre sur les courses sur route. Certes il n'y a pas la découverte de nouvelles cultures que l'on découvre lorsque l'on court à l'étranger.
Mais la grenouille des contes de fée existe, je l'ai rencontré, la beauté de ce genre de défit ne se rencontre qu'à l'intérieur.
La fatigue et la souffrance aidant permettent aussi de tirer de notre passion qu'est la course à pied, sa substantifique moelle.
La course à pied à ceci de magnifique qu'elle se décline d'innombrables façons et je veux tant que je le peux en goûter un maximum.

sept. 28
2010

24 heures d'Arcueil - Dominique Philippot

Posted by Eric in Untagged 

Eric

   Ligne droite au tournant

Grosse déception, je suis sur la liste d’attente au 01 juillet 2008 pour cette compétition d’un nouveau genre pour moi : 24 heures de course à pied. Il faut être convaincu pour s’engager. Mon nouveau challenge sera celui ci et cela me paraît une bonne évolution vers d’autres objectifs tel que l’ultra trail. Je vais pouvoir évaluer mes capacités sur longue durée en endurance sur terrain plat. Je m’étais presque fait à l’idée d’être supporter de Catson alors que rentrant du marathon du médoc et de cette première longue sortie du mois de septembre , 06h00 tout de même, j’apprends que je suis inscrit au 24h, car il y a eu des désistements. Tout s’enchaîne très vite alors. La surprise pour Catson de me voir inscrit 15 jours avant, mon entourage étonné, et mon obligation de continuer mon entrainement assidûment.

J’avais intégré l’idée de faire un marathon 30 ans avant de le faire mais un 24 heures en course à pied, jamais je n’y avais pensé. J’avais pourtant été supporter en 1979 d’un 24h de marche athlétique, épreuve sélective au fameux Paris-Strasbourg…Durant quatre années, je n’ai fait qu’un marathon par an et le même, puis la cadence s’est accélérée, le goût de la course et du voyage et des nombreuses rencontres ont  fait le reste. Après de bonnes sensations, le corps est déclaré apte a tenté d’autres aventures.

Durant toute la semaine qui précède cette course,  préparation de mon sac et suivant les bons conseils de Pompier22, j’emmène un cageot pliable, l’exposition de mes affaires étant plus pratique. Visuels et broderies sont confectionnés pour cette occasion.

Mon sac à dos digne d’un aventurier, le maillon fort,  ma voisine Letizia et supportrice dont la promesse de m’assister datait de deux mois.
Nous voilà au stade.la course est à 11h00, il est 10h00, j’ai pris mon dossard le 17, nous sommes 33 coureurs. Le pointage des tours se faisant manuellement, il faut donc compter sur un certain nombre de pointeurs bénévoles qui  devront se relayer sur 24h00.

L’ambiance est plutôt sereine, je maitrise mon euphorie. Une crise de fou rire au départ de chez moi à cause de Letizia « ma manager » enfilant son dossard de supportrice fait maison et qui l’avait boudiné, m’avait ôté quelques énergies. Je suis vraiment très détendu et loin d’un stress d’avant marathon, je sais que je vais courir à l’allure footing. Je salue les bénévoles, j’offre quelques cadeaux à mon pointeur et une fiche de présentation. Nous allons former un couple durant 24 heures. La photo des coureurs avant le départ, l’installation dans mon stand partagé et déjà le coup de revolver. Mon buff « courir le monde » sur la tête, un short , un tee-shirt assez épais , me voilà parti pour 24h00.Mon objectif minimum 144 kms car cela correspond à une marche de bonne randonnée, à 06kms heure cela doit être jouable , mon objectif secret la barre des 200.

Je ne sais pas courir très lentement, toutefois je peux courir moins vite qu’en entraînement, 11,5 kms heure. Je découvre la piste, le tartan est moins confortable que la piste que je connais en Normandie mais ca va. 09 heures de course où j’entends scander que je suis le premier .Quelques heures de gloire.Ma supportrice, elle sera rejoint par deux autres supportrices, Barbie est là, ainsi qu’une très bonne amie Chantal. Mon stand doit être celui où on s’amuse beaucoup de mes exigences. Mon amabilité a fait place à une certaine  intransigeance, Letizia m’avait prévenu de son inexpérience, tandis que la femme de Catson était en tout point remarquable .Mais j’ai pris sur moi et cela au final n’a pas été trop pénalisant. Le passage de la crème anti-échauffement très efficace (aptonia) que j’ai mis qu’une fois , le passage des 5 gels en 24 heures, les cachets de sportenine , 5 également durant la course, les gorgés d’eau vittel énergie , deux bouteilles de 75 cl en courant qui ont contrains d’abord Letizia puis Barbie à courir à mes côtés, le changement de tenue, uniquement le haut, du tee-shirt je suis passé au juste corps skin, puis a la veste coupe vent et j’ai du dans la fin de nuit mettre un polaire entre les deux, le passage des lingettes eau de Cologne (trop sèches d’ailleurs) pour retirer le sel, quelques nourritures, le passage en main droite , le changement de casquettes etc.….vraiment il aurait fallu une caméra, car je crois que tout le monde s’est bien amusé.
Mon challenge : ne pas s’arrêter, et surtout pouvoir continuer sur un rythme constant, les petits arrêts, évidemment ca coupe les jambes. Quels sont-ils : les arrêts pipi, 5 fois sur le bord de la piste, (pratique pour les hommes) et deux arrêts toilettes. Les marches sur la pistes, au diner, 2 fois 400 mètres, au souper 1 fois 400 mètres, pour le thé trois fois, fatigue où lassitude de courir disons cinq tours, grand maxi.
Pour le diner, j’ai eu de la chance car tous mes supporters étaient à mes côtés, assiette de charcuterie à droite, fromage à gauche…c’était folklo.

Lassitude de courir peut-être mais pas de la piste, en fait je n’ai pas connu la monotonie, j’ai pu parler avec quelques uns après la première partie de l’épreuve. Catson m’a devancé avant le 100km et ai resté quelques heures premier.J’ai pu discuter et courir avec Christine (VH2 ,182kms) assez longtemps, nous étions en bonne harmonie, nous n’avions même pas besoin de parler, elle m’a bien aidé à conserver le rythme, elle est adorable et a beaucoup d’expérience. J’ai couru aussi aux côtés de Christophe, le champion, il allait encore vite après 130kms, d’ailleurs il savait qu’il rattraperait des gens inexpérimentés qui se grilleraient un peu avant les 12 heures. Il y a-t-il un mur sur une telle course ?oui, entre 70 et 75 kilomètres j’ai eu un petit coup de manque d’énergie, réparé rapidement avec quelques nourritures. Je n’ai pas voulu mangé trop tôt et respecté mon horloge biologique, cependant j’ai essayé de ne pas négligé ma consommation d’énergie.

Mes soucis ont été, la vigilance du pointage, certains étant plus attentifs que d’autres, j’étais soucieux qu’aucun ne rate mon passage. Sachez que cela est très difficile entre tourner à allure régulière et passer tous les 3 minutes, puis 6 minutes et quelquefois plus et quelquefois moins, vraiment c’est un travail fatiguant. 500 tours = 500 pointages, ce n’est pas une mince affaire. Ces bénévoles doivent être vivement remerciés .Et le temps qui s’égrène, à chaque tour, on peut lire le temps couru, la journée défile.11h00, il fait jour, le climat est  tout de même très clément, l’après midi est même assez douce, j’avais hâte que la fraicheur revienne et vraiment ce fut idéal vers la fin d’après midi puis j’attendais patiemment de courir de nuit.
Il y a eu une sonorisation durant toute la course, un trio de percussion au départ, puis de la musiques diverses, quoiqu’ on a du entendre la compilation complète d’Aznavour.Nous entendions cette sono que durant la moitié des 400mètres et le soir après l’orchestre qui est resté jusqu’à 00h00 au moins, merci à eux, la musique m’a semblé plus douce. La nuit est sereine. Le problème sur une distance aussi courte, c’est qu’il est difficile d’avoir des moments longs de total détachement car nous passons très vite au pointage et aux ravitos, la nuit pourtant m’a semblé plutôt agréable et ce malgré le fort vent et la pluie qui est tombé par intermittence.

A chaque tout je voyais, ma supportrice, sur son transat, profondément endormie, à côté d’elle un coureur qui l’imitait de temps en temps, c’était croisière sur le Nil sur le pont du bateau. Je n’ai dérangé personne, j’ai fait mes petites affaires tout seul .L’aube a mis du temps à arriver, beaucoup était sur la piste tout de même, trottinant, marchant et courant. Le numéro 19 commençait à me doubler souvent, je m’étais déjà habituer au dossard 35, là c’était un peu agaçant lol. Les calculs commençaient à se faire de ma tête, à 05h00 de la fin, on me disait que haut la main, les 200 étaient dans la poche, hors à 05h00 j’étais à 166kms  donc oui c’était largement possible, pour faire 34 kilomètres, ben voyons. Mais faut croire que le temps avance plus vite que mes jambes et c’est à 03h00 de la fin que mes premières angoisses arrivent, Catson qui avait 04 kilomètres d’avance sur moi s’arrêtent brutalement, je le vois à chaque tour dans son stand sous une couette, sa femme auprès de lui, des encouragements le poussant à continuer sa course, je suis béat et vraiment très triste. Les émotions commencent à émerger, à 22heures de course je suis à 184,400, en deux heures je dois faire 15kms 600, ca va me dis je, à 01h00 de l’arrivée je suis à 191,200, je fais donc du 7 kms heure, c’est juste, j’accélère et je pense en avoir fini et pouvoir après avoir passé les 200kms finir en trottinant et ben non !!! je n’ai trop pas compris car à 30 minutes de la fin, il me restait encore 05 kilomètres, il a fallu donc que je termine en sprint après 23h30 de course à pied !A 02’40 les 400 mètres , j’ai fait un beau spectacle de fin, et là je peux vous dire, que j’avais le regard concentré, l’allure coupe vent , à chaque tour c’était presque la Ola, l’émotion me submergeait et après le coup de corne qui indiquait enfin mon passage des 200kms, je continuais à courir, pour finalement m’arrêter au premier coup de pistolet indiquant que dans une minute tout le monde devait s’arrêter de courir , je n’avais pas bien compris, j’ai couru de nouveau alors pour atteindre ces 220 mètres supplémentaires. Chantal, ma supportrice a traversé la pelouse pour venir me soutenir et là dans ces bras j’ai versé mes larmes de victoires.

Rhabillé, tremblotant un peu, un cachet d’aspirine, et  marchant comme un petit enfant, nous dirigeons tous vers la cérémonie de remise des prix. Je reçois pour mon premier podium sur lequel on a du me hisser, une très belle coupe de troisième. Catson, premier senior reçoit aussi une coupe. Tout le monde se sépare après le repas buffet. Il y a eu durant cette course l’expression de l’esprit et du corps, certains ont eu à gérer des problèmes gastriques, de fatigue, de muscles, d’articulations (un ostéopathe était présent), mais la victoire était là présente pour tout le monde. L’organisation était impeccable, les ravitaillements étaient abondants, (les raisins étaient une excellente idée).La ligne droite est après le tournant après la ligne droite mais l’arrivée est toujours en face de soi.

Des séquelles : moins de courbatures qu’après un marathon, mais un tendon releveur pied gauche inflammée car j’avais une chaussure beaucoup trop serrée, que j’ai desserrée bien trop tard. Pas de mal de dos, une perte de poids normal .Un genou un peu douloureux deux jours. Ce qui est à constater c’est une excitation du corps assez longue et des jambes qui pétillent. Je le referai car je sais que je peux faire mieux.

août 11
2010

ULTRA 6000D : BON POUR RECOMMENCER !

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Bonne nouvelle !

L’ultra6000D ne sera pas le même jour que Marvejols-Mende en 2011.

Ben oui, il me reste 9km à courir, mais comme ils ne voudront jamais que je ne cours que cette distance, je suis bien obligé de parcourir les 101 premiers petits kilomètres non ? Mais il est hors de question que je rate Marvejols-Mende une deuxième année d’autant que j’espère bien accompagner Fanny48 l’année prochaine…

Mais revenons à l’édition de cette année…

Dans un premier temps, j’avais inscrit la promenade à mon calendrier conditionnée cependant à ma récupération de l’Intégrale de Riquet. Un deuxième projet devait annuler cette décision, une petite sortie off sur trois jours en Lozère avec Cécil (4 étapes de 25 à 30km par jour sur le causse de Sauveterre, les gorges du Tarn, le causse Méjan et le Mont Lozère), histoire de mettre à profit le stage trail qu’elle devait effectuer du côté de chez Maylïs, le week end précédent. Pour différentes raisons, la vie suivant son cours, pas toujours de la façon dont on le souhaiterait et à mon grand désappointement, Cécil se vit dans l’impossibilité, et de faire le stage et d’effectuer notre jolie flânerie. Mes vacances étaient posées, je n’allais pas les annuler et puis, le moral n’était pas au mieux, je devais réagir avant qu’une dépression ne m’anéantisse complètement… Trois semaines après les chemins de hallage du canal du midi, je décidais donc de profiter de mon endurance acquise (plus de 120km/semaine en moyenne depuis la Balade de Riquet) pour me tester en montagne comptant, une fois de plus sur mes pieds pour sortir la tête de l’eau.

La course se court le 24 juillet… Je réserve donc un appartement à Belle-Plagne à 2075m d’altitude dès le 21 juillet, espérant ainsi profiter des beautés et des bienfaits de l’altitude.


Je dois bien avouer que je suis un peu inquiet… Même si je ne ressens plus aucune fatigue de mon escapade et que je suis habitué à courir en montagne, j’ai peur de souffrir sur les longues montées. D’autant que la dernière côte que j’ai gravie, remonte à l’Aubrac Aventure Trail et que la plus longue grimpette effectuée n’était que de 14km. Il m’avait fallu plus de trois heures pour l’effectuer. Alors imaginez une ascension de 20km avec encore plus de dénivelés… Bon, la comparaison entre les deux courses s’arrêtent ici car les montées et les descentes de la course Lozérienne sont beaucoup plus techniques que celles de l’ultra 6000D. Ici, c’est la durée de l’effort qui prime sur l’habileté du geste.

J’arrive donc pour midi à Belle-Plagne, je suis très agréablement surpris, mon appartement est grand (de quoi coucher 6 personnes), bien agencé avec une grande terrasse privative et deux salles de bain dont l’une est équipée d’un spa. La résidence possède une piscine, un sauna, un spa collectif et surtout, comble du bonheur, d’une salle de massage ou officie Anna. Inutile de vous dire que j’allais profiter de tous ces équipements ? Dès 9h, le lendemain, je confiais mon corps aux bons soins d’Anna. Merveilleuse Anna, qui devait dénouer mes muscles mis à mal par 8 ultras couru en moins d’un an. Massage,  piscine, sauna, spa, jamais ma personne n’avait été aussi bichonnée avant une course. Et dire que l’on m’avait dit qu’il fallait éviter cet enchaînement avant de courir ! Certes mes muscles étaient détendus, ils risquaient de râler lorsque deux jours plus tard, je les solliciterais mais dieu que j’étais bien éloigné d’une réalité qui, ces derniers temps, m’oppressait. Tout le monde y l’est beau, tout le monde y l’est gentil, atteindre un tel niveau de béatitude sans produits illicites, ça faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Seule petite ombre au tableau, la météo est incertaine, mais cette fois ci, contrairement à mon aventure lozérienne, j’ai prévu les habits en conséquence (3 tenues complètes en fonction du temps et de l’état du terrain).

Vendredi, je redescends dans la vallée, 20km plus bas, pour récupérer mon dossard. Surprise, je n’y rencontre que des Normands ou presque, un Caennais et deux coureurs du Val de Reuil inscrits sur l’Ultra. Ils espèrent tous finir entre 14h et 16h (un autre monde donc…) et un ébroïcien inscrit sur la 6000D. Je m’informe si Barbie a retiré son dossard, il n’est plus là. Elle est donc arrivée. Lorsque je l’avais eu au téléphone le midi, elle était coincée dans les embouteillages à Lyon. Je sais qu’elle à plusieurs rendez-vous presse donc, je ne cherche même pas à la retrouver. Je la verrai le lendemain.

Sur le village, je retrouve Isa13 et MIsa13 qui court la 6000D, une bise, une photo, le temps d’acheter une paire de Five fingers, histoire de faire un peu bisquer Japhy (ce que je fais dans la foulée en lui envoyant l’image en texto) et je me rends à la Pasta.

Je fais connaissance d’un néo-trailleur rapide, ancien cycliste, mais sujet aux blessures. Nous échangeons sur nos expériences respectives et sur un aspect certainement plus important en trail que sur route, le matériel, l’intérêt des bâtons, les différents modèles de sacs, de chaussures… Bref rien de plus banal en fait ! Mais il me reste une bonne demi-heure de route et je veux me coucher tôt. Il n’est pas encore 20h30mn que je suis déjà remonté. Je m’informe de la météo locale, et je prépare méticuleusement mes affaires pour cette nuit. Le matériel obligatoire qui normalement ne sert jamais est rangé dans le fond du sac (boussole, couteau, sifflet). Je mise plus sur le confort de course que sur la légèreté. Donc je privilégie l’anorak North-face au coupe vent léger de Raidlight, un maillot technique de rechange et surtout 2 paires de chaussettes supplémentaires dans un sac plastique pour les préserver de l’humidité. Une trousse de secours complète, une batterie de rechange pour ma frontale, un billet de 20€, mon téléphone portable et ma CB dans un sac étanche. Ma nourriture sera constituée de fruits secs (salé et sucré) pour ne pas générer de déchets et de sporténine. Une réserve de 2l d’eau plate dans la poche à eau et une gourde de 0,8l à la ceinture. Je préfère les chaussures Salomon au Brook plus confortable dans les descentes sur rocher ou en pierrier. De bas en haut, je serais habillé de chaussettes mi-hautes hydrofuges, des manchons de contention Raidlight, d’un corsaire Salomon, d’un maillot de corps Falke, d’un maillot Helly-Hansen, de manchons Gore, de gants de cycliste Adidas, d’un buff autour du cou et d’un autre sur la tête. Les lunettes de soleil sont accessibles la frontale dans la poche extérieur du sac et les bâtons sont prêts.

Le réveil sonne à 2h30mn, Je déjeune correctement, une douche puis je m’enduis la presque totalité du corps (tout ce qui est couvert) d’une couche épaisse de Nok (2 tubes sont nécessaires). Je m’habille, une dernière vérification et je pars. Il est 3h30mn.

4h10mn, après l’ultime passage aux toilettes publiques, je me dirige vers le sas de départ, j’y aperçois Barbie. Je passe le contrôle sans problème, vidant mon sac et le rechargeant sans même m’en apercevoir. Je fais une bise à Barbie en pleine discussion avec Sylvain, journaliste comme elle. Je m’assois le long des barrières et je l’observe. Je la trouve changée… Fini la petite fille modèle anxieuse presqu’angoissée mais aussi insouciante que j’avais rencontré à Millau, les traits sont plus fermés, la taille et les muscles bien dessinés maintenant, l’apparente décontraction et le délicieux humour cachent mal, pour qui la connait une concentration et une volonté que l’on devine résolues. La princesse des contes d’antan s’est transformée en héroïne de Manga. Blanche-Neige est devenue Lara Craft. La frêle coureuse s’est muée en ultra-trailleuse accomplie. Certes, on reconnait encore quelquefois la Barbie au diadème, l’histoire de la poche à eau ou des gants perdus sont là pour perpétuer la légende… Je sais également que la belle n’a besoin de personne pour réussir ses défis et pourtant, je ne peux pas m’empêcher encore de me faire du souci. On ne se refait pas !

Bon, il est temps de se remémorer le scénario de la course…

Je cours sur le bitume, mais interdiction de dépasser le 8km/h, dès que ça monte, je marche, sur le plat, je récupère en marchant vite et dans les descentes, je lâche les chevaux. Je compte rester en dedans jusqu’à ce qu’il ne me reste plus qu’un marathon à courir (environ le 68ème km), surtout ne pas puiser dans mes réserves avant. La seule chose importante, c’est de maintenir une vitesse moyenne supérieure à 4,4 km/h qui permet d’arriver dans les délais.

5h5mn le départ est donné et j’ai déjà perdu Barbie…


Nous quittons Aime (673m) rapidement, les premiers kilomètres se courent sur route puis sur une piste forestière qui monte doucement, presque régulièrement jusqu’à une ferme isolée « Les Esserts » (857m). On s’enfonce ensuite dans la forêt par un petit monotrace au sol relativement meuble. Je me mets donc en mode marche car le chemin est assez raide. Ce type de terrain ou il faut grimper en souplesse ne met pas favorable, mon poids est un handicap et ma marche habituelle, trop en force ne me permet pas de rivaliser avec bons nombres. Suivant les usages du trail, je me gare donc souvent sur le côté pour laisser mes camarades passés. Après quelques kilomètres de ce régime, voici Longefoy (1180m), je me remets à courir sur environ 300m puis nous empruntons une piste  avant d’arriver à Montalbert (1350m). Encore un peu de route puis nous cheminons maintenant entre forêts et alpages jusqu’au télésiège des coqs (1802m) qui voit nos pas se séparer de ceux qui courront sous peu la 6000D. Je maintiens à la perfection les allures que je m’étais fixé. Je suis bien, seul, la plus part du temps, je savoure. Plus de forêt, nous courons maintenant entouré de vaches. Malgré les hauts sommets environnant, la présence de ces ruminants rend ce paysage paisible. Le chalet des Étroits (2246m), premier point de contrôle annonce la montée sur les crêtes qui nous amène du Pas des Brebis (2321m) au col du Martinet (2381m). Il fait frais, le vent souffle mais le panorama qui nous est offert est à couper le souffle, les nuages nous enveloppent et nous incite cependant à courir sur ce chemin vertigineux, étroit mais facile. En effet, le froid nous saisi lorsque l’on marche ou lorsque se met en mode contemplatif. La descente sur la Plagne (1979m) est un plaisir, je fonce, je rigole tout seul, je suis heureux d’être ici dans mon élément. Le ravitaillement et le deuxième point de contrôle nous attend, 4h10mn16s de course pour 26.84km, je suis largement dans les temps. Je m’y arrête 15 bonnes minutes, téléphonant à Brinouille pour donner de mes nouvelles. Je profite également de l’arrêt pour ranger la frontale dans le sac et lire les premiers texto, ceux de Lou2009 et de Steph95. C’est fou ce que l’on se sent bien lorsque l’on sait que plein d’amis sont derrière vous. Je repars, je sais que Barbie est devant maintenant et cela me fait du bien de savoir que je la suis.


Au plan Leitchoums (à vos souhaits) (2165m), une multitude de fusées commencent à nous doubler, des dossards bleus, des dossards verts, les coureurs de la 6000D et du trail des 2 lacs sont bien sympathiques, untel nous donne une petite tape sur l’épaule, une autre vous encourage d’un mot, notre relative solitude, pour un court instant est brisée et c’est vrai que cette entrée dans un autre monde est bien agréable également d’autant que les trailleuses se font plus nombreuses et que la nature n’est donc plus mon unique point d’attraction. Hélas, ceci ne dure pas puisque nous sommes déjà à l’arrivée du télésiège des Quilis (2363m) et qu’il faut déjà se séparer. Nous empruntons maintenant une bonne piste qui descend régulièrement, ma course s’accélère et je rattrape Nicolas et Martin avec qui je vais faire un bout de chemin. Pour rester un peu avec cette bonne compagnie, je déroge à ma règle, je vais marcher longuement dans une longue et bonne descente. Claude se joint à nous. Nous cheminons tranquillement ainsi papotant de tout et de rien jusqu’à la Chapelle du Bozelet, 3ème point de contrôle (2256m). Mon portable n’arrête pas de sonner ce qui me vaut les sarcasmes de mes compagnons de fortunes, « Eh ben ! Y ‘en a une qui s’inquiète dit donc ! » « Tu lui as pas dit ou tu partais » et il n’y a pas que des texto, Japhy, Fanny48,  et puis d’autres dont vous ne me tiendrez pas rigueur si je ne les cite pas ici m’appellent directement. Comme je conclue sans arrêt mes appels par gros bisous, Clothilde ou je t’embrasse Fanny, devant l’air incrédule de mes compagnons, je me mets en devoir d’expliquer la provenance de tout ces appels… Vu leurs airs goguenards et entendus (un air de dire « à d’autres oui ! »), je ne suis pas sûr qu’il m’ait cru... Je décide de repartir avec Claude lorsque la descente devient un peu plus technique. Je me croyais bon descendeur, que dire de Claude alors. Je peine à rester coller aux baskets de ce vétéran 3. Nous apercevons, tout en bas, Champagny-En-Vanoise (1221m), mais le sentier qui y nous mène n’en fini pas. Enfin nous y voilà, la montée vers Champagny-Le-Haut (1468m) est raide, mais la piste est bonne. Denis (encore un normand qui plus est, qui court les mêmes trails que moi dans son très joli pays de Caux) qui finira la course avec Barbie, se joint à Claude et à moi pour rejoindre le quatrième point de contrôle et le deuxième ravitaillement. 7h59mn20s de course pour 46,9km parcouru, je suis alors 118ème. Je m’arrête longuement (près de 20mn), je bois un bol de soupe, je change mes chaussettes et je prends le temps de récolter un tas d’ondes positives en lisant les texto de ma p’tite sœur Atacama, de diabolo, de la fée clochette et de Peter Pan, de Lou2009 et d’autres non signés dont le numéro s’affiche mais qui ne sont pas identifier dans mon répertoire et je repars plus en forme que jamais. La piste qui relie Champagny-Le-Haut à Le Laisonnay (1574m) est très roulante. Je me dis que je pourrais bien grignoter un peu de temps et je repars en méthode Cyrano (9mn de course pour 1mn de marche. En quelques kilomètres, je remonte cinq coureurs. Me voir dans cette forme me fait un bien fou mais cela ne va pas durer. A Le Laisonnay, les choses sérieuses commencent… l’interminable montée vers le col du Palet (2596m). Nous alternons les monotraces (empierrés ou d’alpages) avec de belle pistes roulantes. Il n’y a plus de réseau, mon téléphone est muet maintenant, je relis les SMS envoyés, ça me fait du bien. Je souffre et quand je souffre je m’efforce de me remémorer les bons moments de ma vie. Tout y passe, mon enfance, mon adolescence, mon Amour ou mes amourettes, les bons moments en famille, le sourire de mon papa lors de nos moments de complicité, mes premières sorties off entre amis. Les manifestations syndicales et mes premiers coups de gueule ou le sourire émerveillé des enfants en centre de vacances, lorsqu’ils découvraient pour la première fois l’un la mer, l’autre une vache (vous ne pouvez pas savoir le nombre d’enfant qui ne savent pas ce qu’est une vache)… Mes courses et les rencontres que j’y ai faites également. Mon premier Millau avec Barbie, je me souviens également de mon deuxième (celui ou je n’étais pas bien), je me récite en boucle les mots qu’avait su trouver Cécil, je ris souvent au risque de passer pour un doux dingue, mes rires agacent les marmottes qui me le font savoir par leurs innombrables sifflement. C’est rigolo, elles ne sont pas effrayées. Nous pourrions presque les toucher. Chemin faisant,  je m’aperçois rapidement que je continue de grignoter du temps sur mes prédécesseurs, j’en remonte même encore un ou deux. Enfin le col est en vue. Un court instant, je cours avec Laurent, histoire de passer le temps, on se raconte nos histoires de course. J’aime bien Laurent, mais lorsque le chemin redevient monotrace, je suis obligé de le laissé partir. Enfin le col, plus qu’a redescendre jusqu’au point de contrôle. Je le passe en 11h19mn44s pour 60.97km et je suis 111ème. J’avale un sporténine et je continue la descente. Nous traversons une immense prairie d’altitude, beaucoup de cascades, c’est beau mais ça me parait long. Le lac de la Plagne ouvre cette vallée et nous sommes maintenant à flan de coteaux, nous passons le refuge de Rosuel. Le chemin est étroit, plusieurs fois, je dois jouer les vachers pour pousser quelques génisses qui encombrent le chemin. Tout ça m’amuse bien, la descente devient un peu plus technique et rocheuse, il reste un marathon, je suis bien, très bien, (trop bien ?) alors je me fais plaisir et je lâche les gaz. Je dévale la pente, je saute, mes bâtons m’apportent la stabilité, mes bras aident mes jambes… Je double près d’une dizaine de coureurs, certains sont médusés. Je reconnais Barbie, reste un peu derrière elle à l’observer. La démarche est sûre, évidemment je la sens fatiguée mais qui n’est pas fatigué après pas loin de 14h de course. Je me porte à sa hauteur, lui demande si ça va. La réponse est affirmative et déterminée alors je file vers le gîte des Glières (1473m) à Pont Baudin. C’est le sixième point de contrôle, les sacs sont vérifiés. Le 73,07ème km est passé en 13h49mn, je suis maintenant 104ème. Je décide alors d’attendre Cécile, histoire d’être vraiment sûr qu’elle va vraiment bien. De toute façon, elle ne devrait pas tarder. Je mange une soupe, je remplis ma poche à eau,  change de chaussettes. Cécile arrive, me voilà complètement rassuré. L’arrêt aura duré 20mn. Je repars doucement, accélérant tranquillement ma marche jusqu’à courir tranquillou, un bon chemin nous amène sans coup férir au Pont de Romano (1464m). La piste monte maintenant régulièrement jusqu’à Les Bauches (1774m), un sentier forestier qui suit les courbes de niveau prend le relai jusqu’à Le Sauges (1701m). Enfin, après un court raidillon apparait Plan Bois (1878m), 7ème point de contrôle, il m’aura fallu 16h11mn19s pour parcourir les 84,14km, je suis 105ème. Je me ravitaille et je prends 10mn pour me reposer. Seulement 3,5km nous sépare de la dernière difficulté mais les 450m de dénivelé positif m’inquiètent tout de même un peu. Le chemin d’attaque est déjà abrupt mais lorsque j’arrive réellement au pied du col et que je devine le chemin qui serpente dans l’obscurité naissante, je maudis l’organisateur en avalant mon deuxième comprimé de sporténine. J’attrape ma frontale, jure une dernière fois « dire que l’on paye pour ça ! » et je mets le bonhomme en ordre de bataille. Finalement la montée ne se fait pas trop mal puisque je double encore quelques trailleurs et je passe le col de l’Arpette (2337m), lieu du 8ème contrôle en 17h30mn37s pour 87.51km, je suis maintenant 100ème. Je crois alors réellement que je finirais cette épreuve puisque je viens de vaincre la dernière grosse difficulté.

J’essaie de courir pour redescendre, mais la pelouse, gorgée d’eau est extrêmement glissante. Je glisse une première fois, je repars cependant à toute vitesse (enfin ce qui m’en reste) puis je m’étale de tout mon long après avoir fait une figure à faire pâlir d’envie Candeloro. Heureusement, l’herbe est presque aussi grasse que le coureur et la chute est bien amortie. Mon honneur est sauf, il n’y eu pas de témoin. Dorénavant prudent, je zigzague me servant de mes bâtons comme freins en les laissant trainer derrière moi. La piste, enfin un endroit stable. Mais, ça y est, je suis à Belle-Plagne (2075m) et là bas en dessous, c’est ou je crèche… La tentation est grande, mais à cette heure tardive, il y a encore plein de gens sur les balcons qui encouragent les fadas qui passent. C’est plus fort que moi, la fatigue est là, je ne suis certainement pas des plus avenants, mais ces présences me boostent et je refais le beau en m’efforçant de courir d’une foulée qui j’espère fait allusion. Plagne-Bellecôte (1924m), 9ème point de contrôle, 91,01km est atteint après 18h14mn3s, je suis toujours 100ème. Je me restaure, je remplis ma poche à eau, ma gourde. Un rapide calcul me fait penser que je pourrais franchir la ligne d’arrivée avant les 22h de course. Je suis bien, je suis confiant. Un quart d’heure de pose et je repars en petites foulées. Je fixe mon allure à 6km/h. Après un bref passage routier, je m’engage dans un large sentier. Je marche vite, m’efforçant de me servir de mes bâtons de course comme je le fais en marche nordique, je passe Les Frasses (1846m) dans le bon tempo. Petit à petit, le bon sentier se transforme en monotrace. Je suis un peu inquiet car je m’attendais à descendre régulièrement jusqu’à Aime. Il n’en ait rien. J’emprunte en fait un chemin en montagne russe. La descente finale promet donc d’être rude. Effectivement le monotrace ou je suis, plonge maintenant et ce qui m’inquiète encore plus, c’est que d’innombrables ruisseaux noient le chemin. Ce qui devait arriver, arriva, je me sens partir… Plutôt que de me laisser tomber, je plante mes bâtons qui m’évitent la chute. Je ressens immédiatement une douleur fulgurante sur le devant et les côtés de mes deux tibias. Je me pose 2mn et je repars, mais j’ai mal, très mal, trop mal... Je peine à marcher et surtout je suis inquiet. Cette souffrance me rappelle celle qu’avait engendrée une périostite qui m’avait empêché de courir et de marcher six semaines il y a 5 ou 6 ans. Lorsque mon pied est en extension, ce qui est le cas systématiquement dans les descentes la douleur est vive. Je peste, je râle, bref je m’en veux terriblement, je continue cependant, je passe Les Tuiles (1527m) puis la route frôle Les Coches (1450m) avant de plonger vers Montchavin (1207m). Montchavin situé au 101,1ème kilomètre est le 10ème et dernier contrôle, j’y passe en 20h39mn et j’ai maintenu malgré tout ma 100ème place. Je m’arrête, essaie d’étudier la situation avec le peu de lucidité qu’il me reste… Je suis dégoûté à la limite de pleurer, tout ça pour ça ! Les bénévoles hyper gentils et prévenant essaient de me dissuader de l’abandon, mais je n’y crois plus. J’ai peur de compromettre la suite de mon année. Il m’a fallut 1h54mn pour parcourir les 7km qui sépare le dernier ravitaillement du lieu de mon accident. Il me faudra donc, dans le meilleur des cas 3h pour clore cette aventure. C’est à ce moment qu’arrive Barbie, je l’encourage, tente de repartir mais la douleur est trop vive. J’ai le moral à zéro et je décide alors de rendre mon dossard. Avec le recul, je m’en mords encore les doigts. Les pompiers me prennent en charge, mais finalement, c’est le responsable du poste de contrôle qui me ramène à Aime. Je ne m’éternise pas. Je rentre me doucher et me coucher.
6h30mn, la nuit, bien que courte a été réparatrice, les douleurs ne sont plus que résiduelles… Le soulagement fait rapidement place aux regrets. Je me suis trop écouté, j’aurais du aller au bout de l’aventure.

Sauna, piscine et spa finissent de me rassurer. Anna infirmera mon premier diagnostique, il ne s’agit que d’élongations. D’ailleurs, compte tenue de l’exercice, elle trouve mes jambes en plutôt bons états. Mon dos et mes épaules lui donnent d’ailleurs beaucoup plus de travail. Porter un sac à dos d’environ 5kg pendant près de 21h laisse des traces.

Je serais complètement rassuré le dimanche suivant, rarement je ne m’étais senti aussi bien sur ma course de montagne fétiche. Les sentiers de Bouzède, 12km pour 1000m de D+ est passé comme une lettre à la Poste.

août 09
2010

Pour le plaisir… Le run de Tatihou

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Après mes quelques courses sympathiques de montagne (l’ultra 6000D et les sentiers de Bouzède) ou malgré mon abandon dans les Alpes, j’affichais une grande forme, retour au bord de mer. L’année dernière, je l’avais couru pour accompagner Cécil et nous avions eu le bonheur d’y rencontrer Berry. Cécil ne pouvant malheureusement pas s’y rendre cette année, je me résolue à courir seul.

Moi qui n’aime pas conduire, 3h de voiture à l’aller, 3h pour revenir pour courir moins de 40mn laissent deviner l’intérêt que je porte à cette course extrêmement ludique.


Petite description :


La course part de la plage de Saint-Vaast-la-Hougue, suit le run de Tatihou qui est un chemin praticable uniquement lors des marées basses, on fait le tour de l’île en traversant une réserve ornithologique de toute beauté puis en franchissant les jardins de la forteresse Vauban. Le retour s’effectue à nouveau par le run, la plage, enfin on grimpe sur les quais pour arriver près de la capitainerie du port.

800m sur le sable mouillé de la plage

1000m de traversée les pieds dans l’eau

2 bons kilomètres sur la plage (sable meuble)

500m sur les chemins sablonneux des prés salés de la réserve

500m sur les chemins gravillonnés des jardins du château

On retraverse les 1000m du run

800m sur la même plage

1km sur les chemins gravillonnés ou engazonnés du quai.

Au total, 7,4km de course nature facile, majoritairement sur du sable et dans l’eau pour un maximum de plaisirs. Je conseille cependant le port de chaussures de trail et le port de guêtres ou avec celles-ci intégrées comme celles que j’ai porté pour l’occasion, des NB1100 maintenant dénommées NB MDS. Outre le fait d’avoir des guêtres incorporées aux chaussons, les semelles de ces chaussures sont percées d’une multitude de petits trous, idéals pour évacuer l’eau qui ne manquera pas d’y pénétrer.

Arrivée le matin à onze heures, après avoir retiré mon dossard et discuté avec quelques connaissances, je me dirige vers le petit restaurant ou Cécil et moi avions déjeuné en 2009. Je ne commande pas de calamar ( ;) à ma partenaire vélo) mais une salade composée de 4 riz différents, excellent pour une course qui démarre cette année au environ de 14h (comme toutes les courses ou l’on se bat contre la marée, (transbaie, enduro des sables…), l’heure exacte n’est qu’approximative et conditionnée par les éléments). En attendant l’heure de mon échauffement, je prends le temps de correspondre par SMS avec Cécil et NaDom qui vient de m’envoyer de belles photos de son séjour en Corse. J’étais venu pour une promenade, mais les évènements font que je promets à Cécil de me donner à fond sur cette course.

13h, me voici parti pour 45mn d’échauffement… ça me change des ultras ou cette période est prise sur la course mais l’intensité de l’effort que je m’apprête à fournir nécessite, malgré la relative chaleur, une telle longueur.

13h45mn, je me positionne dans le premier tiers de la course. Cette année presque 900 inscrits, 400 de plus que l’année dernière, cela aura des conséquences lors de l’arrivée. Je suis juste derrière une charmante jeune femme du club de Tourlaville. Comment dirais-je… la tenue du club est très attrayante et je me dis que comme elle parait affutée, la demoiselle pourrait me servir de lièvre ! Bon d’accord, des lièvres j’eu pu en trouver des masculins mais je dois avouer que la faune présente est tout de même bien moins à mon goût.


On nous annonce que la course partira avec quelques minutes de retard… Pas grave, quelques sautillements sur place devraient me conserver les bénéfices de l’échauffement et maintenir des pulsations cardiaques suffisamment hautes pour parvenir à effectuer un départ rapide susceptible de mettre mon corps rapidement dans l’action. Je dois bien avouer que cela fait bien quelques années que je n’ai pas pris part à une course ou le chrono sera l’une de mes principales obsessions, mais j’ai promis à Cécil de tout donner alors… Le retard me permet de faire connaissance, pour de vrai avec Joëlle, une de mes amis, jusqu’alors virtuel, de fesses de bouc.

Brusquement, le départ est donné, rapide, trop rapide mais je reste collé (pas plus que ça non plus hein !) à mon lièvre du jour. Il y a du monde pour nous regarder alors forcément, je joue les kékés, ça me donne des ailes… enfin, si j’ai bien des ailes, ce n’est pas pour autant que j’ai appris à voler, et le vilain petit canard que je suis à bien du mal à suivre le magnifique cygne qui me précède, que dis-je… qui me lâche. 

A la demande de Fanny, mon lièvre du début de course (tout début hein ! Trop rapide pour moi, la gazelle). Merci à elle de m'avoir lancé... (Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir yeuté LOL).

Le premier kilomètre est couru en 3mn52s et nous sommes dans l’eau maintenant, là, je suis dans mon élément, mes genoux montent hauts, ma foulée est sûre, habituée qu’elle est de courir sur des sols instables et difficiles, ma taille est également un avantage, je résiste également très bien au courant qu’engendre la marée et je reviens sur la gazelle, le deuxième kilomètre couru dans l’eau l’est en 4mn20s.
 
Hélas, l’arrivée sur l’île m’est fatale, la jeune femme, plus légère est à l’aise sur le sable meuble de la plage, chaque pas m’enfonce lourdement, elle effleure le sable et se détache inexorablement. Je dois m’avouer vaincu et je laisse partir celle qui gagnera chez les féminines en 31mn7s (elle me prendra donc 3mn25s en 5,4km). Pas très à l’aise sur ce type de terrain, ma vitesse diminue : 4mn46s pour le 3ème km, 4mn54s pour le 4ème. Nous entrons maintenant dans les prés salés de la réserve ornithologique. L’année dernière, Cécil s’était tordue la cheville sur ce chemin, ma vitesse continue de décroitre, je souffre, j’ai terriblement soif, je pense à mon amie, à ma promesse, je ne veux pas passer le mur des 5mn/km, alors je serre les dents, la moitié de la course est passée, nous entrons dans les jardins du château, lieu du ravitaillement, je me jette sur les gobelets, en avale deux, renversant le troisième sur ma tête et je repars. Le 5ème km est franchi en 4mn56s. J’arrive à nouveau sur le run, je suis à nouveau dans mon élément et ma vitesse se stabilise. Le 6ème km est également couru en 4mn56s. Gros coup de mou sur la plage, une jeune fille de l’ASPTT Rouen m’interpelle et me dit de m’accrocher à ses baskets, j’aimerais bien, mais je pioche dur là, elle parvient cependant à me traîner sur 500m, je retrouve un peu de vitesse dans la montée qui mène sur le quai, surtout, ne pas passer en dessous de 5mn/km, le 7ème kilomètre se fait malgré tout en 4mn58s. Plus que 400m, je revois le sprint de Cécil l’année dernière, boostée qu’elle était par son « non » esprit de compétition ;). J’accélère, bien aidé par un collègue de Caen qui m’emmène dans son wagon, les 400 derniers mètres sont couverts en 1mn50s (pas fulgurant non plus hein !) mais je suis heureux, j’ai tout donné, je me suis bien amusé et je ne fais que 3mn de plus qu’il y a 6 ans (34mn32s en réel, 34mn52s en officiel, 303ème sur 852 partants) alors que le parcours ne traversait pas le parc ornithologique ni les jardins du château, soit un bon kilomètre de moins. Près des deux tiers des participants ne seront pas classés. En effet, comme sur le semi de Paris l’aire d’arrivée ne possède pas assez de couloirs pour faire face à l’affluence. Pas grave, Les paysages traversés sont magnifiques, le terrain est amusant et l’ambiance bon-enfant. Classement ou pas les jeux sont fait et l’amusement a été maximal.

En fait, je n’ai pas eu l’impression de courir seul, cette fois encore Cécil m’accompagnait.

Depuis peu, je sais qu’il y a des douches dans les capitaineries de ports (cf le CR de l'Intégrale de Riquet que je n'ai dailleurs pas fait :(). Je m’y rends donc, paye les 2€ d’usage et c’est un Riquet propre et serein qui rejoint la crêperie pour déguster une crêpe au caramel salé moins bonne que celles que nous avait fait Calou à Yport.

juil. 17
2010

Absence

Posted by Eric in Untagged 

Eric


Comme un cri familier, discrète est ma souffrance

Je vis le journalier, malgré cette carence

Chaque jour j’expire de ne plus respirer

Plus long, plus loin, courir ne peut me libérer

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Un grand froid est entré,  au cœur de l’existence

Laissant mon cœur prostré, vivant en pénitence

Mes yeux se ferment et mon regard s’éteint

Ma course s’enferme dans un pas incertain

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Parfois, je perds le fil fragile de ma vie

Je voile mon profil d’une image servie

Mon souffle diminue, mais je cache mes maux

Ma fuite continue, sans prononcer un mot

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Déjà, ma voix faiblit, il faut que tu l’entendes

Un jour viendra l’oubli, il faut que tu attendes

Absence magnifiée d’un esprit tourmenté

Ma course s’est brisée, mon cœur va s’arrêter

Le temps n’a plus le temps

Le temps de m’apaiser

Évreux le 17 juillet 2010

juin 10
2010

Le road-book de notre balade sur l'Intégrale de Riquet

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Vous le savez, la course a été annulée, mais ce n'est pas une raison pour se priver de cette intégrale. Cécil, Claudine et Pascal étant toujours partant, nous la ferons différamment. 3 étapes d'eviron 80km les 30 juin, 1er et 2 juillet.
Voici le carnet de route de notre promenade si un jour vous êtes tentés.

Point Kilométrique Point remarquable Ville ou village à proximité Piste cyclable Chemin de terre Remarques Ecluses Point d'eau Sanitaires Alimentation
0 Pointe des Onglous Marseillan (RD) Passage en vélo délicat Rive Gauche RG (Sud) Le chemin est très étroit et assez dégradé voir même complètement effondré, il faut monter sur le bas côté pour passer.   O O O
5 Bagnas   RG 1      
  Prades     RG 1      
  Bassin Rond Agde (RG)   RG Du km 7 jusqu'à l'écluse ronde d'Agde, le chemin s'écarte du canal. Sentier jusqu'à Vias qui s'élargi ensuite en un chemin confortable. 1 O   O
10       RG        
    Vias (RD)   RG   O   O
15 Ouvrages du Libron     RG        
20       RG        
      RG   Piste cyclable goudronnée parfois doublée d'un chemin de terre (choisir selon la préférence        
  Portiragnes Portiragnes (RD) RG   1 O   O
    Cers (RD) RG         O
25     RG          
  Villeneuve les Béziers Villeneuve les Béziers RG   1 O O O
  Ariège   RG   1      
30 Bézier Bézier RG/RD   Chemin en bon ou en très bon état. Le vélo doit passer au dessus du tunnel de Malpas 1 O   O
        RG        
  Orb     RD/RG 1      
  Pont Canal sur l'Orb     RG        
  Fonsérannes     RG/Rive Droite RD (Nord) 7      
35       RD        
40   Colombiers (RG)   RD   O   O
  Tunnel de Malpas   Interdit au vélo RD/RG        
45       RG        
    Poihes   RG   O O O
50       RG        
    Capestang (RG) Passage en vélo délicat RG   O O O
55     RG        
60     RG        
65     RG        
    Argeliers (RD) RG   O   O
70       RG        
  Canal de jonction de la Robine (RG)     RG     O  
    Mirepeisset (RD)   RG   O    
  Pont Canal de Cesse              
  Epanchoir des Pantiasses              
  Couchée du Somail Le Somail (RG)   RG Chemin en terre en bon état mais assez irrégulier. Entre Roubia et Paraza, la route a remplacé le chemin sur 1,4km.   O O  
75       RG        
    Saint Nazaire d'Aude (RG)   RG       O
    Ventenac Minervois (RD)   RG   O   O
80       RG        
  Pont Canal de Répudre     RG        
        RG        
    Paraza (RD) RG <- RG   O   O
85   Roubia (RD) RG -> RG   O   O
  Argens     RG 1      
    Argens en Minervois (RD)   RG   O    
90       RG        
  Pechlaurier     RG 1      
  Ognon     RG 1      
  Homps Homps (RD)   RG 1 O   O
95       RG        
  Jouarres     RG 1      
  Ouvrages de l'Argentdouble     RG        
100   La Redorte (RD)   RG   O O O
  Puichéric Puichéric (RG)   RG 2 O   O
  L'Aiguille     RG/RD 2      
  Saint Martin     RD 2      
110 Fonfile     RD 3      
  Marseillette     RD 1      
    Marseillette (RG)   RD /RG   O    
115       RG        
120       RG        
  Trèbes Trèbes   RG Très bons chemin de terre large et roulant 3 O O O
  Pont Canal d'Orbiel     RG        
125       RG        
    Berriac (RG)   RG   O    
  Villedubert     RG 1      
  L'Evêque     RG 1      
130       RG        
    Villemoustaussou (RD)   RG        
  Fresquel (1)     RG 1      
  Pont Canal de Fresquel     RG        
  Fresquel (2)     RG 1      
    Montredon (RG)   RG        
  Saint Jean     RG 1      
135 Carcassonne Carcassonne Passage en vélo délicat RG/RD Chemin en terre parfois large parfois un sentier dont l'état est assez irrégulier (faire attention aux racines de platanes. Arrivé à Carcassonnes, on doit emprunter les boulevard après l'écluse de Carcassonne entre les kms 135 et 136. 1 O O O
  Epanchoir de Foucaud   RD        
140 La Douce   RD 1      
    Pennautier (RD) RD        
  Herminis Herminis (RG) RD 1      
  Lalande   RD 2      
    Pezens (RD) RD        
145     RD        
  Villesèque Caux (RG) RD 1 O    
    Villesèquelande (RD) RD       O
150       RD        
    Sainte Eulalie (RD)   RD        
  Beteille Alzonne (RD)   RD 1      
155       RD        
    Alzonne (RD)   RD        
  Aqueduc de Rebenty     RD        
    Bram (RG)   RD   O   O
  Bram     RD 1      
160       RD        
  Sauzens     RD 1      
  Villepinte     RD 1      
    Villepinte (RD)   RD        
165       RD        
  La Criminelle     RD 1      
  Trébout     RD 1      
  La Peyruque     RD 1      
  Guerre     RD 1      
    Saint Martin Lalande (RD)   RD        
170       RD        
  Saint Sernin     RD 1      
  Guillermin     RD 1      
  Vivier     RD 3      
  Gay     RD 2      
  Saint Roch     RD/RG 4      
175 Le Grand Bassin Castelnaudary   RG   O O O
  La Planque     RG 1      
180 La Domergue     RG 1      
  Roc     RG 2      
  Méditerranée     RG 1      
185       RG        
  Seuil de Naurouze     RG        
    Le Ségala (RG)   RG   O O O
  Océan     RG/RD 1      
    Port Lauragais (RG)   RD   O O O
190       RD        
    Avignonet Lauragais (RD) RD RD 50km de Piste cyclable goudronée souvent doublée d'un chemin en terre (choisir selon préférence)       O
  Emborrel   RD   1      
  Encassan   RD   2      
195     RD          
  Renneville Villefranche Lauragais RD   1 O O  
  Aqueduc de l'Hers   RD          
200     RD          
  Gardouch Gardouch (RG) RD   2   O O
  Laval   RD   2      
205     RD          
  Couchée de Négra   RD     O    
  Négra   RD   1 O O  
210     RD          
  Sanglier   RD   2   O  
  Aiguevives Aiguevives (RG) Bazièges (RD) RD   1      
  Aqueduc d'Aiguevives   RD          
215     RD          
  Montgiscard Montgiscard (RG) RD   1 O   O
  Lavoir de Montgiscard   RD          
    Donneville (RG) RD         O
220     RD          
  Vic   RD   1      
  Castanet   RD   1      
225     RD          
  Port Ramonville Saint Agne   RD     O O  
230     RD          
    Toulouse RD/RG     O   O
235   Toulouse RG     O   O
  Bayard Toulouse Route   1 O   O
  Minimes Toulouse Route   1 O   O
  Béarnais Toulouse Route   1 O   O
240 Les Ponts Jumeaux Toulouse Route     O   O
mai 30
2010

MA BALADE

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Quelle belle idée, elle a eu là notre Brinouille…

Déjà petit, je me demandais qui était ce Riquet qui avait eu l’audace d’usurper mon surnom. Avant même que dans les cours de récré mes copains m’appelèrent ainsi, rajoutant de temps en temps le qualificatif « à la Houppe », je crois bien que ce fut ma mémé qui m’affubla la première de ce sobriquet. Les contes et légendes du Gévaudan qu’elle me racontait, s’il commençait souvent par : « il y a bien longtemps… », se terminaient toujours, pour clore le débat qu’engendrait mes questions d’enfant, par un : « Moi, on me l’a raconté comme ça, je peux pas te dire autrement mon Riquetou*  ! Mais sûrement que c’est vrai ! ». Alors comment vouliez-vous que je résistasse à l’appel de Bibiche pour constituer une équipe CAF. La descente du Canal du Midi m’appelait… Elle m’appelait tellement qu’avant même mon inscription à ce petit plaisir, j’inscrivais à mon programme « l’Intégrale » qui me permettra de découvrir (accompagné de Cécil, de mon frère Pascal, de ma belle sœur Claudine et peut-être Nano), les 1er, 2 et 3 juillet prochain  la construction de Riquet dans l’autre sens.

*En Lozère, l’affectif adouci les prénoms d’une syllabe en « ou » ou en « ette » ainsi ma tata Yvonne est elle connue sous l’affectueux pseudonyme de Vonnette

Après un voyage sans encombre, Bibiche, MBibiche, le très affectueux Bull et quelques autres habitants, le plus souvent à quatre pattes (dont 3 adorables petits chatons), m’accueillent. Josette nous rejoint rapidement et nous partons pour la grande ville.

Les dossards ont déjà été pris par Nathou, mais nous passons cependant dire bonjour aux organisateurs. Notre équipe « Josette et les CAFeurs » ne passera pas inaperçue car notre Josette est ici, sur ses terres, une célébrité. Je profite de l’occasion pour me renseigner un peu plus sur « l’Intégrale ». La charmante Cécile (mais comment, avec un tel prénom, aurait-il pût en être autrement) est en effet avec son mari Christian à la tête de toute une équipe de bénévoles adorables, disponibles et compétents organisateurs de cette course au long court (la plus longue course non stop de France).

 

 

 



En attendant la pasta CAF du soir, nous entreprenons sous la conduite de notre Star (Josette habita 3 ou 4 ans à Toulouse, bon d’accord dans les années 50 mais ça n’a tout de même pas beaucoup changé !) la visite de la métropole. A croire que les premières chaleurs ont fait sortir l’ensemble des Toulousains. A vrai dire, je suis peu sensible aux charmes de cette ville bruyante et impersonnelle mais peut-être est-ce du à ce que mes regards sont plus attirés par les mini-jupes qui virevoltent que par les beautés du Capitole, de Notre-Dame du Taur ou de la basilique Saint-Cernin. En fait, il manque de la verdure, j’ai besoin d’arbre autour de moi.



A 19h30, nous retrouvons un premier bataillon de baladeurs (Lulubelle et la quasi-totalité des « Vératrans » nous rejoindrons dans la soirée) pour une bien agréable pasta-party. Une heure de route et  nous retrouvons Morphée (qui j’espère ne nous accompagnera pas avant la nuit sur notre balade).




Après un somptueux petit déjeuner et une nuit peuplée de jolis rêves passés dans la belle propriété fleurie de Bibiche et MBibiche,  nous arrivons au pied de la médiathèque de Toulouse ou nous serons « briefés ».

 

Pour l’organisation de la fête, j’avais, pour ma part, fait entière confiance à notre capitaine. J’ai très bien fait, tout fut parfait. Ainsi nos relais seront organisés ainsi :

Étape 1 : Toulouse – Castelnaudary (63km)

Relais 1 : Toulouse – Pont de Deyme (16,8km) : Eric

Relais 2 : Pont de Deyme – Ayguesvives (8,8km) : Josette

Relais 3 : Ayguesvives – Gardouch (11,4km) : Kiki

Relais 4 : Gardouch – Ecluse de l’Océan (12,7km) : Nathou

Relais 5 : Écluse de l’Océan –Castelnaudary (13,3km) : Bibiche

Étape 2 : Castelnaudary – Castelnaudary (23,4km)

Relais 1 : Castelnaudary – Écluse du Vivier (4,2km) : Kiki

Relais 2 : Écluse du Vivier – Villepinte (7,5km) : Eric

Relais 3 : Villepinte – Écluse du Vivier (7,5km) : Bibiche

Relais 4 : Écluse du Vivier – Castelnaudary (4,2km) : Nathou et Josette

Étape 3 : Trèbes – Ventenac en Minervois (44,8km)

Relais 1 : Trèbes – Marseillette (9,2km) : Eric

Relais 2 : Marseillette – La Redorte (13,3km) : Bibiche

Relais 3 : La Redorte – Écluse de l’Ognon (8,8km) : Nathou

Relais 4 : Écluse de l’Ognon – Roubia (7,5km) : Kiki

Relais 5 : Roubia – Ventenac en Minervois  (6km) : Josette

Étape 4 : Ventenac en Minervois – Bézier (47,7km)

Relais 1 : Ventenac en Minervois – Le Somail (5km) : Josette

Relais 2 : Le Somail – Pigasse (12,7km) : Eric

Relais 3 : Pigasse – Capestang (10,5km) : Kiki

Relais 4 : Capestang – Le Malpas (10,5km) : Nathou

Relais 5a : Le Malpas – Salle Zinga-Zanga (8,3km) : Bibiche

Relais 5b : Salle Zinga-Zanga – Écluse de Fonserannes (0,7km) : Bibiche, Josette, Kiki, Nathou et Eric

Nathou, MNathou, Josette, Bibiche et moi dormiront la première nuit dans un hôtel F1 de Carcassonne et la deuxième nuit dans un hôtel F1 de Bézier. Kiki et MKiki, les locaux de cette balade rentreront chez eux les deux nuits.

La logistique sera assuré (et de quelle manière) par MNathou et MKiki (merci aux M de CAF) et nous utiliserons les véhicules de Kiki et le mien. Ce qui nous procurera un grand confort nous permettant de prendre notre temps entre deux relais (chaque voiture sautant un relais). Mais cette organisation dite du « saute mouton » à l’inconvénient de casser le rythme d’une telle course. La deuxième journée, nous utiliserons donc la stratégie du « saut de puce » qui, bien que moins confortable pour les vétérans que nous sommes, répond plus à l’esprit d’équipe et de convivialité qu’apporte la présence de tous à chaque relais.

Coté tenue, je suis CAFeur, donc je coordonne :

Première étape : Chaussure de route Asic Orange, Tenue (chaussettes, short, maillot, casquette et buf) noir et Orange.

Deuxième étape : Chaussure de route Brooks blanche et bleu, Tenue (chaussettes, short, maillot, casquette et buf) blanc et bleu.

Troisième étape : Chaussure de trail Asic (les chemins deviennent un peu moins bons) noire, Tenue (chaussettes, corsaire, maillot, casquette et buf) noir et rose.

Quatrième étape : Chaussure de trail Brooks jaune, Tenue (chaussettes, short, maillot, casquette et buf) noir et jaune.

Je cours l’ensemble de mes relais sans eau et nourriture puisque l’organisation prévoit des ravitaillements tous les 5km. Je prévois de m’y arrêter une trentaine de secondes.

Étape 1 :

Mes compagnons quittent Toulouse après le briefing. En effet, 110 équipes, c’est pour le moins 110 voitures accompagnatrices ce qui pourra poser problème si tout ce petit monde décide de partir en même temps.

Un petit échauffement avec Brinouille réveille mon genou et mon inquiétude. Brinouille souhaite courir le premier relais de la première étape à 13km/h (4mn37s/km), j’avais décidé de courir à mon allure marathon soit environ 4mn50s/km (soit les 16,8km en un peu plus de 1h21mn) mais j’ai remarqué également que le départ est étroit et même si 110 coureurs ne forment pas un peloton important, ça risque de coincer.

Relais 1 : Samedi 9h :




9h6mn, le départ est donné, je pars rapidement (moins de 4mn/km sur les 500 premiers mètres) puis je stabilise autant que je peux ma vitesse à 4mn15s/km sur les 3 premiers kilomètres suivants. Les sensations ne sont pas au rendez-vous et je sais que je ne pourrais pas garder ce rythme très longtemps. Je m’efforce de suivre Brinouille (d’autant qu’elle est très joliment accompagnée), mais petit à petit, mètre après mètre l’écart se creuse. Je passe cependant le premier ravitaillement (6ème km) en 26mn14s, 30s de pause et je repars. A un moment, sans l’avoir doublé, je me retrouve au même niveau que Brinouille (sic), le quel de nous deux s’est trompé d’itinéraire (le balisage est minimaliste puisque nous avons un topo*), mystère, mais elle me lâche à nouveau. Le dixième km est passé en 44mn46s. J’aperçois au loin Brinouille et je me rapproche quelques peu, un deuxième ravitaillement au 12ème me la fait perdre définitivement. Je ralenti ostensiblement, je paie maintenant mon départ trop rapide mais je réussis tout de même à me maintenir entre 4mn40s et 4mn55s/km. Je passe le relais à Josette. J’ai couru les 16,8km (en fait probablement un peu moins) mon premier relais en 1h16mn34s (4mn33s/km soit 13,2km/h) et je finis 71ème /110 loin derrière Brinouille (1h13mn3s et 53ème) et de Jean-Bernard des Vératrans (1h8mn21s et 30ème). Pour information, le premier mettra 57mn8s et le 110ème 1h34mn55s.

*Le repérage de l’itinéraire sera d’ailleurs primordial lors de « l’Intégrale » et rajoutera une tâche à mes partenaires cyclistes

Josette courra les 8,8km du deuxième relais en 45mn1s et prendra une magnifique 58ème place (premier : 30mn4s ; 110ème : 58mn53s).

Kiki courra les 11,4km du troisième relais en 1h4mn37s. Elle finira 98ème (premier : 37mn46s ; 110ème : 1h14mn7s).

Nathou les 12,7km du quatrième relais en 1h9mn19s et finira 77ème (premier : 45mn33s ; 110ème : 1h25mn4s)




Bibiche les 13,3km du cinquième relais en 1h12mn55s et finira 88ème (premier : 46mn40s ; 110ème : 1h37mn26s).

Chacun ayant fait mieux que nos prévisions, nous finissons la première étape en 5h28mn26s à la 91ème position (premier : 3h38mn27s ; 110ème : 6h34mn4s).

Impressions et repérage pour « l’Intégrale » :

Un parcours agréable le plus souvent à l’ombre, il fait chaud mais la chaleur est encore supportable (ce qui ne sera peut-être pas le cas en juillet). Il convient de faire attention à l’itinéraire en étudiant le « road book » avant le départ. Les deux ravitaillements de mon étape sont idéalement placé (6ème et 12ème km). L’ensemble de l’étape comporte un léger dénivelé d’environ 16m. Le parcours du premier relais est très roulant (chemin goudronné ou belle piste). Pour l’intégrale, je pense parcourir cette portion en chaussure de route (probablement en brooks). Castelnaudary propose de beaux emplacements pour se reposer.

Mes remarquables équipières ont toutes été plus rapides que prévu… Je n’ai donc pas le choix, je dois me montrer à la hauteur. Notre star locale est mise à l’honneur par le speaker de l’organisation. On est drôlement fier de notre ainée.



Étape 2 :

2h à tuer, je n’arrive pas à rester en place, sautant d’une CAFeuse à l’autre, l’une est allongée ici, l’autre grignote là, nos pétroleuses se font bichonner, « Speedy Nathou » boude regrettant les attentes entre les relais (nous corrigerons ce petit problème en changeant de stratégie, vous savez le « saute mouton » et le « saut de puce »). En ce qui me concerne, je suis ravi, le parcours est beau, le soleil brille et les coureuses nombreuses et belles (154/550). J’ai envie de marcher, je décide donc de me rendre à mon relais en promenant. Mais voilà, je n’ai pas étudié le topo… Quelle rive prendre ? Je prends à gauche mais alors que j’avance d’un bon pas je vois plusieurs vélos accompagnateurs (pas bête d’ailleurs pour l’organisation des relais de faire le parcours en « run and bike ») sur l’autre rive. Je fais donc demi-tour et remonte donc à droite, 2km plus loin, le doute. Il ne s’agit pas qu’une erreur me fasse rater le relais. Je retourne donc sur mes pas et attends 16h sur le pont. Les premiers arrivent précédé de la moto ouvreuse. Ce sera à gauche. Je me mets donc en mode marche rapide et m’engage sur le chemin. Kiki me rattrape à environ 1,5km du relais, je l’accompagne donc jusqu’au passage symbolique du témoin.

Relais 1 : Samedi 16h :

Kiki parcourt les 4,2km du relais en 25mn22s. Elle finit 104ème (premier : 14mn13s ; 110ème : 27mn56s).

Relais 2 :

16h26mn, Kiki tape dans ma main, je pars vite (trop vite), très rapidement je double une quinzaine de concurrents. Le premier kilomètre est parcouru en 4mn24s. Quelques mètres après un accompagnateur vélo roule à côté de son partenaire, le chemin est bouché, je lui suggère de se pousser mais il ne le fait pas, je suis donc obligé d’adapter mon allure qui chute. Enfin je peux le doubler mais j’ai perdu 10s par rapport à mes prévisions, le deuxième kilomètre est passé en 9mn 16s. J’accélère encore mais je me fais doubler par une fusée rouge, le parcours ombragé jusqu’à présent se dénude, la chaleur m’écrase, je me force à conserver mon allure mais je sens que je vais craquer, le 3ème kilomètre est passé en 13mn38s. J’étouffe littéralement, j’ai envie de marcher mais je pense à mes partenaires, je pensais parvenir à maintenir du 4mn30s/km et j’avais donc annoncé que je ferais un peu plus de 33mn. Je suis incapable de maintenir le rythme, je me remémore « la France des Iles » ou j’avais été incapable de conserver ma vitesse étouffé par la chaleur parisienne. Je passe le 5ème kilomètre en 22mn32s. Enfin le ravitaillement, je m’arrête, je m’arrose abondamment, je bois trois verres. Cela me fait du bien. Je repars d’un bon rythme mais trois filles m’ont doublé. Je les rattrape, une est irrémédiablement distancé, une s’accroche et une me met une bombe et me passe. J’vais tout de même pas me faire tauler par une jeunette, même si rester derrière en tant normal m’irait très bien. Il reste 500m, je sprinte et double l’insolente à quelques mètres de l’arrivée que je passe en 34mn20s (1mn de trop). 4mn34s/km soit approximativement 13,2km/h. Je finis 40ème et j’ai du remonter une bonnes vingtaine de place mais je suis déçu de mon temps. Le premier mettra 25mn37s, le 110ème, 56mn17s. Brinouille, définitivement plus rapide que moi mettra 33mn14s et Stéfun, 30mn14s.

Bibiche courra les 7,5km du 3ème relais en 43mn36s et finira 79ème (premier : 26mn56s ; le 110ème : 58mn22s)

Relais 4 :



Je me sens bien, je décide de remonter la course pour accompagner Josette et Nathou, 1,5km plus loin, je croise Lulubelle et Sophi qui traverse le pont. Sophi souffre énormément. La belle Lulu me demande de l’aider. J’accompagne de mon mieux, mais la souffrance de Sophi me fait mal et je ne suis pas sûr de trouver les bons mots pour la soulager. La ligne d’arrivée franchi, je laisse, désoler, les pétroleuses soutenir et sécher les larmes de notre courageuse coureuse. Je retourne sur mes pas, j’arrive au même pont et je vois Nathou qui semble bien et quelques mètres derrières notre championne de France et 3ème au championnat d’Europe à la peine. Je l’incite à marcher dans la montée pour mieux pouvoir repartir dans la descente qui suit, Josette est impressionnante, elle ne lâche rien, se préoccupant plus de Nathou que d’elle-même. Sa souffrance me fait peur et je l’incite à ralentir, mais rien n’y fait, notre vétérane n’est que volonté. Nathou nous attend nous passons sous les bravo des spectateurs la ligne d’arrivée.

Josette et Nathou finissent leur relais de 4,2km en 23mn57s et finiront 78ème (premier : 15mn12s ; 110ème : 31mn48s




Nous finissons la seconde étape en 2h7mn15s à la 76ème position (premier : 1h22mn21s ; 110ème : 2h32mn5s).



La douche est réparatrice, je me sens étrangement reposé et serein, je me régale, j’adore mes équipières et surtout je retrouve de très bonnes sensations, mes genoux me laissent tranquilles. Le repas du soir est agréable et nos Pétroleuses déjà à l’honneur.



J’invite les CAFeuses et les CAMois* (CAMeur sonne mal et CAMé est déjà pris) à boire un verre pour arroser mes 47 ans. Une heure de route plus tard, nous sommes dans la jolie cité de Carcassonne, la nuit est calme et douce.



*En effet, les Vératrans ont décidés de créer « Courir Au Masculin ».



Impressions et repérage pour « l’Intégrale » :

Un parcours de plus en plus joli, il fait trop chaud. Le parcours est souvent en plein soleil et le ravitaillement placé entre le cinquième et le sixième kilomètre est, dans de telles conditions atmosphériques, trop tardif. Il aurait fallu que je prenne une bouteille. J’espère que « l’Intégrale » se courra sur la rive gauche qui est beaucoup plus roulante. Prévoir des chaussures de route (brooks) si le passage se fait sur la gauche, des chaussures de trail (brooks cascadia, salomon XTwings ou NB 1100) si l’on doit passer à droite. Le parcourt est plat (10m de dénivelé).

Notre équipe a tout donné (jusqu’à me faire peur de temps en temps) et je suis fier d’en faire partie.

Étape 3 :

Levé 6h, petit déjeuner, douche et nous voilà parti pour Trèbes ou nous arrivons à 8h.

Il fait frais. La température me convient parfaitement, l’échauffement confirme mes impressions, je suis bien. De p’tits bisous aux CAFeuses, des poignées de mains aux Vératrans. Je suis prêt et j’ai hâte d’en découdre. Les premiers relais ont l’avantage de nous mesurer directement à un peloton, je ne courrais probablement jamais seul. Je note pour la prochaine fois qu’il pourrait être intéressant de faire partir, lors de ces premiers relais, les coureurs qui ont besoin d’une confrontation directe ou qui ne supporte que difficilement le fait de courir seul. Je me place dans le dernier tiers du peloton.

Relais 1 : Dimanche 8h30mn



8h35mn, les fauves sont lâchés. Le chemin est agréable, large, la terre battu amortie bien la foulée, le parcours est légèrement descendant, propice à la performance. Il faut cependant faire attention à quelques racines. Je me lance et je me sens réellement très bien, rien à voir avec les sensations de lourdeur de la veille. Je sais que j’irai plus vite que mes prévisions. Je comptais courir en 4mn30s/km et parcourir les 9,2km entre 41 et 42mn. Le premier kilomètre est parcouru en 4mn14s. Deuxième kilomètre, je passe Malik, le Vératrans. Arrive le ravitaillement, je m’y arrête 30s, avale deux verres d’eau. Le 5ème kilomètre est passé en 22mn4s. Je maintiens alors ma vitesse au environ de 4mn25s/km. Je ne double plus mais je ne me fais plus doubler jusqu’au 8,5km, 2 puis 3 coureurs me passent, je décide de m’accrocher à leurs baskets jusqu’à l’arrivée, je file donc à 3mn45s/km et je passe la ligne en 40mn1s (4mn21s/km soit 13,8km/h) heureux de passer le relais à Bibiche. Je suis 37ème. Malik (49ème) mettra 42mn6s et Yanne (77ème) en 45mn55s. Le premier effectuera le relais en 31mn34s, le 110ème en 1h3mn48s.



Bibiche courra les 13,3km du 2ème relais en 1h12mn37s, 100ème (premier : 44mn40s ; 110ème : 1h33mn7s).

Nathou malgré une petite tendinite effectuera courageusement les 8,8km de son relais en 46mn34s et finira 77ème (premier : 31mn4s ; 110ème : 1h3mn37s).

Kiki bouclera les 7,5km du quatrième relais en 43mn45s finissant 100ème (premier : 26mn4s ; 110ème : 1h25s).

Bibiche et moi accompagnons Josette dans son dernier kilomètre. Pour sa part, elle effectue les 6km de son relais en 32mn29s finissant 68ème (premier : 21mn43s ; 110ème : 44mn4s).



Nous finissons la troisième étape en 3h55mn26s à la 90ème position (premier : 2h35mn27s ; 110ème : 4h48mn2s).

La chaleur est réelle, même si une petite brise rafraichi quelque peu l’atmosphère. Nathou aimerait se faire masser mais l’attente est trop longue, elle devra donc surmonter sa douleur encore un relais. Après avoir avalé quelques noix, amandes et pistaches, je m’allonge sur un banc et je m’accorde 30mn de sieste. Bientôt, nos remarquables logisticiens MNathou et MKiki nous enjoignent de regagner les véhicules. Nous laissons donc Josette qui ouvrira la danse en espérant qu’elle aura récupérée du dernier relais de la matinée. Le temps de repos est probablement insuffisant, mais Josette courra ainsi les deux relais les plus courts de la journée. La suite de la course nous prouvera que cette stratégie était la bonne.

Impressions et repérage pour « l’Intégrale » :

La chaleur est moins étouffante que la veille. Le parcours roulant sur Toulouse se transforme petit à petit en trail facile (faire attention aux ornières et aux racines) et emprunte quelques fois des monotraces. Je ne regrette pas le choix de mes chaussures. La beauté des lieux va aussi crescendo.

Notre équipe est de plus en plus soudée. Nous souffrons lorsqu’une souffre, nous sommes heureux d’être ensemble.

Je me sens de mieux en mieux et regrette déjà la presque fin de l’aventure.

Étape 4 :

Le relais est court, nous avons donc laissé Josette seule qui partira à 13h30mn… Oh ! Pas longtemps, tellement notre vétérane 4 sera rapide.

Pendant ce temps, nous trouvons un lieu paradisiaque. Le Somail est un charmant petit port. Nathou, MNathou et moi retrouvons Kiki, Bibiche et MKiki à la terrasse ombragée d’un petit restaurant qu’un quatuor de musiciens anime. Bientôt quelques Vératrans et Pétroleuses nous rejoignent. Mais je ne dois pas m’attarder, un petit tour aux toilettes et je me rends dans la zone de relais.

Averti par ma mésaventure de la veille, je prévois de courir une bouteille d’eau à la main. Je décide également de réduire mes prétentions et souhaite partir sur une base de 5mn/km (12km/h), je devrais donc passer le relais à Kiki au bout de 1h3mn et quelques secondes.

Mais voici Josette, déterminée et rayonnante qui me passe le relais au bout de 27mn30s. Elle finit 64ème (premier : 17mn33s ; 110ème : 38mn7s) et à peine 1mn après Yanne qui a passé le relais à Chlore.

Relais 2 :

Comment toutes mes belles résolutions s’envolent.

Le très bon temps de Josette et le peu de retard par rapport aux pétroleuses m’incite à penser que je pourrais rattraper Chlore (qui souhaitait également lever un peu le pied) et ainsi retrouvé ce que je préfère dans la course à pied, courir accompagné. Oubliant mes intentions originelles et apercevant Chlore moins de 400m devant moi, je pars en courant mon premier kilomètre en 4mn20s. Je maintiens ma vitesse entre 4mn20s/km et 4mn45s/km malgré la chaleur et un vent de face assez gênant. Je gère relativement bien mes coups de chaud en m’aspergeant le corps de ma bouteille. Le chemin est relativement bon et large si bien que je double régulièrement mais je ne regarde pas le sol. J’ai les yeux fixés au loin sur Chlore et je me rapproche inexorablement. Je suis maintenant à moins de 200m de Chlore, le 7ème kilomètre est passé en 32mn18s. C’est alors que l’inévitable se produit, une racine, un pied un peu trop rasant et je me retrouve au sol. Je me sens quelque peu penaud. Mes poursuivants m’aident à me relever, ramasse ma bouteille, sont plein d’attentions (je profite bien évidemment des soins que me prodigue une jolie Catalane), bref, j’adore… Mon arrêt forcé dure près de 2mn et Chlore s’est envolé. Après avoir remercié ma sauveuse, je repars de plus belle, la hanche me tire un peu et la carrosserie est bien un peu abimée mais la bête en a vu d’autres. Je réduis cependant l’allure et me cantonne à courir entre 4mn50s et 5mn/km scrutant, comme je le fais habituellement le sol. Je m’arrête rapidement au ravitaillement situé approximativement au 7ème kilomètre. Je maintiens ma vitesse lorsque je croise un bateau rempli de jolies filles en maillots de bains qui nous interpellent. Je souris car mon prédécesseur trébuche en regardant la scène mais mon amusement est de courte durée car distrait par le spectacle, je me rattrape de justesse à mon tour. En juillet, penser à me mettre des œillères  car j’imagine qu’avec l’été des naïades en maillots, je risque d’en croiser. Cécil, je compte sur ta vigilance pour me rappeler mes intentions. Mon dernier relais arrive à son terme et je transmets le témoin virtuel à Kiki. Mon dernier relais sera le plus lent, 12,7km en 1h2mn7s (4mn53s/km soit 12,27km/h). François des Vératrans courra son relais en 52mn1s finissant 13ème. Chlore fera le sien en 1h47s terminant 46ème. Le premier clôturera le sien en 45mn46s, le 110ème en 2h2mn8s
.



Kiki courra les 10,5km de son relais en 1h3mn41s et finira 101ème. Visiblement fatiguée, je l’accompagnerai lors du dernier kilomètre (premier : 36mn57s ; 110ème : 1h17mn17s).

Nathou prend le relais suivant, visiblement, elle va mieux. Nous la laissons donc partir sereinement. Bibiche, MNathou et moi allons à Capestang départ du dernier relais. Au lieu-dit la Croisade, le canal longe la D5 sur 500m, un ravitaillement s’y trouve et à notre grande stupeur, nous y apercevons Lulubelle en larme, effondrée. Nous nous arrêtons, je me rends à sa hauteur, trop émotive, notre Lulu est à bout, cette fragilité me touche et je ne sais que faire. Je lui propose de l’accompagner, je la sens soulagée, entre deux sanglots elle accepte et nous repartons d’abord à 12km/h puis progressivement nous augmentons l’allure pour nous fixer à 13,5km/h. La crise de sanglot est terminée et je retrouve la compétitrice, nous remontons un coureur puis un autre… Je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir ce rythme, je suis étonnamment bien, mais j’ai la gorge sèche et j’ai chaud. Dans ma précipitation, je n’ai pas pensé à prendre une bouteille… J’avertis la belle que je ne pourrais probablement pas l’accompagner jusqu’au bout. Nous nous faisons doubler par un coureur, je fais promettre à la Pétroleuse de s’accrocher à ce coureur qui visiblement n’en demandait pas tant, et je la laisse partir. Nous avons couru près de 3 kilomètres ensemble, il ne lui reste qu’un kilomètre et demi et je sais qu’elle finira. Je reste cependant 400m derrière jusqu’à ce que j’aperçoive l’arrivée, une petite côte et la belle s’écroule dans les bras de ses coéquipières. Je suis heureux et fier de ce qu’elle vient de faire. Je retourne sur mes pas à la rencontre de Nathou. Je quémande de l’eau à un promeneur, ça fait du bien… Quelques minutes après, j’aperçois le minois de notre Nathou, elle avance d’un bon rythme, plus de traces de douleurs et l’océane abhorre un sourire radieux. Le dernier kilomètre et demi est un plaisir et la côte ensoleillée ne semble pas déranger la belle brune aquitaine.




Nathou boucle les 10,5km du 4ème relais en 56mn17s, elle est 77ème (premier : 38mn36s ; 1
10ème : 1h7mn27s).



Bibiche court le dernier relais. 8,3km seule, 700m avec l’ensemble de l’équipe « Josette et les CAfeurs ». Le démarrage est impressionnant, un long escalier raide dévale une bonne vingtaine de mètre, puis un tunnel et après…

42mn plus tard, l’équipe au grand complet attend notre Bibiche près de la salle Zinga-Zanga, nous sommes surpris de voir notre capitaine arrivée si rapidement. Elle est survoltée et nous met rapidement en ordre de bataille pour dévaler vers les écluses de Fonserannes. Nous doublons 3 équipes dans la descente et nous effectuons les 700 derniers mètres en 3mn30s. Nous passons la ligne finale d’arrivée 45mn48s après le départ de Bibiche qui finit à la 77ème place (premier : 28mn26s ; 110ème : 58mn9s).




Nous finissons la dernière étape en 4h15mn23s à la 79ème position (premier : 2h49mn ; 110ème : 5h15mn21s).

Au classement général, « Josette et les CAFeurs » termine 90ème en 15h46mn30s (premier : 10h25mn15s ; 110ème : 19h8mn13s).

Impressions et repérage pour « l’Intégrale » :



Voilà, l’aventure est terminée, paradoxalement je ne suis pas heureux d’avoir passé la ligne ! Je n’ai pas réellement souffert, je trouve même que ma forme allait crescendo et mes jambes, mon cœur, mes muscles et mon cerveau bref mon corps entier ne demandent qu’à continuer. J’ai comme un goût d’inachevé, je regarde au loin vers l’Est, le site est grandiose mais la bas à quelques dizaines de kilomètres le canal se jette dans l’étang de Thau. Quel dommage de ne pas finir dans la grande bleue. Je n’ai pas envi de quitter mes amis et je sens comme une boule au fond de ma gorge, mes yeux s’embuent alors je m’isole, je laisse mes équipières partir se doucher et prétexte le rangement de la voiture pour évacuer seul, mon émotion.

J’ai aimé cette aventure, j’aime mes partenaires et je sais que je reviendrai...

Avant de finir mon récit, il faut remercier nos logisticiens MNathou et MKiki, sans eux, nous n’aurions pas réussi notre périple de si belle manière. Je suis également ravi d’avoir fait connaissance des Vératrans, courir vite n’est qu’une de leurs innombrables qualités. Enfin Nico dont le calme et la nature pausé contraste avec le bouillonnement de sa pile électrique de Brinouille.



La soirée se termine par un excellent repas (une paella a tombé par terre). Nos pétroleuses finissent seconde et illuminent la scène.



Josette reçoit la médaille de la ville de Bézier.



Lulubelle se déhanche comme une diablesse, la rockeuse Sophi est infatigable, Yanne est excitée comme une puce,


Chlore se déchaîne et Brinouille vole au dessus de la chenille occitane. Nous laissons les d’jeunes faire la fête jusqu’au bout de la nuit et l’équipe vétérane que nous sommes va se coucher, fatiguée par nos deux jours d’effort. Le café que nous souhaitions prendre est finalement bu à l’hôtel (trouver un bar ouvert après 23h à Bézier semble tenir du miracle).

Et maintenant, place à « L’Intégrale »… Je connais maintenant une bonne moitié du parcours, j’ai repérer des lieux pour le repos, les pièges et les zones ou mon attention devra être au maximum. Je ne sais pas si je réussirai mais finalement en plus de mon grand frère Pascal et de ma belle sœur Claudine, j’aurai Cécil à mes côtés. Cécil connait mes forces et mes faiblesses, elle a toujours su trouver les mots et les gestes, sa seule présence suffit à me rassurer alors oui, malgré les quelques kilos en trop je suis prêt. Ma forme, ma VMA et mon Indice d’Endurance devraient me permettre de couvrir les plus de 240km de l’aventure dans un temps compris entre 37 et 43h. Il me faudra obligatoirement passer les 120 premiers kilomètres en moins de 20h et boucler l’intégralité du parcours en moins de 48h.

 Merci aux baladeurs pour les photos (MKiki, MNathou, Nico...)

avril 25
2010

TOI MARSEILLE, TU M’AS PRISE DANS TES BRAS ! (Dernière journée : un dimanche avec les miss courages)

Posted by Eric in Untagged 

Eric

 

Un dimanche avec les miss courages

Le marathon part à 8h. Le rendez-vous CAF/CLM devant l’église des réformés est à 7h15mn. La veille, nous avions décidé de confier nos sacs à Nicolas qui les laissera à l’hôtel, rue Sainte qui se trouve à 500m de l’arrivée près du Vieux Port. Je dois y retrouver mes amis à 6h50mn. Mon levé ce fait à 5h. Les repas de la dernière semaine m’ont apporté mon lot de glycogène, n’ayant pas prévu de gâteau sport et ne faisant que moyennement confiance au petit déjeuner de l’hôtel qui de toute façon n’est pas servi à cette heure, je décide de me passer de manger. Je prends mon temps. Mes affaires sont préparées et je peux donc savourer le meilleur moment de la journée : Le réveil. 6h, mon sac sur l’épaule, je descends tranquillement. Je vous l’ai déjà écrit en maints endroits, mais j’adore profiter des tous premiers moments de courses. J’observe les lieux encore relativement vide, je scrute les regards, je m’efforce de retenir un geste, un visage, une atmosphère. Je me souviens de tout. Je vampirise et je me nourris de tous ces instants, m’installant tout doucement dans ma course. Celle-ci ne pourra qu’être agréable puisque je l’ai décidé ainsi. Il fait un peu frais, mais je suis déjà en tenue et je suis bien. Comment pourrait-il en être autrement puisque je vais faire mon activité favorite entouré de gens que j’aime ?


Nous remontons maintenant la Canebière, Cécil et Nico77 sont un peu devant, ma Cécil semble pressé d’en découdre, Yanne, MYanne, YanneSon et Tati légèrement derrière et moi, comme un chien de berger, je chemine entre les uns et les autres, heureux.


Nous sommes dans les tous premiers au rendez-vous, Nologo, le remarquable Point de Contact CLM de la SaintéLyon est déjà présent. Je suis heureux de voir mon ami à nouveau en bonne forme. Souvenez-vous, lors de cette course, il s’était fait deux doubles fractures aux orteils lors d’une chute dans la descente de Sainte Catherine, il avait pourtant fini la course et dans un temps canon. Puis voici Marius et Fanny, toutes fesses à l’air, notre Tati, d’un geste, cache ce séant que l’on ne saurait voir LOL.


La troupe est maintenant au complet, Minnie Petite Souris aborde un sourire qui nous illumine. Depuis que je la connais, je n’ai jamais vu Juju autrement, même lors des moments les plus dures de la SaintéLyon, son sourire éclaircissait notre nuit. Quel bel esprit que le sien, elle considère la course à pied comme un jeu et fait tout pour s’y amuser et cela lui réussi (il suffit de voir ses résultats), nous réussi, devrais-je dire, tant courir à ses côtés et la regarder est un plaisir. J’envie les chanceux qui pourront avoir le bonheur de courir à ses côtés à Millau.

Les photos traditionnelles sont prises, un petit tour aux toilettes et… Tien, mais ou sont les sanisettes ? Petit tour sur la place… Rien et pas beaucoup de bar ouvert. Cécil, Juju et moi redescendons donc la canebière jusqu’à trouver l’objet de nos convoitises.


Un petit café plus tard et l’on rentre respectivement dans nos SAS. Je retrouve Tati et Cécil…


8h4mn, le départ est donné. Nous passons la ligne près de 4mn après le départ officiel. Il n’y aura plus qu’un peu plus de 3mn entre nos temps réels et officiels. Allez comprendre quelque chose ! N’en déplaise aux Marseillais, le premier kilomètre du marathon, ou l’on descend la plus belle avenue du monde, ressemble, par son profil au marathon parisien, une longue descente vers le Vieux Port remplace cependant, à mon sens avantageusement, la descente vers l’obélisque de la Concorde.


Ce sera le seul point de comparaison, Marseille offre un dénivelé et un parcours plus difficiles que Paris (profil et demi-tours fréquents obligent à des relances incessantes).


Cécil et Tati sont biens, nous empruntons maintenant le quai du port. Première petite difficulté, le faux plat montant de l’avenue Vaudoyer qui nous mène à la cathédrale de Marseille puis on redescend l’avenue Robert Schuman avant de bifurquer rue de la République. Nous quittons le village de Joliette. La voie est montante et Tati qui n’ait pas une grimpeuse, se laisse légèrement décrocher. Cécil s’est bien améliorée dans ce domaine et malgré un petit rictus qui m’inquiète grimpe bien. Elle m’annonce qu’elle est victime d’un point de côté depuis quasiment le départ et que celui-ci la gêne de plus en plus. Je lui propose de marcher un peu, car je vois qu’elle commence à souffrir. Le boulevard aux Dames que nous empruntons maintenant nous amène à la porte d’Aix. Nous foulons la rue d’Aix, puis le cours Belsunce, traversons la Canebière, ou nous apercevons Nico77 qui nous encourage. La perspective vue de la rue de Rome est fantastique. Une ligne droite de 5 km en légère descente nous permet d’apercevoir l’obélisque du rond-point de Mazargues situé au-delà du 10ème kilomètre.


Nous passons le 5ème kilomètre en 34mn alors que nous aurions du le passer en 35mn30s. Nous sommes légèrement en avance mais l’allure semble tenable malgré la douleur. Alors, je distrais Cécil comme je peux, des histoires de Mamie LOL. Je lui raconte le GR20, le Cirque de la Solitude, le lac de Nino juste avant le refuge de Manganu, les aiguilles de Bavella, la Pierre Percée, le Monté Rotondo, Vizzavona. Non, n’allez pas croire que je propose une sortie off en Corse, n’allez surtout pas croire que je lui mets de telles idées en tête… même si Lolonux ne démentira certainement pas que Kallisté est la plus belle. Je lui impose un spasfon, qu’elle finit par avaler. Est-ce l’effet du médicament (je pense plus psychologique que pathologique), mais Cécil va mieux, le rythme est bon et la longue ligne droite n’est pas monotone. Tati n’est qu’a une vingtaine de mètre derrière. Je m’occupe de l’eau de mes colombes, leur tendant une bouteille à chaque demande ne laissant jamais passé plus d’un quart d’heure entre chaque rasade.


Nous sourions aux photographes. Le village du Prado est effleuré rapidement, nous passons maintenant devant le stade vélodrome, lieux de départ de la classique Marseille – Cassis dont nous empruntons les premiers kilomètres. Mon cœur se serre un peu. La dernière fois que je suis passé ici, mon petit papa me souriait. Nous passons devant l’ensemble architectural « Le Corbusier » et nous bifurquons sur la droite vers le village de Mazargues. Le 10ème kilomètre est passé sans que l’on s’en rendre compte en 1h6mn22s, nous maintenons l’allure prévue puisque nous n’augmentons qu’imperceptiblement l’avance que nous avions au 5ème kilomètre. Les jambes et la tête de mes deux consœurs vont bien. Avant de faire un aller-retour avenue de Hambourg ou nous croiserons Lou2009 qui accompagne, apparemment sans problème à ce moment le ballon des 4h30mn, nous suivons un drôle de zozo, complètement cassé de partout qui raconte à tous ceux qui veulent l’entendre ses splendeurs passées. Un drôle de sentiment m’envahie, ambivalence entre l’amusement de ses propos et l’envie de le voir renoncer tant la souffrance qui se dégage de ce corps disloqué m’interpelle. Qu’est-ce qui peut pousser à faire un marathon dans ces conditions, je m’interroge encore moi qui est toujours souhaiter courir le lendemain d’une course qu’elle qu’en soit sa durée, quelle qu’en soit sa dureté ? Je ne sais pas si cet homme est arrivé, si c’est le cas, je n’ose pas imaginer le calvaire qu’il a du endurer… Peut-être saurait-il répondre à mon questionnement, mais je suppose qu’il doit exister autant de réponses que ce qu’il y a de coureurs.  Tati, qui a accéléré, est environ 200m devant nous maintenant.


Le 15ème kilomètre est passé en 1h43mn14s. Cécil trouve un admirateur. Du haut de son mur, il l’encouragera bruyamment en s’époumonant « Allez la 822 ». Cécil fait la kékée heureuse de ce soutien. Son plaisir est le mien, j’aime cette spontanéité. Cécil reste ébahie (I am shocked) lorsque je lui indique qu’il nous faut atteindre le phallus au bout de la rue avant de bifurquer ver la croisette du Prado. L’objet de nos désirs (enfin, on se comprend hein !) est en fait une sculpture de César et représenterait le doigt levé vers le ciel, d’une main. Mais d’où on le voit… Nous longeons maintenant le parc Borelli, le long de la croisette. Le circuit qui nous est proposé est une sorte de labyrinthe ou l’on se croise à de nombreuses reprises. Nous y apercevrons LaTortue, PConvert, Yanne, Juju, d’autres de nos amis également dont Lou2009 qui semble peiner un peu plus. Nous entrons dans le parc. Depuis le vingtième kilomètre, Cécile se plaint de son genou gauche, craignant la crampe, je lui donne un bonbon de sporténine. Le 20ème kilomètre est passé en 2h18mn14s, nous avons accentué un peu l’avance mais peu après Cécil s’arrête pour un besoin urgent. A peine le temps d’indiquer à Betta83 ou nous en sommes (merci Elisabetta, tes appels nous ont fait beaucoup de bien) et de répondre à un texto inquiet de Nico77, que Cécil sort de son bosquet quelque peu déconfite (Cécil est la reine de la douche express mais je ne savais pas que la aussi, elle battait des records). Le message n’est pas bon, il y a du sang dans ses sels. Je suis inquiet et l’on se dit alors que les points de côté répétitifs de ces derniers jours sont peut-être du à un problème intestinal. Comme un fait exprès, en plus de sa douleur au genou, le point de côté se réveil et nous oblige à marcher quelque peu. Le semi est passé en 2h27mn4s. Nous conservons toujours 2mn d’avance sur le temps escompté. Le genou devient extrêmement douloureux, je sors ma bombe de froid mais l’application n’engendre pas d’amélioration (il ne semblerait donc pas que le mal soit tendineux ou musculaire). L’allée retour sur l’avenue du Prado ressemble un peu à la retraite de Russie. Cécil s’arrête souvent et s’étire, notre avance fond mais cela n’a plus d’importance. On commence maintenant sérieusement à se demander si l’on va réussir à finir. Nous croisons Tati qui curieusement n’a pas augmenté son avance… Je suis préoccupé par ce constat. Tati ne serait donc pas au mieux également ? Au moment de prendre la corniche, je ne suis pas sûr de la direction à prendre et je demande à une policière notre chemin. Celle-ci fait mine de me croire, à défaut de gendarmette, c’est une policière qui me fait le bisou rituel (deux en un week-end YES !). Brusquement Cécil, s’arrête, je sens les larmes proches. Elle vient de comprendre ! Cette souffrance qui irradie des fesses au mollet qui rend son genou très douloureux, c’est sa cruralgie qui se réveille. Elle me l’annonce… Je me souviens alors du calvaire qu’elle avait subit lors de la reconnaissance de la sorties off d’Yport, il y a presque un an. J’avais été pratiquement obligé de la porter lors de la descente sur Étretat.


Nous sommes au 25ème kilomètre que nous passons en 2h55mn26s. Nous maintenons malgré tout notre avance sur le temps idéal. Je sais que ça ne durera pas. Cécil me dit qu’elle ne croit pas qu’elle pourra finir. Pour la première fois depuis que l’on m’accompagne, je me prépare à l’abandon.  Je plaisante avec ma complice, mais nous avons bien du mal à garder le sourire. Quoi qu’il arrive, je veux que Cécil sache que l’on est fier d’elle et qu’un abandon sur blessure n’est pas une défaite. J’ai une amie formidable, chaque mètre parcouru à ce moment est un calvaire, mais elle avance et avance encore. Je souhaiterai porter une part du chemin de croix de Cécil, mettre à son service ma force comme elle le fit pour moi à Millau ou plus récemment à l’EcoTrail. Je l’incite à abandonner, je redoute pour elle le moment ou le ballon des 5h nous passera, mais des étirements réguliers lui font du bien, nous avançons même encore d’un bon rythme. 200m devant, notre Tati semble à la peine, je l’indique à Cécil et nous te prenons alors en point de mire Tati, nous forçant à diminuer l’écart qui nous sépare de toi, tu es notre phare à ce moment, et je crois bien que ta souffrance d’alors nous a aidés à avancer… Excuse nous d’en avoir profité. Nous réglons notre course sur celle d’un couple juste devant nous, Cécil a maintenant prise le dessus sur la souffrance et je me mets à penser qu’il est finalement tout à fait envisageable de finir ce marathon. Quelques 200 ou 300m derrière, je vois le ballon des 5h qui se rapproche. Je sais que le moral en prendra un coup lorsqu’il nous doublera, mais nous ne perdons qu’une vingtaine de seconde par kilomètre, alors on peu tenir encore 4 ou 5 kilomètres. Le trentième sera alors passé, peut-être même le 31ème et alors, je sais au plus profond de moi, que tu finiras, Cécil. Nous arrivons maintenant sur le Vieux Port, mes sentiments sont mitigés, je redoute ou j’espère selon le moment le passage auprès de ton hôtel, je sais que si Nico77 est présent à ce moment, tu abandonneras. Nous venons de passé Tati, je l’incite à s’accrocher… Le trentième est enfin atteind en 3h32mn10s, nous avons encore une minute d’avance. Cécil marche. Le ballon des 5h est juste 20m derrière. Je la pousse à repartir, pourvu qu’elle ne se retourne pas… Ouf, elle repart et plutôt bien, nous reprenons quelques dizaines de mètres d’avance. Le genou pique une crise au 31ème kilomètre et refuse d’avancer. Le moment est mal choisi car nous croisons les coureurs qui finissent. J’incite le public aux encouragements « Elle s’appelle Cécile et elle a besoin d’être encouragé » et par moment ça marche. Nico77 nous rejoint, il est en jean et porte le sac raidlight de Cécil, il soutiendra cependant sa dulcinée pendant les 12 derniers kilomètres. Le ballon des 5h nous passe, mais je sais maintenant que Cécil finira. Cahin-caha, les kilomètres s’enchainent, nous perdons environ 50s sur l’allure cible. Si elle continue ainsi, ma partenaire, maintenant soutenue par son amoureux, explosera tout de même son record. Mon inquiétude se retourne vers Tati que je n’aperçois plus. J’indique à Nico77 et à Cécil que j’attendrai Tati dès que nous attaquerions le demi-tour. Nous sommes surpris de rattraper Lou2009 qui ne semble vraiment pas au mieux. Nous l’incitons à garder le contact, ce qu’elle fait de jolie façon. Elle réussit à résister aux démons qui la poussent à passer sous la rubalise pour repartir dans l’autre sens. Je sais que certains n’ont pas eu ta force Lou et tu peux être fière de ton parcours, dans quelques kilomètres tu seras « MARATHONIENNE », et une vrai.

Paradoxalement, malgré les quelques montées de ponts, cette partie du parcours, certes pas la plus belle, ne m’a pas gêné outre mesure, j’ai admiré les docks rénovés et malgré la souffrance ambiante, j’ai souri aux nombreux gestes de solidarité. Une telle sollicitude n’existe pas autant lorsque l’on court rapidement. C’est tout simplement beau…

Ravitaillement du 35ème, il y a un orchestre, je crois bien que c’est le premier que j’entends, je reprends le succès interplanétaire de Bézu « A, à, à la queue leu leu… ». J’entame mon premier pas de danse avec une bénévole. Curieusement, je me rappelle à ce moment, qu’il y a seulement 5 jours, une tendinite me gâchait encore ma préparation (12 jours d’arrêt complet). Elle semble avoir complètement disparue. Je n’ai plus la moindre douleur et mes muscles ne semblent pas avoir couru 35km. Le demi-tour se fait à peu près au 37ème kilomètre, je décide de rester avec Cécil, Lou2009 et Nico77 jusqu’à ce que l’on croise Tati, ce qui est fait 500m plus loin. Nous passons devant un stand d’épongeage, j’attrape une bouteille, j’indique à mes amis de continuer ainsi et que le record sera dans la poche et je passe de l’autre côté de la rubalise. Je retrouve une Tati démoralisée qui fond en larmes dans mes bras. Je suis désarçonné, je ne sais que dire, alors je me contente de la serré et de l’obliger à marcher jusqu’au demi-tour. Petit à petit, la gorge nouée par l’émotion, je décide Tati à redémarrer la course. « On finit en Cyrano ma Tati, 9mn de course 1mn de marche et tu auras ton record » « J’m’en fiche de mon record, j’veux finir, avoir ma médaille et revoir les copines, c’est tout », « n’empêche que l’on peut encore accrocher ton record, il suffit de faire du 8mn/km et c’est bon, on repart à 35, 4mn de course 1mn de marche ça te va ? Ce que je peux être fier de mes CAFeuses moi ! » Nous repartons donc tranquillement sans savoir que nous allons recevoir un merveilleux cadeau. Un cadeau enveloppé dans un mauve CAFesque du meilleur effet. Un cadeau magique qui nous fera finir ce marathon sans que l’on s’en aperçoive vraiment.


Japhy, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, nous retrouve entre le 37ème et 38ème kilomètre. La fin du marathon ne sera alors que chants (Allez Tati, allez Tati, aller !), danses (jamais, je n’ai eu aussi séduisante cavalière – Bon d’accord, en règle générale, je suis un piètre danseur et je ne m’adonne que très très rarement à ce divertissement), jeux (tu ne vas tout de même pas te faire rattraper par un vieux !) et plaisirs. Certes, nous avons dû marcher (au fait PConvert, on m’a rapporté que tu avais marché également, non… j’attends un démenti, dis moi que les rapporteurs ont du confondre hein ! Ah ! C’était Marius !), mais ce marathon nous l’avons fini. C’est bon ce que la course à pied et les amis peuvent apporter…


Dernier Rendez-vous, le repas, je ne m’étends pas sur le plaisir de se retrouver, ENSEMBLE…


Tati est reparti dans l’après-midi et n’a semble-t-il pas rencontré de problème au retour.


Après avoir brièvement visité Notre Dame de la Garde, Cécil, Nico77 et moi avons diné à Cassis. Sur la petite place centrale, En sortant de mon sac le téléphone pour appeler ma maman, une photo est tombée et mon papa souriait.


 

avril 23
2010

TOI MARSEILLE, TU M’AS PRISE DANS TES BRAS ! (Deuxième journée : Plus belle la vie!)

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Plus belle la vie !

Je suis réveillé tôt, trop tôt, je guette par la fenêtre le soleil qui se lève. J’enfile mes runnings et je file au hasard des rues. Marseille se réveille, petit à petit, les bruits feutrés du petit matin s’élèvent peu à peu avec la température. Les effluves provençaux développent mes sens. J’ai faim, j’avise un petit estaminet sympathique près de la place Jean Jaurès pas très loin de la gare Saint Charles, je m’y arrête pour déjeuner puis je rentre.



J’ai rendez vous avec Cécil et Nico77 dans le hall. Je les vois, tout sourire, ça me rassure. Je sers longuement ma partenaire, ma complice, ma confidente, mon amie. Cela me fait du bien… Je me suis beaucoup accaparé Cécil, ces derniers temps Nico. Elle a absorbé une grande partie de mes peines et m’a permise de faire face et d’être plus fort auprès des miens. Ce soutien sans faille, a aussi ravivé des souvenirs et a rouvert des plaies pas encore cicatrisées. La force qu’elle m’a transmise l’a peut-être, fragilisé. Je m’en rends compte aujourd’hui et j’en suis profondément désolé.

Après un petit déjeuner vite expédié, nous allons récupérer nos dossards au village marathon situé dans l’immeuble de la « chambre des métiers » sur la Canebière. Nous irons ensuite repérer les lieux stratégiques de notre séjour : L’hôtel de Cécil, Nico77, Tati, Yanne, MYanne et YanneSon, le départ, l’arrivée et le resto de tout nos repas CAF/CLM « La cuisine au beurre », l’église des réformés lieux du rendez-vous d’avant course. Bien entendu, nous repassons devant la trop fameuse biscuiterie… Je ne pouvais pas, ne pas la faire découvrir à mes amis ! Quelques biscuits plus tard nous croisons Lou2009, MLou2009 et les adorables Lou2009Childrens. Lou va chercher son dossard. Malgré son sourire, on sent une anxiété palpable… Surtout, pourvu qu’elle ne parte pas trop vite…



Cécil nous apprend que Tati, qui a eu de nombreux soucis pour venir, arrivera bientôt et nous attendra devant notre hôtel. Après avoir réservé nos places pour une petite croisière dans les calanques, nous décidons, comme il est conseillé de le faire la veille d’un marathon, de courir une petite demi-heure. Je profite de cette petite sortie pour faire découvrir à mes amis les vieilles rues attachantes du village de Baille tout près de l’hôpital de la Timone.



Nous nous apercevons alors que ce marathon présenté comme roulant n’a que peu de chance de l’être réellement. Cécil et Nico77 (qui ressent encore quelques douleurs de son premier marathon à Paris) semblent bien. Je suis cependant inquiet. Des points de côté à répétition perturbent la course de Cécil. Je pense à Isarun dont les plaisirs de la course sont gâchés par le même type de soucis. Nous profitons de la descente du boulevard Baille pour effectuer de légères accélérations. Au bout des 30mn, nous stoppons l’exercice et nous rentrons tranquillement en marchant retrouver Tati.

Les retrouvailles sont joyeuses, nous parvenons même à faire oublier un temps les péripéties malheureuses du voyage de Tati.



Nico77 nous invite au restau puis, nous devons déjà nous rendre à l’embarcadère.

Notre embarcation prend l’eau… mais nan, elle ne coule pas, on prend la mer c’est tout ! D’ailleurs quelques unes la prendront en pleines faces lors du premier ressac LOL, une fois sortie des eaux calment du port. Nous quittons le Vieux Port, certain de passer un bon moment.



Les sourires sont radieux et illuminent nos CAFeuses. Le fort d’Entrecasteaux, le fort Saint Nicolas à gauches et le fort Saint Jean à droite et nous voici en pleine mer.



Au loin l’archipel du Frioul et son célèbre château d’If  ou existe encore le trou qu’Edmond Dantès  avait fait pour s’évader (Le Comte de Monte-Cristo – Alexandre DUMAS). C’est ici également que fut enfermé lors de son transfert sur l’île Sainte Marguerite (face à Cannes) celui que certains présentent comme le frère jumeau de Louis XIV. L’homme au masque de fer, puisqu’il s’agit de lui, séjourna également longtemps dans la forteresse de Pignerol (Pinerolo, Italie) ce qui me ramène ostensiblement vers mes racines puisque cette ville fortifiée ouvre l’accès aux vallées vaudoises du Piémont italien. D’autres prisonniers célèbres : Le Marquis de Sade ; Le Comte de Mirabeau et mon petit préféré Louis Auguste BLANQUI qui dans son livre « La critique sociale » (je crois), déclarait :
« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. ».

Mais continuons le voyage : Le rocher des Pendus, les iles d’Endoume et là, la Corniche, l’une des plus belles parties du marathon. Nous passons au large du célèbre village de Madrague et nous commençons à apercevoir les calanques : Celle du Mauvais Pas puis vient celle des Trous.



Le Passage des Croisettes entre le cap Croisette et son village UCPA et l’ile Maire éclairé par le soleil radieux est un endroit fabuleux que les pêcheurs semblent appréciés.



Cécil et Tati illuminent au moins autant le tableau que l’astre de lumière. Je ne peux m’empêcher de les admirer.



Il existe des moments intemporels, des regards échangés, des bras qui se croisent.



On sent une amitié sans faille et c’est beau.



La calanque de Montredon, puis celle de la Mounine, lieux d’entraînements de l’équipe de France d’escalade me font penser à Lulubelle, grimper ici doit être magique coincé entre les bleus du ciel et de la mer.



Au large, l’ile de Jarre, les calanques de Marseilleveyre, de Podestat et de l’Escu se succèdent.  Voici enfin le bec de Sormiou.



Nous rentrons dans un feu d’artifice de couleurs, toutes les nuances de bleus se révèlent à nos yeux, le blanc des falaises, le vert des pins et le rouge des toiles de tuiles provençales qui coiffent les cabanons, la calanque et la plage de Sormiou.



Le cap de Morgiou qui recèle dans ses profondeurs une grotte préhistorique unique au monde, encore plus belle que Lascaux, la grotte Cosquer qui porte le nom de celui qui la découverte en 1991.



La calanque de Morgiou et son petit port s’ouvre à nous puis vient celles de Sugiton et son ilot rocheux le « Torpilleur » dominé par les falaises du Devenson qui dominent la mer de plus de 300m.



Nos yeux scrutent tout du long, le GR98, pas facile mais tellement majestueux.



Mon esprit s’envole, mes parents adoraient venir ici. Combien de fois ai-je emprunté ces chemins à leurs côtés. L’Aiguille rocheuse de l’Eissadon et au dessus le col de l’Oule puis au fond de la calanque d’En Vau, écrasé par les falaises, la plage homonyme. La ligne de Crète du plateau de Cadeiron nous amène vers la fin du voyage. Port-Pin et sa plage de galets et nous voici à Por-Miou dernière calanque avant Cassis. Cassis, charmante petite ville, l’un des hauts lieux de la course à pied. J’ai couru deux fois Marseille-Cassis, non pas que ce sois la plus fabuleuse des courses mais je savais que mon petit papa et ma petite maman adoraient ces lieux, il fallait voir leurs sourires quand je leurs annonçais mon intention de courir ici et l’espérance que suscitait ma réponse à chaque fois qu’ils me questionnaient sur le sujet. Ils m’attendaient à l’arrivée… Heureux de la promenade qui s’ensuivrait. Je regrette maintenant de n’y être pas retourné ces dernières années. Je ne suis pas sûr d’avoir envi d’y retourner maintenant.




Le retour se fait à pleine vitesse, j’ai besoin de solitude et je m’isole à l’avant du bateau. Mes amis l’ont compris et me laisse profiter de ce moment de recueillement. Merci Cécil, merci Tati, merci Nico de m’avoir permis d’évacuer seul, ce trop plein d’émotions.



Retour à terre, Cécil et Nico77 retournent à leur hôtel, j’amène Tati dans ma boutique préférée…



Déjà l’heure du repas CAF/CLM, le repas se fera dans le restaurant « La cuisine au beurre » immortalisé par le film de Gilles GRANGIER avec Bourvil le normand du pays de Caux et Fernandel (CONTANDIN Fernand Joseph Désiré) qui est né à Marseille le 8 mai 1903 dont le grand-père CONTANDIN Auguste Hypolite né à Annot (très joli village des Alpes de Haute Provence) le 2 mars 1842 descendait directement des CONTANDIN (Thomas) et PASCAL (Marie Magdeleine Victoire) eux aussi Vaudois (mais dont les familles étaient convertis au catholicisme depuis le début du 18ème siècle) de la vallée de Pragella et accessoirement cousin de l’arrière grand-mère de mon petit papa. La boucle est bouclée.



Inutile de vous dire que le repas fut des plus agréables. Merci LeCousin (CLM) !

Demain sera un autre jour !

avril 22
2010

TOI MARSEILLE, TU M’AS PRISE DANS TES BRAS! (Première journée : La Ronde du temps)

Posted by Eric in Untagged 

Eric

Préambule :

Écrit en partie sur le lieu de l’aventure, j’ai hésité à publier mon récit… Expériences intimes, quelquefois nostalgiques qui m’ont remémoré de beaux clichés de ma vie, de mon histoire.

Mais ce Marathon de Marseille fut aussi une course faite de belles rencontres et d’amitiés, de moments de douleurs, d’instants de plénitudes.

Je sais pour l’avoir vécu dans un passé pas si lointain qu’il faut mieux en dire trop que pas assez, que s’exprimer est peut-être dans certains cas la meilleure des thérapies.

Au moment où j’aborde, forcé par le destin, un tournant de ma vie, je me tourne vers mes racines. Je refuse d’exprimer de la tristesse, je veux juste me retourner, voir d’où je viens pour savoir, maintenant que je n’ai plus de guide, vers où je dois diriger mes pas. Vous êtes mes amis et je sais que vous m’excuserez d’exprimer ici « mon devoir de mémoire ».

Voici donc, mon périple marseillais, mais avant un peu d’histoire pour comprendre mon attachement à cette ville cosmopolite.

La ronde du temps :

En 1997, j'avais fait découvrir à mon papa et à ma maman les vallées vaudoises du Piémont.


1999 : Après plusieurs années de recherches, j’avais fait découvrir le passé marseillais de notre famille à mon petit papa. Je me souviens du temps passé et des yeux émerveillés de mes parents au fur et à mesure de mes découvertes aux archives des Bouches du Rhône et aux archives militaires du Château de Vincennes. Je me souviens également de ce petit sourire en coin et ces yeux embués, quand, dans le village de Baille (à Marseille, chaque quartier est un village), nous avions retrouvé la maison natale de mon Pépé.



Mais la relation qui nous lie à Marseille remonte à un passé bien plus lointain.



Ainsi, le premier VOLAT (à l’époque VOLA, VOLLE ou VOLE) de notre histoire marseillaise était galérien.  Protestant, originaire des vallées vaudoises du Piémont (Italie), voici ce qu’en dit le registre d’écrou :

« Du 14e septembre 1691, amené de Grenoble par Jean TAIGNARD, archer en la mareschaussée de Dauphiné, accompagné de trois autres archers :

VOLA David

13668. - David VOLA, natif de Pinasche près Pignerol, barbet (sobriquet péjoratif donné par les prêtres catholiques aux adeptes de la secte créé par Pierre Valdo au XIIème siècle qui devait rejoindre le protestantisme en 1532), âgé de 18 ans, taille petite, cheveux blonds, visage ovale, de la R.P.R. (Religion Prétendue Réformée – les Protestants), condamné par sentence du prévost de Pignerol, le 28e juillet 1691, pour s'estre mis dans les troupes des barbets après avoir abjuré et avoir porté les armes contre le Roy. à vie. »

Le journal des galères précise :

« Sur la "Conquérante", sur l'"Invincible", puis sur la "Reine" à Saint-Malo en 1698. "David VOLA, de Val-Pérouse, en piémont, receut le 7 septembre (1700) une bastonnade de quarante-quatre coups, en présence du major, pour le refus de  lever le bonnet." »

Et tiré du remarquable livre de Gaston TOURNIER "Les galères de France et les galériens protestants des XVII et XVIIIème siècles" - Edition "Les Presses du Languedoc"

« L'intendant du bagne de Marseille lors de son incarcération était M. de MONTMOR (1689-1710), connu pour sa haine des protestants et comme le plus cruel des intendants. Son successeur M. Pierre ARNOUL se montra beaucoup plus compatissant. Libéré le 20 juin 1713 par ordre du Roy du 17 may audit an à condition de sortir du royaume. »

Dans le manuscrit "Bertrand", Les circonstances de son arrestation son décrite ainsi :

« David VOLLE (VOLA) du cartier de Valpérouze âgé de 21 an fut pris les armes à la main dans la maison de son père au sujet de sa R. (religion) et conduit à Pignerol au mois de Juillet 1692, auquel lieu le gouverneur luy fit de promesses, pourveu qu'il voulut changer, de le placer au régiment de Magolotti, à quoy il répondit généreusement qu'il estimoit mieux la mort que de tourner ses armes contre ses frêres. Le gouverneur en colère le renvoya en prison luy disant qu'il seroit pendu ; à 15 jours delà on le mena à Briançon en Daufiné auquel lieu on l'attacha à la chaine pour le mener à Grenoble où il resta environ six sepmaines dans les cachots, et on ne l'en tira que pour le mener aux galères sans luy faire d'informations ni prononcer de Jugement. Il y arriva le dernier d'Aoust au d. an, où il souffre dans la foy et la patience d'un véritable confesseur de Jésus Christ. Le 31 décembre 1700, David est le cosignataire d'une déclaration de foi rédigée par l'ensemble des galériens protestants de Marseille. »

Libéré en 1713, David retourna dans ses vallées et fonda une famille avec Marguerite GARCIN.

Pour la petite histoire, Cécil, Tati, Yanne et Nico77 ont séjournés, pendant notre séjour dans la « Capitainerie des Galères » transformé en hôtel.

Jusqu’en 1848, à cause de leur religion, les Vaudois ne purent sortir de leurs vallées (ghetto vaudois).

1849, Victor-Emmanuel II procède, aidé du Niçois Giuseppe GARIBALDI (grand ennemi de Napoléon III qui soutient les États Pontificaux), à l’unification de l’Italie.

Soldat au 5ème Régiment d'infanterie à partir du 25/04/1866, Pierre-Antoine VOLAT participe à la campagne contre l'Autriche en 1866 (Victor Emmanuel II fait alliance avec Bismarck contre l'Autriche et annexe la Vénétie, courte campagne suivie de la défaite italienne).

D'après son livret militaire, à 20 ans il mesure 1,74 m, ses cheveux sont châtains, les yeux sont bleus, le front et le nez droits et le menton rond. Il est protestant et exerce en tant que paysan.

En 1870, nous retrouvons Pierre-Antoine « chemise rouge » dans le « corps des volontaires Italiens » de GARIBALDI, il participe alors à la conquête de Rome qui permet l’unification définitive de l’Italie. Le corps des volontaires Italien est dissout en 1871. Pierre-Antoine retourne alors dans ses vallées.

Retour d’un VOLAT à Marseille :



Pierre-Antoine arrive en France quelques jours après son mariage (16/04/1874 avec Marie-Madeleine BARUS) le 29/04/1874 et s'établit à Marseille ou il travaille comme concierge chez F SOLARIS de mai 1874 à août 1875. De 1875 au 30 avril 1885, il travaille chez A SAVORNIN.

Le 19/04/1876, il déclare habiter 17, rue de l'Olivier à Marseille. De 1877 à 1884, son domicile est le 47, rue Goudard et le 27/12/1887 il habite 32, rue Goudard.

Le 28/03/1901, dans le dossier de demande de naturalisation qu'il dépose à la préfecture des Bouche du Rhône, il déclare habiter 195, boulevard Baille ou il est concierge (ne paye pas de loyer). Il travaille alors comme emballeur à la Compagnie des Boissons Hygiéniques. Il gagne 5 FF par jour. Sa femme, Blanchisseuse, gagne 2 FF par jour. Il obtient la nationalité Française le 22/02/1902. En 1904, Il habite 5, rue Boët.



En 1908, il tente d'obtenir son inscription sur les listes d'assistance communale de la ville de Marseille. Il sera débouté en 1909, au motif "qu'il peut travailler une dizaine de jours par mois". En 1910, lors de la naissance de son petit fils Louis et probablement suite au décès de sa femme (le 20/07/1909), il est journalier et habite chez son fils Jean Louis à Molinette Saint Etienne du Valdonnez en Lozère. Du 01/04/1912 au 08/03/1913, il travaille comme emballeur chez E. P. BONBONNES. Il habite a nouveau rue Boët à Marseille. Durant la 1ère guerre mondiale, il effectue de nombreux séjours chez Jean Louis (mobilisé). Pierre Antoine meurt le 11 avril 1920 et est inhumé le 12 avril 1920. Sur sa bible, il avait inscrit la phrase tirée du testament de GARIBALDI
« Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie ».



Le 17 août 1882, mon pépé, Jean Louis Camille VOLAT vient au monde, 47 rue Goudard à Marseille. D'après son livret militaire, à 20 ans Jean Louis Camille VOLAT mesure 1,62 m, il a les cheveux châtains, les yeux bleus, le nez fort et le menton rond. Le 12/03/1902, trois semaines après avoir obtenu la nationalité française (d'office comme fils mineur de parents naturalisés, le 22/02/1902), il s'engage à Marseille pour cinq ans dans l'infanterie coloniale. Il est promu soldat de première classe le 10/06/1903. Libéré le 12/03/1907, il rentre chez ses parents, 5, rue Boët à Marseille. Bénéficiant d'un emploi réservé, il est nommé le 07/06/1908 garde forestier de 2ème classe au poste non logé de Saint Etienne du Valdonnez. Il s'établit à Molinette, rencontre aux Laubies Marie Eulalie Albertine TEISSIER qu'il épouse.

Ainsi fini à ce jour, l’histoire des VOLAT à Marseille.

Vendredi, mes pas ont trouvé les pas de mes aïeux. Je me suis souvenu de l’émotion qu’avait suscitée, chez mon papa, la visite de ces lieux chargés de mémoire. Hormis au 195 boulevard Baille, les maisons existent toujours. J’ai repris les photos que nous avions prises en 1999. Souri, quand deux femmes distantes d’une centaine de mètres s’interpellèrent « avé l’accent » d’une fenêtre à l’autre pour avoir des nouvelles du « pitou » qui s’est exilé chez les fadas du nord, à Valence, même qu’il va avoir froid peuchère. Franchement ri lors de la dispute « pagnolesque » de ces joueurs de boules. Discuté de la vie d’antan avec des vieux, place St Michel. J’avais simplement du mal à parler de mon papa au passé…

Mon téléphone chante, un texto me rappelle au pourquoi de mon voyage. Cécil et Nico77 viennent de prendre la route. Je rentre à mon hôtel situé près de la gare St Charles.

Place de la Castellane, je me fais siffler. Deux policières s’approchent de moi. Je réfléchis ! Certes je ne porte pas les couleurs de l’OM. Mon survêtement est celui de mon club et les couleurs ne sont pas celles du Paris St Germain, donc, a priori, je n’ai rien à craindre. « Vous êtes d’Évreux » me crie l’une d’elle… « Euh, oui, je viens courir le marathon, j’ai traversé en dehors des clous ? » « Bonne Mère, vous êtes à Marseille… Vous ne croyez pas que je vous aurais arrêté pour çà ! Je suis de Conches ! J’ai reconnu le survêtement de mon premier club d’athlétisme. Pffff ! 20 ans que je suis ici… Vous connaissez José ? » « Ben oui, c’est mon entraîneur de toujours. » « Ben  (avoir un ami commun fait passer du vouvoiement au tutoiement) tu lui diras un p’tit bonjour de la part de Marjorie… » etc… Bref, voici comment j’ai obtenu le premier bisou non demandé d’une policière ! Mon séjour commence bien…

Retour à l’hôtel via le vieux port ou je note les horaires de départ des bateaux qui permettent la visite des calanques. Sur la Canebière, je passe devant la fameuse biscuiterie « Les Berlandises », je m’y arrête, goûte quelques gâteaux et décide d’en remplir une boite pour ma maman et puis si je prenais des bonbons pour mes petits neveux… Mauvaise idée de les acheter si tôt, le soir même, il n’y en a plus… Trop bon ! Pas grave j’y retournerai le lendemain. Un conseil, lorsque vous venez à Marseille, ne vous arrêtez pas dans cette boutique, il vous en coutera une fortune.

Repas à l’hôtel. Fin de soirée, je reçois un texto de Cécil, ils arrivent à l’instant. J’apprendrai le lendemain matin qu’ils ont dormis leur première nuit marseillaise dans le même hôtel que moi.