|
avril 18
2012
|
Le negative split, c'est mieux !Posted by fredM in Untagged |
Ce marathon, j’ai attendu 2 ans avant de le refaire, persuadée que cette distance n’est vraiment pas pour moi après mon premier en 2010 : préparation trop difficile à caser entre vie professionnelle et personnelle, en hiver, souffrance et absence de plaisir sur les 15 derniers km où j’ai dû lutter sans cesse pour ne pas m’arrêter de trottiner. Mais à force de lire les CR des copines, je m’inscris dès le premier jour…
J’arrive aussi stressée que pour le premier, avec l’envie d’améliorer mon chrono mais en sachant qu’en étant trop ambitieuse je risque de me griller et de finir dans le dur. Je me fixe un objectif de 3h45, et je travaille beaucoup cette allure de 5’20 au km. J’ai laissé tomber le plan de l’entraîneur du club auquel je n’adhère pas (du seuil en gros volume, quasiment pas d’allure marathon !) et je suis le plan de l’entraîneur des étoiles (si une pétroleuse me lit, qu’elle n’hésite pas à le remercier de ma part). Le déjeuner de la veille est super sympa mais trop court pour discuter avec tout le monde, je rencontre enfin Yanne. Sofisi nous rappelle de gérer jusqu’au 30ième km et je me le répète en boucle une partie de la nuit.
Pour le RDV sous l’Arc de triomphe dans le froid je vous laisse lire les autres CR ! On part tôt se placer dans le Sas avec Lithiel, c’est loin et je ne veux pas être trop mal placée. En fait j’aurais dû choisir le sas 3h30. On commence à avancer, je me débarrasse de mon poncho, je perds Lithiel, et on est à nouveau arrêtés pour laisser passer la file de gauche. Et là je vois Lithiel qui je ne sais comment est passée devant et profile des toilettes alors que je suis bloquée. Je suis en débardeur + manchette, frigorifiée, j'attends ! En fait ça vaut le coup de se mettre dans un SAS bien meilleur juste pour avoir le temps d’un dernier pipi !
Enfin le départ, plus fluide qu’en 2010 c’est vrai mais qu’est ce qu’il y a comme ponchos et bouteilles au milieu, les coureurs ne peuvent vraiment pas les mettre sur le côté ?
Je connais bien mon allure marathon, je me freine car ça descend. J’arrive à maintenir les 5’20 sans problème quand ça avance, mais à chaque ravitaillement je suis gênée, même quand je ne prends rien, et je perds du temps. Premier passage à Bastille, il y a beaucoup de spectateurs mais ils dorment, très peu d’encouragements aux coureurs. Mon mari et mes enfants sont au 8ième, je leur jette mes gants. Il y a beaucoup de vent les pauvres sont frigorifiés.

Le bois de Vincennes arrive très vite, j’ai envie de faire pipi et j’hésite, est-ce que peux tenir tout le marathon ? Quand je vois des toilettes vers le 12ième, pas de queue, je me précipite. Je ressors juste derrière un ballon 3h45, il y a un joli bouchon, et là je comprends que pour faire 3h45, avec le temps perdu à chaque ravitaillement, il faut courir à 5’15 le km et pas 5’20, c’est d’ailleurs ce que fait le meneur. Je repense à Sofisi, je décide d’être raisonnable, et de rester sur 5’20 même si j’ai déjà deux minutes de retard, c’est l’allure que j’ai travaillée, je ne veux pas prendre de risque. Je laisse partir le meneur.
On repasse à Bastille, pas assez de barrières à la sortie après le virage à gauche les spectateurs nous gênent, petit ralentissement. Encore quelques secondes perdues. Je commence à avoir les jambes lourdes, déjà ! Je passe le semi en 1h54’29, avec 2 minutes de retard sur l’objectif et seulement 30 secondes de moins qu’il y a 2 ans. Je décide de rester raisonnable jusqu’au 28 ième et de voir ensuite.


Sur les quais, l’ambiance est meilleure qu’à Bastille, je ne vois pas le temps passer, arrive déjà le tunnel des tuileries, je le redoute car c’était vraiment le début de la fin en 2010 ! Il passe plutôt bien et je double le ballon des 3h45 de tout à l’heure juste après. Encore deux tunnels, ça tire dans les cuisses mais je gère, je commence à doubler pas mal de coureurs c'est bon pour le moral.
Ma famille et mes amis sont au 30ième, mais je ne vois pas les filles, il faut dire que c’est vraiment n’importe quoi il y a des spectateurs partout, des deux côtés, jusque sous l’arche, on est vraiment ralentis. Gros échec des organisateurs à ce niveau ! Pour la famille et les amis c’est retenu : la prochaine fois il faut choisir un autre endroit que le 30ième !
Je sors mon MP3 car je sais que le passage dans le bois va être triste. Je commence à beaucoup doubler et du coup je vais slalomer énormément jusqu’à la fin. Les coureurs qui marchent ne semblent pas avoir assez de lucidité pour se mettre sur le côté, dommage. Je ne me souviens pas être sortie des quais, j’ai accéléré un peu, certains km passent en 5’15, les cuisses sont douloureuses mais j’arrive à maintenir l’allure. Le bois de Boulogne est là, ça descend tout le temps (ça ne descendait pas en 2010 !!) à part une petite montée au 36 ième qui cloue quelques coureurs sur place, je double sans arrêt, je manque tomber en évitant un marcheur, un autre coureur me rattrape au vol ouf !
Au 37ième des coureurs du club m’encouragent, c’est dur mais je sais que je vais y arriver sans ralentir. Au 40ième ( ?) je tente le Powerade en espérant que ça me donne un petit coup de fouet pour terminer, je vous déconseille de boire ce truc dans un gobelet sans ralentir, j’en ai partout même dans les yeux et j’ai bu une ½ gorgée à peine ! Les chaussures collent à la chaussée preuve que les coureurs qui m’ont précédée n’ont pas fait mieux ! Désolée pour les filles derrières !
Je rate Martine au 41ième, j’ai commencé à me mettre à gauche pour voir ma famille, et je continue mon slalom. Jusqu’ici les km sont passés très vite, mais ce n’est plus le cas, le 42ième me parait plus long, qu'est ce que j'ai mal aux cuisses, à la porte Dauphine j’enlève mes écouteurs pour profiter des cris des spectateurs, la vue de l’arche d’arrivée donne des ailes aux coureurs autour de moi qui accélèrent comme des malades, moi je ne peux pas, et puis je ne suis pas à 10 secondes prêt. Mes amis et mes enfants hurlent au 42, j’ai la preuve en vidéo mais je ne les entends pas. J’ai le sourire en passant la ligne d’arrivée, je suis heureuse et pas seulement soulagée que ça se termine comme il y a deux ans, et je vous assure que ça change tout ! puis viennent les larmes, quel dommage que les français soient aussi réservés, chaque coureur reste dans sa bulle, alors qu’on a envie de partager !

Les centaines de mètres qui suivent sont un calvaire, il y a quelques minutes je doublais des dizaines de coureurs en courant, et là je peux à peine marcher ! Il y a une marche à monter puis à redescendre pour attraper mon sac, une vraie torture.
J’appelle ma famille et les amis, ils sont dans le square en haut de l’avenue, il me faut enjamber un grillage, j’arrive à passer une jambe, et je me retrouve coincée, j’ai trop mal pour lever l’autre jambe. On se marre bien !
Beaucoup de chance, on trouve une table dans un restaurant tout près, mes premières frites depuis des mois, et un cheese burger, on rigole, je récupère, c’est le bonheur !
3 jours après, j’ai encore des courbatures mais je suis toujours sur mon nuage, je pense à la suite, quelques 10 km avant l’été, les 20 kilomètres de Paris en octobre, peut être le semi de Boulogne. Et un troisième marathon c’est sur, sans doute en 2013 ?

