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avril 21
2012

Marathon de Paris 2012

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Marathonnerre

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Cela fait deux ans que je n'ai pas couru de marathon pour moi (Rotterdam, avril 2010), et après avoir à nouveau raté la loterie pour Londres 2012 (tirage en octobre 2011), je m'inscris au marathon de Paris in extremis avant la clôture des inscriptions.

J'attaque ma préparation spécifique relativement tardivement, deux semaines avant le semi-marathon de Paris, avec un peu de perplexité quant au déroulement de cette période que je connais pourtant très bien.
Compacité et densité sont les maîtres mots de cette préparation sur le plan sportif.

Compacité, car huit semaines (en réalité sept avec la dernière allégée) c'est court, et je n'ai pas effectué de long entraînement (supérieur à 1h30) depuis... je ne sais plus.
Densité
car après le semi-marathon de de Paris je réussis à caser six entraînements hebdomadaires, portant mon kilométrage à une moyenne d'environ 102 km.

Sur un plan plus personnel, c'est plaisir et motivation.
Plaisir de retrouver la piste ou des entraînements plus rythmés dans le bois ou le long du canal de l'Ourcq, et motivation pour réaliser un bon marathon.

Canal de l'Ourcq. La grande halle de la Villette et la Géode.

Sur la piste, mettons la  gomme.

Au programme de la piste, des séries rapides de 800 mètres principalement, mais également quelques séances plus rapides sur 300 mètres en tout début d'entraînement.

Tout se passe bien jusqu'à ma plus longue sortie à J - 14 où j'essaye un modèle de chaussures que je connais pourtant bien (Adidas Adios) mais que je ne pensais pas être adapté sur 42 km en compétition pour moi. Et bien j'avais raison, car au bout de 1h50 mon soléaire gauche grince et se manifeste douloureusement. Je réussis tout de même à terminer mon entraînement, mais mon avant-dernière semaine se trouve fort allégée.

Je décale mon ultime séance de piste du mercredi au vendredi, avec 10 x 800 mètres en 2'44''. J'ai bien conscience que c'est un peu proche de la date de la course, mais c'est également un test, qui se déroule bien.

La bonne longueur pour les jambes, c'est lorsque les deux pieds touchent le sol.

Mais le dimanche précédant la course j'ai à nouveau un peu mal, ma dernière semaine consistera donc à me reposer. Deux séances de kiné, un peu de massages, je suis incertain de ma participation jusqu'au mercredi matin. Si je ne me sens pas en totale possession de mes moyens physiques je n'irai pas, je participerai alors un autre marathon un peu plus tard dans la saison.

Vendredi 13 avril.

 Dimanche 15 avril 2012, 8 heures.

Me voici au départ de mon trente sixième marathon.
Et c'est le trente sixième marathon de Paris. Je repense au marathon de Paris 1992, à l'époque je courais beaucoup moins souvent, et j'étais au départ pour me mesurer aux 15 km/h sur la distance.
Vingt ans ont passé, et je suis encore là, avec le même objectif. Finalement je n'ai pas progressé en deux décennies...

Je commence mon échauffement avec Jean-Charles, mais il a un objectif un peu inférieur au mien, nous ne partirons pas ensemble. De son côté, Franck, mon coéquipier de club, envisage 2h42, bien trop rapide pour moi.
A une quinzaine de minutes du départ, Sofisi m'aperçoit, je discute quelques instants avec elle avant d'aller me placer sur la ligne de départ derrière l'élite de l'Afrique de l'est.



Départ en descente, çava vite. On aperçoit Nathalie Vasseur avec son bonnet rose.

 Le départ est donné à 8h45 sous un ciel menaçant et avec un fort vent du nord.
Je passe le premier kilomètre à me retenir car ça part très vite et je me fais dépasser par des centaines de coureurs. Dès le deuxième kilomètre me voici installé dans mon marathon. Je suis concentré, et je passe chaque repère kilométrique avec une régularité de métronome : 3'57'', 3'57'', 3'58'', 3'57''.

Hôtel de ville, 3e km.

J'aperçois Brinouille et Martine à St-Paul au 4e km, les tables de ravitaillement avancées par rapport à ma précédente participation me surprennent. J'ai embarqué dans mon gant de la main gauche et dans mon poignet de tennis un berlingot de compote. Un copain me ravitaillera vers le 22e km, puis il y aura Brinouille au 29e km. Le vent est de face sur ce premier tiers de course, il souffle fort, et déjà la densité de coureurs n'est pas très importante.

Bastille, 5e km.
Manifestation ? Non, marathon.

C'est ainsi que le bois de Vincennes est abordé après 9 kilomètres. Je suis bien dans le rythme, aucun pépin physique, il faut désormais être patient et continuer sur cette allure de 3'57'' en moyenne. Sofisi me hèle au 12e km, après l'esplanade du château.

Château de Vincennes, 12e km. On aperçoit Nathalie Vasseur avec son bonnet rose.

Le 14e km, premier tiers de la course, est passé en 55'30''. Je multiplie par trois ça fait 166,5, soit 2h46'30''. Mais il faut ajouter 200 mètres, disons 50 secondes, et le '' déchet '' de fin de course. Montée de l'hippodrome, Michel " casquette rouge " et Squirrel m'encouragent, nous abordons le tronçon très roulant du plateau de Gravelle. Cela déroule bien et je dois encore me retenir. Le vent est encore de travers pour le moment, mais c'est moins gênant que lors des douze premiers kilomètres. Je vois quelques copains qui m'encouragent, j'entends fuser des '' Allez Frédéric '' d'inconnus lisant les prénoms sur nos dossards. Je tape dans les mains des enfants qui tendent leur bras.
Depuis le 8e km Nathalie Vasseur est calée dans ma foulée, elle est reconnaissable à sa foulée caractéristique.

Retour dans Paris par la porte de Charenton, après le calme et l'isolement relatif du bois il y a foule par endroits.
Passage au semi-marathon en 1h23'15''. Je visais entre 1h23' et 1h23'30'', il va falloir maintenant terminer en 1h26' pour passer sous 2h50', et même en 1h24' pour finir en 2h48' (15 km/h c'est 2h48'48''). En principe je sais faire sans difficulté aucune, mais en partant de zéro, pas avec un semi déjà couru....
Et Sofisi est encore là.

Au fond, l'arche du semi. On devine un bonnet rose derrière mon épaule gauche...

Voici Vincent au 22e km, avec la compote. Je garde le berlingot demon gant gauche en '' secours '', Vincent m'accompagne jusqu'au ravitaillement du 24e km, m'évitant de me décaler de l'autre côté pour boire. Nous descendons sur la voie express et courons au ras de la Seine, avec les spectateurs en surplomb au dessus de nous, même s'ils sont nombreux à être également descendus.

24e km, descente vers les quais de Seine.

Voies sur berges.


Nathalie Vasseur est devant désormais et elle s'éloigne inexorablement, elle a un sacré niveau. Mes enfants sont là, peu après le 25e km, mon fils me tend une compote, je la prends bien que n'en ayant pas besoin, puis nous entrons dans le long souterrain des Tuileries. Il y fait chaud et sombre, cela créée une ambiance particulière, nous voici chenille processionnaire dans une galerie à la recherche de la sortie. Secteur délicat que cette portion où nous enchaînons quatre passages souterrains, avec quatre montées et trois descentes successives en l'espace d'à peine deux kilomètres.

25e km, avant  le souterrain des Tuileries.

26e km, après le souterrain des Tuileries, juste avant le toboggan de la Concorde.



Le deuxième tiers de course est bientôt terminé, je reste concentré, appliqué, jusqu'ici tout va bien. Voici le 28e km, peu avant Alma, passage en 1h51'. Avec les 55'30'' du premier tiers, cela fait un second tiers couru exactement à la même vitesse (3'57'' au km). Il me reste 57 minutes pour courir 14,2 km et finir en 2h48. Alors faut pas mollir.

28e km, juste avant le souterrain de l'Alma.

Brinouille est là au 29e km, sur la droite, elle me file ma compote et m'accompagne durant quelques décamètres en m'encourageant bruyamment. Plus loin, peu après le 30e km, Valérie '' la pépite '' me donne également une compote. '' Mangez des pommes ''. Juste avant j'ai eu droit aux encouragements de Tati, au passage au 30e km (1h59), avce beaucoup de monde.

Le marathon vu du ciel.

 

Passage très rétréci au 30e km.

La traversée du XVIe arrondissement se fait traditionnellement dans le calme, une fois encore c'est le cas. J'essaye d'oublier un peu mes anciens repères, car avec la modification du parcours en 2011, mes références précédentes sont décalées d'un kilomètre. Passage derrière Roland-Garros puis demi-tour pour rejoindre la porte d'Auteuil, au 34e km, et je sens que c'est un peu moins facile.

35e km, montée des fortifications. A l'assaut ?

Le vent est de face à nouveau, je me fais coincer aux tables du 35e km par des coureurs qui s'arrêtent, ça bouscule même, je n'aime pas être ainsi coupé à ce moment de la course.
C'est moins fluide désormais, la dernière demi-heure va être difficile, mais cela je le sais très bien.
Tout comme je connais cette côte de l'hippodrome d'Auteuil, débutant pile au 35e km, passé en 2h20. Jibé m'encourage, allez faut pas mollir !

Et ces pavés au km 36,5, ils sont peut-être jolis et ralentissent les bolides, mais nous, pauvres coureurs aux mollets déjà bien durcis, vous voulez notre fin ?

Salut à Serge BZH au 36e km, j'ai les quadriceps bien durs et j'ai du mal à relancer, je cours un peu par à coups, entre 13 et 15 km/h, mais pas assez souvent à 15 km/h. Le final dans le bois de Boulogne est désormais plus fluide et moins tourmenté, et c'est exactement l'inverse pour moi...

36e km, carrefour des lacs. Y'a un Breton qui me suit.

Longues ligne droites battues par un vent violent  allées de la reine Marguerite et de Longchamp, aucun spectateurs, nous sommes entre marathoniens. Si j'ai vu les premières défaillants du côté d'Alma et d'Iena, ils sont désormais légion : ça marche, ça s'étire, ça court comme ça peut. Tête basse, épaules voutées, lassitude extrême, physique ou mentale.


38e km, de l'application.

Allez, on achève bien les marathons !

Je sais que c'est cuit pour 2h48, même pour 2h49. Mais j'ai un record à 2h50'20'', ici même en 2009, je peux aller le chercher peut-être. Nous abordons les quadrakilomètres, un peu les quarantièmes rugissants des navigateurs à la voile.
Un copain déboule devant moi, il s'appelle Frédéric Courage, il est docteur en médecine et excellent coureur.

'' Allez Fred, courage ! ''
'' Non mais c'est pas toi, c'est moi qu'il faut encourager, çalop ''.

'' Ne parle pas '' me dit-il. Pfff si on ne peu plus déconner, même sur marathon...

Je lui demande tout de même de me prendre une bouteille au ravitaillement du 40e km. Enfin je mime le geste de boire. C'est mon kilomètre le plus lent du marathon, 4'22''.

Virage à droite pour l'ultime montée vers la porte Dauphine '' Go Frédéric'', c'est Rachel qui se balade avec son épagneul. Enfin il me semble que c'est un épagneul.

Virage à gauche au 41e km, va falloir se battre contre les secondes qui défilent, infatigables jeunettes à la vie pourtant éphémère. Sourire en direction de Martine qui m'encourage, merci infiniment !
Cela sent la fin de course.



41e km.

Je me suis fait dépasser par certains qui terminent fort, je récupère une coureuse qui s'entraîne au bois de Vincennes et qui, partie pour 2h40 (passage au semi en 1h20) a totalement coincé au 30e km. Un peu plus loin c'est Lulubelle qui m'encourage, encore des pavés sur le rond-point de la porte Dauphine, je suis assez lucide pour appuyer sur mon chrono pour le temps de passage au 42e km (2h50'07'').

Porte Dauphine, 42e km.

Deux cent mètres à parcourir.

Sprinter ? Non mais vous rigolez ou quoi, je cours , c'est largement suffisant.
Je passe la ligne en 2h50'50'', je suis marathonien.
55'30'' + 55'30'' + 59'10'' + 40 secondes pour les 200 derniers mètres.
Ou bien 1h23'15'' + 1h27'35''.

Alice de Running Attitude me demande mes impressions à chaud. Heu à chaud ? Là j'ai froid, je grelotte presque, et si je m'arrête je ne repars pas, elle est loin la sortie.

Bon, me voici abonné aux 2h50, c'est la cinquième fois en sept ans que je réalise ce temps. J'espérais faire un peu mieux, passer dans les quadras secondes, mais comme me dit un copain '' Tes multiples 2h50 valent largement une fois 2h48 ''. Mouais, pourquoi pas...

Finalement ils avaient raison sur France-Inter dimanche matin '' Frédéric est plutôt un coueur diesel ''.

Voilà, c'est fini...


Vendredi 20 avril, quelque part en France.

Je cours dans l'herbe verte, il fait frais, mes jambes sont à peu près légères.

Prom'nons-nous dans les bois.

Dimanche dernier j'étais marathonien...

Données de la vitesse de ma montre. Le pic au 26e km correspond à la perte du signal GPS
dans le souterrain des Tuileries : la vitesse instantanée tombe à zéro km/h
Le recalage se fait ensuite (aucune variation d'allure dans la réalité).

On voit bien le ralentissement à partir du 35e km, et le km 40 à 41 particulièrement lent.

mars 20
2012

Christophe Lemaitre, Jimmy Vicaut. Duel de sprinters Français au Stade de France...

Posted by Marathonnerre in Untagged 

Marathonnerre

 

A un peu plus de trois mois de l’évènement, un coin du voile a été levé ce jour sur le MEETING AREVA 2012, septième étape de la SAMSUNG Diamond League. Laurent Boquillet, le directeur de la réunion Parisienne, a présenté l’affiche de la soirée et annoncé quelques-uns de ses temps forts. Une soirée idéalement placée, vendredi 6 juillet, une date a priori propice à la réalisation de grandes performances, puisque située un mois presque jour pour jour avant le début des épreuves d’athlétisme des Jeux de Londres.
Un détail mais d'importance : c'est aussi la dernière occasion pour les Français de réaliser les minima.



En dépit de l’absence très probable d’Usain Bolt, qui aura tout juste terminé les sélections jamaïquaines, le MEETING AREVA 2012 fera encore une fois la part belle au sprint. Mais sans négliger le demi-fond, où le 3000 m steeple masculin pourrait servir de sélections olympiques pour le Kenya, en présence du Français Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Le 100 m masculin, où le champion du monde Yohan Blake a émis le souhait de s’aligner, présentera un duel inédit au Stade de France entre les Français Christophe Lemaitre et Jimmy Vicaut. Un face-à-face à grande vitesse dont les deux finalistes mondiaux en 2011 ont donné un aperçu verbal, ce mardi après-midi, en échangeant commentaires et perspectives dans les locaux du Stade de France.

En voici quelques extraits.


Quel bilan tirez-vous de votre saison en salle ?


Christophe Lemaitre : "Je crois avoir progressé, notamment dans la gestuelle, mais ces progrès ne se sont pas traduits par des chronos sur la piste. J’ai peut-être payé en compétition le travail réalisé  l’entraînement. Malgré tout, je suis devenu champion de France du 60 m".


Jimmy Vicaut : "Honnêtement, je n’avais pas prévu de courir en salle cet hiver. Mon entraîneur (Guy Ontanon) m’a convaincu de le faire. J’espérais descendre sous les 6’’60 au 60 m. Je réalise 6’’53, meilleur chrono français de l’hiver. Je ne m’y attendais pas du tout".



Qu’attendez-vous du MEETING AREVA 2012 ?


Christophe Lemaitre : "Depuis deux ans, je viens à ce meeting pour réussir une grande performance, devant mon public. Je garde de mes deux premières expériences du Stade de France le souvenir très fort d’une ambiance et d’une atmosphère très particulières. J’y viendrai cette année avec la même philosophie".

Jimmy Vicaut : "Je suis surtout très heureux d’être enfin invité au Meeting. Je l’espérais depuis deux ans, mais je n’avais pas le niveau. J’en attends beaucoup, face à Christophe et aux autres. Je n’ai jamais couru au Stade de France, je suis impatient de découvrir l’ambiance".




Comment vivez-vous l’émulation actuelle dans le sprint français, encore renforcée par l’émergence d’Emmanuel Biron, finaliste sur 60 m aux Mondiaux en salle à Istanbul ?


Christophe Lemaitre : "Elle est très positive, surtout pour le relais. Avec l’équipe type actuelle, plus l’arrivée de très jeunes au fort potentiel, dont Mickael-Meba Zeze, et l’expérience de Ronald Pognon, nous possédons le meilleur collectif possible. Je n’y vois aucune menace, mais au contraire une motivation pour continuer à progresser".


Jimmy Vicaut : "Mon objectif n’a jamais été de battre Christophe Lemaitre, mais d’être le meilleur en France, puis en Europe, enfin dans le monde. Mais il est certain que sa présence m’aspire vers le haut".




Dans quel secteur de la course Jimmy est-il plus fort que Christophe, et inversement ?


Christophe Lemaitre : "Jimmy est nettement meilleur que moi au départ".


Jimmy Vicaut : "Sur la fin de course, il m’est largement supérieur. En faisant un mixte de nous deux, on fabriquerait une vraie machine !"




Entre le 100 et le 200 m, vers quel côté allez-vous pencher cette saison ?


Christophe Lemaitre : "Aux championnats d’Europe, je disputerai seulement le 100 et le 4x100 m. Aux Jeux, je ne sais pas encore, la décision n’est pas prise. Mais je ne doublerai sans doute pas. Avec deux jours entre la finale du 100 m et les séries du 200 m, ce serait trop risqué. Par goût, je préfère le 100 m. Mais mon choix se porterait sans doute plus sur le 200 m, où je possède le plus de potentiel d’être médaillé".

Jimmy Vicaut : "J’ai toujours privilégié le 100 m. Mais dans mon esprit, un grand sprinteur doit doubler. Cette saison, je vais donc m’essayer plus régulièrement sur 200 m, où mon record (21’’02) date de ma première année junior. Si je réalise les minima sur cette distance (20’’38), on réfléchira avec mon entraîneur à la meilleure décision à prendre.

 

 

 

 

 

janv. 26
2012

Le cross est dans le pré...

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Marathonnerre

Concentration de coureurs à quelques instants du départ du championnat départemental de cross du Val de Marne, au parc du Tremblay.


Je suis en retard et je m'active pour rejoindre le groupe fumant sous le ciel d'azur.
L'air vif griffe les cuisses et les visages aussi sûrement que les pointes acérées sur le sol gelé.

Dès le départ et mes premières foulées sur l'herbe givrée je retrouve  ces sensations vieilles de plus d'un quart de siècle.

Peu importe la distance ou le temps, il va falloir être sans cesse à la relance, ciseler les trajectoires, dévaler les talus, effacer les ondulations du terrain, gravir les buttes glissantes ou les dévers qui font gîter à en avoir le mal de mer.
L'écume aux lèvres, ne jamais se retourner, évaluer la distance du coureur dans son sillage lorsque le soleil derrière étire les ombres, faisant allonger la foulée et raccourcir le souffle.

J'ai bien fait de partir très rapidement, m'extrayant du peloton et courant ainsi en quasi solitaire, navigant vers la 28e place.


Tant pis pour les deux places perdues dans le final, la qualification est assurée.
Après un peu plus de 9 km et 34 minutes 40 d'effort, le manège s'arrête enfin.

Pour le second tour il faudra attendre le 29 janvier avec le cross interdépartemental, où les 56 premières places seront qualificatives pour les régionaux du 12 février.

Le cross sera encore dans le pré.

oct. 19
2011

Je m'en vais.

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Marathonnerre

 

Automne 1986.

Une paire de chaussures, des chaussettes, un maillot, une montre.
Je m'en vais courir.

Le lac de St-Mandé comme point de départ pour aller courir dans le bois de Vincennes.
Je n'y croise jamais grand monde. J'y cours en solitaire et cela me convient très bien.

Début 1992 j'ai découvert comment il fallait à peu près s'entraîner pour courir un marathon (mon quatrième, il était temps...).
Pas de cardio, ni de GPS, et la vma c'est quoi ?
Mon meilleur temps de l'époque, 2h52, tiendra jusqu'en novembre 2004. Le parcours, au départ des Champs-Elysées,  se terminait dans l'hippodrome de Vincennes, avec un final vraiment pas facile : montée du plateau de Gravelle, descente puis remontée de la longue ligne droite des tribunes.

Dimanche 26 décembre 1999.

Lac de St-Mandé.

J'ai eu la bonne idée de ne pas garer ma moto sous les arbres, ni de m'aventurer dans le sous-bois...

J'assiste incrédule à la chute ou à l'étêtage des arbres tout autour du lac.

Les pompiers aidés par des chiens passent des heures à explorer les voitures écrasées, à la recherche d'éventuelles victimes (uniquement quelques blessés légers à déplorer).
Le bois de Vincennes reste impraticable durant plusieurs semaines.
L'avenue des Minimes sert d'aire de stockage pour des centaines de stères de bois, lesquels sont distribués gratuitement.
Haaaa les belles flambées...

 

Automne 2011.

Je m'en vais.
Une paire de chaussures, des chaussettes, un maillot, une montre.
Je m'en vais courir.

Rien n'a changé.

Si, ma montre indique la vitesse,  la distance, et même l'heure.
Je rejoins le parc des Buttes-Chaumont, où j'ai appris à marcher, vers le printemps 1966.

Peut-être même est-ce là que j'ai couru pour la toute première fois de ma vie.

 

Dimanche 11 avril 2010.
Mon dernier marathon en performance, à Rotterdam.
Vingt-cinq années après ma première expérience sur la distance.
Un tout petit peu moins bien (2h53) qu'à Paris en 1992.

Quand je serai plus grand, je courrirai encore...

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Pour Zazie, la photo ci-dessus date de l'été 2004, au Japon.

En revanche voici deux photos prises à vingt-cinq années d'intervalle, sur la même course, les 20 km de Paris. 
Octobre 1986 et octobre 2011 donc.

 

sept. 15
2010

Aux origines de l'ekiden

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Marathonnerre

 

Ekiden no moto : aux origines de l'ekiden.

Tokyo, quartier de Chyodaku, 1er janvier 2004.

Malgré l’heure très matinale et le froid vif une foule compacte se presse au carrefour de Hibiya et Kasumigaseki (littéralement « barrière de brume ») et sur Sakuradadori (l’avenue du champ de cerisiers), à quelques centaines de mètres du palais impérial. Tous ces Japonais emmitouflés seraient-ils venus voir passer l’empereur dans sa Rolls-Royce amarante ou attendre l’ouverture d’un magasin vendant en avant-première la toute dernière console de jeux? Pas du tout, ils se pressent pour assister au départ de la quatre-vingtième édition de l’Ekiden Tokyo-Hakone, l’une des courses les plus populaires de l’archipel.







Ekiden, en japonais « Eki » signifie « station, étape », et « den » « transmettre ».

A l’époque Edo (1603-1867), des messagers à pied parcouraient la route du Tokaido entre Edo (ancien nom de Tokyo) et l’ancienne capitale impériale Kyoto, située 530 kilomètres plus au sud en passsant par Atami, Shizuoka située au pied du versant sud du Mt-Fuji, Hamamatsu et Nagoya. 
Ces émissaires du Shogun Tokugawa couraient ainsi entre chaque relais sur cette mythique route du Tokaido, popularisée au milieu du XIXe siècle par la série de dessins de Hiroshige « Les 53 étapes du Tokaido »
Cette route du Tokaido est maintenant la route n°1, un peu l'équivalent de notre nationale 7. Après Kyoto elle continue vers Osaka, Kobe, Okayama et Hiroshima à plus de 1100 km au sud de Tokyo. 
Aujourd’hui les messages sont transportés par la poste, le téléphone ou par internet, et les voyageurs pressés empruntent le Tokaido Shinkansen qui relie depuis 1964 Tokyo à Kyoto en à peine 2 heures. 
Mais la tradition est restée, et au début du XXe siècle des étudiants ont eu l’idée de se mesurer dans le cadre d’une épreuve sportive par équipe disputée au début de chaque année. 


Ainsi depuis plus de 80 ans, les 1er et 2 janvier, se déroule le Tokyo-Hakone Ekiden, de Tokyo à Hakone le premier jour (107,2 km), et sur le trajet retour le lendemain (109,2 km). Entre Tokyo et Hakone en passant par Kawasaki, Yokohama, Fujisawa, Chigasaki et Odawara, plus de 3 millions de spectateurs enthousiastes vont encourager les athlètes, pour qui être sélectionné pour cette course représente un très grand honneur. 


Les coureurs sont des étudiants des plus grandes universités japonaises et pour ces écoles la conquête du trophée est un objectif majeur qui dépasse le seul cadre sportif. Chacun des cinq relayeurs parcourra à peu près un semi-marathon avant de transmettre l’écharpe relais (aux couleurs de son école) qu’il porte autour du torse à son camarade. 

La course est difficile car il n’y a qu'une trentaine d'équipes en compétition, et dès le départ les coureurs se retrouvent isolés ou en très petit groupe, et pour certains la course s’apparente à un véritable contre la montre, couru à plus de 19 km/h de moyenne. Les coureurs donnent le maximum de leurs possibilités, et dès leur relais terminé ils sont réchauffés, massés puis ils partent se reposer car le lendemain ils effectueront sur le trajet inverse le relais qu’ils viennent de courir. 


Les spectateurs massés le long du parcours agitent des fanions aux couleurs de leur équipe favorite ou à celles du sponsor de l’épreuve (la bière Asahi) et encouragent chaque concurrent en criant « Gambate, gambate » (courage). Le dernier relais est le plus difficile car la route quitte les rivages du Pacifique pour s’élever brutalement vers les montagnes de Hakone et l’ambiance sur les dix derniers kilomètres est comparable à celle que l’on connaît à l’occasion de l’ascension de l’Alpe d’Huez par les coureurs du Tour de France, les meilleures places étant occupées dès l’aube par des spectateurs venus parfois de loin et qui se réchauffent en chantant, en buvant (du thé en général, du saké tiède parfois) en attendant le passage des coureurs qui sera l’occasion de vociférations et d’encouragements disons, démonstratifs.

Cette année, à la fin de la première journée de course, les écarts étaient serrés et tout restait possible pour cinq universités. L’équipe en tête affichait un temps de 5 h 32 minutes, ce qui représente une des meilleures performances jamais réalisée sur les 107,2 km du parcours. Mais la course du lendemain s’annonce difficile car les coureurs se sont dépensés sans compter, et si les conditions météorologiques étaient parfaites (beau temps frais), le vent du nord qui soufflait dans la bonne direction sera en revanche défavorable aux coureurs sur le trajet retour vers Tokyo.


Les journalistes de la chaîne TBS, qui a retransmis la course en direct pendant plus de 6 heures (8 à 12 millions de téléspectateurs) se risquent à quelques pronostics.


Le 2 janvier 2004 le temps est un peu couvert et le vent s’est calmé. Les coureurs s’élancent ensemble dans la longue descente vers la côte Pacifique, et les spectateurs sont toujours aussi nombreux, enthousiastes et démonstratifs. Certains concurrents ont mal récupéré des efforts consentis dans la montée de la veille, et comme les derniers relayeurs du premier jour sont les premiers à repartir les écarts se font presque immédiatement. Les coureurs de l’université de Kowaza dai gaku semblent intouchables, les 30 secondes d’avance du premier jour augmentent progressivement et leur dernier relayeur, qui a couru en deux jours l’équivalent d’un marathon à plus de 19 km/h, arrive largement détaché, offrant la troisième victoire consécutive à son équipe sous un tonnerre d’applaudissements.


Mais compte tenu du matraquage publicitaire assené pendant les deux jours de retransmission télévisée, je me demande si le grand vainqueur ne serait pas le sponsor Asahi (un brasseur Nippon).


Au Japon il existe toutes sortes d’Ekiden, sur diverses distances, y compris des courses de fond sur piste (3000 m steeple ekiden par exemple, très spectaculaire), mais à mon avis la course la plus dingue est celle du Mont Fuji, courue au début du mois d’août. 


Le Fuji en hiver vu depuis le lac Hashinoko.

Sur 65 kilomètres aller-retour, les coureurs partent de Gotemba à 600 mètres d‘altitude pour une vingtaine de kilomètres de course sur route, puis vers 1500 mètres d’altitude on quitte la route pour attaquer les pentes finales du Fuji, constituées d’un mélange de gros sable et de cendre qui roule sous les pieds et qui remplit les chaussures, et de caillasses au delà de 3000 mètre d’altitude pour arriver après 13 kilomètres de montée infernale au sommet à 3770 mètres et repartir dans l’autre sens pour une descente vertigineuse vers le point de départ. Une vraie courses de dingues, courue en 2003 dans le brouillard le plus total…


Au pied du Fuji, août 2004, vers 1500 m d'altitude sur le versant sud.
Le sommet culmine à 3776 m.
On ne dit jamais Fuji yama, mais Fuji ou Fuji san.



De la cote 3200 m environ, vue vers le sud-ouest : Shizuoka et l'océan Pacifique.



Vers 3300 m d'altitude, vue vers le nord-ouest, le Pacifique et la région de Tokyo à 120 km.
Tout en bas à droite à l'orée de la forêt, le parking marquant la fin de la route vers 1500 m d'altitude.
Par cet itinéraire du versant sud, le plus long, il y a environ 16 km d'ascension pour 2270 m de dénivelé.


Au sommet du Fuji qu'y a t'il ? 
Une station météo et un trou assez profond.
Cela suscitait l'intérêt de mes enfants qui se (me) demandaient jusqu'où l'on voit dans le centre de la terr. Fuadra que je les accompagne là haut un jour.
La dernière éruption remonte à un peu plus de deux siècles, le volcan est toujours tiède ce qui explique que le neige ait du mal à tenir, ajouté aux vents violents qui soufflent en hiver.



Au sommet du Fuji en août 2004, après la montée par l'itinéraire sud.
En allant assez vite j'ai mis à peine deux heures vingt minutes pour avaler les 16 km et 2270 m de dénivelé.
En descendant en courant et en traçant tout droit en bas dans les cendres molles il me faut un peu plus d'une heure et quinze minutes.
J'ai tenté l'ascension en version hivernale en mars 1997 mais la météo était trop mauvaise, avec un vent glacial (les rafales peuvent dépasser 150 km/h), j'y suis retourné en mai 1997 par l'itinéraire nord où l'enneigement était plus important pour redescendre à ski. 
Interdiction de chuter car les caillasses acérées sont dangereuses. Arrivé en bas mes skis ont terminé à la poubelle, littéralement déchirés.



avril 14
2010

Mon dernier marathon

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Marathonnerre

Rotterdam, avril 2000.

J'avais accompagné un copain pour son premier marathon, mais totalement à court d'entraînement, je lui avais dit que je m'arrêterai au semi.
Passage en 1h22 (objectif 2h45 pour lui), j'avais tenu jusqu'au 25e km avant de coincer en repassant le pont Erasmus. J'avais toutefois continué à petite allure, avant de repartir vers le 30e km.
Il avait terminé en 2h44, pour ma part j'avais réussi à finir en 2h54 mais dans la douleur, les quadris tétanisés.

 

Rotterdam, 10 ans après.

Ma préparation se passe bien, jusqu'à environ 20 jours avant le marathon, où mon jambier antérieur gauche se manifeste. Je réduis mon entraînement, je vais m'en remettre aux soins d'un kiné compétent. La douleur est globalement maîtrisée, ma très longue sortie de 2h35 à deux semaines de la course se passe à peu près bien, je pense que je pourrai courir. Mais je dois à nouveau alléger mon entraînement l'avant dernière semaine car mon soléaire gauche est douloureux, je ne cours qu'une seule sortie rythmée une semaine avant le marathon.

Je sais dores et déjà que ce sera mission impossible pour passer sous 2h50 (mon record est à 2h50'18''), alors je partirai sur la base de 1h24'30'' / 1h25' au semi, et ensuite j'aviserai.

 

Rotterdam, 10 avril 2010.

Le ciel est bleu, le vent souffle modérément, conditions idéales pour courir un marathon.

 

Retrait des dossards au World Trade Center.

 

 

 

Le soir nous courons une trentaine de minutes sur le début du parcours, vers le long pont Erasmus.

Le pont Erasmus, très exposé au vent.

Dans trois mois le tour de France s'élancera de Rotterdam.

Mon mollet gauche est un peu sensible, mon jambier gauche lui semble totalement guéri.
Nous allons dîner ensemble dans un restaurant Italien, rempli de coureurs.

Elvino est Italien... Il termine sa seconde assiette.

Petit déjeuner. Elvino demande des pâtes. Caroline se marre.


Rotterdam, 11 avril 2010.

Le départ est donné, le flot des coureurs s'écoule lentement, les tous premiers sont déjà lancés à 20 km/h, et derrière cela piétine. Le soleil brille généreusement, les conditions météo semblent idéales.

Les derniers coureurs ont passé la ligne de départ environ 23 minutes après le coup de feu, alors que les leaders ont déjà dépassé le 5e kilomètre, du côté de la place de la Bastille.

C'est assez amusant d'attendre le départ de son propre marathon en regardant à la télévision le marathon se déroulant dans la ville où l'on habite. Je reconnais quelques visages familiers, Vincent Rousseau avec les premières féminines, nos terrains d'entraînement du bois de Vincennes.

Christelle Daunay semble mener une course d'attente, je n'en verrai pas plus car l'heure de notre départ approche.

 

Le champ du départ

Je passe sur le côté gauche de Coolsingel en passant par les escaliers du métro, mon sas de départ est derrière les élites, à gauche de la chaussée donc.

Un chanteur juché sur une nacelle massacre quelques vieux tubes disco, un coup de canon nous libère, la zone de départ est étroite et je passe la ligne 14 secondes plus tard.

 

Le petit groupe de leaders se détache au passage au second kilomètre, à la sortie du pont.

Il me faut 500 mètres environ pour être en action, je rate le repère du premier kilomètre, c'est déjà la rampe de montée du pont Erasmus, puis la descente sur la rive gauche de la Meuse. Un Français qui m'avait dit partir pour 2h50 est en réalité parti beaucoup plus vite, je le laisse aller à son rythme.

Christophe me dépasse peu après le 2e km (8'05''), nous échangeons quelques mots, il vise 2h42'.
Nous voici sur une large avenue, vent plutôt de face, et il souffle méchamment.

 

Rien que de l'eau.

Passage au 5e km devant le stade du Feyenoord, 20 minutes de course. C'est fluide, pas vraiment de groupe, plutôt une file de coureurs.

Des supporters du club de football local, le Feyenoord Rotterdam donc, braillent en agitant des banderoles. Je lève le pouce en hurlant «  Ajax ! Ajax ! » ce qui me vaut une bordée de sifflets. Juste avant le ravitaillement du 6e km, j'ai la bonne idée de passer sur la pelouse du tramway, car depuis environ 200 mètres un coureur devant progresse bizarrement, allant de gauche à droite. Il finit par faire chuter un grand Belge qui s'effondre bruyamment, je me contente de trébucher sur la pelouse.

Les ravitaillements consistent en des gobelets en carton fermés par un couvercle en éponge partiellement percé, très pratique pour s'en mettre partout, mais on s'en fout on n'est pas sur un banquet. Il y a également une boisson sportive nommée Extran à laquelle je ne touche pas. Et rien d'autre, pas de sucre en morceaux.

Le secteur traversé est à l'image de l'ensemble du parcours, pas très sexy, mais je sais que ce parcours n'est pas touristique. Un peu plus loin c'est le passage en aller et retour sur Olympiaweg et l'occasion de voir une première fois les leaders déjà détachés. Petit signe de la main avec Christophe qui a déjà une minute d'avance, il est à peu près en 3'45'' au km (16 km/h) contre 15 km/h pour moi. Après le demi-tour je croise Sedef et Laurent, partis pour 2h52 environ, puis Serge qui me semble bien rapide.

S'ils sont présents en groupes assez compacts, les spectateurs sont en revanche assez silencieux. A plusieurs reprises je leur fait signe de faire du bruit.

Dixième km passé en 40'09'', j'ai entamé mon premier berlingot de compote, et le vent qui était de face est enfin favorable depuis le 8e km environ.

Slinge, 13e km. C'est bien fluide.

Au 13e km j'ai la bonne surprise d'apercevoir Malik « Gate 4 », qui, blessé, n'a pas pu participer mais est venu encourager. En revanche, alors que je vais boucler mon premier tiers de course, je me trouve bien isolé, aucun groupe au sein duquel s'abriter lorsque nous nous reprendrons le vent vers le 14e km. Passage en 56' pile, avec le 15e km en 1h00'04'', je suis d'une régularité de métronome. Mais allegro ou vivace ? En tout cas le profil ultra plat permet d'avoir une allure extrêmement régulière. Du côté de mon jambier antérieur et de mon mollet, rien à signaler. Le strapping au dessus de ma cheville, déjà testé à l'entraînement, semble efficace.

 

Sport d'équipe

J'ai rejoint un groupe dans lequel je reste sagement. Nous sommes dans le Zuiderpark, il y a des terrains de football, et toujours ces pistes cyclables qui longent les avenues ou les rues.

Juste avant le virage à gauche marquant la sortie de Zuiderpark, 17e km.

Après le 18e km nous retrouvons le vent de face, et cela va durer jusqu'au 27e kilomètre.

Le groupe est assez cosmopolite, au gré des inscriptions sur les maillots ou des quelques mots échangés je remarque un Danois, un Belge, des Hollandais évidemment, un Mexicain trapu, deux Hollandaises, un Irlandais, et des Français.

20e km, 1h20'20", allez encore un grosse heure et demi de course...

Le passage au semi se profile, j'y suis en 1h25 tout rond. C'est passé assez vite, mais je sais pertinemment qu'il n'en sera pas de même pour le second semi qui se profile.

Nous voici vers la large avenue qui nous ramène vers le pont Erasmus franchi à l'aller. J'entame ma seconde dose de compote, et je bois un peu d'eau au 25e km passé en 1h40'40''.

 

Quand on arrive en ville.

Je passe la rampe du pont Erasmus sans encombre, encouragé par Malik sur le côté droit, puis ça descend, derrière le groupe s'est disloqué sous l'effet conjugué du vent je pense et de la légère montée du pont. 25e / 26e km, les premiers défaillants apparaissent toujours à cet endroit. Ici un gars qui s'étire, là un autre qui ralentit. Pas encore de marcheur cependant. Devant moi, une Hollandaise flanquée de son mari a accéléré, impossible de les suivre. Nous revoici en centre ville, nous allons tourner à gauche puis faire demi-tour et emprunter un passage souterrain pour ensuite filer vers le nord-est de la ville.

Sortie du pont Erasmus, rive droite de la Meuse, vers le 26e km.
C'est la seule petite difficulté de ce marathon.

Second tiers de course avalé, 28 km, 1h53'. Il reste 14,2 km, je pense que je vais en finir en 2h52'30 / 2h53. Allez, moins de 2h53. Et là c'est franchement la grande solitude. C'est dans ce genre de situation que les longues sorties en solo, les entraînements dans le froid, la nuit, sur la neige, le verglas, etc, servent et aident à ne pas lâcher la rampe pour filer vers un peu plus de confort. Nous allons approcher les deux heures de course, bientôt le 30e km, et dans cette portion en aller et retour je devrais voir passer la tête de course. C'est chose faite alors qu'ils approchent du 40e km, deux coureurs détachés, je regarde le chrono, c'est du moins de 2h05 à l'arrivée, le troisième est loin, ensuite il y a un gouffre. Cela va encore donner un chrono très rapide, sans doute dans le top six mondial.

 

Promenons-nous dans le bois

Je passe au 30e km en 2h01'25'', j'ai légèrement ralenti désormais, nous quittons la ville pour nous retrouver assez isolés, entre marathoniens, à l'orée d'un bois. Des spectateurs ont installé des fauteuils, dressé des tables, amené à boire et à manger, pour eux mais également pour nous. Je vais terminer ma dernière dose de compote, il me faudrait de l'eau. «  Wasser, wasser bitte » . Y' a qu'a demander, une main, se tend, « Danke », je passe le reste de la bouteille à mon voisin, un grand Luxembourgeois qui coince quelque peu.

Nous passons à deux reprises sous la rocade, j'ai un coup de moins bien juste avant le 35e km avant de me relancer.

35 km donc, 2h22'22'', ça va être juste pour 2h53', allez je tente de me relancer. Ce passage à l'orée de la forêt est tout de même monotone, et depuis 10 minutes mon mollet gauche s'est réveillé, je sens une douleur à chaque impact. Je me sens bien seul tout à coup. Les fins de marathon sont solitaires. Je relativise ce petit souci au 37e km, en apercevant Christophe en train de marcher devant moi. «  Allez Christophe, on termine ensemble, allez ».


Solitaires mais solidaires.

Du coup je trouve les ressources pour relancer, je rejoins quelques coureurs qui m'avaient dépassé peu de temps auparavant. « J'ai des crampes depuis le 30e me dit-il, fait chier ». En tout cas pour un crampé il cavale bien car il me prend 10 mètres, 20 mètres, ha quel çalop !

Nous retrouvons la ville et sa portion du parcours en aller et retour. 2h40 de course, il y a beaucoup de coureurs dans l'autre sens (30e km), ils sont dans le rythme de 3h45 environ. Je me concentre sur ma course, j'ai vraiment mal aux deux mollets, j'espère ne pas me blesser. 40e km en 2h44, je rejoins Christophe qui n'en peut plus. «Allez, allez», mais c'est trop dur pour lui. J'ai l'impression de trébucher sur les rails du tramway, pour la première fois de la course j'en ai marre, il est temps que cela se termine. Je vois un marquage au sol indiquant 1000 mètres.

Puis c'est le dernier virage, Malik est encore là, à gauche cette fois « Allez Fred ! », marquage au sol 500 mètres, et la longue ligne droite finale me saute au visage, en même temps que le vent que nous ne sentions plus trop, abrités par les immeubles. Je vais accélérer, mais pas tout de suite, c'est mort pour moins de 2h53, il y a des panneaux hectométriques de part et d'autre de la chaussée, j'attends les 300 mètres pour légèrement accélérer et finalement passer la ligne d'arrivée en 2h53'23''.

 

De la décontraction jusqu'à l'arrivée.

Mais tout de même un peu la tête des moments difficiles.
La boucle orange fixée sur mes lacets est le système D-Tag pour enregistrer les temps de passage.

La bonne longueur pour les jambes, c'est quand les deux pieds touchent le sol.

La zone d'arrivée, est à l'image du parcours, ça ne donne pas envie de traîner. Couverture en plastique, médaille, une bouteille d'eau, je me surprend à trottiner pour sortir, contourner les barrières et revenir vers l'hôtel.

 

Epilogue

Le hall de l'hôtel est rempli de coureurs, accompagnateurs. Je suis vautré dans un fauteuil en buvant une bière en en mangeant (sans appétit) des frites.

Fortunes diverses pour les différents coureurs qui étaient venus.

Super performance pour la grande Sophi en 3h23', et pour Caro la tigresse quasiment dans le même temps. Pourtant, avec quatre minutes de mieux qu'en 2009, elle n'est « que » cinquième dans sa catégorie 50 – 55 ans, alors qu'elle était première en 2009.

Laurent a terminé quelques secondes derrière moi, record pour lui également, Sedef a un peu coincé en 2h58.

Christophe a bien du mal à terminer, il perd 4 minutes sur moi entre le 40e km et l'arrivée (2h57). Perclus de crampes il n'en pouvait plus, il était passé en 1h20 au semi, un chouia rapide sans doute.

Elvino et Serge ont bien terminé également, Martine nous raconte sa mésaventure et son malaise du 15e km. Rétrospectivement l'ambulance qui nous a dépassé sur le pont vers le 26e km la ramenait au centre médical situé à l'arrivée.

 

Je suis partagé entre la satisfaction d'avoir couru ce marathon assez régulièrement, et la sensation d'en avoir un peu gardé sous le pied par peur de me blesser, car je suis étonnamment peu courbaturé à l'arrivée, rien à voir avec le marathon de Paris 2009 par exemple, où je marchais difficilement ensuite.

Finalement, trois minutes de différence, un final moins usant, et je termine dans un confort relatif à Rotterdam, alors que ce ne fut pas le cas à Paris l'année dernière.

 

Un petit mot sur le parcours. S'il n'a rien de folichon, il est extrêmement roulant et super bien tracé, avec un final totalement plat, je le classe d'ailleurs en premier devant La Rochelle (deux fois 2h51 et une fois 2h50) et Paris (pourtant mon meilleur chrono en 2009). Dommage qu'il ne se déroule pas en automne.

Il est à noter que sur les douze meilleurs temps réalisés sur marathon (entre 2h03'59'' et 2h05'13''), six l'ont été à Rotterdam, avec notamment en 2009 les deux premiers en 2h04'27'', soit la troisième performance mondiale sur la distance.

Il y a également une sacrée densité de femmes en moins de trois heures : 28 coureuses, soit plus qu'à Paris mais avec quatre fois moins d'inscrits. Je l'ai un peu constaté durant la course, ça ne rigolait pas, on sent que c'est le marathon à performance du pays, et même au delà, à l'aller samedi matin le Thalys était rempli de Français venus le disputer. Beaucoup de Belges également le couraient.

 

Photos en course prises par Bjorn Paree (sauf l'arrivée), que je remercie.



 

 

 

févr. 10
2010

Mes tests sportifs à l'Insep

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Marathonnerre

*

Entre novembre 2009 et  janvier 2010, j'ai participé à des tests menés par la mission recherche de l'Insep.

Il s'agissait d'évaluer les effets de différentes méthodes de récupération après effort et fatigue.
Tout au long du processus, les exercices physiques étaient les mêmes, course sur tapis, bardé d'électrodes, et exercices de force sur les jambes, seules les séances de récupération variaient.

  • Récupération en caisson infrarouge : 30 minutes à une température de + 45° C.
  • Récupération en chambre de cryothérapie corps entier : 3 minutes à - 110° C en short (c'est bien moins cent-dix, pas d'erreur...).
  • Récupération passive.

Le préalable à cette participation, étalée sur plusieurs semaines, fut un test d'effort avec mesure de la VO2 max (consommation maximale d'oxygène) et électrocardiogramme d'effort.

Me voici donc le 16 octobre 2009 sur le tapis de course de la mission recherche de l'Insep.

 

Bon et bien,  il va falloir y aller...

 

Electrodes sur la poitrine, masque pour la mesure des échanges gazeux sur le visage, c'est parti pour le test.

Après un échauffement préalable d'une dizaine de minutes (j'étais déjà chaud grâce à mon trajet à vélo), le test est lancé.

Me voici à 12 km/h, 1 % de pente, cardio vers 135 pulsations par minute, et la vitesse augmentera d'un kilomètre par heure toutes les deux minutes. Malgré les trois ventilateurs en action, je suis rapidement en nage, ma serviette à portée de main s'avère fort utile, notamment pour éponger mon front et la sueur qui coule dans mes yeux.

Jusqu'à 15 km/h c'est relativement facile, ma fréquence cardiaque est à 175 puls/min. Après 10 minutes me voici donc à 16 km/h, ma vitesse sur 20 km et semi-marathon. Je sens soudain que le rythme a bien augmenté, la palier suivant de 17 km/h m'oblige à vraiment m'accrocher, dire que cela devrait quasiment être ma vitesse sur 10 km... Il y a du boulot. Mon cœur tape désormais à plus de 180 pulsations par minute. Nouveau palier à 18 km/h maintenant, j'approche ma vma (vitesse maxi aérobie) vraisemblablement, je commence à avoir du mal à respirer à cause du masque, je m'accroche, tenir deux minutes, en plus je suis totalement immobile malgré les efforts fournis, et c'est franchement monotone.

Cela fait 14 minutes que je cavale sur le tapis, et voici le palier 19 km/h. Cela devient extrêmement dur, on m'annonce 195 pour le cardio, ma foulée est dégradée et mon souffle bien court. Je marmonne « Stop » et fait comprendre que je ne n'en peux plus. Le tapis passe en roue libre, en 10 secondes me voici enfin à l'arrêt. Et je n'ai pas bougé d'un mètre ! J'ai tenu quasiment une minute à 19 km/h, mon cardio est monté à 199 pulsations minute, j'arrache le masque à la recherche d'air pour mes pauvres poumons. J'étais un peu à court de jambes cinq jours après les 20 km de Paris, ce type de test est vraiment intense, le masque sur le visage s'avérant gênant en toute fin d'exercice lorsque l'effort est vraiment maximal.

Ma vma est supérieure à 18 km/h c'est certain, vers 18,5 km/h ? J'aurai les résultats dans quelques jours, avec ma mesure de VO2 max, ainsi que mes différents seuils ventilatoires.

 

Le poste de commande du tapis.
Vitesse, temps passé, distance courue, pente, fréquence cardiaque.
Système d'arrêt d'urgence également accessible pour le coureur devant lui et sur les côtés.

Je vais prendre une douche puis je pars visiter les installations de cryothérapie, je fais un petit test d'une minute à – 110° C , heu c'est comment dire... désagréable, je suis perplexe en songeant qu'il faudra y effectuer plusieurs séjours de trois minutes.

Je vais manger au restaurant de l'Insep, l'ambiance est disons... sportive.

Le médecin va examiner ma courbe cardiaque rapidement, lors du suivi en direct aucune anomalie flagrante n'est apparue, a priori je serai retenu pour suivre le protocole de tests.

Quelques jours plus tard j'ai le résultat de mon test : vma mesurée à 18,6 km/h, VO2 max de 68 ml/kg/min. Allure marathon légèrement supérieure à 15 km/h, allure semi vers 16,2 km/h. En principe, dans la pratique j'y suis presque, sauf pour ma vitesse 10 km que j'ai perdue...  Passé 16,7 km/h ma fréquence cardiaque s'envole, je travaille trop peu ces vitesses à l'entraînement.

 

Le joli stade couvert de l'Insep qui abrite également un vélodrome.

 

A l'issue du test me voici apte à suivre l'intégralité du protocole.

Il consiste à mesurer les effets de la fatigue et des trois différentes méthodes de récupération sur l'organisme, en effectuant des mesures sur la réaction neuromusculaire d'une jambe, et la force en flexion et en extension avant et après les exercices, ainsi qu'après les périodes de récupération.

Les exercices seront toujours les mêmes, on me demande pour le plus de rigueur possible de manger selon certains menus type, afin que les prélèvements sanguins effectués quotidiennement (avant puis après effort) soient le plus homogènes possibles,

Chaque session d'une semaine débute le lundi matin par un long test de course qui consiste à enchaîner différents situations, après 8 minutes d'échauffement :

  • quatre minutes à 16 km/h (ma vitesse semi) sur du plat
  • trois minutes à 12 km/h avec 12 % de pente positive (de la montée donc)
  • trois minutes à 14 km/h avec 12 % de descente

En pleine action lors du gros test du lundi.

Ces trois séries seront effectuées quatre fois en continu, sans temps d'arrêt autre que les quelques secondes ou le sens de rotation du tapis est inversé pour passer de la montée à la descente.

L'exercice dure au total 48 minutes. Cela peut sembler facile sur le papier, mais à l'issue du test, je suis bien entamé.

Puis j'effectue les tests de force sur ma jambe droite, toujours bardée des électrodes. Quatre flexions suivies de quatre extensions, où l'on mesure la force en Nm, je dois tenter de déplacer un bras de force contre lequel ma jambe est plaquée, et la machine enregistre la force déployée.

La machine d'exercice de force à droite. Des rameurs à gauche. 


Les emplacements de mes électrodes marquées au feutre pour un repositionnement précis jour après jour.

 

 

Les tests de course des jours suivants sont considérablement allégés, je me contenterai d'une vingtaine de minutes à différentes allures. Et le jeudi est particulièrement reposant car je ne cours que quelques minutes, d'ailleurs mes tests de force post efforts de ce jour là étaient bien meilleurs.

Après un questionnaire informatique sur mes sensations, physiques notamment, place à la récupération, selon une des trois méthodes citées plus haut.

Ma première batterie de tests fut suivie de la récupération infrarouge.

Allongé dans un caisson fermé, hormis ma tête, je restais ainsi allongé durant trente minutes, avec une chaleur rayonnante de 45° C. C'était très reposant, je me suis même assoupi à plusieurs reprises. En revanche, sur le plan de la récupération, je sentais bien que j'étais relativement endormi, sans beaucoup d'énergie musculaire.

Ce type de soin, généralement appelé « Innovo » (leader mondial de la fabrication des caissons), a été initialement utilisé en traitement d'appoint sur des greffes de peau, notamment chez des grands brûlés, des médecins ayant ensuite voulu tester les effets sur des tissus sains mais fragilisés par des efforts sportifs par exemple.

 

Le caisson infrarouges, dont seul la tête du sujet dépasse.


Ma seconde série de tests était consacrée à la méthode cryothérapie.

Après la même série d'exercices bien usants du lundi matin, me voici devant la chambre de cryothérapie. Je me déshabille, conservant simplement mon short et mes chaussettes. On me passe une paire de sandales de piscine, je porte des gants, un masque sur le nez et la bouche et un bandeau sur les oreilles. Après avoir traversé deux sas à – 12° C puis à – 65° C, me voici dans la pièce principale, refroidie vers – 110° C. Ces deux pièces « tampon » évitent que de la condensation en se forme dans la chambre de cryothérapie, où l'air doit rester extrêmement sec. La pièce mesure environ 2,5 mètres de côté, il y a deux vitres, un faible éclairage, et un système d'interphonie permet de communiquer avec l'opérateur resté à l'extérieur. 

La chambre de cryothérapie et son tableau de bord.

Au bout d'une minute j'ai vraiment froid, je grelotte, je marche lentement en agitant mes bras. Le temps me semble bien long, la radio diffuse de la musique plutôt tropicale. Une minute trente, cela me semble interminable, je dois rester trois minutes. Mes épaules semblent être prises dans un étau, je continue mes tours de la pièce. Deux minutes, je respire lentement et profondément. Les trente dernières secondes sont vraiment difficiles, cela dit je peux sortir à tout moment si je veux. « C'est bon tu peux arrêter ». Haaaaa merci, sauf qu'il me faut bien cinq secondes pour ouvrir la porte... Le second sas à – 12° C me semble bien tiède, par contre une fois revenu dans la salle je grelotte et ma peau hésite entre le bleu et le violet avec quelques nuances de rouge. Une fois rhabillé et après quelques minutes je me sens mieux, et dehors alors qu'il fait + 5° C j'ai étrangement chaud.

Une demi-heure plus tard je quitte l'Insep à vélo et je me sens plutôt en forme.

 

Souriez vous êtes filmés...  Age de glace.


Le lendemain je partage ma séance avec une sprinteuse bien connue (c'est con je n'ai pas de papier ni de stylo pour lui demander un autographe...), elle est littéralement frigorifiée avant même d'entrer dans la chambre de cryothérapie, elle a déjà effectué ce type de séance mais manifestement c'est très difficile pour elle. Je supporte les trois minutes bien mieux que la veille, et il en sera ainsi tout au long de la semaine, je prends même mon temps pour sortir.
Le jeudi, journée allégée au niveau des tests sportifs, je rentre à vélo par mon trajet habituel, et je traverse le bois de Vincennes à toute vitesse, me sentant vraiment très dynamique.

 

Le tableau de commande. Les Scandinaves ont effectué des tests jusqu'à - 160° C.

J'ignore ce que les prélèvements sanguins mettront en évidence, mais au niveau des sensations, si la séance elle même est peu agréable, les effets sur mon organisme sont incontestablement spectaculaires en matière de récupération. Bien que n'ayant pas couru (hormis ces tests usants) depuis plus de deux semaines, je participe à l'improviste aux 15 km de Conflans Ste-Honorine le samedi après-midi, bouclant en une heure les 15 km de ce tracé assez sélectif, avec de vilaines côtes et un fort vent de face.

Dernière série de tests début janvier, récupération passive.

C'est à dire qu'il n'y a pas de récupération, une fois que mes exercices sont terminés je m'en vais. Ayant eu une grosse angine vers la fin de l'année, et n'ayant pas couru depuis un mois, je suis totalement à court de rythme, cela se voit d'ailleurs sur mon test de course du mercredi où ma foulée est moins fluide et mes appuis plus heurtés.

 

Stéphanie Vongsouthi, tennis woman professionnelle (247e mondiale) en train  d'effectuer un test d'effort.


Nous étions une quinzaine de sportifs répartis en trois groupes à participer à cette étude. Les derniers terminent leurs tests le 12 février. Les prélèvements sanguins de chaque athlète (plus de 75 tubes pour chacun d'entre nous), classés par jour et par ordre de prélèvement vont désormais être analysés à l'hôpital Cochin, petit boulot pépère. Cela va prendre environ un mois pour obtenir les résultats complets, ensuite ils seront analysés par les chercheurs à l'Insep. J'aurai donc d'autres informations à vous communiquer, sur les résultats objectifs de ces tests, vers le milieu du mois d'avril.

Selon les résultats qui seront obtenus, des méthodes de récupération applicables à l'élite en triathlon et athlétisme notamment seront mises en place.
La cryothérapie semblerait avoir également des effets sur des dégénérescences neuromusculaires, il pourrait y avoir des applications purement médicales notamment dans le traitement de la sclérose en plaque.

Il existe également des applications dans le traitement de certaines tumeurs cancéreuses, où des aiguilles sont introduites jusque dans la zone à traiter, la tumeur étant ensuite cryogénisée par refroidissement intense extrêmement localisé.


De très nombreuses pistes à explorer dans différents domaines.