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avril 21
2012
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Marathon de Paris 2012Posted by Marathonnerre in Untagged |
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Cela fait deux ans que je n'ai pas couru de marathon pour moi (Rotterdam, avril 2010), et après avoir à nouveau raté la loterie pour Londres 2012 (tirage en octobre 2011), je m'inscris au marathon de Paris in extremis avant la clôture des inscriptions.

J'attaque ma préparation spécifique relativement tardivement, deux semaines avant le semi-marathon de Paris, avec un peu de perplexité quant au déroulement de cette période que je connais pourtant très bien.
Compacité et densité sont les maîtres mots de cette préparation sur le plan sportif.
Compacité, car huit semaines (en réalité sept avec la dernière allégée) c'est court, et je n'ai pas effectué de long entraînement (supérieur à 1h30) depuis... je ne sais plus.
Densité car après le semi-marathon de de Paris je réussis à caser six entraînements hebdomadaires, portant mon kilométrage à une moyenne d'environ 102 km.
Sur un plan plus personnel, c'est plaisir et motivation.
Plaisir de retrouver la piste ou des entraînements plus rythmés dans le bois ou le long du canal de l'Ourcq, et motivation pour réaliser un bon marathon.

Canal de l'Ourcq. La grande halle de la Villette et la Géode.

Sur la piste, mettons la gomme.
Au programme de la piste, des séries rapides de 800 mètres principalement, mais également quelques séances plus rapides sur 300 mètres en tout début d'entraînement.
Tout se passe bien jusqu'à ma plus longue sortie à J - 14 où j'essaye un modèle de chaussures que je connais pourtant bien (Adidas Adios) mais que je ne pensais pas être adapté sur 42 km en compétition pour moi. Et bien j'avais raison, car au bout de 1h50 mon soléaire gauche grince et se manifeste douloureusement. Je réussis tout de même à terminer mon entraînement, mais mon avant-dernière semaine se trouve fort allégée.
Je décale mon ultime séance de piste du mercredi au vendredi, avec 10 x 800 mètres en 2'44''. J'ai bien conscience que c'est un peu proche de la date de la course, mais c'est également un test, qui se déroule bien.

La bonne longueur pour les jambes, c'est lorsque les deux pieds touchent le sol.
Mais le dimanche précédant la course j'ai à nouveau un peu mal, ma dernière semaine consistera donc à me reposer. Deux séances de kiné, un peu de massages, je suis incertain de ma participation jusqu'au mercredi matin. Si je ne me sens pas en totale possession de mes moyens physiques je n'irai pas, je participerai alors un autre marathon un peu plus tard dans la saison.

Vendredi 13 avril.
Dimanche 15 avril 2012, 8 heures.
Me voici au départ de mon trente sixième marathon.
Et c'est le trente sixième marathon de Paris. Je repense au marathon de Paris 1992, à l'époque je courais beaucoup moins souvent, et j'étais au départ pour me mesurer aux 15 km/h sur la distance.
Vingt ans ont passé, et je suis encore là, avec le même objectif. Finalement je n'ai pas progressé en deux décennies...
Je commence mon échauffement avec Jean-Charles, mais il a un objectif un peu inférieur au mien, nous ne partirons pas ensemble. De son côté, Franck, mon coéquipier de club, envisage 2h42, bien trop rapide pour moi.
A une quinzaine de minutes du départ, Sofisi m'aperçoit, je discute quelques instants avec elle avant d'aller me placer sur la ligne de départ derrière l'élite de l'Afrique de l'est.
Départ en descente, çava vite. On aperçoit Nathalie Vasseur avec son bonnet rose.
Le départ est donné à 8h45 sous un ciel menaçant et avec un fort vent du nord.
Je passe le premier kilomètre à me retenir car ça part très vite et je me fais dépasser par des centaines de coureurs. Dès le deuxième kilomètre me voici installé dans mon marathon. Je suis concentré, et je passe chaque repère kilométrique avec une régularité de métronome : 3'57'', 3'57'', 3'58'', 3'57''.

Hôtel de ville, 3e km.
J'aperçois Brinouille et Martine à St-Paul au 4e km, les tables de ravitaillement avancées par rapport à ma précédente participation me surprennent. J'ai embarqué dans mon gant de la main gauche et dans mon poignet de tennis un berlingot de compote. Un copain me ravitaillera vers le 22e km, puis il y aura Brinouille au 29e km. Le vent est de face sur ce premier tiers de course, il souffle fort, et déjà la densité de coureurs n'est pas très importante.

Bastille, 5e km.
Manifestation ? Non, marathon.
C'est ainsi que le bois de Vincennes est abordé après 9 kilomètres. Je suis bien dans le rythme, aucun pépin physique, il faut désormais être patient et continuer sur cette allure de 3'57'' en moyenne. Sofisi me hèle au 12e km, après l'esplanade du château.
Château de Vincennes, 12e km. On aperçoit Nathalie Vasseur avec son bonnet rose.
Le 14e km, premier tiers de la course, est passé en 55'30''. Je multiplie par trois ça fait 166,5, soit 2h46'30''. Mais il faut ajouter 200 mètres, disons 50 secondes, et le '' déchet '' de fin de course. Montée de l'hippodrome, Michel " casquette rouge " et Squirrel m'encouragent, nous abordons le tronçon très roulant du plateau de Gravelle. Cela déroule bien et je dois encore me retenir. Le vent est encore de travers pour le moment, mais c'est moins gênant que lors des douze premiers kilomètres. Je vois quelques copains qui m'encouragent, j'entends fuser des '' Allez Frédéric '' d'inconnus lisant les prénoms sur nos dossards. Je tape dans les mains des enfants qui tendent leur bras.
Depuis le 8e km Nathalie Vasseur est calée dans ma foulée, elle est reconnaissable à sa foulée caractéristique.
Retour dans Paris par la porte de Charenton, après le calme et l'isolement relatif du bois il y a foule par endroits.
Passage au semi-marathon en 1h23'15''. Je visais entre 1h23' et 1h23'30'', il va falloir maintenant terminer en 1h26' pour passer sous 2h50', et même en 1h24' pour finir en 2h48' (15 km/h c'est 2h48'48''). En principe je sais faire sans difficulté aucune, mais en partant de zéro, pas avec un semi déjà couru....
Et Sofisi est encore là.
Au fond, l'arche du semi. On devine un bonnet rose derrière mon épaule gauche...
Voici Vincent au 22e km, avec la compote. Je garde le berlingot demon gant gauche en '' secours '', Vincent m'accompagne jusqu'au ravitaillement du 24e km, m'évitant de me décaler de l'autre côté pour boire. Nous descendons sur la voie express et courons au ras de la Seine, avec les spectateurs en surplomb au dessus de nous, même s'ils sont nombreux à être également descendus.

24e km, descente vers les quais de Seine.

Voies sur berges.

Nathalie Vasseur est devant désormais et elle s'éloigne inexorablement, elle a un sacré niveau. Mes enfants sont là, peu après le 25e km, mon fils me tend une compote, je la prends bien que n'en ayant pas besoin, puis nous entrons dans le long souterrain des Tuileries. Il y fait chaud et sombre, cela créée une ambiance particulière, nous voici chenille processionnaire dans une galerie à la recherche de la sortie. Secteur délicat que cette portion où nous enchaînons quatre passages souterrains, avec quatre montées et trois descentes successives en l'espace d'à peine deux kilomètres.
25e km, avant le souterrain des Tuileries.

26e km, après le souterrain des Tuileries, juste avant le toboggan de la Concorde.

Le deuxième tiers de course est bientôt terminé, je reste concentré, appliqué, jusqu'ici tout va bien. Voici le 28e km, peu avant Alma, passage en 1h51'. Avec les 55'30'' du premier tiers, cela fait un second tiers couru exactement à la même vitesse (3'57'' au km). Il me reste 57 minutes pour courir 14,2 km et finir en 2h48. Alors faut pas mollir.
28e km, juste avant le souterrain de l'Alma.
Brinouille est là au 29e km, sur la droite, elle me file ma compote et m'accompagne durant quelques décamètres en m'encourageant bruyamment. Plus loin, peu après le 30e km, Valérie '' la pépite '' me donne également une compote. '' Mangez des pommes ''. Juste avant j'ai eu droit aux encouragements de Tati, au passage au 30e km (1h59), avce beaucoup de monde.

Le marathon vu du ciel.

Passage très rétréci au 30e km.
La traversée du XVIe arrondissement se fait traditionnellement dans le calme, une fois encore c'est le cas. J'essaye d'oublier un peu mes anciens repères, car avec la modification du parcours en 2011, mes références précédentes sont décalées d'un kilomètre. Passage derrière Roland-Garros puis demi-tour pour rejoindre la porte d'Auteuil, au 34e km, et je sens que c'est un peu moins facile.

35e km, montée des fortifications. A l'assaut ?
Le vent est de face à nouveau, je me fais coincer aux tables du 35e km par des coureurs qui s'arrêtent, ça bouscule même, je n'aime pas être ainsi coupé à ce moment de la course.
C'est moins fluide désormais, la dernière demi-heure va être difficile, mais cela je le sais très bien.
Tout comme je connais cette côte de l'hippodrome d'Auteuil, débutant pile au 35e km, passé en 2h20. Jibé m'encourage, allez faut pas mollir !
Et ces pavés au km 36,5, ils sont peut-être jolis et ralentissent les bolides, mais nous, pauvres coureurs aux mollets déjà bien durcis, vous voulez notre fin ?
Salut à Serge BZH au 36e km, j'ai les quadriceps bien durs et j'ai du mal à relancer, je cours un peu par à coups, entre 13 et 15 km/h, mais pas assez souvent à 15 km/h. Le final dans le bois de Boulogne est désormais plus fluide et moins tourmenté, et c'est exactement l'inverse pour moi...


36e km, carrefour des lacs. Y'a un Breton qui me suit.
Longues ligne droites battues par un vent violent allées de la reine Marguerite et de Longchamp, aucun spectateurs, nous sommes entre marathoniens. Si j'ai vu les premières défaillants du côté d'Alma et d'Iena, ils sont désormais légion : ça marche, ça s'étire, ça court comme ça peut. Tête basse, épaules voutées, lassitude extrême, physique ou mentale.


38e km, de l'application.
Allez, on achève bien les marathons !
Je sais que c'est cuit pour 2h48, même pour 2h49. Mais j'ai un record à 2h50'20'', ici même en 2009, je peux aller le chercher peut-être. Nous abordons les quadrakilomètres, un peu les quarantièmes rugissants des navigateurs à la voile.
Un copain déboule devant moi, il s'appelle Frédéric Courage, il est docteur en médecine et excellent coureur.
'' Allez Fred, courage ! ''
'' Non mais c'est pas toi, c'est moi qu'il faut encourager, çalop ''.
'' Ne parle pas '' me dit-il. Pfff si on ne peu plus déconner, même sur marathon...
Je lui demande tout de même de me prendre une bouteille au ravitaillement du 40e km. Enfin je mime le geste de boire. C'est mon kilomètre le plus lent du marathon, 4'22''.
Virage à droite pour l'ultime montée vers la porte Dauphine '' Go Frédéric'', c'est Rachel qui se balade avec son épagneul. Enfin il me semble que c'est un épagneul.
Virage à gauche au 41e km, va falloir se battre contre les secondes qui défilent, infatigables jeunettes à la vie pourtant éphémère. Sourire en direction de Martine qui m'encourage, merci infiniment !
Cela sent la fin de course.
41e km.
Je me suis fait dépasser par certains qui terminent fort, je récupère une coureuse qui s'entraîne au bois de Vincennes et qui, partie pour 2h40 (passage au semi en 1h20) a totalement coincé au 30e km. Un peu plus loin c'est Lulubelle qui m'encourage, encore des pavés sur le rond-point de la porte Dauphine, je suis assez lucide pour appuyer sur mon chrono pour le temps de passage au 42e km (2h50'07'').


Porte Dauphine, 42e km.
Deux cent mètres à parcourir.
Sprinter ? Non mais vous rigolez ou quoi, je cours , c'est largement suffisant.
Je passe la ligne en 2h50'50'', je suis marathonien.
55'30'' + 55'30'' + 59'10'' + 40 secondes pour les 200 derniers mètres.
Ou bien 1h23'15'' + 1h27'35''.
Alice de Running Attitude me demande mes impressions à chaud. Heu à chaud ? Là j'ai froid, je grelotte presque, et si je m'arrête je ne repars pas, elle est loin la sortie.
Bon, me voici abonné aux 2h50, c'est la cinquième fois en sept ans que je réalise ce temps. J'espérais faire un peu mieux, passer dans les quadras secondes, mais comme me dit un copain '' Tes multiples 2h50 valent largement une fois 2h48 ''. Mouais, pourquoi pas...
Finalement ils avaient raison sur France-Inter dimanche matin '' Frédéric est plutôt un coueur diesel ''.

Voilà, c'est fini...
Vendredi 20 avril, quelque part en France.
Je cours dans l'herbe verte, il fait frais, mes jambes sont à peu près légères.

Prom'nons-nous dans les bois.
Dimanche dernier j'étais marathonien...

Données de la vitesse de ma montre. Le pic au 26e km correspond à la perte du signal GPS
dans le souterrain des Tuileries : la vitesse instantanée tombe à zéro km/h
Le recalage se fait ensuite (aucune variation d'allure dans la réalité).
On voit bien le ralentissement à partir du 35e km, et le km 40 à 41 particulièrement lent.






























































