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sept. 28
2010
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24 heures d'Arcueil - Dominique PhilippotPosted by: Eric in MyBlog on Septembre 28, 2010 Tagged in: Untagged
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Grosse déception, je suis sur la liste d’attente au 01 juillet 2008 pour cette compétition d’un nouveau genre pour moi : 24 heures de course à pied. Il faut être convaincu pour s’engager. Mon nouveau challenge sera celui ci et cela me paraît une bonne évolution vers d’autres objectifs tel que l’ultra trail. Je vais pouvoir évaluer mes capacités sur longue durée en endurance sur terrain plat. Je m’étais presque fait à l’idée d’être supporter de Catson alors que rentrant du marathon du médoc et de cette première longue sortie du mois de septembre , 06h00 tout de même, j’apprends que je suis inscrit au 24h, car il y a eu des désistements. Tout s’enchaîne très vite alors. La surprise pour Catson de me voir inscrit 15 jours avant, mon entourage étonné, et mon obligation de continuer mon entrainement assidûment.
J’avais intégré l’idée de faire un marathon 30 ans avant de le faire mais un 24 heures en course à pied, jamais je n’y avais pensé. J’avais pourtant été supporter en 1979 d’un 24h de marche athlétique, épreuve sélective au fameux Paris-Strasbourg…Durant quatre années, je n’ai fait qu’un marathon par an et le même, puis la cadence s’est accélérée, le goût de la course et du voyage et des nombreuses rencontres ont fait le reste. Après de bonnes sensations, le corps est déclaré apte a tenté d’autres aventures.
Durant toute la semaine qui précède cette course, préparation de mon sac et suivant les bons conseils de Pompier22, j’emmène un cageot pliable, l’exposition de mes affaires étant plus pratique. Visuels et broderies sont confectionnés pour cette occasion.
Mon sac à dos digne d’un aventurier, le maillon fort, ma voisine Letizia et supportrice dont la promesse de m’assister datait de deux mois.
Nous voilà au stade.la course est à 11h00, il est 10h00, j’ai pris mon dossard le 17, nous sommes 33 coureurs. Le pointage des tours se faisant manuellement, il faut donc compter sur un certain nombre de pointeurs bénévoles qui devront se relayer sur 24h00.
L’ambiance est plutôt sereine, je maitrise mon euphorie. Une crise de fou rire au départ de chez moi à cause de Letizia « ma manager » enfilant son dossard de supportrice fait maison et qui l’avait boudiné, m’avait ôté quelques énergies. Je suis vraiment très détendu et loin d’un stress d’avant marathon, je sais que je vais courir à l’allure footing. Je salue les bénévoles, j’offre quelques cadeaux à mon pointeur et une fiche de présentation. Nous allons former un couple durant 24 heures. La photo des coureurs avant le départ, l’installation dans mon stand partagé et déjà le coup de revolver. Mon buff « courir le monde » sur la tête, un short , un tee-shirt assez épais , me voilà parti pour 24h00.Mon objectif minimum 144 kms car cela correspond à une marche de bonne randonnée, à 06kms heure cela doit être jouable , mon objectif secret la barre des 200.
Je ne sais pas courir très lentement, toutefois je peux courir moins vite qu’en entraînement, 11,5 kms heure. Je découvre la piste, le tartan est moins confortable que la piste que je connais en Normandie mais ca va. 09 heures de course où j’entends scander que je suis le premier .Quelques heures de gloire.Ma supportrice, elle sera rejoint par deux autres supportrices, Barbie est là, ainsi qu’une très bonne amie Chantal. Mon stand doit être celui où on s’amuse beaucoup de mes exigences. Mon amabilité a fait place à une certaine intransigeance, Letizia m’avait prévenu de son inexpérience, tandis que la femme de Catson était en tout point remarquable .Mais j’ai pris sur moi et cela au final n’a pas été trop pénalisant. Le passage de la crème anti-échauffement très efficace (aptonia) que j’ai mis qu’une fois , le passage des 5 gels en 24 heures, les cachets de sportenine , 5 également durant la course, les gorgés d’eau vittel énergie , deux bouteilles de 75 cl en courant qui ont contrains d’abord Letizia puis Barbie à courir à mes côtés, le changement de tenue, uniquement le haut, du tee-shirt je suis passé au juste corps skin, puis a la veste coupe vent et j’ai du dans la fin de nuit mettre un polaire entre les deux, le passage des lingettes eau de Cologne (trop sèches d’ailleurs) pour retirer le sel, quelques nourritures, le passage en main droite , le changement de casquettes etc.….vraiment il aurait fallu une caméra, car je crois que tout le monde s’est bien amusé.
Mon challenge : ne pas s’arrêter, et surtout pouvoir continuer sur un rythme constant, les petits arrêts, évidemment ca coupe les jambes. Quels sont-ils : les arrêts pipi, 5 fois sur le bord de la piste, (pratique pour les hommes) et deux arrêts toilettes. Les marches sur la pistes, au diner, 2 fois 400 mètres, au souper 1 fois 400 mètres, pour le thé trois fois, fatigue où lassitude de courir disons cinq tours, grand maxi.
Pour le diner, j’ai eu de la chance car tous mes supporters étaient à mes côtés, assiette de charcuterie à droite, fromage à gauche…c’était folklo.
Lassitude de courir peut-être mais pas de la piste, en fait je n’ai pas connu la monotonie, j’ai pu parler avec quelques uns après la première partie de l’épreuve. Catson m’a devancé avant le 100km et ai resté quelques heures premier.J’ai pu discuter et courir avec Christine (VH2 ,182kms) assez longtemps, nous étions en bonne harmonie, nous n’avions même pas besoin de parler, elle m’a bien aidé à conserver le rythme, elle est adorable et a beaucoup d’expérience. J’ai couru aussi aux côtés de Christophe, le champion, il allait encore vite après 130kms, d’ailleurs il savait qu’il rattraperait des gens inexpérimentés qui se grilleraient un peu avant les 12 heures. Il y a-t-il un mur sur une telle course ?oui, entre 70 et 75 kilomètres j’ai eu un petit coup de manque d’énergie, réparé rapidement avec quelques nourritures. Je n’ai pas voulu mangé trop tôt et respecté mon horloge biologique, cependant j’ai essayé de ne pas négligé ma consommation d’énergie.
Mes soucis ont été, la vigilance du pointage, certains étant plus attentifs que d’autres, j’étais soucieux qu’aucun ne rate mon passage. Sachez que cela est très difficile entre tourner à allure régulière et passer tous les 3 minutes, puis 6 minutes et quelquefois plus et quelquefois moins, vraiment c’est un travail fatiguant. 500 tours = 500 pointages, ce n’est pas une mince affaire. Ces bénévoles doivent être vivement remerciés .Et le temps qui s’égrène, à chaque tour, on peut lire le temps couru, la journée défile.11h00, il fait jour, le climat est tout de même très clément, l’après midi est même assez douce, j’avais hâte que la fraicheur revienne et vraiment ce fut idéal vers la fin d’après midi puis j’attendais patiemment de courir de nuit.
Il y a eu une sonorisation durant toute la course, un trio de percussion au départ, puis de la musiques diverses, quoiqu’ on a du entendre la compilation complète d’Aznavour.Nous entendions cette sono que durant la moitié des 400mètres et le soir après l’orchestre qui est resté jusqu’à 00h00 au moins, merci à eux, la musique m’a semblé plus douce. La nuit est sereine. Le problème sur une distance aussi courte, c’est qu’il est difficile d’avoir des moments longs de total détachement car nous passons très vite au pointage et aux ravitos, la nuit pourtant m’a semblé plutôt agréable et ce malgré le fort vent et la pluie qui est tombé par intermittence.
A chaque tout je voyais, ma supportrice, sur son transat, profondément endormie, à côté d’elle un coureur qui l’imitait de temps en temps, c’était croisière sur le Nil sur le pont du bateau. Je n’ai dérangé personne, j’ai fait mes petites affaires tout seul .L’aube a mis du temps à arriver, beaucoup était sur la piste tout de même, trottinant, marchant et courant. Le numéro 19 commençait à me doubler souvent, je m’étais déjà habituer au dossard 35, là c’était un peu agaçant lol. Les calculs commençaient à se faire de ma tête, à 05h00 de la fin, on me disait que haut la main, les 200 étaient dans la poche, hors à 05h00 j’étais à 166kms donc oui c’était largement possible, pour faire 34 kilomètres, ben voyons. Mais faut croire que le temps avance plus vite que mes jambes et c’est à 03h00 de la fin que mes premières angoisses arrivent, Catson qui avait 04 kilomètres d’avance sur moi s’arrêtent brutalement, je le vois à chaque tour dans son stand sous une couette, sa femme auprès de lui, des encouragements le poussant à continuer sa course, je suis béat et vraiment très triste. Les émotions commencent à émerger, à 22heures de course je suis à 184,400, en deux heures je dois faire 15kms 600, ca va me dis je, à 01h00 de l’arrivée je suis à 191,200, je fais donc du 7 kms heure, c’est juste, j’accélère et je pense en avoir fini et pouvoir après avoir passé les 200kms finir en trottinant et ben non !!! je n’ai trop pas compris car à 30 minutes de la fin, il me restait encore 05 kilomètres, il a fallu donc que je termine en sprint après 23h30 de course à pied !A 02’40 les 400 mètres , j’ai fait un beau spectacle de fin, et là je peux vous dire, que j’avais le regard concentré, l’allure coupe vent , à chaque tour c’était presque la Ola, l’émotion me submergeait et après le coup de corne qui indiquait enfin mon passage des 200kms, je continuais à courir, pour finalement m’arrêter au premier coup de pistolet indiquant que dans une minute tout le monde devait s’arrêter de courir , je n’avais pas bien compris, j’ai couru de nouveau alors pour atteindre ces 220 mètres supplémentaires. Chantal, ma supportrice a traversé la pelouse pour venir me soutenir et là dans ces bras j’ai versé mes larmes de victoires.
Rhabillé, tremblotant un peu, un cachet d’aspirine, et marchant comme un petit enfant, nous dirigeons tous vers la cérémonie de remise des prix. Je reçois pour mon premier podium sur lequel on a du me hisser, une très belle coupe de troisième. Catson, premier senior reçoit aussi une coupe. Tout le monde se sépare après le repas buffet. Il y a eu durant cette course l’expression de l’esprit et du corps, certains ont eu à gérer des problèmes gastriques, de fatigue, de muscles, d’articulations (un ostéopathe était présent), mais la victoire était là présente pour tout le monde. L’organisation était impeccable, les ravitaillements étaient abondants, (les raisins étaient une excellente idée).La ligne droite est après le tournant après la ligne droite mais l’arrivée est toujours en face de soi.
Des séquelles : moins de courbatures qu’après un marathon, mais un tendon releveur pied gauche inflammée car j’avais une chaussure beaucoup trop serrée, que j’ai desserrée bien trop tard. Pas de mal de dos, une perte de poids normal .Un genou un peu douloureux deux jours. Ce qui est à constater c’est une excitation du corps assez longue et des jambes qui pétillent. Je le referai car je sais que je peux faire mieux.

Par button, septembre 29, 2010
ps : jp t'es pas sympa avec ronald, c'est en faisant des erreurs et avec celles des autres qu'on apprend le mieux !
Par jp75018, septembre 28, 2010

