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oct. 07
2010

ENTRE PARADIS ET ENFER : MA PLUS BELLE VICTOIRE C’EST VOUS !

Posted by: Eric in MyBlog

Tagged in: Untagged 

Eric

A priori, un 24h et encore moins un 24h sur piste, ça n’a rien de sexy et seuls des fous peuvent jouer au hamster sur un anneau de 400m pendant 1440mn… Seulement voilà, quand vous avez dans votre club un certain nombre de spécimens qui courent ainsi pendant 24h, 48h, 6 ou 7 jours et qu’en plus malgré leurs niveaux, ils ne se prennent pas la tête et vous font l’honneur d’être de vos amis, forcément, malgré la réticence que vous avez au premier abord, vous vous dites à un moment donné et s’ils avaient raisons, si la plénitude et la zénitude qu’ils arborent venaient de là ? Pourquoi s’infligent-ils ce que je considérais comme un supplice ? Pour l’argent ? Il n’y a pas d’argent ou si peu dans le monde de l’ultra. Pour la gloire ? Beaucoup de non-initiés connaissent les Jean-Pierre GUYOMARC’H, Pierre-Mickaël MICALETTI ? 260,024kms sur 24h pour Jean-Pierre, 860kms sur 7 jours (vainqueur des 7 jours d’Athènes 2010), 811kms sur 6 jours pour Pierre-Mickaël. Même à Évreux, leur ville, leurs exploits restent silencieux, et ils ne s’en plaignent pas, bien au contraire. Je reste cependant sceptique… Vous me connaissez un petit peu maintenant, je n’aime pas les aprioris et la meilleure façon de se forger une opinion c’est de devenir circadien. Ma première compétition horaire, un 6H, 62km. Mon deuxième 6h, abandon au bout de 2 heures 45minutes (par précaution car en pleine préparation de la Trans Aq’) et près de 29km, mon premier douze heure, 108km. J’ai toujours adoré l’ambiance et je n’ai jamais ressenti de lassitude sur des circuits d’environ 1,4km. Je sais déjà qu’un jour proche je tenterais l’aventure du double tour d’horloge et qu’à terme je tâterais à l’encore plus long. Suivant les prévisions de mon entourage, je me fixe comme objectif 170km.

En 2008, Basilio court plus de 200km à Arcueil, son récit me charme et je sais déjà que je deviendrais Circadien ici. Fin 2009, je programme mon année 2010. J’ai décidé de faire l’impasse sur les 100km de Millau pour pouvoir arriver début octobre relativement frais. Le 25 décembre, mon papa tombe malade, il ne m’accompagne que rarement sur mes courses, mais je lui fais promettre qu’après sa rééducation il m’accompagnera. Mon petit papa partira le vendredi 2 avril à 20h42mn.

Seulement, voilà, depuis l’Ultra 6000D, mon pied droit me dérange (déplacement du scaphoïde) et m’empêche un entraînement sérieux. Ainsi, si les courses courtes passent à peu près, je plante complètement les 100km des étangs de Sologne par manque d’entraînements à allure spécifique et de sorties longues. Mon ostéopathe replace le scaphoïde et le marathon du Médoc passe plutôt bien. Trop tard pour bien préparer mon 24h d’autant qu’après le scaphoïde, c’est le syndrome de Morton qui a décidé de m’ennuyer. Si la douleur est supportable lorsque je cours lentement (Paris-Versailles me sert de test), elle se réveille lorsque je cours au-delà de 10,5km/h pour devenir insupportable à 15km/h. Comme je ne devrais pas courir plus vite que 10km/h, je ne suis pas trop inquiet. Reste à savoir comment se comportera mon pied droit sur la longueur de l’épreuve. Le manque flagrant d’entraînement me fait revoir mon objectif à la baisse, 150km. J’ai un peu peur que cette fois mon endurance naturelle et ma capacité à bien récupérer ne suffisent pas et puis, j’ai toujours un surpoids important (près de 9kg) qui risque de réveiller mes douleurs aux genoux d’autant que nous courons sur une piste d’athlétisme et que ce genre de surface est très traumatisante.

La date fatidique approche, je me fais une check-list pour peaufiner mon organisation.

La nourriture : 1 cake salé ou 1 part de pain d’épice toute les 4h, une pâte de fruit ou un gel salé toute les heures, des fruits déshydratés ou des amandes, noix, noisettes à l’envie.

La boisson : 3 litres de boisson isotonique, 3 litres d’eau plate, 3 litres d’eau gazeuse, 1 thermos de café et 1 de chocolat. Je prévois de boire une gorgée toute les 10mn.

L’habillement : 2 collants de contention, 2 maillots manches longues de contention, 2 polaires, 2 coupe-vents, 1 anorak technique, 2 paires de chaussures, 1 buff, 1 bonnet, 1 cache-oreilles en polaire, 1 tour de cou en polaire, 1 paire de gants, 1 paire de sous-gants, 2 paires de chaussettes et 2 paires de chaussettes de contention.

Le confort : 1 chaise longue pliante, 1 couverture épaisse en polaire, 1 duvet, 1 sac poubelle, 1 sac à linges sales, 1 radio, 1 téléphone portable, la photo de mon petit papa. Basilio rajoutera un panneau d’encouragement et un panneau CLM.

La pharmacie : 2 bandes rotuliennes, seringues, éosine, compresses, pansements, antalgique, anti-inflammatoires, bombe de froid, huile de massage à l’arnica, bandes de strapping, sporténine.

L’organisation nous a gâtée et je n’ai pas eu trop à puiser dans la nourriture, par contre, l’ensemble de mes boissons a été bu exceptées les thermos. Je me suis changé au petit matin et mes habits ont pratiquement tous été utilisés, je prévoirais même au moins une paire de chaussures et une paire de chaussettes supplémentaires la prochaine fois. Je ne regrette pas de m’être encombré de la chaise longue tant son utilisation me fut salutaire. Pouvoir relever les jambes sans effort est vraiment un plus. La pharmacie n’est pas indispensable puisque les secours sont sur la course en permanence mais elle permet d’être autonome. Les bandes rotuliennes m’ont été d’un grand secours ainsi qu’un cachet d’antalgique et la sporténine.

Vendredi 1er octobre, je me rends chez Isabelle et Vincent qui m’hébergeront, comme lors de l’ensemble de mes courses parisiennes, à Saint-Gratien. On me bichonne, un repas pré-course idéal et je vais me coucher.



Samedi 2 octobre, je suis à Arcueil avant 9h, j’ai la possibilité de stationner la voiture le long de la piste. Certains y stationnent leurs camping-cars et y trouveront un confort supplémentaire. Je m’installe dans la deuxième tente que je partagerai avec Pierre (qui abandonnera entre la 19ème et la 20ème heures). J’accroche la photo de mon papa. Je réalise alors que cela fait juste 6 mois jour pour jour qu’il nous a laissé… Je perçois ma chasuble, N°17, le même numéro que Basilio en 2008.
J’ai le plaisir d’être accueilli par K-Dom. Je suis touché, c’est très émouvant d’être encouragé par une CAFeuse, même si K-Dom est très (trop) discrète sur le forum. Just4fun un autre CLM vient à son tour vers moi. Nous faisons connaissance. Il souffre d’une tendinite (probablement TFL) et qu’il a bien peur de ne pas finir.
Bientôt 11h et nous devons nous rendre sous la tente de départ. Je salue chaque compteur. Ma compteuse est une superbe jeune femme brune accompagnée d’une adorable bambine, je lui fais la bise et nous faisons rapidement connaissance. Le départ est donné.

Ma tactique : Partir prudemment pour voir comment se comportera mon pied droit puis maintenir une vitesse suffisante pour que je passe les 100km aux environs de la treizième heure. Je serais alors quasiment sûr de pouvoir atteindre les 150km de mon objectif. Je compte utiliser la méthode Cyrano sous la forme d’un 9/1 (9mn de course pour 1mn de marche) le plus longtemps possible puis je passerais en 4/1 pour finir probablement en marchant. Je ne me suis pas fixé d’heures pour mes pauses mais pas plus de 4 arrêts de maximum 20mn auxquels il faut ajouter des arrêts d’une ou deux minutes lorsque les besoins naturels se feront sentir.

La première heure se déroule comme dans un rêve. La petite fille et sa maman qui comptent mes tours sont choux. Systématiquement, lorsque je passe à leur hauteur, j’ai droit à un sourire ponctué d’un geste ou à d’un petit mot d’encouragement. 8,4kms en une heure, je n'ai pas trop de douleurs au pied ce qui m’encourage à augmenter progressivement ma vitesse. Au dixième kilomètre, j’ai le droit à un petit mot sur l’ardoise blanche, « Super Eric, déjà 10kms », ça fait 1h10mn que je cours.

Deuxième heure : 17,6kms, je suis si bien que j’accélère encore (peut-être à tord), l’ardoise blanche me crie « t’es génial », je souris, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que je le crois (ah… Vanité !). Le 20ème kilomètre est passé en 2h13mn et à la troisième heure, j’ai déjà parcouru 27,6kms. « Trop fort »,  me dit l’ardoise. Non d’un chien, je n’aurais jamais cru qu’un petit mot puisse faire autant de bien. Mes compteuses ponctuent chacun de mes tours d’une ola, je suis aux anges ou plutôt je me sens soutenu par deux anges gardiens. 14h... J’ai également une pensé pour mes potes qui manifestent, je sais qu’ils pensent également à moi. Nous en avons fait des luttes ensemble et j’ai un peu l’impression de jouer l’égoïste, ici, alors que mes camarades se battent pour sauvegarder nos retraites.

4h et 36,4kms que je tourne et mon genou gauche commence à être douloureux.



FredM arrive avec toute sa petite famille au moment ou je passe le 40ème kilomètre en 4h28mn. Mes charmantes compteuses viennent d’être remplacées. L C’est bon d’apercevoir alors une de mes primoCAFeuse, je commence à fatiguer, parti 24ème, je suis maintenant 12ème, mais je sais que cela ne durera pas et je songe déjà à passer en 4/1. FredM, MFredM, FredMSon et FredMDaughter me chouchoutent, l’une me lit mes texto et y répond (Merci à IsaRun, Fanny48, Steph95, Fafa, Runsk, Panda, Marilyn, Lapuce92, Kiki, Juju, Bibiche, Bea54, Sof, Marie24130 et les autres que je ne peux pas citer car les petits mots ne sont pas signés, merci à celles qui mon laissé un message sur mon répondeur), les autres accompagnent mes tours de piste. Quand je vous dis qu’elles sont adorables les CAFeuses hein !



L’un des texto  reçu est de Pontgib, il m’annonce que Basilio et lui viendront me soutenir après sa journée de travail. Je ne passerai pas la nuit seul 
J.

5h de course pour 44kms parcouru (je suis maintenant 15ème), je sens que je suis moins bien, je décide de passer en 4/1. Je pensais pouvoir tenir au moins les 6h en 9/1 et le moral en prend un coup, heureusement que FredMFamily est là car je me suis fixé une règle… Interdiction de m’écrouler devant une CAFeuse (c’est bien un truc de mec ça de vouloir jouer les costauds devant les filles !). Les 50kms sont passés en 5h48mn. FredM doit me laisser, elle reviendra dans la soirée. J’embrasse la famille et je repars, la douleur au genou est moins vive. Je prends mon téléphone et j’écoute les messages ou je lis les SMS. Je n’ai pas la dextérité d’un « djeune », d’une Barbie ou d’une Cécil pour me servir d’un clavier. La vitesse à laquelle je cours permet aisément de parler. Je décide, au risque d’exploser mon forfait, de donner en « live » de mes nouvelles à celles et ceux qui m’ont appelés. Qu’elle belle invention que la parole, les mots sont doux, enjoués, je reçois chacun comme un cadeau, j’emmagasine cet amour comme une pile son énergie, je saurai me le restituer dans les moments difficiles. Le temps passe vite au téléphone et je ne pense plus à ma course qui devient automatique.

6h : 51,2kms, je stabilise mon allure et je tourne tel un métronome. Mais que fait Just4Fun ? Il vient me souhaiter bon courage et m’annonce son abandon après un peu plus de 47kms parcourus. Ses tendinites « TFL » auront donc été les plus fortes mais je sais également qu’il reviendra et qu’il atteindra les 150kms souhaités.

7h à jouer au hamster mes douleurs se stabilisent à 3/10 sur l’échelle « Brinouillesque » et j’ai parcouru 58,4kms. Lors de mes moments de marche, je tire la discussion avec mes « coreligionnaires ». Gérard, 76 ans a couru pour ainsi dire l’ensemble des vingt « 24h d’Arcueil », il dépassera encore cette année les 111kms. L’un court son 100ème 24h ici et l’autre en est à son premier… Tous sont remplis de la même passion. Les coureurs d’ultra forment une petite famille, beaucoup se connaissent depuis des années, la rivalité si elle existe est réduite à sa partie congrue et les étoiles qui scintillent dans les yeux de ces « fous » éclairent le chemin de chacun d’entre nous.
Il n’y a que peu de jeunots ici, FredMSon le fit d’ailleurs remarquer à son papa, et même si l’esprit de compétition existe encore chez les meilleurs d’entre nous, même si, ici comme ailleurs, certains sont plus amis que d’autres, l’esprit de camaraderie est bien là. Le hasard fit que j’étais présent lorsqu’il y eu changement de leader et j’assistai alors à un comportement exemplaire et irréel, inconcevable dans les sports ou j’ai exercé ou ceux que je pratique encore. Le second d’alors se porte à la hauteur du premier, ils marchent maintenant tout les deux côte-à-côte, la discussion s’engage entre les deux champions, le changement de leader ne s’effectue que lorsque l’ancien adoube le nouveau. J’ai encore des frissons quand je repense à cela. Mais nous n’en sommes pas encore là. Revenons-en au déroulement chronologique.

Les 60kms sont franchis en 7h12mn.

8h : 65,6kms, je vais bien et je suis confiant même si la nuit commence à nous avaler. Bientôt, nous ne serons plus que des ombres… Je pense à mon papa, le passage du 70ème kilomètre se fait en 8h42mn, il est 20h42mn, il y a 6 mois à la minute près, il s’éteignait dans les bras de ma sœur et de mon frère, il me manque et mes yeux s’embuent.

9h : 71,6kms de course, Pontgib et Basilio arrivent, je manque de m’écrouler dans leurs bras tant l’émotion me tient. Pontgib fait un tour avec moi puis ils vont manger. Ils s’installent face aux musiciens qui égaieront notre nuit jusqu’à 1h du matin. Je continue de tourner, je n’ai plus envie de taper la discute alors je rentre dans mon monde. Pontgib et Basilio sont mes phares, je ne les quitte pas des yeux…  Je décide de changer de chaussures au 75ème km.

10h : 77,2kms, mon 4/1 ronronne, Basilio tourne avec moi depuis un petit moment. Il connait tout le monde ici et c’est un plaisir que d’entendre mon facétieux ami tancer mes camarades de course.
Un très court moment, mes yeux se transforment en poignard… Je ne sais pas s’il s’en est aperçu mais il repart immédiatement en (très) petites foulées. Ça fait mal, à ce moment de la course quand vous vous apercevez que vous ne courez pas plus vite que votre accompagnant qui marche. Je pense alors à ce que peuvent ressentir « mes » CAFeuses à qui j’indique parfois « ne pas courir plus vite que si vous marchiez ».
10h… Je me remémore également ce que l’on m’a mainte fois dit : « Normalement, il faut multiplier par deux le kilométrage de la dixième heure pour connaître la performance facilement réalisable sur un 24h ». Mon cerveau est encore capable d’effectuer une multiplication par 2 : 2x77,2=154,4kms. YES !
10h… Le premier vient de franchir le cap des 100km.
10h… J’aperçois FredM sous ma tente. Je suis heureux ! Je procède aux présentations et je repars.

Les 80km sont passés en 10h27mn. FredM m’accompagne quelques temps, et ce temps m’est bien agréable. C’est vraiment un plus que d’avoir une personne qui s’occupe de l’intendance. Lorsque je passe devant ma tente, j’ai ainsi droit à une purée et des nuggets de poulet bien chaud, un verre d’eau pétillante, etc.

11h : 83,6kms…
11h2mn, je m’accorde un repos de 6mn pendant lequel je pulvérise du froid sur mon genou gauche.
FredM retourne vers les siens pour la nuit. Elle reviendra demain et me propose de passer chez elle après la course, sympa d’autant que MFredM conduira ma voiture, ce que je n’aurais peut-être pas eu la possibilité de faire à ce moment.
Basilio et Pontgib ont rejoint la table des compteurs… Puis ma ronde continue !

12h: 89,6kms, l’anneau se dépeuple, certains choisissent de dormir.

90kms, 12h3mn, je réalise que dans 10kms je serai au 100. J’essaie de calculer le moment ou je serai à nouveau centbornard. Les 13h sont à oublier mais les 14h c’est jouable…
10h pour faire 50km, facile pffff !

96kms tout rond en treize heures, un coup de fatigue et je me repose 23mn. Ma première pause longue au bout de 13h, je pourrais encore m’accorder 3 arrêts de ce type lors des onze dernières heures. Pas de panique, je suis serein.

13h54mn : 100kms ! Basilio et Pontgib ont coiffés des perruques de Hippies et me font la fête, soufflent dans des cornes, applaudissent à tout rompre. Je ris bêtement et je pense que j’ai de la chance d’avoir des amis de cet acabit. Je serre un poing rageur, je l’ai eu mon cent bornes avant les 14h. D’un coup d’un seul, les larmes envahissent mon visage à tel point que je ne peux pas courir le tour d’après, je l’aurais mon 150... Je me calme et m’essuie, je ne veux pas que mes amis me voit ainsi.

14h : 100,6kms. Je réfléchie 30s…
Je ne suis pas trop atteint. Les douleurs n’ont pas beaucoup évoluées, disons 4 sur l’échelle « Brinouillesque ».
Deux solutions, je continue le 4/1 pour maintenir une vitesse de course moyenne de 7km/h au risque d’augmenter la douleur ou je passe à la marche et je boucle mes tours en un peu plus de 4mn (un peut moins de 6km/h) ?
Je pense aux « Bretonnes » que j’espère bien pouvoir accompagner la semaine prochaine ; aux 2 ou 3 marathons qu’il me reste à courir avant la fin de l’année.
Hors de question que je rate « Nice-Cannes » et nos provençales, ni La Rochelle et le super bichonnage que « mes » CAFeuses m’ont offertes. D’autant que j’ai une jeune mariée à accompagner là bas chez les « Chouans ».
J’opte pour ce que je croyais-être la prudence… J’informe Basilio et Pontgib de mes intentions et je repars de plus belle. Je tourne bien.
Quinzième heure, 106,4kms.

Les 110kms sont passés en 15h32mn.

Seizième heure : 112kms officiellement, je jette un coup d’œil à mon chrono, 112,8kms…
Je ne comprends pas, alors que mon accéléromètre n’avait que 200m d’écart avec la mesure officielle au 100km, en 12km seulement il y en aurait 600m de plus.
Je jette un regard tueur en direction de Basilio qui est alors mon compteur. Le tour d’après, je lui demande de vérifier mais pour lui ça correspond (excuse mon attitude, mon ami, la fatigue est bien mauvaise conseillère dans ces moments là)…
Je suis dépité et mon moral en prend un sacré coup ! J’ai envie d’abandonner, bref, je fais mon Caliméro et je rentre dans ma coquille. Malgré les efforts que font mes amis pour essayer de me dérider (déguisements en tout genre), je reste fermé et je ne cause plus… Je me contente d’avancer.

17ème heure : 117,6kms, les 120kms sont atteint à H+17h17mn. La douleur alors limité au genou gauche se déplace alors en s’accentuant fortement sur le genou droit, à moins que brusquement le nouveau mal couvre l’ancien. Sur l’échelle « Brinouillesque », je dirais que la souffrance monte brusquement à 7.
17h41mn je suis contraint de m’arrêter 23mn pour appliquer une projection de froid sur mes deux genoux et enlever les bandes rotuliennes.
Mon genou droit à presque doublé de volume. J’essaie de repartir...

18h : 121,2km.
Je m’arrête à nouveau après 18h7mn de course, j’essaie de me reposer dans ma chaise longue mais le bruit extérieur m’en empêche. D’autre part, la douleur est encore plus importante au repos. Je repars donc après 5mn.
Tel un zombie j’avance. Toute mon attention est portée sur ma souffrance.
J’essaie cependant de faire bonne figure lorsque je passe devant mes amis. 18h44mn, je préviens Basilio que je dois me reposer et que je vais en salle de repos.
J’ai un mal de chien à m’allonger sur le matelas posé à même le sol. La pause du genou douloureux est impossible. Je compte sur un court repos pour me remettre en selle, je dormirai (mal) 1h30mn. Le levé est difficile et me demande dix bonnes minutes.
La douleur est toujours présente et s’élève maintenant à 8/10. Je décide d’abandonner. Je me rends à la table pour annoncer ma décision.
« Il te reste 4h à tenir, tu ne peux pas abandonner maintenant, pense à tes CAFeuses » me dit Basilio et Pontgib de rajouter « Tu fais comme tu veux Eric, mais nous on est venu spécialement pour te voir ! », j’entends derrière moi un « Non, Eric, pas si près du but ! » c’est Mireille, l’organisatrice de ces 24h et elle rajoute « tu es pâle et tu trembles, c’est le froid qui te met dans cet état, va te couvrir et tu repars. »
Alors, tel un enfant, j’obéis, je me change entièrement, je me couvre d’un maillot de corps, d’un polaire, d’un coupe vent et comme j’ai encore froid, sous l’injonction de Mireille, j’enfile mon anorak, Basilio me dit de me couvrir d’un bonnet et je décide d’enfiler mes gants… Il fait 9°C, j’ai l’air de quoi déguisé en esquimau
J.
Pierre mon colocataire a plié le camp, je regrette de ne pas lui avoir dis au-revoir 
L. Mais je repars et à ma grande surprise, les sensations vont en s’améliorant, la souffrance a diminué (6/10). Je m’essaie même à recourir, ça passe mais je préfère jouer la prudence.
Je sais que mon objectif c’est envolé.
Lorsque je passe devant les potos, je leur annonce : « 140, nouvel objectif ». Ils me sourient d’un air entendu et ça me fait du bien. La chaleur m’envahi petit à petit, à chaque tour j’enlève une couche. Le soleil maintenant bien présent me chauffe la couenne et c’est presqu’aussi bon qu’un bisou de gendarmette.

20h de course pour 123,6kms, ma sieste m’a fait reculer de la 16ème à la 20ème place. Mes deux premières compteuses arrivent, leurs sourires suffisent à relever presque définitivement le gaillard.

21h : 127,2kms, plus que trois heures. Mickaël, qui n’est pas encore premier (il a près de 5kms de retard sur Olivier et est 3kms derrière Régis), marche à mes côtés.
C’est son deuxième 24h, lors du premier il avait couru 179,6kms et il était privé du championnat de France pour 400m. Son but n’est pas alors de gagner mais de se qualifier. Je sais qu’il peut remonter son retard, Olivier est contracturé de partout et je m’attends d’ailleurs à le voir stopper par le médecin à chaque tour. Mais cet homme, c’est du roc, il marche encore vite et je suis stupéfait et admiratif de le voir continuer malgré les rictus de douleur qui marquent son visage.
Régis lui tourne encore bon train, mais des crampes l’empêcheront de continuer à courir en permanence.

Les 130kms sont tout de même passé en 21h12mn.
Une qui semble en pleine forme, c’est Monique. Le matin lui a été bénéfique car elle galope comme une gazelle et dire que durant la nuit, je m’attendais à ce qu’elle abandonne à chaque tour.
Jeannick, notre V3 ainsi que Gérard (V4) se sont pausés un instant et le repos à agit comme une fontaine de jouvence… Ils filent deux fois plus vite que moi.
Il faut bien avouer qu’en matière de vitesse  je ne peux que difficilement servir de mètre étalon.

22h : 132kms, la chaleur est maintenant bien présente. Je suis mieux, je me surprends même à m’amuser lorsque je vois Franck rejoindre en courant (alors qu’il ne courait plus depuis un bon moment) le milieu du stade pour jouer avec un petit yorkshire qu’une jeune femme vient d’amener. Il n’y a que sur ce genre de course ou l’on peut voir des choses comme cela.
La balade continue, le temps est propice aux confidences…
Pierre et moi échangeons nos impressions tranquillement comme si nous nous connaissions depuis de longues années.
Mickaël, lui est reparti, rien ne semble plus pouvoir arrêter sa course vers la victoire.
Pierre et moi sommes ravis et nous l’encourageons à chaque passage.





23h : 136kms, je vais bien mais allez savoir pourquoi, 45mn plus tard alors que j’approche les 140kms mon mental part en vrille, d’un seul coup… Il faut que je m’arrête, j’en fais part à mes amis qui me crient un immense « NON ! Tu marches » accompagné de regards et de gestes qui ne me laissent pas le choix. Je ne me pose aucune question et j’obéis.
C’est à ce moment que FredMFamily arrive, je n’ai plus le droit de m’arrêter maintenant d’autant que FredM m’accompagne et que ce n’est plus que du bonheur.

Plus que 10mn, les 140kms viennent d’être franchi. 9, 8, 7, 6, je vais même dépasser les 141. Pontgib et Basilio me crient leurs fiertés, FredM est toujours là accompagnée maintenant de toute la famille, 5, 4. Mireille nous explique que lors du premier coup de feu, il ne restera plus qu’une minute et qu’il faudra s’arrêter au deuxième, enlever sa chasuble et la poser au sol pour que la distance soit mesurée.
3, 2, 1 (premier bang !) les coureurs se mettent à sprinter Jean qui avait 100m de retard sur moi, me dépasse sans que je réagisse mais comme il y a déjà quelques temps que j’avais doublé Pascal, je conserve ma 20ème place. 0 (deuxième bang !), je serais mesurer à 141,130kms, mon accéléromètre en indique 143,99kms.
Pas grave ! Je n’aurais de toute façon pas pu atteindre les 150kms.
Je pense comprendre d’ailleurs maintenant comment fonctionne le comptage.
Contrairement à ce que je faisais, il faut que j’arrête et que je reprenne la course devant le compteur et pas quitter la course à un autre endroit car les, par exemple, 300m que j’effectuais avant ma pause ne m’étaient pas alors comptabilisé.

Épilogue :

Que dire si ce n'est que vous êtes formidable, vous avez été, avec Basilio et Pongib qui m'ont encouragés jusqu'à la fin, mes meilleurs soutiens.
40 texto pendant la course (une vingtaine après), plus de 25 messages sur mon répondeur et je ne découvrirai ceux de la matinée de dimanche qu'arrivé à St Gratien car mon téléphone a explosé sous la quantité (message d'erreur).
Un grand merci également à FredM, à MFredM et à leurs loulous, merci également de m’avoir transporté chez vous, de m’avoir permis une douche confortable et un repos, si ce n’est mérité, au moins réparateur.
K-Dom, ravi d’avoir fait ta connaissance et merci d’être venu.
Cela fait vraiment du bien de voir des amis qui vous soutiennent sur ce genre d'épreuve.

Une première analyse :

Je me savais mal (pas) préparé. En effet depuis ma blessure sur l'ultra 6000D, je n'ai couru qu'une course de montagne, une petit course plaisir, un cent km (en fait 75), un quinze en off, le marathon du Médoc et Paris-Versailles.
Pour limiter les douleurs du d'abord au déplacement de mon scaphoïde puis à mon syndrome de Morton, je n'ai, depuis le 24 juillet, pas effectué de sorties longues, ni de séances de qualité. Un 24h ne s'improvise pas et mon manque d'entraînement est réellement la cause de mes déboires auxquels il faut ajouter mon surpoids qui sur une piste d'athlétisme à mis en difficulté mes articulations. Ma dernière préparation sérieuse a été l'ultra de la 6000D et jusqu'à ma blessure, je l'ai vraiment bien contrôlé.

Quelques remarques, faire le hamster sur une piste de 400m n'est vraiment pas monotone tant l'ambiance y est bonne. Les compteurs de tours sont des gens adorables et les erreurs éventuelles de comptage sont compensées largement par un contact, un petit mot, un sourire qui vaut toutes les puces électroniques du monde.

Les quelques coureurs circadiens valent, par leur humilité et leur compassion, tous les champions ultra rapides que l'on voit (mais que l’on ne fait que voir) sur les courses rapides.

Conclusion :

Jamais je n'ai autant souffert physiquement et mentalement sur une course. Mais après le traditionnel "plus jamais ça", je pense que je retenterais l'aventure mais cette fois ci, il faudra que je me donne les moyens de la réussir...

Quel est l'intérêt de ce genre de course :

C'est une expérience qui même si elle ne paraît pas sexy, vaut de surmonter ses réticences. Humainement c'est une aventure passionnante qui vaut d'être tentée... Certes, il n'y a pas les magnifiques paysages que l'on rencontre en trail ou en Ultra-trail, certes, il n'y a pas la sensation de vitesse que l'on rencontre sur les courses sur route. Certes il n'y a pas la découverte de nouvelles cultures que l'on découvre lorsque l'on court à l'étranger.
Mais la grenouille des contes de fée existe, je l'ai rencontré, la beauté de ce genre de défit ne se rencontre qu'à l'intérieur.
La fatigue et la souffrance aidant permettent aussi de tirer de notre passion qu'est la course à pied, sa substantifique moelle.
La course à pied à ceci de magnifique qu'elle se décline d'innombrables façons et je veux tant que je le peux en goûter un maximum.


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Commentaires (35)Add Comment
Heidi
...
Par Heidi, octobre 18, 2010
Ce genre de "course" me laisse vraiment sceptique.
Mais ta conclusion m'aide à comprendre tes motivations, un peu smilies/smiley.gif
Toutefois bravo
Heidi
flo87
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Par flo87, octobre 09, 2010
bravo , quel CR !!!
super récit , superbe course et quelle émotion !!!
reposes toi bien
Asian
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Par Asian, octobre 09, 2010
Quelle aventure !
Ton CR m'a replongée dans les souvenirs des 12h de nuit que j'ai pu faire.C'est exactement l'ambiance.
La grosse différence? Je me contentais de marcher...
2 fois plus de temps et en courant, chapeau!
smilies/kiss.gif
Gaëlle
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Par Gaëlle, octobre 09, 2010
difficile de trouver des mots.....mais bravo!
ushaya17
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Par ushaya17, octobre 09, 2010
Comment dire ? ...
Je suis très très fiére de toi. J'ai adoré ton compte rendu, ta course est superbe. Merci tout simplement !!!
Bibiche
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Par Bibiche, octobre 08, 2010
24 heures c'est long quand même!
Bravo Eric!
Quelle émotion en lisant ton récit!
Japhy
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Par Japhy, octobre 08, 2010
Ben je suis pas fière, j'ai oublié de t'envoyer des textos...Je me demande si ce n'est pas mon cerveau qui a dit "non" inconsciemment. Eric, tu veux pas te reposer un peu? Juste une fois?smilies/cheesy.gif

(je viens de voir que tu courais Rennes ce week-end, les bras m'en tombent! J'ai l'impression qu'on ne se refait pas! smilies/cheesy.gif )
MumuFromParis
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Par MumuFromParis, octobre 08, 2010
Bravo Eric... smilies/smiley.gif
Gaelou
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Par Gaelou, octobre 08, 2010
Respect ! Merci de nous faire partager ce moment d'émotion, de dépassement, de souffrance et de joie mêlés. J'en reste (presque) sans voix tellement cela me paraît surhumain. Prends bien soin de toi maintenant smilies/kiss.gif
Nathou
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Par Nathou, octobre 08, 2010
Un grand bravo Ericsmilies/kiss.gifsmilies/kiss.gifsmilies/kiss.gif
calou035
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Par calou035, octobre 08, 2010
je suis admirative pour tout ce que tu as fait..et je suis désolée, car je ne fais pas partie de ceux qui ont envoyé un texto et je m'en veux d'avoir zappé cela prise comme je l'étais par notre organisation de course.
C'est pas top Calou...
encore bravo Eric
brinouille
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Par brinouille, octobre 08, 2010
je suis très heureuse que tu sois arrivée au bout de tes 24 h, même si ce n'est définitivement pas mon trip, et celà malgré ton beau récit !
Tu m'a faire rire "jaune" avec ton échelle de bobologie...parce que du 7 sur l'échelle Brinouillesque, ça ne m'arrive quand je ne peux plus poser le pied par terr, et c'est violent...mon pauvre !
encore Bravo.
leeleeth
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Par leeleeth, octobre 08, 2010
Un immense bravo pour ce que tu as accompli !!! vous êtes peu nombreux à pouvoir raconter ce genre de défi !!!!

Et un très grand merci de nous faire vivre ça, de réussir à nous donner envie de se dépasser encore plus chaque fois !!
Stefun
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Par Stefun, octobre 08, 2010
Bravo pour ce 24h Eric. Quelle sensation d'être circadien. J'ai adoré ce récit, plein d'émotion. C'était vraiment extra. Merci.
virginie64
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Par virginie64, octobre 07, 2010
Un grand bravo Eric ce que tu as fait est grandiose !!!! merci pour ce CR passionnant qui tient en haleine du début à la fin !! chapeau bas Monsieur !
gaellou
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Par gaellou, octobre 07, 2010
Eric tu es vraiment un sacre bonhomme. J'ai souri et pleure en lisant ton CR. L'ambiance a l'air vraiment extraordinaire sur ces courses !
khoryncou
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Par khoryncou, octobre 07, 2010
Wow, quel CR, j'en suis toute retournée...
Bonne récup, et j'espère bien te rencontrer pour la première fois à la Rochelle.
Bises
Catmuche
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Par Catmuche, octobre 07, 2010
smilies/smiley.gifEnorme !!!!
0
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Par jp75018, octobre 07, 2010
Encore bravo, et merci pour ton CR qui donne une idée de la difficulté, mais aussi de la dimension mentale de cette épreuve, ceci quelque soit le niveau de performance (ça dure 24H pour tout le monde!).
runsk
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Par runsk, octobre 07, 2010
Chapeau bas
vero06
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Par vero06, octobre 07, 2010
ton récit est poignant ERic, merci , je me suis régalér, ey j'espère à très bientôt!
natbernardin
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Par natbernardin, octobre 07, 2010
un grand bravo ! chapeau bas ... pour tout:
- ta performance
- ta ténacité
- ton mental
- ta lucidité
- ta générosité
- ...
ce qui est fou, et ça tu ne l'as pas vécu, c'est l'ambiance qui régnait sur le site pendant que tu te battais !
un relai incroyable d'infos, distillées tout le long de ta course...
tous les encouragements qui se suivaient sur le post des 24h...
et le respect à l'unisson ... !
bizzz époustouflées !!

Lauliana
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Par Lauliana, octobre 07, 2010
Vu le nombre de cafeuses que tu accompagnes dans leurs préparations et dans leurs courses, c'est un juste retour des choses tout ce soutien que tu as reçu. Bravo pour ta performance, c'est juste énorme ce que tu as fait.
MAude
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Par MAude, octobre 07, 2010
Un grand bravo Eric..tu es vraiment le plus fort!
moi je sais: je ne serai jamais circadienne..
smilies/wink.gif
isa13
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Par isa13, octobre 07, 2010
Bullit a raison et je reprends ces mots : "hors norme","exceptionnel"; celui dont on parle à ses amis en étant trop heureuse de dire "je le connais, je le connais !!".
Merci Eric
Sof
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Par Sof, octobre 07, 2010
tu t'es surpassé Eric
prends grand soin de toi, tu le mérites
chifou
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Par chifou, octobre 07, 2010
trop classe! bravo eric pour ce défi contre toi mêmesmilies/cheesy.gif
Stella
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Par Stella, octobre 07, 2010
C'est un truc de malade, cette épreuve, il faut être fou pour s'infliger ça, ceci dit, j'ai du respect pour cette performance et surtout pour le dépassement de soi qui ressort de ce récit.
Soleil999
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Par Soleil999, octobre 07, 2010
Bravo pour ta course et pour ton cr . Je suis tres admirative de ta volonté .
Bullit
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Par Bullit, octobre 07, 2010
Eric, je te classe parmi les "exceptionnels", les "hors norme", un peu rebelle aussi contre les fatalités diverses de ce bas-monde, mais fais attention joue pas avec ta santé (si je peux me permettre cette remarque c'est parce que je suis plus âgée que toi), bisou frérotsmilies/wink.gif
katebeedies
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Par katebeedies, octobre 07, 2010
c'est magnifique...
aly
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Par aly, octobre 07, 2010
un grand bravo eric pour ta course mais aussi pour ton recit!
Marie24130
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Par Marie24130, octobre 07, 2010
pfff, je valide trop vite et là c 'est trop pas ..."beau" à lire !

... mais je n'ai pas l'impression que tu sois passé à coté de ta course ! ...

Marie24130
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Par Marie24130, octobre 07, 2010
je ré-édite... BRA-VO !
tu es passé à coté de ton objectif des 150km, mais j'ai pas l'impression que tu es passé à coté de ta course !
tu sais qu'on est très fieres de toi , nous les CAFeuses !!

et grâce à ton CR, j'ai au moins enrichis mon vocabulaire : circadien ! Un rythme circadien est un type de rythme biologique (ou biorythmes ou biocycles) d'une durée de 24 heures environ
button
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Par button, octobre 07, 2010
merci de nous avoir partagé ces moments intenses, c'est très fort !
Tu as fait fort, bravo pour ton courage !

Un bémol cependant : j'ai lu par ailleurs que tu veux la refaire l'année prochaine, mon avis est que tu ne fasses pas Millau 2011 sinon tu prendras un énorme risque !

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