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mai 08
2012
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Semi-marathon de Djerba: 4 jours de rêve...Posted by Japhy in Untagged |

Quoi de mieux qu’un petit semi dans le sable et la chaleur pour préparer la très montagnarde CCC de fin août, finalement ? C’est ce que je me suis dit quand Barbie m’a proposée de prendre sa place sur le semi de Djerba, Tunisie, il y a quelques semaines.
J’avoue qu’au départ, j’avais quelques doutes. A chaque fois qu’on m’a montré des photos de vacances à Djerba, j’ai eu droit à des vues de piscines bleues et d’hôtels 4 étoiles. Pas vraiment mon truc.
Et puis je me suis dit que quand même, il ne fallait pas mourir idiot dans la vie, alors banco !
Plan semi express, sur 4 semaines, pendant lequel je me sens assez confiante finalement. J’ai bien récupéré de l’Ecotrail, j’ai choisi une allure de 5’20/km, qui passe bien sur les sorties longues, et j’arrive à 4 séances, voire 5 par semaine sans problème.
Jeudi 26, je me retrouve à Orly, et la première nana sur qui je tombe, une grande bringue toute en jambes, me dit au bout de 30 secondes de conversation que « ha ben tiens, comme c’est drôle, j’ai donné des T-shirts à Sabrina pour ta course à Madagascar » ! Le microcosme de la course à pied m’étonnera toujours. C’est Emmanuelle Blanck, 9ème fille sur le Marathon des Sables. Ha oui. Quand même.
Puis arrivent Monique, de l’association Carthago qui organise la course, Olfa, la nièce de l’organisateur Azdine Ben Yacoub, et puis un gars de Tonnerre, près d’Auxerre, ze famous Karim Mosta, double champion du monde d’ultra, des dizaines de victoires et 23 Marathon des Sables. Il est accompagné de Hassib, une de ses collègues très sympa, tunisienne, qui commence la course à pied. Mais o-ù je suis tombée moi, dans un nid de champions ?
Hop, départ, après avoir enregistré quantités de sacs remplis de T-shirts et médailles. Dès l’arrivée, on est mis dans l’ambiance, Azdine nous emmène dans un troquet de Mellita, où va naître mon amour fou pour les bricks en tous genres. Je sens qu’on va bien manger ici tiens. Je me rends aussi vite compte que si Djerba est une île touristique, il y a aussi de « vrais gens » qui y habitent! Je la sens bien finalement cette histoire de semi de Djerba.
L’hôtel comment dire ? Je me perds dans la chambre, c’est simple. Je me perds même dans le lit ! Terrasse, vue sur mer etc…En plus je monte sur un cheval une fois sur la plage, et en revenant vers ma chambre, je croise Phillipe Remond qui va faire un petit match de foot. Je vais être très malheureuse ici je sens.
C’est pas tout ça mais on n’est pas là pour farnienter, donc en fin d’après-midi, on se retrouve pour une séance de torture CAPesque à la plage, au soleil, en pensant à ces chanceux restés en France dans le froid et la pluie. A mi-chemin, petit bain dans une piscine thermale remplie d’eau ferrugineuse (oui la vie est dure, je sais), puis retour avec un petit vent de face quand même, et pieds nus. Une heure en tout, ce qui me faisait un peu peur car je n’avais pas couru sur le sable depuis décembre. Ce qui est sûr c’est que le corps se fortifie au fil des ans, si j’avais fait ça il y a quelques années, je me serais fait une tendinite, surtout avec le petit dévers présent. Là j’aurais juste un peu mal aux mollets !

Azdine, moi, Hassib et Karim
Le soir venu, on se retrouve sur la terrasse de la maison typiquement djerbienne des parents d’Azdine. Pépé Ben Yacoub est une vedette, on le retrouvera le jour de la course ! Bricks de folie, salades et couscous à gogo, mais comment voulez-vous que je résiste à tout ça moi ? Attention par contre, le vent est omniprésent à Djerba, Manu, à table mais emmitouflée sous sa couverture, ne me contredira pas !
Le lendemain, promenade à Houmet Souk, la ville principale, dont je suis tombée un peu gaga, il faut bien le dire. Des petites rues, des cafés, des restaus sur des places ombragées d’orangers, des caravansérails planqués derrière les porches, des boutiques sans âge, font que même les vendeurs TRES entreprenants ne me saoulent pas. J’a-do-re.
Du coup, comme les copains décident de passer l’après-midi libre à la piscine ou à faire la sieste, je me loue un taxi rien qu’à moi, qui m’emmènera faire le tour de l’île, traverser les campagnes, voir les bergers, les potiers, une mine d’argile (la trouille de ma journée), le musée des traditions de Guélala et la grande synagogue de la Ghriba.
Je zappe donc la sortie course du soir, pas grave, et me réserve pour la soirée pasta organisée par les pêcheurs sur la plage au bord de la lagune. On s’entasse comme on peut sur les tapis et les coussins, attablés avec les coureurs de Tunis et de Hammamet venus en masse et en bus. Ça papote (notamment avec Mehdi, un coureur novice qui se lancer sur la distance du semi) , ça mange (tiens ça faisait longtemps qu’on n’avait pas mangé ; une double ration de brick me fait de l’œil, mais je serai héroïque et résisterai), ça rigole et ça danse autour du feu qui me rappelle les feux de la Saint-Jean de mon enfance. Et bien sûr ça me met la larme à l’œil, c’est malin !
Le lendemain matin, vraie farniente et petit shopping avant la course, dont le départ est donné à 15h. Il fait chaud mais ça ira. Croit-on. L’aire de départ/arrivée est grouillante de monde, des coureurs de Djerba, beaucoup d’autres du « continent », des touristes comme nous, mais aussi des grappes de gamins venus pour la « petite » course. Les dossards épinglés sur la poitrine sont leur première fierté de ce jour. On dirait que toute la ville est là.
Evidemment le départ se fait sur les chapeaux de roue. La petite et la grande course partent ensemble, et sur les premiers km, il faut juste prendre garde à éviter les enfants qui pilent en plein milieu du chemin pour cause de fatigue subite, ou ceux qui traversent la route comme des petits poulets affolés par l’ambiance ! D’autres sont nettement plus organisés, et profiteront d’un porte-bagage accueillant !
Comme souvent je pars trop vite, sur une base de 5’05/km au lieu des 5’20 prévus…J’aurais mieux fait de prévoir carrément 5’40. Ne pas adapter mon allure aux conditions (chaleur, vent) dès le départ aura été bien prétentieux ! Et ce qui devait arriver arriva, patatras je commence à m’écrouler dès le 6ème km, et à tomber à, euhhh, ahum, plus de 6’30/km ensuite !
Heureusement arrivent mes sauveurs, Anis et Sahbi, de Tunis, qui vont m’accrocher à leur train en m’ordonnant de ne pas les lâcher. Nous allons comme ça avancer cahin-caha à travers les chemins de terre et les oliveraies, croiser des petits fermiers au bord de la route et des mamas locales, deviser boulot, plongée en apnée et autres sujets très classiquement abordés lors d’un semi, tout en ramassant en route de nombreux éclopés ! Anis est prof de gym et dispense des conseils avisés à sa petite troupe tout le long du chemin ! J’ai beaucoup de succès avec mon GPS qui annonce les km, sauf quand celui-ci dépasse allègrement les 22,5 km, là ça commence à râler et à peser cette dernière petite montée sur Mellita.
De toute façon, ça fait un bon moment que j’ai laissé tomber l’idée de faire un quelconque chrono que ce soit, je me contente d’avancer comme je peux contre le vent, et c’est donc en DEUX HEURES et VINGT-TROIS MINUTES que j’ai enfin droit à ma médaille. OK, Philippe Remond a gagné en 1h20 et des poussières, mais comme la première fille est arrivée en 1h54, soit grosso modo le chrono que j’avais prévu avant de commencer, je relativise ! Et comme dit Karim, j’ai des mollets de « campagnarde de la montagne », peut-être pas de semi-marathonienne !

Mes coaches, Anis et Sahbi
Pépé Ben Yacoub me demande même si j'ai pris un tracteur pour rentrer, vu qu'ils vont encore moins vite que les coureurs. Bon, clairement, on ne vient pas à Djerba pour péter son chrono sur semi! Mais ça n’a AUCUNE importance, parce que j’ai passé un super moment et parce que le vrai cadeau c'est tout ce qu'il y a autour!

Sophie et Karim
La soirée de remise des prix est super comme les autres, et cette fois je me lâche sur le piment et autre vin local, plus de raison de les éviter ! Suivra une étude sociologique en boîte de nuit, certainement pas mon moment préféré, même s’il fut l’objet de plusieurs grands moments de rigolade!

Miryem Hicheri, 1ère féminine

Azdine et Manu, 2ème féminine
Après une matinée encore passée à flâner dans Houmet Souk, un déjeuner encore une fois pantagruélique et un arrêt par la patisserie (j’ai repris mes deux kilos, à force), nous aurons droit à un hammam plus que bienvenue le dimanche soir, en guise d’apothéose. La vie est très très dure décidément.
Je n’ai pas la fibre « voyages organisés », on peut même dire que j’y suis allergique. Alors pourquoi cette fois, n’avais-je plus envie de partir de Djerba? Parce que l’accueil d’Azdine et de sa famille, de Monique et de tous les membres de l’association Carthago m’a émue et émerveillée. Parce que j’ai rencontré des gens formidables, humbles et sachant s’amuser. Parce que tout ça, je n’aurais pu le vivre autrement qu’avec vous et que ça va me manquer. Merci Azdine, Monique, Olfa, Hassib, Manu, Karim et tous les autres. Et merci Barbie !








