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mai 08
2012

Semi-marathon de Djerba: 4 jours de rêve...

Posted by Japhy in Untagged 

Japhy


Quoi de mieux qu’un petit semi dans le sable et la chaleur pour préparer la très montagnarde CCC de fin août, finalement ? C’est ce que je me suis dit quand Barbie m’a proposée de prendre sa place sur le semi de Djerba, Tunisie, il y a quelques semaines.

J’avoue qu’au départ, j’avais quelques doutes. A chaque fois qu’on m’a montré des photos de vacances à Djerba, j’ai eu droit à des vues de piscines bleues et d’hôtels 4 étoiles. Pas vraiment mon truc.

Et puis je me suis dit que quand même, il ne fallait pas mourir idiot dans la vie, alors banco !

Plan semi express, sur 4 semaines, pendant lequel je me sens assez confiante finalement. J’ai bien récupéré de l’Ecotrail, j’ai choisi une allure de 5’20/km, qui passe bien sur les sorties longues, et j’arrive à 4 séances, voire 5 par semaine sans problème.

Jeudi 26, je me retrouve à Orly, et la première nana sur qui je tombe, une grande bringue toute en jambes, me dit au bout de 30 secondes de conversation que « ha ben tiens, comme c’est drôle, j’ai donné des T-shirts à Sabrina pour ta course à Madagascar » !  Le microcosme de la course à pied m’étonnera toujours. C’est Emmanuelle Blanck, 9ème fille sur le Marathon des Sables. Ha oui. Quand même.

 

Puis arrivent Monique, de l’association Carthago qui organise la course, Olfa, la nièce de l’organisateur Azdine Ben Yacoub, et puis un gars de Tonnerre, près d’Auxerre, ze famous Karim Mosta, double champion du monde d’ultra, des dizaines de victoires et 23 Marathon des Sables. Il est accompagné de Hassib, une de ses collègues très sympa, tunisienne, qui commence la course à pied. Mais o-ù je suis tombée moi, dans un nid de champions ?

 

Hop, départ, après avoir enregistré quantités de sacs remplis de T-shirts et médailles. Dès l’arrivée, on est mis dans l’ambiance, Azdine nous emmène dans un troquet de Mellita, où va naître mon amour fou pour les bricks en tous genres. Je sens qu’on va bien manger ici tiens. Je me rends aussi vite compte que si Djerba est une île touristique, il y a aussi de « vrais gens » qui y habitent! Je la sens bien finalement cette histoire de semi de Djerba.

 

L’hôtel comment dire ? Je me perds dans la chambre, c’est simple. Je me perds même dans le lit ! Terrasse, vue sur mer etc…En plus je monte sur un cheval une fois sur la plage, et en revenant vers ma chambre, je croise Phillipe Remond qui va faire un petit match de foot. Je vais être très malheureuse ici je sens.

 

C’est pas tout ça mais on n’est pas là pour farnienter, donc en fin d’après-midi, on se retrouve pour une séance de torture CAPesque à la plage, au soleil, en pensant à ces chanceux restés en France dans le froid et la pluie. A mi-chemin, petit bain dans une piscine thermale remplie d’eau ferrugineuse (oui la vie est dure, je sais), puis retour avec un petit vent de face quand même, et pieds nus. Une heure en tout, ce qui me faisait un peu peur car je n’avais pas couru sur le sable depuis décembre. Ce qui est sûr c’est que le corps se fortifie au fil des ans, si j’avais fait ça il y a quelques années, je me serais fait une tendinite, surtout avec le petit dévers présent. Là j’aurais juste un peu mal aux mollets !

 

Azdine, moi, Hassib et Karim

Le soir venu, on se retrouve sur la terrasse de la maison typiquement djerbienne des parents d’Azdine. Pépé Ben Yacoub est une vedette, on le retrouvera le jour de la course ! Bricks de folie, salades et couscous à gogo, mais comment voulez-vous que je résiste à tout ça moi ? Attention par contre, le vent est omniprésent à Djerba, Manu, à table mais emmitouflée sous sa couverture, ne me contredira pas !

 

Le lendemain, promenade à Houmet Souk, la ville principale, dont je suis tombée un peu gaga, il faut bien le dire. Des petites rues, des cafés, des restaus sur des places ombragées d’orangers, des caravansérails planqués derrière les porches, des boutiques sans âge, font que même les vendeurs TRES entreprenants ne me saoulent pas. J’a-do-re.

 

Du coup, comme les copains décident de passer l’après-midi libre à la piscine ou à faire la sieste, je me loue un taxi rien qu’à moi, qui m’emmènera faire le tour de l’île, traverser les campagnes, voir les bergers, les potiers, une mine d’argile (la trouille de ma journée), le musée des traditions de Guélala et la grande synagogue de la Ghriba.

 

Je zappe donc la sortie course du soir, pas grave, et me réserve pour la soirée pasta organisée par les pêcheurs sur la plage au bord de la lagune. On s’entasse comme on peut sur les tapis et les coussins, attablés avec les coureurs de Tunis et de Hammamet venus en masse et en bus. Ça papote (notamment avec Mehdi, un coureur novice qui se lancer sur la distance du semi) , ça mange (tiens ça faisait longtemps qu’on n’avait pas mangé ; une double ration de brick me fait de l’œil, mais je serai héroïque et résisterai), ça rigole et ça danse autour du feu qui me rappelle les feux de la Saint-Jean de mon enfance. Et bien sûr ça me met la larme à l’œil, c’est malin !

 

Le lendemain matin, vraie farniente et petit shopping avant la course, dont le départ est donné à 15h. Il fait chaud mais ça ira. Croit-on. L’aire de départ/arrivée est grouillante de monde, des coureurs de Djerba, beaucoup d’autres du « continent », des touristes comme nous, mais aussi des grappes de gamins venus pour la « petite » course. Les dossards épinglés sur la poitrine sont leur première fierté de ce jour. On dirait que toute la ville est là.

 

Evidemment le départ se fait sur les chapeaux de roue. La petite et la grande course partent ensemble, et sur les premiers km, il faut juste prendre garde à éviter les enfants qui pilent en plein milieu du chemin pour cause de fatigue subite, ou ceux qui traversent la route comme des petits poulets affolés par l’ambiance ! D’autres sont nettement plus organisés, et profiteront d’un porte-bagage accueillant !

 

Comme souvent je pars trop vite, sur une base de 5’05/km au lieu des 5’20 prévus…J’aurais mieux fait de prévoir carrément 5’40. Ne pas adapter mon allure aux conditions (chaleur, vent) dès le départ aura été bien prétentieux ! Et ce qui devait arriver arriva, patatras je commence à m’écrouler dès le 6ème km, et à tomber à, euhhh, ahum, plus de 6’30/km ensuite !

 

Heureusement arrivent mes sauveurs, Anis et Sahbi, de Tunis, qui vont m’accrocher à leur train en m’ordonnant de ne pas les lâcher. Nous allons comme ça avancer cahin-caha à travers les chemins de terre et les oliveraies, croiser des petits fermiers au bord de la route et des mamas locales, deviser boulot, plongée en apnée et autres sujets très classiquement abordés lors d’un semi, tout en ramassant en route de nombreux éclopés ! Anis est prof de gym et dispense des conseils avisés à sa petite troupe tout le long du chemin ! J’ai beaucoup de succès avec mon GPS qui annonce les km, sauf quand celui-ci dépasse allègrement les 22,5 km, là ça commence à râler et à peser cette dernière petite montée sur Mellita.

De toute façon, ça fait un bon moment que j’ai laissé tomber l’idée de faire un quelconque chrono que ce soit, je me contente d’avancer comme je peux contre le vent, et c’est donc en DEUX HEURES et VINGT-TROIS MINUTES que j’ai enfin droit à ma médaille. OK, Philippe Remond a gagné en 1h20 et des poussières, mais comme la première fille est arrivée en 1h54, soit grosso modo le chrono que j’avais prévu avant de commencer, je relativise ! Et comme dit Karim, j’ai des mollets de « campagnarde de la montagne », peut-être pas de semi-marathonienne !

 

Mes coaches, Anis et Sahbi

Pépé Ben Yacoub me demande même si j'ai pris un tracteur pour rentrer, vu qu'ils vont encore moins vite que les coureurs. Bon, clairement, on ne vient pas à Djerba pour péter son chrono sur semi! Mais ça n’a AUCUNE importance, parce que j’ai passé un super moment et parce que le vrai cadeau c'est tout ce qu'il y a autour!

Sophie et Karim

La soirée de remise des prix est super comme les autres, et cette fois je me lâche sur le piment et autre vin local, plus de raison de les éviter ! Suivra une étude sociologique en boîte de nuit, certainement pas mon moment préféré, même s’il fut l’objet de plusieurs grands moments de rigolade!

 

 

Miryem Hicheri, 1ère féminine

 

 

Azdine et Manu, 2ème féminine

Après une matinée encore passée à flâner dans Houmet Souk, un déjeuner encore une fois pantagruélique et un arrêt par la patisserie (j’ai repris mes deux kilos, à force), nous aurons droit à un hammam plus que bienvenue le dimanche soir, en guise d’apothéose. La vie est très très dure décidément.

 

 

Je n’ai pas la fibre « voyages organisés », on peut même dire que j’y suis allergique. Alors pourquoi cette fois, n’avais-je plus envie de partir de Djerba? Parce que l’accueil d’Azdine et de sa famille, de Monique et de tous les membres de l’association Carthago m’a émue et émerveillée. Parce que j’ai rencontré des gens formidables, humbles et sachant s’amuser. Parce que tout ça, je n’aurais pu le vivre autrement qu’avec vous et que ça va me manquer. Merci Azdine, Monique, Olfa, Hassib, Manu, Karim et tous les autres. Et merci Barbie !

 

 

mars 27
2012

L'Ecotrail de Paris, mais c'est joli!

Posted by Japhy in Untagged 

Japhy

Quand même, il était temps que j’écrive la deuxième page de ma prépa CCC !

Avant même les résultats du tirage au sort, je sentais dans mes os que j’allais être sélectionnée, et je me suis inscrite à l’Ecotrail. Je voulais une première expérience d’ultra, mais une expérience sans danger et relativement facile. Pas de route pour moi, berk berk, mais un terrain pas trop exigeant, ainsi que plusieurs heures à courir de nuit. L’Ecotrail version 80 km s’est donc rapidement imposé dans mon esprit, même si c’est loin de chez moi.

J’avais prévu un entraînement sérieux, mais je suis tombée malade et ça a été le grand n’importe quoi pendant 5 semaines. Semi de prépa (celui de Cannes) rayé des tablettes, quelques sorties courtes par ci par là, souvent courues moitié en courant, moitié en marchant pour ne pas avoir de nausées. Dans ces cas-là, je travaillais mon allure de marche, me disant « on ne sait jamais »… 4 kilos de moins, plus d’appétit, une tuyauterie interne stakhanoviste, plus vraiment de force, mais aucune idée de quoi il s’agissait !

Le 1er mars, jour de complète désolation, tout juste si j’arrive à me lever, je me persuade que c’est foutu, et j’annule dans ma tête ma participation. Le 3 mars je me sens mieux subitement. Allons bon. Je me demande si mon corps et mon inconscient ont à ce point l’esprit joueur ou de contradiction. Mais dimanche 4 je vais courir, et là : ça va. Je cours deux fois 1 heure, une fois le matin, et une fois le soir, voyant que je n’étais pas fatiguée.

Suivront ensuite deux semaines dites « normales » ou presque, chacune avec 4 séances dont trois relativement courtes et une longue de 2h15. Il se trouve que je peux rendre visite à  la Tour Eiffel plusieurs fois ces jours-là, étant à Paris pour le boulot, et mon fiston me dit qu’elle est drôlement belle quand même, toute illuminée. Je rechange d’avis, je reçois le message de confirmation de notre folle préférée, Barbie la patronne, et je me dis que je vais tenter le coup malgré tout. Une dernière semaine de repos intégral, ce qui fait un entraînement réel de … deux semaines oui.

Arrivée le vendredi, dossard, très bonne nuit, sans aucun cauchemar du style « je suis poursuivie par les sangliers de la forêt de Meudon, les mêmes que ceux de Princesse Mononoké », je me sens protégée, bref tout va très bien.

Dans le RER je retrouve Jibé, un copain de Brinouille (qui claquera un temps canon et que je ne verrai pas longtemps du coup!), et en avant vers l’aventure. Sur place, je vais voir un peu le gang des kikous, mais il est encore tôt et ils ne sont pas tous là. Plus loin je croise Basilio et Minimoy, et enfin je déniche une grande blonde bleue devant des caméras. Il faut lui arranger son sac, lui remonter ses chaussettes, l’envoyer faire pipi dans les bois, tout ça, mais elle est prête au bout d’un moment. Très vite il est temps de partir.

Il paraît qu’il fait très chaud, voire canicule. Bon, pour une fille du Sud, il fait bon quoi. En plus il y a une petite brise, c’est parfait.

Attention c’est plein de trous cette première prairie à vaches, ne pas se faire une cheville d’emblée. Il est interdit de dépasser les 9,5 km/h, Barbie est d’accord, tant mieux. Un petit tour de lac, vraiment pour nous faire faire des km, mais c’est sympa après tout, y a plein de gosses, et Barbie connaît à peu près 45% des gens, ça fait de l’animation.

Je commence à être confiante, je me sens bien.

Quelques beaux sentiers vallonnés (des monotraces ! Noooon ? Siiiiii !) et un arrêt pipi plus tard, nous trouvons le ravito du Buc, 22 km, après quelques 2h37 de course. On ne s’arrête pas longtemps, contrairement à d’autres qui semblent avoir monté la tente, ça va toujours bien, on repart à l’attaque de la portion la plus sévère, en continuant de papoter sans arrêt. Des anecdotes comme s’il en pleuvait, dont la plus drôle, celle du petit neveu Walter, j’en rigole encore. Fred nous informe que le petit Holzerny s’est perdu sur le 50ème, et a perdu sa première place du coup, zut, on compatit, pauvre gars.

Je me dis que le paysage est drôlement beau finalement, des arbres superbes, des étangs, c’est beau la région parisienne ben merde alors, j’aurais jamais cru.

Je refais une beauté à l’élastoplast à mes orteils vers le 30ème, car évidemment j’ai eu la bonne idée de cavaler en bottines de ville dans Paris la veille, résultat j’avais des ampoules avant même de commencer. Du coup comme on s’est arrêté et qu’ensuite on remonte du monde en jactant sans arrêt, les gens nous demandent si se refaire sa pédicure fait avancer plus vite.

Un peu plus loin, patatras, j’ai un point de côté. Ça c’est typique du pauvre entraînement. Au bout de quelques km d’alternance course/marche et d’expiration forcée pour essayer de le faire passer, je dis à Barbie de partir devant.

Je garderai cette saleté sur 10 km mais il n’aura pas ma peau, moi j’aurai la sienne. Punaise, il y a de ces côtes dans le coin, du genre 30%, heureusement qu’elles sont courtes ! C’est là que je m’aperçois que le foncier ne s’oublie pas, mais la vitesse ascensionnelle si ! D’habitude ça va plutôt bien, mais là je suis à la ramasse complet, mes dernières côtes remontent à janvier ! Comme je dis à Lau que j’ai fait seulement 43 km en 5h50 ( !), il me demande s’il doit appeler le RAID. Ça ira, je préfère finir vivante quand même.

Un peu dur pour arriver à ce magnifique point d’eau de je ne sais quel bâtiment de Meudon, super beau jardin médiéval ou je ne sais quoi. Grosse hécatombe à ce niveau : ben les gens, keske vous faites tous par terre m’enfin ? Je ne m’arrête que deux minutes pour boire mi-coca mi-flotte, et c’est reparti.

Ça va toujours, les jambes ne sont pas fraiches fraiches mais je ne suis pas du tout épuisée. Les parcs, l’observatoire, c’est super beau. Ça devient ultra-roulant, donc faut courir hein, logique. Arrivée au ravito de Chaville, 55 km, après 7h46 de course. Pas mollir : remplir la poche, boulotter des bananes (je viens de dire à Yanne que j’ai tout le temps faim), mettre les manches longues, mettre la frontale, remettre le sac, repartir. Meeeerde, enlever le sac, sortir le brassard réfléchissant obligatoire, remettre le sac, repartir. Seulement 10min d’arrêt sans trainer, pas pu faire mieux, pas assise, pas couchée, pas besoin en plus.

Et là, j’aime beaucoup courir la nuit, sur ce terrain facile, même si j’alterne beaucoup avec de la marche rapide. C’est magique, ça me plaît, je suis bien. Le ravito de St Cloud arrive après 9h50, 4 min d’arrêt seulement, et direction les quais, les péniches avec leurs fêtes à bord, complètement surréaliste cette juxtaposition des deux univers, les fêtards et les coureurs de la nuit.

La suite des quais est moche, passons, mais elle est agrémentée par les klaxons des écotraileurs voiturés de retour de la Tour. Merci à eux ! Je commence à fatiguer et ça fait du bien. C'est l'heure des vampiiiiiiiiires!  :)))))

Et enfin on arrive à ses pieds, on traverse cette rue bordée de touristes et de familles venues attendre leurs coureurs, c’est magique cet accueil. Le vigile me sourit et me dit de monter sans fouiller mon sac. Ces escaliers qui me faisaient peur ne sont rien, ils passent si vite, je suis si vite en haut, si impatiente d’y être, après 11h26 de course.

Barbie est arrivée quelques minutes avant, et grâce à Fred photographe officiel du jour nous aurons notre photo à nous, rien qu’à nous, en haut de la tour et sous l’arche !

Je l’ai fait et je suis très heureuse. Je déteste être malade, ou fatiguée, ou les deux à la fois. Ça me met en rage. Tout le long je pensais que j’allais pleurer si j’arrivais au bout, mais je n’arrive pas à pleurer, pas plus qu’à mon premier marathon.

Mais ce soir-là, devant l’objectif du photographe, j’ai le cœur prêt à exploser et je crie en silence : « Fuck the bug et longue vie à nos rêves ».

Tout couru en Nike Free 3.0. My favorite shoes. I love you so much. Je suis passée de 1833ème à Buc à 1344ème à la tour, vraisemblablement parce que j’ai « doublé » plein de gens aux ravitos. Pas beaucoup doublé en courant en tout cas ! 110ème fille/154, et 49ème V1F/64, pas génial mais je trouve ça parfait vu les circonstances!

Deux jours plus tard, je réalise que je ne me suis pas fait mal, que je vais bien, et que je n’ai qu’une envie, remettre ça. Je sais qu’il faut attendre, et que ce n’est pas un 10km, mais le ver est dans le fruit. Je me suis sentie bien tout le long, je me sentais à ma place. Hier j’ai fait une estimation a posteriori sur softrun, avec quelques temps de course précédentes. Il me prévoit, pour 78 km et 1500 m de dénivelé sur bons chemins, en semi-autonomie, un temps probable de….11h25. Sans déconner je jure que c’est vrai ! Bon il exagère softrun, j’aurais pu faire mieux avec de l’entraînement quand même.

Merci à toutes celles et ceux qui m’ont aidée, et qui n’ont pas essayé de me dissuader d’y aller.

 

 

 

 

janv. 22
2012

Courmayeur Champex et Cham', j'arriiiive!

Posted by Japhy in Untagged 

Japhy

Cet été, cela fera 5 ans que je cours régulièrement. Comme cadeau d’anniversaire, j’ai choisi de faire la CCC, ou la petite soeur de l’UTMB, Courmayeur-Champex-Chamonix.

C’est un gros, très gros morceau pour moi, avec ses 98 km et ses 5500 m de D+, et de nombreuses heures au-dessus de 2000 m d’altitude (max 2500).

Je voulais cette course pour différentes raisons, d’abord pour le côté festif (oui, enfin, surtout au départ et à l’arrivée !), pour l’affluence (parce que je ne tiens pas à ne voir personne pendant 10h de course de nuit), et pour le fun romantique de passer par l’Italie, la Suisse et la France en courant. J’adore cette idée.

J’ai des copains que les courses du Mont Blanc rebutent, justement souvent pour des raisons de trop grande affluence, mais j’en ai aussi beaucoup qui auraient rêvé de faire l’UTMB ou la CCC cette année, et qui n’ont pas été tirés au sort. J’ai toujours eu de la chance dans la vie. Par exemple j’ai été recrutée en 8ème position sur 8 postes ouverts au CNRS l’année de mon intégration. Autre exemple : j’ai attrapé un super méchant palu il y a deux ans à Mada alors que je n’avais totalisé que 5 malheureuses piqûres de moustiques. De la chance je vous dis.

Et en fait, j’y croyais, à ce tirage au sort. Vendredi matin le labo tout entier a cru que je faisais une crise d’épilepsie à la lecture du résultat mais ils ont bien vite compris. J’ai même eu droit à « ah ouais t’appelles ça de la chance d’être recrutée pour ce truc de malade mental ? ». Les runners sont des incompris ma bonne dame.

Donc j’ai eu plus de pot que les autres. Alors outre ma motivation personnelle, il faut quand même la préparer très sérieusement par respect de la distance, comme me l’ont fait remarquer Nathou et Yanne, à juste titre, mais aussi par respect de la chance que j’ai eue.

Bref, je vais essayer de tenir un blog d’entraînement en vue de cette épreuve de la fin août. Je ne vais pas vous bassiner toutes les semaines, n’ayez crainte, mais je vais essayer de récapituler mes entraînements sur un rythme mensuel.

Pour cela, j’ai choisi de m’inspirer très fortement du bouquin de Eric Lacroix, qui, décidément, est une mine d’information, une mine avec un cerveau bien câblé ! Cela fait déjà longtemps que je regarde son site internet très riche http://www.ericlacroix.fr/ , mais lorsque je suis tombée sur son Guide d’entraînement à l’Ultra trail à la Fnac, je n’ai pas laissé ma part au voisin.

Pourquoi ce choix ? Parce que même si le bouquin est axé sur la prépa de la Diagonale des Fous comme exemple, il est très adaptable à plus court.

Parce que lorsqu’un type me dit qu’il faut vraiment se reposer souvent, qui le prévoit explicitement dans les plans, qui dit qu’il faut accepter d’être fatigué de temps à autre et que c’est pas grave (ça c’est dur), ça me parle, moi qui ne suis pas un colosse.

Lorsqu’il dit que les lendemains de séances dures il faut y aller cool le plus souvent, et que dans séances dures il range les fracs, la sortie longue mais aussi les bringues tardives et arrosées, je me dis que ça va me correspondre finalement.

Et lorsqu’il rajoute qu’il faut arrêter de faire tourner les gamins en rond sur piste ou sur cross et qu’il faut les envoyer dévaler des montagnes, ben je me dis qu’on va devenir de grands copains (virtuels) lui et moi ! 

Donc au programme :

-       une première période jusqu’à fin février où je vais (continuer à) développer ma VMA, avec le semi de Cannes en point d’orgue. Je commencerai aussi (si si FWNat, believe me) la PPG et le gainage (beuuuuurk).

-       Une deuxième période de montée en charge progressive, la plus longue, avec maintien de la VMA mais aussi augmentation des déniv, en alternant rando-courses et répétitions de côtes. + des exercices de préparation physique spécifique (re-BEUUUURK, mais faut y passer). Les deux, voire trois trails préparatoires seront placés dans cette période. Sans oublier un gros travail d’augmentation de l’allure de marche rapide en déniv, ben oui je vais pas me gêner pour marcher hein !

-       Une troisième période de mi-affutage, mi-repos, les deux derniers mois, avec des randos courses de plus en plus marchées au fur et à mesure que je m’approcherai de l’échéance, pour ne pas fusiller mes cuissots, mais où je devrais maintenir ma VMA sur le plat, il a dit le monsieur. Parce que bon on n’est pas là pour ramasser les violettes non plus.

Disséminés dans la prépa, surtout en deuxième partie, les week-ends dits « chocs », avec deux grosses séances dures successives, soit deux rando-courses de 4 à 8h, soit une séance seuil éprouvante suivie d’une grosse sortie rando-course le lendemain, pour habituer le corps à accepter la fatigue. J’ai commencé le week-end dernier pour voir et sans le faire exprès, et je peux vous dire qu’il y a du boulot, j’ai mis 4 jours à m’en remettre ! Heureusement, le plan prévoit seulement 2 séances dans la semaine suivant les week-ends chocs.

Dernière résolution : prendre soin de ma santé, qui m’enquiquine et m’épuise parfois, même si ce ne sont pas des problèmes graves.

Voilà où j’en suis, complètement excitée, mais aussi très proche de l’état d’esprit pré-grosse manip au labo, où il faut penser à tout si on ne veut pas que ça tourne à la cata au final!

Le compte à rebours est lancé.

nov. 06
2010

Ma prépa Nice-Cannes 2010

Posted by Japhy in Untagged 

Japhy

 

 

C'est fou c'est la première fois que je fais un blog!  :)

Mais je me suis dit, après toutes ces marathoniennes qui font le leur à propos de leur entraînement, j'en veux un aussi!

Comme ça je mettrai noir sur blanc ce que j'ai fait pendant ces 7/8 semaines et je saurai l'an prochain ce que je ne devrai pas refaire ou au contraire conserver!

N'ayez crainte, juste un résumé...


Le contexte:

    - un marathon Nice-Cannes 2009 préparé pour 4h15 et couru avec l'aide de latortue, lacox et Bernard en 4h25. Un travail d'allure spécifique à 6 min/km donc. Cette course s'était bien passée mais je veux faire mieux.

    - beaucoup, beaucoup de courses et entraînements très longs, plus long que mon temps sur marathon, dans la première moitié 2010.

    - un changement psychologique: de "je m'amuse et je ne me rentre pas dedans" en 2009, à "tiens c'est bizarre, je ne meurs pas quand je me rentre dedans, et en plus j'aime bien quand ça décape mes bronches", à présent.

    - un nouveau labo, une nouvelle thématique, avec beaucoup de travail de mise à niveau de bibliographie et des manips d'un nouveau genre que je dois souvent traiter numériquement le soir et le week-end. Donc pas énormément de temps pour l'entraînement, moins qu'avant en tout cas.

 

Le plan: oui, un vrai plan, avec peu d'entorses. J'ai repris celui que Fred m'avait refilé l'an dernier, j'ai jeté un coup d'oeil à celui d'un club réputé de Nice donné par un copain (deux plans très équivalents), et je n'ai gardé que 3 séances, celles de qualité. Pas de footing de récup, ni de régé ou je ne sais quoi, pas le temps, et certainement pas l'énergie non plus. Donc:

 

    - une séance "dynamique", avec pas mal d'allure semi au début et des séries de 800 m de plus en plus longues, inspirées de la méthode Bart Yasso.

    - une séance d'une heure ou 1h15 avec pas mal d'allure marathon

    - une séance longue avec pas mal d'allure marathon aussi, le plus souvent en fin de séance.

 

Les impressions:

L'an dernier, mes séances préférées étaient les séances longues. Depuis que j'ai accéléré sur l'allure marathon (5'40/km), ces sorties comprenant 2 ou 3 fois 20 min à cette allure, pour une durée totale allant à 2h30 au maximum, me mettent bien KO.

Les séances rapides deviennent mes préférés, et me mettent dans un état de bien être et de peps incroyable le lendemain. Ce fut la grosse, très grosse surprise de cette prépa. Les 800m de Yasso, commencé à 4 répétitions pour aller jusqu'à 9, et courues à 5'/km m'ont fait accepter les fractionnés et même les attendre avec impatience...On croit rêver.

L'allure marathon a mis un moment à rentrer, j'allais souvent trop vite, j'ai appris à modérer pour essayer de tenir, quand même. J'ai essayé d'intégrer aussi que, non, comme le dit Kecily, une allure marathon, ce n'a pas vocation à être confortable. 6'/km c'est très confortable sur 20 ou 25 km, 5'40 ce sera une autre histoire.

 

Le matos: hormis le skins qui a accompagné toute ma prépa, je courrai en Nike Free 3.0. Sans aucune hésitation.

Dans le matos, je mets aussi le site de Jonathan Savage, que j'aime beaucoup. Plein d'explications limpides, de trucs intelligents du roi de la surcompensation (vu ce qu'il court quand il court, c'est obligatoire de se reposer remarquez), même si je ne suis pas d'accord avec tout. http://fellrnr.com/wiki/


Les courses de prépa: pas vraiment adaptées mais tellement sympas. Un marathon relais avec Yanne, des courses courtes locales, mais rien sur les 5 dernières semaines. Rai-son-na-ble. Oui, c'est possible.


Les kilos: juste 1 de moins que l'an dernier, ce n'est pas ça qui va changer le monde....

 

Les bêtises: toujours pas de gainage sérieux. Bibiche, la seule solution, c'est de me faire faire mille lignes en 4 couleurs: "je ferai mon gainage deux fois par semaine". L'année 2010 fut celle des fracs, 2011 sera celle du gainage.


L'objectif....4h.

Oui, je sais, c'est un peu...ambitieux. Farfelu. Irréaliste. Je ne suis pas sereine. Je ne suis pas non plus angoissée. Mais je veux essayer. Je sais que j'aurai mal, et curieusement je pense le supporter mieux qu'avant.

Et Diabolo viendra me chercher au km 40. Cela, ça n'a pas de prix.


La photo c'est de la blague. Zéro montagne tout ce temps. Interdit par moi-même. Oui ça aussi, c'est possible.