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oct. 20
2011
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Vannes ou un premier marathon de rêvePosted by Lauliana in Untagged |
Après une semaine de folie, haute en pression côté boulot, niveau zéro en course (j'avais décidé de coter pour l'option repos complet pour cette dernière semaine), je pars avec ma petite famille pour Vannes en ce beau vendredi qui nous promet un fabuleux week-end. Nous retrouvons là-bas un collègue, François et sa femme Christine. François va courir le marathon en courant les deux duos d'affilée. A ma demande, il est supposé me laisser "tranquille", car comme il coure beaucoup plus vite que moi, je ne souhaite pas me sentir être un boulet pendant 42 kilomètres.
Samedi matin, le soleil est là et malgré les précautions d'usage, je vais faire une longue ballade le long de la mer avec mes filles et Christine. J'adore la Bretagne,lieu de mille souvenirs d'enfance et je suis heureuse de courir mon premier marathon ici.
L'après-midi nous nous balladons dans Vannes, nous rendons sur les remparts, lieu du départ pour le lendemain, prenons quelques photos, puis nous nous rendons au retrait des dossards. Le compte à rebours a commencé, et la pression monte.
Après un repas de pâtes, samedi soir, coucher pas trop tard et je vais passer une nuit à peu près tranquille. Lever 7h00, petit déjeuner, gâteau sport, je m'habille, je me pommade, et hop je suis prête...
Il fait un peu froid quand nous nous rendons sur la ligne de départ mais le soleil est là, l'ambiance aussi, un feu d'artifice est tiré, et les coureurs sont prêts, excités et moi la première. Pour la première fois vraiment depuis 12 semaines, l'angoisse s'envole et je me laisse aller au plaisir d'être là.
Le départ est donné. J'ai le sourire aux lèvres, je suis bien, aucun bobo, la pleine forme, il fait bon et je me laisse aller à mon allure marathon, celle que je connais maintenant très bien. Je suis ma stratégie de course à savoir environ 9,5 km/h mais arrêt systématique au stand de ravitaillement avec marche. Je devais surveiller ma montre aux ravitos mais je ne l'ai pas fait. Mon but, prendre plaisir, profiter, m'économiser pour assurer d'arriver au bout de ce marathon.
Nous croisons plein de personnages fabuleux. Mario, avec son vélo, qui courre plus vite que moi qui n'en ait pas. Marie, je pense septuagénaire,bretonne je suis sûre (elle avait un short aux mouchetures d'hermine) qui court son 15 eme marathon et qui a couru Millau il y a quelques semaines. Je parle un peu avec elle et elle me dit, "vous verrez, à la fin quand vous en aurez marre, vous penserez à moi, et vous y arriverez". Je vais aussi croiser et recroiser les coureurs de l'association dunes d'espoir, fabuleux coureurs solidaires qui transportent des enfants invalides. Ils sont incroyables, transpirent sang et eau mais vous encouragent quand ils vous dépassent. Il sont écrit un superbe compte-rendu que je vous engage à lire :
http://piloumontagne.blog4ever.com/blog/lirarticle-132192-3058389.html
Les kilomètres filent, les paysages sont magnifiques, je savoure pleinement ma course. A chaque ravitaillement, je discute avec les bénévoles, je souris, je blague et je leur dis combien leur région est belle. J'alterne un ravitaillement sur deux boisson isotonique et gel (oui je sais, j'avais dit que je n'en prendrai pas...), cela me réussit bien et je pense m'aidera à ne pas rencontrer le mur même si je l'attendais celui-là !
Entre port, mer, ville, la course passe vite. Je tape dans les mains des enfants, applaudis aux animations, remercie les volontaires, et exulte quand je croise ma petite famille au détour d'une rue ou d'un chemin. On passe au stade pour laisser derrière nous les premiers duos et c'est reparti. Quelques minutes plus tard, 2h20 que je cours, et je me dis, bon je serai au moins semi-marathonienne ! Et c'est pas donné à tout le monde, d'être les deux le même jour ! En même temps je réalise que pour un chrono de 4heures 30, c'est mort mais cela m'est égal, mon but c'est finir ce magnifique parcours.
Même si je sens que cela commence à tirer un peu, je me sens tout à fait capable de continuer. Quelques kilomètres plus loin,je retrouve François, quel bonheur ! Il va papoter un peu avec moi, m'encourager et hop, repart devant, fidèle à sa promesse de me laisser tranquille. Je vais le retrouver ensuite tous les deux kilomètres, me valant à chaque fois de grands fous rires, soit discutant au port, soit parlant avec les volontaires au ravitaillement, dégustant des huîtres, ou bien alors allongé sur un banc face à la mer...Il s'éclate, s'amuse sur ce marathon qui sera pour lui le plus long de son histoire, Médoc exclus bien entendu !
28 eme kilomètre, ravitaillement, la douleur arrive petit à petit. Il m'est plus difficile de repartir. Quand j'arrive au panneau 30, tous les doutes s'envolent même si je commence à avoir mal, je sais que je n'ai pas fait tout cela pour rien, je finirai, quoi qu'il arrive.
Les paysages sont toujours aussi beaux, même si çà et là quelques côtes apparaissent que je n'avais même pas détecté au premier passage. Etrange !
J'apprends à un ravitaillement que les Blacks affronteront la France en Finale. Bien. Maintenant cela ne m'empêche pas que chacun de mes pas est de plus en plus douloureux, ce sont tous mes muscles inférieurs qui me font mal mais le mental va fort.Mon rythme ralentit dangereusement mais je ne marche que très peu. Je cours malgré tout, même si je pense que certains doivent marcher plus vite !
40 eme kilomètre, François me rejoint et ne me quittera plus. Je n'en reviens pas. Il a couru ce marathon pour moi, pour m'emmener au bout. C'est un magnifique cadeau.
Petite photo devant le 41 eme, puis enfin arrivée au stade pour le 400 mètres le plus long du monde , je suis heureuse, les larmes coulent, je suis marathonienne. Certes j'ai couru plus de 5 heures mais je suis marathonienne, ET j'ai couru plus de 5 heures ! Moi qui était sortie épuisée de ma sortie longue de deux heures 30, j'ai couru le double de temps !
Voilà, je suis sur un nuage depuis 3 jours, particulièrement fière de moi. Au bout de deux jours,plus aucune courbature, je n'ai qu'une vilaine ampoule un peu moche, sinon rien, je suis en pleine forme. Je me laisse deux semaines de repos que je mets à profit pour préparer la suite, l'entre deux courses de novembre et décembre.
Car en janvier, ce sera reparti, objectifs semi de Paris et marathon de Paris. Bon comme j'étais sans repère, je me suis inscrite dans le sas des 4h15, j'ai peut-être été présomptueuse mais tant pis !
Vive la vie et vive CAF ! Merci encore pour tous vos conseils pendant ma prépa, pour votre patience devant mes doutes et mes questions, tout cela m'a bien motivée, vous êtes top !