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avril 30
2012
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Un premier semi-marathon "nature" à la durePosted by Stella in Untagged |
Quand je me suis levée ce matin, à 6 heures, mal reposée d’une nuit de tempête en alerte orange, je suis restée un moment à la fenêtre à regarder le déluge et le vent qui secouait violemment les arbres, en me demandant si tout ça valait vraiment les 12 Euros de mon dossard. Et puis flûte, je me suis décidée à y aller, en espérant que la course ne soit pas annulée, je crois que ça m’aurait achevée d’avoir sacrifié une grasse matinée pour rien. Je suis née sous le signe du loir ascendant marmotte, c’est ainsi.
Sous des trombes d’eau, je suis donc sortie de l’immeuble en tenue de running avec sur le dos, mon imperméable de marin breton acheté l’an dernier pour partir affronter la pluie en Ecosse : l’ironie de l’histoire, c’est que l’an dernier, il a fait super beau là-bas, et mon imper était donc flambant neuf. Fantastique, une douche avec une tornade en prime … et nous sommes bel et bien fin avril !
Arrivée sur place, j’ai récupéré mon dossard et mon T-Shirt technique orange à bandes jaunes (au moins comme ça, on ne me perdra pas), et je me suis échauffée tranquillement à l’abri.

9h du matin, c’était parti pour mon premier semi-marathon « nature » : 4 boucles en forme de trèfle dans la campagne de l’Ain, un circuit dit « vallonné avec 55% de chemins et sentiers ». Je précise que le profil du parcours n’était pas publié sur le site internet de la course, sinon, je vais être franche, je ne sais pas si j’aurais pris un dossard pour un truc pareil, sans préparation physique, avec pour seule motivation, la perspective d’évacuer un peu de tristesse, de stress et de déprime passagère. La vache, je vous garantis qu’après 2 boucles, j’avais oublié mes états d’âme !
On a tout eu : des montées (sur la route, sur les chemins de terre détrempés, des longues, des courtes, des faux-plats, des raidillons boueux avec un bon 15 à 20% de pente dans la forêt), des descentes (à pic sur la route ou sur les chemins glissants, dans les caillasses, dans la gadoue, dans un impossible enchevêtrement de branches dans la forêt), les bains de pieds (dans les ruisseaux, la boue, les flaques, vous me direz, c’est la première flaque qui fait mal, après, les « gloup gloup » sur les semelles font partie du voyage) … et même les bestiaux dans la forêt : sur la fin, j’ai traversé un bois, complètement seule, semée par les coureurs plus rapides et ayant moi-même pris le large sur mes suiveurs, mazette, tous les oiseaux du coin papotaient sur mon passage (salut, les piafs !) et d’autres cris plus rauques me faisaient craindre le pire. J’attendais le moment où j’allais me retrouver face à face avec un sanglier : « Yo man ! Moi, c’est Stella ! ». « Ouais, et moi j’ai pas encore pris mon petit déj ! ».
Avec tout ça, je me suis retrouvée 5e féminine, (dixit les bénévoles), mais incapable de doubler la fille en T-Shirt orange qui me précédait, 50 à 100 mètres devant moi. Je la rattrapais dans les montées mais elle me semait en descente (moi, les descentes, c’est « ouille, oups ! », du style « je descends l’escalier avec mes talons aiguilles ») et elle maintenait son avance sur le plat.
Et puis à l'amorce de la 4e boucle, elle s’est mise à faire un bruit de forge en respirant dans une montée. Je l’ai doublée, persuadée qu’elle me reprendrait sur le plat mais non, nous avons enchaîné sur une portion très raide qui a transformé mes cuisses en merguez grillées en quelques secondes, tellement c’était pentu, et c’est là que j’ai fini par la semer définitivement, bien malgré moi parce que je n’étais vraiment pas rapide, même si une espèce de rage intérieure me faisait avancer à un bon rythme pour une dilettante qui ne s’entraîne pas sérieusement.
J’ai beaucoup souffert du relief de la course : les chemins défoncés et pierreux ont malmené mes tendons comme jamais, les impacts sur les cailloux me faisant grimacer à chaque pas sur la fin du parcours. Les appuis incertains dans la boue sollicitaient mes chevilles et les muscles de mes jambes au point que je devais courir comme un pantin désarticulé, sur certaines portions. J’étais d’ailleurs tellement entamée physiquement que je me suis tordu la cheville deux ou trois fois sur la fin, faute de lucidité. Mais pas de gamelle, ouf.
Et c’est ainsi que la ligne d’arrivée arriva au bout de 2h01 d’efforts : je l’ai franchie, super enthousiaste d’en finir, et la cerise sur le gâteau, une 4e place au scratch et une 3e place de sénior qui m'ont vraiment comblée.
Tu vois, Stella, t’es moins triste, là ! Je suis montée sur la première marche du podium avec ma coupe et ma petite plante verte dans les bras (pas de cumul des récompenses avec le classement scratch, donc j'ai hérité de la première place sénior), juste ravie d’être là et d’avoir eu la chance de réaliser mon petit défi personnel.
Ce soir, le vent souffle encore mais le soleil est revenu, je me traîne, j’ai mal partout, on va donc se donner le temps de récupérer tranquillement avec quelques Petits Ecoliers et un bon magazine de running … c’était ma 41e course, elle m’a fait du bien.




























