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mars 05
2012

Quand l'escargote aux baskets tente le ski de fond

Posted by escargote in ski de fond , ski de fond , Mara , escargote , escargote , course , course , course , course

escargote

Pendant qu'une multitude de cafeuses s'élançaient sur le bitume parisien pour un mémorable semi-marathon, l'Escargote aux baskets pateaugeait dans la neige.

Lever 05h10 après une nuit très agitée et des tas d'ambulances, toutes sirènes allumées, dans le quartier. On pourrait rêver de sommeils plus réparateurs une veille de course, mais c'est sans doute plus cher. Quelle idée, aussi, de s'aligner sur un 10 kil... en skis de fond.

A cela, l'Escargote a plusieurs raisons:

1) il faut un début à tout

2) rien de mieux que le ski de fond pour rééduquer une cheville après une sévère entorse

3) la neige c'est chouette

Il n'empêche, sortir si tôt de sa coquille un dimanche, c'est pas escargotien. Je réussis l'exploit de n'oublier ni skis, ni bâtons, ni gants, ni chaussures et zou, après avoir avalé un petit déj roboratif (ben oui, vous avez quoi contre les pâtes?) me voici sur la route, direction les Rasses, dans le Jura vaudois (et donc suisse) où la 42e Mara (c'est le nom de la course) doit se dérouler sous un soleil éclatant d'ici quelques heures, si tout va bien. A l'heure où je me lève, certains Fangio qui n'ont pas bu que de l'eau rentrent se coucher, si j'en crois les quelques bolides zigzagant qui me dépassent sur l'autoroute. Rencontre plus agréable, sur la route tout en virages qui monte vers les lieux des festivités: un magnifique milan noir tout surpris de me voir là. Et moi donc.

A cette heure matinale, il faut se rendre à l'évidence: d'autres fous ont décidé de passer leur dimanche matin sur les lattes et le parking commence déjà à se remplir. Prochaine étape, trouver l'endroit où retirer mon dossard. Les bénévoles sont sympas, on plaisante, tout va bien.

Questions existentielles

Il est 07h30, j'ai mon dossard et, attablée devant une infusion menthe, je me demande ce que je fous là un dimanche (question que je ne me suis pas posée en me levant ni sur la route, pourtant j'aurais pu). Puisque c'est la minute des questions existentielles, une autre me taraude: "Pourquoi les Suisses allemands parlent-ils si fort le matin de si bonne heure  et s'adressent-ils à la serveuse en schwyzertüdsch (en dialecte) alors qu'on est aux Rasses en plein pays francophone et romand? A la limite, pourraient au moins se donner la peine de s'adresser à la serveuse dans l'allemand standard qu'on apprend à l'école...

Or donc que fous-je ici, à me préparer à prendre le départ d'une course populaire à skis de fond, entourée de gens tellement minces qu'on pourrait les mettre tous ensemble dans une boîte de cure-dents? Ah oui, je sais ce que je viens faire: je rééduque ma cheville sur 10 km. Si seulement je pouvais ne pas finir dernière. Avant-dernière, ça me va. Mais dernière, oh là là non, s'il vous plaît ! Je ne connais pas le parcours, je n'ai jamais fait de course et je me remets d'une entorse, avec une condition physique d'endive. J'essaie de me dire que ça pourrait être pire, au moins je ne me suis pas inscrite pour les 42 km, ni pour les 22. Heureusement d'ailleurs que je n'ai pas visé les 22, car à la mi-parcours un chalet d'alpage propose d'excellentes tartes... Avec le risque de ne pas décoller du "ravitaillement" et d'abandonner la course!

Mais voici que le soleil vient chatouiller ma table de ses premiers rayons. Le temps est splendide, la montagne aussi et... je vais vivre une expérience! Observons, rigolons et si possible prenons-y plaisir, me dis-je en partant m'équiper. Je ne tarde pas à rigoler, d'ailleurs, constatant qu'il y a une file conséquente devant les toilettes... des hommes. Chez les femmes, c'est libre. Génial, j'en veux encore, des courses comme ça!

C'est où le départ?

Par mégaphone, un monsieur nous enjoint de nous préparer et de rejoindre la ligne de départ à... 2 km de là. De loin, on dirait des fourmis: des files de fondeurs avancent, un peu anarchiquement, au fil des traces qui s'interrompent, des chutes et autres arrêts pour resserrer une chaussure ou enlever une couche. La neige est archi-dure, glacée. Au loin, toujours pas de ligne de départ. Nous finissons par la trouver, signalée par une sorte de grand filet de volley ball orange.

Une douzaine de rails (peut-être, sûrement plus) parallèles sont tracés côte à côte. Je n'ai jamais vu ça, ni tant de fondeurs en ligne. Certes, ce n'est pas la Vasalopett, ni même la Vas-y-Paulette (si, si!), mais c'est déjà impressionnant. Le samedi, c'est la journée des skateurs, mais le dimanche est réservé aux adeptes du style dit classique ou "pas alternatif". Et ça en jette. Deux gaillards expliquent qu'avec ces pistes gelées, il faut particulièrement être prudent à la descente. Mes genoux s'en souviendront, mais trop tard, après avoir été tatoués de bleu par un bisou un peu trop appuyé avec une pente.

Ay qué calor

09h00, le coup de départ retentit et tout ce petit monde s'élance. J'ai bien fait de partir assez en arrière. Le départ est très rapide, sauf le mien: on est une escargote ou on ne l'est pas. Je ne sais pas si les organisateurs ont l'esprit particulièrement pervers, mais nous commençons par une petite montée. Très vite, je dépasse ceux qui calent déjà. Je dois pourtant me rendre à l'évidence: j'aurais dû mettre du fart "qui croche" sous mes écailles, car dans cette neige ultradure je n'ai pas assez de force pour empêcher mes skis de reculer, c'est malin. Hop, une descente, ça glisse bien... devant moins le gars se met en demi-chasse neige... oups sortir de la trace et le dépasser en l'évitant, yesss mission accomplie... du plat, le mouvement est pris... cette surface glacée est ultrarapide, grisante mais... au secours je cuis! 

Le soleil tape de toutes ses forces, je suis en nage et je n'ai aucune idée de la distance parcourue, j'ai soif, je veux rentrer, j'en ai marre... Dire que la dernière fois que je suis venue skier par ici il faisait -17 et le vent soufflait de toutes ses forces... Je ne sais pas quelle version je préfère... Quelque chose entre deux le froid sibérien et la canicule, ce serait trop demander?

Devant moi, un skieur monte "en canard"; je ne tarde pas à l'imiter... et je me sens ralentir, même si je continue de dépasser quelques personnes. Mon front ruisselle, je ramollis. L'ambiance est sympa, surtout avec les papys: on se salue et on se fait des politesses pour se laisser la trace. Le sourire, ça redonne de l'énergie! "Après vous je prie".

Fait chaud. Ma place au classement, je m'en fous complètement, je veux juste finir. Et je finirai, c'est sûr: 20 ou 30 km à ski de fond, allure tranquille, ne me posent pas de problème. Alors pourquoi ai-je l'impression d'en baver à ce point cette fois? La C H A L E U R...

L'arrivée, enfin

Passage du 5e km, je n'ose jeter un coup d'oeil à ma montre tant j'ai l'impression de faire du sur-place. Depuis un bon km, la neige a changé. Comme moi, elle se ramollit... ça devient bientôt de la soupe, un truc qui freine même à la descente. J'ai l'impression de pateauger. Au ravitaillement j’attrape un verre d'eau... Gasp c'est de l'eau gazeuse! Je bois quand même mais mon estomac me fait bruyamment savoir que ce n'est pas une idée de génie.

Et paf, je perds l'équilibre dans une descente. Ne vous en faites pas, ça va, j'ai juste voulu éviter quelqu'un. Plus que 3 km. Plus que 2. Plus que... Je passe la ligne d'arrivée, mon nom résonne dans le haut-parleur comme si c'était celui d'une championne. J'ai mis 1h16 pour faire 10 km, mon plus mauvais temps de toute ma vie pour faire 10 km à ski de fond... Mais ça n'a pas d'importance. Je suis 11e (et pas dernière), d'autres ont souffert de la chaleur. Un soleil insolent danse sur la neige et les sapins. Au loin, le lac de Neuchâtel joue à cache-cache sous la brume. Il y a à boire, des fruits, du fromage, du chocolat... et des tas de gens avec un grand sourire. C'était magnifique. L'année prochaine, je reviens! Mais je m'entraîne, avant.

mars 05
2012

Quand l'escargote aux baskets tente le ski de fond

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escargote

Pendant qu'une multitude de cafeuses s'élançaient sur le bitume parisien pour un mémorable semi-marathon, l'Escargote aux baskets pateaugeait dans la neige.

Lever 05h10 après une nuit très agitée et des tas d'ambulances, toutes sirènes allumées, dans le quartier. On pourrait rêver de sommeils plus réparateurs une veille de course, mais c'est sans doute plus cher. Quelle idée, aussi, de s'aligner sur un 10 kil... en skis de fond.

A cela, l'Escargote a plusieurs raisons:

1) il faut un début à tout

2) rien de mieux que le ski de fond pour rééduquer une cheville après une sévère entorse

3) la neige c'est chouette

Il n'empêche, sortir si tôt de sa coquille un dimanche, c'est pas escargotien. Je réussis l'exploit de n'oublier ni skis, ni bâtons, ni gants, ni chaussures et zou, après avoir avalé un petit déj roboratif (ben oui, vous avez quoi contre les pâtes?) me voici sur la route, direction les Rasses, dans le Jura vaudois (et donc suisse) où la 42e Mara (c'est le nom de la course) doit se dérouler sous un soleil éclatant d'ici quelques heures, si tout va bien. A l'heure où je me lève, certains Fangio qui n'ont pas bu que de l'eau rentrent se coucher, si j'en crois les quelques bolides zigzagant qui me dépassent sur l'autoroute. Rencontre plus agréable, sur la route tout en virages qui monte vers les lieux des festivités: un magnifique milan noir tout surpris de me voir là. Et moi donc.

A cette heure matinale, il faut se rendre à l'évidence: d'autres fous ont décidé de passer leur dimanche matin sur les lattes et le parking commence déjà à se remplir. Prochaine étape, trouver l'endroit où retirer mon dossard. Les bénévoles sont sympas, on plaisante, tout va bien.

Questions existentielles

Il est 07h30, j'ai mon dossard et, attablée devant une infusion menthe, je me demande ce que je fous là un dimanche (question que je ne me suis pas posée en me levant ni sur la route, pourtant j'aurais pu). Puisque c'est la minute des questions existentielles, une autre me taraude: "Pourquoi les Suisses allemands parlent-ils si fort le matin de si bonne heure  et s'adressent-ils à la serveuse en schwyzertüdsch (en dialecte) alors qu'on est aux Rasses en plein pays francophone et romand? A la limite, pourraient au moins se donner la peine de s'adresser à la serveuse dans l'allemand standard qu'on apprend à l'école...

Or donc que fous-je ici, à me préparer à prendre le départ d'une course populaire à skis de fond, entourée de gens tellement minces qu'on pourrait les mettre tous ensemble dans une boîte de cure-dents? Ah oui, je sais ce que je viens faire: je rééduque ma cheville sur 10 km. Si seulement je pouvais ne pas finir dernière. Avant-dernière, ça me va. Mais dernière, oh là là non, s'il vous plaît ! Je ne connais pas le parcours, je n'ai jamais fait de course et je me remets d'une entorse, avec une condition physique d'endive. J'essaie de me dire que ça pourrait être pire, au moins je ne me suis pas inscrite pour les 42 km, ni pour les 22. Heureusement d'ailleurs que je n'ai pas visé les 22, car à la mi-parcours un chalet d'alpage propose d'excellentes tartes... Avec le risque de ne pas décoller du "ravitaillement" et d'abandonner la course!

Mais voici que le soleil vient chatouiller ma table de ses premiers rayons. Le temps est splendide, la montagne aussi et... je vais vivre une expérience! Observons, rigolons et si possible prenons-y plaisir, me dis-je en partant m'équiper. Je ne tarde pas à rigoler, d'ailleurs, constatant qu'il y a une file conséquente devant les toilettes... des hommes. Chez les femmes, c'est libre. Génial, j'en veux encore, des courses comme ça!

C'est où le départ?

Par mégaphone, un monsieur nous enjoint de nous préparer et de rejoindre la ligne de départ à... 2 km de là. De loin, on dirait des fourmis: des files de fondeurs avancent, un peu anarchiquement, au fil des traces qui s'interrompent, des chutes et autres arrêts pour resserrer une chaussure ou enlever une couche. La neige est archi-dure, glacée. Au loin, toujours pas de ligne de départ. Nous finissons par la trouver, signalée par une sorte de grand filet de volley ball orange.

Une douzaine de rails (peut-être, sûrement plus) parallèles sont tracés côte à côte. Je n'ai jamais vu ça, ni tant de fondeurs en ligne. Certes, ce n'est pas la Vasalopett, ni même la Vas-y-Paulette (si, si!), mais c'est déjà impressionnant. Le samedi, c'est la journée des skateurs, mais le dimanche est réservé aux adeptes du style dit classique ou "pas alternatif". Et ça en jette. Deux gaillards expliquent qu'avec ces pistes gelées, il faut particulièrement être prudent à la descente. Mes genoux s'en souviendront, mais trop tard, après avoir été tatoués de bleu par un bisou un peu trop appuyé avec une pente.

Ay qué calor

09h00, le coup de départ retentit et tout ce petit monde s'élance. J'ai bien fait de partir assez en arrière. Le départ est très rapide, sauf le mien: on est une escargote ou on ne l'est pas. Je ne sais pas si les organisateurs ont l'esprit particulièrement pervers, mais nous commençons par une petite montée. Très vite, je dépasse ceux qui calent déjà. Je dois pourtant me rendre à l'évidence: j'aurais dû mettre du fart "qui croche" sous mes écailles, car dans cette neige ultradure je n'ai pas assez de force pour empêcher mes skis de reculer, c'est malin. Hop, une descente, ça glisse bien... devant moins le gars se met en demi-chasse neige... oups sortir de la trace et le dépasser en l'évitant, yesss mission accomplie... du plat, le mouvement est pris... cette surface glacée est ultrarapide, grisante mais... au secours je cuis! 

Le soleil tape de toutes ses forces, je suis en nage et je n'ai aucune idée de la distance parcourue, j'ai soif, je veux rentrer, j'en ai marre... Dire que la dernière fois que je suis venue skier par ici il faisait -17 et le vent soufflait de toutes ses forces... Je ne sais pas quelle version je préfère... Quelque chose entre deux le froid sibérien et la canicule, ce serait trop demander?

Devant moi, un skieur monte "en canard"; je ne tarde pas à l'imiter... et je me sens ralentir, même si je continue de dépasser quelques personnes. Mon front ruisselle, je ramollis. L'ambiance est sympa, surtout avec les papys: on se salue et on se fait des politesses pour se laisser la trace. Le sourire, ça redonne de l'énergie! "Après vous je prie".

Fait chaud. Ma place au classement, je m'en fous complètement, je veux juste finir. Et je finirai, c'est sûr: 20 ou 30 km à ski de fond, allure tranquille, ne me posent pas de problème. Alors pourquoi ai-je l'impression d'en baver à ce point cette fois? La C H A L E U R...

L'arrivée, enfin

Passage du 5e km, je n'ose jeter un coup d'oeil à ma montre tant j'ai l'impression de faire du sur-place. Depuis un bon km, la neige a changé. Comme moi, elle se ramollit... ça devient bientôt de la soupe, un truc qui freine même à la descente. J'ai l'impression de pateauger. Au ravitaillement j’attrape un verre d'eau... Gasp c'est de l'eau gazeuse! Je bois quand même mais mon estomac me fait bruyamment savoir que ce n'est pas une idée de génie.

Et paf, je perds l'équilibre dans une descente. Ne vous en faites pas, ça va, j'ai juste voulu éviter quelqu'un. Plus que 3 km. Plus que 2. Plus que... Je passe la ligne d'arrivée, mon nom résonne dans le haut-parleur comme si c'était celui d'une championne. J'ai mis 1h16 pour faire 10 km, mon plus mauvais temps de toute ma vie pour faire 10 km à ski de fond... Mais ça n'a pas d'importance. Je suis 11e (et pas dernière), d'autres ont souffert de la chaleur. Un soleil insolent danse sur la neige et les sapins. Au loin, le lac de Neuchâtel joue à cache-cache sous la brume. Il y a à boire, des fruits, du fromage, du chocolat... et des tas de gens avec un grand sourire. C'était magnifique. L'année prochaine, je reviens! Mais je m'entraîne, avant.

oct. 30
2011

Le premier semi-marathon d'une escargote

Posted by escargote in semi-marathon , escargote

escargote

Pour celles et ceux qui ont suivi le début des aventures de l'escargote aux baskets, il y eut donc cette grippe fin septembre. Une grippe qui mit si longtemps à partir, se prolongeant en problèmes musculaires et tendineux, que notre brave escargote réduit considérablement le nombre de ses sorties.

Au point de se poser la question fatidique: le Semi-marathon de Lausanne, oui ou non? Partant du principe qu'elle supporterait mieux la douleur que la frustration, notre escargote prit donc le train pour La Tour-de-Peilz, à un peu plus de 21 km de Lausanne, par une splendide journée d'automne, le 30 octobre.

Après un départ prudent, elle remonta peu à peu et se sentit pousser des ailes, et une escargote avec des ailes, ce n'est pas si courant. Mais quel paysage splendide, suspendu entre un vignoble doré et le bleu du lac Léman...

Jusqu'à ce foutu km 14. Une brûlure intense au genou gauche, tiens comme par hasard celui qui a déjà payé un lourd tribu au ski... Ralentir, ralentir encore. "Allez Escargote, il reste 7 km, ça tu sais faire, même en petite forme...

Note pour plus tard: muscler davantage et, sans doute, allonger les sorties longues pour mieux habituer le corps à l'effort prolongé. Voilà ce que c'est que d'être débutante!!!

Les 4 derniers km resteront sans doute parmi les plus longs de mes souvenirs de coureuse. Avec une fierté: je n'ai pas cessé de courir, même en raccourcissant beaucoup la foulée. Na!

Arrivée, congratulations, manger, boire, arnica, glace, paracétamol... J'ai mis 2h15 et des poussières, une allure d'escargote dont je suis fière, sachant comment s'est passée la fin de course. Avec une envie: recommencer, après un meilleur entraînement, pour mieux profiter du paysage et de cette impression de voler!

N'empêche, mon premier semi-marathon, ça y est, je l'ai fait!

Escargote va pouvoir se préparer à hiberner... et rêve encore de course à pied. En attendant, glace pour le genou, siouplait!

oct. 03
2011

Walking Snail

Posted by escargote in walking , plaisir , Morat-Fribourg , escargote

escargote

Cette course, j'avais tellement envie de la faire! Mais voilà, après une semaine de fièvre et de grippe, il était illusoire de suggérer à mon corps tout flagada de courir 17,1 km de faux-plat et de montées... A moins d'être complètement maso, ce qui n'est pas le cas d'escargote qui court pour le plaisir -- et pas celui de se faire souffrir! Mais quand même, zut, flûte, crotte, s'entraîner durant des semaines avec, à l'horizon, la perspective d'une grande et belle course populaire, et devoir renoncer à la der pour cause d'invasion de microbes, c'est pô juste.

Après avoir tourner et retourné le problème dans tous les sens, cette tête de pioche d'escargote se dit qu'il y a bien un moyen de ne pas déclarer forfait: s'inscrire dans la catégorie "Walking", puisque cette course est aussi ouverte aux marcheurs et aux marcheuses.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le dimanche 02 octobre, le train s'ébranle 06h45 pour rejoindre le lieu départ, Morat (CH)... car les marcheurs, ces... escargots, partent deux heures trente avant l'élite des coureurs, sur le même parcours. Dans le bloc de départ, je rejoins des amies, adeptes du nordic walking, qui m'expliquent que "ce qui est chiant, c'est qu'à la fin, on se fait rejoindre et dépasser par les Kénians." Tiens, et si je décidais que mon objectif, ce sera d'arriver avant l'élite?

Le signal du départ retentit. Je me sens toute nue avec mes deux bras pour balancier, dans cette forêt de bâtons! Rapidement, je constate que 90%-95% des participant-e-s les traînent derrière eux comme deux espèces d'excroissances inutiles, et que rares sont les nordic walkers qui les utilisent vraiment à bon escient. Il faut dire que la marche, ça va tellement lentement, qu'une des seules distraction est de regarder le paysage et les autres concurrents.

Escargote crache ses poumons, se mouche, mais avance d'un bon pas – au fait, quelle allure adopter quand on n'a jamais fait de walking ? J'en sais rien, alors j'avance. Mais qu'il se fait attendre ce premier kilomètre! A se demander comment on peut avoir l'idée d'en marcher 17,1 sur du bitume. D'habitude, je suis plutôt un escargot de montagne...

Sur les bords de la route, dans les contours, massés dans les villages, malgré l'heure matinale et le côté peu spectaculaire de la marche à pied, des spectateurs de tous âges sont massés et prodiguent avec chaleur et générosité leurs encouragements aux sportifs qui défilent, les interpellant par les prénoms qu'ils lisent sur les dossards. « Vas-y Jean-Paul, Allez Eliane ! »

Peu après le 5e km, une nana en rose, lancée à toute biture, me dépasse. Elle aussi sans bâtons. « Eh ben, vous tenez la forme vous ! », je lance. Elle éclate de rire, répond, et on entame une conversation à bâtons rompus. Peu après, nous sommes rejoints par un papy en forme olympique, à ceci près qu'il a dû renoncer à courir pour cause de sciatique. On papote, on dépasse, on rigole... Quelle équipe !

Au 12e km, je n'en reviens pas d'y être déjà. Plus que 5 et ce sera Fribourg. La fille en rose me sert de « lièvre » : je croche dans sa roue et je n'ai plus qu'à suivre. Je décrocherai peu après la montée de la Sonnaz, dans la descente, me disant que je veux jouer le jeu du walking jusqu'au bout : malgré les muscles de mes jambes tendus à craquer, je m'interdis de courir dans la descente tandis que je vois mes deux lièvres s'envoler.

Ah cette célèbre montée de la Sonnaz, la ferveur populaire, les noms des favoris inscrits sur bitume : pour un peu on se croirait au Tour de France !

Dans la quelque centaine de mètres avant la ligne d'arrivée, je me demande ce que ça fait de gravir cette dernière montée à la course, lorsqu'on en a déjà plein les baskets. Je verrai l'année prochaine. Pour l'instant je savoure mon « exploit » personnel en franchissant la ligne, radieuse: j'ai parcouru la distance en 2 heures, 15 minutes et des poussières – pas mal pour une malade. Un soleil éclatant baigne Fribourg. C'est la fête, on se congratule... Quelle joie d'être là!

Un bon quart d'heure plus tard arrive l'élite des coureurs, et le vainqueur franchit la ligne d'arrivée. J'admire son exploit, mais mon héros du jour est un autre athlète dont je ne connais même pas le prénom. Un jeune homme en très fort surpoids, effectuant le court parcours en nordic walking. Je le félicite lorsqu'il me dépasse, dans une longue ligne droite au plat. Et lui de me lancer : « Ouais mais dès que ça monte, c'est une autre affaire ». N'empêche que, si j'avais eu le même physique que lui, je ne sais pas si j'aurais osé m'aligner. Chapeau bas.

P.S. Le lendemain, je découvre qu'on peut avoir des courbatures aux hanches:-)

 

 

sept. 22
2011

L'Escargote aux baskets

Posted by escargote in running , running , plaisir , philo , escargote , course , blog , baskets

escargote

Il était une fois une escargote qui rêvait de chausser des baskets. Pas tellement pour la compète, ni pour le chrono, mais pour le plaisir de courir (si possible dans de beaux paysages, tant qu'à faire!), de se sentir bien dans ses... baskets et de se lancer des défis à soi-même. Peu à peu, l'escargote se rendit compte que la course, c'est une quête du chemin et une quête de soi, un moyen d'éprouver sa volonté, sa résistance et de célébrer la vie. Rien que ça!