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oct. 03
2011
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Walking SnailPosted by escargote in walking , plaisir , Morat-Fribourg , escargote |
Cette course, j'avais tellement envie de la faire! Mais voilà, après une semaine de fièvre et de grippe, il était illusoire de suggérer à mon corps tout flagada de courir 17,1 km de faux-plat et de montées... A moins d'être complètement maso, ce qui n'est pas le cas d'escargote qui court pour le plaisir -- et pas celui de se faire souffrir! Mais quand même, zut, flûte, crotte, s'entraîner durant des semaines avec, à l'horizon, la perspective d'une grande et belle course populaire, et devoir renoncer à la der pour cause d'invasion de microbes, c'est pô juste.
Après avoir tourner et retourné le problème dans tous les sens, cette tête de pioche d'escargote se dit qu'il y a bien un moyen de ne pas déclarer forfait: s'inscrire dans la catégorie "Walking", puisque cette course est aussi ouverte aux marcheurs et aux marcheuses.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le dimanche 02 octobre, le train s'ébranle 06h45 pour rejoindre le lieu départ, Morat (CH)... car les marcheurs, ces... escargots, partent deux heures trente avant l'élite des coureurs, sur le même parcours. Dans le bloc de départ, je rejoins des amies, adeptes du nordic walking, qui m'expliquent que "ce qui est chiant, c'est qu'à la fin, on se fait rejoindre et dépasser par les Kénians." Tiens, et si je décidais que mon objectif, ce sera d'arriver avant l'élite?
Le signal du départ retentit. Je me sens toute nue avec mes deux bras pour balancier, dans cette forêt de bâtons! Rapidement, je constate que 90%-95% des participant-e-s les traînent derrière eux comme deux espèces d'excroissances inutiles, et que rares sont les nordic walkers qui les utilisent vraiment à bon escient. Il faut dire que la marche, ça va tellement lentement, qu'une des seules distraction est de regarder le paysage et les autres concurrents.
Escargote crache ses poumons, se mouche, mais avance d'un bon pas – au fait, quelle allure adopter quand on n'a jamais fait de walking ? J'en sais rien, alors j'avance. Mais qu'il se fait attendre ce premier kilomètre! A se demander comment on peut avoir l'idée d'en marcher 17,1 sur du bitume. D'habitude, je suis plutôt un escargot de montagne...
Sur les bords de la route, dans les contours, massés dans les villages, malgré l'heure matinale et le côté peu spectaculaire de la marche à pied, des spectateurs de tous âges sont massés et prodiguent avec chaleur et générosité leurs encouragements aux sportifs qui défilent, les interpellant par les prénoms qu'ils lisent sur les dossards. « Vas-y Jean-Paul, Allez Eliane ! »
Peu après le 5e km, une nana en rose, lancée à toute biture, me dépasse. Elle aussi sans bâtons. « Eh ben, vous tenez la forme vous ! », je lance. Elle éclate de rire, répond, et on entame une conversation à bâtons rompus. Peu après, nous sommes rejoints par un papy en forme olympique, à ceci près qu'il a dû renoncer à courir pour cause de sciatique. On papote, on dépasse, on rigole... Quelle équipe !
Au 12e km, je n'en reviens pas d'y être déjà. Plus que 5 et ce sera Fribourg. La fille en rose me sert de « lièvre » : je croche dans sa roue et je n'ai plus qu'à suivre. Je décrocherai peu après la montée de la Sonnaz, dans la descente, me disant que je veux jouer le jeu du walking jusqu'au bout : malgré les muscles de mes jambes tendus à craquer, je m'interdis de courir dans la descente tandis que je vois mes deux lièvres s'envoler.
Ah cette célèbre montée de la Sonnaz, la ferveur populaire, les noms des favoris inscrits sur bitume : pour un peu on se croirait au Tour de France !
Dans la quelque centaine de mètres avant la ligne d'arrivée, je me demande ce que ça fait de gravir cette dernière montée à la course, lorsqu'on en a déjà plein les baskets. Je verrai l'année prochaine. Pour l'instant je savoure mon « exploit » personnel en franchissant la ligne, radieuse: j'ai parcouru la distance en 2 heures, 15 minutes et des poussières – pas mal pour une malade. Un soleil éclatant baigne Fribourg. C'est la fête, on se congratule... Quelle joie d'être là!
Un bon quart d'heure plus tard arrive l'élite des coureurs, et le vainqueur franchit la ligne d'arrivée. J'admire son exploit, mais mon héros du jour est un autre athlète dont je ne connais même pas le prénom. Un jeune homme en très fort surpoids, effectuant le court parcours en nordic walking. Je le félicite lorsqu'il me dépasse, dans une longue ligne droite au plat. Et lui de me lancer : « Ouais mais dès que ça monte, c'est une autre affaire ». N'empêche que, si j'avais eu le même physique que lui, je ne sais pas si j'aurais osé m'aligner. Chapeau bas.
P.S. Le lendemain, je découvre qu'on peut avoir des courbatures aux hanches:-)