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sept. 17
2011
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12 semaines d’entraînement et ça y est je l’ai fini !!!
J’avoue avoir eu de nombreux doutes pendant cette préparation, notamment concernant mon mental et ma capacité à « vouloir me faire mal ». Coté physique, j’ai toujours pensé qu’en adaptant progressivement mon corps à l’effort, en tenant compte d’une bonne hygiène de vie, j’étais capable de me surpasser.
Mon objectif ultime en m’inscrivant sur le tri de Royan était, non pas de faire une performance, mais de finir cet half en de bonnes conditions !!!
La genèse :
Il y a 1 an jour pour jour après avoir enchaîné plusieurs courses à pied, 1 raid, et 3 triathlons découverte, je me lançais sur mon 1er sprint à Villeveque et 1 semaine après sur le 2ème à Royan.
Quand j’ai appris que Royan allait devenir un long j’ai immédiatement eu envie de participer, le but étant de partager cette fête avec le Triat’Club Royannais (référence en matière de triathlon longue distance) et de voir jusqu’à quel point je pouvais pousser mes limites (et j’allais être servie).
Et puis, il y avait une « cerise sur le gâteau » : le triathlon était programmé le 10 septembre, et notre anniversaire de mariage le 9 : en voici un cadeau tout trouvé !!.
Mariage le 09 09 2000
Me voilà ainsi inscrite et hyper fière de l’être.
Je vais entamer la prépa toute seule et enchaîner les cyclosportives, les courses à pied sur la pause déjeuner, les séances de natation à 7heure du mat et les triathlons, le tout bien cadré dans un plan bien établi (merci Franck) et correspondant à mon niveau entrainement. Je vais suivre quasiment ce plan à la lettre ( il juste décalé d’une semaine à cause de l’IronMan de monsieur) comme l’élève appliquée que je suis, et n’avoir qu’un objectif LE TRIATHLONG DE ROYAN, au point d’en faire mon mot de passe sur mon ordi au boulot (cherchez pas à pirater, il a changé) !!!!
Les doutes
Les doutes vont arriver assez rapidement notamment après la reconnaissance organisée par le Triat’Club royannais : « vais-je avoir envie de me faire mal ? », « suis-je vraiment faite pour ce type d’effort ?»…. et j’en passe !!
Sur ce point, je remercie vivement Virginie (Triathlon Club Nantais) qui m’a fait prendre conscience que j’allais en baver, que ça allait être dur, mais que cette course j’allais la finir au mental (elle ne croyait pas si bien dire). Ces mots m’ont souvent trotté dans la tête….
Gaellou et Nathou ont souvent été là aussi
http://www.youtube.com/watch?v=BzE1mX4Px0I&feature=player_embedded#!
Et puis il y a eu ma copine Laurence qui m'a soutenue au quotidien, les CAFeuses et enfin, la main tendue d’Estelle (Team Charente Triathlon) lors de la CAP sur cette reco, m’a fait prendre conscience que je ne serai pas seule sur cette épreuve, mais entourée de près ou de loin par des amis.
1 semaine avant, les filles à Gerardmer !!
Le D-Day :

Le 10 septembre, c’est la flippe totale quand je vois le plateau, je me demande ce que je fais là.
Je suis entourée de plein de grigris (cadeaux de Tony, Gaelle, Cécile …)
Le départ se passera dans la précipitation : je montre mes lunettes à Virginie, je papote et hop je vois les triathlètes partir en courant … je n’ai pas entendu le signal et je suis à la ramasse : ça commence bien !!!
Natation – 1,9 km :
La mer est calme et les premiers 800 mètres se passent bien, je suis dans mon petit rythme. Au regard de mes temps, je compte 44 min (le chrono est enregistré à la sortie du parc) et au pire 50 min.

Il faut savoir qu’avec mon petit niveau, j’ai tout calculé afin de m’assurer une course sereine et surtout afin de passer les cut-off (élimination si on est hors délai).
Et là, dans l’eau entre les deux bouées de 800 et 1000m, je me retrouve dans un banc de méduses. Un kayakiste me crie de me déporter à gauche mais trop tard : je les touche, je les vois, j’ai l’impression qu’il y en a partout et, réflexe de fille, je cris, et fonce sur un kayac violet auquel je m’accroche. Je manque de faire chavirer la demoiselle et dans la panique, je remonte mes jambes dessous de l’embarcation afin de faire ressortir mes pieds hors de l’eau de l'autre coté et là boum, tellement tétanisée, 1ère méga crampe au mollet droit !!
Je serre les dents et, malgré la douleur et la panique, je repars. Les kayakistes me disent de faire attention, il y en a plein autour de la bouée… « Euh, en fait, je ne veux pas aller à la bouée… » mais pas le choix, me voici donc partie en crawl-polo (la tête hors de l’eau les bras en crawl), et hop re-méduses, donc je re-cris et je re-fonce sur le kayac violet … et re-crampe au mollet droit ! Tout cela recommencera plusieurs fois !!

Et là, je ressens un sentiment mêlant haine et désespoir : cela fait 12 semaines que je m’entraîne, et je sais que je suis en train de perdre du temps, ce qui signifie perdre la partie… Je vis très mal ce moment mais je sais que si je ne veux pas aggraver la situation, il faut que j’arrête de paniquer et ainsi de tétaniser mes muscles.
Je vais repartir en crawl en sentant la grosse contracture du mollet droit et en pleurant (et oui, je suis une vraie fille)… je n’avais jamais pleuré en nageant avec des lunettes natation, et c’est une grande première : à chaque fois que je sors ma tête sur le coté, je reprends ma respiration et je pleure. La pauvre kayakiste qui me suis désormais (et oui, comme une VIP j’ai une accompagnatrice pour moi toute seule) m’encourage du mieux qu’elle peut mais c’est une sérieuse claque dans mon timing déjà très serré.
Je ressors de l’eau, remercie vivement la kayakiste, et là toute la famille Robin m’attend, mon pote Ludo prend en main la 1ère phase du coaching : « tu respires, tu te calmes, respires ». Ma copine Laetitia va entamer une deuxième phase d’aide en m’indiquant que le pédiluve glisse et ainsi m’éviter une chute.
Je me change à toute allure alors que Marie et Yannick font la 3ème phase du coaching en m’encourageant et en me boostant !!!
Ce ne sera que le début d’un supporting intense par tous les amis, auxquels je dis déjà : MERCI vous m’avez portée, et oui la SOLIDARITE n’est pas un vain mot !!
Le temps à la sortie est de 57 min, soit bien loin de ce qui était prévu.
Vélo – 93 km :
Je connais le parcours, et il est loin d’être facile. Les premiers kilomètres se déroulent en front mer jusqu’à Saint Georges de Didonne puis il faut enchaîner les 3 bosses de Meschers jusqu’à Talmont (env 15 km) puis retour. Il y a 3 boucles (soit 18 fois les bosses et le vent ). Le parcours est génial mais assez usant physiquement.

A mon petit niveau j’adopte la technique de rouler moins vite que sur les cyclosportives auxquelles j’ai participé et ainsi j’en garde « sous la pédale » en CAP. Le hic, c’est qu’avec mon temps calamiteux à la natation, il faut que je roule assez vite pour récupérer le temps perdu car je dois poser le vélo à 19h15 sinon, c’est mort !! Donc ce qui signifie une CAP moins bien que prévue …
Le 1er tour se passe plutôt bien, je croise les triathlètes du club, de Saintes, Cognac, Tug et bien sur Tony … on s’encourage et je suis hyper heureuse de partager ces moments !! Au deuxième tour, je suis boostée par un grand Stephane Garcia qui demandera au public de m’ovationner et qui lancera au micro : « tu vas le finir, tu vas y arriver ».
Je repars gonflée à bloc mais mon compagnon d’entraînement, le vent, s’est levé. Dans un sens ça va super bien, c’est même limite grisant, mais dans l’autre je ralentis dangereusement. J’ai beaucoup de mal à me mettre en danseuse à cause de ma contracture au mollet et le parcours est usant.
Je vois un garçon abandonner devant moi et je me dis que je ferais peut-être bien d’en faire autant … et puis les bosses reviennent, ça va vite dans les descentes, beaucoup moins vite dans les cotes. Le public et les bénévoles sont là à coup de « Vas y ma petite » !!
Alors que j’avance vers des pompiers, je m’interroge sur mon avenir dans sur la course, et allez savoir pourquoi, la chanson de Sacha Distel "L'incendie à Rio" avec son refrain "Mais où sont passés les tuyaux" me vient en tête.
http://www.youtube.com/watch?v=54vltfTFSoI&feature=related
Étrange, mais quoiqu’il en soit cet air me fait repartir mentalement et je ne pense plus à l’abandon.
Je m’alimente régulièrement :
- une mini pomme de terre,
- de l’eau (j’ai opté pour mon Camelback de VTT)
- de la sportenine contre les crampes
- de l’eau
- un bout de Mulebar
- de la boisson Nutratlétique…. je recommande d'ailleurs tout particulièrement ces produits. J'ai suivi le protocole suivant : boisson d'attente avant l'effort, puis 1 stick de boisson aux agrumes dans un bidon par heure (perso j'ai pris un grand bidon). L'avantage, c'est que le boisson n'est pas trop sucrée en gout et qu'elle contient de la curcumine et des BCAA. Elle évite de prendre des gels tout "sucrayou". Ensuite j'ai attaqué la boisson de récup (gout salé) et enfin ds la 1/2 heure qui a suivi la fin de l'effort, le Nutragainer à la banana (j'adore). Aucun pb gastrique !!!

Comme prévu, je suis rattrapée par les 1ers et notamment par Lionel ROYE qui très gentiment m’encouragera, comme quoi on peut être un sportif de haut niveau et continuer à encourager les « petits ».
Arrivée dans le parc, c’est la totale speed : je dois être sortie à 19h15 et il doit être 19h13 donc j’ôte mes chaussures de vélo et enfile mes baskets à vitesse grand-V. Au regard du chrono, je suis passée à 5 secondes près de la coupure temps, les autres derrière moi étant éliminés.
CAP :
2 boucles
1 boucle
Le 1er tour se passe super bien, je croise les copains, les copines, je suis bien. Je me suis fixée 2h30 pour ce 1er semi. Je fais la 1ère boucle en 8,9 km/h avec les descentes dans les criques, le sable, la montée du blokhauss. Je suis SUPER BIEN. De plus, j’ai désormais un accompagnant personnel, Arthur, alias le « vélo balai » qui va m’accompagner jusqu’à la fin.
J’ai de la chance car ce garçon est très gentil et poli … et il va me supporter pendant plus de 2 heures.
Mais, car il y a toujours un « mais » avec moi, alors que nous évoluons, un monsieur en VTT nous indique que je suis hors délai et donc out !! Gros coup au moral, et la douleur que j’avais occultée rejaillit : j’ai mal dans les descentes, dans les cotes. A quoi bon courir !! Alors je marche et je fais tout un speach à Arthur (le pauvre) en lui disant que je suis fière de moi que c’est déjà bien … Mais selon lui, c’est une erreur, ce n’est pas fini, on m’attend.
J’ai du mal à me remettre dans la course et quand je vois une voiture de police au loin, je pense qu’ils sont venus me chercher (ce qui fera rire Arthur) … mais non, ils m’encouragent et je comprends alors qu’il faut recourir, qu’il a surement raison, que ce n’est pas perdu mais que par contre, j’ai perdu beaucoup de temps.
C’est alors que Tony avec David me rejoignent au 5ème kilomètre avant la ligne et me boostent. Ça me tire dans la jambe, j’ai mal, j’ai soif et le ravito est à 2,5 km … donc je cours par pallier et Tony m’accompagne. Il a des « étoiles dans les yeux », il est fier de moi. De mon coté, le cerveau est déconnecté depuis un bout de temps, et je ne comprends même pas que c’est moi que l’on attend.
Du coté du public, l’attente fait monter la pression, l’émotion, et les encouragements fleurissent de tous les cotés !!!

Le retour sera plus rapide.Je rattrape au fur et mesure des garçons de la région bordelaise qui alternent marche et course. Je les ai en ligne de mire. Ils seront arrêtés juste avant la ligne pour que je les rejoigne. Nous passerons la ligne main dans la main sous les ovations du public encouragé par Stephane Garcia avec les pompom girls, le feu d’artifice.
En fait, je ne vois rien de tout cela, je vois juste les visages des amis qui m’ont soutenus : Estelle, puis Marie, Virginie, Laetitia, Cédric …. je les serre tous, parce que même si ça peut sembler idiot c’est un rêve qui se réalise et je suis tellement heureuse de partager ça avec des gens que j’aime et que je respecte !! Je pleure de joie, mais pas trop, car les étreintes sont si fortes que j’ai même du mal à respirer !!! Il me faut alors quelques minutes pour réaliser que j’ai réussi à finir mon 1er half et que c’est une énorme victoire.
L'arrivée dans les bras d'Estelle(Team Charente Tri)
Me reviennent encore en tête les images de tous mes amis avec les yeux rougis par l’émotion, et les lumières, le bruit et ce sentiment de bien être comme si j’étais dans une bulle.
J’aimerais tous vous citer pour vous remercier, mais la liste serait trop longue et je risquerais d’en oublier. Alors tout simplement merci à celles et ceux qui m’ont supportée (dans tous les sens du terme), merci à La Rochelle Triathlon et merci d’avoir organisé une si belle épreuve (le Triath’Club Royannais est vraiment un club porteur de belles valeurs).
http://www.youtube.com/watch?v=r4p8qxGbpOk
En conclusion :
Le Triathlong de la Cote de Beauté est une jeune et belle épreuve qui deviendra grande et encore plus belle dans les années à venir et je suis fière d’avoir participé et fini la 1ère édition.
Les + :
- c’est une épreuve de qualité organisée par une équipe de pros du longue distance.
- le show est bien assuré par les triathlètes présents mais aussi par le fantastique Stephane Garcia
- le parcours est exigent mais magnifique.
Le - :
Les améliorations à apporter pour moi devraient concerner les ravitaillements : trop éloignés à mon goût en CAP mais par contre bien achalandés en variété (fruits frais, secs, gâteaux salés sucrés ….) et en quantité. Le gros plus, même quand on est la dernière à passer, il en RESTE !!!! (Bon en fait c'est même pas un -)
Sur ma prestation :
Bon, c’est pas hyper glorieux mais en 1 an de triathlon :
- je suis définitivement capable d’enchaîner les 3 sports
- j’ai gagné en endurance
- je doutais de ma volonté « à me faire mal », force est de constater que je n’ai pas de doute à avoir : j’aime me dépasser
- j’adore le triathlon, les triathlètes, l’ambiance …
Les points à améliorer :
- la vitesse dans les trois sports mais surtout en CAP
- la gestion du stress
Sur le triathlon :
C’est un sport individuel mais collectif, où les athlètes sont solidaires de leurs concurrents. J’ai trouvé ma voie, j'ai trouvé ma petite place dans mon club et si vous voyez une petite tortue bleue et blanche sur les tris, n’hésitez pas à m’encourager, ça sera moi !!!
530 au départ et je suis 444 à l'arrivée.
n°509 Anne LA ROCHELL 07:38:14 17SE F 00:57:35 455 00:03:01 03:47:20 440 24,54 00:02:26 02:53:17 442 7,10 00:08:27
Nos 11 ans de mariage étaient top, qu’est-ce qu’on va faire pour les 12 …. (devinez ??)

Un petit article :
http://www.triathlon.sports17.fr/actualite-1438-les-rochelaises-a-l-avant-et-a-l-arriere.html
Parce que c'est le Président qui en parle le mieux :
http://www.itc-charentes.com/Triath-Long-Cote-de-Beaute-2011-a-Royan_v85.html
Commentaires (38)
Par Twister, septembre 17, 2011
Par Barbie, septembre 17, 2011
Par Lauliana, septembre 17, 2011
Par Sof, septembre 16, 2011

Par Twister, septembre 16, 2011
Par lapuce92, septembre 16, 2011
Quant aux méduses, j'en ai des frissons rien qu'à te lire, BRR!!
un énorme bravo, tu m'as vraiment fait rêver avec ton CR!!Par Nathou, septembre 16, 2011

. Je t'embrasse


Par Aurélie77, septembre 16, 2011
Par darkmoon, septembre 16, 2011
Par Bibiche, septembre 16, 2011

Par MumuFromParis, septembre 16, 2011
Par Tati, septembre 16, 2011
tu t'entraînes combien d'heures par semaine? Un énorme bravo à toi! ce sera avec un grand plaisir de te rencontrer à la Rochelle
Vous êtes magnifiques tous les deux sur la photo du mariage! Bon anniversaire à tous les deux!Par Niña, septembre 16, 2011
Par Schotsala, septembre 16, 2011

Par isa13, septembre 16, 2011
Par rohini, septembre 16, 2011
Par Yevon, septembre 16, 2011
Par Stella, septembre 15, 2011

Par Béa54, septembre 15, 2011
Par chifou, septembre 15, 2011
Par trirunneuse, septembre 15, 2011
Par missmarpel, septembre 15, 2011
Par aly, septembre 15, 2011
Par marcelle, septembre 15, 2011
Par forrest, septembre 15, 2011
Par swimlena, septembre 15, 2011
Par fanny48, septembre 15, 2011
Par Heidi, septembre 15, 2011

Par gaellou, septembre 15, 2011
Par gilles75, septembre 15, 2011
Tu as d'autant plus de mérite. Ton exploit m'inspire pour le 24 septembre 
Par Twister, septembre 15, 2011

Par babou, septembre 15, 2011
Par coco puce, septembre 15, 2011

Par latortue, septembre 15, 2011
...
Par yanne, septembre 15, 2011

Par ushaya17, septembre 21, 2011
je suis sans mot ... c'est incroyable ce que tu as fait !!! je suis fiere de toi petite tortue qui deviendra grande !!!
encore mille fois bravo, Anne.

