Si tu ne connais pas l'échec, comment pourrais-tu connaître le succès ?
Écrit par admin Mardi, 07 Juillet 2009 22:18
Cette phrase a écrite par Andy Wachowski pour le film "Matrix".
L’édito de ce mois-ci m’a été inspiré d’un dossier paru dans le dernier Ultrafondus. Il se trouve qu’entre le moment où j’ai décidé d’aborder ce sujet oh combien épineux, j’ai appris que Ma tortue avait abandonné sur le marathon de Zermatt. Cela devenait du coup un sujet d’actualité. Comme souvent avec ce type de sujet, il y a la théorie et la pratique. La théorie : j’ai toujours dit que si un jour le cœur n’y était plus, que si la douleur était présente gâchant la fête, que si la météo n’était pas au rendez vous, j’abandonnerai dans la seconde. La pratique d’un sport doit rester une source de plaisir avant tout.
La pratique maintenant…
- Marathon de Sénart : j’ai mal à la cheville, je finis en plus de 4h30 mais je finis…
- Marathon du Mont Saint Michel : des trombes d’eau, je prends le départ en « maillot de bain » alors que j’avais une chambre superbe qui me tendait les bras et je finis avec un Ken désespéré d’avoir attendu sa cinglée de femme sur un parking pendant 3h…
- Trans’aq : mélange de tout avec étape sous la pluie, cheville par moment douloureuse et pour compléter le tableau des jours où on aurait pu me suivre à la trace tellement je me vidais de mon sang, pourtant je finis…
Alors ? Bon déjà cela veut dire que je ne suis pas une fille de parole puisque je fais exactement l’inverse de ce que je proclame haut et fort ! Mais au fond qu’est ce que tout cela veut dire ? Ok je sais que je suis têtue comme une mule mais cela n’explique pas tout quand même. Je le dis souvent, je ne comprends pas « l’abandon grande gueule ». C’est le petit nom charmant que je donne à cette attitude qui me dépasse je dois bien l’avouer (je ne vais pas me faire des amis mais j’ai l’habitude !!!) qui consiste à abandonner lorsque l’on voit qu’on ne pourra pas faire le temps qu’on s’était fixé. Je ne vais pas gagner alors j’arrête tout et je vais bouder dans mon coin en invoquant le vent, les nuages, la tarte de grand-mère de la veille, bref tout et n’importe quoi… ça oui j’avoue je ne comprends pas. Il y a des choses quand même plus graves dans la vie que de ne pas mettre le temps qu’on s’était fixé. Pour un champion du monde dont la carrière dépend de cette course, peut être… Et encore !
Après tout une course n’est finie qu’au moment où l’on passe la ligne. Je me souviens d’un 100 km où le second est passé premier au 99km lorsque celui qui aurait du gagner s’est écroulé (Fred et Brinouille y étaient, ils pourront vous le raconter).Il y a surtout le coup de moins bien. Je sais de quoi je parle, je l’ai vécu sur la Trans’aq. Alors que je courais avec Crystel (enfin à ce moment là nous marchions pour être très honnête !), je l’ai vu s’éloigner irrémédiablement. J’étais incapable de la suivre… Je me suis prétextée à moi-même une envie de faire pipi pour aller me planquer dans les broussailles. En fait j’avais juste envie de me planquer.
Mêmes sensations que sur la Saintelyon : mais qu’est ce que je foutais là ??? Si j’avais pu abandonner facilement, si quelqu’un était passé en voiture et m’avait dit : « allez viens je te ramène », je sais que j’aurais pu monter avec lui et fuir loin, loin… Mais voilà j’étais perdue au milieu des Landes et il fallait bien repartir. J’ai repris le chemin toute seule, avec des images qui m’ont rappelé Puerto Montt, personne devant, personne derrière, moi seule au monde. Et j’ai avancé… mètre après mètre en pensant aux paroles de Ken : « si tu veux que je vienne te chercher, appelle moi je viens tout de suite ». Oui mais voilà moi je suis Barbie et mon mari ce n’est pas GI Joe avec son hélicoptère super sonique. Je l’entendais dans ma tête : « t’es folle ma pauv fille ! Mais tu vas aller jusqu’où comme ça ? Et puis ne vas pas te plaindre, tu n’étais pas obligée d’y aller ! ». Finalement j’entends un « tu es sure que ça va ? » derrière moi. Un coureur vient d’arriver à ma hauteur et mon titubage l’inquiète. Nous repartons ensemble, nous marchons tranquillement et finalement je ne sais toujours pas comment je vais même réussir à recourir. Je vais finir l’étape en courant sur la plage avec le sourire. Et dire que quelques heures avant je voulais tout quitter.
Qu’est ce qui nous fait abandonner ? Je ne parle pas des cas de blessure bien sur où là la réponse est toute trouvée. Non, je parle de cette décision si difficile à prendre parce que c’est le mental qui est touché, pas les muscles… Je ne peux pas parler au nom de la Tortue mais peut être que si une personne était passée et lui avait dit : « viens avec moi » elle aurait fini son marathon. C’est donc souvent non pas son mental qui compte mais le mental de ceux qui nous entourent, de la petite phrase qui nous fait repartir.
Autre anecdote pour illustrer mon propos : pour le marathon du Mont Blanc justement, je tombe nez à nez avec un ami coureur nettement meilleur que moi mais ça ce n’est pas un exploit non plus. Il est là assis sur son rocher à se demander ce qu’il fout là. Je m’arrête et discute 2 secondes avec lui et je lui sors la phrase qui tue : « tu ne vas pas rester là alors que Barbie, une blonde, te dépasse quand même ? ». Son orgueil de mâle va le faire repartir, il va aller jusqu’au ravitaillement suivant avec moi et là après quelques minutes avec les siens qui étaient montés là pour le voir il va repartir et finir. De son propre aveu, il envisageait de jeter l’éponge au moment où je suis passée.
Mais après tout, quelle importance ? Est-ce vraiment grave de ne pas finir ? Bien sur que non, ce n’est qu’une course. Alors pourquoi je n’arrive pas à me dire que je peux abandonner. Je ne m’autorise pas cela, ce qui est, je le sais totalement stupide. Je cherche en augmentant les distances mes limites, ce moment où mon corps, mon esprit dira « stop maintenant, ça suffit ton cirque » et pour l’instant je ne le trouve pas. Bon d’un autre côté, je ne suis pas folle : je ne me fixe pas non plus comme objectif un marathon en 2h45 ou une course au fin fond de l’Himalaya avec comme seuls points de repère le soleil et les étoiles…Et vous ? L’abandon, vous en pensez quoi ? Est-ce que vous l’avez déjà vécu ? Comment l’avez géré ? Qu’est ce qui a guidé votre choix ?
Barbie bien curieuse aujourd’hui.

Par jen, août 09, 2009
j'avoue que ma hantise actuelle serait que je doive abandonner lors de mon 1er marathon, je pars dans l'idée que si j'ai vraiment besoin de marcher à un moment, je le ferai, mais je veux le finir à tout prix !
Besoin d'être fière de moi, besoin que les autres soient fières de moi aussi, et besoin de réaliser un truc un peu "hors du commun".....
Par Dragibus, août 09, 2009
Par steph95, août 08, 2009
a Lyon sur le marathon a cause de crampes , a partir du 25iem km et au 33iem j'avais l'impresssion d'avoir 2 jambes de bois , le pire c'est que j'ai arreté dans le parc de la tête d'or la ou je m'entrainnais
et Sur l'utra de la 6000d il y a quinze jours ou je suis aller au bout de mes forces , voir Cr..cela fais mal d'arreter , mais en aucun cas j'abandonnerais une course par ce que ,je sens que je vais faire un mauvais chrono.
Par cifette34, août 07, 2009
Par Laurent..., juillet 26, 2009
Je suis tombé tout a fait par hasard sur ton article et je le trouve extraordinaire de réalité. Tout comme toi j'ai toujours repoussé l'abandon. J'y ai été confronté pour la première fois il y a un mois sur le grand raid du morbihan et j'en ai énormément souffert jusqu'à une volte-face innatendue. Bravo a vous les filles d'être autant courageuses que certains hommes voire même plus dans certains cas...
http://laurentreynes.spaces.live.com/
LAURENT !!!!!!!!! Par brinouille, juillet 22, 2009
Par maratholiv, juillet 18, 2009
). Mais vois-tu PARIS 2008 je l'ai franchi cette maudite ligne d'arrivée, et pourtant j'ai tout abandonné au 27ème km, j'en ai encore mal au ventre rien que d'y repenser: on peut finir une course, et pourtant tout abandonner.
Par LN LA TORTUE, juillet 15, 2009
Je viens de lire un CR vraiment intéressant justement sur un raideur qui a choisi d'abandonner à 30 km de l'arrivée après quelques 140 km de courses ...
je vous donne l'adresse et vous souhaite bonne lecture ! article passionnant, émouvant !
http://coach-charlie.blogspot.com
Par Iris, juillet 12, 2009
Cependant le dépassement de l'idée même de l'abandon c'est ce u me motive en CAP.
Se dire "non mais je n'en peux plus...." puis "Je ne suis pas venue pour abandonner mais poru la finir cette course".
J'aime cette intensité.
(ce ma rappelle les accouchements sauf que la abondon = pas possible)
Aider les autres , biensur quand on vous lit on sent l'intensité de l'évènement , on doit se montrer vulnérable ...
Par Regina, juillet 11, 2009
Par sophi, juillet 10, 2009
Par Tati, juillet 10, 2009
Par Heidi, juillet 10, 2009
Quant à encourager les autres, pfff on m'y reprendra tiens!!!
Marathon, reste un peu plus de 3 km,
un type me dit: - Tu crois qu'on y arrive en moins de 4h? (on est à 3h45)
Moi: - Pas moi, je n'arrive plus à courir à 12km/h (quelle lucidité!) pour moi ce sera 4h05-4h10, mais toi si tu en as sous la pédale, c'est le moment de lâcher les chevaux...
Et il allonge la foulée...
A l'arrivée (4h01 pour moi), le type tout sourire vient m'embrasser et me dit:
-Merci! merci! sans toi je ne serais pas passé sous les 4h (il a fait 3h59 et des poussières)...
-Hin hin hin... mais bravo je suis ravie pour toi...quel con oui!
Heidi
Par lolonux, juillet 09, 2009
Par yanne, juillet 09, 2009
Par isa76, juillet 09, 2009
Par MariO, juillet 08, 2009
J'ai retenu deux choses de cette expérience: déjà j'étais fière de moi d'avoir su décider d'un arrêt et ensuite j'ai réalisé que finalement rien n'était perdu, souvent on peut tout de même récupérer...
Sèv m'avait déjà fait une démonstration à Annecy du genre "je suis têtue, je m'accroche" et sa joie à la fin était bien proportionnelle à la douleur de ses crampes!!!
Je pense que notre attitude devant cette décision d'abandon ou pas est tout à fait liée à notre personnalité. A l'inverse, la CAP forge un caractère et je me sens beaucoup plus résistante, plus endurante pour beaucoup de choses dans la vie.
Par babou, juillet 08, 2009
Quant à savoir s'il faut pousser ceux qui sont en difficulté sur les courses, c'est assez difficile à dire. Il m'est déjà arrivé d'encourager un type qui souffrait et qui marchait, mais pas par la parole, simplement une main sur l'épaule en passant et un sourire... le type est reparti en courant... et il a fini ! peut-être aurait il abandonné, peut-être pas ?
Finalement, de cette réflexion, je me dis que l'essentiel est de se surpasser, de se faire plaisir (même dans la souffrance), mais en ayant toujours en tête que la CAP doit être et rester un sport "bien-être" !
Par lou2009, juillet 08, 2009
Rien à voir mais presque, quand j'étais en terminale, notre prof principal, nous demande "qui pense avoir son BAC ?", et moi avec mon éternel grande gueule je lui répond "moi monsieur !", et là il me dit "mais si vous vous l'avez TOUTE la classe peut l'avoir !" (j'ai passé mon année à faire la fête) . Ma fierté a répondu "ah ouais, rien que pour ça je l'aurais !!!". Je l'ai eu et avec mention, je me suis enfermée pdt 2 mois aussi ... Tout ça pour dire qu'avec de la volonté on peut aller loin ...5 km, 10km, .... 100KM ...
Par Bibiche, juillet 08, 2009
Comme toi Barbie je ne supporte pas les abandons prétexte parce que l'objectif chronométrique ne sera pas atteint.
Comme Pconvert, j'ai souvent couru en souffrant le martyr, athènes avec le sciatique électrique sur 42 km, mon trail des côteaux du Tarn l'an dernier avec une contracture terrible au mollet (qui m'a valu d'arriver dernière!
mais si je ne passais pas la ligne, je repartais sans la bouteille de Gaillac pour mon chéri). Mon seul abandon a été sur un premier marathon au 37ème km, terrassée par des crampes d'estomac insupportables (à cause d'une intoxication au vitrifiant passé la veille)... je me serais cachée dans un trou de souris!
Je pars toujours pour finir, maintenant je sais que mes sciatiques dictent le rythme mais je veux profiter de toute ma course, ridicule peut-être parfois, mais quand on est tétue comme une mule!
Par Sév, juillet 07, 2009
Sûrement que y'a un moment ou on en peux vraiment plus, ou on prend de la distance mais c'est aussi un état d'esprit.
En dehors de la course à pied j'aime me lancer des défis dans la vie, je me suis dis que si mon défi actuel était en deçà de mes espérances j'arrêtai et reprenais ma vie d'avant.Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais et pourtant je persiste, en espérant un futur meilleur parce que je sens que le mot échec n'a pas envie de faire parti de mon vocabulaire et que je crois en l'avenir...Ai je raison ? Ai je tord ?En tout cas c'est difficile je pense de savoir qui de la blessure ou de l'échec ressenti fera le plus mal...
Je remarque aussi que les abandons racontés au dessus sont arrivé après de multiples courses, l'abandon serait il une marque de sagesse ??
Par gaellou, juillet 07, 2009
Lors de mon 10km en juin, un homme marchait a 500 m de la fin, je lui ai dit : "we're almost there" et il est reparti. Seulement, il faisait chaud, c'etait une armoire a glace et sur cette course, un de nos amis a fait un malaise... On ne peut pas se mettre a la place de la personne... je me demande si j'ai le "droit" de lui dire : "allez, on y est presque", ca reste une decision tres personnelle. Peut-etre que la personne prefere terminer comme ca et qu'elle va prendre l'encouragement sous un jour different qu'escompte... Bref, tout cela est encore nouveau pour moi. J'espere que je trouverai un jour mes reponses.
Par clarkii, juillet 07, 2009
j'y repenserai...
N'ayant qu'une expérience limitée en CAP (semi-marathon max), je ne peux répondre aux questions posées avec profondeur.
Néanmoins, je suis assez d'accord avec le fait que la décision d'abandonner ne tient pas à grand chose, et que la petite impulsion qui arrive au bon moment peut faire repartir la machine...
Par latortue, juillet 07, 2009
Pourquoi ai-je abandonner à Zermatt ?
Tout d'abord, j'ai adoré les 26 premiers Kilométres, sur un parcours montant, descendant, routes, sentiers, passages dans de petits hameaux,... Puis, ça a commencé à grimper pas mal et surtout trés longtemps. Donc j' alterne marche -course - marche - course, puis de plus en plus de marche. Et là, j'ai perdu l'envie de continuer, ça ne m'intéressait plus. Je n'étais pas capable de franchir la ligne d'arriver en courant, j'avais peur de devoir marcher les 10 kms restants, et ça devenait la galére.
Donc, pour moi, la solution était d'arrêter là (aprés une belle sortie d'une trentaine de kilométres, tout de même), de réfléchir, de penser à mon prochain entraînement de façon à ce que la prochaine fois, ça passe.
Donc, je reste positive, je n'abandonne pas, je vais persévérer, mieux m'entraîner....
Je pense que le fait d'avoir couru 34 marathons me pousse, également, à moins attacher d'importance , si dans le lot, j'en loupe un. Pas grave, je pense déjà au suivant !
Ceci dit, il ne faut pas abandonner à la 1ére difficulté. Je souffre de la cheville trés souvent, je serre les dents et je continue. J'ai couru le Marathon du Mont-Blanc, le Goofy-Challenge, des trails de 8 h à crapahuter dans l'Estérel, sans la moindre pensée d'abandon.
30° sur marathon, je cours, mais je n'hésiterai absolument pas à abandonner, et sans regret, si je souffre trop.
J'adore la CAP, me dépasser, mais c'est un sport, un loisir que je partage avec Pconvert, et qui, je l'espére m'apportera encore longtemps beaucoup de bonheur.
Par pconvert, juillet 07, 2009
et puis, au marathon d' Ajaccio je me suis arrêté au semi , sans le moindre état d'âme , bien content d'avoir pu accompagner matortue sur le semi (elle était inscrite sur le semi et moi le marathon , et je relevais de blessure )
pourquoi ce premier abandon pour moi ?
parce que j'ai pris de la distance , et que cela aurait été le 45 iem ...
parce que (et c'est important) le semi repassait par la ligne d'arrivée (comme latortue au marathon de Vienne )
parce que , à la N ieme blessure , on n'a plus envie que ça recommence : arrêt/déprime/traitement/reprise dure .... etc
parce qu'on se rend compte que , finalement , le plaisir (même dans la douleur) est incompatible avec la notion de "galère chiante" ... pour moi : il faut que ça reste du bonheur (et ça , c'est dans la tête !!!! ) le jour ou je me ferais chi...r sur une course , je sortirai ... (enfin , je crois )
parce que , avec l'expérience ,l' âge, la raison , la confiance en soi .. on a moins besoin de prouver des choses aux autres , mais juste à soi même (si il en est besoin ?...) et que souvent , on fait des choses pour la galerie , et pas par désir pur .(ça , c 'est le danger de la médiatisation du Net )
il est plus important , pour moi , de réaliser une épreuve dans les règles (comme sur ce marathon de zermatt) que le résultat (passer une ligne d'arrivée plus ou moins rapidement )
mais , je pense , que ce n'est qu'un long cheminement de notre expérience , qui conduit à une certaine sagesse ... mais qui a sa contre partie : le risque de démotivation partielle , de perdre la hargne qui nous habite ....
et c'est pourquoi , aussi , je suis un adepte des marathons multiples et variés (fun , compet', route , trail .... ) : si on mise tout sur une ou deux épreuves par an , la déception est souvent au RDV : dur d'etre au top le jour" J " .... alors que dans le lot .... une perf , une rigolade déguisé, un abandon, un ultra , un challenge .....
vous avez vu ? le mot "abandon " est noyé dans la masse



A chaque course c’est la même chose, quand on court seul, que le psychisme prend le dessus et qu’une petite voix te dit mais qu’est-ce tu fout là ? Tu aimes avoir mal ? Mais après chaque course, le plaisir de l’avoir faite, d’avoir su dire non à la tentation…que du bonheur ! Mais cette forme d’idée d’abandon est facile à gérer pour un peu que l’on soit plus fort mentalement que la petite voix où qu’un autre coureur vous épaule en prenant sur son temps de course quelques moments pour discuter ou pour courir avec vous.
L’abandon sur blessure (pas toujours évidente à évaluer) ne doit pas être pris à la légère.
J’ai, comme tous les coureurs connu le doute,le ras le bol, la douleur et la blessure : parfois même un cumul. Voici mes trois plus marquantes.
100 kms de Belvès 2007 :
KM15 Chute de mon fils qui m’accompagnait, vélo cassé, réparation entraînant le retrait des sacoches et donc obligation d’abandonner nourriture, vêtements de rechanges…
KM45 Un coup de chaud, la tête qui tournait, les crampes qui se succédaient, bref dans ma tête s'était sûr je n'irais pas au bout... Puis, le regard de mon fils, de mon pote Alex qui m'attendait et qui venait de me dire "Bienvenue dans l'Ultra"; en clair il fallait que je continue! – OK je vais à Sarlat (km50) et là on verra ! Une heure d'arrêt, de massages et je repartais frais comme un gardon... pour 20 kms seulement, rattrapé par les douleurs et les crampes!!!
puis je me suis trainé sur 15 bornes et là, mal aux jambes, la tête n'y était plus (le plaisir non plus),la nuit arrivait, plus de batterie sur mon cardio-gps mais je n’allait pas m’arrêter si près du but ! (j'ai fini en 15h).
Marathon du Lubéron 2008 :
La décision n'est pas facile à prendre mais continuer une course blessé peut entrainer des séquelles par la suite, et foutre en l'air le reste du programme, tout comme partir avec une blessure, ce que j'ai fait en 2008 au Lubéron et où il a fallu que je me fasse violence pour finir péniblement en 4h27. Résultat 3 mois d’arrêt et donc mauvaise préparation pour les courses suivantes.
Eco-Trail de Paris 2009 :
Mon premier abandon a eu lieu cette année sur l'éco-trail de Paris, au 30ème km à cause d'une barre au niveau du bas ventre et l'impossibilité d'uriner depuis le départ malgré les 3-4 litres d'eau que j'avais bu. J'ai marché pendant 5-6 kms, j'ai téléphoné à mon amie pour essayer de me remonter le moral, pour essayer de penser à autre chose et continuer à avancer; je pouvais rejoindre tranquillement le 2ème ravito au 50ème mais mais j'avais peur de manquer d'eau et je n'aurais pas voulu être arrêté par une barrière horaire au 60 ou au 70eme km, donc il fallait donc s'y résoudre et jeter l'éponge.
Sur le moment, j'avais le coeur gros, envie de pleurer, je suis resté 10 mn assis à regarder les autres coureurs passer, à peser le pour et le contre, quand j'ai vu un coureur blessé (entorse de la cheville) venir vers moi et me dire "j'en ai plein le c... j'arrête!" je lui ai répondu "moi aussi!" - c'est sorti tout seul, comme ça.
J'ai rejoins une gare et suis rentré sur Paris (tour Eiffel) où j'ai rendu mon dossard à l'arrivée. Mais là, je me suis remis à penser à la course, à me dire que j'aurais peut-être pu finir (pas sûr...); J'avais toujours mal au ventre mais aussi dans la tête, bref mon égo en avait pris un coup ! Et c'est là que je voulais en venir, des courses il y en a plein, la santé est primordiale, sans elle plus de course! Aujourd'hui je ne regrette pas mon choix!
Quant au moral, il revient assez vite, on n'oublie pas mais le temps passe et on y pense moins (jusqu'à la prochaine course).
Cette douleur au ventre était une pubalgie qui se soigne péniblement depuis mars mais qui (j'espère) ne devrait plus me gêner pour les marathons de Vannes et de Las Végas à venir.