La course du mois
Les 100kms de Belves par Brigitte Bec
Écrit par admin Lundi, 12 Mai 2008 19:50
Belvès,
Mon retour sur 100Km,
Depuis Séoul, en octobre 2006 , que je n'ai pas recouru de 100km....J'ai très envie de redécouvrir cette distance et cette année, mon planning me permet de participer au 100km de Belvès, épreuve mythique en ultra que j'ai pu découvrir il y a 2 ans en tant qu'accompagnatrice vélo. Il est 7h15 du matin, la route étant barrée, Phil mon entraineur et cycliste du jour, nous dépose Christiane et moi au pied de la fameuse côte à 2 km de Belvès. Je m'imagine dans X heures entrain de gravir ce mur après 98 km.....Il fait un peu frisquet et nous marchons d'un pas rapide pour rejoindre la ligne de départ. Nous retrouvons pleins de coureurs Sénonais, je retrouve avec joie la sympathique bande du Spartathlon, Sébastien du Sparnatrail....L'ultra est vraiment une grande famille. Alors que je suis cool, à 5 minutes du départ, le speaker me demande au micro...Pour te mettre la pression, c'est le top...En fait, j'ai la trouille, et c'est avec bonheur que le départ est enfin donné. Le kilomètre dans Belvès est sympa, c'est un peu un « tour d'honneur » avant d'entamer la grande boucle, la musique est là, les spectateurs applaudissent. J'ai mis ma montre GPS pour me « biper » tous les kilomètres et ainsi réguler mon allure. Avec Phil, on a misé pour un chrono entre 8h20 et 8h30, aux vues du profil, il va falloir vraiment gérer la course. Il faut que j'arrive « fraiche »au 50km entre 4h et 4h05....En espérant avoir bien récupéré de mon Raid en Mauritanie, 2 mois plus tôt...Je suis confiante car grâce à mon nouveau elliptique (audiostrider 990), ma récupération a été facilitée et surtout j'ai pu faire des séances de renforcement musculaire en simulant des côtes sans les chocs...
Les 1er kilomètres sont très « bonne enfant », je n'ai jamais eu autant de mecs autour de moi (pas désagréable du tout.. contente d'avoir fait ta connaissance Siko..). Ils me demandent mon objectif et s'ils peuvent se « caler » sur moi...Pas de problème. Avec ma montre, je donne le tempo, pas facile cette descente de 2km juste après le départ, il faut se freiner tout en ayant une foulée souple...On arrive au 10ème kilomètre en 46', j'ai 2 minutes d'avance mais c'est bien, je n'ai pas forcé, j'ai contrôlé..C'est à cet endroit qu'on retrouve nos accompagnateurs, je repère Phil de loin, ouf....Il me demande mes sensations, je le rassure en disant que tout est ok....Il commence à faire chaud, Je demande rapidement mes lunettes de soleil...zut, apparemment, je les ai oublié, pas grave, j'ai ma casquette avec une grande visière, ça fera l'affaire. Surtout, je ne dois pas me déstabiliser pour ce détail....il faut penser à boire régulièrement dès le début. Jusqu'au 35ème kilomètre, je profite un maximum, tout se passe bien, Phil est nickel pour mon ravitaillement, faut dire que j'ai mon propre ravito. Sur son vélo, on a adapté un panier et j'ai de quoi couvrir presque un 24H (déformation professionnelle.....) entre les pates à tartiner, les pates de fruits, les galettes bio... En boisson, je carbure au coca et Saint-Yorre...Désolé Phil pour le poids (et encore, y'a pas les lunettes de soleil...). En plus avec les côtes, pas facile d'être accompagnateur...
Après le 35ème, les choses sérieuses commencent avec succession de petites bosses, des faux plats montants...Phil qui a imprimé sur une feuille le relief du parcours peut me conseiller sur le choix de mon alimentation, ces indications sont très précieuses et judicieuses afin de me ravitailler sur les portions plates et ainsi me concentrer sur les parties du circuit plus techniques. Etant à l'aise dans les montées, j'ai tendance à « m'envoler ». Il me rappelle à l'ordre en me disant d'économiser mon énergie, de ne pas élever trop rapidement mon rythme cardiaque afin d'aborder la descente le plus relâché possible musculairement. Ce travail de côte, je l'ai beaucoup travaillé avec mon elliptique et j'arrive à tenir un rythme soutenu en m'assurant une aisance respiratoire, obligatoire pour ne pas « asphyxier » le muscle.
Le visage des coureurs est plus crispé, les paroles se font plus rares. Notre tempo est toujours le même, entre 4'45 et 5' au km suivant le relief. Mon petit groupe du départ est entrain de « s'éclater » au fur est à mesure des difficultés. En même temps, nous « récupérons » des coureurs qui sont en déperdition, sûrement partis en sur régime, je les encourage à « accrocher au wagon » mais en vain, le physique étant déjà bien entamé...On approche le 48ème km, nous sommes 3 coureurs dont Siko qui, d'un coup décroche...S'arrêtant souvent aux ravitaillements, Je ne suis pas inquiète, il va revenir comme les fois précédentes mais non, je ne le reverrai pas ...On arrive à Sarlat, 50ème kilomètre. Il y a beaucoup de monde car c'est là que l'arrivée des 50km est jugée J'ai une pensée pour mon amie, Christiane, elle va s'arrêter là, sacrée veinarde....Avec moi, il reste un coureur, Hubert, on s'encourage, on se relaye, on passe en 4h02...Super...mon état physique est ok, je suis fraîche (enfin, vite dit sous le soleil..), déjà la moitié de course passée, je n'ai pas trouvé le temps long....ouf, maintenant, il n'y a plus que 50km à courir....Au classement scratch, on m'annonce 8ème....Suis très surprise et ça m'encourage , en plus Phil m'annonce que le plus dur est fait , que le profil est plutôt descend jusqu'au pied de la « montagne »....Il fait maintenant vraiment très chaud, nos cyclistes prennent de l'eau aux tables de ravitaillement pour pouvoir nous rafraichir les jambes, la nuque....Musculairement, ça commence à être dure, la succession de montée et descente est très traumatisante au fur et à mesure des kilomètres. Sur le papier de la course, le profil à l'air plat mais en réalité, il y a encore de beau « dos d'âne » et à ce stade de la compétition, le moindre dénivelé fait mal. On passe le 60ème kilomètre, je suis contente et dis à Phil : « génial, il n'y a même plus un marathon à courir», toujours positiver, c'est très important, il faut garder la maîtrise de son moral, sinon, on lâche rapidement. A ce moment de la course, le physique meurtri par la douleur doit trouver de nouvelles ressources dans le mental pour aller au bout de son défi. Sur marathon, le mur se trouve au 30ème km, sur 100 km, le mur se situe vers le 70ème km, le problème c'est qu'il reste encore quelques kilomètres avant de rallier la ligne d'arrivée....La preuve, Hubert va craquer à l'approche de cette « marque fatidique ». J'avais vu qu'il était en difficulté depuis quelques temps, décrochant, revenant sur moi en changeant de rythme, très mauvais à ce niveau de la course. Moi, j'arrive à maintenir mon tempo « diesel » entre 5'05 et 5'20.
Je vais donc terminer les 30 derniers kilomètres seul avec Phil en fidele serviteur. A partir de cet instant, je vais être vraiment dans ma bulle, essayant de faire abstraction de la fatigue, de la chaleur. Je pense à Marion, une amie du club, qui me traite gentiment de « machine » en pensant que je ne souffre pas....Pourtant la souffrance est présente mais j'essaye de l'apprivoiser en positivant sans cesse, en me disant « allez, plus que 25km, juste une grande sortie ... ». En plus, à un ravitaillement, on m'annonce que je suis 4ème au scratch....je n'y croit pas, je demande à Phil, si j'ai bien compris, il me confirme et m'encourage de plus belle. Au détour d'un croisement, je croise Vincent Toumazou, j'hallucine. On s'était donné rendez-vous sur la ligne de départ, pas vu et là, par hasard, je le croise sur le circuit...c'est fou, d'ailleurs, il a été aussi surpris que moi....
Arrivée 20km, c'est vraiment super, Phil continue à m'encourager, me rassurer, on est en totale osmose. Je lui demande s'il voit des poursuivants. Personne, je suis presque sure d'arriver 4ème mais il ne faut pas faiblir, ne connaissant pas les écarts. Je continue à boire et manger régulièrement. Ayant beaucoup pris de sucre lent pour entretenir mon stock de glycogène, on décide maintenant de privilégier les sucres rapides pour ne pas tomber en hypoglycémie avant les 2 derniers kilomètres de montée finale. Tout va bien, je suis bizarre, je me sens des ailes tout en étant fatiguée, j'ai les quadriceps en béton.
On arrive à l'endroit où on a retrouvé les vélos le matin. On est donc à 10 km de l'arrivée, je n'ose pas regarder la montre, je cours....on traverse la Dordogne (sur le pont, je vous rassure...), les spectateurs sont au rendez-vous, c'est sympa. On passe devant le camping où on loge dans un mobil home. Je jette un œil, je ne vois pas Christiane, j'espère que sa course s'est bien passée et qu'elle sera à l'arrivée à Belvès. Belvès qui se profile doucement devant moi. J'arrive au rond point où ce matin, Phil nous a laissé. Un officiel m'annonce l'arrivée à 1500m....Le début de « l'escalade » est rude, je suis « scotchée », Phil me rappelle mes séances d'elliptique. Je dois m'aider de mes bras pour accompagner le mouvement du bassin, réduire en même temps l'amplitude de la foulée en augmentant sa cadence afin de garder une pulsion en avant dynamite. Ouf, la mécanique repart, et je « grignote » doucement mais surement cette dernière côte. Ce matin, Christiane et moi marchions pour chauffer les muscles, ce soir, je cours avec les muscles tétanisés par la chaleur et l'effort....Je n'ai plus aucune notion du temps, je demande à Phil si c'est ok pour les 8h30, il me répond que se sera moins de 8h25', je n'y crois pas...J'ai une forte pensée pour Claude, Claudette, Josiane, Jean-Luc qui devaient être là, ils seraient fière de moi...Le dernier virage et la ligne d'arrivée est en vue....Les encouragements me « portent » durant ces derniers mètres au point de faire un sprint final jusqu'à la délivrance, mes yeux sont portés sur le chrono : 8h24'05'. Je vois Christiane au premier plan, je m'écroule dans ces bras, moment inoubliable
Contrat rempli, merci Phil, superbe victoire d'équipe !
Les 10 premiers
|
Nom |
Prénom |
Dossard |
Cat. |
Class. |
Class. / Cat. |
Temps |
|
BUQUET |
Christophe |
486 |
V1 |
1 |
1 |
07:11:23 |
|
BORDUS |
Jean Marc |
1 |
V1 |
2 |
2 |
07:35:05 |
|
GIRY |
Pascal |
24 |
V1 |
3 |
3 |
07:48:12 |
|
BEC |
Brigitte |
460 |
V1 |
4 |
1 |
08:24:05 |
|
LANTENET |
Patrick |
188 |
V1 |
5 |
4 |
08:35:29 |
|
CANDELE |
Hubert |
48 |
SE |
6 |
1 |
08:46:52 |
|
ALBERT |
Sébastien |
76 |
SE |
7 |
2 |
08:52:13 |
|
HILL |
William |
452 |
SE |
8 |
3 |
09:11:40 |
|
LEVESQUE |
Patrick |
234 |
V2 |
9 |
1 |
09:22:48 |
|
MAUDUIT |
Christian |
58 |
SE |
10 |
4 |
09:24:35 |


Par caro3358, novembre 03, 2008
Par carnetdevoyage, septembre 26, 2008
Par Catsonne, juillet 17, 2008
Par Marie24130, juillet 08, 2008
Par raph., juillet 07, 2008
Si, je vais finir par croire (Men In Black) qu'il y a bien des extra-terrestre parmis nous
Encore BRAVO !!
Par BREIZH 69, juin 15, 2008
L'ami qui m'a fait découvrir la course à pied me disait qu'il "entrait dans son
propre corps" pour affronter le mur.
Par poison87, juin 09, 2008
Par babou, mai 27, 2008
Par brinouille, mai 17, 2008
Par contre je suis etonnée de la rapidité sur les 10 premiers km, je croyais qu'il fallait y aller moderato au début ?
Par Salsera, mai 14, 2008
Ayant passée mes vacances à St Amand de Belvès l'année dernière, et ayant pestée tant et plus contre le relief en faisant mes footings, j'imagine très bien les dénivelés que tu as courus !
Et tout ça à 12 km/h de moyenne, j'en reste béate d'admiration !
Tu es une vraie championne...chapeau bas !
Par Barbie, mai 14, 2008
Barbie
Par Coccinelle, mai 14, 2008


