La course du mois
Marathon de Marrakech par Eric
Écrit par admin Dimanche, 01 Mars 2009 16:10
Courir, partager, admirer... Bienvenu à Marrakech
La genèse : Marrakech... L'idée m'est venue en octobre !
Je cherchais une nouvelle façon de courir. L'âge aidant, je savais les bons chronos de moins en moins accessibles. Il me fallait renouveler mes motivations ou alors me contenter de mes sorties offs souvent réalisées en solitaire.
Plus que Millau, je pense que l'Odysséa a été le déclencheur. Plus précisément la discussion que Cécile et moi avions eu dans le métro. Son joli projet fait de découverte et de connaissance m'a décidé. Mais pourquoi n'y avais-je pas pensé plutôt, il faut courir différemment ... Des courses à étapes, courir à l'étranger, partager et profiter ... Découvrir, c'est se découvrir ! Tel sera mon leitmotiv dorénavant.
Mon premier périple aura lieu à Marrakech. Pourquoi ?
1- Accessible au niveau porte-monnaie : l'ensemble du séjour m'a coûté moins de 500€ (souvenirs compris).
2- Cécile y courait la deuxième course de son périple et, cerise sur le gâteau Olivier, rencontré à Millau, l'accompagnait.
3- Les CLM y étaient nombreux, Mounir et Palmito nos PDC (point de contact) allaient nous bichonner.
4- Faire connaissance avec de nouveaux CAFeurs, Danielle et Pierre (Latortue et PConvert) qu'intérieurement je compare à « Paul et Virginie » tant leur Amour me parait fusionnel dans le meilleur sens du terme. C'est toujours émouvant se genre de complicité.
Jeudi 22 : Journée d'élections professionnelles
Président du bureau de vote dans mon entreprise donc absent de chez moi de 7h jusqu'à tard le soir, mes sacs étaient préparés depuis le veille au soir : Dans la valise, mon change et dans le sac de bord, mes affaires de course - des fois que la valise aillent se promener ailleurs. C'est très indépendant une valise et de temps en temps très épris de liberté. Ainsi, lors d'une compétition de Ping, ma tenue d'arbitrage a daigné me rejoindre que la veille de mon retour. Non, ne souriez pas, je n'ai pas arbitré en shorty noir -.
Nota pour les futures courses : Lorsque je cours avec Cécile, piquer un soutif de sport à mon intermittente des fois qu'il n'y ait pas de magasin ou de copine pour lui en prêter sur place. Prendre également du coton, visiblement si le tour de poitrine est comparable, le contenu diffère.
Vendredi 23 : Bonjour Marrakech
5h30 : Levé, je me sens bien. Les résultats des élections professionnelles sur l'Eure vont dans le bon sens puisque mon Organisation Professionnelle sort renforcée.
Mon avion part à 13h20 d'Orly Sud, il faut que je sois à l'aéroport 2h avant donc, « tranquillou » le Riquet, « no stress ». Cécile et Olivier partent à la même heure du même aéroport avec la même compagnie mais nous n'avons pas le même numéro de vol... Allez comprendre !
6h45 (ben oui, j'aime prendre mon temps le matin) : Promenade à pied jusqu'à la gare SNCF d'Évreux. En règle générale, la voiture ne me sert pas beaucoup. J'aime mieux user mes chaussures. C'est fou ce que le même chemin emprunté à différent moment peut nous faire interpréter différemment les mêmes paysages lorsque l'on chemine tranquillement.
7h20 : Le train arrive, je m'installe. Arrivée à Paris Saint-Lazare un peu plus d'une heure plus tard avec du retard mais j'ai le temps. Je décide de retourner aux vieux campeurs. Je prévois une sortie off fin février et je dois prévoir ma nourriture de course. Pas de chance, le magasin ouvre à 11h... Pas grave, on verra au retour. Je me venge sur un café, j'appréhende un peu le Maroc car le thé... Bof ! J'aime bien Paris finalement... Chaque quartier à son charme, son histoire et pour moi, celui-ci, c'est Cluny et son magnifique musée sur le moyen âge ou l'on peut admirer « La Dame à la Licorne » et son énigmatique « A mon seul désir ». Ça laisse rêveur cette phrase hein ?
Je sais, pour le syndicaliste que je suis, vous vous attendiez à la Sorbonne et mai 1968, mais non, moi c'est le moyen âge.
10h45 : Arrivée à Orly Sud. Je vais directement faire enregistrer ma valise. J'en profite pour demander si Cécile BERTIN et Olivier sont sur le même vol. D'un sourire, la jeune hôtesse me le confirme. Je passe un petit coup de fil à Cécile. Ils sont devant le stand « Royal Air Maroc » à cent mètres d'où je suis. Je les rejoins donc, non sans avoir acheté le dernier « Jogging International » ou un petit encart rappelle le défit de notre Barbie. Bien, je ne rentre pas dans le détail du papotage de première de nos échanges. Millau, l'Histoire (seconde guerre mondiale pour Cécile), nos histoires, formule 1 (Olivier conçoit les moteurs F1 de Renault), tour du monde, tout y ait passé. Mon téléphone chante, Mounir s'inquiète de mon départ, il est chou cet homme là.
12h20 : Enregistrement des bagages de Cécile et Olivier, achat des caramels au beurre salé par Cécile pour perpétrer une tradition CLM. Nos discussions continues jusqu'à l'embarquement.
13h : Nous voici installé dans l'avion, Cécile et Olivier sont côte-côte et je me retrouve assis à côté d'un médecin et de sa femme. Marrant ce couple, l'homme est grand et longiligne, la femme est grande et dirons-nous légèrement enrobée. Pendant tout le voyage j'entendrais des : « Chéri tu peux attraper mon livre de Sodoku », « Chéri tu peux m'ouvrir la capsule de mon lait », « Chéri, tu ne trouve pas que la viande est un peu grasse », « Chéri, tu peux demander une serviette à l'hôtesse ». Je ne connaîtrais probablement jamais le son de la voix du « Chéri ». Bref je me suis bien amusé pendant mon voyage. L'avion décolle légèrement en retard.
15h35 : Arrivée à Marrakech, le soleil brille et la douceur est agréable. Avrès de rapide retrouvaille c'est une nouvelle séparation. Cécile et Olivier partent pour leur hôtel le « Kenzi Farah » en bus avec Planet-tour, un taxi affrété par PDC Mounir m'attend pour me conduire au riad Bel Baraka via le riad Agathe ou je retrouve bon nombre de CLM (Alexandre Pascal, Thierry, Jean-Michel etc...) dont notre couple de CAF Dani et Pierre. J'y déguste (oui, oui, vous avez bien lu), un thé à la menthe et je me régale d'excellents loukoums. Je décide illico de ne boire que du thé durant mon séjour. Le riad Agathe est splendide et je tombe sous le charme de celui ou je suis hébergé. Plus petit, je le trouve plein de douceur et d'harmonie, un havre de paix.
Une fois installé, je décide d'aller retirer mon dossard au village marathon dans un quartier hors médina situé dans la ville nouvelle de Guéliz. Il n'est pas loin le village marathon à 5mn me dit-on. Je décide donc d'y aller à pied et j'y arrive à 18h30 soit près de 45mn de marche rapide. Je comprends maintenant pourquoi les coureurs marocains sont si rapide, il leur faut à peu prêt 9 fois moins de temps que nous pour aligner la même distance. Ceci dit, le parcours me fait du bien d'autant qu'il fait bon et qu'il me permet de me repérer. Marrakech est tout de même une ville de plus d'un million d'habitants. Sur place, je retrouve les CLM. Cécile et Olivier qui ont déjà leurs dossards leurs ont laissé un message. Rendez-vous à 20h30 devant le café de France sur la place Jamaa El Fna la plus grande place de la Médina. Avrès avoir laissé mon dossard au riad, je m'y rends en compagnie des CLM qui ont décidé d'y diner. La fumée épaisse des barbecues s'élève au dessus de la place, nous restituant quelques effluves de brochettes grillées. Sur la place, des centaines d'échoppes proposent le couvert. La nourriture est inégale et nos allures de touristes attirent. Lorsque vous êtes ferré, on ne vous lâche plus, limite pot de colle diraient certains. Je m'installe donc en terrasse du café de France et je déguste mon n-ième thé à la menthe de mon après-midi en attendant Cécile et Olivier.
21h, les voici qui s'approchent, ils y avaient cru au 5mn marocaine eux ! Nous décidons de manger en terrasse dans un restaurant de la rue Riad Zitoun El Kedim. Le couscous est délicieux et nous blablatons des futures courses de Cécile. La prochaine Tahiti crainte par Cécile pour le climat et de Puerto Montt. C'est celle-ci qui m'inquiète car Barbie sera peut-être la seule femme, et que l'année dernière aucun des 28 participants n'étaient étrangers. Elle risque de connaître de grands moments de solitude sur le parcours. Je lui propose de l'accompagner mais je sens qu'elle veut vivre seule cette aventure. Je me rassure en me disant que les Chiliens vont probablement la chouchouter.
Le repas terminé, Cécile et Olivier rentrent à leur hôtel et probablement pas par la route la plus directe si j'en crois mon sens de l'orientation. En ce qui me concerne, je m'éloigne de la place Jamaa el Fna et de son agitation frénétique, le volume sonore s'adoucit, on distingue encore un brouhaha et le son strident de la flûte des charmeurs de serpents. Je préfère héler un taxi pour rentrer au riad ; 40 dirhams (il faut 11dirhams pour faire un euro). Je sais aujourd'hui que la course en valait réellement 10. De toute façon, je ne sais pas marchander et vu les richesses dilapidées sous nos latitudes, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'au moins mon argent va à l'essentiel.
Samedi 24 : Une journée pasta party « GARGANTUESQUE »
Debout 8h, je me lève dans mon petit paradis. Avrès la toilette, direction le riad Agathe pour le petit déjeuner. Papotage en règle, nous accueillons Basilio, Abess (Sophi, un petit jeune de 24 ans qui attaque son deuxième marathon), Palmito et Mounir (nos PDC). Rendez-vous est fixé à 11h30 au riad Agathe (qui devient le PC de notre petite communauté) pour nous rendre chez Bejgueny et y déguster d'excellente brochettes. En attendant, après avoir vite posté un message sur le forum CAF (excusez-moi les filles, je ne vous oubliais pas mais j'avais soif de découvrir). Je décide de meubler ma matinée par un petit footing dans la Médina. Je pars seul, mes jambes me portent. Je n'ai pas couru depuis mercredi et j'avance rapidement. Je me repère un peu plus. La Medersa Ben Youssef qui est une mosquée réservé à l'enseignement de la théologie, le musée de Marrakech que j'irai visiter le lendemain, les ruines du Palais Al Badii construit en 1578 par Ahmed Al Mansour un des plus grands Sultans Saâdien, le minaret Katoubia, le palais du Pacha. Dieu que cette ville est belle, Marrakech la ville rouge dont l'histoire commence en 1062... Le rouge foncé du sang versé y côtoie le rose de l'espoir, la pauvreté presqu'absolu, les richesses incommensurables. Et pourtant, partout des sourires, de la joie de vivre et de la gentillesse. Je me retrouve presque sans le vouloir sur la place Jamaa El Fna, lieu de mon rendez-vous du jour avec Cécile et Olivier. Un petit tour, un nouveau thé à la menthe et nous rentrons au PC puis direction Guéliz.
Notre communauté CLM, CAF et assimilés, soit près de 30 personnes, allons déguster sur le trottoir, de délicieuses brochettes chez Bejgueny le Mac Do marocain comme l'appelle Palmito.
Je ne sais plus pourquoi, mais la conversation arrive sur les blessures que peut nous occasionner la course à pied, j'ai évidemment une pensée pour le club des tamaloutes de CAF. Je lève alors la tête et j'aperçois une enseigne publicitaire de circonstance (voir photo).
Je ne sais comment elle le sut, mais à peine avions nous fini de régler que Cécile trainant un Olivier surpris, nez au vent prenait la direction du plus fameux glacier de Marrakech. Et on dit que les femmes n'ont pas le sens de l'orientation !!! Toujours est-il que nous nous trouvons devant « Olivieri » en un tour de main. Les glaces semblent succulentes, mais un problème de dent m'empêche le glacé.
Je commande donc un thé, et là, déception (la seule de mon séjour)... Le thé qui m'est servit est un thé « éléphant » dans son petit sachet.
Cécile et Olivier souhaitent rentrer à l'hôtel.
Le reste de la troupe se divise en deux, les « riads » et les « maison de l'artisanat » situé à 5mn marocaine. Je décide d'accompagner le groupe « maison de l'artisanat ». Avec Dani (Latortue) mais aussi Dominique (Basilio) nous parlons arts, chiffons également (ben quoi, on n'a pas le droit de parler chiffon nous les mecs). D'un coup, je m'arrête, mes yeux sortent de ma tête et ma langue tombe à mes pieds... Ouah que c'est beau ! Une jeune femme vient d'apparaître vêtue d'une tunique rouge magnifique, quel style ! Je ne peux m'empêcher de le faire remarquer à Dani « Regarde moi cette tunique, elle est splendide ». La jeune femme a dû m'entendre, elle passe, s'arrête un centième de seconde, se retourne, me regarde et me lance un sourire, mais un sourire que j'en suis tout chose. Je décide illico de faire demi-tour et annonce à Dani que tout compte fait, je rentre au riad. Ce n'est tout de même pas ma faute si mon apparition prend le chemin du riad non !
Mais voilà, maintenant je sais que la télépathie n'est pas une invention... Ce n'est pas Dani qui me prend par la manche pour me ramener dans le droit chemin, c'est mon intermittente...
Nous arrivons enfin à la maison de l'artisanat. Nous avons peu de temps pour en faire le tour. Je prends cependant le temps d'acheter une djellaba et deux paires de babouches.
Pendant ce temps le groupe continu de folâtrer et je le perds de vue. Depuis le début de l'après midi mes jambes me réclament encore un exercice qu'elles aiment bien. Je décide donc de traverser la ville en courant pour rentrer au riad.
Nous avons rendez-vous au PC à 19h30 pour nous rendre à la pasta party du soir. Direction, « chez Luigi » une pizzéria située dans la très belle gare de Marrakech.
Cécile retenue par une journaliste et Olivier ne seront pas de la fête.
Je suis placé entre Dominique et Dani, face à Thierry et Abess. Je ne me souviens plus trop de nos papotages mais alors le repas... succulent mais aussi gargantuesque. Heureusement que l'on n'est pas là pour courir...
Dimanche 25 matin : Il parait que l'on court...
6h, le réveil sonne, mais ne me réveille pas comme d'habitude... En fait je suis déjà hors du lit. Mes affaires sont prêtes depuis notre retour de chez Luigi. Un tas pour le frais, un tas pour le chaud et un tas pour les affaires tout temps. Eh ! Je vous le dis ! Il est organisé le type hein !
Je monte sur la terrasse. Il fait beau et relativement doux. J'opte pour le corsaire « Skin » rouge mais je zappe le haut et je porterai directement le maillot « Kalenji » noir flocké pour l'occasion. Une casquette « Salomon » rouge, mes chaussettes de contention « Falke » noires et le plus important mes « Brooks Glycerin » rouge. Pour l'échauffement et l'attente, je complète la tenue par une vieille veste de survêtement noire que j'abandonnerai au départ. Je suis certain que les CAFeuses remarqueront la subtile alternance de couleurs. De bas en haut : Chaussures rouges ; chaussettes noires ; corsaire rouge ; maillot noir et casquette rouge. Je préfère devancer les questions du style : Et sous le corsaire ? Ben comme d'hab. !
Côté marques, vous remarquerez que je ne suis pas « coordonné » comme les CAFeuses disent !
Je n'oublie pas de me badigeonner les zones sensibles de crème anti-échauffement.
Côté alimentation, deux gourdes avec de l'eau plate, 2 gels « Energix » salés, 1 gel « Energix » sucré, 1 gel « Antioxydant » et 1 gel « coup de fouet » de chez « Overstim's ». Je prendrai un gel toute les 40mn de course. Le tout dans une ceinture marathon « Raidlight ».
Le petit déjeuner est servi à 7h dans le patio du riad « Agathe ». Je m'y rends mais ne mange rien. Allez savoir pourquoi, je n'ai pas faim... C'est bien la première fois que j'engage un marathon à jeun. Bon, il est vrai que les 7kg pris cet hiver devrait combler cet inconvénient.
Départ à 7h30. Une première également pour moi, je vais rater le cérémonial de l'arrivée des coureurs que j'adore observer habituellement en arrivant sur mes courses bien avant l'heure.
Quelques photos avec les CLM et je pars pour 20mn d'échauffement. Je retrouve Cécile et Olivier et les ramène auprès des autres membres de notre communauté.
Le plan de marche indiqué par Olivier est un marathon à 5mn50s le km. Allure relativement modéré qui devrait nous faire boucler le marathon en 4h6mn8s environ. Je constate sans surprise que mon rythme cardiaque est vraiment très bas (entre 50 et 60 pulsations/mn dans la zone de départ). Il est vrai que j'aborde ce marathon un peu comme une très belle sortie longue. Je suis en bonne forme (malgré les kg en trop et mon problème de dent) ainsi hormis pendant les trois sprints effectués, mes pulsations n'iront jamais au-delà de 75% de ma FCM.
Cette allure semble convenir à Thierry (Bobosse44 sur CLM) et à Laurence deux amis Nantais qui se trouvent en plus être résidant de la ville natale de Cécile. De beaux papotages en perspective.
Le départ commun au semi et au marathon est donné à 8h35mn. 716 participants pour le marathon, il y aura 631 arrivants (84 féminines). Nous passons la ligne environ 3mn après les premiers.
Notre petit groupe chemine en 5mn40s/km de moyenne sur les 15 premiers kilomètres (vitesse un peu rapide par rapport au plan de marche).
Pendant les trois premiers kilomètres nous traversons la ville de Guéliz. Les rues sont larges, un peu taillées à l'occidentale mais au fond, nous apercevons l'Atlas enneigé. Atlas, fils de Poséidon gardien de l'Atlantide... Enfant, déjà ce nom me faisait rêver. Je m'imaginais traversant ce géant du nord au sud sur ses 2400km... Je m'imaginais escaladant les 4160m du Jbel Toubkal... Il existe un trail de 105km à faire sur deux jours, il faudra que j'y revienne ! Et puis de l'autre côté, il y a Ouarzazate et Ouarzazate, c'est le marathon des sables... Mais déjà la route se rétrécit. L'olivaie nous ouvre ses portes.
Il est agréable d'y cheminer même si on se bouscule un peu... Je repère un bel Olivier (non, les filles, je ne parle pas du notre...) pour satisfaire un besoin somme tout bien naturel. Premier petit sprint pour rattraper mes compères, je suis bien, cette petite pointe me réjouit. Nous sortons de l'Olivaie, les faubourgs de Guéliz sont plus pauvres. Les bâtisses sont rafistolées de bric et de broc. Le sourire des enfants contrastes avec l'environnement, ils nous encouragent, me demandent ma belle casquette rouge... mais j'en ai encore besoin. Le dixième kilomètre est passé en 56mn15s.
Nous arrivons maintenant au douzième kilomètre, nous laissons pour un temps les coureurs du semi. Cécile rattrape Olivier. Je comprends Olivier, le semi est beaucoup plus attrayant, si vous voyez ce que je veux dire (Certains CLM l'ont d'ailleurs bien compris puisque malgré leurs dossards marathons, ils ont choisis le semi). Mais non Cécile (20000 chameaux tout de même, et les chameaux au Maroc, il faut aller les chercher loin...), le marathon a aussi de l'attrait. Laurence à du mal à papoter, elle fait l'accordéon. Je ne la sens pas au mieux. Laurence qui est capable de courir un marathon en moins de 4h, avait prévu de courir le semi et ne s'est décidée à courir le marathon qu'au retrait des dossards. Elle n'a pas suivi un plan d'entraînement marathon et manque probablement de distance. Depuis un petit moment je l'observais mais j'hésitais à abandonner mes compagnons pour cheminer plus tranquillement à ses côtés. Cécile à fait également ce constat et lorsqu'elle demande si quelqu'un peut se laisser décrocher, je décide d'y aller. Hélas, il est déjà trop tard, Laurence a décidé de bifurquer sur le semi. Je l'accompagne sur environ 4km, essaie d'appliquer la méthode Cyrano, 14mn de course pour 1mn de marche. Je ne connais pas bien Laurence et je crois qu'elle ne peut se résoudre à marcher sur marathon. Le compagnon de Laurence l'attend au 19ème kilomètre, Laurence lui annonce son intention. Au 20ème km le parcours du semi se désolidarise et de manière définitive cette fois, du parcours du marathon. Je regarde s'éloigner Laurence avec un petit sentiment de culpabilité, non sans lui avoir fait promettre de finir le semi (en fait elle aura couru 2,5km de plus).
Deuxième sprint pour rejoindre le restant de notre troupe que je rattrape peu avant le semi. Ma foulée est bonne et j'ai vraiment de très bonnes sensations. Je réalise alors que ce marathon serait tout de même idéal pour faire un temps. Un dénivelé peu important (80m), un temps idéal, 13°C, pas de vent, une petite pluie fine pour nous rafraîchir à l'arrivée. Le semi est passé en 1h59mn10s. Nous arrivons dans la Palmeraie... Paradisiaque, de grandes propriétés, un golf d'un vert indécent, des limousines et quelques dromadaires qui attendent probablement le départ d'une caravane, des chèvres aussi. J'entends également l'aboiement d'un chien... Rigolo, depuis mon arrivée, je n'ai croisé que des matous et là je devine un chien, je ne sais pas pourquoi mais je souris...
C'est aussi le moment que choisi Thierry pour nous inquiété, il voit des étoiles... Signe évident d'un début d'hypoglycémie. Cécile lui tend son bidon, on fait une pose. Puis on repart en calmant un peu notre allure. Nous arrivons bientôt sur la route qui relie Marrakech à Casablanca. Thierry va de moins en moins bien. Il se plaint des jambes mais aussi de maux de ventre. Nous sommes au 33ème km, le fameux mur ! Je décide de rester avec lui et de laisser partir Cécile et Olivier. Nous finirons en subissant une méthode Cyrano incohérente.
La dernière ligne droite est pénible, très longue puisque frisant les 9km.
La pluie nous rafraichit mais rien ne soulage les douleurs de Thierry. Je regrette de ne pas avoir pris la crème relaxante à l'arnica, elle aurait probablement fait du bien à Thierry. Je décide de me taire (et oui, un Riquet presque muet peut exister), me contentant de donner des objectifs à courts termes à mon compagnon de route. On marche jusqu'à l'Oranger puis on repart jusqu'à l'immeuble. Enfin, nous arrivons au dernier virage, plus que 200m, on accélère, je fais le beau, j'harangue la foule en délire, j'aperçois Cécile et Olivier qui nous attendent et que c'est bon de les voir. Deux, Cécile en tient déjà deux, plus que 5 et son défit est atteint. Nous avons tous parcouru 42,195km. Nous bouclons ce marathon en 4h12mn5s. Cécile et Olivier sont arrivés 7mn avant nous en 4h5mn37s (4h6mn8s de prévu, trop fort Olivier). Je sais que Thierry pourra courir un marathon en moins de 4h, en mangeant et en buvant régulièrement dès le départ, ça le fera...
Dimanche 25 après-midi : Récupération
La ligne d'arrivée est franchit, une petite pluie fine nous refroidit rapidement. Je regrette d'avoir fait confiance au temps du petit matin, car je n'ai pas pris de change. L'ensemble de la confrérie est arrivée. Palmito négocie pour nous d'excellentes petites confiseries aux amendes et miel. Il ne nous reste plus qu'à récupérer.
Mounir, en parfait PDC nous ramène au riad. Certains parlent Hammam, massages, pourquoi pas ? Je réalise cependant que je n'ai pas pris de maillot de bain, tant pis, si ma pudeur m'autorise la tenue d'Adam, je ne connais pas trop les mœurs du pays et préfère m'abstenir. Ce sera pour la prochaine fois.
De toute façon, j'avais envie de faire le plein d'images avant de partir puis je voulais également m'acheter un keffieh Touareg comme Dominique, dès fois que l'on se perde sur la Trans Aq'. Lors de ma petite boucle d'hier, j'avais repéré le musée situé juste à côté de la Medersa Ben Youssef, je pense également le visiter. Je rentre donc au riad Bel Baraka et je me refais une beauté (c'est quoi ce sourire là !). Je fais un rapide tour du propriétaire, pas d'ampoule, pas de douleur quoi que les cuisses tirent un peu, allez un automassage à l'huile d'arnica. Évidemment, j'aurais préféré qu'il soit réalisé par ma brune ou autre pourvu qu'elle soit douce (comme dirait Mylène), je pense au beau sourire de la jolie tunique rouge d'hier. Mais bon, rêver ne fait pas l'homme comme on dit sur le Mont Lozère. En fait, ce marathon aura été relativement cool pour mon organisme. Je l'ai couru à peine plus vite (4mn) que les 42195 premiers mètres du 100km de Millau.
Je commande un thé, des petits loukoums, je n'ai rien mangé depuis hier soir tout de même et courir à jeun utilise d'abord la filière lipidique comme on m'a dit sur le forum. On se donne bonne conscience comme on peut... J'accompagne les quelques CLM qui vont se promener quelques temps puis, je bifurque vers le souk. Le musée de Marrakech contient des collections de monnaies, céramiques, poterie, bijoux et autres objets découverts lors de fouilles archéologiques. Sa richesse vaut surtout pour ses collections de tableaux contemporains. Je ne suis pas vraiment amateur de cet art, donc, je ne m'attarde pas.
Je continue ma promenade, traverse une petite place ou je trouve un magasin Touareg et donc le keffieh qu'il me faut. Le propriétaire des lieux me montre comment le coiffer. La gentillesse et la douceur de ce vieux monsieur m'apaise, je me sens bien, il m'offre un thé et me propose de venir sur sa terrasse au 3ème étage. Je le suis et je ne le regrette pas. Nous avons une vue magnifique. D'un côté le souk et les rue recouvertes de bambou, surprenant vue du dessus. De l'autre, on aperçoit la cours intérieure d'une mosquée et des terrasses à perte de vue, surprenant Marrakech... Le vieil homme m'explique que son papa à combattu pour la France, qu'il a même été blessé, me montre une médaille et un bulletin de pension militaire (30FF de pension annuelle). Il y a des moments ou l'on ne se sent pas fier d'être français. Je veux lui laisser quelque chose, il refuse, je décide cependant de lui payer la Keffieh non pas en Dirhams mais en euros et je glisse sous son cahier de compte deux billets de 20€ pour un prix demandé de 40 Dirhams.
Je continue ma visite par le souk, le ciel s'est dégagé. Avrès la pluie, les odeurs d'épices sont décuplées et m'enivrent presque. Je débouche enfin sur la place Jamaa El Fna.
Il faut tout de même que je consacre un petit paragraphe à la place Jamaa El Fna (classée au patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO): La place des conteurs.
Je ne l'ai réellement découverte que cet après midi. Dans la journée à mon sens plus que la nuit ou les restaurants de fortune occupent tout l'espace, l'animation est surprenante. Une multitude de spectacle y sont présentés. Des charmeurs de serpents, des dresseurs de singes, des saltimbanques, des jongleurs, des clowns, on peut y déguster de succulents jus d'oranges ou de pamplemousses, y goûter des fruits secs, y acheter des épices multicolores. Des échoppes, véritables hypermarchés de produits artisanaux la borde. De quoi y passer une journée entière. Cet univers de fripiers et de porteurs d'eau, d'artisans et de gueux, de maquignons, de forts en gueule, de garnements, de débrouillards, de charlatans, de cartomanciens, de tartufes, de docteurs à la science infuse, tout ce monde Rabelaisien ouvert et insouciant, qui on fait se ressembler les sociétés chrétienne et islamique. Oui, il faut s'abandonner totalement, repousser nos carcans d'occidentaux et y plonger en immersion totale pour ressentir ce que cette place à de magique, il faut respirer Jamaa El Fna ! Non, finalement, je ne regrette pas le hammam...
Je retourne au riad en traversant rapidement le quartier des tanneurs, le repas d'après course attend les valeureux coureurs. Je retrouve avec plaisirs mes compagnons du jour, Cécile, Olivier et Thierry. Pour que la fête soit complète, j'aurais également aimer retrouver Laurence... A-t-elle terminée ? N'a-t-elle pas trop souffert ?
Le repas est joyeux, nombre d'entre nous arborent fièrement la médaille du marathon, le petit nain a fini une étape... Vivement Tahiti !
Nota : Je tiens à remercier l'ensemble de la communauté, nous avons là une fine équipe comme me dit de temps en temps mon papa.
Cette fois, c'est fini
Les photos ont été prises principalement par les membres CLM et Olivier.



