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Les off de Paula Radcliffe

Les off de Paula Radcliffe

Histoire de compléter l’interview de Paula Radcliffe dans le dernier numéro de Running pour Elles et parce que je n’avais pas assez de place pour tout mettre, je vous confie 2 off qui m’ont bien amusé et qui surtout la rendent encore plus proches de nous !

Les chocolats…

Le responsable des athlètes de Nike vit en Hollande. Il passe souvent par Bruxelles pour venir ensuite nous rejoindre sur des compétitions partout dans le monde et il sait que j’adore les chocolats belges. Alors il s’arrange toujours pour m’en amener une boite où que je cours. Une fois, alors que je gagne un marathon sur lequel j’étais engagée, il vient m’offrir ma belle boite sur la ligne d’arrivée de façon symbolique en fait et je fonce au contrôle anti-dopage comme toutes les filles du podium. Quand enfin je sors de là, que je suis montée sur le podium et que je m’apprête à rentrer à l’hôtel, il me dit : « je te retrouve là bas et on ouvre le champagne pour fêter ça. On pourra ouvrir la boite de chocolats pour aller avec ». Euh quels chocolats ??? Ça doit se manger vite les chocolats belges non ?

Ma fille

Ce n’est pas toujours facile de tout concilier et je suis une maman à temps plein, je veux participer à toutes les choses qui comptent dans sa vie de petite fille. Elle voulait que je l’inscrive à un cours de gym et je lui disais tout le temps « maman court son marathon et elle s’en occupe tout de suite après, promis ». Je cours mon fameux marathon et alors que comme souvent quand elle est sur une course avec moi je vais l’embrasser juste après avoir passé la ligne elle me dit « bon ben maintenant ça y est tu l’as couru, on va m’inscrire à mon cours ? ». « ma chérie, maman va faire son contrôle, monte sur le podium, et oui après on y va. Mais il faut aussi qu’on rentre chez nous, nous ne sommes pas dans le bon pays ! ».

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Running pour Elles 9 est là !

2 ans déjà…

Que le temps passe vite… A tous ceux qui se demandaient si un journal uniquement destiné aux femmes avait sa place dans le monde du running, le succès grandissant de Running pour Elles est notre meilleure réponse. Mois après mois, nous avons trouvé notre place et nous continuons encore à évoluer afin de répondre au mieux à vos attentes. N’hésitez pas d’ailleurs à nous contacter pour nous faire part de vos idées, vos envies !

Ce numéro sera un peu une réponse à Pascal, notre « homme » qui dans sa rubrique se demande si la femme « coureuse » est l’avenir de l’homme. Lorsque vous ferez connaissance avec Paula Radcliffe, notre plus grande championne sur marathon, Linda une américaine incroyable qui met sa notoriété et ses runnings au service d’une grande cause, avec notre équipe 53 partie relevée un défi totalement fou sur le Raid Amazones L’Arbre Vert, avec notre première équipe Running pour Elles sur le relais de la SainteLyon, vous aurez votre réponse. Vous retrouverez Sylvaine et ses rimes, Stella et ses chaussures, tous ces visages qui vous deviennent familiers, numéro après numéro.

L’année 2012 arrive et comme souvent il y aura de bonnes résolutions, que l’on tiendra 2 jours ou pas d’ailleurs… Nous avons décidé pour notre part de continuer à vous donner envie de courir, de vous donner envie de relever des défis quel qu’il soit, parce qu’il n’y a pas de petite course, il n’y a pas de petite distance, il y a uniquement le plaisir d’aller au bout et de réussir votre pari. Et pour vous donner encore plus envie, nous paraîtrons dorénavant tous les 2 mois !

Bonne année 2012 et surtout faites vous plaisir !!!

Cécile

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Toute première fois par Brinouille

Toute première fois par Brinouille

Passionnée de course à pied comme nous le savons toutes ici, Brinouile a chaussé ses runnings pour suivre le marathon de Vincennes et des bords de Marne. L’occasion d’encourager inlassablement les participants et de découvrir avec passion l’éclosion d’une marathonienne.

Toujours dévouée aux marathoniens en détresse, je fais la supportrice azimutée (ou survitaminée) au kilomètre 35 du marathon de Vincennes, lorsque soudain arrive Marion…

35ème km, pile à la naissance d’un faux plat montant, et pour décor les rousseurs du bois de Vincennes en Octobre.  Sous un soleil clément je savoure ma place stratégique de supportrice. Premier coureur dans les 2h30,  vétéran conquérant aux cheveux argent. 2ème plus jeune, 3ème à 4mn au km tout rond… J'applaudis encore 3 dizaines de gars, puis arrive la première féminine dans les 3h . je me mets à cavaler derrière et l'encourage durant une centaine de mètres. J’aime vraiment bien supporter les runneuses pour 2 points : premièrement je suis une femme, alors les chronos des femmes ça m’intéresse, et une marathonienne  en 3 h forcément ça me parle. Deuxio ce n’est pas parce qu’elles cavalent  un marathon en 3 h que la plupart des femmes refusent une conversation,  même si l’intensité de la course les amène à l’essentiel. La première est justement en plein effort et affiche un visage contracté, mais son regard sûr et affirmé laisse deviner l'expérience et la maîtrise. Je lui cavale derrière :

- 1ère femme, Waouuu ! lui dis-je enthousiate

- Je ne suis pas contente de mon temps » me souffle t’elle

- OK tu n’es pas contente, mais tu es première, ça me plairait bien à moi ça ! »

Elle se marre, acquiesce et m’invite à l’accompagner. Me voilà bien flattée que ma foulée fasse illusion, mais  j’ai un petit 5 km de reprise dans quelques jours moi, pas d’excès de pétulance, pas de nouvelle blessure…je la laisse sagement filer avec mon incorrigible envie de runneuse qui voudrait courir toujours plus et toujours plus vite, comme elle.

Quelques minutes plus tard, je vois passer la seconde femme, puis pas très loin derrière la troisième. Pour peu, sans dossard je l'aurais confondu avec une joggeuse zélée :  joli brin de fille, foulée déliée, corps et visage frais, expression heureuse…au km35 !

Alors mon expérience de marathonienne flaire le moment rare.

Elle n’est pas très grande mon expérience, elle se compte sur les doigts d’une main. mais elle est menée avec investissement, passion, et jusqu’au bout de l’intensité.  Assez pour garder vivement en mémoire le mur qui nous fait jusqu’à se demander pourquoi on est là et pourquoi on court, la fatigue des cuisses qui au 35ème km laissent plier un peu plus les genoux à chaque appui,  et les ondes de rébellion musculaire des mollets à chaque impact supplémentaire. Je sais désormais lire sur les visages et les corps la crampe qui guette, la tendinite qui fait de nous des tours de Pise, la douleur qui s'installe point par point de la nuque aux pieds et qui devient si présente qu'elle demande d’aller chercher des ressources inédites dans la tête pour ne pas s'arrêter. Et il y en a de la ressource dans la tête de cette fille,  plus encore que dans ses jambes ! Ses yeux bravent la douleur tant ils brillent, et dégustent chaque mètre de bitume de ce 35ème.

marion_marathon_vincennes

Alors que je l'accompagne  et lui annonce sa place, elle me regarde, irradie encore plus et me dit le pressenti :

- c'est mon premier marathon, et je ne sais même pas sur quel chrono je suis.

- Miss, t'es sur les temps d'une P..... de bonne marathonienne !

Pardon pour cette affreuse expression familière, mais ma réponse est sortie comme ça, à la Scorsese version frenchie, une réponse exaltée mais vraiment sincère. Et efficace, car je sens la miss galvanisée. Elle déguste cette fin de petite côte avec une énergie décuplée, à la conquête des 7 derniers kilomètres de son premier marathon, en 3h17mn35 secondes, et de son podium, avec une fraîcheur nourrie du plaisir immense que j'ai connu moi aussi un jour d’avril 2007, car un premier marathon parfaitement réussi, c’est pour une runneuse comme une toute première nuit d’amour idyllique: c'est rare, c'est beau, et elle s'en rappellera toute sa vie

Sabrina alias Brinouille

 

   

Courir de plaisir ! Par Hélène Maman

Hélène je l'ai rencontré lorsque j'étais licenciée à l'EAMYA, elle courait vite et je me disais souvent quand je serai grande moi je veux faire Hélène comme métier ! Une vraie foulée de gazelle ! Elle écrit également pour faire partager sa passion et je me suis dit que ce serait la moindre des choses de lui faire une petite place sur notre site. Bonne lecture !

Cécile

Et courir de plaisir…

Combien de fois, au cours d’un footing ou d’une séance d’entrainement, avez-vous été interpellé par un passant ou un randonneur vous demandant si vous préparez une compétition ou si vous courrez pour le plaisir ?

Mieux encore, ne vous est-il jamais arrivé d’obtenir comme réponse à la question :

-         « vous préparez une course ?

-          non, non, je cours pour le plaisir ! »

Y aurait-il vraiment une opposition, en termes de plaisir, entre s’entrainer en vue d’une compétition et courir pour profiter du grand air, ou d’un beau paysage, ou encore pour se détendre à la sortie du bureau… ?

Il est difficile d’imaginer qu’un athlète compétiteur passe des heures sur un stade sans y éprouver du plaisir. Au contraire, souvent plus on court et plus on a envie et même besoin de courir. Et c’est justement parce qu’on y éprouve du plaisir. Le rôle des endorphines à ce niveau a été prouvé par  Docteur Henning Boecker de l’Université de Bonn et les résultats de cette étude ont été publiés dans la très sérieuse publication Cerebral Cortex.

La différence entre les coureurs compétiteurs et les autres se situe plutôt au niveau de la motivation. Les uns recherchant une motivation dite « intrinsèque » c'est-à-dire liée directement à la pratique de l’activité alors que les autres, les compétiteurs, seraient plus influencés par une motivation « extrinsèque » c'est-à-dire liée à des éléments indirectement liés à la pratique, comme par exemple l’envie d’obtenir une récompense.

Mais pour tous ces coureurs, si la pratique de la course à pied n’entraine pas ou plus un sentiment de plaisir, il y a fort à parier que l’entrainement cessera rapidement. L’objectif de cet article est donc de donner quelques pistes pour vous permettre de varier les conditions de course et ainsi éviter de sombrer dans la monotonie et la lassitude qui sont souvent à l’origine de l’abandon de la pratique.

La nouveauté et la surprise sont des facteurs de maintien de la motivation. A vous de les susciter et de faire preuve d’un peu d’imagination !

Tout d’abord un premier moyen de lutter contre la monotonie est de varier le type de séance. Alterner par exemple une séance de course à allure régulière, une séance de fractionné (alternance de périodes de courses à allures variées) et des séances de course à allure progressivement accélérée. En fonction de vos objectifs et de votre niveau, ces allures et les durées des différentes périodes seront variables.

Ainsi pour une séance d’une durée totale de 45 minutes de course : il existe une infinité de façon de répartir votre effort et ainsi de varier les sensations :

1/ 45 minutes à allure régulière

2/ 15 minutes à allure lente puis 20 minutes de fractionné de type 30 secondes de course à allure soutenue alternées avec 30 secondes de course lente puis 10 minutes de footing

3/ une course progressivement accélérée toutes les 10 minutes environ

4/ une course où les changements d’allure se font en fonction de ses propres sensations, sans se soucier du chronomètre

5/ une course où les changements d’allure se font en fonction du relief (accélérer dans les cotes, ralentir en descente) ou en fonction des changements de direction (accélérer sur une ligne droite, ralentir au changement de direction, puis ré-accélérer au changement de direction suivant)

Un autre levier pour varier les séances est d’alterner entre des séances en groupe et des séances en solitaire. Si vous avez l’habitude de courir en groupe, essayer de faire un footing seul et laisser libre cours à votre réflexion. Votre cerveau s’évadera, et vous vous surprendrez à rêver ou au contraire à réfléchir à des sujets plus ou moins importants.  En prime, vous constaterez que vous aurez les idées claires et vous poursuivrez facilement cette réflexion après votre séance.

En variant vos parcours d’entrainement, vous aurez aussi un autre aperçu des lieux que vous traverser et vos sensations en course évolueront. Essayer par exemple tout simplement de changer le sens de votre boucle, le début devient la fin, vos repères ne sont plus les mêmes et ce sont toutes vos sensations qui changent. De plus, en inversant le sens de votre course, vous vous sentirez mieux à un endroit où d’habitude vous éprouviez peut être plus de difficulté et vous apprécierez mieux cette portion du parcours. Or, comme notre cerveau anticipe ces sensations de bien être et au contraire de souffrance en fonction à nos expériences passées,  en modifiant le sens du parcours, vous éviterez ces mauvaises sensations. Et quand vous referez votre parcours dans son sens habituel, l’impression de difficulté ou de lassitude que vous ressentiez à un endroit précis du parcours aura disparu ou sera déplacée.

Essayer de trouver différents parcours dans un cadre différent : un parcours en forêt, un parcours en bord de rivière, un parcours en ville, en privilégiant les parcs pour limiter l’inhalation des gaz d’échappement et en recherchant un maximum de chemin ou pelouse à la place du goudron qui est beaucoup plus traumatisant pour vos tendons et articulations.

Faites l’effort d’être attentif à l’environnement qui vous entoure. Pour cela, laissez votre lecteur MP3 à la maison et écouter les bruits de la nature qui vous entoure. Ecoutez le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les branches, le clapotis de l’eau ou le silence de la nature… Imprégnez vous de cette musique naturelle, laissez libre court à votre imagination, détente garantie ! Si vous avez l’habitude de courir en musique ou en ville, dans un environnement sonore bruyant, il vous faudra peut être quelques sorties pour  retrouver ces sensations et entendre ces sonorité que vous avez oublié ou auxquelles vous ne prêtez pas attention.

Pour changer l’ambiance de votre entrainement, changez l’heure de vos séances. Que ce soit en ville ou en campagne, selon le moment de la journée, l’atmosphère n’est pas la même. Le matin vous sentez la nature qui s’éveille, la brume encore présente, les oiseaux sont encore endormis, seuls quelques uns vous saluent au passage. La ville aussi s’agite doucement. Les lieux remplis d’une foule frénétique en pleine journée semblent vous être réservés. Vous êtes libres : libre de vos mouvements, libre de votre rythme de course, libre de lever les yeux pour regarder les façades des immeubles qui vous entourent au lieu de garder le regard fixé sur les autres usagers, de manière à ne pas entrer en collision avec eux. Vous croiserez le commerçant qui prépare sa boutique avant l’arrivée des premiers clients, vous sentirez l’odeur du pain chaud devant la boulangerie et apprécierez encore plus le plaisir de courir en voyant un homme d’affaire sortir de chez lui, mallette sous le bras, et monter dans sa voiture alors que vous bénéficiez encore d’un peu de répit !. En prime, après un footing matinal, vous serez en forme pour toute la journée, doté d’une énergie saine et durable. Une journée de bureau ou de tension se supporte beaucoup mieux quand on a mis son corps en mouvement dès le matin.

A l’inverse le soir, appréciez le coucher de soleil, les lumières orangées, le retour au calme. N’hésitez pas à vous arrêter pour vous étirer dans un endroit qui vous plaît particulièrement, en bord de rivière par exemple, et laissez vous imprégner par ce calme, respirez à plein poumon, laissez échapper les tensions accumulées dans la journée. Courir dans la pénombre exige une plus grande attention visuelle, soyez vigilent à le pose de vos appuis et préférez des courses à allure modérée afin de ne pas vous blessez.

Courir doit rester un jeu. Une petite montée, allez, j’accélère jusqu’en haut ! Je défie le cycliste qui passe à coté de moi. Je fais un petit sprint dans le sable, évite les vagues. Je défie mon compagnon d’entrainement : « le premier arrivé au croisement suivant à gagné », etc… Appréciez la sensation de vitesse lors d’une course en faux plat descendant, sentir ses jambes nous dépasser, allonger la foulée, se laisser entrainer par la vitesse. En courant sur un sentier en forêt, je m’amuse du défilement des arbres dans mon champ visuel, plus le sentier est étroit et technique, mieux c’est. Il en est de même en descente. En prime ces petits jeux sont de bons moyens pour améliorer ses appuis et avoir des appuis actifs.

Alors chaussez les baskets, variez les lieux et les ambiances, ouvrez vous à votre environnement, osez vous évadez au sens propre comme au figuré, et ainsi le plaisir de courir demeurera … Ces petits trucs permettent au coureur entrainé et performant comme au débutant qui ne recherche pas la compétition de conserver le plaisir de courir, tout en se donnant les moyens de progresser. Car ne l’oublions pas, le plaisir vient aussi du fait de se sentir compétent, mais c’est une autre histoire…

Hélène MAMAN, professeur d’EPS et sportive passionnée

   

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