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Je ne suis pas un numéro, je suis une coureuse libre !
Écrit par Cécile Lundi, 10 Octobre 2011 09:15
Tiens ça faisait longtemps que je n'avais pas donné mon avis !!!
Cécile
Je ne suis pas un numéro, je suis une coureuse libre !
Oui je sais, ce titre est honteusement inspiré de la célèbre série « Le Prisonnier » que je n’ai jamais pu voir en direct d’ailleurs n’étant qu’une étoile dans le regard de ma mère au moment de sa diffusion. Cette réflexion m’est venue suite au grand débat sur CAF concernant les hommes, les femmes… la vie. Je me demandais s’il y avait réellement une différence entre les hommes et les femmes sur la façon d’aborder notre sport. Et j’ai pensé aux chiffres.
Sans vouloir tomber dans la caricature, je m’amuse à un petit jeu à chaque fois que je rencontre un marathonien (le masculin est fait exprès !!!) et je compte dans ma tête le nombre de secondes qu’il va lui falloir pour me donner son temps de référence sur la distance… J’ai un record à 8 secondes chez un homme qui a certes valu ce temps, je ne mets pas sa parole en doute une seule seconde, il y a environ 30 ans, mais qui aujourd’hui pourrait atteindre les 4h30 à condition que ce soit un parcours en descente exclusivement et qu’il se mette des patins à roulettes aux pieds… Mais pourquoi s’accroche t il autant à ces 3 foutus chiffres ??? Evidemment j’ai jugé inutile de vous préciser que le premier chiffre était un 2 ! J’ai, je l’avoue, rarement rencontré un homme qui me dise super fier : « je vaux 5h30 sur marathon » ou alors il me parlait du Médoc…
Est-ce que ce comportement s’explique par le fait que l’homme aime mettre des chiffres sur tout ? Ça commence dans la cour de récré avec un double décimètre non ? Le meilleur est celui qui a la plus longue il me semble ? (Petit aparté : est-ce que cela explique le récent engouement vis-à-vis des longues distances ? Rappel de l’enfance à celui qui aura la plus longue à son palmarès ?).
Comme pour les filles c’est un exercice un peu plus difficile, ce sera le tour de poitrine qui comptera les premières années de l’adolescence, chiffre qui doit être inversement proportionnel à celui de nos fesses. Tu parles d’un truc facile à faire toi ! Après il mettra des chiffres sur sa voiture, son moteur… Ses qualités professionnelles seront jugées en fonction de ses primes, ses objectifs, ses %.
Il y a aussi les chiffres de la balance qui deviendront une obsession pour les hommes comme pour les femmes. Je n’en reviens toujours pas quand un homme est capable de me sortir son taux de masse graisseuse… je sais c’est idiot mais moi à chaque fois je suis sidérée… Surtout que généralement, c’est un truc tout sec sur lequel il n’y aurait rien à manger sur une île déserte qui te dit ça, l’air un peu inquiet devant sa balance qui a pris 250g cet hiver.
Il y a les chiffres du QI, le truc le plus stupide qu’on ait inventé et qui permet de ranger de nouveau les gens dans des cases…
Il y a le nombre d’enfants que tu as : de 1 à 2 ça passe, le 3e « oups un petit accident c’est ça ? », 4 et plus « il reste encore des cathos intégristes en France ? » ou « tu es allergique à la pilule c’est ça ? ». Et au-delà de 10 c’est bien simple on ne comprend pas que la ligature des trompes ne soit pas obligatoire.
Eh bien voilà je vous le dis, je ne suis pas un numéro, je suis une coureuse et une femme libre. Je suis incapable de me rappeler le chrono exact de mon premier marathon mais je me rappelle l’émotion que j’ai ressenti en remontant ce foutu port de la Rochelle qui est beaucoup trop long à mon avis, je me rappelle ce monsieur d’un âge avancé qui m’a fait redémarrer, je me rappelle les visages des gens qui m’encourageaient sur le parcours quand je me demandais ce que je foutais là. Je ne connais pas mon poids exact mais du moment que mes fesses rentrent dans mon jean ma foi je suis heureuse comme ça. Je voudrais bien avoir un corps plus parfait avec des mensurations plus parfaites elles aussi mais voilà ce corps il m’a servi à fabriquer 4 petites merveilles, alors oui, je n’ai plus le poids de mes 15 ans, j’ai des vergetures, oui j’ai un nombril que je ne montre pas pendant les courses et alors ? J’oscille la conscience en paix entre 2 poids, genre fourchette haute et fourchette basse et ça me convient très bien. J’ai refusé pendant mes 4 grossesses de monter sur la balance du gynécologue. J’avais besoin de savoir comment mon bébé allait, pas ma cellulite…
Pour moi la course à pied est un plus dans ma vie mais je refuse qu’on me range dans une boîte, dans une catégorie. Et puis c’est quoi cette obsession ? On ne fait pas du karaté que je sache ? Vous imaginez vous une seule seconde des départs de courses avec des catégories d’IMC ???
Je refuse d’être uniquement une fille qui fait du trail ou qui ne fait que du bitume. Je revendique haut et fort le droit de courir une fois de temps en temps, quand l’envie m’en prend un marathon le plus rapidement que je peux et le week-end, partir avec des copains sur des chemins enneigés l’appareil photo à la main pour profiter au maximum de la chance que j’ai de pouvoir mettre un pied devant l’autre. J’en ai marre qu’on me dise quand je cours un trail « ça c’est la vérité, courir au milieu de la nature, là tu es dans le vrai » et qu’on me dise quand je cours un marathon « ces traileurs de toute façon, tous des marcheurs… ». Mais arrêtons de juger les gens saperlipopette !!!
Et là je vous vois venir : « oui mais dans le trail ce n’est pas pareil… ». Tu parles Charles… c’est comme la solidarité entre traileurs, une légende urbaine !!! Bien sur que l’esprit de compétition existe sur trail comme sur bitume !!! Je ne suis pas prête d’oublier ces hommes se trainant comme ils le pouvaient de leur tente jusqu’au panneau des résultats sur le MDS pour savoir s’ils étaient 536ème ou 537ème et surtout où ils se situaient par rapport à leur copain de chambrée. Et histoire de bien nous rappeler l’ambiance cour de récrée, maintenant c’est liste de matériel obligatoire comme la liste de la rentrée scolaire, et bons points pour avoir le droit à ta belle polaire !
Et oui je sais tous les hommes ne sont pas comme ça tout comme toutes les femmes ne sont pas comme moi, dieu merci d’ailleurs. La diversité des opinions, des points de vue sont pour moi la base même du respect de son prochain. Je considère avoir la chance de vivre dans un pays plutôt libre quand il s’agit d’exprimer ses opinions.
Oui voilà : je mets un dossard sur mon T-shirt de temps en temps mais non je ne serai jamais un numéro.
Cécile

Par chifou, octobre 20, 2011
ah oui alors bonne idée, j'aurai peut être une chance de gagner une coupe un jour!
nan, je rigole...quoique...
Par juju, octobre 19, 2011
Trop contente que tu écrives cela!! C'est si important la liberté!!
La plaisir avant tout dans tout ce que l'on fait!! Gros bisous Juju
Par lolo97320, octobre 16, 2011
Merci de mettre à jour une réalité...
Bisous guyanais d'une accroc aux baskets/... mais pas aux chronos ni aux accessoires...
lolo
Par ushaya17, octobre 13, 2011
Par rohini, octobre 11, 2011
par exemple j'ai monté une équipe de filles pour le triathlon nocturne de Cholet et le challenge était de finir TOUTES ensemble et cela peu importe le chrono.
Je dis pas que ça a été facile, car il y avait des lapines et des tortues et les lapines avaient la semelles qui chatouillait. Mais on a tenu bon
Au final, les garçons du club ne comprennent toujours pas que les 3 meilleures n'aient pas lâché les 2 plus mauvaises pour faire un meilleur chrono.
Je me tue à leur expliquer qu'on s'en fiche et que pour faire des perfs et tout déchirer il vaut mieux un challenge perso sur une course solitaire mais ils me regardent avec des yeux comme des soucoupes.
Par isa13, octobre 10, 2011

Merci pour ce billet.
Par anso, octobre 10, 2011
"Si je vous ai raconté ces détails sur l'astéroïde B 612 et si je vous ai confié son numéro, c'est à cause des grandes personnes. Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais: "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent: "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes personnes: "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit..." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient: "Comme c'est joli !"" Une merveille ce livre... à lire et relire, à chaque fois une découverte, une réflexion... un conte philosophique...
Cela doit être les heures passées dans le sable du Sahara qui relient votre réflexion... ou tout simplement le bon sens...
Par Twister, octobre 10, 2011

Par babou, octobre 10, 2011
Chacun et chacune sa personnalité, sa manière de courir, ses objectifs, son poids et encore toutes ces notions peuvent varier chez une même personne en fonction des moments de l'année ! Et c'est ça la richesse de la CAP, il y en a pour tous les goûts, on peut varier à l'infini. L'essentiel est de se respecter et surtout de respecter les autres, même s'ils n'ont pas la même vérité que nous.
Par darkmoon, octobre 10, 2011
) et moi qui ne sait même pas quand je rentre si j'ai couru une heure ou 1h15...tout ça dans le plus grand respect et quelques sourires ,on a trouvé chacun notre voie pour l'instant,j'aime la nature ,il aime la route,j'aime le long ,il aime le court,j'aime le chaud,lui pas...Mais on pratique le même sport,on partage... Et si on ne veut pas entendre parler de chiffre,on peut toujours faire plutôt des off,des sorties de groupe sans chrono ,pas besoin de s'inscrire à des courses ou il est inévitable chacun à son niveau de se comparer,d'essayer de grappiller quelques minutes et d'étaler fièrement (ou pas ) ses meilleurs chrono...
Par Barbie, octobre 10, 2011
Cécile
Par Nathou, octobre 10, 2011
Finalement, nous sommes tous des coureurs différents et un coureur différent selon les périodes de l'année, de la vie. Les petits oiseaux, c'est bien, la musique qui booste aussi.
La balade, c'est bien, un 5km à fond les ballons aussi
Non, nous ne sommes pas des numéros, oui nous sommes de sacrés numéros!

Par Heidi, octobre 10, 2011
Je serais toutefois encore plus générale dans le thème "je suis une coureuse libre". Si bien entendu je cours pour mon plaisir, celui de me sentir en forme et tout ça, il y a aussi en moi un côté "performeuse" qui parfois se manifeste. J'ai la même motivation à envisager un semi sur route avec un bon chrono (à mon niveau bien sûr) qu'un long truc en montagne. C'est une question de moment, d'opportunité, d'envie. Et je vois du même oeil celui qui pétouille pour 3 sec sur un marathon en 2h53'45 que celui qui dit se balader durant 4h45 sur la même distance avec le plus grand plaisir!
Par Maelys, octobre 10, 2011
?? J'ai fait un petit trail ce week end pour mon retour à la compétition et j'étais affolée de voir la surenchère en matière de chrono, de classement.... la dernière fois c'était en 2009 et j'avais pas ressenti cet effet.... l'élitisme est bien présent dans le trail comme ailleurs ne nous leurrons pas.....il y avait la caste avec les manchons de compression et la caste sans.... mais nous au moins on se prenait pas au sérieux !!
Par yanne, octobre 10, 2011
Par lestef, octobre 10, 2011



BRAVO CECILE