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La faune du bois de Boulogne
Écrit par Cécile Lundi, 12 Septembre 2011 09:13
La faune de Boulogne
Le fameux bois situé aux bordures de la capitale a la particularité d’accueillir en son sein plusieurs espèces rares qui se réveillent à différentes heures de la journée. Dès que le soleil se couche des êtres sortant de nulle part au genre indéfinissable viennent là pour s’adonner au plus vieux métier du monde si l’on en croit les historiens qui se sont penchés avec passion sur le sujet. A l’aube naissante, dès que le soleil reprend ses droits, une autre population surgit pour s’adonner à une activité tout aussi ancienne : la course à pied. On ne dit plus coureur d’ailleurs, c’est cheap et surtout associé dorénavant à une autre activité qui m’a pas grand-chose à voir : le 7 min douche comprise en chambre new yorkaise. Aujourd’hui on dit runner, mot devant lui aussi des US, pays où le footing est né, la boucle est bouclée.

Prenons le temps d’observer un peu cette faune étrange qui se rafraîchit au bord des lacs du bois avant de s’élancer dans les contre-allées et autres chemins libres de toute voiture mais pas des vélos qui se battent tels des fauves pour avoir leur morceau du gâteau et une place dans ce territoire.
Il y en a de toutes les espèces, de toutes les formes et les observer tranquillement assise sur une barrière est un exercice fascinant à faire :
- celui qui court comme si le feu venait de prendre dans le bois et que sa vie en dépendait ou celui qui a l’inverse court tellement lentement qu’on a juste envie de lui dire qu’il y a un cours de marche nordique pas très loin et que ce sera parfait pour lui, tout aussi efficace en faisant en plus travailler le haut de son corps.
- Celui qui court mais pour de vrai, pour faire un temps, qui suit un plan et qui se précipitera en rentrant chez lui pour basculer les précieux infos récoltées par son meilleur ami, le cardio. Il notera également la météo, le taux d’humidité, le vent, le modèle de chaussures qu’il porte ce jour là, bref tout ce qui peut avoir influencer en bien ou en mal sa séance dominicale.
- Celui qui clairement est là pour tenter de perdre du poids et qui croit que courir 1h le dimanche l’aidera, mettant en l’air tous les efforts consentis en reprenant 3fois du gratin dauphinois chez Maman 2 heures plus tard.
- Celui qui court pour s’aérer l’esprit en se bouchant les oreilles et en se détruisant les tympans à coup de musique house pour se rappeler l’époque où à cette heure là il sortait de boite et tentait d’absorber le trop plein de liquide alcoolisé à coup de kebab aux origines incertaines.
- Celui qui ne court pas vite mais qui envoie un message clair en portant le tee shirt finisher ou le buff de n’importe quel ultra de légende, histoire de bien remettre les choses à leur place, non mais…
- Ceux qui se déplacent en troupeau ravageant tout sur leur passage, souvent à un rythme soutenu ne laissant aucune chance aux autres runners qui ne sont pas capables de suivre la musique.
- Les couples qui s’entraînent ensemble avec le male dominant veillant au bien être de la femelle en prenant en charge l’eau et la nourriture.
- Celui qui devrait se voir dans une glace quand il court et qui comprendrait qu’il est mieux avec son tee-shirt que sans.
- Celui qui court avec un polo au célèbre crocodile, la race des seigneurs si l’on en croit les écrits d’un intellectuel norvégien qui manie les armes à feu autant que le clavier pour bien faire passer son message et surtout un bermuda, le même qu’il prendra pour aller faire un 18 trous à St Cloud.
- Celle qui court (parce que c’est toujours une femelle !) dans une tenue qui laisse à penser qu’elle croit que le réchauffement climatique va, comme dans le chef d’œuvre cinématographique « le jour d’après » entrainer une ère glaciaire tellement rapidement qu’il vaut mieux être prudente…
- Celles qui courent entre elles parce qu’elles le valent bien et qu’il ne faut pas trop chercher.
- Celles qui assument sans complexe leurs vergetures, leur cellulite, en portant un short fendu qui ne pardonne rien mais elles s’en foutent parce qu’elles considèrent à juste titre qu’elles ne sont pas un paquet de cellules graisseuses. Amusant de constater que souvent elles sont d’une génération qui nous a ouvert des portes en brûlant leur soutien gorge pour démontrer au monde qu’elles n’étaient pas juste une paire de seins.
- Celle et celui qui comme moi est là pour le plaisir de courir un peu, de sentir son corps se réveiller après une nuit de sommeil bonne ou mauvaise et qui prendra un plaisir sado maso à sentir chacun des muscles de ses jambes légèrement douloureux pendant la douche.
Je n’ai attendu mes amis que quelques minutes à côté de la cascade mais la faune des runners était passionnante à observer. Prenez le temps de le faire, de lever le nez de votre cardio parce qu’on ne sait jamais, cette population sera peut être un jour être en voie d’extinction !


Par anso, septembre 14, 2011
Trop vrai. Je gare ma voiture chaque matin le long de Longchamp et croise ainsi de nombreux (ses) coureurs et c'est tout à fait ça! Pour ma part je préfère également le parc de Saint Cloud comme JP75018, on y croise les mêmes spécimens + le dimanche matin, il n'est pas rare de croiser un groupe de pompiers et... on ferait presque exprès de faire un malaise tant ils sont athlétiques 
Par jp75018, septembre 13, 2011
Pour un vrai coureur (j'ai horreur des anglicismes), le Bois de Boulogne ne soutient pas la comparaison avec le Parc de Saint-Cloud qui n'est pas loin.
Entres autres inconvénients :
- Coupé par trop de routes ouvertes à la circulation
- Trop plat
- Environnement poubelle dans de nombreux endroit
Par Cheyenne, septembre 13, 2011
Par Barbie, septembre 12, 2011
Cécile
Par Marie24130, septembre 12, 2011




Moi j'alterne, Bois de Boulogne et Parc de Saint Cloud... et j'aime bien les deux