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Écrit par Cécile Lundi, 30 Janvier 2012 09:23
Ultra India Race 2012 : teaser

Valérie et moi perdues au milieu d'une plantation
Comment mettre des mots sur le bonheur ? C’est marrant quand même, parce que sur le malheur ou les mauvais souvenirs, on a parfois moins de mal, on veut juste cracher le morceau le plus loin possible pour en finir mais quand il s’agit de moments de bonheur, on a presque envie de les garder pour soi, pour les protéger.
Je ne vais pas vous faire un CR comme j’en ai l’habitude parce que, dure loi du marché, j’ai réservé l’exclu de ce texte pour Runner’s word ce qui m’a permis d’en financer une partie. Je sais c’est un peu injuste mais je pense que maintenant que nous nous connaissons bien vous comprenez qu’il y a aussi la réalité de la vie et ces contraintes bassement matérielles. Mais il m’est impossible de ne pas vous raconter quand même un peu de cette belle aventure et pour cela je vais me servir de 2 ou 3 personnages qui ont fait de ce film une grande production bollywoodienne !

Valérie au départ, prête au combat !
Valérie : je l’ai rencontrée sur la Transahariana et même si elle avait fait la course en tête j’avais eu le temps de sentir que j’avais à faire à une grande dame du trail, une femme intelligente, cultivée, d’un courage et d’une force mentale inouïe. En fait, j’y pense seulement maintenant, je la déteste parce qu’elle est tout ce que je voudrais être !!! Nous avons vécu nos 2 premiers jours de course ensemble et j’ai tenté par tous les moyens de m’accrocher mais j’ai vite compris qu’il y a un moment où il faut rendre les armes et accepter qu’un vélo ne sera jamais aussi rapide qu’une mobylette à moins de mettre du red bull direct dans le carbu ! Mais nous avons profité de ces 2 jours pour faire plus ample connaissance, parce que ce n’est pas parce qu’elle vole dans la montagne qu’elle ne parle pas ! J’ai vécu les 3 dernières étapes seule mais portée par sa force et je lui en suis éternellement reconnaissante.

Une hallucination bien réelle !
Alexandre Debanne : vous me direz mais que vient faire ce mec dans mon histoire ? Eh bien croyez-le ou pas, j’ai vécu une histoire digne de la 4ème dimension grâce à lui. Alors je vous raconte pour celles qui ne connaissent pas encore touet l’histoire (il en reste vous croyez ???). Je commence le sport avec le Raid Amazone dans des conditions assez agréables puisque je suis sur l’Ile Maurice, en quecha ok mais sur l’Ile Maurice quand même. Pour l’épreuve VTT, art que je maîtrise autant que le vélo de course c’est dire, on nous a rajouté un petit challenge supplémentaire : les 35 premières équipes auront le droit à une visite d’une plantation de thé. Ne cherchez pas pourquoi mais moi ça m’a donné des ailes et je me suis retrouvée à boire ma tasse de thé à la vanille heureuse comme tout de vivre ce petit moment hors du temps et de la course. Alors que nous partons à l’assaut de notre première plantation de thé, nous bavassons allègrement avec Valérie et je lui raconte tout ce que j’ai retenu de cette expérience, en lui précisant bien à quel point tout cela a bouleversé ma vie. Je lui raconte aussi que par le plus grand des hasards, Alexandre était là en invité le jour où j’ai franchi la ligne d’arrivée de mon premier MDS, comme un symbole de la nouvelle femme que j’étais devenue un peu grâce à lui et son Raid. Et là, alors que je finis à peine ma phrase, apparaissent 3 motos, des Royal Enfield, les motos indiennes légendaires, les Harley locales et il me faut une fraction de seconde pour le reconnaître : le mec avec son sourire à tomber et ses lunettes de soleil, pas de doute c’est Alexandre ! Je crie son nom et malgré le bruit pétaradant des moteurs il m’entend. Heureusement que Valérie a le reflex de sortir l’appareil pour garder une preuve parce que je pense que si je vous racontais cette histoire sans le choc des photos, le poids des mots ne suffirait pas ! Alors voilà moi j’y vois un signe du destin, la preuve que je suis bien à ma place dans la vie que je mène aujourd’hui, pleins de petits trucs comme ça et j’ai su à ce moment là que forcément je finirai bien ma course.

Arrêt au stand pour Fabien
Fabien : quelle est la probabilité pour qu’une fille qui vit au fin fond de l’Allier rencontre et sympathise avec un chauffeur de bus lillois qui fréquente plus les élites que les moteurs diesel de mon genre ? nulle !!! zéro !!! zoubi !!! Et voilà la magie de ce petit monde de l’ultra, permettre ce genre de rencontres improbables. Avec Fabien, nous n’avons jamais couru ne serait ce qu’une seconde ensemble, même blessé il va trop vite pour moi. C’est au campement que nous avons fait connaissance avec des grands moments de rigolade comme un dîner totalement improbable dans un restaurant encore plus improbable, si le mot restaurant peut d’ailleurs s’appliquer à une arrière salle obscure, une table en formica d’un autre âge… Pas de carte, juste un échange résumé à ces quelques mots : « eat ? » « rice ? », « yes » et roule ma poule. Surtout ne jamais chercher à savoir ce qu’on mange, accepter de jouer le jeu et se laisser porter. Il m’a fait découvrir le jus de mangue qui m’a servi de carburant dans mes gourdes. Il a toutes les qualités que l’on cherche sur ce type d’épreuve : il dodeline parfaitement la tête et possède un modèle très rare de Hokka tongs qui devrait faire sa fortune d’ici peu je pense s’il dépose le brevet ! Tout en fréquentant les hautes sphères de la CAP, il a surtout su rester très simple et dieu que cela fait du bien parfois !

Mes chouchous !
Yves et Christian : ah mes 2 chouchous ceux là ! Ils ont su prendre soin de l’épave que j’étais en Australie, ils ont pu enfin voir que je suis aussi capable de passer une semaine sans pleurer ! Mais finalement j’ai un regret aussi d’avoir aussi bien tourné c’est que je n’ai pas pu profiter de leur présence à mes côtés puisque pour une fois je ne débalisais pas !!! Du coup j’ai prêté Christian à Isabelle, l’ange gardien de mes pieds, pour qu’elle profite elle aussi un peu de ses histoires fabuleuses et je me suis arrangée pour quand même stresser un peu Yves pendant la course. Alors que je suis planquée à un CP dans un arrêt de bus pour boire un peu, j’entends sa voiture qui arrive. A peine est il descendu qu’il demande à Jérôme : « tu as vu Cécile ? » avec un fond d’inquiétude dans la voix. Mais oui je suis là, t’inquiète et je vais bien en plus ! Il m’a sacrément touché avec cette simple question. Je lui ai d’ailleurs proposé le poste de régisseur de la plantation de thé que je vais m’acheter au Kérala et il l’a accepté. Comme il m’a si gentiment répondu : « mon job c’est l’humanitaire, je peux bien bosser pour toi ! ».

Isa en mode coureuse !
Isabelle : dans la série des belles rencontres, elle en est la parfaite illustration. C’est notre maman à tous même si bien entendu elle n’a pas du tout l’âge d’être ma mère. Sa passion c’est faire que nous frappadingues de l’ultra soyons sur nos pieds, emballés comme des momies égyptiennes s’il le faut, chaque matin que la course fait. Elle a réussi l’exploit qui mériterait à lui seul un titre dans le Guinness des records de s’occuper de mes pieds, sans les toucher. Ça fait partie de mes petites lubies… je n’aime pas qu’on me touche la plante des pieds, ça chatouille… Elle veille sur nous, nous remonte le moral, sait trouver les mots pour faire repartir le coureur en doute mais sait aussi dire stop avec suffisamment d’autorité pour qu’il rende les armes.

Ils mangent des crêpes !!! Comment voulez vous que la bretonne que je suis ne soit pas heureuse là bas...
L’Inde : aussi loin que mes souvenirs d’enfant m’emmènent j’ai toujours voulu aller là bas. J’ai même failli prendre le voile à 16 ans pour rejoindre Sœur Emmanuelle, c’est dire ma motivation. Vous savez quand votre instinct vous parle, qu’il vous fait comprendre qu’il y a là bas quelque chose que vous cherchez par-dessus tout, une sorte de paix intérieure ? Je ressentais ça avec l’Inde. Et avec New-York, c’est dire si je suis une fille paradoxale ! Il a fallu attendre 41 ans pour que je foule le sol indien mais immédiatement j’ai su que mon instinct était le bon. Immédiatement je suis tombée en amour pour cette région si riche en couleurs, en odeurs, en paysages. Immédiatement j’ai su que je reviendrai un jour c’est certain pour découvrir un peu plus cette partie du monde où j’ai du vivre dans une vie antérieure pour y être tout de suite aussi bien, aussi à l’aise.

Derrière toute course il y a des bénévoles !
J’ai fait un rêve, j’ai fait le rêve qu’un jour, je serai une vieille femme aux cheveux longs grisés par le temps, tressés dans le dos et fleuris de guirlandes odorantes blanches, portant un sari bleu pour aller avec mes yeux délavés par le temps, buvant son thé sur le palier de sa petite maison colorée, assise dans un rocking chair blanc, à regarder le soleil se coucher sur les plantations de thé au loin. Il y aura toujours un sweet lassy pour le voyageur égaré dans ma petite maison colorée…

Cécile
Écrit par Cécile Vendredi, 09 Décembre 2011 20:18
LyonSaintelyon 2011 : Barbie n'aime pas la boue 2, le retour !
Au début je m’étais dit : allez ce coup-ci pas de CR… Le côté « j’aime pas la Saintelyon et je n’aime tellement pas ça, que je te fais l’aller et retour en 24h tiens tant que j’y suis » je vous l’avais déjà servi l’année dernière. Moi agonisante sur les quais, à Lyon, en me demandant ce qui m’avait encore pris de m’engager dans cette aventure, le regard totalement consterné de mes enfants devant leur mère incapable de se relever de la table après le déjeuner dominical pour cause de jambes tétanisées par la douleur… Mais une chose était sûre : dans cette aventure, j’avais adoré l’aller !!! Un vrai bonheur, une vraie rencontre comme la course à pieds nous l’offre parfois, et l’idée de passer à côté cette année me posait un « léger insignifiant petit » problème (private allusion à une citation dans un film, comprendra qui veut !). Alors voilà, c’était décidé, j’allais faire l’aller et sauter dans la voiture de l’attachée de presse pour rentrer bien au chaud à Lyon pour voir arriver enfin les avions à réaction qui doivent avoir des heelys aux pieds pour faire un temps pareil… Vous savez les chaussures avec roulettes intégrées ? Ni vu ni connu je t’embrouille et je te fais les descentes le nez au vent, genre je décolle sur les ralentisseurs. Mais promis juré craché je n’allais rien raconter pour ne pas vous bassiner encore une fois.
Seulement ne rien dire aurait été passer sous silence le travail inouï qu’Arthur et sa famille ont fait pour nous offrir une balade inoubliable. Et ça je ne pouvais pas. Alors c’est parti, on y retourne : « Barbie n’aime pas la boue 2, le retour ! ».

le groupe au grand complet !
On plante le décor !
Question entraînement, je suis comme qui dirait dans du grand n’importe quoi… Donc du classique pour moi. Alors je résume pour ceux qui n’auraient pas suivi : en un mois nous avons le marathon de NY couru tranquillou en 4h09 pour ne rien casser, un semi à Boulogne en 1h50 pour ne rien casser et un marathon de la Rochelle en 3h47 pour tout casser ! Mouais… j’ai connu mieux comme prépa mais comme ils annonçaient de la pluie je me suis dit que je n’avais pas à regretter mes heures prévues à la patinoire pour travailler mon salto arrière triple piqué ! La semaine qui suit le marathon de la Rochelle, force est de constater que tous les voyants sont au vert. Je vais plutôt bien, j’ai fait semblant d’avoir mal aux jambes le lundi mais dès mardi je cours comme une dératée dans mes escaliers. Ouais ça va je sais, ça veut surtout dire que je ne me suis pas assez donnée et que ce n’est pas comme ça que je ferai 3h30 un jour. Mais voilà l’idée commence à germer dans mon cerveau dérangé : et si je risquais la doublette ? Pourtant, je me souviens de l’année dernière et de mon retour totalement pathétique, de moi allongée sur un banc demandant qu’on m’achève… Jeudi soir je n’y tiens plus, j’envoie un mail à mon attachée de presse préférée pour demander si je peux changer le voyage organisé « retour à Lyon les fesses au chaud » par « retour à Lyon les fesses dans la boue ». Vendredi réponse : pas encore sûr mais ça devrait le faire. Je pars donc sur l’ancienne capitale des Gaulles sans vraiment être certaine de pouvoir courir le retour. Mais je considère que ce sera un signe du destin en fait. Si ça marche, c’est que ça doit passer. On s’accroche vraiment à n’importe quoi par moment je vous jure !
Diner des plus excitant dans un resto wok avec nouilles sautées crevettes poulet et dessert délirant avec ananas pour manger toutes les graisses et une montagne de chantilly, de meringue et de caramel ! Tu m’étonnes qu’après ça je me sois endormie comme un bébé !

Ah les quais de Lyon...
Debout plutôt en forme, je finis de me préparer et j’enfile ma tenue de lumière pour descendre à la salle du petit déjeuner, bien décidée à terminer de façon très sérieuse ma charge glucidique. J’adore utiliser des expressions comme celles là, genre « je maîtrise vachement le sujet »… Alors qu’en fait j’ai juste pris mon petit déjeuner normal avec pain, beurre demi-sel, miel et compote. Je m’amuse à observer les gens qui m’observent, moi la fille déguisée en sportive. Je m’amuse à observer ce directeur national qui arrive dans la salle 2 secondes avant la directrice régionale avec laquelle il a clairement passé la nuit, les 2 faisant comme si de rien était. Ah qu’il est bon de constater que le monde du travail est tel que je l’ai laissé il y a quelques années ! Bon, ce n’est pas tout ça, mais j’ai 138 bornes à courir moi ! Je file payer ma chambre tout en demandant à la gentille réceptionniste une paire de ciseaux pour couper les étiquettes de mes chaussures neuves. Comment ça il faut avoir fait ses chaussures avant de courir un ultra ? J’ai dû louper le chapitre dans mon bouquin ! On a rendez-vous à 8h30 et je ne veux pas être en retard. Au moment où je pense ça, un sms tombe, mon inscription pour le retour est validée. Ok, bon ben maintenant il va falloir assurer…
Ça commence bien d’ailleurs puisque le rendez-vous était à 8h00 en fait. J’aime ce genre d’arrivée discrète où tout le monde te regarde et t’attend. Punaise mais je ne suis pas folle quand même j’ai bien lu 8h30 quelque part non ? Ben oui ma grande, l’année dernière tu as lu 8h30, pas cette année… Alléluia je ne suis pas la dernière puisque Jean-Michel, déjà de la partie l’année dernière, arrive encore plus à bourre avec son sac fait à l’arrache avec 2 petites bouteilles de coca en guise de gourdes ! J’adore ce mec ! Définitivement ! Récemment finisher du Tor des Géants, il est la gentillesse incarnée et je me marre toujours à le voir arriver comme ça, genre « tiens ce matin si j’allais courir 100 bornes, j’ai un créneau dans mon emploi du temps ». Quand je pense au bazar que certains font parce qu’ils vont courir 20 bornes… Un stage avec Jean-Michel et zou on n’en parle plus !
Il y a bien sûr Arthur, la biscotte et Thierry qui étaient de la partie l’année précédente. Et le papa d’Arthur, l’homme le plus patient du monde avec moi ! Sont de la partie 15 autres coureurs cette année et tout le reste de la famille Baldur pour la logistique. Parce que cette année attention nous ne jouons plus du tout dans la cour… ça sent le professionnel à plein nez cette histoire. Nous avons même le droit à un buff customisé pour l’évènement ! Heureusement c’est la biscotte qui s’occupe du tracé GPS avec plus ou moins de succès, histoire de redonner un côté off à tout ça ! Photo de départ traditionnelle, au revoir aux bénévoles déjà sur place avec le désormais traditionnel cri de ralliement de notre bande d’allumés : « A demain ! ». C’est fou j’aime ce côté retrouvaille, rien ne change, notre foulée s’installe naturellement. Nous avons signé pour 11h et nous allons en profiter pendant 11h. Une seule chose change : ben elle est où la neige ??? Arthur c’est quoi ce bordel !!! Bon il ne pleut pas vraiment, c’est déjà ça.

Eh ben moi je dis avec un GPS aussi efficace on n'est pas arrivé à Saint Etienne... C'est dans l'autre sens Biscotte !
Et nous voilà partis avec comme premier point d’arrêt, comme l’année dernière, la boulangerie de Souçieu qui va voir débarquer une bande de gentils coureurs déjà affamés. Quand je vous dis que tout cela s’est professionnalisé, j’en veux pour exemple le formidable lâché d’écureuils formidablement orchestré par l’Arthur Team pile au moment de notre passage. Non vraiment du grand art… Après les pingouins de l’année dernière, la LyonSaintelyon c’est mieux que Thoiry c’est moi qui vous le dis ! Enfin non, il y a quand même quelques hics dans cette formidable organisation et ça commence à la fameuse boulangerie. Je peux savoir pourquoi il n’a pas été demandé comme l’année dernière au boulanger de me faire mes petits pains spéciaux avec des graines et des raisins secs ? Je fais comment moi ? Bon ben tant pis je prendrais un flanc mais que ça ne se renouvelle pas ce type d’erreur… ça pique-nique sans le superbe soleil de l’année dernière qui nous avait presque donné des jolies marques de bronzage en plein décembre et c’est reparti. Ce qui est assez miraculeux avec un off c’est qu’on ne ressent pas du tout l’effort de la même façon. On papote avec la petite bande de l’année dernière, ça fait l’accordéon, je passe de la première à la dernière place sans me poser de question. Enfin j’évite la première place autant que possible parce que mon sens de l’orientation n’est pas ma principale qualité. Autant dans un centre commercial, j’ai un instinct qui frôle le mentalist sur TF1, autant dès que j’ai des baskets aux pieds c’est la cata…
En route maintenant pour Ste Catherine, son cimetière, sa salle polyvalente, son terrain de foot et surtout son ravito !!! Là, les choses sont clairement annoncées : le but de ce off est de nous faire prendre 2kg… C’est juste pantagruélique et comble de la joie de la coureuse qui se satisfait des petites choses de la vie, il y a de la bonne soupe chaude avec des vermicelles dedans, tout ça au chaud sous les tentes, privilège négocié d’une main de maître par le papa du grand chef ! C’est bête à dire mais moi cette soupe je l’adore quand je cours longtemps. Et comme il y a un gros sac de m&m’s amené par Jean Michel, je suis juste comblée. Et pour continuer dans le off totalement délirant nous avons même le droit à un petit tirage au sort pour gagner un dossard pour un autre trail, officiel celui là. Et ben moi qui avais dit l’année prochaine les 4 deserts, rien que les 4 deserts, ça y est, ça part déjà en cacahuètes cette histoire… J’ai aussi un autre privilège (oui je sais vous êtes là devant votre écran en vous demandant « mais pourquoi je n’y étais pas !), je vais pouvoir inaugurer de façon solennelle les toilettes super propres avec même du papier dedans !!! Le truc totalement hallucinant pour moi !!! Et comme je sais qu’il y a très peu de chance qu’au retour ce soit dans le même état, j’en teste 3 pour en profiter de ce privilège au maximum !

Le paquet de m&m's tout planqué dans le fond il est à moi ! Merci Jean Michel, toi tu sais parler aux blondes !
Mais il n’y a pas bonne compagnie qui ne se quitte et zou c’est reparti, direction Saint Etienne maintenant, sa ZUP, son palais des Sports, son Quick… Le dernier tronçon sera comme toujours animé par Arthur qui essaye de nous faire croire tous les ans qu’au fond, là, c’est bien le Mont Blanc qu’on voit… Mais oui mon garçon c’est ça… Et si je monte sur tes épaules, je vois la Corse ? Le feu d’artifice de St Etienne spécialement mis en place par l’Arthur Team pour notre arrivée en vue de la ville… Bref du grand, du très grand ! Nous sommes enfin à St Etienne et là les ennuis commencent un peu. Mais pourquoi bon sang, ils ont changé l’emplacement de la ligne de départ. Je sais que je vais me fâcher avec tous les Stéphanois présents derrière leur écran mais bon moi je m’en fous du chaudron et encore plus du stade. Je suis coureuse pour info, pas footballeuse que je sache ! Quoique maintenant qu’elles portent le tee-shirt marinière, totalement ridicule sur les mecs mais plutôt seyants sur les filles, je me pose la question du changement de discipline. Mais je m’éloigne de mon sujet là ! Après un petit jardinage et l’immanquable « j’ai perdu la trace » de la Biscotte, enfin nous y sommes ! Mais ce n’est pas fini, puisqu’il faut encore rejoindre ce foutu palais des sports pour enfin se poser un peu. Je sais que je fais ma grincheuse mais là franchement il faudra qu’on m’explique l’intérêt du truc… Une chose est sûre, nous sommes enfin au chaud, je peux récupérer mon sac de voyage tellement énorme qu’on se demande si je ne vais pas faire 4 allers retours et direction la salle presse pour retrouver les copines. J’avoue, j’adore retrouver maintenant régulièrement mes collègues au fil de nos courses communes. Je sais qu’il y aura forcément Sabine qui n’en menait pas large l’année dernière même si elle s’en est très bien sortie finalement, Sylvain et Christophe les 2 inséparables maintenant sans oublier Pomme l’attachée de presse de la course qui nous fait des miracles tous les ans pour que nous soyons tous bien. Après les civilités d’usage, il faut se rendre à l’évidence : j’ai faim !!!!
Direction le Quick comme tous les ans maintenant. J’ai juste décidé de changer mes habitudes en revenant dîner tranquille en salle presse. L’année dernière je m’étais gelée à cause des courants d’air et je ne veux pas reprendre froid. Je tombe hélas sur un serveur qui a décidé de me rendre chèvre… Attends si tu ne te bouges pas plus mon garçon je vais sauter par-dessus le comptoir pour l’attraper mon long chicken ! Donc le menu de ce soir sera très protéiné pour la récupération musculaire avec des frites pour les sucres lents et un assortiment de petites mignardises au chocolat pour accompagner le café histoire de recharger également en sucres rapides et en caféine… punaise ils font un espèce de muffin miniature avec du nutella dedans, une tuerie orgasmique ! Alors oui je sais j’entends d’ici les critiques, les remarques « comment ? tu valorises la junk food ? ce n’est pas bien tu as pensé à ton cholestérol ? ». Vous savez ce qu’il vous dit mon cholestérol ? Il vous dit que je viens de courir 68 bornes alors si mon cholestérol il a envie d’un long chicken je lui donne un long chicken ok ?
Enfin il faut croire que mon régime alimentaire « ultra » surprend toujours parce que je serai prise en photos à de nombreuses reprises en train de tremper mes frites dans la mayonnaise.
Je me change enfin, j’en profite même pour me faire une petite toilette de chat histoire de ne pas asphyxier le gentil pompier en cas de malaise au retour et j’amorce la partie la plus difficile de la soirée : prévenir chez moi que sur un léger malentendu et malgré mes promesses j’allais m’élancer en courant vers Lyon. N’écoutant que mon courage, et assumant à mort ma décision, j’envoie un sms… Pitoyable… du style « euh tout va bien, du coup je vais rentrer en courant, mais promis je prends mon train de 12h35 comme prévu ». Et j’attends… et j’attends… le téléphone vibre, le sms est là. Anxieuse je guette le « bon maintenant ça suffit tes conneries, tu ne bouges pas je viens te chercher tout de suite » mais je lis « tu as un train à 14h35 aussi. Fais attention à toi quand même ». Là je crie un « ye ah » conquérant, j’ai l’accord de principe, je peux partir l’esprit tranquille. Je retourne à mes petites affaires.
J’avais un souvenir d’un joyeux bordel bien stressant pour laisser nos sacs dans les bus qui repartaient d’abord à Lyon avant de faire ramassage scolaire de coureurs abandonnés et j’avais bien l’intention d’éviter tout ça cette année. Je prépare toutes mes petites affaires, j’en fous partout genre je monte un camp gipsy et je file emmener mon sac de voyage à destination. Je suis tranquille, je peux me reposer les jambes en l’air sur le mur, tout en discutant avec la première représentante de l’équipe relais Running pour Elles. J’observe du coin de l’œil ma copine Sylvaine qui s’occupe de son homme Manu, avec une tendresse qui me fait fondre… Mais pourquoi on ne s’occupe pas de moi comme ça ? Et puis lui d’abord, il n’en a pas besoin qu’on s’occupe de lui, dans 5h il a fini la SteLyon, il est douché, tout propre et il a refait son brushing. Ok, il ne fait pas de brushing… Je l’ai vécu une fois sur un 100km à Millau et j’avoue ça me manque parfois d’avoir à mes côtés sur des courses qui le permettent quelqu’un qui s’occupe de savoir si j’ai faim, froid, soif. Bon allez arrête de rêvasser ma grande, la réalité est tout autre : là tu as un peu plus de
Allez je ne suis pas d'ici...
4ème page de récit et je suis toujours à Ste Etienne… Allez on accélère genre Benny Hill !!! Départ : j’ai cherché les copains mais comme l’année dernière je n’ai vu personne. Je pars tranquillou et là, c’est simple, je pense que 3000 coureurs m’ont doublée… Ok ton amour-propre tu te le mets dans ton camel bag et tu avances à ton rythme et surtout tu feras comme d’habitude, tu vas tous les ramasser les pépères partis trop vite ! Blague à part vous raconter ma course n’a pas un intérêt phénoménal parce qu’il ne va rien se passer de spécial. J’avance sans me poser de questions dans de la glaise qui me fait plus penser à un stage grandeur nature de mako moulage. Je passe aux côtés des coureurs à terre sous des couvertures de survie (à qui je demande toujours s’ils ont besoin de quelque chose, je tiens à le préciser) et je me dis qu’il faut que je fasse gaffe quand même. Je relance dès que je peux courir sans risque et ravito après ravito je fais mon petit bonhomme de chemin. Ste Catherine : il y a toujours les toilettes et surtout un stand petzl. Une gentille jeune fille m’installe un jeu de piles qui me sauve la vie. Je vais doubler sans le reconnaître Biscotte qui fera de même quelques km plus loin, je papote un peu avec Thierry qui file pour finir en moins de 10h. Je vois à presque tous les ravitos Carole une amie FB qui se téléporte sans que je comprenne bien comment. Elle assure la logistique d’un coureur qui sera toujours juste derrière moi. Et j’avance… Et Lyon est là, et je pars à l’attaque de ses foutus quais qui n’en finissent jamais. Je sais déjà que mon objectif est atteint, je serai en 11h ou juste en dessous si je veux bien me bouger un peu le popotin ou plutôt tenter de lever les genoux. C’est fou parce que ce retour est le jour et la nuit par rapport à l’année dernière. Aucun moment vraiment difficile à proprement parlé, évidemment je suis fatiguée, faut pas pousser non plus je ne suis pas un robot mais bon dans l’ensemble ça va. Maintenant ça fait 10 h que je suis en tête à tête avec mon shuffle, il est temps de vérifier si je parle toujours !!! 2 coureurs sont à mes côtés, l’un a un buff avec écrit « corsica » dessus et je me rappelle la réflexion d’un copain corse qui m’avait dit un jour « tu sais on s’entend bien parce que les bretons et les corses sont fait du même bois dont on fait les 3 mâts qui traversent l’atlantique ». Alors je commence à discuter, à expliquer que j’ai fait l’aller retour, ok j’avoue il y a eu comme un flottement genre « non mais elle se fout de nous la fifille ? » et puis nous discutons un peu même si nous sommes tous clairement dans le dur. Nous alternons course et marche et puis enfin le dernier km est là et je donne le top départ. On est venu là pour courir on va finir en bon coureur pavlovien en coureur sur ce foutu tapis bleu. Ok je n’ai pas battu mon record sur 10 bornes mais je trouve qu’on avait fière allure moi ! Nous passons la ligne d’arrivée, j’aperçois un 10h53 ou quelque chose dans ce goût là sur le gros chrono et je suis juste heureuse. Heureuse d’avoir fini, heureuse d’avoir atteint l’objectif que je m’étais fixée sans jamais basculer de l’autre côté, heureuse d’avoir partagé ce moment avec 2 coureurs que je ne connais pas mais qui savent ce qu’on vit, ce qu’on ressent pendant ce moment-là, cet étrange mélange de douleur, de bonheur, de fatigue extrême mêlée à l’excitation du pari gagné contre soi-même. Hasard ou coïncidence, au moment où je passe la ligne Manu monte sur la 2ème marche du podium pour recevoir son trophée. Lui attend ce moment depuis 5h…

Le premier qui touche à mes pim's est un coureur mort...
Je salue mes compagnons des derniers km et je file chercher mon sac qui est cette fois rangé dehors sous des tentes. Comme toujours il n’y a pas de grande difficulté pour le trouver, parce qu’il est un peu seul au monde. Alors que je me traîne, les bénévoles me disent que j’ai l’air quand même un peu fatiguée (non tu crois ?) et je leur raconte que j’ai fait l’aller retour. L’un d’entre eux me corrigent : « non, vous avez fait le retour et l’aller » ! Mais c’est qu’il a raison le garçon ! Direction les douches des femmes qui, privilège exceptionnel sont restées dans le palais des sports. Autre privilège et je tiens à le signaler même si je vais faire rager mes collègues masculins qui n’étaient pas du tout logés à la même enseigne, elles sont chaudes et surtout très propres. Une dame du staff des bénévoles est en charge de les nettoyer en permanence ! Carrément le jour et la nuit par rapport à ma première Saintelyon où les douches étaient plus boueuses que le parcours… Je ne vois aucun de mes petits camarades en repartant mais je me doute que mes « 4 nains » ont fini brillamment connaissant mes loustics et j’espère qu’il en est de même pour le reste de la troupe. Il faut que je file, j’ai un train et j’ai promis de le prendre. J’adore l’ambiance à la Part Dieu où l’on voit des coureurs marcher au ralenti avec le monde qui tourne autour d’eux, beaucoup trop vite… Un sourire suffit à se comprendre, oui moi aussi j’y étais, moi je sais. N’allez pas croire que je ne souffre pas surtout ! Alors que la course s’est passée sans encombre, je descendrais à Moulins avec tellement de difficulté du train accrochée à la rampe que j’aurais toutes les peines du monde à faire croire que si si, 4 h avant je courais pour franchir la ligne !

Allez c'est cadeau, le fameux bois en plein jour avec des feuilles !
Et voilà encore une belle histoire qui se finit. Cette LyonSaintelyon était très particulière pour moi parce qu’elle était presque une revanche sur celle de l’année passée. J’ai le sentiment d’avoir appris à gérer les efforts, à accepter d’oublier mes chronos d’avant pour me mettre à mon nouveau tempo. On ne court pas
Cécile
Écrit par Cécile Lundi, 28 Novembre 2011 23:14
La Rochelle 2011 : toutes les bonnes choses ont une fin…
La genèse
Tout le monde le sait ou presque parce qu’on va peut être un jour relativiser l’impact phénoménal de mes CR qui, après tout, ne sont pas non plus publiés dans l’Equipe tous les lundis !!! mais La Rochelle est la ville où j’ai couru mon premier marathon. Enfin couru c’est vite dit parce que selon les critères convertiens j’ai plutôt galéré sur le semi alternant course et marche comme je le pouvais pour finir ce foutu parcours. Tous les ans ou presque je crois, je me suis retrouvée devant l’espace Encan sachant que l’organisation faisait ce qu’il fallait pour varier les plaisirs en reculant puis avançant les sas. J’ai découvert que dans ce charmant pays on considérait que les femmes devaient courir avec les « vieux » parce que faut pas pousser non plus, on les laisse déjà participer, manquerait plus qu’elles viennent perturber les vrais coureurs par leur papotages incessants… L’avantage avec le V2 c’est que s’il veut être tranquille il débranche son sonotone et roule ma poule ! (pitié les mecs c’est du second degré !!!!!)
La semaine qui précède

La vue de ma chambre
Cette fois je suis dans la place depuis 7 jours pour animer une semaine de thalasso course à pied, initialement destinée aux grandes débutantes. Mais très vite ça part en vrille… Aucune débutante à l’horizon, des expérimentés en retour de blessures (ou même pas d’ailleurs), plutôt en super forme et qui ont décidé de me mener la vie dure. En gros, ça donne quasiment un semi par jour en deux sorties d’une heure avec des vitesses que je réserve à mes semi marathons en forme, des cours d’aquagym où je manque de me noyer à chaque fois en raison de mon équilibre plus que précaire avec les années, bref je suis sur les rotules… J’ai fait semblant au départ d’adopter la cuisine diététique pour voir de quoi il en retourne mais très vite je vide la corbeille de pain, j’envoie Guillaume qui est venu me rejoindre pour une journée au buffet du petit déjeuner discrètement pour me recharger en crêpes, je m’endors dès que je m’allonge sur la moindre table de massage. Bon y a-t-il quelqu’un qui réalise que je suis sensée courir 42 bornes dimanche dans cette maison ???
Pour m’achever, je sais que je suis sensée le courir vite histoire de repasser sous les 3h50 et ainsi décrocher ma qualif pour Boston. Début novembre, je reçois un message d’Olivier que je ne vois plus qu’une fois l’an sur le port rochelais puisque je suis partie vers de nouveaux horizons et que lui est resté sur sa distance de prédilection, le marathon. C’est un peu un Convert bordelais Olivier… Le dimanche, lui, il ne va pas à la messe, il va courir un marathon ! D’ailleurs personne n’est naïf et nous avons tous compris qu’il y avait maintenant une compétition entre les deux pour savoir qui serait le premier à attendre le chiffre symbolique de 100 médailles. Nature de l’échange : « tu viens ? » « ben ouais » « combien ? » « 3h49 et 59sec » « 3h40 » « hein ??? 3h48 » « 3h45 c’est mon dernier mot » « ok », fin de la discussion. Seulement moi, je suis d’une génération qui ne connaît pas les smileys qui pourtant auraient trouvé tout un sens après mon ok !!! Non mais il ne va pas bien le garçon, 3h45 avec ma fatigue, ça ne passera jamais, je le sais. J’ai hésité plusieurs fois à lui envoyer un message pendant la semaine pour lui dire que c’était à La Rochelle que l’on courait, pas à Lourdes mais bon je suis partie du principe que je voyais avec le premier semi et puis qu’il pourrait toujours m’abandonner comme une pauvre otarie au marineland de Nice quand il en aurait marre de m’entendre geindre derrière lui.
Ars en Ré
Samedi, la pression monte !
Je dois récupérer un collègue de Jogging International, mon pire ennemi. En vrai, nous ne nous parlons pas et cherchons juste à nous voler les sujets des uns des autres. Mais non je rigole ! Marco vous le connaissez indirectement pour celles qui lisent la chronique de Marie dans ce fameux journal. Son coach, c’est lui. C’est aussi un copain de mon pote Sylvain qui me l’a présenté à l’UTMB. De temps en temps, il quitte son jardin des Tuileries pour partir à l’attaque du Mont Blanc, avec succès il faut bien l’avouer. En tout cas beaucoup plus vite que moi, ce qui n’est pas très difficile non plus… On passera sur le fait qu’il est un ancien, enfin pas si ancien que ça, mannequin vedette et le portrait est complet (Tati tu confirmes ???). Lorsque je l’ai appelé pour organiser la récupération à la gare, j’en ai profité pour lui dire que la tradition le samedi matin c’était d’aller manger des huîtres avec un petit coup de vin blanc parce que c’est La Rochelle quand même. J’ai eu comme réponse (je cite dans le texte) : « tu fais comme tu veux mais il faut que tu trouves un resto où moi je puisse manger des pâtes avec des protéines blanches »… Ah ouais quand même… Eh ben on va se marrer… Je comprends mieux Marie qui me disait « mais tu sais en vrai il n’est pas drôle ! ». Je me retrouve à chercher une pizzeria qui serve encore à 14h, ce qui en province, nous le savons, tous relève généralement de l’exploit. Il est accompagné d’une autre de ses « élèves » que je connais déjà : Emmanuelle. Comment dire ? A côté d’elle je me sens toute petite et obèse… Facile de faire des temps pareils avec

En vrai il y avait un brouillard à pas voir un marathonien à 2 m !
On papote allègrement mais le temps passe et il faut aller chercher nos dossards. Inutile de vous préciser que je n’ai même pas tenté le fondant au chocolat supplément glace vanille, j’ai bien senti que ça ne le faisait pas. Le précieux sésame en poche, retour sur mon île pour la soirée où nous allons débriefer sur le MDS. Ah parce que l’air de rien il y a au moins un truc que moi je connais et pas lui, ce sont les courses en autonomie alimentaire… Ah ah on m’écoute là !!! On fait moins le malin hein ???
Dîner avec deux assiettes de pâtes, une corbeille de pain allégrement trempouillée dans la sauce des pâtes et zou au lit. C’est d’un fun la vie des marathoniens qui en veulent tiens… 23 heures je dors, 5h55 je me réveille, 5 min avant l’heure prévue comme d’habitude. Mal dormi, comme d’habitude, je te bouscule comme d’habitude… Ah ben non je suis toute seule dans mon king size là. Douche pour tenter de me réveiller, j’enfile ma tenue prévue pour la matinée à savoir robe noire et blanche, manchons assortis achetés à NY pour le marathon, et tongs ! Une semaine en peignoir et claquettes je ne les quitte plus maintenant ! Direction salle du petit déjeuner où Marco est déjà là et il papote avec son voisin. A peine ai-je mis le nez dans la salle que déjà on me pose des questions. Oh là mon garçon il y a un truc à savoir avec moi : avant ma bassine de thé vert même pas en rêve, tu me parles ! Il a ses céréales, son thé matcha et autres réjouissances. J’ai mes tartines, mon beurre salé (rapport aux risques de déshydratation), ma confiture (rapport aux risque d’hypoglycémie) et sincèrement il n’aurait pas été là, j’aurais bien fait un sort aux petites brioches au sucre qui me tendaient les bras en criant « mange moi… oublie qu’il est là… ». Direction La Rochelle parce que c’est là que ça se passe quand même. J’ai donné rendez vous aux filles dans un café à deux pas du départ et j’espère faire comme l’année dernière : garer ma voiture dans un parking secret à deux pas. On récupère Emmanuelle en route et un sms tombe « oublie le parking il est fermé ». Ah mince alors, commence sérieusement à me gonfler là tous, on ne change pas mes plans j’ai horreur de ça ! Du coup je gare ma barbiemobile sous un pont et je finis de me préparer à l’arrache. Dieu que je n’aime pas ça… Je ne suis pas du tout organisée et j’ai besoin de prendre mon temps pour ne rien oublier. Mais là on me regarde l’air « t’es bien gentille mais nous on est là pour courir et il faut qu’on s’échauffe ». J’attrape au vol ma ceinture, mon dossard et c’est parti. Je suis la première au rendez-vous mais très vite Tati et Jennifer arrivent sans oublier Twister superbe avec son vélo et son gilet jaune fluo qu’on ne risque pas de rater ! Elle assure le super rôle de vélo balai sur le
Photos, thé, dernier pipi, un coucou de Karine et il faut y aller. Olivier est arrivé avec tout son club et même si j’ai tenté un « tu sais je suis crevée là » j’ai bien compris que je pouvais tout autant pisser dans un violon. Direction la ligne de départ en courant (je le crois pas j’ai même le droit à un échauffement !), entrée dans les sas et j’ai à peine le temps de papoter avec une discrète cafeuse qui file comme l’éclair que le départ est donné. Je n’ai même pas encore trouvé le satellite !!! De toute façon je vais comprendre que ça ne sert à rien, il est resté en miles… Punaise mais je suis quand même la reine moi. Bon il est chargé c’est déjà ça non ? Je progresse !
Je pars en suivant comme je peux Olivier et très vite je comprends que je vais en baver. Les jambes sont lourdes et presque déjà douloureuses. D’ailleurs au bout de

Bouge pas Géraldine je reviens !!!
Mais va se passer ce que je craignais, irrémédiablement je ralentis. Impossible de tenir le rythme, je n’en peux plus. Le second semi va se passer comme je le craignais, moi à

A 1km de l'arrivée, on sourit pour les photographes !
Il y a un avantage à avoir 3 ou 4 000 coureurs de moins sur le marathon c’est que pour la première fois on sort plutôt facilement et si ce n’est les escaliers à passer, nous nous retrouvons sur le port très vite. Je ne veux pas traîner pour être rentrée chez moi pour le dîner et l’Auvergne ce n’est pas à côté ! Mais apparaît le mari de Gégé qui me dit qu’elle est à la résidence où ils sont en vacances et que si je veux voir Camille je peux. Tu m’étonnes que je veux !!! Elle est là avec son adorable bébé qui me rappelle douloureusement que pour moi ce bonheur est fini. Son mari aux petits soins me propose une douche et en une seconde j’ai une serviette propre et de l’eau chaude qui me fait un bien fou. Même si je vais remettre ma robe avant de me changer à ma voiture comme prévu c’est très agréable de reprendre visage humain. Déjà je dois partir parce que j’ai
Morale de cette histoire
Je le savais en prenant le départ et maintenant j’en suis sûre, ce marathon était le dernier avant très très très longtemps. L’année 2012 va être consacrée à mes derniers petits délires et ensuite rideau. 2013 je veux tout d’abord et avant tout me consacrer un peu à ma famille et des projets perso qui n’avancent pas parce que je suis tout le temps dans le train, dans l’avion, en train de courir à droite à gauche, au sens propre comme au figuré. J’ai eu énormément de chance dans ma vie de coureuse, j’ai profité comme peu peuvent le faire et il est temps de passer à autre chose pour moi. Mais je n’ai pas dit que j’arrêtais de courir !!!! Seulement je vais tout reprendre à zéro et repartir sur de bonnes bases. J’ai voulu aller très vite, trop vite. Je suis montée en puissance tout de suite, vraie gamine impatiente qui veut déballer ses cadeaux avant le 25 décembre que je suis. Mais j’ai oublié l’essentiel : la progression. Là je plafonne et je souffre parce que j’en fais trop et dans tous les sens. Je vis très mal le fait d’être incapable de me tenir à mes objectifs si je n’ai pas quelqu’un à côté. Bien sûr, personne ne me porte dans ces moments là mais je dois pouvoir faire le temps que je veux, que je vaux sans un meneur d’allure officiel ou officieux. Et ça, ça ne sera possible pour moi que si je reprends tout au début en commençant par acquérir la vitesse qui me manque. J’ai le mental je pense, l’endurance à n’en pas douter mais l’aisance non. Je ne retournerai sur marathon que le jour où je serai vraiment prête à atteindre le niveau qui est le mien toute seule comme une grande. La décision était déjà bien dans ma tête quand j’ai pris le départ de la Rochelle et ma course n’a fait que me conforter là dedans. De voir comme ça en plus Roland sur le bord de la route, celui par qui tout a commencé en fait m’est apparu comme un signe du destin. Il était là au départ, il est là à l’arrivée. Je peux tourner la page maintenant, 35 marathons en 5 ans c’est déjà pas mal non ? Ce sera peut être fin 2013 ou 2014 ou même plus, je ne sais pas. Après tout, j’ai l’exemple extraordinaire de notre Martine qui me conforte dans l’idée que mes plus belles années sont devant moi.
Cécile
ps : Merci à Jean, le mari de Géraldine pour les superbes photos prises pendant le marathon !
Écrit par Cécile Mardi, 22 Novembre 2011 21:57
Semi Boulogne 2011 : nouveau parcours, nouveau départ !
Je n’avais pas prévu spécialement de faire un CR sur cette course et puis finalement comme souvent il s’est passé des choses qui font qu’aujourd’hui j’éprouve le besoin de les raconter.
A la base, donc, il n’était pas prévu que je vienne trainer mes baskets sur les quais de Seine fin novembre. Je ne m’en suis jamais cachée, ce semi je ne l’aimais pas… parcours moche, ambiance bof, esprit compet quand même, bref des arguments à ne pas mettre une Barbie dehors. Et puis comme souvent enchainements de circonstance : les enfants qui veulent absolument passer un we à Paris pour cause de manque de shopping (Maman y a vraiment rien ici et puis si j’achète un jean là, y aura forcément une copine qui aura le même et c’est trop la honte parce qu’elle va croire que j’ai copié…), un nouveau parcours qui s’annonce plus roulant, plus beau, plus tout quoi, une volonté de vérifier sur le terrain si mes séances douloureuses de fractionnés commencent à payer, bref en quelques jours les choses sont bouclées : je prendrais le départ de Boulogne. Souci : inscriptions closes… Ok j’avoue je fais ma pétasse et j’ouvre mon carnet d’adresse. 2 mails plus tard c’est dans la poche, j’ai mon sésame (je ne vais pas vous mentir quand même et vous faire croire que j’ai pris mon dossard il y a 2 mois… sinon pourquoi n’en aurais je pas parlé avant !).
Nous sommes donc en famille à Paris, samedi cinéma (Vu « Winter », une histoire de dauphin vraiment sympa dans le style film familial avec le plus petit pendant que les grands voyaient « Intouchables »), japonais pour le riz et glace parce que Convert l’a dit et que moi je fais tout comme Convert il dit (ouais ok je ne suis que ce conseil là !!!). J’ai demandé à mes enfants si cela ne les gênait pas que Maman aille courir un semi le dimanche matin mais j’ai eu le droit à « oh ben tant qu’on n’est pas obligé d’y aller tu peux faire ce que tu veux »… C’est sympa le soutien familial, y a pas à dire ! Par contre du côté du conjoint, c’est mieux parce qu’il est d’accord pour m’emmener et surtout venir me chercher. Petit souci psychologique : tout ceci va se faire sur ma moto, celle sur laquelle je ne suis pas remontée depuis mon accident en rentrant du village du semi de Paris où j’étais allée récupérer mon dossard… Je suis remontée sur un 2 roues depuis comme passagère et avec un stress quelque peu perturbant, mais sur ma propre moto jamais. Une vraie thérapie de groupe cette histoire !
Dimanche matin, je me retrouve là avec le jean de Guillaume (oublier de prendre une tenue adéquate !), une veste à lui également et mon casque. Ok respire un bon coup ça va le faire… J’entends un « ça va aller ? »… Euh je vomis un coup et on y va là… Dieu merci il fait un froid de gueux et il va rouler doucement. De toute façon au dessus de 50 j’aurais hurlé genre sirène premier mercredi du mois !

C’est bon je suis toujours en vie lorsque nous arrivons à destination après un trajet un peu compliqué du fait du nouveau parcours justement. L’idée maintenant est de retrouver les copines et les copains pour se faire un petit coucou même si là pour la plupart l’idée est clairement de faire un temps plus que d’admirer les superbes paysages de cette ville de banlieue. Je tiens à préciser tout de même qu’il y a pleins de toilettes et surtout qu’elles sont chauffées ! Enfin en tout cas celles que j’ai testé… 2 fois comme il se doit. Je retrouve Sof qui se la joue « ptit string » en vélo, Martine qui m’énerve avec ses 57 ans flamboyants et sa ligne toujours aussi parfaite, Fred, Oliv bien décidés tous les 2 à faire fondre le bitume. Heureusement il y a Audrey, Hélène et Panda qui sont un peu plus calmes. Même Brinouille est là en lièvre de luxe pour son cousin mais seulement sur la fin du parcours. Direction le sas de départ et là un coup de stress terrible : pendant un instant j’ai cru qu’on m’avait donné un dossard préférenciel. C’est arrivé une fois et je m’étais jurée de ne plus jamais revivre l’expérience. Avoir l’impression qu’un TGV te fonce dessus, merci bien ! Même si évidemment je m’étais tout de suite mise à droite pour ne pas gêner ce n’est agréable ni pour moi, ni pour les autres. Mais non là tout va bien je suis au fond… enfin pour le coup vraiment au fond… J’avais oublié qu’il y avait à Boulogne des meneurs d’allure et des sas avec temps et pour le coup je suis avec les 2h20. J’espère ne vexer personne en disant que là pour le coup c’est peut être un peu lent pour moi ! Cela va surtout avoir comme incidence que je vais devoir trouver ma place et mon rythme en remontant pas mal pour retrouver des coureurs à ma vitesse. Ah oui j’ai oublié de le préciser mais est-il vraiment besoin de le faire que bien entendu mon garmin a rendu l’âme le matin même. Enfin rendu l’âme il est déchargé pour être plus précise. J’ai pensé à mon mp3 mais pas à lui ! Guillaume était mort de rire… Je pense qu’il va falloir que je me trouve un GPS solaire en fait pour enfin être opérationnel quand il le faut. Ce qui m’inquiète légèrement c’est que je suis sensée courir ce semi sans trainer mais sans me griller pour mon objectif principal qui reste le marathon de la Rochelle 8 jours après. Et j’ai beau avoir une bonne notion de mes allures, cela me rassure moyennement. Mais bon plus moyen de faire machine arrière, le départ est donné, je lâche mes petites cafeuses et cafeurs réunis et c’est parti.
Il parait que l’instinct féminin est plus efficace que le masculin, c’est ce qu’on va voir ! Déjà de toute façon je pars trop vite mais il faut absolument que je me dégage pour trouver des coureurs qui me donneront une allure correcte. A moi les trottoirs, je remonte tellement que je finis par réaliser au 2ème km que là il va falloir calmer la bête parce que ça ne va pas le faire cette histoire. Je suis branchée sur ma musique, j’ai même mis mes lunettes de soleil, je suis dans ma bulle juste à l’écoute de mes sensations. Je sais que beaucoup m’ont dit que cela les perturbait de courir en musique mais moi c’est ma façon de fonctionner pour m’isoler et ne penser qu’à la course justement. Une chose est sure : pour l’instant tout va bien ! Ok c’est un semi mais je sens que cette journée va être une bonne journée. J’ai clairement retrouvé des sensations qui me font plaisir. Je déroule tranquille sans me poser de question, enchainant les km sans savoir à quel rythme. Et puis comme toujours avec moi, il y a un moment où j’en ai marre d’être toute seule… J’ai en vue un petit groupe de 2 coureurs menés tambour battant par une jolie brunette très clairement à l’aise. Elle virevolte d’un coureur à l’autre prodiguant conseils, vérifiant que tout va bien, veillant à ce qu’ils aient de l’eau. L’un d’entre eux regarde son cardio régulièrement et je finis par lui demander l’heure. Il me répond : « 5.10 ». Bon ok il n’est pas 5h10 du matin, ça doit être notre moyenne au km cette histoire. Je n’espérais pas tant et du coup je décide de les utiliser en lièvre anonyme. Mais voilà au bout de quelques minutes bien entendu je papote et Leïla, puisqu’elle a un prénom ma joli brunette, me dit : « mais tu ne serais pas Cécile, la fille qui court autour du monde ? ». Euh ben si… « oh ben mince alors, je te suis, c’est génial ce que tu fais. Patrick, Cécile va s’occuper de toi, je te raconte à l’arrivée ce qu’elle fait c’est top, tu es entre de bonnes mains ». Et zou elle repart s’occuper d’un autre coureur qui est là pour son premier tout : premier footing, premier dossard, premier semi. Ah ok… Bon ben Bonjour Patrick, moi c’est Cécile ! Et voilà comment je vais faire
Comme à mon habitude, je papote, ce qui est bon signe puisque cela veut déjà dire que je suis en vie et surtout à la bonne vitesse. Autant je cours à l’instinct, autant lui est accro à son cardio… je le sens légèrement stressé, persuadé qu’il va trop vite et qu’il va exploser. Il me rappelle le copain de Brinouille sur son premier marathon à la Rochelle à qui j’avais fini par menacer d’enlever la bestiole s’il continuait comme ça. J’essaye de le convaincre qu’il faut aussi apprendre à s’écouter, qu’il reste 5km, qu’il fait beau, qu’il faut en profiter, qu’on a la chance d’être là et que quelque soit le temps à l’arrivée, le principal c’est d’avoir passé un bon moment. Je sens bien que par moment il n’est pas convaincu par mon discours mais il s’accroche ! Régulièrement je regarde dans mon rétro, il est toujours là. « Patriiiiick, ne lâche rien, il reste 2km !!! ». Là j’avoue je vais accélérer, j’en ai clairement sous le pied, et je me dis qu’il doit bien pouvoir me suivre et que surtout son orgueil de mâle va faire qu’il va tenir bon. L’arche est là, je l’encourage, je vois bien qu’il est dans le dur mais il tient. On en profite pour encourager d’autres coureurs en difficulté et enfin on passe la ligne d’arrivée. Je vois 1h53 sur le chrono général et je suis ravie. Je visais entre 1h50 et 1h55 et je suis forcément dedans (j’ai mis 1h50 et 1 sec très exactement !). Mais surtout Patrick est là ravi de son temps. Il retrouve des copains qui ont l’air surpris de le voir déjà, et très fièrement il déclare « j’ai tourné à 11,5 à l’heure ! ». Son bonheur fait vraiment plaisir à voir, je me dis que même si dans l’absolu j’aurais pu gratter 1 min, voir peut être 2 sans aucune certitude, je n’aurais pas vécu cette arrivée triomphante et j’aurais perdu quelque chose. Mais le plus beau reste à venir. Alors que je me dirige pour récupérer ma médaille (très jolie je trouve au demeurant), une femme m’interpelle. Elle est plus grande que moi, aussi noire que je suis blanche, aussi brune que je suis blonde. Elle me dit : « vous êtes bien Cécile ? ». Ah ben décidément c’est ma journée !!! Sur le coup je me dis que ça doit être une cafeuse que je ne connais pas encore mais non elle me connaît parce que comme moi elle a une grande famille et que comme moi elle a commencé par la Parisienne. « C’est quand j’ai lu votre histoire que je me suis dit que je pouvais me lancer, et voilà je suis là, je viens de courir mon premier semi grâce à vous et j’ai mis 1h54 ! Je n’en reviens pas !!! et en plus vous êtes là ». Et comme elle sautille partout j’ai presque envie de lui dire qu’elle vaut même moins qu’1h54 vue la pêche qu’elle a encore !!! Son sourire, sa joie de vivre vaut toutes les récompenses du monde, c’est elle ma médaille du jour !
C’est idiot mais régulièrement j’ai des doutes vis-à-vis de ma démarche : suis-je légitime dans ce que je fais ? Avais-je le droit de créer CAF ? Qui suis-je pour me permettre de faire ça ? Je vous laisse imaginer ce que j’entends, les critiques qui fusent à droite, à gauche, et n’allez pas croire qu’elles sont le monopole des hommes, les pires que j’ai pu entendre venaient de la part de femmes. Alors même si on veut rester de marbre et qu’on se persuade que la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe ça fait mal. Je n’ai jamais créé CAF dans le but d’obtenir une reconnaissance de qui que ce soit, ni pour me mettre en avant, franchement la notoriété que cela a engendré me pèse beaucoup plus qu’autre chose mais quand je vois le sourire de cette superbe jeune femme à l’arrivée du semi, quand je lis la joie qui se dégage des CR de mes new yorkaises, je me dis que tout cela valait la peine de s’accrocher.
Je vais laisser les crapauds continuer à baver dans leur coin, je vais continuer à vivre ma vie comme je l’entends et assumer mes choix. J’ai la chance d’avoir une famille qui me soutient, qui ne me comprend peut être pas tout le temps mais qui est toujours là pour moi, j’ai la chance d’avoir à mes côtés un mari qui est comme la SNCF et qui, lorsque j’évoque un nouveau projet, me dit toujours « si si c’est possible » et croyez moi c’est précieux ! J’ai la chance d’avoir des copines de tous les horizons, des gazelles, des escargots, des sérieuses, des beaucoup moins, des cabris, des limaces, et ma foi cette arche de Noë réunie autour de moi, je l’adore et pour rien au monde je ne voudrais la quitter. Je ne sais pas encore où les courants marins vont nous emmener mais promis on va continuer à s’amuser !
Cécile
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