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Les Comptes rendus

Marathon de Las Vegas 2007

Quand j’ai découvert la communauté Courir le Monde, je suis allée lire les CR des marathons du monde entier et très vite j’ai remarqué qu’il n’y avait rien sur le marathon de Las Vegas. Là je demande à Riri, le fondateur du site qui me confirme : « non ma belle rien à ce jour, faudrait peut être y aller !».

Ni une, ni deux je dis à Ken « Chéri faut qu’on y aille, y a Riri qui a besoin de nous ! ». Et nous voilà partis tous les 2 avec la ferme intention de profiter de l’occasion pour nous remarier dans une chapelle typiquement américaine avec Elvis qui chante « love me tender » (et moi dans une robe de princesse mais ça vous vous en doutiez déjà !). Bon c’est vrai, choisir comme date début décembre, 3 semaines après le marathon de NY, pour viser la perf on pouvait trouver mieux mais bon tout le monde a aussi compris que fréquenter des personnes qui enchaînent les marathons comme des perles peut avoir de graves effets secondaires sur la perception des choses.

Après un périple plutôt calme par rapport à mon dernier déplacement vers les US pour le marathon de New York (9h de retard pour notre vol et j’en passe !) nous arrivons à New York, récupération des bagages et zou nous filons pour embarquer pour Las Vegas. Décollage dans un avion plein à craquer d’américains bien décidés à renflouer l’économie du Nevada et regard complètement affolé de Ken qui vient de réaliser qu’il y a plus de 5h de vol et non pas 2h comme pouvait le laisser croire le dossier de l’agence (et oui changement de fuseaux horaires oblige). Là je comprends qu’il va falloir être vraiment très gentille …

Concrètement cela nous fait un voyage d’un peu plus de 24h et c’est quelque peu dans le cirage que nous arrivons à l’hôtel. Samedi direction le Mandalay Hôtel pour récupérer le dossard avec mon pseudo Barbie dessus, le tee-shirt taille small où je pourrais mettre mes 4 enfants en plus de moi et le sac à dos (très sympa il faut bien le reconnaître) rempli de pleins de choses utiles comme un paquet de café en grains, de la pate à dentifrice pour bébé mais aussi des élastiques à cheveux révolutionnaires (j’ai testé un vrai miracle !!!) qui ne bougent pas d’un pouce pendant tout un marathon et une crème exfoliante pour me faire des pieds tout doux après le marathon (il est content Ken !!!).

Quelques emplettes comme une superbe casquette rose pour moi et un sweat aux couleurs de la course pour Ken qui a peur d’avoir froid en attendant sa folle d’épouse coureuse. Il ne le quittera pas des vacances passant partout pour le marathonien du couple…

Après avoir bien sur comme il se doit marcher des heures la veille, pas dormi plus de 4 heures de suite mais c’est la faute au corps superbe de Ken, je me lève à 3h45 en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller le male qui sommeille. Bon évidement cela n’a pas marché et après ¾ d’heure, me voilà fin prête. J’embrasse Ken et je fonce dans le hall de l’hôtel passant devant les tables de jeux toujours occupées et des gens qui me regardent assez ahuris de voir une nana en jogging et grignotant des gatosport forme canelés pour innover un peu.

Arrivée au point taxi je comprends mon malheur : une queue immense de jeunes sortants de la boite de l’hôtel se dessine devant moi. Heureusement dans mon malheur j’ai de la chance : ma tenue ne s’intègre pas vraiment dans le paysage des petites robes qui tiennent franchement du mouchoir de poche (là c’est clair question raffermissement des chairs elles sont servies, frigorifiées mais raffermies…) et le type en charge d’appeler les taxis me repère. Comme j’ai mis en évidence mon dossard il comprend que je ne vais pouvoir attendre 2 h dans le froid. Il prend donc sur lui et me fait passer devant tout le monde sous les cris de toute la communauté coréenne de Vegas réunie ce soir là. M’en fout : je suis française et je suis blonde et je cours le marathon en moins de 4h moi madame…

Arrivée à 5h sur le lieu du départ je profite de ce moment d’attente pour dans l’ordre me tartiner les pieds de crème anti-frottement, mettre mes jolis petits tubes protecteurs autour de mes doigts de pied fragiles et faire pipi 2 fois (hé je vais pas me priver comme à NY il y a des toilettes partout !!!). Je rejoins la ligne de départ dans les premières et je rencontre même un français avec qui je papote tranquillement.

Au bout de quelques minutes, on me klaxonne genre sonnette de vélo et je me retourne. Là je découvre ahurie une poussette de course avec 4 fauteuils en ligne et surtout 4 bébés emmitouflés dedans. Pendant quelques fractions de secondes j’ose espérer que ce sont des poupées mais quand je vois l’un des nourrissons (des quadruplés d’un mois à peine je vous laisse imaginer à quoi ça ressemble…) me regarder avec des yeux affolés. Je suis complètement sous le choc je dois bien l’avouer et je regrette vraiment à cet instant de ne pas parler suffisamment bien l’anglais pour insulter ce père totalement inconscient qui ose faire subir ça à des bébés qui ont du quitter la couveuse il y a un mois à peine !!!

Arrive l’hymne américain très bien chanté avec un groupe de 5 coureurs militaires très jeunes, trop jeunes je dirais même… qui se mettent au garde à vous devant nous avec le drapeau de ce qui doit être leur régiment. Et c’est le départ avec ce que je crois être un coup de canon mais qui va se révéler être en fait un feu d’artifice superbe tiré avec le lever du soleil sur les montagnes environnantes. Je m’élance sur le Strip (la rue principale) et là c’est mythique : 4 miles à travers la ville encore éclairée, les couleurs rosées du soleil levant, le feu d’artifice, vraiment ce départ vaut à lui seul le déplacement. J’aperçois Ken armé de son appareil qui s’est levé pour venir m’encourager et tenter de prendre quelques photos mais je cours trop vite !!! je vous le dis tout de suite cela ne va pas durer longtemps. Disons pour la faire courte (vu la taille du début du récit il faut que j’évite de vous décourager à lire la fin) que le premier semi s’est très bien passé et que ma foi cela aurait bien suffit…

Bon, il faut le reconnaître, le parcours est facile, plat quasiment tout le temps, des routes suffisamment grandes pour que personne ne soit gêné, des ravitaillements au gobelet mais là j’ai prévu et je remplis régulièrement mes petites gourdes pour ne pas être ralentie (je retrouve par la même occasion un peu l’ambiance de NY et ses fameux « Water Water Gatorade Gatorade » hurlés par les bénévoles toujours souriants). Nous passons par la chapelle où les couples de marathoniens peuvent en profiter pour s’unir avant de continuer la course (je vous jure que c’est vrai !), la circulation est faite par des policiers assis sur leur grosse Harley, bref c’est l’Amérique !!! Nous quittons la ville pour visiter les alentours. Il fait beau mais un peu froid quand même. Je ne tomberai jamais mon haut à manche longue ce qui ne m’était jamais arrivé (dommage pour les américains présents qui n’auront pas eu la chance d’admirer mon ventre plat et musclé…).

Les km s’enchaînent de moins en moins vite et comme la signalisation est en km (et non en miles, seulement indiqués à 3 reprises sur la course), j’ai hélas bien conscience que je vais payer cher mon acharnement. Les encouragements déchaînés des équipes de pom pom girls et leur « Go Barbie Go » n’y feront rien, pas de jus, pas de jus… J’en arrive même à m’arrêter pour faire pipi dans une des dizaines de cabines dispersées sur le parcours alors que je n’ai pas envie histoire de me planquer un peu…

Honnêtement Ken serait apparu sur son destrier blanc (enfin une grosse harley bien sur), j’aurais quitté la course sans aucun regret. J’avance accrochée à mon GPS à une moyenne de 10 km/h si j’en crois ce qu’il me raconte mais vraiment j’en ai marre. On parle toujours de l’importance du moral dans le marathon et bien je confirme, quand il n’est pas là, dieu que c’est long 42 km…

La cité mythique de Las Vegas se profile de plus en plus et cela me redonne courage. De toute façon je n’ai pas le choix, je dois rentrer, j’ai laissé un superbe sac Sonia Rykiel offert par Ken à la consigne, je dois aller le récupérer sinon il risque de ne pas être content ! Nous rentrons dans le quartier des hôtels et là commence le point noir de la course : nous nous trouvons mélangés à ceux qui terminent le semi marathon commencé en même temps que nous. Et oui vous avez bien lu : je suis à 3h40 pour un marathon et je cours au milieu de ceux qui finissent le semi (Ken aurait pu finir le semi sans être dernier !). Cela tient de la retraite de Russie. Les gens marchent péniblement et nous tentons de passer au milieu d’eux. Comment dire sans passer pour une garce de première ? Je découvre que oui il y a bien des coureuses universelles de plus de 70 kg… ou que la CAP sans régime approprié ne fait pas maigrir. Bref vous m’avez comprise…

Autre point négatif : nous remontons vers l’arrivée par l’arrière des hôtels (ils ne peuvent pas bloquer la circulation aux Etats-Unis plusieurs heures) et du coup le cadre est un peu moins sympa. Enfin il ne reste qu’un mile que j’hésite presque à terminer en courant. Maintenant je me doute que Ken ne m’a pas écouté et qu’il est là à m’attendre sur la ligne d’arrivée. Je redémarre et décide de tout faire pour au moins passer sous les 4h. J’accélère (enfin si on peut parler d’accélération…) et là juste après un petit virage l’arrivée apparaît enfin et Ken aussi bien sur. Il est là en bon français devant la barrière pour être sur que je le vois bien

J’ai passé la ligne en 3h58 exactement, pas une seconde de plus ! Je n’en peux plus, je tombe dans les bras de mon chéri et je lui dit : « t’es tranquille là, pas de course avant avril ! Je n’en peux plus !!! ». Enfin non pas de course avant le semi de Paris en mars et puis après il y a le semi de Vichy et puis il y a la saison des cross et puis…

J’attrape mon sac à la consigne et je pars trottant comme je peux derrière mon futur mari. Nous sommes pressés car nous avons rendez vous à la chapelle de l’hôtel pour l’organisation du mariage. Le soir nous enterrons ma vie de jeune fille, Ken s’est occupé de tout : nous allons voir les filles du Crazy Horse… je sais pas pourquoi mais j’ai le sentiment de m’être fait un peu avoir sur ce coup là !

Conclusion : un marathon de plus mais finalement pas encore le marathon de trop. Reste 94 à courir !!!

Barbie
 Lien : http://www.lvmarathon.com/ 
 

Marathon du Médoc 2007

Voici mon compte rendu de mon premier marathon du Médoc (qui ne sera pas le dernier !).

Tout d’abord je mets les choses au point : si vous aimez la compétition, si vous faites vos courses chez Champion avec votre cardio pour être sur de bien rester à 70% de votre VMA, alors fuyez ce marathon n’est pas pour vous ! On est là pour courir certes mais aussi pour s’amuser et prendre le temps de découvrir un site hors norme.


Donc nous voilà arrivés Ken et moi après 6h de voiture à Pauillac, charmante petite ville au bord de l’estuaire de la Gironde. Nous récupérons nos dossards et direction le village marathon où sont surtout représentés des marathons nationaux et internationaux. Là je me retiens d’aller faire le tour des stands histoire de ne pas effrayer l’homme qui déjà a compris que l’année 2008 n’allait pas être plus calme que l’année 2007 question course à pied bien sur…

Petite balade sur les quais et là miracle : nous trouvons un stand qui vend des cannelés qui sortent du four. Je ne sais pas si c’est bon question stock de glucides et tout le toutim mais je peux vous dire que le cannelé tiède c’est que du bonheur. Retrouvailles ou plutôt rencontre avec nos amis de Courir le Monde, un forum que j’ai découvert par le biais d’un autre gagnant du concours de NY (enfin ceux déjà arrivés). Petite photo, petite bière et oups on file au Château de Fontesteau où nous attends un dîner de marathonien cette fois ci avec pâtes et vin rouge (c’est le médoc que diable !).

Pendant que nous dînons, la France perd son match de Rugby (me demandez pas lequel, s’ils ne sont pas tous nus sur un calendrier je ne m’intéresse pas du tout à ce sport…) et nous allons nous coucher beaucoup trop tard pour une veille de marathon. Minuit et demi alors que nous devons nous réveiller à 6h, moi je dis c’est pas gagné !!! D’ailleurs sans Olivier notre hôte, nous serions sûrement encore en train de dormir. Petit déjeuner avec pour la première fois un gatosport parfum citron. Bon je dois bien reconnaître : j’étais septique mais je me lance et il faut l’avouer ça se laisse manger… Mais ce n’est pas tout ça il faut foncer à Pauillac parce que je suis quand même venue pour courir. Pour être honnête je me sens bizarre, je ne rentre pas dedans, sentiment étrange que je ne suis pas prête. Il me faudra bien 30 min pour réussir à m’habiller et à accrocher ce fichu dossard. Je me suis déguisée en cow boy et mon premier essai de course se solde par un vol plané de mes pistolets. Je comprends aussi que 42 bornes avec mon chapeau c’est pas gagné. Nous allons nous aligner au départ non sans oublier la traditionnelle photo de groupe (sur ce genre de course pas de doute, il faut prendre ce genre de photos au départ et pas à l’arrivée vu l’état des troupes…).

Et là nous découvrons ce qui fait la légende du Médoc. Devant nous les Blues Brothers (en costume noir, un vrai avec chapeau et lunettes), Omer et Marge avec ses cheveux bleus, le monsieur tout nu avec juste une tête de souris en peluche pour cache sexe, les nombreux 118 218, les chevaliers, les écossais, les princes… Il faut le voir pour le croire. Et ce joyeux attroupement est là très clairement pour s’amuser même si parfois on a envie de leur dire : « eh oh les mecs va falloir faire 42 bornes quand même ! ».

Le départ est donné avec un peu de retard mais il parait que c’est normal et nous voilà parti à l’attaque de ce marathon mythique. Le ton va être vite donné quand je vais constater que nous mettrons 12 min pour le premier km. Le monde ne permet pas de courir, on trottine, bref on s’échauffe. Ah là c’est sur je risque pas de partir trop vite. Par contre grosse inquiétude : j’ai faim ! Mais quand je dis faim j’ai le ventre qui fait un bruit assourdissant. Je me dis que je ne tiendrais pas jusqu’au 5° km où je pense trouver de quoi manger. Et là miracle, le Prince de Lu en chair et en os apparaît avec son coffre fort et ses granolas, mes gâteaux préférés. Les coureurs les distribuent aux spectateurs comme la caravane du Tour de France et j’en profite pour faire des stocks.
 
Nous avançons doucement mais sûrement avec mon ken pas au top quand même. Il veut tenir jusqu’au 10° mais je le perdrais au 8° où là je n’en peux plus, faut que je passe la seconde sinon ce marathon va se terminer en retraire de russie. Tiens d’ailleurs je double les soldats de l’empereur qui pousse une carriole… Bon je ne pars pas comme une bombe non plus parce qu’il ne faut pas oublier que nous sommes aussi là pour admirer des châteaux superbes (me rappeler d’épouser un vigneron du Médoc la prochaine fois…). L’ambiance est plus que conviviale, ça papote, ça rigole quand même. Il y a des points de ravitaillement quasiment tous les km, ce qui avec la chaleur qui arrive se révèlera bien utile. Il parait qu’une année ils ont manqué d’eau mais là nous sommes noyés sous l’acquarel !

Je cours avec Olivier et Francis un autre gagnant tranquillement mais sûrement. Je vais mettre 2h40 pour atteindre le semi, ce qui donne une idée de la chose. Et puis là la machine va s’emballer. Je vais m’accrocher au sombrero d’Olivier et ne plus le lâcher. J’ai l’impression de voler tout en remontant les coureurs fatigués qui marchent de plus en plus. Mais je découvre aussi quelque chose que je n’avais pas compris : certes le marathon du médoc est sympa mais il est aussi très technique avec des terrains difficiles alternant sable, bitume et graviers de cour de château, des côtes mémorables (d’accord ce n’est pas le Paris Versailles mais quand même !) et un vent de face infernal qui s’engouffre dans mon chapeau de cow boy. Mais bon j’ai un lièvre de folie et je ne le lâche pas.

32° km là stupeur ! Une goutte de transpiration salée donc s’infiltre dans mon œil opéré il y a peu (juste un petit kyste que j’avais laissé traîner bien sur) et c’est l’horreur. Ça brûle horriblement et je ne sais pas quoi faire. Pas de collyre, de l’eau pas propre dans une bouteille chaude et pas de ravitaillement en vue. Du coup je ferme l’œil le plus fort possible et espère que les larmes vont le laver. Je vais courir 2 km comme ça cachée derrière mes lunettes et mon chapeau, ne quittant pas le sombrero qui trottine devant moi.

Et le miracle arrive enfin, les larmes font leur effet et je peux courir en regardant le superbe château qui s’annonce au loin. Après ce ne sera l’estuaire et ses célèbres ravitos : les huîtres (supers bonnes alors que franchement j’hésitais un peu), l’entrecôte (bon là d’accord j’ai sauté, plutôt végétarienne la fille) et la glace fraise (pour aller avec mon costume rose…) drôlement appréciée après une course aussi longue en plein soleil. Je fonce vers Pauillac toujours accrochée au poncho de mon mexicain préféré et je passe la ligne en accélérant de toutes mes forces. Bon d’accord Olivier fera de même et passera le premier histoire de bien me rappeler qui est le maître ici. Mais ça y est c’est fini : 4h45 que finalement je n’ai pas vraiment vu passé même si j’étais ravie de passer la ligne.

Je retrouve Ken frais comme un gardon qui est allé jusqu’au 20° km malgré sa promesse d’arrêter au 10° (que ne ferait pas un auvergnat pour du vin gratuit…). Allez une petite bière, un canelé pour la route et oups nous voilà repartis vers notre Bourbonnais ravis de l’expérience et en train de penser à l’année prochaine. Je pense déjà à mon prochain déguisement et Ken envisage d’aller au 25° km. Comme il compte le finir un jour, nous ne sommes pas prêts de nous arrêter.

Je confirme ce que beaucoup de coureurs disent : le marathon du Médoc est vraiment une expérience unique qu’il faut je pense vivre au moins une fois dans sa vie. Alors n’hésitez pas et venez vous rejoindre l’année prochaine.
Barbie

Ps : récit un peu long mais comment résumer une course pareille en quelques lignes !
 
Lien : http://www.marathondumedoc.com/ 

Une petite video pour retrouver l'ambiance

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Marathon Avermes 2007


Un petit compte rendu pour ce qui restera dans mes mémoires jusqu'à la fin de mes jours comme un grand marathon ! Tout d'abord présentation : marathon organisé à Avermes à côté de Moulins (03) depuis 20 ans, une centaine de participants dont beaucoup d'habitués en raison de l'accueil (parfait il faut bien le reconnaître) et du côté technique du parcours (mais ça je ne le savais pas avant de le découvrir sur place...).

Pour être honnête je ne comptais pas vraiment le finir (d’abord parce que j’avais des invités pour le déjeuner !). Un marathon à 2 mois d’un autre ce n’était pas forcément très raisonnable. Paris avait été quand même assez éprouvant à cause de la chaleur et même si la récup s’était bien passée avec un sentiment étrange que mon corps commençait à s’habituer à ce type d’effort, tout le monde me disait qu’il fallait me montrer raisonnable.

Je voulais tester une sortie longue dans le type de celles qui sont conseillés par pas mal d’anciens du marathon des sables ou autres centbornards (ceux qui ont fait un 100 km)  soit une alternance entre course et marche pendant 4h, voire 5 si possible. Je me suis dit que ce serait plus facile pour moi de faire ça dans le cadre d’un marathon et puis c’est seulement à 20km de chez moi.


Départ 8h précise et pour la première fois pour moi on court tout de suite. Résultat : je lance mon polar comme je peux, j'attrape mon lecteur MP3 qui n'avait pas décidé de rentrer dans mon brassard… Bref il me faut bien 300 m pour retrouver mes esprits et repartir de plus belle. Oh pas longtemps parce au bout de 500 m je tombe sur ma première côte d'une longue série d'ailleurs. Cette côte je la connais bien puisque c'est sur celle là justement que je m'entraîne régulièrement. Hélas pour moi le parcours se fait en trois boucles (je n'ose imaginer le 3° passage !) et surtout il est truffé de copines comme celle là.

Il fait chaud mais bon les km commencent à défiler (dans ma tête surtout parce que pratiquement pas de repaire kilométrique). Avantage de ce genre de marathon : les ravitaillements très nombreux et accessibles (tu m'étonnes : plus de bénévoles que de coureurs !). Mais bon avec la chaleur, c'est le bonheur de pouvoir boire sans jouer des coudes. Et puis je découvre émerveillée les stands d'épongeage avec de l'eau propre, les éponges superbes, bref le truc que je ne croyais pas possible. La première boucle se termine et j'attaque la deuxième tranquille en me disant : "toute façon tu ne finiras pas mais bon c'était à côté, pas cher, t'as bien fait de venir". Par contre c'est vrai que courir toute seule n'est pas toujours facile.

Et puis arrive le moment que je n'oublierais jamais, celui où un bénévole me dit : "bien t'es 2° ! La première est 2 min devant toi !". Là je me dis : faudrait prévoir un ravitaillement pour les bénévoles parce qu'il a pris un coup de chaud le gars... Mais quand je passe devant mon entraîneur qui me confirme l'info, je me dis qu'il doit y avoir quelque chose, que je suis dans la 4° dimension.

J'entame la 3° boucle avec la 3° justement qui me rattrape et nous faisons connaissance. Elle vient de Lyon et est vraiment adorable. Nous allons papauter tranquillement jusqu'au 37°Km où je la lâcherais pour finir seule. Bon alors avant que certains s'étonnent je vous donne mon temps : 4H06 au final ! Non je ne me suis pas transformée en Paula dans la nuit. Mais quand j'ai doublé la première, venue avec un fan club de folie de Vichy et apparemment plutôt pas mal, je dois avouer que j'ai jubilé intérieurement. Du coup je n'ai pas lâché, tenu jusqu'au bout alors que la chaleur me donnait plutôt envie d'aller rejoindre la piscine.

Mais quand j'ai passé la ligne seule plus de 4 min avant la 2°, je ne peux pas décrire ce que j'ai ressenti. Jamais je n'avais imaginé gagner une course un jour alors un marathon ! D'accord mon temps n'est pas top mais j'aurais eu mon heure de gloire une fois dans ma vie devant mes enfants (je suis une héroïne à la maison je ne vous raconte pas ! moi qui leur répétais toujours "non maman ne va pas faire la course pour gagner, elle va déjà essayé de finir et ce sera super »…) et j'ai sacrément apprécié. En plus j'ai gagné un bouquet de fleurs énorme, un trophée tout aussi énorme, une paire de baskets, un bon d'achat (je vous le donne en mille chez intersport !!!) et un sac à dos. En 3 jours, j’ai gagné mon voyage pour New York et un marathon : sacrée semaine quand même !

Ce marathon a comme grand avantage son petit nombre de participants (et donc de la place pour courir) mais cela peut être un inconvénient pour d’autres qui n’aiment pas la solitude du coureur. Autre défaut : la technicité de son parcours mais cela donne un petit peu de piment à la chose !
En tout cas cela m’a donné une pêche d’enfer pour attaquer ma prépa pour le marathon de New York qui se profile à l’automne et m’a fait découvrir une sensation que je ne connaissais pas : l’envie de gagner, de progresser, de faire un temps…Reste 97 à courir ! Barbie Lien : http://marathondesisles.unblog.fr/ 

 

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Marathon de Paris 2007

Je vous livre le compte rendu de mon 2° marathon, celui de Paris avril 2007. Bon pour aller vite et éviter un suspens intenable, la barre des 4h ce sera pour une autre fois et c'est donc en 4h11 que je finis. Mais je l’aurais un jour, je l’aurais (en fait je me réserve pour NY…).

 

Après une nuit plutôt agréable même si elle a été ponctuée de bouffées de chaleur assez désagréables (avec mon don d'ovocytes en janvier dernier pourtant et la stimulation hormonale je souffre encore des effets secondaires, ce qui donne tous les effets de la ménopause doublés des effets d'un début de grossesse, les gros seins en moins au grand désespoir de Ken...).

Mais bon je suis d'attaque à 6h30 devant mes biscottes et mon miel. Là je reçois non pas un SMS d’encouragement mais un petit mot de ma petite sœur qui habitant à quelques mètres de l’arrivée et qui doit venir m’encourager sur le parcours : « je me couche seulement maintenant. Peux tu m’appeler au 40° km que j’ai le temps de prendre une douche avant que tu viennes squatter ma salle de bains ? ». Bon si je comprends je ne peux pas compter sur ses cris endiablés sur le bord de la route mais ce n’est pas grave, elle me fera couler un bain c’est déjà ça…

Malgré ce réveil matinal, je trouverais quand même le moyen d'être limite dans les temps. J’attache ma moto juste à côte de l’appart de ma sœur, je me change comme d’hab dans la rue et je réussis à faire un petit pipi discret dans un square au grand bonheur des SDF qui évidemment ne dorment pas... Je rejoins mon sas assez surprise je dois bien le reconnaître de voir des gens couvert comme pour un départ en hiver alors qu'il fait déjà trop chaud à mon goût. Je suis tout autant surprise des conversations de début de course qui laissent présager de la casse vu le manque de préparation de certains mais bon.

Nous voilà partis, les Champs s’ouvrent à moi avec la concorde en vue et comme d'habitude il faudra attendre quelques centaines de mètres pour commencer à vraiment courir. Mon lecteur MP3 sur les oreilles avec une compil spécialement créée par mon grand fils, je cours tranquille en respectant mes 5min20 du km, pas question de reproduire les mêmes erreurs qu'à la Rochelle (partie trop vite j’ai découvert le cauchemar du mur au 35° km).

Nous arrivons à Bastille où je décide de boire "vraiment" ce que d'habitude je ne fais pas. J'ai lu la veille qu'en cas de chaleur on ne compense pas un déficit hydrique à partir de 20km. De toute façon j'ai tout mon temps puisque qu'on se retrouve tous à marcher pour passer le sas de la rue du Faubourg St Antoine (je crois). En tout cas tout va bien et je file vers Vincennes.

Je double l’homme Tour Eiffel (ceux qui ont vu les images savent de quoi je parle !) et là je me dis que quand même il faut être un peu fou pour s’infliger ça mais il faut de tout pour faire un monde. Bois de Vincennes : là je me retrouve à suivre un groupe de brésiliens ou plutôt oserais je le dire le plus joli cul du marathon. En plus il est tatoué au mollet et j'adore les tatouages ! il s'appelle Massa (comme celui qui court en F1 au même moment je ne sais où) et je dois bien reconnaître que pendant quelques minutes je bénis la personne qui a inventé le cuissard... Bon ça parle quoi au Brésil ? Espagnol ? ben non pauvre fille : portugais ! « Me llamo Barbie y te quiero » il va bien comprendre quand même. Mais là tout s’écroule pour plusieurs raisons :

1° - une brésilienne le rejoint et que mon fantasme s'écroule ! une brune! non mais quelle idée et en plus elle a de la cellulite sur les cuisses : mais ouvre les yeux !!!

2° - ils courent beaucoup trop vite pour moi

3° - je viens de me rappeler que je suis mariée. Ah le marathon, ça peut vous faire perdre la tête ou c’est la chaleur peut être…

bon du coup j'abandonne et je me reporte vers celui qui va devenir mon nouveau meilleur ami, j'ai nommé Laurent le ballon de 4h ! je m'accroche à lui bien décidée à ne pas le lâcher jusqu'au l'arrivée. Le semi arrive et honnêtement jusqu'au 30° je cours sans trop me poser de questions. Je joue au chat et à la souris avec Laurent, je te quitte, on se retrouve mais bon je le tiens et il ne va pas partir comme ça.

Et puis arriva le 31° et là sincèrement les jambes deviennent lourdes, trop lourdes. Le souffle est au rendez vous contrairement à la Rochelle mais je commence à en avoir marre. Honnêtement je m'accroche uniquement parce que je sais que normalement Xavier un ami d’un autre forum m'attend au 33° km, sauf que je me suis trompée et qu'il m'attend en fait au 34°. Je fais ce km qui nous sépare assez désespérée je dois bien le reconnaître, limite à me dire "bon allez ça va maintenant tu arrêtes".

Laurent ce salaud m'a abandonné depuis 2 km et je suis toute seule. Et puis le miracle se produit : Xavier est là au 34°. Je mets quelques secondes à le reconnaître et je crie pour qu'il me voit. Mais ce n'est pas le représentant de Dieu sur terre qui me rejoint mais Dieu lui même avec bouteilles d'eau, sucres et même la serviette en éponge ! je me prends pour Paula...

Nous voilà partis tous les 2 et même si je ne serais pas trop bavarde (je sais ça fait bizarre !) je bénis chaque km parcouru grâce à lui et à David, un collègue à vélo ce jour là qui nous rejoint en route. Je découvre le plaisir orgasmique de l'arrosage de jambes, l'importance du soutien moral qui prouve bien que passer 35km c'est dans la tête et pas ailleurs que tout se joue. Je marche aux 2 ravitaillements qui nous restent parce que sincèrement je n'en peux plus et peut être aussi parce que j'ai compris que mes 4h ce ne sera pas pour cette fois et je ne redémarre que pour les suivre eux qui sont frais comme des gardons. Ils me quittent juste avant l'arrivée pour aller rejoindre une autre coureuse qui je l'apprends plus tard finira son premier marathon en marchant dans des conditions telles qu'elle force mon admiration.

Et voilà je passe la ligne en me disant non pas comme à la Rochelle "plus jamais" mais plutôt "bon si je décroche mon dossard à la loterie de NY j'y vais mais après je me concentre sur des semis avant de retenter l'expérience". je n'ai pas souffert comme à la Rochelle où j'ai cru mourir avec ma crampe au diaphragme mais c'est quand même un moment difficile à vivre. Bon à peine 30 min après mon arrivée je plongeais dans un bain moussant grâce à ma petite soeur qui a eu l'idée géniale de louer un appart à 150m de l'arrivée mais je sens que le corps a morflé.

Il n'y a que mes enfants qui m'encouragent à repartir. Comme ils me l'ont si gentiment dit le soir : "c'est cool quand tu cours parce qu'on reste avec Papa et qu'avec lui on fait ce qu'on veut et puis après un marathon tu mets 3 jours avant de remonter au 2° étage (étage de leurs chambres) et comme ça on peut mettre le bazar ! »

Barbie

Ps : y a un marathon au Brésil ? enfin moi je dis ça c’est pour parler !!!

Lien : http://www.parismarathon.com/

   

Marathon de La Rochelle 2006

Le marathon de La Rochelle 2006 restera à jamais gravé dans ma mémoire puisqu’il est le premier de ce qui s’annonce comme une longue série…

Tout d'abord je commence par la bonne nouvelle : je l'ai fini !!! Maintenant je vais être honnête en vous donnant mon temps : 4h20... Là évidement tout de suite cela vous donne une idée du cauchemar que j'ai vécu.

Pour commencer, c'était mal parti dès le samedi soir quand nous n'avons pas pu récupérer le dossard de mon lièvre. Le club de la personne qui me l'avait revendu (oui je sais : pas bien...) avait demandé le remboursement de la pasta party et du coup, par erreur, ils avaient annulé son dossard. Pas possible de faire un scandale puisque de toute façon il n'était pas là. J'imagine que s'il s'était pointé pour le récupérer, ils auraient trouvé une solution mais là j'ai vraiment joué de malchance. Tout cela aura au moins eu un avantage, c'est que j'avais un chauffeur tout frais pour me ramener en Auvergne après.

Par contre pour la motivation, il n’a pas été facile d’accepter que j’allais me lancer toute seule dans cette grande inconnue. Dimanche matin, après un petit déjeuner plus que matinale et des biscottes au miel qui avaient un peu de mal à passer, nous sommes arrivés à la Rochelle et je suis allée directement sur la ligne avec des nausées dingues dues au stress (non je ne suis pas encore enceinte !), non sans faire un arrêt technique dans les toilettes d’un hôtel sur le port (pas le temps ni la patience d’aller faire la queue devant les quelques cabines disposées sur le port). C’est d’ailleurs ce simple détail qui me fait vite comprendre que les femmes ne sont pas encore assez nombreuses sur les marathons… Détail aussi qui m’a beaucoup fait rire : à la Rochelle, le départ des femmes et des vieux se fait au même endroit. Les hommes jeunes et vigoureux partent d’un autre endroit… Mais bon !Départ comme qui rigole et c'est bien là le problème... Je suis partie avec le sentiment de courir tranquille et j'ai fait le raisonnement de toute bonne débutante que je suis d’ailleurs : toute minute de gagnée c'était toujours ça d'avance pour les ravitaillements ou les petits breack... Là j'imagine la réaction des vétérans du marathon devant leur écran : mais elle est bien blonde celle là...

A partir du 25° km j'ai compris mon malheur. J'ai vraiment levé le pied mais c’est déjà trop tard et comme le dira à mon retour mon Ken préféré : « c'est dommage que le marathon il faisait pas 30 km »... J'ai tenu tant bien que mal en courant le faux plat des 30 km où j'étais encore juste en dessous des 4h et puis est arrivée l'agonie, l'horreur totale, le cauchemar. Il m'a fallu près de 50 min pour faire 5 km et je dois remercier ici tous ceux qui m'ont aidé sur le parcours et qui font que j'ai un beau coupe vent ce soir ! Ceux qui ont aidé Cécile se reconnaîtront je l'espère. J'oublié de dire que j'ai couru les 2 derniers km c'est vous dire le temps que j'ai mis pour parcourir 3 km. Ce qui est fou c'est que ce n'était pas spécialement les jambes mais le souffle qui m'a manqué, l'impression de faire une crise cardiaque avec le coeur à droite. Je ne sais pas si cela a un lien mais j'avais mis une brassière qui serre très fort la poitrine genre gros élastique large pour passer le cardio. Sur un 20 km cela ne m'a jamais dérangé mais là j'ai cru devenir folle... genre à envisager de courir sans mais bon ma pudeur acquise pendant mes 5 ans passés au sein de pensionnat religieux a repris le dessus mais je te raconte pas le succès que j'aurais eu ! J'ai envisagé mille fois d'arrêter et pour être honnête sans Alexandre qui m'attendait à l'arrivée tout en se renseignant sur l'endroit où on récupérait les gens qui avaient abandonné (bonjour la confiance...) je crois bien que j'aurais abandonné.

Mais bon j'ai passé la ligne debout en courant en maudissant le connard qui avait mis des pavés là et j'ai fait ce que je n'avais jamais fait : stopper dès le passage de la ligne. Je me suis traînée jusqu'à la sortie, puis jusqu'au parking en expliquant à Alex que plus jamais !!! 1h après nous étions en train de nous organiser pour l'année prochaine donc les remparts de La Rochelle préparez vous Barbie's back !


Barbie Lien : http://www.marathondelarochelle.com/ 

   

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