Les Comptes rendus

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Un c'est bien, mais deux c'est mieux !

Écrit par Cécile on .

Un c'est bien mais deux c'est mieux !

Je sais, vous n'allez rien comprendre, mais comme pour moi c'est un peu irrationnel tout ça... J'ai couru 2 courses le we dernier et j'ai fini les deux fois sur mes pieds avec une douleur on ne peut plus acceptable ou supportable... Je ne comprends plus rien à ce corps qui me joue des tours quand il en a envie.

Ma semaine après mon échec au Beaufortain a été plutôt agitée en fait. Évidemment je n'ai pas du tout cherché à recourir mais je suis allée consulter dès le lundi mon généraliste qui, avant de me soigner, voudrait déjà me faire interner. Mon souci principal est que mon kiné n'est pas disponible, parti aux US tenter un podium sur une course que je ne connais pas. C'est gentil d'avoir Thomas Lorblanchet pour me remettre sur pieds mais parfois il ne faut pas être pressée ! Du coup l'idée d'ouvrir l'annuaire pour trouver un inconnu, très peu pour moi. Et puis le plus perturbent est surtout de ne pas avoir plus mal que ça la semaine. Mon généraliste m'a prescrit de la crème anti-inflammatoire que je ne suis même pas allée acheter. Par contre, j'ai réfléchi et essayé d'analyser cette foutue course. J'ai surtout plongé dans ma mémoire de coureuse et je me suis rappelée que j'avais eu une douleur semblable la première fois que j'ai testé des hokka. J'avais mal fini le marathon du Mont Blanc avec le genou qui me jouait des tours. Et là, forcément dans ma logique stupide de tester mes chaussures sur des vraies courses pour voir ce qu'elles ont dans le ventre avant d'en parler dans le journal, je suis partie avec des neuves... Le problème nous le savons bien c'est que d'une marque à l'autre, ça ne fonctionne pas toujours et c'est pour moi la grande limite de ce genre de test d'ailleurs. Mon petit frère les avait eu en test avec plutôt une grande satisfaction, moi j'avais eu une appréhension puisque je devais les emmener en Gobi. Au dernier moment je suis partie avec ma paire préférée et je pense que j'ai bien fait. Il y a des critères objectifs qui marchent pour toutes les chaussures : si elles sont vendues pour être en gore tex et qu'elles mouillent dès que la pluie apparaît, c'est qu'il y a un problème. Si la semelle ressemble à une crêpe au bout de 100 km (vu dernièrement sur un modèle trail !) c'est qu'il y a un problème. Maintenant d'une jambe à l'autre... Pour donner un exemple concret, je sais que Japhy court en Nike, moi j'ai beau essayer, ça ne passe pas pour le moment avec cette marque. Je sais que je m'éclate en Mizuno, alors que plusieurs coureurs de mon entourage les ont jetées au bout de 100 km.

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Tout ça pour dire que j'ai décidé de tenter le tout pour le tout et de maintenir le we choc que j'avais prévu dans le cadre de ma prépa UTBM à savoir l’enchaînement de la 6000D et le petit tour des Fiz, ce qui donne 60 le samedi et 30 le dimanche.  Bon je rassure tout le monde, j'étais bien décidée à arrêter au moindre problème. Pour la 6000D le plan de bataille est simple : puisque je n'ai mal qu'en descente, je monte juste avant le glacier et je saute dans le téléphérique pour redescendre. J'ai un souvenir d'un glacier très cassant dans la descente et mon genou encore fragile serait incapable de résister à ça. J'avoue je l'ai sacrément mauvaise... Je n'ai pas pour habitude de prendre le départ d'une course avec l'intention de rendre mon dossard en route. Qu'il m'arrive de renoncer pendant est déjà assez difficile à encaisser comme ça ! Mais là pour le moment je ne vois pas quoi faire d'autre. En attendant cette course ressemble à toutes les autres : un grand rassemblement de copains réels ou virtuels. Maintenant je peux arrêter de courir, j'ai rencontré l'homme qui se cache derrière mon blog préféré « des bosses et des bulles » ! J'ai même été plus loin puisque j'ai osé demander à Manu Gault des conseils pour me soigner... J'adore ces grands champions avec qui tu peux discuter simplement de nos petits bobos.

Soirée pâtes avec Xavier qui sera à l'UTMB avec moi, son épouse toujours aussi adorable et son gendre qui vient courir son premier « ultra » de montagne. Moi j'ai amené mon copain Sylvain Bazin qui est en France pour quelques semaines alors il faut en profiter. Mon seul regret de la soirée ? Avoir zappé volontairement la soirée d'ouverture des JO... Avec un départ à 6h du mat, il faut hélas faire des petits sacrifices mais dieu merci le replay existe !

Comme toujours réveillée avant la sonnerie, petit déjeuner rapide et direction la ligne de départ. Je dois retrouver Xavier sur la ligne de départ pour voir si nous sommes capables de nous supporter sur trail ! Je vais vous passer le début du parcours, c'est terrible mais je le connais par cœur maintenant et l'idée de devoir revenir une nouvelle fois pour la finir l'année prochaine commence déjà à me désespérer... En attendant nous avançons tranquillement même si je prends vite conscience qu'il va être difficile de maintenant le trio très longtemps : nous avons un jeune pur sang qui ne demande qu'à partir au galop ! Et moi je suis une vieille jument qui veut juste rentrer à l'écurie pour retrouver le confort de son foin... Et voilà il se met à pleuvoir... C'était prévisible mais ça me rappelle toujours de mauvais souvenirs de course arrêtée à St Gervais pour des questions de sécurité. Nous ne sommes plus 3 mais 4 maintenant puisque Nicolas s'est joint à nous. C'est un ami d'Arthur Baldur et les amis d'Arthur sont mes amis!Dieu merci le premier ravitaillement arrive même si pour cela il nous faut descendre une piste de ski en cours d'aménagement qui mériterait le prix de la bouillasse d'or... Les garçons partent devant et moi je descends tranquillement pour éviter déjà de jouer à la catcheuse dans le bain de boue mais surtout parce que mes appuis sont forcément inexistants et que mon genou apprécie moyennement la blague. Ravito en eau, j'étais à sec... belle erreur de débutante totalement pathétique mais passons et nous repartons. Dire que je bats des records de vitesse serait mentir ! J'avance tranquillement cherchant à assurer chacun de mes pas en fait. Je constate amèrement que je suis toujours aussi nulle en grimpette, pathétique en descente et tout juste correcte sur le plat. Mais qu'est ce que je fous en montagne mes amies !!! Pourquoi je m'entête à aller courir dans ce monde qui m'est tellement hostile... Pourquoi je cours d'ailleurs tout court???

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Lorsque nous apprenons que nous serons privés de glace (de glacier!) pour des raisons de sécurité je décide de continuer et d'aller chercher ce foutu tee shirt finisher. Ok ce ne sera pas la vraie 6000D mais bon là maintenant ça suffit la blague. Et là vous vous dites : « mais elle est totalement barrée cette fille... Elle a le genou en vrac et elle se lance sur 30km de descente... ». En fait je suis à moitié barrée (quoique lorsque vous lirez la suite du texte, pas sûre de vous convaincre!). Je sais que la femme de Nicolas l'attend à la Plagne et qu'elle ira bien entendu l'attendre à l'arrivée. Je n'en ai pas parlé officiellement mais mon idée est de demander l'asile politique dans sa voiture en faisant jouer la solidarité féminine en cas de gros soucis. Je suis donc en fait plutôt sereine parce qu'au fond de moi je sais que l'abandon sera envisageable sans que ce soit trop compliqué à gérer ensuite. Nous avançons donc tous les deux puisque j'ai perdu mes 2 purs sangs depuis longtemps ! La jolie Sissi que vous connaissez si vous lisez RPE nous double puisqu'elle est sur le 22 km et les mecs autour de moi manquent tous de se faire une cheville tellement elle est jolie ! Moi je fais du baby sitting avec Nicolas (punaise il va me tuer quand il va lire ça!!!). Je m'occupe de son portable qu'il faut remettre dans son sac, on papote, en fait je ne pense pas vraiment aux km qui défilent. La Plagne est là et Cécile aussi mais je décide de continuer, mon genou est clairement sensible mais il a l'air de tenir alors zou je fonce. J'arrive au ravito et je profite du temps qui m'est imparti pour me poser un peu : toilettes, photos de Serge Moro d'Esprit Trail mort de rire de me voir là, Annette Sergent qui remplit ma gourde (si c'est pas la classe mondiale ça!), Nicolas arrive et nous repartons de plus belle. Il reste 20 km environ, va bien falloir que ça tienne. L'idée même de m'arrêter au ravito où j'ai rendu mon dossard l'année dernière me file la nausée... Non en fait il me fout les intestins en l'air... C'est pas vrai, ça ne va pas recommencer cette histoire... Mon ventre me déchire comme si je n'avais pas assez de mon genou qui râle de plus en plus. D'ailleurs les copains qui me doublent en me demandant ce que je fous là me le confirment : je cours en boitant... Charmant !

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Le dernier CP est là et pas de doute il me faut des toilettes vite, mais alors très vite... Je me rappelle qu'elles sont plus loin, à 300 m du ravito et je fonce en lâchant Nicolas qui fait buffet à volonté. Je perds beaucoup trop de temps à mon goût mais Nicolas est là qui m'attend à la sortie... Je ne sais plus où me foutre de l'avoir fait poireauter comme ça aussi longtemps mais nous repartons et je prie le bon dieu pour que la descente ne m'oblige pas à trop d'arrêts derrière les arbres. De toute façon pour m'occuper l'esprit mon genou a clairement décidé de prendre le relais cette fois mais là les dés sont jetés, je vais finir, contente, pas contente, douleur ou pas douleur, faut en finir de ce truc une bonne fois pour toute. Et Nicolas va découvrir ce que je suis capable de faire quand je veux vraiment un truc... Je tiens à m'excuser solennellement ici pour la manière dont je l'ai traité, dont je lui ai parlé... Alors qu'il avait été adorable avec moi quand j'allais moyennement et qu'il a pris le temps de m'attendre, je me suis transformée en truc de guerre enragée pour qui le seul truc qui compte c'est d'avoir le plus vite possible son tee-shirt finisheur qu'elle ne portera même pas et qui restera dans le placard comme tous les autres... Comme je lui ai dit en rigolant « mon grand c’est comme pour l’accouchement, tout ce qui sera dit en salle de travail ne pourra être retenu contre moi ! ».

Par moment je jure quand la douleur se fait trop vive, j'entends Nicolas qui râle sérieusement mais je ne lâche rien. Lorsque enfin la petite rivière arrive, nous faisons une petite pause pour reprendre nos esprits mais me faire doubler comme ça m'énerve et je repars embarquant dans mon sillage un homme qui souffre de crampes et qui doit se demander pourquoi il s'est embarqué dans cette aventure. Aime est là, nom de dieu que c'est bon ! Je connais presque chaque mètre par cœur… On traverse ce foutu village, j'encourage Nicolas comme je peux, je crois que je serais capable de courir à 14km/h sans aucun problème tellement je veux finir, la ligne est là, enfin c'est fini... Comme toujours dans ces moments là, je fuis au plus vite pour rejoindre ma voiture en boitillant non sans avoir bu un verre de coca et attrapé quelques chips... Je suis pathétique ! Je veux rentrer le plus vite possible rejoindre mes enfants à Megève qui m'attendent et c'est toute boueuse que je monte dans ma voiture. Il y a une heure 15 de trajet, je roulerai les fenêtres ouvertes ! Fin de premier épisode, la malédiction 6000D est terminée, l'année prochaine, fin juillet je serai sur une plage ou au bord d’une piscine en train de me faire bronzer !

Episode 2 : le retour de la blonde givrée

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Après ce premier épisode plutôt pitoyable, on pourrait croire que j’avais compris, qu’il était temps pour moi d’accepter un petit repos bien mérité… Tu parles Charles ! Je sais déjà en sortant de la douche que si j’arrive à mettre un pied par terre le lendemain matin je serai au départ du petit tour des Fiz dimanche à la Plaine Joux. 30km… Qu’est ce que c’est 30 km ? Une jolie balade champêtre avec un peu de dénivelé histoire de pimenter le gin fizz… Diner aux pizzas, massage à hurler comme me l’a expliqué Manu Gault… Faut que ça fasse mal, il parait et bien là j’ai bon, je fais tout comme le champion. Dodo, 5h30 du mat debout et premier constat : j’arrive à aller faire pipi sans me tenir aux meubles. Moi je dis c’est un signe ! Petit déj avalé et nouvelle tenue enfilée. Heureusement que j’ai regardé le matos obligatoire la veille parce que j’ai encore failli partir la fleur au fusil. En route vers Passy, puisque c’est par ici que ça se passe. Je cherche les panneaux m’indiquant le départ, rien… Punaise mais c’est quoi ce truc ? Au bout de 10 min à tourner dans le village je sors mon smartphone magique et je comprends que je dois aller à Plaine Joux, Mademoiselle GPS est de ce pas programmée et en un instant ma mâchoire décrochée… Comment ça plus de 20 min ??? Punaise mais je vais arriver à l’arrachée ! La voiture garée je bondis telle Zébulon de mon camion pour foncer récupérer mon dossard. Ah oui mince la pièce d’identité… Bougez pas je reviens ! Il est 7h55, je n’ai pas d’eau, pas fait pipi, mon dossard n’est toujours pas accroché… Zen ma bichette reste zen… Floriane qui s’occupait de la presse pour Quechua m’indique l’arbre magique où on peut se cacher, je jette mon tee-shirt offert et la serviette magique qui sèche tout pour ne pas avoir à la transporter pendant toute la course à son gentil collègue, un coup de bip, je suis dans le sas… Punaise le cardio est au bord de l’implosion ! Petit briefing pour nous annoncer qu’on partira avec 5 min de retard (c’est malin j’aurais eu le temps de faire un brushing !) et surtout où on nous annonce les temps des premiers l’année dernière ce qui me permet de faire un rapide calcul sur mon propre temps. J’applique la théorie Le Saux qui part sur le principe que si tu veux connaître le temps du troupeau tu prends le temps du premier et tu multiplies par 2. Et là ma mâchoire se décroche une nouvelle fois : Plus de 4h pour la première féminine l’année dernière… Punaise mais il y a un salon de thé sur la route ou quoi ? Ça veut dire un petit 8h pour moi… Je ne vais jamais être rentrée pour le poulet moi… Et bien sur le portable ne passe pas, sinon ce n’est pas drôle. Y a plus à espérer que mes enfants n’en aient rien à faire de moi (ce qui sera le cas je vous rassure tout de suite). Le départ est donné et c’est parti pour une jolie descente bien roulante qui ne va pas durer très longtemps. C’est marrant ça ne dure jamais très longtemps ces trucs là quand vous avez les jambes… Première difficulté et c’est parti mon kiki pour l’atelier « si toi aussi tu as rêvé d’être une chèvre espagnole dans une autre vie mais que tu as hérité du souffle d’une vache normande, ben tu vas en chier »… Je vais vous passer les épisodes de la course qui a quand même duré 8h comme prévu pour me concentrer sur le plus important : elle est de toute beauté ! Franchement si vous voulez vous frotter pour la première fois à ce type de balade, si vous voulez du sauvage, du beau, du technique mais avec un peu de roulant de temps en temps, offrez-vous un gin fizz bien glacé comme on nous l’a servi cette année. Je me suis régalée ! Mon genou a tenu à ma grande surprise, me laissant profiter de la chance inouïe que j’ai eu de profiter de la vue, des moments où le ciel s’éclaircissait pour nous laisser entrevoir la montagne qui sait être si belle. Les ravitaillements vont de refuge en refuge et l’accueil est formidable. Comme ils sont tous les 8km environ vous pouvez vraiment profiter de cette course sans vous poser de questions. Il y a du monde mais pas trop, ce qui permet de grands moments de rigolade avec Chantal et Marine une petite jeune bien décidée à nous montrer ce que la trentaine permet ! Petite anecdote rigolote : alors que je savoure ma barre de céréales qui désespérément ne fera jamais clak avec moi, un gentil coureur m’aborde « tu me reconnais ? ». Mais oui bien sûr c’est Régis le commercial de Zamtz qui me confirme avant même que je lui demande que chez eux rien pour la patte d’oie… L’information circule vite ! Je le sais déjà puisque j’étais allée chercher sur le site dès mon retour du Beaufortain. Et sur le stand de la 6000D on me l’a confirmé, la patte d’oie tu la garderas, tu la soigneras mais aucun strap miracle te la soulagera…

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Je finis avec un monsieur qui est une star apparemment puisque tout le monde l’encourage. Fanfan doit être un V3 forcément, puisque je finis toujours avec un V3. Alors qu’il m’a doublé en descente (toujours aussi nulle la blonde…) je reprends du poil de la bête sur le plat, je me retrouve à le doubler, mais je freine, toute gênée… « Mais non vas y ma grande » ! Course finie, je vais pouvoir rentrer, l’esprit apaisé. Ok, je ne pourrais pas gagner l’UTMB mais je ne vais rien lâcher, et cette foutue polaire, je vais un jour porter parce que moi aussi je veux faire ma kéké et parce que cette année c’est mon année… Rien ne va me résister, tout ce je veux je vais le décrocher même s’il faut transpirer, même s’il faut en baver, même s’il faut en pleurer, ne jamais renoncer, le bonheur est là derrière la ligne d’arrivée… 2012 sera mon année…

Cécile

Ps : si quelqu’un a une jambe droite dont il ne sert pas et qui n’est pas trop abîmée, je prends merci !

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Ultra Portenaouak du Beaufortain 2012

Écrit par Cécile on .

Ultra Portenaouak du Beaufortain 2012

Dans la série « je fais n’importe quoi mais je n’en suis pas très fière », nous avons eu ce week-end à un parfait exemple de ce qu’il ne faut surtout pas faire si on est une coureuse responsable… Respon quoi ? Ce vilain mot je l’ai rayé de mon vocabulaire il y a quelques années déjà… Et depuis… Et depuis c’est du grand n’importe quoi.

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La vue du pique nique en altitude !

Introduction

Depuis mon retour de Gobi, petit souci, je n’avais plus envie… l’envie d’avoir envie comme dirait Johnny. Mais jour après jour, je voyais le décompte pour l’UTMB s’égrainer comme un tic tac fatidique et je commençais sérieusement à baliser. Autre sujet d’inquiétude de plus en plus grandissant, un genou qui râlait de plus en plus souvent mais jamais en courant. En fait, il ne bloquait que dans certaines positions, mes positions favorites que j’adopte toujours pour mon activité favorite. Ça y est j’ai récupéré l’attention de 50% de mon lectorat, à savoir les mâles… On va enfin savoir des choses !!! Alors on se calme tout de suite, je parle d’écriture… Lorsque je travaille sur mon ordi, je suis incapable de rester là bien droite comme un I comme on me l’a appris. Je suis plutôt tordue avec mon genou replié de façon relativement étrange en fait, genre flamand rose bancal. Bref, tout ça pour dire que de plus en plus souvent le retour à la station debout engendrait de longs moments douloureux de boitillement peu rassurants. Les 3 dernières semaines cela allait même en s’aggravant puisque j’ai passé des heures et des heures coincées derrière l’ordi pour sortir le dernier numéro de Running pour Elles, enchainant avec le hors série surprise de l’été. Mais boulot ou pas boulot, j’ai quand même sorti de mon étagère magique le calendrier des courses pour voir s’il n’y avait pas quelque chose à se mettre sous la dent. Et là j’ai trouvé l’Ultra tour du Beaufortain. Comme souvent aucune idée de l’endroit précis de cette course mais je n’étais pas à ça prêt ! En deux échanges de mail avec l’organisateur, j’apprends qu’il y a encore de la place puisque la liste d’attente s’est vidée, que nous serons 10% de filles ce qui n’est pas mal pour ce type de course et qu’il attend mon chèque pour valider mon inscription. Roule ma poule, me voilà donc en route pour 103km et quelques 6000 de D+ à la louche parce qu’on est généreux dans la région. J’ai prévu de gérer ça en rando course pour relancer la machine et tenter de retrouver l’envie perdue au fin fond de la Gobi… Histoire de me rassurer avant de me lancer, j’avais tenté une heure autour de Longchamp pendant mon séjour parisien et pas de souci le genou tient, pas de douleur à l’horizon, elle n’est là que lorsque je ne fais rien, alors pourquoi avoir du chagrin !

Chapitre 1 – je fais mon coin coin !

Mais non je n’ai pas profité de mon séjour parisien pour aller consulter un chirurgien esthétique et m’offrir la bouche d’une célèbre comédienne française ! Il y a dans le monde du trail des personnages, comment dire… atypiques, décalés et il y en a un qui me plait bien, un copain de Sylvain Bazin qui mène sa vie comme il l’entend. Il y a un camion, il va de course en course, le gare à côté de la ligne de départ histoire de dormir pas loin, fait podium et remonte dans son camion. Il ne le sait pas mais maintenant dans mes expressions favorites, il y a « je fais mon coin coin ». Ah oui un détail : il s’appelle Cyril Cointre, d’où le coin coin. Je n’ai pas réservé de chambre d’hôtel alors que le départ de la course est à 4h du mat. L’idée de payer une nuit pour si peu de temps me gonfle un peu, j’ai donc décidé de dormir à l’arrache quelque part. De fil en aiguille, et d’aiguille en botte de foin, je décide en fait de dormir dans ma voiture. Il faut dire qu’avec 4 enfants, je n’ai plus une voiture, j’ai un camion ! Avant mon départ vendredi matin, Guillaume enlève les fauteuils à l’arrière, récupère le matelas de mon fils ainé parti retrouver sa chéri au Venezuela, me trouve couette et oreiller et me dit « punaise on pourrait mettre un 140 dans cette voiture »… Me voilà donc partie avec ma maison sur le dos sous le regard amusé de mes enfants qui se disent que décidément leur mère est totalement frappée et sous le regard consterné de Guillaume qui se demande bien ce qu’il a pu faire dans une vie antérieure pour mériter une épouse pareille. Inutile de vous préciser que je me suis bien entendu ravitaillée chez Mac Do à Macon, cela tombe sous le sens. En arrivant à Queige (merci au GPS bien luné histoire de changer) je découvre que toutes les voitures devant moi plongent à droite vers le camping municipal. Vu la tête rasée des chauffeurs, je subodore un nid de traileurs et je suis. Je me dis que mon côté « camping sauvage à la coréenne » (j’ai une Kia) a quand même ses limites et qu’une vraie douche pourrait être intéressante. Je demande s’ils ont une petite place pour moi et zou on me dégote un petit coin de pelouse verte pour garer ma voiture. Direction les dossards en boitant… Mon genou n’a pas du tout apprécié la balade savoyarde… Au bout de quelques minutes il décide de repartir. Ça fait toujours mauvais effet d’arriver en clopinant alors qu’on est sensé courir (enfin courir…) 103 km. Alors que je suis incognito sur cette course, je pénètre à peine sous le chapiteau que j’entends : « ah ben si c’est toi, je me demandais si ce n’était pas un homonyme quand j’ai vu ton nom sur la liste ». Un copain de CLM, David, breton comme moi est là. Ça fait plaisir en fait de voir un visage connu et un drapeau ami sur un sac ! Dossard récupéré je dois me rendre à l’évidence : j’ai oublié un truc… Le diner… Disons que le village de Queige question guide Michelin j’ai connu plus fun et là franchement l’idée de bouger ma chambre à coucher m’emballe moyen en fait. On me dit qu’il y a une épicerie tout là haut, je grimpe dans l’espoir de trouver quelque chose. Et croyez-le ou pas je me suis contentée d’un sandwich au jambon et de deux yaourts. Question coin coin, j’assure pas une bille… Toujours prendre gamelle et réchaud, la base quoi ! Une douche, un brossage de dents et zou au lit avec mon masque offert lors de mon dernier long courrier et c’est parti pour 6 heures de sommeil…

Chapitre 2 – ça va monter encore longtemps ?

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3h du matin le réveil sonne mais j’ai déjà ouvert l’œil. Petit déjeuner au lit (pas le choix, pas de salle à manger dans mon camion !), habillage, le temps passe à toute vitesse. Le camping s’agite partout, certains sont déjà chaussures aux pieds prêts à en découdre, d’autres comme moi ont l’air d’avoir un tout petit peu plus de mal à émerger. Parce que je sais que beaucoup s’intéressent aux détails techniques, un petit tour d’horizon de la tenue du jour : je passe sur la jupe, ça vous connaissez ; tee-shirt skin retrouvé par hasard alors que je pestais après mon garmin qui jouait les fugueurs ; manchons doublés polaire D4 (riche idée vu le froid !) ; veste imperméable Quechua pour aller avec le haut skin et aux pieds les nouvelles chaussures de l’espace, les Raidlights avec les guêtres intégrées qui sont top, rembourrées de partout, parfaites pour protéger les talons et autres malléoles des cailloux. Mon sac est celui que j’aurai pour l’UTMB à savoir le dernier North Face. Dedans j’ai jeté des tas de gels GU, des barres aptonia et des watt que je dois tester. Aux mains j’aurai des bâtons black diamond et sur la tête la fameuse nao de Petzl que j’étais sensée tester en Gobi. Bref pour résumer, j’ai de quoi combler le déficit de la Grèce rien qu’avec ma tenue… En me dirigeant vers le départ, je comprends vite un truc : cette lampe est étonnante ! Pour vous résumer la situation, le couple que j’ai suivi a fini par me demander la marque… Et j’ai eu plusieurs fois des réflexions me demandant d’arrêter d’être en pleins phares ! Elle est nettement plus légère que l’ultra belt (et surtout moins chère), elle l’est tellement que je vais oublier de l’enlever au premier ravito alors qu’il fait jour.

Bon revenons en à la course. On m’avait prévenue, en gros ça monte pendant 15 bornes et je confirme…L’organisation limite à 400 participants et sincèrement je pense que c’est une bonne chose. Plus et cela deviendrait dangereux… Surtout quand on se retrouve dans les mêmes conditions que nous samedi dernier : ambiance plus qu’humide, sol glissant et coureurs qui ont décidé de doubler sans regarder où ils foutent les pieds… Résultat des courses ? Une coureuse décide de me doubler (ce qui est son droit cela va s’en dire !), elle glisse, tombe dans le ravin, le coureur qui est derrière moi plonge pour la rattraper, suivi par un autre coureur qui tente de sécuriser tout ça. Et moi là dedans ? J’ai juste pris son bâton sur le front, et la douleur vrille dans ma tête. Le temps que tout le monde reprenne ses esprits je constate que je saigne… Cool… je vais être défigurée en plus… Ok j’exagère un peu, je sais très bien que le front est tout rempli de capillaires qui saignent d’un rien, j’ai 4 enfants, je suis la reine du steristrip ! Nous repartons, je reste avec mon front saignant, on verra ça plus tard. Pour le moment, pas de vrai souci, j’ai suffisamment de marge avec les barrières horaires. Seul truc : le temps… J’en ai marre des courses de montagne dans le brouillard moi… Au ravitaillement du Cornet d’Arêches, miracle il fait beau, je profite de la terrasse pour avaler un bol de soupe. Je sais que ça va en choquer pas mal mais là je suis vraiment dans une idée d’entraînement, hors de question pour moi de me mettre dans le rouge pour gratter 10 min. Je sais que je vais passer la prochaine nuit dehors et je suis là pour ça de toute façon. Je remarque quand même une chose : ça ne papote pas beaucoup… Nous n’avons que 31km dans les jambes et je trouve que les coureurs ont l’air déjà plutôt fatigués. Il faut dire que question technique ça se pose là le Beaufortain… C’est caillouteux à souhait, sans parler des grands moments de « si toi aussi tu veux découvrir la descente en rappel, balance-toi dans le vide accrochée à une corde avec tes bâtons entre les dents »… Même si mes chaussures se comportent plutôt bien dans l’ensemble et sont beaucoup plus légères que leur côté mastoc pourrait laisser penser, je glisse de temps en temps et je commence à sentir mon genou qui grince de plus en plus. Je sais que ça va arriver, je le sens mais pour le moment je joue l’autruche, jusqu’à la descente vers le ravito du lac de Presset. La douleur sourde devient vraiment vive. Sans le vouloir, sans rien contrôler j’ai les larmes qui me montent aux yeux. Je n’arrive plus à courir et même marcher est douloureux. Je sais que là je suis allée trop loin, non en fait je le sens mais je ne veux pas encore l’admettre. Il reste 60km à parcourir et je sais au fond de moi que ce sera impossible dans ces conditions. J’arrive au ravito, j’ai froid, j’ai mal, qu’est ce que je fous là…

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la base d'un ultra...

Episode 3 – Le début de la fin

A peine arrivée, l’infirmière qui surveille les coureurs vient vers moi : « vous savez que vous saignez ? Vous êtes tombée ? ». Je raconte ma petite histoire et elle me demande de venir la voir pour nettoyer tout ça. Mon look Bruce Willis « Die Hard 5 le retour du traileur vengeur » n’a pas l’air de l’impressionner ! En attendant je vais d’abord manger un bout et à peine mes fesses posées sur le banc qu’un coureur m’aborde « ils sont bien ces bâtons hein ? ». Je t’en foutrais oui, ils passent leur temps à se déboiter… Jamais vu une camelote pareille. La prochaine fois je reprends ma paire télescopique, le côté pliant j’aurais dû me douter que ça ne tenait pas la route. Il me demande pourquoi je les ai choisis trop petits. Me voilà en train d’expliquer un peu gênée que je n’ai rien choisi, que c’est l’agence de com qui me les a envoyés et que je suis une sale privilégiée de journaliste d’opérette. Il les regarde, me regarde et me dit : « punaise tu ne fais pas semblant d’être blonde toi… Tu ne les as pas bloqués !!! ». Et là le mec me rend des bâtons qui ont miraculeusement pris 10 bons cm et qui surtout ne vont plus bouger… Quoi ??? J’ai au moins l’honnêteté de le dire, de l’écrire même ! Bon ok ça va, maintenant je lis toujours le mode d’emploi des trucs que j’embarque sur course. En tout cas ça aura au moins permis au mec de bien se marrer pendant 5 min. L’infirmière revient à la charge pour me dire de venir me faire nettoyer le front, ok j’arrive. Ils se sont mis à l’abri dans une grange et je passe la porte en demandant un kit de suture et une infiltration à la morphine, rapport à mon genou droit qui me fait souffrir. Bon finalement devant le peu d’enthousiasme vis-à-vis de ma demande, je change de braquet et je demande juste une compresse et un nurofen, ça fera bien l’affaire. Pendant qu’elle me nettoie le front, le médecin présent commence à me poser des questions. « vous avez mal où ? » « ben au genou » « mais où précisément ? » « ben partout » « et depuis quand ? » « ben 3 semaines ». Punaise c’est bon là, tu me le files mon nurofen au lieu de me faire un check up complet ! Je te demande où t’as eu ton diplôme de médecine toi ? Et puis t’as quel âge au fait ? Ils l’ont fait où leur recrutement, à la sortie de la première année de médecine ? Il est mignon quand même…Punaise je ne suis pas épilée… J’ai un mec qui pourrait bosser pour Abercrombie le nez à 2 cm de mes mollets poilus… Hein quoi ? Comment ? Ah oui, j’ai mal quand je descends surtout, en montée ça va plutôt bien. Et là le type appuie sur un point précis sous mon genou et je fais un bond ! Punaise mais tu es malade ou quoi ? Si tu cherches mes zones érogènes elles ne sont pas dans le coin !!! Tu retouches une fois à ce point et je te fais bouffer ta chasuble fluo moi… Et là il lâche « tendinite de la patte d’oie, vous ne finirez pas »… Tu veux aussi mon bâton dans la tête ?  T’es qui toi ? Tu y connais quelque chose en médecine du traileur du dimanche ? Je hais les médecins… Surtout ceux qui sont mignons et qui ont eu leur diplôme il y a 2 secondes et demi. C’est comme ça, blocage psychologique, mon père est médecin. J’imagine que la crème anti rides que je viens de m’offrir (42 ans… puff…) ne va rien pouvoir faire sur ma patte d’oie, autant que sur les deux autres tu me diras. Bon je peux avoir mon nurofen là les enfants, les minutes passent et je vais finir par louper la barrière horaire. Je pars le moral dans les chaussettes, sous le regard plutôt consterné des deux « médicaux » qui doivent se dire qu’on a tous vraiment un problème… J’attaque la montée, je sais qu’avec les barrières horaires et ma moyenne je suis foutue, je ne passerai pas. Je sais tout ça mais là je n’ai pas envie de l’admettre. J’ai besoin de me défouler sur quelqu’un, de crier ma rage, de pleurer un bon coup, de peut être avoir des mots de réconfort, va savoir sur un moment d’inattention, alors je sors mon téléphone de mon sac pour appeler à la maison. Je sais très bien que c’est le truc à ne pas faire, que je vais entendre « ça va là maintenant, t’es contente… tu as eu ce que tu voulais ? Bon tu rentres et tu arrêtes tes conneries, ça suffit ». Coup de chance, le réseau ne passe pas ! Chouette ! Et là arrive un coureur qui me demande ce que je fous là les fesses dans l’herbe. Je résume la situation : blessée, barrières horaires, froid, UTMB, malheureuse. Il me répond : blessé, barrières horaires, froid, Tor des Géant et surtout « on n’abandonne pas, ils le décideront pour nous ». Ok je lève mes fesses et je pars avec lui, deux givrés ensemble à l’assaut du truc machin du bonhomme congelé, nous étions destinés. C’est totalement crétin, soyons clair, je le sais, il le sait mais voilà on est comme ça. Je crois que je m’accroche à l’idée que le médoc va agir et qu’il va y avoir un miracle.

Le miracle n’arrivera pas, la descente vers le CP suivant se fera dans la douleur, incapable de courir. Je suis pitoyable en majorette désespérée. Je sais que je vais lâcher le truc même si la barrière horaire passe. Je n’ai rien contre le fait de finir dernière, je m’en fous comme de ma première culotte petit bateau, je veux juste ne pas foutre en l’air mes chances de finir l’UTMB. Je suis là en entraînement, rien de plus et j’aurais déjà fait une belle sortie. Arrivés au CP on nous propose de continuer mais je rends vite mon dossard au cas où je changerais d’avis. Quelques minutes après nous sommes déjà dans le bus la fenêtre ouverte puisque les deux garçons ont décidé d’être malades. Comme toujours quand je suis mal, je parle pour cacher ce malaise qui m’habite, je ne pense qu’à mon genou, à mon entraînement déjà pathétique qui va devenir pitoyable si je ne peux pas courir, de mon entêtement à vouloir tout faire sur une seule année alors que déjà le MDS aurait suffi à n’importe quel coureur. Arrivée à Queige je file prendre une douche, je suis frigorifiée. J’entends une fille malade avec qui je vais papoter à la sortie de ma douche. Elle s’excuse d’être malade comme ça mais elle, elle est finisheuse… pas moi… Alors que je retourne au chapiteau pour diner, j’entends le speaker qui annonce que la deuxième féminine est attendue dans 20 min environ. Attends, si la deuxième n’est pas encore là, ça veut dire que la petite chose toute fragile de tout à l’heure est la gagnante, Sonia Furtado ? Mince alors… Je me sens encore plus mal de n’avoir pas serré les dents un peu plus. Je vais me coucher après avoir avalé un myolastan histoire de trouver le sommeil. Je n’ouvrirai les yeux qu’en entendant le dernier arriver 10 min avant la fermeture de la barrière horaire. Plein de coureurs sont arrivés toute la nuit durant mais c’est celui là qui m’aura réveillé. J’aurais tellement voulu être dernière…

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Sonia dans ses oeuvres !

Conclusion : le monde est définitivement très petit…

Alors que je vais me doucher avant de repartir je retombe sur … Sonia. Elle va mieux et nous repapotons. Je m’excuse de ne pas avoir compris la veille qu’elle avait gagné. Nous parlons chaussures, tendinites et autres réjouissances et elle me dit qu’elle a testé avec pas mal de réussite les Hokka sur cette course (vu les cailloux j’ai un peu regretté les miennes…) qu’un copain lui avait passées. Et là je comprends qu’elle parle de Coin Coin. Je me marre, la boucle est bouclée, il est temps de rentrer.

Epilogue : je suis allée chez mon médecin lundi après midi qui a commencé sa consultation par « vous avez besoin d’un certif pour quoi cette fois ? ». Et non, pour une fois c’est mon genou qui me pose problème ! Apparemment j’ai une tendinite d’effort qui se soigne en évitant les efforts justement. 166km autour du Mont Blanc c’est un effort ou pas ????

 

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Jusqu’au petit jour, on ira faire la Festa, Festa Trail !

Écrit par Cécile on .

Jusqu’au petit jour, on ira faire la Festa, Festa Trail !

Quand je vous dis que je suis fatiguée… Je pique même mes titres à Patrick Sébastien, c’est dire !

Au départ je n’avais pas prévu de vous parler de mon petit week end au Pic Saint Loup puisque j’y allais pour le travail. Ok comme travail on a vu pire me direz-vous mais voilà c’est comme ça, maintenant, moi mon travail c’est courir ! Excusez par avance ce texte qui part d'ailleurs un peu dans tous les sens puisque j'ai été à la fois spectatrice, actrice, testeuse, journaliste... Moi aussi j'ai eu le sentiment de partir dans tous les sens !

hortus

J’ai découvert le Festa Trail à l’occasion du village trail de l’UTMB. Tout de suite j’ai accroché sur le concept : plusieurs distances allant de la course pour enfants à l’ultra de malades en passant par un trail féminin, tout le monde pouvait y trouver son compte. J’aime bien l’idée qu’on peut aussi passer un week-end en famille autour d’un sport, même si je ne le vis jamais chez moi ! L’organisateur m’avait proposé d’en être et Quecha a achevé de me convaincre en me proposant de profiter de l’occasion pour rencontrer Vincent Delebarre. Dans le genre grand monsieur du trail il se pose là le garçon ! Et moi je considère toujours qu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints ! Et puis Quecha pour moi c’est synonyme de vacances en famille en fait. Je vous raconte un peu ma vie tiens, ça vous changera ! Leur grand magasin est à quelques km de l’endroit où nous passons nos vacances hivernales mais aussi estivales. Pas un séjour qui ne commence par une descente chez eux pour acheter une nouvelle combi de ski, un maillot de bain et j’en passe. Parce que ça grandit vite ces trucs là ! J’ai eu la chance grâce à Floriane, leur attachée de presse, d’aller faire un tour dans les étages, dans les bureaux de conception et j’avoue, c’est passionnant à observer. Il faudra d’ailleurs un jour que je passe un peu de temps avec tous ces techniciens pour comprendre comment on crée une chaussure, un sac…

Enfin bref, tout ça pour dire que lorsque j’ai appris que mes copains Bastien et Damien rencontrés au Verbier l’année dernière feraient partie du voyage j’ai sauté dans le TER pour les rejoindre. Ah le TER… ce train béni où tu as de la place, des grandes fenêtres pour bien voir les gares totalement improbables où tu t’arrêtes tellement peu de temps que la SNCF a inventé un nouveau sport : le jeté de passagers et valises sur quai avant fermeture immédiate des portes… mais surtout des prises partout pour permettre à tous ceux qui comme moi ont des ordis vieillissants de regarder un film débile ou de faire des réussites.

Je vais passer rapidement sur mon voyage qui fut tout sauf rapide malgré 2 TGV au programme. N’allez pas croire que les trains avaient du retard, mais c’est juste qu’en France dès que tu veux aller ailleurs qu’à Paris tout devient un vrai chemin de Compostelle…

Arrivée à Montpellier où je retrouve la petite troupe qui va animer tout mon week-end et départ pour le Domaine de Blancardy qui va nous héberger. C’est perché en haut de la montagne, le réseau SFR ne passe pas, même les SMS tu oublies. Mais il y a de supers points positifs comme une vraie chambre de fille avec une télé super bien placée pour pouvoir la regarder de son bain et même des toilettes !!! Trop cool !!! Si ce n’est que la télé n’est pas vraiment au programme… On attaque bille en tête par une dégustation des vins produits sur la propriété, on enchaine avec le foie gras produit lui aussi sur la propriété et je m’achève avec une tarte au citron tout aussi déstructurée que moi après une journée pareille ! Moi qui ne dors bien que dans mon lit je vais m’écrouler comme une masse pour ne rouvrir l’œil en tapant comme une forcenée sur mon portable pour éteindre ce foutu réveil…

Et oui c’est bien gentil tout ça mais le but du week end n’est pas uniquement de goûter tous les vins de la région genre marathon du Médoc ambiance vins du Languedoc mais bien de courir et de tester la nouvelle collection trail Quecha. Alors je sais, vous allez vous dire que je suis obligée de dire du bien parce que c’est comme ça les journalistes (ou pire les bloggeurs), on les achète à coup de cadeaux mais là que voulez-vous que je vous dise j’adore leurs fringues ! Déjà c’est ma couleur, ma vraie couleur préférée à savoir le turquoise. Le coupe-vent est super mignon avec les petites fronces sur les épaules qu’on dirait du Stella Mac Cartney mais sans prendre un crédit sur 6 mois à la banque pour le payer et la veste pluie est très bien coupée elle aussi. Le corsaire est d’un prime abord très confortable mais il faut voir à l’usage. En tout cas moi j’apprécie qu’il ne soit pas trop taille basse et avec un large élastique qui ne sert pas trop. Pour compléter l’ensemble il y a une paire de chaussures (mais pas turquoise !!! quel dommage quand même) et un sac à dos avec une poche à eau. Et là ça se complique pour moi… Ce n’est pas un mystère, je déteste les poches à eau… Enfin non ce sont elles qui me détestent. Et Japhy peut témoigner de ma patience légendaire à ce sujet d’ailleurs. Mais bon je joue le jeu et je remplis ma poche… Rien que d’écrire ça, ça me file des frissons… Quelle expression quand même !

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En route donc pour un repérage des derniers km de notre course prévue le lendemain. Nous avons 14km prévu dans la montagne avec grimpette en haut du Pic Saint Loup histoire de voir les paysages superbes de la région. Et vu les conditions météo des jours qui vont suivre nous aurons bien de la chance ! En attendant je vais prendre une vraie leçon de trail avec Vincent qui comme tous les grands champions que je connais maintenant est d’une simplicité confondante. Il va surtout me confirmer ce que je sais déjà : courir ça s’apprend… et courir en montagne encore plus ! Il nous donne plusieurs techniques, nous décompose la foulée en descente et j’en passe. Je sais qu’il va vraiment falloir que j’en passe par un vrai stage pour faire de tout ce que les pros peuvent nous apprendre des automatismes. En attendant, à défaut de pouvoir être au niveau question vitesse, je teste le matériel qu’on m’a confié. Les chaussures sont clairement pour moi une bonne surprise. Allons soyons honnête… dans ma tête, Quecha = Décathlon = chaussures bas de gamme… Je peux l’écrire, je leur ai dit en direct ! Mais là clairement j’ai aux pieds une très bonne paire qui se comporte plutôt très bien. Et nous la mettons pourtant à rude épreuve parce que question cailloux on est servi ! Le seul détail qui pourrait me gêner c’est un léger manque de souplesse du côté de la semelle, surtout exacerbé parce que je cours de plus en plus en « minimaliste » ou presque et j’ai perdu l’habitude des chaussures un peu rigides. Question laçage j’ai pour le moment le même que celui des salomon mais elles sont vendues avec des lacets classiques et on peut changer sans problème. Je sais que je vais m’orienter vers ces derniers parce que je préfère. Apparemment je suis bien la seule d’ailleurs ! En attendant on profite des paysages, on papote, on court, un off comme je les aime en fait. Direction St Mathieu de Tréviers pour aller chercher nos dossards.

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Là bas au fond on voit le Mont Blanc (mais non je rigole !!!)

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Retour à l’hôtel pour une douche et zou en route pour une nouvelle dégustation… Je sais qu’on peut cracher, le monsieur nous l’a dit mais je suis mariée depuis 15 ans à un Auvergnat moi et il m’a appris une chose : « faut pas gâcher » ! Enfin à ce rythme je vais me mettre en boule et rouler jusqu’en bas de la montagne le jour de la course ! Après une pasta party sur le fil, ils ont dû nous refaire cuire des pâtes rien que pour nous, on rentre enfin se coucher. Qui a dit que c’était de tout repos les voyages presse !

Les choses sérieuses commencent !

C’est bien gentil tout ça mais on est aussi venu pour courir nous ! Au programme pour moi 2 courses le samedi : la féminine baptisée la Cécélienne (12km) et non la Cécilienne (mais je ne désespère pas de faire changer le nom en mon honneur !) et le tour du Pic saint Loup de nuit (17km officiellement, 19 officieusement…). En attendant le départ de la première prévue à 16h, nous allons faire pom pom girls sur le parcours de l’ultra Drail, 120km de joyeuse rigolade avec 6000m en D+ parce que lorsqu’on aime on ne compte pas ! Nous avons prévu de faire un premier arrêt à Pégairolles de Buèges, petit village au nom imprononçable mais à la beauté indescriptible.

village

Après quelques pérégrinations dues à un GPS farceur qui a décidé de nous faire faire un tour dans les rues les plus étroites de France ce qui n’est pas une bonne idée lorsqu’on est au volant d’un minibus nous ratons le premier mais nous allons pouvoir profiter du passage des 15 suivants et très vite je constate un truc : ils ont tous l’air épuisé… Je sais ça va paraître très prétentieux de ma part mais je commence à avoir un peu d’expérience sur ces distances un peu extrêmes et je me demande ce qu’il y a avant sur le parcours pour que des coureurs qui sont dans les premiers prennent autant de temps pour souffler… ça doit vraiment être quelque chose cette course… ça n’empêche pas un surfeur de faire son apparition, un coureur au look totalement décalé avec bermuda à fleurs, sac RL qui a fait les 2 guerres et queue de cheval plus longue que la mienne. Il y a aussi le Kilian de la course, un gamin qui ferait mieux d’aller au lycée plutôt que de courir comme ça un ultra le samedi ! Ils ravitaillent, nous nous contentons de les encourager sans trop les envahir, la route est encore très longue pour eux. Arrivent enfin la troisième femme Aline Peyron alias Pam que je vous ai présentée dans RPE et qui était au MDS avec moi. Elle est souriante, elle a l’air d’avoir la pêche, tant mieux, j’espère qu’elle gardera sa troisième place sur le podium jusqu’au bout. Dès qu’elle est passée nous filons au pied du Roc Blanc pour pique-niquer et profiter de nouveau et des paysages et du passage de ces coureurs de l’extrême. Les pauvres ils vont avoir le droit à tout ! La hola, des phrases du style « bon sens mais tu vas retourner à l’école, l’ultra c’est pas pour les enfants » « mais madame j’ai 23 ans et je travaille depuis longtemps », « la mer elle est par là, juste en face » à notre surfeur préféré, bref nous tentons de leur arracher un sourire et d’égayer un peu leur parcours.

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Le surfeur !

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Mon bébé !

Ce n’est pas tout ça mais nous ne sommes pas d’ici et je dois aller courir ma première course de la journée. Nous nous rapatrions tous vers notre minibus au moment où arrive la runnosphère. Ce petit groupe de joyeux drilles coureurs blogueurs donc vous connaissez les exploits cinématographiques du célèbre Greg que je vous mets régulièrement le lien vers ses vidéos en fait partie. Je suis ravie de mettre enfin un visage sur des « amis » virtuels. C’est bien gentil Facebook mais ça ne remplace pas le vrai contact ! Alors que nous allons partir nous voyons débouler ma copine Pam qui est toujours 3ème féminine. Elle est suivie de 2 coureurs et semble en forme. Tellement en forme qu’en nous voyant nous avons même le droit à une petite cabriole. Seulement, alors que nous l’encourageons à pleins poumons elle prend à gauche toute sur la route alors qu’elle doit normalement attaquer la montagne juste devant elle. Pendant quelques secondes je me dis qu’elle veut se planquer pour satisfaire un besoin pressant mais il faut vite se rendre à l’évidence, elle est en train de partir dans la mauvaise direction et elle a clairement la musique à fond dans les écouteurs puisqu’elle ne réagit pas à nos cris. En quelques secondes nous lançons l’opération « il faut sauver le Soldat Pam » et nous sautons tous dans le camion. Merci à tous d’ailleurs d’avoir joué le jeu. C’est l’équipe au grand complet qui rattrape la fugueuse et la remet sur le droit chemin.

Pour refermer le dossier ultra, sachez qu’elle a conservé sa place jusqu’à l’arrivée. Pas de doute c’est une sacrée nana !

Pendant qu’elle attaque la seconde moitié de son ultra, je rentre sur St Mathieu pour prendre le départ d’un 12km… Pour une fois nous avons donc une féminine qui ne se court pas en rose et qui dépasse les 10km au compteur. C’est tout de même assez rare pour être signalé ! Pour fêter ça, j’ai décidé de sortir pour la première fois mon tee-shirt finisher du marathon des sables d’un charmant jaune poussin. Bon ok en vrai c’est surtout parce qu’il ne me restait qu’une paire de manchons propres, mes skins noirs avec les coutures jaunes… je voulais un tee-shirt assorti… C’est nul… Mais avantage de ma tenue Maya l’abeille, je vais être facilement repérable ! A la base, j’avais en tête de le courir tranquille, histoire de voir à quoi ressemblait le parcours, rien de plus. Mais voilà j’avais un public (toute la runnosphère arrivée sur zone eux aussi) et au fur et à mesure que les km défilaient, l’esprit de compétition renaissait de ses cendres, enfin plutôt sortait de son tas de sable. J’apprends aux ¾ de la course que je suis 39ème sur une centaine de participantes et je sais que j’en ai encore sous la semelle. C’est un vrai petit trail, beaucoup plus technique que je m’y attendais mais je m’accroche. Et en plus on m’a promis des churros à l’arrivée si je suis sage ! Petit à petit j’accélère, je double des filles qui se prennent au jeu et me redoublent. Nous allons ainsi jouer au yoyo avec plusieurs mais je ne lâche rien, croyez-moi. Je sais très bien que je ne me bagarre pas pour une place sur le podium, je me bagarre juste pour le plaisir de courir vraiment, sans l’entrave du sac à dos qui vous déchire les épaules. Le village est là, je reconnais l’endroit repéré la veille Je peux tout donner, plus la peine de regarder ses pieds puisque j’ai enfin du bitume dessous. Je passe la seconde et redouble une fille à 300m de l’arrivée. La ligne est là devant moi et je fonce telle une abeille qui a repéré une belle grosse pâquerette ! Je passe la ligne sous les acclamations de mon nouveau fan club en délire et j’en profite pour les remercier de nouveau. Pendant quelques secondes, grâce à eux tous j’ai été Paula ! Que du bonheur ! Il parait que j’ai fini 31°, et je suis plutôt contente de moi.

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Ce n’est pas tout ça mais il faut se changer, manger des churros, papoter avec une cafeuse en goguette, embrasser Pink runner que je n’avais pas vu depuis des lustres, faire une petite sieste pour retrouver mes esprits et commencer à paniquer sévère… Ce n’est pas le fait de courir 17km à la frontale qui me posait un problème. Sans vouloir faire ma pétasse, vous savez toutes et tous que courir 29km en une journée n’était pas vraiment un souci. C’est plus les conditions météo qui se dégradent qui m’inquiètent. Je sais à quoi ressemble le parcours et autant à sec c’est super sympa, autant mouillé j’ai comme un doute… Le ciel est menaçant et je commence à me poser de sérieuses questions. Je suis là pour écrire un article, pas pour me faire une cheville comme une idiote à 15 jours de la Chine. J’en parle à Floriane qui bien entendu me conforte dans l’idée que je fais comme je le sens. Il faut dire que l’arrivée du favori de l’ultra marchant avec des béquilles suite à une chute et une belle entorse le matin même n’est pas faite pour me calmer. Je suis vraiment hésitante et je n’arrive pas à prendre une décision. Les minutes s’écoulent plus rapidement que je ne le souhaiterais et l’heure est là, il faut y aller. On nous annonce 2h tranquille avant l’arrivée probable de la pluie. Je ne sais pas ce qui me prend mais finalement je me dirige sur la ligne de départ. Mes mobylettes préférées à savoir Damien et Bastien font des gammes à l’avant, je sens que je vais faire une bêtise mais voilà j’y suis, il faut bien y aller et assumer sa décision. J’ai prévenu tout le monde, je fais ce que je peux et j’essaye de faire au mieux pour ne pas trop perdre de temps. Nous devons tous rentrer nous coucher pour quelques heures seulement il faut prendre la route tôt pour aller à la gare de Montpellier.

Après un tour d’honneur dans le village nous partons à l’attaque de ce foutu Pic Saint Loup. Très vite je trouve mon rythme, très lent je le sais bien mais qui sera le mien quand même parce que ma sécurité est plus importante à ce moment là que ma réputation ! Et puis de toute façon tout le monde sait que je ne cours pas vite non plus ! Je suis contente parce que mes chaussures se comportent toujours bien et que, oh miracle, suite aux conseils de Vincent j’arrive à me servir de ma poche à eau sans problème. Maintenant comme j’ai juste mis de l’eau toute simple et pas de l’eau bénite de St Martin de Londres (qui doit son nom au mot celte pour désigner les marais, dont Londres tire son nom également. Ça c’est pour les copains du bus, ils comprendront !), je ne suis toujours pas rapide. Et se passe ce que je craignais qu’il se passe… Au bout de 2h il commence à pleuvoir. Et au bout de 2h je suis quasiment à l’endroit exact où Vincent nous avait dit « on sera à l’arrivée dans 45 min ». Seulement entre 45 min au sec et 45 min sur des cailloux qui deviennent de vraies patinoires miniatures ça va être une autre histoire… De toute façon, maintenant je n’ai plus le choix je dois gérer comme je peux en veillant à surtout ne pas tomber et me faire une cheville dans un moment d’inattention. Tout traileur qui se respecte sait une chose : dans les descentes il faut être souple et détendu… J’étais tout l’inverse ! Un truc agrippé à la moindre branche qu’il pouvait saisir. Je n’ai aucun problème avec le fait que je suis en train de faire un temps totalement pitoyable, je pense juste à tous les copains qui sont au chaud en train de m’attendre et de se demander « mais pourquoi on l’a invitée celle-là » ! Je n’aurais pas dû prendre le départ même si c’est un exercice de style toujours intéressant pour l’entrainement. Je vais finir par quitter la patinoire pour atteindre le goudron, passer la seconde, enfin non la première, j’étais au point mort en fait, et finir cette foutue course. Toute la petite bande est là sagement à m’attendre et zou on monte dans le bus.

Nous avons tout de suite eu une pensée pour nos amis de la runnosphère qui devaient prendre le départ du marathon le lendemain matin. Le peu que nous avions vu laissait présager si les conditions météo continuaient à se dégrader un parcours impraticable sans prendre de risques. C’est ce qui se passera le lendemain matin quand l’organisateur aura l’intelligence d’annuler sa course. Je sais que cela doit être une sacrée décision à prendre mais il faut que la course à pied reste un plaisir avant tout.

Vous l’aurez compris, à part le fait que j’ai eu la confirmation que je suis nulle en patin à glace, j’ai pris énormément de plaisir à vivre ce week-end et je ne peux que vous encourager à y aller l’année prochaine. Avec toutes les distances proposées, on trouve forcément un truc qui nous convient et ça c’est chouette. Et rien ne vous empêche de jouer à cumuler !

Cécile

Ps : j’oubliais, mon surfeur a bien fini, je l’ai doublé la nuit et nous avons papoté un petit peu. Il était bien pour un mec qui finissait l’air de rien un 120 bornes !!!

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Marathon des Sables 2012 : le bonheur derrière la dune

Écrit par Cécile on .

Marathon des Sables 2012 : le bonheur derrière la dune...

C’est toujours un peu le même problème avec ce genre de course… Comment faire un compte-rendu d’une aventure pareille qui ne dure pas 45 pages, qui ne sorte pas des banalités du genre « il a fait chaud, y avait du sable et c’était trop dur », qui fasse rêver mais qui rappelle quand même un peu que la réalité n’est pas toujours toute rose et que les larmes peuvent arriver juste après les rires, bref que l’ultra c’est avant tout un ultra concentré de vie…

Pour moi ce MDS n’était pas vraiment une idée très intelligente et j’en suis amplement consciente. Je rentrais juste de l’Atacama, le sac était à peine sec, j’avais trouvé malin de faire mon intéressante sur la Tour Eiffel et dans les traboules lyonnaises et moralement pour des raisons un peu trop longues à expliquer ici, je partais avec un sacré handicap. Sincèrement, je sentais poindre à l’horizon un « Australie 2, le retour de la blonde qui refleurit le désert avec ses larmes ». C’est donc tout sauf sereine que j’ai pris la direction d’Orly dès potron-minet, encore plus désespérée de constater que les travaux du futur Starbuck n’étaient pas finis et que je pouvais dire adieu à mon litre de thé vert avant le décollage.

Je retrouve des visages connus très rapidement comme toujours sur ce type de course et surtout je rencontre enfin des personnes « virtuelles ». Gloria est là comme prévu, Fouad également, ça papote sévère et nous ne sommes pas encore partis. Je vais faire la connaissance dès le vol d’Amandine qui va m’impressionner tout au long du MDS par la force intérieure qu’elle dégage. Alors qu’elle partait vers l’inconnu, je savais déjà que rien ne l’arrêterait et qu’elle verrait les dunes de Merzouga. Je vais vous passer le trajet en bus qui n’en finit pas, la bétaillère pour l’arrivée sur le campement, vous connaissez déjà la musique… Je retrouve les tentes noires en me demandant vraiment ce que je fous là mais passons. Sylvain m’attend puisqu’il était avec tous ceux qui devaient constituer ma tente, prévus sur le premier vol et je comprends tout de suite qu’il y a un blême… Alors que nous devions tous faire tente commune et que forcément c’était eux qui arrivant les premiers devaient s’occuper de ce côté de la logistique, ils n’avaient pas de place pour moi. On m’avait trouvé une place un peu plus loin dans une tente qui n’avait pas franchement l’air d’apprécier sur le moment l’arrivée d’une 8ème personne… Je pose ma valise rapidement bien décidée à aller demander l’asile politique au Luxembourg comme je l’avais fait l’année dernière, d’autant plus motivée que cette fois-ci, ils ont les toutes premières tentes à gauche en arrivant sur le campement. Cela m’éviterait de prendre une bouteille d’eau pour aller les rejoindre comme l’année dernière. Seulement voilà, là aussi problème : ils sont 9 dans une tente et 8 dans l’autre… Du coup je me résous à rester là où je devais m’installer. N’allez pas croire que j’avais quelque chose contre mes futurs compagnons de tente, c’est juste que se retrouver comme ça au milieu d’inconnus pour vivre une course qui peut se révéler difficile me filait un peu le bourdon… C’est plus facile quand tu arrives avec des visages connus en fait, plus confortable. Arrive le diner et zou, re la queue pour manger. Et là petit miracle de la vie, j’entends un « tu es bien Cécile Bertin ? ». Euh oui c’est moi… « Je suis Cédric le podologue de Thyo, tu sais les chaussettes ? ». Mais oui je sais ! Bon là tout de suite je suis super gênée parce que je vais tester les compressport pendant la course mais je suis super contente de tomber sur lui par hasard. En quelques minutes surtout, je suis présentée au reste de la troupe qui constitue sa tente et surtout comble de bonheur, on me propose spontanément la 8ème place. Je suis un peu gênée de les envahir comme ça mais que voulez vous je me suis sentie bien tout de suite avec eux, comme ça d’instinct et comme je suis une fille qui écoute son instinct, c’est donc le cœur léger que je file chercher ma valise pour intégrer la tente 8, ma nouvelle maison pour 7 jours. (ça, ce sera pour la version officielle… selon Pascal présent à mes côtés au diner, je me suis carrément invitée chez eux, genre à faire le regard de chien battu qui couine gentiment pour qu’on le laisse entrer dans la maison… ou genre « j’irai dormir chez vous » version féminine ! bref j'ai honteusement tapé l'incruste...).

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la troupe au grand complet !

Petite présentation des troupes :

-          il y a donc Cédric. Je profite de l’occasion pour le remercier ici pour tout, vraiment tout. Sans lui ma course n’aurait jamais été la même. Vous comprendrez en lisant le texte qu’il a joué un rôle primordial jour après jour et je ne serai jamais assez reconnaissante de tout ce qu’il a fait pour moi.

-          Son comparse Thierry, autre podologue de son état (ah ben oui une fille aux pieds d’argile choisit une tente avec 2 podo, pas folle la guêpe non plus !) qui révèlera très vite un goût on ne peut plus spécial pour la chanson française… En fait il était là parce qu'on l'avait recalé au casting de "the Voice" et il venait noyer son chagrin dans le sable.

-          Marie-Claude, dite Coco, dite Robert… rapport à sa lourde tendance à vouloir rajeunir à tout prix pour revenir à sa période capillaire Cure… Elle a aussi 3 particularités et non des moindres : des culottes coupées au laser parce qu’en Charente on ne rigole pas avec 2 choses, les chaussons et les culottes… des lingettes miracle tu mets une goutte d’eau dessus, tu as un drap de bain humide pour te rafraîchir… et un sac digne de Mary Poppins avec toujours à manger dedans !

-          Guy un de ses 2 compagnons qui a une légère tendance cleptomane avec les sacs à caca mais bon je vais éviter de trop en dire pour ne pas ternir la réputation d’un homme…

-          Philippe, le dernier du trio infernal, toujours de bonne humeur qui décidera un jour que maintenant ça suffit comme ça de se trainer et qu’il va courir un peu parce que ça lui fait trop mal ! C’est bien simple, on lui laissait deux jours de plus, il montait sur le podium !

-          Mous, l’homme qui dort plus vite que son ombre, tu le poses par terre et zou tu l'oublies, il ne bouge plus... et surtout mais alors surtout qui parlant la langue locale va nous faciliter le quotidien à un point qu’il est difficile d’imaginer. J’ai bien cru qu’un jour on finirait par nous amener le petit déj au lit ! C’est bien simple, les mecs venaient le voir sous la tente pour savoir si nous n’avions besoin de rien… Que du bonheur ! Il a par contre une passion pour le hachis Parmentier que je n’ai toujours pas réussi à expliquer.

-          Renaud, ah Renaud… alias Mister mobylette… alias l’homme qui réussit à rester beau en slip ce qui n’est avouons-le pas donné non plus à tout le monde ! Il a une autre qualité, il a fait la trans’aq et croyez-le ou pas il a couru le marathon du Pôle Nord. Vous y croyez vous à ce hasard ou cette coïncidence ? Il a couru en haut, j’ai couru en bas et nous nous retrouvons au milieu… Il est là avec Cédric et Thierry pour représenter une cause, « vaincre la mucoviscidose » mais je vous en dirai plus dans la suite de mon récit.

Le premier jour sur le campement se passe comme à son habitude, le temps s’écoule doucement, comme pour nous mettre à l’épreuve. On a envie d’être au lendemain, sans trop vouloir y aller non plus. Tout le monde joue à se coller des bandes blanches partout sur le corps comme les indiens se couvrant de peintures de guerre avant de partir au combat. On compare son sac, on ne joue pas à celui qui a la plus longue mais celui qui a le plus léger ! La tension est palpable, lâchez-nous dans le bac à sable !

non_ce_nest_pas_la_mienne cest_la_sienne_

Non ce n'est pas la mienne !!!                                                                                                         C'est la sienne !

Jour 1 – 33.8 km Ammouguer / Oued El Aatchana

Dès le début, je comprends qu’on va en baver. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que la plongée dans le bac à sable est un peu trop rapide à mon goût. J’ai décidé d’y aller tranquille parce que je ne sais pas du tout comment mon corps va réagir avec l’enchainement un peu trop rapide des ultras. J’ai tellement en mémoire mon échec australien que je prends mon temps. Je trottine jusqu’au CP1, je marche dès que ça monte un peu trop, je bois très régulièrement et même je mange à intervalles réguliers. Mon sérieux m’épate ! Je tombe sur Tun qui a décidé que tout le désert devait connaître mon prénom et je finis avec Benoit, « élève » de Bruno Heubi avec qui j’avais discuté en amont de la course pour l’aider à préparer sa course. Une tradition se met en place dès le premier jour avec Pascal, mon ami journaliste passé cette fois de l’autre côté de la barrière et venu là uniquement pour faire chauffer ses doigts sur le clavier et non ses pieds dans ses baskets.

Tout irait bien dans le meilleur du monde s’il n’y avait pas un vent de folie au campement avec du sable à ne plus savoir qu’en faire et surtout l’apparition de 2 belles ampoules sur mon pied droit. Je n’avais rien vu avant la douche mais force est de constater que c’est reparti pour un tour. Thierry les attaque à l’éosine, je hurle à en faire trembler les dunes, j’ai du mal à manger… Mais qu’est ce que je fous là… Et pour rajouter à la folie qui règne dans ma tête, c’est la folie sous la tente avec une bouteille de vin rouge, une mignonette de ricard et un petit salé aux lentilles dans sa boite métallique qui font miraculeusement leur apparition ! Je suis tombée chez les fous !

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difficile de parler de solitude dans le désert !

Jour 2 – 38.5 km Oued El Aatchana / Taourirt Mouchanne

L’opération « Tempête du désert » est lancée. Je vous jure, si le sable était calorique nous serions tous rentrés de ce MDS gras comme des loches ! Je n’ai pas le choix, il me faut gérer, mes pieds qui se révoltent et une course qui ne fait que commencer. Ma tactique est simple : je prends de l’avance en courant tranquille jusqu’au CP 1, je marche entre le CP 2 et le CP3 et je redémarre en fonction du terrain pour finir. Comme de toute façon le moustachu est sur un autre continent, je peux faire ce que je veux l’esprit tranquille ! Seulement c’était sans compter la rencontre totalement improbable avec Carlos, chirurgien argentin de son état, vivant à Dôle dans le Jura. Cherchez pas, il n’y a qu’à moi que ça arrive ce genre de rencontre ! Il n’a qu’un défaut, il a décidé de courir un peu et il m’entraine avec lui. Je m’accroche comme une folle et nous allons passer la ligne d’arrivée avec un autre Argentin ramassé au passage et le drapeau blanc et bleu tendu entre nous. J’ai porté les couleurs du Luxembourg en Atacama, je porte les couleurs de l’Argentine au Maroc, comme le dit si bien mon copain Pascal, ça tient des Nations Unies cette course !

Par contre du côté des pieds, ça commence à tenir de la boucherie. J’ai mon opinel dans une main, mon briquet dans l’autre et j’envisage de plus en plus l’amputation définitive de mes problèmes. De toute façon ce sera plus pratique pour mes escarpins pointus qui doivent être conçus sur des femmes à 4 orteils ! Question tenue je teste une jupe et un tee shirt icebreaker. Aucun doute là-dessus, après 2 jours de course dont un avec 52° C au sol, ils ne sentent pas, c’est même impressionnant. Par contre, je me suis trompée de taille, me voyant plus grosse que je ne le suis vraiment et le M flotte provoquant des frottements dans le dos. Mais rien de bien grave, tout reste gérable. Force est de constater en tout cas que cette édition va être une sacrée édition, nous en sommes déjà à une vingtaine d’abandons et l’étape longue n’est pas encore là. J’ai découvert que Renaud n’est en fait pas une mobylette mais une grosse cylindrée qui va tout simplement 2 fois plus vite que moi. Cela lui vaudra régulièrement des phrases intelligentes de ma part le matin au départ du genre « dis t’es mignon, tu me fais couler un bain et tu passes l’aspirateur sous la tente avant que j’arrive ? » et autres débilités dont j’ai le secret. Blague à part ce mec me sidère… Il est classé parmi les premiers et il est la discrétion même question résultats. En ancien scout, il assure question bois et autre barbecue. J’en suis à un point que je me dis qu’un jour je vais rentrer au campement et découvrir un chevreau en train de griller à la broche parce qu’il aura en plus eu le temps de chasser avec son opinel ! Et tout ça avec le sourire, cela va s’en dire. Avec mon service de podologie 24h/24, mes lingettes à disposition et la bonne humeur constante, je bénis ma tente 8.

feu

ça c'est du feu !

Jour 3 – 35km Taourirt Mouchanne / El Maharch

3ème jour et je ne suis toujours pas dans la course… Mes pieds me font souffrir, enfin le droit surtout, le vent de sable m’ensable les oreilles et le cerveau… J’en ai marre… J’ai pour le moment uniquement l’impression de subir ma course. J’avance et je plonge dans ma musique pour ne surtout pas penser. C’est idiot à dire comme ça, ça va paraître assez étrange pour beaucoup qui profitent de l’occasion qui leur est donnée d’être éloignés de leur univers quotidien pour faire le point sur leur vie mais là moi je ne pense à rien… Mais alors rien de rien… Le seul truc qui me vient parfois à l’esprit pendant la journée c’est « mince ça fait combien de temps que je n’ai pas fait pipi »… Avec ça je ne vais pas décrocher le Nobel ! Et encore moins le Pulitzer ! Je me traine, quand je marche, je boite, quand je cours j’ai mal… Heureusement que tout d’un coup surgit Sébastien de Metz bien décidé à papoter pour me sortir de ma coquille. Il me raconte qu’il court avec des copains, qu’ils ont tous financé leur course personnellement et passer l’année à trouver des fonds pour équiper un jeune garçon handicapé d’un fauteuil électrique qui va lui changer la vie et améliorer son quotidien… Tiens prends ça ma grande… Arrivée sur le campement, je ne suis pas très bien, nauséeuse à souhait et je demande même à Pascal de m’accompagner parce que j’ai juste peur que mes jambes se dérobent sous mes pieds. Lorsqu’arrivent les pompiers de Vannes et la joellette, je me précipite en courant en canard pour aller les accueillir et l’émotion que ce groupe dégage, leur force, me tirent les larmes des yeux… Tiens reprends ça ma grande…

Le coup de grâce va m’être donné par Renaud. Alors que je suis allongée sous la tente, mon pied tout pourri sous le nez du pauvre Cédric qui doit se maudire de m’avoir « invitée » à me joindre à eux, une bénévole passe le bout de son nez sous la tente pour venir discuter avec le représentant de l’équipe « Vaincre la Mucoviscidose ». Elle a perdu son petit frère après des années et des années que je ne pourrais pas qualifier de vie mais bien de survie… Renaud parle de sa fille, de son combat pour juste respirer et là je me sens mal. Je suis qui moi pour me plaindre d’être là avec ma petite ampoule infectée ? Il est grand temps de « fermer ma gueule » et de commencer à profiter de la course parce que moi, j’ai la chance de pouvoir être là, j’ai la chance de pouvoir courir si l’envie m’en prend. J’ai eu la chance de pouvoir voir naitre mes enfants, d’avoir eu 40 ans, de pouvoir aller à l’autre bout du monde si l’envie m’en prend, Marine n’aura peut être pas cette chance… Sans le savoir, sans s’en rendre compte, Renaud a donné un sens à ma course, il lui a enfin donné une âme.

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je leur fais découvrir mes bains de pieds maison !

Jour 4 – 81.5 km El Maharch / Jebel El Mraïer

Le grand jour arrive… Nous le savons toutes et tous, la longue est la grande étape du MDS, celle où ça passe ou ça casse. Pour moi c’est un peu plus facile puisque je connais ce genre de distance mais cela ne suffit pas à me rassurer. J’ai très mal dormi parce que je souffre vraiment du pied droit qui me lance terriblement (je me suis même relevée la nuit pour faire les 100 pas histoire de m’occuper l’esprit et trouver le sommeil !) et surtout à cause des ganglions qui sont apparus. En me retournant sur le ventre la nuit j’ai fait un bond réveillée par la douleur. Pas de doute l’infection est maintenant installée. Cédric insiste gentiment sur le fait que là il va falloir se résoudre à passer aux choses sérieuses et envisager les antibios. Nous ne sommes pas dans des conditions d’hygiène suffisantes pour endiguer naturellement ce genre de problème et c’est la mort dans l’âme que je me traine au centre du campement pour aller à la rencontre des docs qui assurent la permanence pré course. J’aime pas les médicaments… j’aime pas les médecins… Après un petit conciliabule, la nouvelle tombe, les antibios sont déjà sous clé, partis avec le grand chef, il faudra attendre l’arrivée de la longue pour les commencer. Cédric, l’homme aux doigts de fée m’a fait un pansement à la bétadine pour limiter la casse et zou c’est parti pour presque 82 km de ce qui s’annonce comme une longue retraite de Russie…

La course est lancée et je tente de faire redémarrer la machine. C’est quoi tous ces cailloux d’abord ? Ils me cherchent ou quoi ? Le premier CP est là et alors que je m’apprête à m’élancer à l’assaut du deuxième, on m’arrête en plein vol. « Cécile ? le doc t’attend ». Ah mince alors… En fait le grand patron est là, il a été prévenu par radio et il m’attend de pieds fermes avec ma dose quotidienne d’antibios. Je joue les petites filles sages, je les avale en priant intérieurement pour que les effets secondaires n’arrivent pas trop vite. Avec ma chance légendaire, je suis la reine des effets secondaires, je les fais toujours par ordre alphabétique. Je sais que pour les limiter il faut que je mange correctement avant de les avaler mais je n’ai prévu que des cacahuètes moi aujourd’hui… Bon allez on arrête de se plaindre 2 secondes et on passe la seconde parce que cette longue étape ne va jamais finir sinon ! Je vais aller de CP en CP ou plutôt de doc trotter’s en doc trotter’s puisque à chaque fois je dois aller montrer patte blanche pour continuer. Et j’avance inexorablement km après km, caillou après caillou, grain de sable après grain de sable. Parfois je cours, parfois je marche. Alors que je papote tranquillement avec Brian, américain de l’Oregon qui me raconte un mariage surréaliste auquel il a assisté au fin fond de l’Ardèche réunissant la famille d’un ami américain originaire du dit trou paumé avec une coréenne venue avec toute sa tribu, surgit Christophe Le Saux qui, comme promis le matin, s’arrête deux secondes pour papoter, m’encourager sous le regard halluciné de ses deux poursuivants. Il repart de plus belle et Brian me dit : « but who’s this man ??? ». Ben c’est Cricri la blonde mon grand ! Ils sont comme ça les vrais champions chez nous… Il suffit de regarder les vidéos de Laurence Klein prises pendant le MDS… Son sourire, sa disponibilité parlent d’eux même.

A la nuit tombée, je renais un peu de mes cendres comme à chaque fois même si je peste contre ce tracé qui ne me laisse aucun répit. Moi qui pensais trouver du roulant pour arrêter de me poser des questions, je dois toujours rester en éveil. La nuit tombe, le bal des frontales commence avec le secret espoir qu’enfin apparaisse dans le fond de la nuit noire là bas une clarté, une lueur d’espoir que tout cela est enfin fini. Mais rien… Alors que l’année dernière je m’étais accrochée au rayon vert du laser, il n’y a rien pour me guider, juste ma frontale, celle des autres coureurs qui m’entourent et qui me rassurent par leur présence. Nous avançons tous comme des manchots empereurs déchus. Les regards sont souvent hagards… perdus dans le vide de leur pensée. Il faut avoir vu un jour une caravane de ces coureurs épuisés pour comprendre de quoi je parle. Il y a plus que la fatigue physique, il y a cette fatigue morale, plus profonde qui creuse les traits, donne avec la barbe de 3 jours 10 ans de plus aux hommes qui avancent vers cette foutue ligne d’arrivée qui n’arrive pas. Je parle uniquement des hommes parce que nous les femmes nous restons toujours aussi fraiches que la rosée du matin ! (oh ça va je rigole un peu… elle est sur nos mollets la barbe de 3 jours !).

Soudain une lueur, un espoir, très vite déçu. Ce n’est pas le campement mais un 4x4 planté à la verticale dans le sable avec un homme qui devant, armé de sa pelle, tente de dégager l’engin. Je reconnais Patrick Bauer, je lui demande juste « combien de km ? », « 1km800 ma grande », « elle était vraiment dure tu sais celle là », « je sais Cécile… je sais… ». Mon objectif d’arriver avant 1h du matin s’éloigne mais je peux y être juste après. Un coureur australien me double déchainé, comme shooté par l’endomorphine de la fin qui s’annonce. Je m’accroche, je le rattrape, on fait la course comme 2 gamins euphoriques. Il me lâche mais je ne lâche rien, les lumières sont là enfin. J’accélère, je lève les genoux, pour un peu j’aurais l’air d’une coureuse ! Un couple main dans la main apparaît juste devant moi et alors que je m’apprête à les doubler, je m’arrête en plein vol, je viens de les reconnaître. Georges et Monique, amis du Luxembourg sont là souriants et je ne me vois mal ne pas passer la ligne à leur côté, comme un symbole. Ils étaient là en Atacama avec moi, c’est un peu de mes 4 déserts qui m’accompagnent pour ces quelques mètres. Enfin, j’y suis, il est un peu plus d’une heure du matin, j’ai fini la longue, je suis heureuse. Pascal est là fidèle au poste, le thé chaud aussi d’ailleurs. Il m’annonce le bouleversement de la tête de course avec un Rachid fauché en plein vol. Je file rejoindre ma tente, me débarbouille rapidement et je dors d’un œil attendant l’arrivée de toute la troupe. 3h du matin tout le monde dort sous la tente 8.

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trois petites lumières dans la nuit !

Jour 5 – jour off ou les 7 plaies d’Egypte !

Alors que ce jour est généralement réservé aux grandes lessives, aux grandes siestes et aux grandes bouffes, nous attaquons par de grands vents de sable. Je tente une virée à l’accueil pour donner des nouvelles mais je rapatrie rapidement me mettre à l’abri dans ce qui va se transformer en journée cauchemar. Le sable s’infiltre partout, recouvrant tout sur son passage même à l’intérieur de notre tente. Vous ouvrez votre sac 2 secondes et il s’alourdit de 500 gr… Nous nous planquons dans nos duvets priant pour que tout cela s’arrête enfin. Je ne me suis pas lavée à l’arrivée de la longue et je voudrais juste pouvoir me rincer mais sortir est tout bonnement impossible. Grâce aux garçons toujours aussi efficaces nous sommes parmi les moins à plaindre mais ce qui devrait être une journée de repos va se révéler encore plus épuisante qu’une journée à traverser les dunes en plein cagnard. Midi sonne avec l’apothéose de la journée : une averse de grêle !!! Oui, vous ne rêvez pas, nous avons eu de la grêle dans le désert, mouillant la tente, mouillant le sable… Il nous manque l’invasion de sauterelles et nous sommes bons ! Pourtant l’ambiance reste positive sous la tente. Les garçons toujours pleins d’imagination décident de faire un feu genre « on va fumer le saumon en prévision des fêtes de fin d’année » directement sous la tente. Nous sortons nos gamelles tout en tentant de limiter l’inondation de nos sacs. Du grand délire…

les_mecs_font_le_mnage

Enfin le calme après la tempête ! Je n’y croyais plus ! Alors que d’habitude l’après midi est consacrée à la sieste, nous allons la consacrer à ranger notre maison, ambiance « Blanche Neige et les 7 nains ». Nous lavons enfin notre linge, nos corps fatigués par 4 jours de course, nous secouons les tapis, vidons nos sacs, une vraie petite fourmilière. Bonjour la journée de repos… Autre éclaircie dans ma journée agitée, la crêpe party organisée par mes voisins dont Didier Benguigui, le « célèbre » non voyant du MDS et grand ami de ma copine Linda. J’ai transporté depuis le début de la course 100gr de pate à crêpes, j’ai donc le droit à ma part ! A ceux qui se poseraient la question, oui ils ont bien transporté une crêpière!

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Soirée à déguster des bonbons miraculeusement sortis d’un sac à dos, histoires drôles de Renaud, la nuit arrive, le jour off s’achève, je suis encore plus épuisée que la veille !

Jour 6 – 42.2 km Jebel El Mraïer / Merdani

Le marathon… Distance connue pour la plupart des coureurs mais tellement traitre pour des organismes fatigués par 4 jours de course. Je suis contente parce que je sens que l’infection s’éloigne mais la douleur est toujours là. Elle est plus discrète mais reste bien lancinante, sourde, présente à chaque fois que je pose le pied à terre, qu’il rencontre un caillou. Alors que l’étape longue était épuisante, ce parcours s’annonce roulant, presque trop roulant. Tout le monde part bille en tête et moi je tente de suivre le rythme. J’arrive au premier CP beaucoup plus vite que prévu, je veux ralentir mais ça continue encore et encore. Je ne ralentis pas vraiment, la peur au ventre. Je vais exploser… Il faut que je ralentisse, que je calme le jeu, j’ai en mémoire l’année dernière où j’ai fini sanglotant sous un palmier, réclamant qu’on m’achève là, qu’on m’abandonne, et cette pensée m’obsède. Il y a bien quelques passages boueux qui alourdissent les chaussures mais si peu de temps qu’on repart de plus belle. Je finis par me planquer autant pour faire pipi que pour souffler un peu ! Le CP 3 est déjà là et avec lui la perspective de finir cette dernière étape beaucoup plus vite que l’année dernière. Tu me diras, 9h à battre ce n’est pas non plus très difficile… Sarah, la jolie coureuse mauricienne (qui est aussi blonde que moi et qui pourrait presque être ma fille !) apparaît. Je lui propose une arrivée de blondes et nous partons tambour-battant, queue de cheval au vent. Un 4x4 de l’organisation est là en haut d’un relief avec 2 doc et un panneau où il y a écrit « surprise ! ». A notre passage l’un des garçons soulève la feuille et nous voyons apparaître « il reste 3km800 ! ». Je lui crie au vol « je t’aime toi ! » et il me répond « reviens !!! ». Nous filons toutes les deux et je sens que Sarah s’accroche comme elle peut. Elle m’a demandé comment se passait l’arrivée des familles qui rejoignaient le campement par le biais de Terre D’aventure et je lui ai raconté que l’année précédente ils étaient là à l’arrivée du marathon. Son homme et sa maman sont de la partie alors je sens que la motivation est là ! Au vol nous accrochons un Anglais avec qui je plaisante. Il est à la peine et je l’encourage en lui disant « You need to run, for your Queen ! ». Il se marre et accélère un coup. Nous le redoublons à nouveau avec moi criant « girl power » ! Je tente avant tout de divertir ma collègue blonde qui serre les dents pour ne rien lâcher. Un autre Anglais se joint à la troupe et nous fonçons vers l’arrivée escortées par nos 2 gardes du corps. A deux mètres de l’arrivée, je me contente de leur dire « Ladies first », ils sourient, se décalent d’un mètre et nous laissent passer en vrais gentlemen. Le marathon est fini, le MDS est fini, le sort est brisé, j’ai réussi mon pari et je n’ai pas pleuré…

A relire ce paragraphe je rigole, on a l’impression que j’ai mis 3h pour courir un marathon !!! Tu parles Charles… Mais je te jure Pierre, ne rigole pas, j’ai vraiment couru ce jour là !!!

Je me dirige tranquillement vers le campement, très fière de moi et j’ai le droit à un accueil tout en diplomatie de Renaud qui sait peut être courir vite mais beaucoup moins parler aux femmes : « punaise t’as sacrément pris aujourd’hui »… Quoi ? Oh ça va toi ! Je sais que je suis rouge pivoine avec des marques de lunettes ridicules… T’es pas obligé non plus d’en rajouter ! Tu sais combien ça pèse toi un poudrier de terracota Gerlain ? Je fais ce que je peux avec les moyens du bord, ok ! Mon euphorie retombe brutalement par l’annonce de deux mauvaises nouvelles : Damien le compagnon de Laurence Klein s’est blessé suffisamment grièvement pour que la course s’arrête pour lui et Albert un des Français classés dans les 50 premiers a fait un arrêt cardiaque nécessitant son évacuation immédiate. Un rappel un peu violent s’il en est que le MDS reste une vraie course et pas seulement une randonnée comme beaucoup le pensent…

La soirée s’écoule doucement avec l’opération « il faut vider son sac pour le dernier jour ». Je n’ai pas le courage d’aller écouter le concert qui ne sera qu’un bruit de fond pendant mon diner. J’irai faire un tour pour apercevoir quelques images de la projection des vidéos réalisées pendant la course et vous savez quoi ? Je vais trouver le moyen de me perdre en tentant de rentrer au campement !!! Déjà que je ne retrouve ma tente que parce qu’ils ont la bonne idée d’accrocher le drapeau de l’association dessus… Et bien moi je dis la course d’orientation, ce n’est pas pour tout de suite !!!

Dernière nuit dans le désert, je ne dirais pas que je suis triste, ce serait mentir. Je ne pense qu’à une seule chose : mon lit qui m’attend samedi soir et ma douche…

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Renaud s'improvise cordonnier...

Etape 6 – 15.5km Merdani / Merzouga

Nous le savons, nous allons terminer par une dernière plongée dans le bac à sable. Nous étions venus là pour bouffer de la dune, on va nous en servir jusqu’à l’écœurement et jusqu’à la dernière seconde. Nous sommes prévenus qu’il y aura bien un CP intermédiaire mais pas d’eau distribuée. Il va donc falloir gérer pour ne pas se retrouver à sec, comme une pauvre voiture en panne sur le bas côté de la route. Alors que nous partons je découvre consternée que j’ai mal éteint mon lecteur MP3 et qu’il est déchargé… Ah mince alors… L’idée de faire tout ça sans musique me file déjà le bourdon. Quand je n’écoute pas de musique, je pense et si je pense, je suis foutue. Heureusement surgissent tels des zorros sur leur fier destrier Benoit et Sarah qui cohabitaient en fait sous la même tente, ce que j’ai oublié de préciser plus haut. Je prends le train en marche et commence la parlote avec Benoit. Sans nous en rendre compte, nous allons semer Sarah qui me racontera plus tard qu’elle a dû s’arrêter quelques instants à cause de douleurs au genou. Dans le flot de coureurs qui s’élancent vers la délivrance, nous n’avons pas réalisé l’écart qui se creusait entre nous. Je sais que Benoit est plus rapide que moi mais plus nous avançons et plus je galère à le suivre, plus je me rends compte que je n’ai pas envie de finir ce marathon des Sables 2012 toute seule. Je lui propose alors de tout faire pour finir ensemble histoire de partager ce moment avec au moins un visage connu et il accepte bien volontiers ma proposition. Il faudra les dunes pour que nous commencions à vraiment parler et finalement faire réellement connaissance. L’avantage avec ce genre de course c’est que nous ne sommes pas là pour faire semblant, nous parlons directement sans détour de nos peines, nos joies et j’avoue que j’apprécie cette « proximité » qui se créée entre les coureurs. On peut faire semblant 2 ou 3 jours mais pas 6…

Alors que nous sommes à 3 ou 4km de l’arrivée surgit devant un coureur que je reconnais tout de suite pour avoir vu son short pendant 5 jours en Inde. Mohammad coureur jordanien de son état ne devrait pas être là… Il devrait être presque arrivé à Ouarzazate… Je m’arrête à son niveau et prend des nouvelles. Il est blessé à la cuisse et il marche. Immédiatement je pense à son eau. Il n’a que des toutes petites gourdes sur lui, je le sais, je me suis toujours demandé comment il faisait pour se contenter d’aussi peu d’eau. Maintenant je sais aussi qu’il court normalement tellement vite que le temps qui s’écoule entre 2 CP n’est pas le même que le mien. Seulement, je sais aussi que s’il est là à marcher, c’est synonyme de gourde vide pour lui et je lui propose de l’eau. Je le vois hésiter et finalement il me tend sa gourde à remplir. J’ai vu juste, il n’a plus d’eau du tout et il lui reste facilement 30 à 45 minutes de marche à ce moment là. Je ne me pose pas une seule seconde la question de savoir si moi j’aurai ce qu’il faut, je partage et puis c’est tout. Nous repartons de plus belle et à peine quelques secondes après, Benoit me rassure en me disant qu’il aura de quoi nous hydrater tous les deux jusqu’à l’arrivée. Enfin l’arrivée tant attendue est là qui se profile à l’horizon, je crois bien que nous accélérons tant que nous pouvons dans les dernières dunes et c’est main dans la main que nous passons la ligne, le sourire aux lèvres avec Pascal comme photographe officiel. Bénédicte est là aussi comme pour boucler la boucle. L’édition 2011 percute de plein fouet l’édition 2012. Dieu que c’est bon !!! Nous pouvons nous lâcher, nous dansons toutes les deux devant le regard plutôt ahuri des spectateurs présents qui se demandent si nous avons bien couru 250 km pour être en forme comme ça. Je console en prenant dans mes bras un Marocain banquier vivant à New York que l’émotion submerge. Carlos mon Argentin du Jura arrive aussi… La grande famille du MDS est là, riche en couleurs et en émotions.

2_mobylettes

2 mobylettes arrivent (je parle de celles en second plan !)

Voilà c’est fini… Deuxième et certainement dernière édition pour moi parce que je ne vais pas courir la même course tous les ans, même si je comprends aisément ceux qui deviennent accro à cette ambiance si particulière qui règne chaque année début avril du côté du sud du Maroc. Je ne pensais pas finalement prendre autant de plaisir avec cette course qui était avant tout « professionnelle ». Elle me faisait peur, je me suis finalement régalée. Jamais je ne remercierai assez la tente 8 et surtout Cédric pour tout ce qu’il a fait pour moi. Supporter la vue de mes pieds tous pourris chaque matin juste après son petit déjeuner franchement je ne sais pas comment il a fait. Et sans sa gentille insistance je le sais, je ne serai jamais allée prendre ces foutus antibios qui ont finalement sauvé ma course et éviter la débandade australienne. Merci à tous d’avoir été mon cocon réconfortant où j’ai aimé venir me réfugier après chaque étape après avoir passé la journée dans ma bulle.

Je ne peux pas ne pas citer encore une fois Pascal qui, par sa présence chaque jour sur la ligne d’arrivée, me motivait à finir plus vite pour qu’il ne m’attende pas trop longtemps et puisse retourner travailler, l’esprit rassuré de m’avoir vu sur mes 2 pieds.

Difficile de citer tous les visages rencontrés pendant ces 7 jours : Marie George et son éternel compagnon avec Pascale rencontrés lors de mon premier non stop algérien ; Danièle et Gloria qui étaient là lors de mon stage prépa marathon, à mes débuts de coureuse comme un symbole de ces 6 dernières années de ma vie ; Josette et son mari qui m’ont épatée par leur bonne humeur constante, leur gentillesse et surtout leur rythme effréné ! Amandine qui est une sacrée nana comme je les aime et qui a sacrément de la chance au vue de la surprise qui l’attendait en haut d’une dune à l’arrivée.

Merci à tous les coureurs qui sont venus me voir ou qui m’ont à un moment encouragée, soutenue, parce que chaque sourire compte dans les moments difficiles et parce qu’ils ont donné un visage à cette course multiculturelle et multiethnique par excellence.

Signe du destin, en rentrant chez moi m’attendait déjà l’écusson de la course en Gobi début juin… Histoire de me rappeler que l’aventure continue, qu’il va falloir se reposer pour mieux repartir vers de nouvelles aventures. Barbie en Chine, ça je ne vous l’ai pas encore fait !

Cécile

Ps : ah oui pour ceux que cela intéresse j’ai fini à la 333ème place ! Pour une fille dont le chiffre porte bonheur est le 3 avouez qu’on ne peut pas rêver mieux. Après un dossard 33 à Lyon, je crois que tous les signes sont là pour faire de 2012 une grande année pour moi.