Marathon des Sables 2011 : Barbie d'Arabie, enfin...
Marathon des Sables 2011 : Barbie d'Arabie, enfin...
Voilà c’est fini… comme le dit si bien Téléphone… Je suis dans le train pour rentrer chez moi, en train de manger des oréos même pas fondus et de boire une bouteille de taillefine fraiche (ça compte beaucoup pour moi maintenant le frais !). Alors comment par où commencer ? Comment raconter cette aventure faite de sable, de sueur, de larmes, de douleurs et de rires sans passer pour une folle furieuse ? Même si je reconnais aisément avoir basculé dans une légère et douce folie à la recherche de mon moi perdu.
Le marathon des Sables c’est quoi ? Une course de

Quelques aléas de vie plus tard je me suis retrouvée moi aussi avec mon sac à dos, ma balance et mes tableaux excel, grande spécialité luxembourgeoise avec le Kuddelfleck et quasiment tous les matins le même message : « bon alors t’es prête ? Et ton sac il pèse combien ? »… Euh je ne sais pas moi combien il pèse le bestiau et de toute façon je l’ai fini dans le train qui m’emmenait à Paris et à l’arrache au vieux campeur puisque bien entendu il me manquait encore des trucs genre couteau léger et réchaud pour ma petite cuisine. Direction Orly et son formidable hôtel Ibis, où je vais retrouver tous pleins de coureurs qui si j’en crois leur équipement vont dans la même direction que moi. A 5h du matin, fraiche comme la rosée du matin (merci l’anticerne !), direction le petit déjeuner pour retrouver toute la fine équipe luxembourgeoise. J’ai en effet demandé l’asile politique chez eux pour des raisons, au départ, purement pratiques. Et puis je connaissais au moins un des coureurs. Je n’avais pas envie forcément de me retrouver sous une tente d’inconnus même si j’aime bien rencontrer de nouveaux visages. La vie en collectivité n’est pas toujours évidente je pense quand se rajoute la fatigue, la souffrance et la promiscuité, alors autant tout mettre de son côté. En attendant il faut prendre l’avion, prendre le bus pour des heures et des heures de trajet, constater que la chaleur ne sera pas une vue de l’esprit et enfin arriver après une petite balade dans des camions dignes de bétaillères sur le campement. D’un côté les tentes noires des coureurs en cercle, de l’autre les tentes blanches de l’organisation. Ce sera pour moi la tente 60 avec une particularité de taille : 4 femmes pour 3 hommes ! Sans le vouloir ni le programmer je me suis retrouvée dans la tente sûrement la plus féminine de l’histoire du marathon des Sables. Et 4 blondes en plus ! Nous avons donc : Bénédicte, Natacha, Francine qui connaît bien la course elle aussi et moi-même. Question hommes il en fallait des exceptionnels pour tenir la semaine et nous avons donc : Eric époux de Natacha, Antonio dit Tun et Fabrice. Tout de suite je suis mise dans le bain et je comprends qu’avant de peut-être pleurer de souffrance, de fatigue, je vais surtout pleurer de rire. Ils ne vont pas me laisser une minute de répit et je crois avoir fait la plus belle cure de bonne humeur contagieuse pendant cette semaine. En attendant il faut dormir et très vite je comprends que cela va devenir ma faiblesse. Pour des questions de poids je n’ai pas de tapis et de toute façon comme toute bonne mamy que je suis devenue, je ne dors bien que dans mon lit. Et surtout j’ai froid… Très froid… Je ne peux rien faire pour ça puisque je n’ai pas pris de tenue réellement chaude, ni même de caleçon long qui aurait pu me réchauffer un peu. Cette bêtise je vais la payer cher puisque je n’aurais jamais une nuit complète de sommeil réparateur, ce qui avec le type d’effort que je me prépare à faire est une très mauvaise idée.
Première nuit et je découvre cette ambiance décalée qui fait que tout le monde se couche avec le soleil et se lève spontanément avec ses premiers rayons. Ah ça il n’y a pas la télé, prendre un livre à lire n’était pas envisageable, alors du coup on se couche avec les poules.
Petites nouveautés sur le campement : des cabines réservées aux femmes pour pouvoir se rincer à l’abri des regards masculins. N’allez pas croire que ce soit à la demande des femmes mais bien une décision de l’organisation suite à des douches exhibition un peu trop difficiles à encaisser pour des hommes après 5 jours dans le désert… Et surtout des toilettes de brousse qui fonctionnent avec des sacs biodégradables. Je vous laisse imaginer le niveau des blagues que cette nouveauté va engendrer. Pour moi elle a un avantage : éviter les km à parcourir après la course pour trouver un buisson suffisamment important pour me protéger du regard des autres. Et le sac à caca est parfait pour ranger sa gamelle noircie par le feu sans salir ses petites affaires.
J – 1 : contrôle des sacs et du dossier médical. A partir de ce moment là les dés sont jetés, vous ne pouvez plus faire machine arrière, il faudra faire avec ce que vous avez gardé. L’après-midi va se dérouler tranquillement avec l’atelier « emballons-nous les pieds d’hépafix »… Saine activité qui consiste à s’emballer les doigts de pied et toute zone susceptible de souffrir pendant la course pour limiter l’apparition d’ampoules. Comme toujours je me révèle assez pathétique dans la maîtrise de l’ailette et c’est Fabrice qui va jouer à tenter d’emballer mes petits doigts de pied crochus. Il n’a pas été sensible à ma demande d’en profiter pour me poser du vernis tant qu’il y était à avoir le nez si prêt de mes pieds… Dîner fourni par l’organisation et dodo et re-mauvaise nuit à grelotter.
Les premiers jours : comme vous avez pu suivre sur « courir au féminin » un petit suivi je ne vais pas m’étendre là-dessus parce que sinon ça va tenir du livre cette histoire ! Alors parlons un peu d’autre chose à savoir le plus important là dedans : les copains !!!!
Que je vous présente un peu la petite bande avec honneur aux femmes (par ordre alphabétique pour ne vexer personne).

Les gazelles !
- Bénédicte : c’est la sérieuse de la bande !!! Attention les enfants on ne rigole pas !!! D’ailleurs même Mohamad Ahansal, grand gagnant des éditions précédentes a dû s’incliner et a reconnu devant caméras qu’elle avait tout bon. Tout en gardant toujours le sourire, elle a une force dans le regard que je lui envie à un point qu’elle ne peut pas imaginer. On sent immédiatement un vrai mental qui force l’admiration. Et comme en plus elle n’a pas renoncé aux échantillons de crème hydratante ou anti rides qu’elle partage avec moi, je l’adore !
- Francine : C’est l’expérimentée de notre groupe puisque comme Fabrice elle a pris un abonnement sur le MDS. Ils sont mignons comme tout d’ailleurs tous les 2 avec leur petite organisation que l’on sent bien rodée après plusieurs périples dans le désert. Francine fait de la randonnée uniquement comme cela est permis sur cette course mais à une vitesse telle qu’elle finit souvent avant les coureurs.
- Natacha : notre Pocahontas blonde ! Elle est là avec son mari et je dois bien reconnaître que je les envie tous les 2. Elle avance avec une régularité de métronome sans jamais se plaindre. Bon ok j’avoue je suis super jalouse d’elle parce qu’elle a des jambes de folie et qu’elle danse super bien.
Nos hommes : ah nos hommes… Dans le genre brochette de choix, c’était couscous royal tous les jours !!!

Nos Hommes !
- Antonio : l’italien d’origine, le mâle par excellence qui a su me faire rire aux larmes et trouver les mots quand je paniquais totalement après la 3ème étape. Bon par contre il tient très mal le stilnox…
- Eric : le mari de Natacha, le sacré petit veinard tiens ! Un des hommes les plus drôles que j’ai rencontrés à ce jour et un vrai castor junior à lui tout seul. Je n’ai jamais fait de feu de la semaine, je ne suis jamais allée chercher une bouteille d’eau… Bref le mec à toujours emmener avec soi pour ce type de périple et qui ferait un malheur à Koh Lanta !
- Fabrice : le responsable de toute cette aventure. C’est le roi du strap, du pansement qui fait du bien, celui qui a veillé sur moi pendant toute cette aventure, à qui je dois beaucoup et plus encore.
Comme vous avez pu le constater si vous nous avez suivi nous avons décidé sans vraiment en parler d’ailleurs très clairement que nous ferions la course tous les 2 quoiqu’il arrive et c’est ce que nous avons fait, prenant un malin plaisir à poser le pied en même temps sur le tapis de passage pour avoir exactement le même chrono. L’avantage pour moi est évident : il connaît la course comme sa poche et me sert aussi de guide pendant les étapes. Et d’ailleurs on fait quoi pendant 54h de course ? On avance, on boit, on mange, on souffre, on a chaud… On discute de tout et de rien, parlant de nos vies, de pâtisseries… C’est fou ce qu’on peut penser à la nourriture quand on ne mange plus que du lyophilisé ! Mais nous passons aussi de longs moments sans parler, plongés dans nos pensées, à vagabonder, ou alors pour ce qui me concerne d’ailleurs à ne penser à rien du tout, juste se laisser porter par la course, les évènements quand ils arrivent. C’est tout compte fait très reposant comme situation.

Ambiance tempête du désert...
Jour 3 : allo Houston on a un problème…
J’aurais dû me douter que cela n’allait pas durer. Ok j’en bavais mais nous avancions tranquillement même si l’idée d’une journée de plus de tempête de sable me donnait des hauts le cœur. Heureusement le soleil est enfin de la partie et le sable sera sagement rangé en dunes si photogéniques à regarder et si pénibles à escalader. J’applique la tactique de l’escalier : en gros je me colle derrière Fabrice et je reste dans ses empreintes. D’ailleurs je disais souvent en rigolant que pour moi le marathon des sables se résume à une paire de guêtres bleus, un sac à dos, un dossard 350 et un cuissard noir… Tout se déroule plutôt correctement, enfin en tout cas dans mes souvenirs jusqu’à un passage montagneux, bien caillouteux où je retrouve mes repères. Je passe devant et c’est parti pour la grimpette. C’est idiot à dire mais je m’éclate enfin dans ce passage.

Des cailloux enfin...
Petit souci : Fabrice est derrière et n’a pas l’air de suivre la cadence. Je sais pour l’avoir pratiqué sur la première sortie de notre duo que ce type de relief est d’ordinaire le cadet de ses soucis. Je l’attends en haut et je découvre un visage crispé qui arrive. Sur le moment je pense même qu’il est vexé que je sois passée devant lui mais je passe outre et nous attaquons la descente. Là je comprends vite qu’il n’y avait rien de personnel dans sa crispation, il souffre et ce n’est que le début. Un nouveau passage dans les dunes et pour la première fois et d’ailleurs la seule de cette course, je vais être plus à l’aise que lui. Je tente d’occuper son esprit en lui racontant un maximum de bêtises dont j’ai parfois le secret mais rien n’y fait. C’est lors des 2 derniers km de plat, roulants à souhait que nous allons basculer dans quelque chose de très difficile à vivre pour moi. Il avance, nous sommes 2 et je n’ai jamais été aussi seule… Nous retrouvons Natacha qui comprend que quelque chose ne va pas. Je la rassure en lui disant que de toute façon je reste avec lui jusqu’au bout et elle file vers l’arrivée prévenir tout le monde. Etre impuissante face à une douleur pareille est très perturbant pour moi, je ne sais pas quoi faire, je me tais le plus possible et si je parle c’est très doucement comme une mère à son enfant. Enfin cette foutue ligne d’arrivée est là et Fabrice tel Jean Paul II découvrant un nouveau pays s’agenouille sur le sol. Au début je pense que c’est une façon pour lui d’exprimer sa joie d’être enfin arrivé mais lorsque je comprends qu’il ne se relève pas, je commence à paniquer totalement. Je finis après plusieurs longues secondes de négociations à l’emmener sur le côté et le membre de l’orga présent sur la ligne appelle les docs à la rescousse. Je tente de lui enlever son sac, de lui parler, mais rien, aucune réponse de sa part. Le visage est figé dans la douleur, je suis totalement impuissante. Enfin arrive Sophie qui va devenir ma nouvelle meilleure amie pour la soirée à venir. A 2 nous arrivons à lui détacher son sac et au bout de quelques minutes il peut enfin se lever pour nous accompagner à l’hôpital de campagne situé juste à côté. Petit coup de gueule en passant : aucun coureur présent ne s’est proposé pour nous aider, c’est donc appuyé sur 2 femmes dont une qui porte sa lourde mallette de médecin urgentiste et l’autre qui porte les 2 sacs à dos que Fabrice va rejoindre la salle de soins. Je suis tellement sidérée devant cette attitude que je n’ai même pas la force d’exprimer mon désarroi et ma colère face à cette attitude. On l’allonge sur un lit de camp et au bout de quelques secondes les convulsions vont commencer. Et un gabarit comme le sien qui convulse je peux vous garantir que c’est impressionnant. Tout se bouscule dans ma tête : va-t-il pouvoir continuer ? N’a-t-il pas été trop loin ? Ce que je craignais le plus est en train de se passer et je suis terrorisée à l’idée des conséquences. Je suis venue là pour le courir avec lui ce foutu MDS, pas pour finir seule avec lui rapatrié sanitaire. Je me sens coupable d’avoir entrainé Fabrice dans cette folie alors qu’il doit avant tout penser à sa santé. Sophie me dit que si dans quelques minutes elle n’a toujours pas rétabli un contact correct, elle perfuse. De toute façon si elle ne le fait pas elle-même je me sens capable de le faire, tout pour qu’enfin cela s’arrête. Je l’aide à la poser en tenant Fabrice qui n’est pas d’un calme absolu, je lui parle tout en n’étant même pas sûre qu’il comprenne vraiment d’ailleurs et j’attends. Je finis par me résoudre à retourner à la tente pour me changer et je le laisse aux bons soins de Sophie. En route vers ma tente, je tombe sur Antonio qui vient aux nouvelles et c’est une blonde qui pleure qu’il trouve à la place. Aussitôt il prend les choses en mains, me soulage de mon sac, mes bouteilles et m’emmène à la tente. Je vais reprendre visage humain avant de repartir vers la tente pour avoir des nouvelles fraiches. Sophie doit faire une écho et je veux être là pour avoir les résultats tout de suite. Alors que j’ai la chance inouïe de pouvoir admirer sa vessie sur l’écran je lui chuchote à l’oreille « mince on est mal il va falloir changer de voiture, ils sont 2 » et là j’ai le droit à un sourire ! Alléluia il est revenu !!! Dès ce moment là je sais que ça va aller et je vais pouvoir souffler un peu. Pendant que je fais mes aller-retour je découvre la chance que j’ai de partager la tente 60. Tout le monde s’occupe de moi, Eric a pris l’initiative de commencer à me préparer à manger mais aussi de préparer celui de Fabrice puisque le seul objectif est de le faire sortir à tout prix le soir même. Une nuit à l’hôpital et c’est le MDS qui s’envole pour lui.
21h30 : c’est bon ils le libèrent ! Le traitement a fonctionné, nous savons que ce n’est pas gagné mais au moins on connaît le problème. C’est fou, je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse de rentrer sous cette foutue tente.

Etape 4 : l’étape longue… très longue…
Je suis une vraie boule de nerfs et là j’ai plus besoin d’un lexo qu’autre chose. L’idée de partir pour plus de 80km avec Fabrice qui il n’y a que quelques heures avait une perfusion dans le bras me panique totalement. Même s’il se veut rassurant, je n’arrive pas à oublier les images de la veille. Pourtant nous allons la finir cette foutue étape. Nous sommes déjà d’accord sur le principe de ne pas dormir pour profiter au maximum de la fraicheur de la nuit. Je veux, j’ai besoin de ma journée du jeudi pour récupérer. Je sais aussi que la nuit m’est plutôt favorable. Et bien entendu comme il se doit rien ne va se passer comme prévu puisque ce n’est pas Fabrice qui va avoir des faiblesses mais moi. Coup de chaud, ampoules, je vais tout lui faire… Pourtant nous progressons coute que coute comme si nous avions besoin de prouver à l’autre que nous allions y arriver. Pendant la nuit nous allons passer un long moment avec Philippe qui court pour les Papillons de Charcot, un homme extraordinaire de volonté qui avance avec une cheville sacrément abimée. Je ne comprends même pas comment on peut faire ça… Ce type d’épreuve révèle des personnalités et je peux vous dire que la sienne force le respect. Nous le perdons dans la nuit à un moment où Fabrice souffre de nouveau. A partir du CP 5, soit à peu prêt
La joie sera de courte durée puisque nous perdons cette nuit là Francine qui sera rapatriée sur Ouarzazate avant de rentrer au Luxembourg. Même si nous apprenons vite que ses constantes sont bonnes, j’ai du mal à réaliser que nous ne fêterons pas tous les 7 notre MDS. Nous savons tous que c’est le risque à prendre mais face à la réalité c’est une autre histoire.
Etape 5 et 6 : comme je l’ai évoqué dans mon petit suivi de course je ne vais pas trop revenir sur l’étape 5 mais sachez qu’il a eu le droit à un vrai cocktail genre mojito de l’ultra… hypoglycémie, pleurs, coups de chaud… Tu secoues et tu dégustes bien frais ! Pour ma défense il faisait plus de 50° au soleil et une barbie en plastique ça fond à ce degré de chaleur. J’ai le sentiment d’avancer CP après CP sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Et pourtant nous sommes là à continuer, forçats du sable et du soleil. Je crois que personne ne peut imaginer ce que ces coureurs ont traversé s’il n’a pas lui-même vécu l’expérience. C’est assez bouleversant à voir et cela engendre de grands débats avec mon compagnon de route. Mais pourquoi, pourquoi nous nous imposons ce genre de chose ??? Ce n’est pas mon premier, ce ne sera pas mon dernier et je n’ai toujours pas la réponse à la question. Samedi matin alors que partent les 50 derniers sous les encouragements des autres coureurs qui partiront un peu plus tard. Je vais repleurer un bon coup parce que cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arriver ! Je me suis toujours dit que jamais je ne me mettrais dans cet état mais après tout, il y a peu j’étais une loque dans le désert refusant de m’arrêter, titubant plus que marchant. Qui suis-je alors pour juger ce comportement, cet entêtement qui nous habite tous ? Comment notre société actuelle a pu engendrer ce type de comportement excessif même si, après tout, les pèlerins de Saint Jacques traversant la France entière ne devaient pas avoir meilleure allure que nous. Enfin bref ce n’est pas tout ça mais nous avons 17km à faire et bien entendu je vais trouver le moyen d’animer un peu ce qui aurait dû rester une formalité en perdant mon transpondeur. Heureusement il sera retrouvé rapidement mais Fabrice se fera de nouveau mal en accélérant pour me rattraper puisqu’il avait décidé de l’attendre pendant que je continuais ma route. Je m’en veux, mais je m’en veux… C’est en silence que nous allons finir l’un à côté de l’autre, ce qui est assez étonnant en fait comme final. Enfin la ligne est là, enfin la médaille est là autour de notre cou et comme prévu dès le départ nous l’échangeons. Son marathon des sables a été mon marathon et vice versa, cet échange était une façon de concrétiser tout cela officiellement.
Conclusion : bonne question tiens… A ce jour je n’en ai pas en fait. Comme souvent après ce type d’expérience il faut un certain temps pour digérer toutes les émotions ressenties et l’atterrissage doit se négocier en douceur pour limiter les turbulences. Avec le recul je crois que je recherche dans ces expériences des moments à moi seule, des moments où je redeviens moi-même. Pour la native du signe du cancer que je suis, je profite de ces courses extrêmes pour accomplir ma mue. Je laisse tomber la carapace et pendant quelques jours et je suis à nue psychologiquement parlant, avec les conséquences positives et négatives que ce type d’état peuvent engendrer. Mais je crois sincèrement que cela fait du bien, en tout cas pour moi c’est devenu indispensable à mon équilibre.
Question purement course à pied, j’ai appris pas mal de choses qui me serviront forcément pour les prochaines puisque jusqu’à ce jour aucune de ces expériences extrêmes ne m’ont fait renoncer à mes petits délires. J’ai rencontré des gens merveilleux que je vais avoir l’occasion de revoir vite et ça, c’est juste le bonheur. Pour ce qui est de mon duo avec Fabrice le test grandeur nature était très instructif. Nous n’avions finalement jamais fait plus de 40km ensemble sur l’ultra de la 6000D en 2009 et qu’on le veuille ou non cela tenait un peu de la revanche cette histoire. Aujourd’hui, les 4 Deserts nous attendent en 2012 et je ne sais pas pourquoi, je crois qu’on va bien s’amuser !













