Les Comptes rendus

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Marathon des Sables 2011 : Barbie d'Arabie, enfin...

Écrit par Cécile on .

Marathon des Sables 2011 : Barbie d'Arabie, enfin...

Voilà c’est fini… comme le dit si bien Téléphone… Je suis dans le train pour rentrer chez moi, en train de manger des oréos même pas fondus et de boire une bouteille de taillefine fraiche (ça compte beaucoup pour moi maintenant le frais !). Alors comment par où commencer ? Comment raconter cette aventure faite de sable, de sueur, de larmes, de douleurs et de rires sans passer pour une folle furieuse ? Même si je reconnais aisément avoir basculé dans une légère et douce folie à la recherche de mon moi perdu.
Le marathon des Sables c’est quoi ? Une course de 250 km en 6 étapes dont une longue de 81 km dans le désert du sud marocain fait de dunes, de cailloux, d’étendues à perte de vue où il n’y a pas âme qui vive. Ils étaient plus de 800 participants cette année à prendre le départ de cette nouvelle édition bien décidés à vivre ce qu’on leur promettait sur le papier : une aventure humaine hors norme. Pour ma part l’histoire est vous vous en doutez un peu plus compliquée comme toujours. Ce MDS j’en ai entendu parler comme souvent dans la presse classique et je crois me souvenir qu’il s’agissait de Paris Match. A l’époque j’avais juste retenu marathon dans le désert et je me disais déjà que pour courir 42 km sous un soleil de plomb il fallait être fou. Je n’imaginais pas une seule seconde qu’il pouvait y avoir plus de km, d’ailleurs je n’imaginais pas qu’on pouvait aller au-delà du marathon, alors 250 km… Cette course s’était rangée logiquement dans une petite case de mon cerveau, bien à l’abri, attendant que je grandisse et que je découvre que j’étais capable de courir plus de 400 m sans m’écrouler. Dès que j’ai commencé à envisager les choses différemment, cette petite case s’est rouverte doucement mais sûrement et la rencontre avec Fabrice allait tout bouleverser. Comme il connaît cette histoire je peux me permettre de la raconter. Alors que je commençais à envisager de peut-être un jour aller traîner mes chaussures dans le bac à sable, des coureurs de « courir le monde » me parlent d’un fou furieux qui chaque mois d’avril consciencieusement sort son sac à dos de son placard, sa balance de sa cuisine et part avec sa pelle et son râteau jouer à faire son plus beau château de sable. Il doit être au Médoc comme moi, l’occasion rêvée de faire sa connaissance et de discuter pour voir si je dois vite claquer la porte de la petite case ou la laisser entrouverte. J’avais une image très précise du type de coureur qui relève ce type de défi, genre ascète qui ne mange que des dattes, des graines germées, en allant tous les matins au bureau à 40 km en courant avec son sac chargé de cailloux au petit matin. Evidemment quand j’ai vu débarqué l’animal je suis un peu tombée de haut… Animal parce qu’il était déguisé en vache et qu’une vache de plus d’1m90 de haut ça ne passe pas inaperçu… Quelques minutes plus tard, non seulement je ne refermais plus la porte mais je la laissais grande ouverte : quand ? Je ne savais pas encore mais une chose était sure, un jour j’en serai.

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Quelques aléas de vie plus tard je me suis retrouvée moi aussi avec mon sac à dos, ma balance et mes tableaux excel, grande spécialité luxembourgeoise avec le Kuddelfleck et quasiment tous les matins le même message : « bon alors t’es prête ? Et ton sac il pèse combien ? »… Euh je ne sais pas moi combien il pèse le bestiau et de toute façon je l’ai fini dans le train qui m’emmenait à Paris et à l’arrache au vieux campeur puisque bien entendu il me manquait encore des trucs genre couteau léger et réchaud pour ma petite cuisine. Direction Orly et son formidable hôtel Ibis, où je vais retrouver tous pleins de coureurs qui si j’en crois leur équipement vont dans la même direction que moi. A 5h du matin, fraiche comme la rosée du matin (merci l’anticerne !), direction le petit déjeuner pour retrouver toute la fine équipe luxembourgeoise. J’ai en effet demandé l’asile politique chez eux pour des raisons, au départ, purement pratiques. Et puis je connaissais au moins un des coureurs. Je n’avais pas envie forcément de me retrouver sous une tente d’inconnus même si j’aime bien rencontrer de nouveaux visages. La vie en collectivité n’est pas toujours évidente je pense quand se rajoute la fatigue, la souffrance et la promiscuité, alors autant tout mettre de son côté. En attendant il faut prendre l’avion, prendre le bus pour des heures et des heures de trajet, constater que la chaleur ne sera pas une vue de l’esprit et enfin arriver après une petite balade dans des camions dignes de bétaillères sur le campement. D’un côté les tentes noires des coureurs en cercle, de l’autre les tentes blanches de l’organisation. Ce sera pour moi la tente 60 avec une particularité de taille : 4 femmes pour 3 hommes ! Sans le vouloir ni le programmer je me suis retrouvée dans la tente sûrement la plus féminine de l’histoire du marathon des Sables. Et 4 blondes en plus ! Nous avons donc : Bénédicte, Natacha, Francine qui connaît bien la course elle aussi et moi-même. Question hommes il en fallait des exceptionnels pour tenir la semaine et nous avons donc : Eric époux de Natacha, Antonio dit Tun et Fabrice. Tout de suite je suis mise dans le bain et je comprends qu’avant de peut-être pleurer de souffrance, de fatigue, je vais surtout pleurer de rire. Ils ne vont pas me laisser une minute de répit et je crois avoir fait la plus belle cure de bonne humeur contagieuse pendant cette semaine. En attendant il faut dormir et très vite je comprends que cela va devenir ma faiblesse. Pour des questions de poids je n’ai pas de tapis et de toute façon comme toute bonne mamy que je suis devenue, je ne dors bien que dans mon lit. Et surtout j’ai froid… Très froid… Je ne peux rien faire pour ça puisque je n’ai pas pris de tenue réellement chaude, ni même de caleçon long qui aurait pu me réchauffer un peu. Cette bêtise je vais la payer cher puisque je n’aurais jamais une nuit complète de sommeil réparateur, ce qui avec le type d’effort que je me prépare à faire est une très mauvaise idée.
Première nuit et je découvre cette ambiance décalée qui fait que tout le monde se couche avec le soleil et se lève spontanément avec ses premiers rayons. Ah ça il n’y a pas la télé, prendre un livre à lire n’était pas envisageable, alors du coup on se couche avec les poules.

Petites nouveautés sur le campement : des cabines réservées aux femmes pour pouvoir se rincer à l’abri des regards masculins. N’allez pas croire que ce soit à la demande des femmes mais bien une décision de l’organisation suite à des douches exhibition un peu trop difficiles à encaisser pour des hommes après 5 jours dans le désert… Et surtout des toilettes de brousse qui fonctionnent avec des sacs biodégradables. Je vous laisse imaginer le niveau des blagues que cette nouveauté va engendrer. Pour moi elle a un avantage : éviter les km à parcourir après la course pour trouver un buisson suffisamment important pour me protéger du regard des autres. Et le sac à caca est parfait pour ranger sa gamelle noircie par le feu sans salir ses petites affaires.

J – 1 : contrôle des sacs et du dossier médical. A partir de ce moment là les dés sont jetés, vous ne pouvez plus faire machine arrière, il faudra faire avec ce que vous avez gardé. L’après-midi va se dérouler tranquillement avec l’atelier « emballons-nous les pieds d’hépafix »… Saine activité qui consiste à s’emballer les doigts de pied et toute zone susceptible de souffrir pendant la course pour limiter l’apparition d’ampoules. Comme toujours je me révèle assez pathétique dans la maîtrise de l’ailette et c’est Fabrice qui va jouer à tenter d’emballer mes petits doigts de pied crochus. Il n’a pas été sensible à ma demande d’en profiter pour me poser du vernis tant qu’il y était à avoir le nez si prêt de mes pieds… Dîner fourni par l’organisation et dodo et re-mauvaise nuit à grelotter.

Les premiers jours : comme vous avez pu suivre sur « courir au féminin » un petit suivi je ne vais pas m’étendre là-dessus parce que sinon ça va tenir du livre cette histoire ! Alors parlons un peu d’autre chose à savoir le plus important là dedans : les copains !!!!

Que je vous présente un peu la petite bande avec honneur aux femmes (par ordre alphabétique pour ne vexer personne).

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Les gazelles !

-  Bénédicte : c’est la sérieuse de la bande !!! Attention les enfants on ne rigole pas !!! D’ailleurs même Mohamad Ahansal, grand gagnant des éditions précédentes a dû s’incliner et a reconnu devant caméras qu’elle avait tout bon. Tout en gardant toujours le sourire, elle a une force dans le regard que je lui envie à un point qu’elle ne peut pas imaginer. On sent immédiatement un vrai mental qui force l’admiration. Et comme en plus elle n’a pas renoncé aux échantillons de crème hydratante ou anti rides qu’elle partage avec moi, je l’adore !

-  Francine : C’est l’expérimentée de notre groupe puisque comme Fabrice elle a pris un abonnement sur le MDS. Ils sont mignons comme tout d’ailleurs tous les 2 avec leur petite organisation que l’on sent bien rodée après plusieurs périples dans le désert. Francine fait de la randonnée uniquement comme cela est permis sur cette course mais à une vitesse telle qu’elle finit souvent avant les coureurs.

-  Natacha : notre Pocahontas blonde ! Elle est là avec son mari et je dois bien reconnaître que je les envie tous les 2. Elle avance avec une régularité de métronome sans jamais se plaindre. Bon ok j’avoue je suis super jalouse d’elle parce qu’elle a des jambes de folie et qu’elle danse super bien.

Nos hommes : ah nos hommes… Dans le genre brochette de choix, c’était couscous royal tous les jours !!!

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Nos Hommes !

-  Antonio : l’italien d’origine, le mâle par excellence qui a su me faire rire aux larmes et trouver les mots quand je paniquais totalement après la 3ème étape. Bon par contre il tient très mal le stilnox…

-  Eric : le mari de Natacha, le sacré petit veinard tiens ! Un des hommes les plus drôles que j’ai rencontrés à ce jour et un vrai castor junior à lui tout seul. Je n’ai jamais fait de feu de la semaine, je ne suis jamais allée chercher une bouteille d’eau… Bref le mec à toujours emmener avec soi pour ce type de périple et qui ferait un malheur à Koh Lanta !

-  Fabrice : le responsable de toute cette aventure. C’est le roi du strap, du pansement qui fait du bien, celui qui a veillé sur moi pendant toute cette aventure, à qui je dois beaucoup et plus encore.

Comme vous avez pu le constater si vous nous avez suivi nous avons décidé sans vraiment en parler d’ailleurs très clairement que nous ferions la course tous les 2 quoiqu’il arrive et c’est ce que nous avons fait, prenant un malin plaisir à poser le pied en même temps sur le tapis de passage pour avoir exactement le même chrono. L’avantage pour moi est évident : il connaît la course comme sa poche et me sert aussi de guide pendant les étapes. Et d’ailleurs on fait quoi pendant 54h de course ? On avance, on boit, on mange, on souffre, on a chaud… On discute de tout et de rien, parlant de nos vies, de pâtisseries… C’est fou ce qu’on peut penser à la nourriture quand on ne mange plus que du lyophilisé ! Mais nous passons aussi de longs moments sans parler, plongés dans nos pensées, à vagabonder, ou alors pour ce qui me concerne d’ailleurs à ne penser à rien du tout, juste se laisser porter par la course, les évènements quand ils arrivent. C’est tout compte fait très reposant comme situation.

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Ambiance tempête du désert...

Jour 3 : allo Houston on a un problème…

J’aurais dû me douter que cela n’allait pas durer. Ok j’en bavais mais nous avancions tranquillement même si l’idée d’une journée de plus de tempête de sable me donnait des hauts le cœur. Heureusement le soleil est enfin de la partie et le sable sera sagement rangé en dunes si photogéniques à regarder et si pénibles à escalader. J’applique la tactique de l’escalier : en gros je me colle derrière Fabrice et je reste dans ses empreintes. D’ailleurs je disais souvent en rigolant que pour moi le marathon des sables se résume à une paire de guêtres bleus, un sac à dos, un dossard 350 et un cuissard noir… Tout se déroule plutôt correctement, enfin en tout cas dans mes souvenirs jusqu’à un passage montagneux, bien caillouteux où je retrouve mes repères. Je passe devant et c’est parti pour la grimpette. C’est idiot à dire mais je m’éclate enfin dans ce passage.

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Des cailloux enfin...

Petit souci : Fabrice est derrière et n’a pas l’air de suivre la cadence. Je sais pour l’avoir pratiqué sur la première sortie de notre duo que ce type de relief est d’ordinaire le cadet de ses soucis. Je l’attends en haut et je découvre un visage crispé qui arrive. Sur le moment je pense même qu’il est vexé que je sois passée devant lui mais je passe outre et nous attaquons la descente. Là je comprends vite qu’il n’y avait rien de personnel dans sa crispation, il souffre et ce n’est que le début. Un nouveau passage dans les dunes et pour la première fois et d’ailleurs la seule de cette course, je vais être plus à l’aise que lui. Je tente d’occuper son esprit en lui racontant un maximum de bêtises dont j’ai parfois le secret mais rien n’y fait. C’est lors des 2 derniers km de plat, roulants à souhait que nous allons basculer dans quelque chose de très difficile à vivre pour moi. Il avance, nous sommes 2 et je n’ai jamais été aussi seule… Nous retrouvons Natacha qui comprend que quelque chose ne va pas. Je la rassure en lui disant que de toute façon je reste avec lui jusqu’au bout et elle file vers l’arrivée prévenir tout le monde. Etre impuissante face à une douleur pareille est très perturbant pour moi, je ne sais pas quoi faire, je me tais le plus possible et si je parle c’est très doucement comme une mère à son enfant. Enfin cette foutue ligne d’arrivée est là et Fabrice tel Jean Paul II découvrant un nouveau pays s’agenouille sur le sol. Au début je pense que c’est une façon pour lui d’exprimer sa joie d’être enfin arrivé mais lorsque je comprends qu’il ne se relève pas, je commence à paniquer totalement. Je finis après plusieurs longues secondes de négociations à l’emmener sur le côté et le membre de l’orga présent sur la ligne appelle les docs à la rescousse. Je tente de lui enlever son sac, de lui parler, mais rien, aucune réponse de sa part. Le visage est figé dans la douleur, je suis totalement impuissante. Enfin arrive Sophie qui va devenir ma nouvelle meilleure amie pour la soirée à venir. A 2 nous arrivons à lui détacher son sac et au bout de quelques minutes il peut enfin se lever pour nous accompagner à l’hôpital de campagne situé juste à côté. Petit coup de gueule en passant : aucun coureur présent ne s’est proposé pour nous aider, c’est donc appuyé sur 2 femmes dont une qui porte sa lourde mallette de médecin urgentiste et l’autre qui porte les 2 sacs à dos que Fabrice va rejoindre la salle de soins. Je suis tellement sidérée devant cette attitude que je n’ai même pas la force d’exprimer mon désarroi et ma colère face à cette attitude. On l’allonge sur un lit de camp et au bout de quelques secondes les convulsions vont commencer. Et un gabarit comme le sien qui convulse je peux vous garantir que c’est impressionnant. Tout se bouscule dans ma tête : va-t-il pouvoir continuer ? N’a-t-il pas été trop loin ? Ce que je craignais le plus est en train de se passer et je suis terrorisée à l’idée des conséquences. Je suis venue là pour le courir avec lui ce foutu MDS, pas pour finir seule avec lui rapatrié sanitaire. Je me sens coupable d’avoir entrainé Fabrice dans cette folie alors qu’il doit avant tout penser à sa santé. Sophie me dit que si dans quelques minutes elle n’a toujours pas rétabli un contact correct, elle perfuse. De toute façon si elle ne le fait pas elle-même je me sens capable de le faire, tout pour qu’enfin cela s’arrête. Je l’aide à la poser en tenant Fabrice qui n’est pas d’un calme absolu, je lui parle tout en n’étant même pas sûre qu’il comprenne vraiment d’ailleurs et j’attends. Je finis par me résoudre à retourner à la tente pour me changer et je le laisse aux bons soins de Sophie. En route vers ma tente, je tombe sur Antonio qui vient aux nouvelles et c’est une blonde qui pleure qu’il trouve à la place. Aussitôt il prend les choses en mains, me soulage de mon sac, mes bouteilles et m’emmène à la tente. Je vais reprendre visage humain avant de repartir vers la tente pour avoir des nouvelles fraiches. Sophie doit faire une écho et je veux être là pour avoir les résultats tout de suite. Alors que j’ai la chance inouïe de pouvoir admirer sa vessie sur l’écran je lui chuchote à l’oreille « mince on est mal il va falloir changer de voiture, ils sont 2 » et là j’ai le droit à un sourire ! Alléluia il est revenu !!! Dès ce moment là je sais que ça va aller et je vais pouvoir souffler un peu. Pendant que je fais mes aller-retour je découvre la chance que j’ai de partager la tente 60. Tout le monde s’occupe de moi, Eric a pris l’initiative de commencer à me préparer à manger mais aussi de préparer celui de Fabrice puisque le seul objectif est de le faire sortir à tout prix le soir même. Une nuit à l’hôpital et c’est le MDS qui s’envole pour lui.

21h30 : c’est bon ils le libèrent ! Le traitement a fonctionné, nous savons que ce n’est pas gagné mais au moins on connaît le problème. C’est fou, je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse de rentrer sous cette foutue tente.

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Etape 4 : l’étape longue… très longue…

Je suis une vraie boule de nerfs et là j’ai plus besoin d’un lexo qu’autre chose. L’idée de partir pour plus de 80km avec Fabrice qui il n’y a que quelques heures avait une perfusion dans le bras me panique totalement. Même s’il se veut rassurant, je n’arrive pas à oublier les images de la veille. Pourtant nous allons la finir cette foutue étape. Nous sommes déjà d’accord sur le principe de ne pas dormir pour profiter au maximum de la fraicheur de la nuit. Je veux, j’ai besoin de ma journée du jeudi pour récupérer. Je sais aussi que la nuit m’est plutôt favorable. Et bien entendu comme il se doit rien ne va se passer comme prévu puisque ce n’est pas Fabrice qui va avoir des faiblesses mais moi. Coup de chaud, ampoules, je vais tout lui faire… Pourtant nous progressons coute que coute comme si nous avions besoin de prouver à l’autre que nous allions y arriver. Pendant la nuit nous allons passer un long moment avec Philippe qui court pour les Papillons de Charcot, un homme extraordinaire de volonté qui avance avec une cheville sacrément abimée. Je ne comprends même pas comment on peut faire ça… Ce type d’épreuve révèle des personnalités et je peux vous dire que la sienne force le respect. Nous le perdons dans la nuit à un moment où Fabrice souffre de nouveau. A partir du CP 5, soit à peu prêt 20 km de l’arrivée, nous allons vivre une folle épopée : il faut finir, je veux finir. Je préviens Fabrice que je vais me brancher sur ma musique pour m’isoler et il fait de même. Nous allons basculer sur une marche rapide totalement folle avec des temps de passages totalement surréalistes pour l’escargot tout sec que je suis devenue. CP 6 : ravito digne d’un marathon, je ne remplis même pas mes gourdes, j’avale juste un quart de litre d’eau et je ne ralentis pas. Fabrice a tout juste le temps de saluer des copains qu’il doit s’élancer pour me rattraper. Les 3 derniers km n’en finissent pas… Ce foutu laser vert qui indique le campement s’éloigne au fur et à mesure que je me rapproche… Et je me mets à saigner du nez en plus ! Je ne vais pas finir avec 2 mèches dans le nez quand même ? Nous passons enfin la ligne avant 5 h du matin comme prévu. Heureuse surprise : le thé chaud est encore servi, mauvaise surprise, la tente 60 est loin, très loin et la prochaine fois moi je demande l’asile politique chez les pompiers tente 1 et 2… (Et pourquoi il n’y aurait que Mumu qui profite des pompiers d’abord ?). Je peux souffler, je peux m’écrouler sur mon sac de couchage, on oublie la douche, j’ai juste envie de dormir. Nous avons réussi, c’est bête à dire mais maintenant je sais que nous passerons la ligne d’arrivée samedi midi, plus rien ne peut nous arriver, nous l’avons fait.

La joie sera de courte durée puisque nous perdons cette nuit là Francine qui sera rapatriée sur Ouarzazate avant de rentrer au Luxembourg. Même si nous apprenons vite que ses constantes sont bonnes, j’ai du mal à réaliser que nous ne fêterons pas tous les 7 notre MDS. Nous savons tous que c’est le risque à prendre mais face à la réalité c’est une autre histoire.

Etape 5 et 6 : comme je l’ai évoqué dans mon petit suivi de course je ne vais pas trop revenir sur l’étape 5 mais sachez qu’il a eu le droit à un vrai cocktail genre mojito de l’ultra… hypoglycémie, pleurs, coups de chaud… Tu secoues et tu dégustes bien frais ! Pour ma défense il faisait plus de 50° au soleil et une barbie en plastique ça fond à ce degré de chaleur. J’ai le sentiment d’avancer CP après CP sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Et pourtant nous sommes là à continuer, forçats du sable et du soleil. Je crois que personne ne peut imaginer ce que ces coureurs ont traversé s’il n’a pas lui-même vécu l’expérience. C’est assez bouleversant à voir et cela engendre de grands débats avec mon compagnon de route. Mais pourquoi, pourquoi nous nous imposons ce genre de chose ??? Ce n’est pas mon premier, ce ne sera pas mon dernier et je n’ai toujours pas la réponse à la question. Samedi matin alors que partent les 50 derniers sous les encouragements des autres coureurs qui partiront un peu plus tard. Je vais repleurer un bon coup parce que cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arriver ! Je me suis toujours dit que jamais je ne me mettrais dans cet état mais après tout, il y a peu j’étais une loque dans le désert refusant de m’arrêter, titubant plus que marchant. Qui suis-je alors pour juger ce comportement, cet entêtement qui nous habite tous ? Comment notre société actuelle a pu engendrer ce type de comportement excessif même si, après tout, les pèlerins de Saint Jacques traversant la France entière ne devaient pas avoir meilleure allure que nous. Enfin bref ce n’est pas tout ça mais nous avons 17km à faire et bien entendu je vais trouver le moyen d’animer un peu ce qui aurait dû rester une formalité en perdant mon transpondeur. Heureusement il sera retrouvé rapidement mais Fabrice se fera de nouveau mal en accélérant pour me rattraper puisqu’il avait décidé de l’attendre pendant que je continuais ma route. Je m’en veux, mais je m’en veux… C’est en silence que nous allons finir l’un à côté de l’autre, ce qui est assez étonnant en fait comme final. Enfin la ligne est là, enfin la médaille est là autour de notre cou et comme prévu dès le départ nous l’échangeons. Son marathon des sables a été mon marathon et vice versa, cet échange était une façon de concrétiser tout cela officiellement.

Conclusion : bonne question tiens… A ce jour je n’en ai pas en fait. Comme souvent après ce type d’expérience il faut un certain temps pour digérer toutes les émotions ressenties et l’atterrissage doit se négocier en douceur pour limiter les turbulences. Avec le recul je crois que je recherche dans ces expériences des moments à moi seule, des moments où je redeviens moi-même. Pour la native du signe du cancer que je suis, je profite de ces courses extrêmes pour accomplir ma mue. Je laisse tomber la carapace et pendant quelques jours et je suis à nue psychologiquement parlant, avec les conséquences positives et négatives que ce type d’état peuvent engendrer. Mais je crois sincèrement que cela fait du bien, en tout cas pour moi c’est devenu indispensable à mon équilibre.

Question purement course à pied, j’ai appris pas mal de choses qui me serviront forcément pour les prochaines puisque jusqu’à ce jour aucune de ces expériences extrêmes ne m’ont fait renoncer à mes petits délires. J’ai rencontré des gens merveilleux que je vais avoir l’occasion de revoir vite et ça, c’est juste le bonheur. Pour ce qui est de mon duo avec Fabrice le test grandeur nature était très instructif. Nous n’avions finalement jamais fait plus de 40km ensemble sur l’ultra de la 6000D en 2009 et qu’on le veuille ou non cela tenait un peu de la revanche cette histoire. Aujourd’hui, les 4 Deserts nous attendent en 2012 et je ne sais pas pourquoi, je crois qu’on va bien s’amuser !

 

 

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Toute première fois à Ré la Blanche

Écrit par Cécile on .

Toute première fois à Ré la Blanche

Toute première fois… Blanche… virginité… Oui je sais c’est un peu limite comme titre ! Mais bon je ne vise pas le Pulitzer non plus avec ce texte. Alors comment me suis-je retrouvé ici sur mon île à organiser mon premier stage de CAP ? C’est comme toujours avec moi une longue, très longue histoire. Alors vous allez vous faire un thé vert et vous revenez ! (Le coca zéro ou la bière sont tolérés).

Donc comme tout le monde le sait, Ré est une île très importante pour moi, c’est là où je viens en vacances depuis tellement d’années que c’est indécent de le dire. J’ai vécu énormément de choses dans cette île à titre personnel et elle reste l’endroit où j’aime me réfugier quand cela ne va pas. Le fait de pratiquer maintenant la course à pied m’a permis de la découvrir sous un autre angle, au petit matin avant que les enfants ne se réveillent quand je n’ai comme seuls copains les lapins et les faisans avec cette odeur salée que j’adore. Avant qu’il y ait le pont, nous prenions le bac. Quelque soit l’heure, quelque soit le temps, je me précipitais dehors pour voir mon ile arriver, apercevoir les premières lueurs de Rivedoux et l’odeur des embruns, ce mélange si particulier de sel et d’algues qui pourraient repousser certains et qui pour moi est une odeur qui me rassure.

J’ai failli avoir un enfant sur l’ile puisque Thomas, très pressé de venir, a vraiment failli naitre dans la voiture qui me conduisait à la maternité ! Pour la petite histoire et elle est vraie je vous jure, alors que nous traversions toute l’ile (je vis au bout du bout dans le bois de Trousse Chemise) avec mon gros ventre qui faisait des vagues, nous avons ralenti devant les fortifications de Saint Martin à ma demande. J’avais envie de manger une glace à la Martinière (ah les glaces de la Martinière…) parce que je savais qu’avec mon hospitalisation j’allais être privée de ces délices pendant quelques jours. Dieu merci mon père a fini par dire : «je trouve que ça s’accélère quand même un peu tes contractions, on va y aller quand même ». S’il avait cédé à mon caprice, Thomas se serait appelé Martin et aurait été baptisé à la glace au caramel au beurre salé !!!

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Tout naturellement lorsque j’ai cherché un centre de thalasso pour m’offrir ma cure maman bébé, je me suis tournée vers celui de Sainte Marie de Ré et je suis immédiatement tombée sous le charme. Je ne parle même pas de la cuisine… mais j’aime être juste devant la petite plage avec ce phare qu’on aperçoit au loin. Même les gros bateaux qui passent font partie pour moi du charme de cet endroit parce qu’ils me rappellent mes voyages en fait et mon envie de partir naviguer sur ce type de bateaux comme cela est maintenant possible. On loue sa petite cabine sur un bateau qui n’offre en fait aucun confort autre que le repas mais qui permet par cette simplicité d’accueil de se retrouver, de se concentrer sur soi et de rattraper 3 ans de lecture en un seul voyage ! Le centre de soins est vraiment de haute qualité et je suis accro au massage sous affusions… Une douche d’eau mer légère et juste chaude, une masseuse et c’est parti pour 25 min de bonheur parfait. Vous immergez de là pour vous trainer sur votre transat pour retrouver vos esprits et tenter de vous rappeler votre prénom !

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Ah les Saints Jacques...

Après ma cure maman bébé je suis revenue 2 fois pour un court séjour en fin de saison comme on dit, pour récupérer après des courses un peu longues. Et tout naturellement je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire là. Aujourd’hui il n’existe pas de stages pour vrais débutants. Je parle bien de personnes qui n’ont jamais couru, qui ont fait quelques tentatives souvent ratées qui les ont dégouté de recommencer mais qui aimeraient pourtant découvrir le plaisir de courir. Lorsque j’ai commencé à pratiquer ce sport j’aurais aimé trouver un endroit où je pouvais pendant quelques jours apprendre les rudiments, trouver quelqu’un qui réponde à mes questions que je n’osais pas poser, où personne ne me jugerait parce que je cours comme un escargot. Et si moi je le lançais cet endroit ? Après tout je suis dans une phase positive ! Qui aurait pensé qu’un jour je finirais la Parisienne ? Et un marathon ? Ou plus dingue encore, un ultra ? Personne et moi la première ! Alors maintenant que toutes les barrières sont tombées dans ma tête je me lance et advienne que pourra. Je profite donc d’un de mes séjours réthais pour contacter le responsable commercial du centre, Sylvain pour ne pas le nommer et un déjeuner plus tard le projet est lancé. Ce sera un we marathon au moment de celui de La Rochelle et une semaine à l’occasion du trail des Vignes. Bien entendu cette course est un prétexte, il n’est pas prévu de faire faire 18 km à des débutantes en 8 jours, c’est de l’eau de mer qu’ils utilisent, pas Lourdes non plus !!! Mais je dois dire que lancer cette semaine au moment de la Sarabande et emmener quelques filles courir le premier 5km à l’issue de la semaine me trotte bien dans la tête…

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les fameuses vignes

Bref me voilà lundi sous un soleil indécent prête pour rencontrer mes « élèves » de la semaine. J’en ai 2 d’officiellement inscrites et mon petit discours au cocktail de bienvenu en décidera 2 de plus. Rendez vous est donné le mardi matin pour la première sortie. Je suis prévenue : l’une est au bord de la syncope au bout de 3 minutes, l’autre est toute rouge au bout de 5… Mais j’ai aussi une dame qui s’est fait St Jacques de Compostelle d’un seul tenant toute seule, alors avec elle au moins pas de doute sur son endurance naturelle ! Mais l’inquiétude est palpable. Ok les filles on se détend et vous allez voir ce que vous allez voir. Je pars sur une bonne vielle méthode cyrano qui a fait ses preuves et c’est parti. Nous allons partir pour 45 bonnes minutes à la stupeur générale. Alors ? Vous voyez ce que je vous avais dit ? Pour savoir courir il faut savoir marcher (Convert, prends un lexo ça va passer !). Le mercredi elles sont toutes là et c’est reparti. J’ai fait 2 groupes pour coller avec les soins de thalasso et tout le monde est au rendez vous. J’ai même une personne de plus pour la sortie du soir. Nous partons sur un rythme de 3 – 3 très précis pour ne pas s’endormir et tout le monde tient. Le groupe du personnel de la Thalasso engagé sur le trail des vignes nous accompagne le soir et découvre que ce type de sortie n’est pas aussi reposant qu’ils auraient pu le penser. Et histoire de bien en rajouter, après les étirements avec les débutantes, nous repartons pour repérer un peu le parcours et voir si courir tous ensemble est jouable. Ca me fait donc 3 sorties sur la journée, autant vous dire qu’il ne faut pas me bercer le soir !

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Surtout que j’ai découvert un univers impitoyable : le cours d’aquagym !!! Pas de doute il faut que je reste sur la course à pied parce que là je suis pathétique… Une vraie blonde… Pas moyen de coordonner l’équilibre, les bras, les jambes. Je peux vous dire que la piscine d’eau de mer est vraiment salée ! Et je découvre les courbatures aux bras, qui les pauvres n’avaient pas travaillé comme ça depuis des lustres. Ce qui est bien c’est que cette journée surchargée m’a permis d’éliminer le cheese cake citron du déjeuner avec Mélomarie17. On était pourtant bien parti toutes les 2 avec nos salades au poulet… Mais l’énoncé des desserts a mis nos bonnes résolutions de côté en une fraction de seconde !

Jeudi matin, malgré quelques réticences nous testons la sortie à jeun pour surtout voir les différentes sensations en fonction des horaires d’entrainement. L’avis est général : « ah ben mince alors, je croyais que sans mon petit déjeuner dans le ventre, j’allais m’évanouir ! ». Mon idée est simple : en variant les horaires et en montrant que tout est possible, je veux surtout les convaincre qu’on peut aller courir quand on veut et surtout quand on peut. C’est un sport qui s’adapte à notre emploi du temps et pas l’inverse. Petit déj, thalasso et zou je quitte mon nouvel uniforme, le peignoir de bain et les tongs pour prendre un TGV direction Paris. Il n’y avait pas moyen de faire autrement, j’ai 2 conférences de presse importantes et je ne peux pas les rater.

Le plus étrange est vraiment de se retrouver plonger dans le stress parisien en si peu de temps et comme en plus cela fait 3h que j’envisage d’exploser mon ordi avec cette saleté de clé 3G sur le mur, je ne suis pas un exemple de zénitude quand je pose le pied à Paname. Je dois transmettre des textes pour le prochain Running pour Elles et rien à faire ça ne marche pas. Direction le starbuck coffee du coin pour une nouvelle tentative. Au bout de 10 min d’énervement, j’apprends que leur routeur est planté. Ok, c’est bon je lâche le truc. La technologie n’est pas mon amie ce jour là, il faut se résoudre à ne pas toujours faire ce qu’on veut. En route maintenant pour la conférence de l’UTMB. Ce qui est très drôle pour moi, c’est que je commence par celle là et le lendemain matin je serai à celle de la Parisienne : ma vie de coureuse résumée en 24 h à peine. Je sais déjà que je serai surement à Chamonix fin août histoire de pouvoir dire que je suis une vraie finisheuse et surtout pouvoir parader avec ma polaire sans avoir un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ceux qui ont vu le loup et je sais avec certitude que je serai au départ de la Parisienne quelques jours plus tard pour faire courir Muriel plus vite que son ombre. J’adore ce mélange parce que c’est vraiment moi, le plaisir doit prévaloir quelque soit la distance, l’endroit où je cours. Et c’est sur ce mélange exotique improbable que repose tout l’attrait que ce sport a pour moi.

Conférence géniale parce que je retrouve les copains, les doux dingues comme moi qui partagent cette passion pour les aventures un peu hors normes il faut bien l’avouer. Il y a aussi Sébastien Chaigneau que j’ai eu l’honneur d’interviewer quelques jours auparavant. Nous aurions du faire connaissance sur le sable libyen mais comme vous le savez, la politique a ses raisons. Cet homme est tout bonnement ahurissant à écouter : il connaît chaque caillou du parcours mythique par son prénom… L’entendre me détailler tout ça me donne vraiment l’impression d’être toute toute petite et comme en plus il trouve le moyen de caser les bonnes adresses de tartes aux myrtilles sur le parcours, je suis sous le charme !

Il y a aussi Nathalie Lamoureux, journaliste au Point qui sort un livre dont je vous parlerai bientôt, le livre et Nathalie d’ailleurs. Ce sera un des visages dans le Running pour Elles n°7. Elle a un parcours étonnant et un sourire de femme heureuse toujours accrochée aux lèvres. Pascal avait eu la gentillesse de dire que je pourrais éclairer la vallée de Chamonix avec mon énergie mais avec Nathalie c’est la Savoie et la Haute Savoie qu’on éclaire ! Et d’ailleurs il y a aussi Pascal avec qui j’ai réellement fait connaissance au pied du Mont Blanc pendant cette édition si particulière et qui me fait l’honneur d’être devenu un ami. Sans oublier Sabine, Pierre Etienne et j’en passe ! Une vraie grande famille cette histoire.

Le petit film diffusé achève de me convaincre qu’il faut que j’y retourne et ce moment aurait été totalement parfait s’ils avaient pensé aux glaces ou au pop corn… Ah là là ces conférences de presse, c’est plus ce que c’était ma brave dame !

Vendredi matin, rendez vous à la Madeleine pour un autre style de course : la Parisienne. Les fondateurs m’ont demandé cette année de participer à ma façon à cette course. Je ne vais donc pas me contenter de courir en bretonne, robe noire, petit tablier et coiffe de bigouden avec une Muriel qui devra renoncer aux couleurs de Paris pour adopter l’esprit Fest noz à mes côtés. Je vais écrire régulièrement pour la newsletter et je participerai activement au DVD qui est envoyé à toutes les participantes. Si je voulais faire ma pétasse qui s’y croit, je dirai que comme Inès l’est à la mode, je suis l’incarnation de la Parisienne de la course à pied. Comment ça, Karl chéri ne sait pas que j’existe ? Oh je rigole !!! L’idée est surtout de montrer que cet évènement sportif peut avoir un impact positif sur la vie d’une femme. Pour ma part il l’a complètement bouleversé puisque le jour où j’ai fini avec ma première médaille autour du cou, je me suis littéralement sentie pousser des ailes et l’ado complexée par son niveau sportif pathétique a laissé place à une femme qui s’est dit : « mais si je suis capable de faire ça, je suis peut être capable de beaucoup plus de choses que je ne le pensais ». On voit où ça m’a mené d’ailleurs !

Je suis vraiment ravie de sauter dans le train pour rentrer sur mon île et quitter la vie parisienne jusqu’à ce que je découvre que tout Paris a pris la même décision que moi… Le train est bondé de chez bondé, et je suis légèrement agoraphobe. Surtout j’ai besoin de dormir un peu. Pour tous ceux qui ont circulé dans le train pour aller au bar et qui se demandent qui était la sdf qui dormait par terre dans le range bagages à l’entrée de la voiture 6, ne cherchez plus, c’est moi ! Même le contrôleur n’a pas osé me déranger… Je retrouve mes élèves avec un plaisir fou. Une bonne petite sortie histoire de décrasser et c’est la fin du stage. C’est qu’elles vont me manquer !!! Le samedi matin nous improvisons un dernier briefing dans les couloirs de la thalasso en peignoir et maillot de bain. Elles sont décidées à continuer sur la voie prise cette semaine et ça c’est vraiment important pour moi. L’idée n’était pas d’en faire des championnes en une semaine mais surtout de planter une petite graine en chacune d’elle et qu’elles repartent en se disant comme moi un jour : » mince alors je suis capable de ça alors ? ». Après si c’est de la marche nordique ou de la course ou tout autre sport d’ailleurs le principal est pour moi qu’elles continuent à faire un peu de sport. Elles sont super avec le petit bloc et leur crayon pour noter les derniers conseils.

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C’est le week end maintenant et je change de casquette, de coach je deviens lièvre. J’ai trouvé super que toute une équipe constituée de salariés de l’Atalante se constitue pour courir le trail des vignes sachant que la plupart ne sont jamais allés au délà de 10 km. Et je ne parle pas de Kamel, l’osthéopathe qui a commencé la  course à pied il y a 3 semaines seulement ! Je sais déjà qu’il ne sera pas possible de faire un seul groupe mais on va tenter de gérer cela au mieux.

Il pleut un peu mais pas trop et comme il fait un peu plus froid l’idée de Sylvain de customiser des petits hauts D4 doublés de polaire est bénie du ciel ! J’ai pris ma ceinture de trail avec compote, barres et pates de fruits données par l’autre Cécile du groupe pour parer à toute éventualité. Il y a un ravito tous les 5km, normalement nous n’aurons pas besoin de boire entre chaque mais dans le doute. Je ne vais pas vous raconter la course km par km parce que cela manquerait tout de même d’intérêt mais tout s’est passé comme dans un rêve. Les 2 meilleurs du groupe partent devant à savoir Zoé qui est la plus aguérrie des filles du groupe et mon tortionnaire de l’aquagym qui est un habitué des triathlons. Autant dire que nous les reverrons sur la ligne d’arrivée. Nous avons donc : honneur aux femmes Céline responsable de la thalasso, Cécile sa copine qui elle travaille à la Noue, village à côté de Ste Marie, Sylvain le commercial du centre et Didier alias Monsieur Gireau le grand patron. Kamel je vous l’ai déjà présenté. Le parcours est vraiment sympa parce que tout de même très roulant pour un trail, déjà évidemment question dénivelé c’est comment dire… plat de chez plat… Pas vraiment une course à mettre dans son programme de prépa 6000D ! Par contre question sable je suis servie et quand on voit mon niveau de saturation après 6km ça promet la semaine prochaine.

Le temps est tout compte fait parfait parce qu’il ne fait pas chaud et le léger crachin est plutôt agréable. Nous avançons km après km et je parle ! C’est un peu « trail au pays de Barbie » cette histoire. L’idée est avant tout de les faire penser à autre chose, d’oublier le petit stress normal de la première course. D’ailleurs à un moment où le silence finit par se faire j’entends un « oh Cécile raconte nous une histoire ! ». Et c’est reparti ! J’ai même le droit à un : « tu devrais faire un CD de tes histoires pour que je le charge sur mon MP3 ». Le rythme s’est évidemment un peu ralenti avec le sable et la plage mais dès que nous retrouvons la terre ferme tout le monde relance. Et ce sera encore plus vrai en arrivant à l’entrée du village. Eux sont en terre connue et ça sent l’écurie à plein nez cette histoire. Le rythme s’accélère de plus en plus et même moi je suis obligée de m’accrocher. Oh je vous rassure je parle toujours. Nous en sommes aux projets futurs en fait : l’année prochaine on monte sur le 32 et en septembre 2012 ce sera le premier marathon au Médoc déguisés en curistes avec peignoir, maillot et bonnet de bain !

Je jette un œil de temps en temps sur le chrono et je n’arrive pas à croire ce que j’y lis. La ligne d’arrivée est en vue au bout de la rue et je dis à tout le monde : « si on y va à fond on est bon pour 1h45 ». Tout le monde s’élance, les secondes s’égrènent, Céline émet un « je ne vais pas y arriver », je lui réponds « mais si, ne lâche rien » et c’est triomphant que nous passons la ligne sous les 1h46. Je n’ai pas les secondes mais franchement on ne va pas chipoter. Vous auriez vu le bonheur sur leur visage, c’était au-delà des mots en fait. Mais pour moi ce n’est pas fini, il me manque des petits et je vais aller les chercher. J’avale un verre de coca en vitesse et je repars en arrière. Il me manque le grand patron qui nous a perdus même si nous l’avons eu en visu pendant plusieurs km. Il ne me faut que quelques centaines de mètres pour le retrouver et je finis avec lui. Il nous manque encore Kamel qui avait prévenu que de toute façon il finirait même si cela devait être en marchant. Je repars donc à sa recherche sous les remarques amusées des bénévoles sur le parcours qui me disent tous : « vous n’en avez pas eu assez ? Fallait faire le 32 ma petite dame ! ». Les coureurs se font de plus en plus rares. Même si j’encourage certains, j’évite le traditionnel « il ne reste qu’un km »… Quand on a mal, c’est long un km… Je sais que moi ça ne me remonte pas le moral et généralement j’ai juste envie de répondre « t’as qu’à les faire toi ces foutus kms ! ». Alors je me contente d’un grand sourire. A l’entrée du village, Kamel apparaît enfin avec le serre file en VTT. Et il court toujours ! Je repars donc avec lui en trottinant et en ne le noyant pas de paroles. Je sens bien qu’il a tout donné et je préfère juste être présente physiquement à ses côtés en soutien moral. Il n’y a qu’au moment où il éprouve le besoin de marcher que « la coach » se réveille et je ne lui accorde qu’une minute ! D’ailleurs il repart quand je le lui propose. Nous allons courir jusqu’à la fin et c’est en héros qu’il passe la ligne sous la hola de toute l’équipe venue l’attendre. Je m’éclipse discrètement pour les laisser entre eux, trop heureux d’avoir tous relevé le défi assez dingue que la plupart s’était lancé. Et puis moi j’ai Mélomarie17 à embrasser ! Après notre super déjeuner mercredi midi au soleil, elle m’avait promis d’être là à l’arrivée et c’est le cas.

Quelques photos souvenir pour immortaliser la belle équipe et c’est le retour à l’hôtel pour une douche et la préparation des bagages. Ce qu’il y a de formidable pour moi c’est que maintenant ils peuvent mettre des sensations sur ce que je leur avais raconté pendant la semaine, ce truc souvent indéfinissable que l’on ressent lorsque l’on passe la ligne d’arrivée d’une course, cette euphorie dont on devient irrémédiablement accro. En arrivant à l’hôtel force est de constater que j’ai une faim de loup… et pas de mes compotes restées dans ma chambre. Discrètement je passe la tête dans la salle de restaurant mais ils sont en train de tout ranger, il faut dire qu’il est 10h30. Tout de suite un des serveurs me propose de me trouver quelques croissants et de me faire un thé. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise… Ils sont tous adorables et pas seulement avec moi, toutes les personnes que j’ai rencontrées louaient leur gentillesse. Et surtout cela va me permettre de faire connaissance avec Karim qui courait en club sur Levallois et qui vaut 38 min sur 10 km ce qui est tout de même un temps plutôt intéressant…

Conclusion de toute cette aventure : elle est vraiment très positive pour moi, et cela va même au-delà de mes propres espérances. Je suis passée de l’autre côté du miroir en allant à la rencontre de sportifs pendant leur pratique. C’est facile de donner des conseils derrière son écran, planquée les jambes au chaud sous son plaid avec son mug de thé… C’est une autre histoire que de se retrouver face à eux. J’étais très stressée de ne pas être à la hauteur mais je sais aujourd’hui que je n’ai pas à avoir peur d’y aller. Je ne serai jamais une coach professionnelle qui nécessite un vrai diplôme même si je me demande si je ne vais pas le passer un jour. C’est plus dans le côté « mental » que je crois que j’ai une carte à jouer. Cela m’ouvre de nouveaux horizons que je compte bien exploiter maintenant. Et je tiens à remercier de tout mon cœur toutes les personnes de l’Atalante qui m’ont offert une semaine merveilleuse dont j’ai savouré chaque seconde avec délice.

Cécile

 

 

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Le trail de Vénus et le Trail de Vulcain selon Barbie

Écrit par Cécile on .

Goofy Challenge du trail à ma façon...

Comme toujours avec moi un léger retour en arrière s’impose pour comprendre comment je me suis retrouvée dimanche 6 mars les fesses dans la boue auvergnate… Flash back : Paris, vendredi 18 février, 21h40, un mail tombe sans grande surprise, le Libyan Challenge est annulé pour cause de sécurité. Inutile de m’attarder sur le sujet, les évènements qui ont suivi ont confirmé que l’organisation avait fait le bon choix. Mais bon, même si je m’y attendais un peu, le coup est un peu difficile à accuser. Comme souvent je me tourne vers mon placard pour me remonter le moral : lexo ? oréo ? allez oréo plutôt ! Et le calendrier des courses évidemment parce qu’il faut bien compenser. Je me cherche un truc sympa à faire, pas trop loin, pas trop cher pour attendre le marathon des Sables sereinement.


Tout d’un coup une illumination : et si j’arrêtais de courir partout dans le monde pour enfin courir chez moi ? En voilà une idée qu’elle est bonne ! Et en plus, chez moi justement, il y a un trail pour les filles, un des premiers du genre d’ailleurs qui est organisé et qui porte le doux nom de « trail de Vénus ». C’est pile poil pour moi non ? Mais vu mon caractère, on me conseille à la maison de faire aussi celui de Vulcain qui se court le lendemain. Et si je faisais les 2 tiens ? Une sorte de Goofy Challenge du trail revu et corrigé par Barbie. Ni une ni deux c’est décidé, ce sera l’Auvergne et Volvic pour ma dernière vraie sortie longue avant le MDS.

Je me retrouve donc au volant de ma fidèle titinne qui est connue comme le loup blanc maintenant de tous les trails de France et de Navarre. La pauvre elle en voit du pays depuis qu’elle est rentrée dans ma vie. Je ne suis jamais allée à Volvic mais je découvre en arrivant que c’est bien là que la fameuse eau est embouteillée. Je découvre aussi que, oh miracle, à Mozac, charmante petite ville située à 2km de là il y a un mac do qui pourra accueillir mon traditionnel repas post ultra. On a les petits bonheurs qu’on peut que voulez vous !

Arrivée sur place, je comprends très vite qu’il y a une vraie organisation derrière tout ça. Dossards retirés, tee shirt de fille blanc, classe et bien taillé offert, je me plais bien ici. J’en profite pour saluer les copains puisque je suis en terre connue : Karim qui a trainé ses baskets comme moi en Algérie, Alain qui organise une course superbe que je dois absolument faire « vin scène » juste à côté de chez moi à Moulins… Bref je suis comme à la maison et c’est ma foi plutôt agréable.


Un petit passage aux toilettes pour me transformer en « super barbie traileuse » et c’est parti. Enfin super traileuse c’est vite dit parce que j’ai sorti la jupette de son placard où elle sommeillait dans l’attente de jours meilleurs. Il fait beau aujourd’hui et mes cuisses sont ravies de revoir enfin le soleil ! Aux pieds comme je suis joueuse, j’ai une nouvelle paire que j’étrenne spécialement, la nouvelle version des columbia ravenous qui m’avaient tellement plu l’année dernière. Je sais que ce n’est pas très raisonnable de partir comme ça sur 2 courses avec des chaussures neuves mais tout le monde sait que je suis joueuse. En tout cas l’ambiance est vraiment sympa, les filles sont heureuses d’être là et ce joyeux mélange de filles affûtées par une saison de cross et de filles qui sont là pour leur premier trail est très joyeux. Par le plus grand des hasards je me retrouve dans les premiers rangs et j’adopte tout de suite la tactique du crabe pour reculer de quelques rangs. Avec mon niveau en cross on va laisser les mobylettes partir devant ! J’en profite pour demander un peu ce qu’on va faire et ma voisine me dit simplement : « ben on grimpe en haut de la montagne et on redescend »… Hein quoi ? Le truc là devant on le grimpe ? Non mais ça va pas la tête ou quoi ? Mais pourquoi, mon dieu pourquoi je ne regarde jamais les profils avant de m’inscrire à des courses… De toute façon c’est trop tard le départ est lancé, il faut y aller, tu réfléchiras plus tard ma pauv fille.

Objectif principal de la balade : se faire plaisir, profiter de l’ambiance et ne pas se blesser puisque le lendemain il y a 65 km à faire. Je pars tranquillement mais sûrement, bien décidée à vivre ma course à mon rythme sans prendre de risques inutiles. De toute façon je connais mon niveau en trail alors pas la peine de faire mon intéressante. Les km défilent, le premier ravito est là enfin et j’avale rapidement un verre de coca auvergnat pour me rincer la bouche après mon gel mulebar au citron. Ben quoi ? ça me fait un coca rondelle non ? Bon l’avantage quand tu dois monter sur un trail c’est que très souvent après ça descend !!! Mais c’est là que ça se complique pour moi… J’ai la trouille en descente… Le genre à m’accrocher aux branches plutôt qu’à jouer les Jane en sautant de liane en liane. J’ai très moyennement confiance en ma cheville qui se tord à plusieurs reprises, réveillant une douleur qui ne me dit rien de bon. Ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment !!! Alléluia, la ville est là et qui dit ville dit bitume et qui dit montée à l’aller dit descente au retour. Attention les fauves sont lâchés ! Toute ma frustration de coureuse bridée par la peur disparaît et c’est parti mon kiki ! C’est une espèce de furie blonde qui dévale les petites rues de Volvic ! Je sens bien dans le regard de certains bénévoles un peu d’inquiétude pour mon état mental mais je continue de plus belle. Enfin je continue c’est vite dit parce que tout d’un coup la route devient beaucoup plus plate et mon enthousiasme s’aplatit avec elle. Je ralentis inéluctablement. La ligne d’arrivée est en vue, les spectateurs m’encouragent, je suis bien là, tranquille pour finir… Et là tout d’un coup surgit de nulle part j’aperçois sur le bitume, une ombre : une coureuse est en train de me rattraper là sur le fil. Je ne l’ai pas entendu venir, je suis branchée sur mon lecteur. En une fraction de seconde je comprends que je vais me faire doubler si je ne réagis pas. Non mais attends j’hallucine !!! Mais pour qui elle se prend celle là !!! Eh oh moi je connais les pétroleuses ma grande, leurs esprits sont là avec moi et tout ce que tu vas réussir à voir ce sont mes fesses dans ma jupette qui vont s’éloigner rapidement. Voilà comment je me retrouve à 400 m de l’arrivée à piquer un sprint de folie sous les regards et les encouragements amusés de 2 ou 3 mecs qui attendent leur épouse et qui ont compris ce que j’étais en train de faire.

Je suis pitoyable quand j’y pense… Pourquoi j’ai fait ça ? Pour défendre ma 56ème place ??? Même pas un podium !!! Je me fais peur par moment… Enfin je passe la ligne en 1h13 pour 11 km ce qui vu le dénivelé me satisfait au plus haut point. C’est terrible à dire mais je l’avoue, je suis super fière de moi ! Et puis pour la petite histoire, je suis montée sur le podium mais en temps qu’hôtesse pour remettre les prix aux filles qui m’ont mis 20 min dans la vue.

Je vais vous passer ma nuit dans l’hôtel Ibis du coin avec mon dîner en tête à tête avec mon plateau devant la télé qui n’a franchement pas beaucoup d’intérêt pour en arriver directement au dimanche matin. L’ambiance VRP de la course à pied on a connu plus glamour…

Petit déjeuner aux aurores où j’en profite pour lire enfin le petit papier qu’on m’avait donné la veille avec mon dossard et que j’avais machinalement rangé dans mon sac à main. Et là consternation : il y a du matériel obligatoire ! Punaise !!! Mais pourquoi je n’ai pas lu le règlement moi !!! Coup de bol j’ai pris mon sac oxsitis qui a une couverture de survie intégrée, le sifflet et tout le toutim, il est devenu mon sac porte bonheur depuis qu’il s’est fait sagement l’aller retour à Saint Etienne sans broncher et sans me faire mal aux épaules. Ils demandent de plus un collant long parce qu’ils annoncent des températures bien hivernales en haut des montagnes. Bon ben je range la jupette et je sors mon ¾ skin que j’avais pris au cas où et mes compressport pour me tenir les mollets au chaud. Je vous le dis tout de suite, en haut je gère très mal le truc… Dans mon enthousiasme légendaire et parce qu’on annonce du soleil, je suis partie avec un haut noir sans manche, des manchons pour les bras et un haut acheté à NY pour le marathon. Certes il est très joli, rose et tout et tout mais la matière n’est pas du tout ce qu’il faut pour ce type d’épreuve. J’aurais du prévoir une première couche avec un textile chauffant comme mon mizuno. Je me suis bien gelée pendant la course et je n’ai pratiquement jamais enlevé mes gants. Je décide également de laisser mes bâtons dans la voiture au dernier moment. J’ai l’ambition, la prétention même je pourrais dire, de vouloir un jour courir la diagonale des fous où ils sont proscrits. Il est temps pour moi d’apprendre à m’en passer de temps en temps.

Direction le sas des départs avec le passage obligatoire du pointage des sacs. C’est un peu le bazar mais même si les gens râlent un peu, je trouve que ça se passe plutôt dans le calme. J’entends un désormais traditionnel « tiens c’est toi la fille de la LyonSainteLyon ? » (Merci Arthur, je suis une star grâce à toi !) mais j’entends surtout des choses qui m’inquiètent beaucoup plus : « tu es sur quoi cette année ? Le court ou le long ? ». « Le long mais bon je vais voir si cette année les barrières horaires passent ». Comment ça « si je passe les barrières horaires ? ». Mais qu’est ce que c’est encore que cette histoire ? Et là je réalise en me renseignant un peu autour de moi que ces fameuses barrières sont une vraie réalité et qu’elles ne sont pas aussi évidentes que ça à passer. Ah ben mince alors… Manquait plus que ça tiens ! Avantage tout de même : au 19ème km on peut encore choisir : soit on rentre à la maison tranquille, soit on part à l’assaut du tour du Puy de Dôme.

Mais bon moi je suis venue pour faire le long et l’idée de me retrouver comme en Catalogne coincée à cause de ma lenteur m’emballe moyen. Mais je sais aussi que si je pars trop vite, je vais me griller et ce n’est pas le but.

Pour la première fois de ma petite carrière de coureuse je vais donc me fier un peu à mon GPS. Je n’ai personne pour me donner le rythme et il faut que j’apprenne à gérer ma course toute seule comme une grande. Je pars doucement mais sûrement, je me branche sur ma musique, genre coureuse autiste parce que je veux surtout me concentrer sur mes pieds. Je ne veux absolument pas me blesser de façon stupide et si je commence à papoter je vais me vautrer c’est sur. J’adopte la méthode qui a porté ses fruits sur le Paris Mantes de façon très consciencieuse : marche quand ça grimpe, voir quand ça glisse d’ailleurs et reprise de la course dès que le sol le permet. Au bout de quelques km on m’aborde tout de même, malgré mon côté peu souriant et c’est parti pour la papote sur un tronçon plutôt roulant. Mon nouveau coéquipier est parisien, prépare l’écotrail et a fait ma connaissance la veille quand j’ai fait mon intéressante sur le podium. Il faut dire que les fous m’avaient donné un micro, à moi qui « aurais voulu être un artiste pour pouvoir faire mon cinéma »… Ils ont du me l’arracher des mains le micro… On papote, on parle sables, ce qui nous change de la neige et de la glace qui affleure de temps en temps du sol et le temps passe vite. Je finis quand même par lui demander comment il s’appelle et bien entendu il s’appelle Olivier… Je ne cours qu’avec des Oliviers de toute façon c’est une tradition bien ancrée maintenant ! Le premier ravito est là et la première barrière horaire est passée. Je suis soulagée parce que j’ai un peu de marge mais je sais que pour le 2ème ça va être coton. Je me ravitaille rapido le zoo, j’enlève ce foutu caillou dans ma chaussure qui me gène, je salue mes copains moulinois et je fonce. Je mangerai en marchant comme d’habitude. J’essaye vraiment de maintenir un rythme le plus régulier possible en continuant à alterner course dès que c’est possible même si le caractère quelque peu boueux de certains passages complique sérieusement la donne.

Il faut super beau, je suis super bien, les paysages sont somptueux, non mais franchement que demande le peuple !!! Nous sommes beaucoup moins nombreux même si nous ne nous bousculions pas beaucoup non plus avant et je ressemble encore un peu à une coureuse. Le ravito suivant est déjà là, aux pieds du fameux Puy de Dôme qu’il va falloir maintenant contourner pour rentrer enfin à Volvic. C’est ce fameux tour qu’il faut gérer au mieux parce que la barrière horaire ne permet pas encore une grande liberté de flânerie le nez en l’air. Je ravitaille à coup de coca auvergnat que je me mets à vraiment apprécier, 2 pâtes de fruits, une barre de céréales, assise tranquillement au soleil et je repars dans les pas d’un coureur qui vient de me sonner les cloches : « ne traine pas il y a encore de la route à faire »... Ok c’est bon je ramasse mon sac et j’embraye derrière lui sans me poser de questions.

Je commence à sentir un peu la fatigue, même si les jambes vont plutôt bien en fait. Au moins le froid ambiant me tient éveillée !!! La première montée va me laisser totalement sans force et très très inquiète pour la suite… Je triche d’ailleurs et ramasse 2 bâtons par terre pour m’aider à progresser parce que là franchement je n’en peux plus. J’avance, je ne lâche rien mais dieu que c’est dur… Enfin la délivrance, ça redescend et je peux enfin reprendre une allure de coureuse. Je m’accroche vraiment à ma sortie nocturne du Paris Mantes, à mes sensations sur cette balade nocturne et je relance systématiquement alors que je n’ai qu’une envie : marcher tranquillou bilou !

Je vais vous passer mon ratage de balise… heureusement rattrapée au vol par 2 coureurs qui rebroussent chemin et qui ont fait la même chose que moi, cette nouvelle montée qui me laisse exsangue… mon hémorragie classique qui me fait voir des étoiles et m’oblige à manger un truc rapidement et surtout à marcher un peu alors que c’est plat de chez plat (j’enrage !!!) mais là de toute façon je ne tiens plus debout. Je suis tellement faible à ce moment là que descendre à tombeaux ouverts n’est absolument pas envisageable sous peine « éclatage de gueule sur racine à coup sur ». D’ailleurs je suis déjà tombée tranquillement mais sûrement dans la boue doucement amortie par mon popotin de blonde accro aux pim’s et oréo. Mon autre gros souci et ma grande inquiétude tient aussi sur le fait que mon GPS va commencer à me jouer des tours : il m’annonce 54 km et je sais que je dois faire 66 km. A ce rythme je vais être finisheuse sur le fil mais bon je suis venue pour ça de toute façon. J’avoue tout de même que j’ai un peu le moral en berne mais je ne vais pas me plaindre, je l’ai bien cherché aussi. Le terrain est roulant de toute façon et j’avance à mon petit rythme quand tout d’un coup sorti de nul par un premier coureur me double à fond en m’encourageant par un « allez lâche rien il ne reste que 3 km et il y a bientôt le bitume ». Et il file… Mais ça va pas bien la tête ? Mon GPS me dit 57 km à ce moment là, pas 63… C’est quand le 3ème coureur me double là aussi à tombeau ouvert en me criant « allez accroche on a fini » que je comprends que c’est la technologie qui me raconte n’importe quoi !!! J’attrape un coureur au vol qui connaît le parcours et qui me confirme ce qu’on m’a déjà dit, Volvic est là tout prêt et je peux finir en moins de 8h30 si je daigne me bouger un peu les fesses. Un autre coureur me double et se contente d’un petit clin d’œil genre « on y est arrivé ! ».

Wouah !!! Il ne serait pas reparti si vite je l’aurais embrassé le gars !!! Je repars et là je ne vais plus rien lâcher. Le bitume est bien là, la descente également, je me redresse, je cours, je prends un bon rythme et c’est parti. Devant moi tout d’un coup surgit une casquette rouge salomon que j’ai eu en vue pendant des km sans jamais, mais alors jamais réussi à l’attraper cette foutue casquette. Alors j’accélère dans l’idée de courir un bout de chemin avec lui tel un taureau lancé dans l’arène à l’assaut de la cape du toréador. Plus je me rapproche, plus je comprends à sa foulée que les descentes ne sont aussi agréables pour lui que pour moi. Je vais me contenter de l’encourager et je continue ma route aussi vite que mes papattes arrières peuvent avancer.

Le gymnase est là, enfin et en quelques secondes je rentre au chaud avec l’impression d’avoir tout donner. Dieu que je suis bien !!! Je récupère mes jolis manchons customisés pour le trail et je vais saluer tous ceux qui m’ont doublé. Tout le monde a le sourire et je retrouve même le coureur que j’ai tenté d’aider sur le parcours avec mes désormais célèbres compotes. Il a du abandonné et vient d’arriver sur place. Casquette rouge arrive et je vais également le saluer. L’ambiance est incroyable parce que finalement quand on réfléchit bien, la plupart des coureurs qui sont là ont été à un moment ou à un autre de la course autour de moi. On s’est encouragé, on a échangé quelques mots et je crois pouvoir dire que nous sommes tous sacrément contents de nous retrouver ici sur cette foutue ligne d’arrivée.

Je crois qu’il faut vraiment connaître un jour cette ambiance toute particulière qui règne à l’arrivée d’un ultra. On l’a déjà pas mal sur marathon mais c’est encore plus exacerbé sur ce type de course. On se traine tous comme des loques vers nos voitures pour récupérer nos sacs et nous changer. Cela m’amuse toujours autant… il y a 10 min à peine je courais et là l’idée même de faire 100 m à pieds me parait inaccessible !

Un coup de lingette, un jogging enfilé, un sms envoyé pour rassurer tout le monde et je fonce. Déjà je ne suis pas d’ici et j’ai envie d’un bain, ensuite j’ai surtout faim et je n’ai pensé qu’à une chose sur les 10 derniers km : mes frites chez Mac do !!!!

Conclusion de cette nouvelle expérience : entre un mec qui a repéré les lieux et un truc électrique qui vibre à intervalles réguliers, toujours faire confiance au mec ! La technologie c’est bien gentil mais ça ne remplacera jamais la connaissance du terrain !!!

2ème épisode : Ce qu’il y a de bien avec moi c’est que l’on ne s’ennuie jamais… Mardi alors que je suis en vacances en famille à des années lumières du trail de Vulcain un mail tombe sur mon téléphone : « vous n’avez pas pointé en haut du Puy de Dôme, pouvez vous nous le confirmer ». Sur le coup je ne comprends pas… Je suis bien allée sur ce foutu Puy même si j’ai été un peu surprise de pas être allée jusqu’au parking situé tout en haut où je suis allée une fois pour la France en Courant. Mais bon j’avais entendu que le parcours avait été un peu modifié par rapport aux années précédentes et ma foi avec toutes les nouvelles interdictions que subissent les organisateurs de course j’ai pensé, sans vraiment y penser en fait, que s’ils avaient rallongé un peu le parcours initial c’était pour compenser le dénivelé perdu. Et puis là Guillaume me dit tout de suite : « punaise mais c’est ça tes km manquants sur ton GPS, tu as raté un truc ! ». Je réponds au mail et immédiatement je décroche mon téléphone pour avoir le cœur net. Et là tout s’éclaircit, enfin façon de parler puisque pour moi c’est juste le début d’un très mauvais moment à passer. Au fameux ravito où je me suis arrêtée et où j’ai pris 2 sec le soleil j’aurais du partir à droite d’abord, monter et redescendre au même endroit. Personne ne me l’a indiqué mais d’un autre côté je n’ai rien demandé non plus ! Il s’est trouvé qu’à ce moment là les quelques coureurs que j’ai eu en vue redescendaient et j’ai suivi l’un d’entre eux sans réellement me poser de questions j’avoue. Depuis ce foutu ultra de la 6000D ma seule obsession ce sont les balises, là elles étaient bien là, j’étais donc rassurée. Ensuite… eh bien ensuite cela va être un enchaînement de circonstances puisque personne ne va remarquer que mon dossard n’est pas barré comme il aurait du l’être au sommet du Puy. Même à l’arrivée personne ne le remarque alors qu’il sera vu par plusieurs personnes. Certes mon temps est bon mais rationnel avec mon niveau de prépa et ma première Saintelyon par exemple. C’est vrai qu’au seul moment où j’ai tenté de faire une projection de temps j’étais sur 9h10 et non sur 8h20 mais franchement je n’ai pas non plus cherché, il me restait plus de 15 km à faire à ce moment là sans avoir aucune idée du dénivelé qui s’est révélé plutôt roulant à la fin. Ce n’est pas comme si j’avais couru un marathon en 3h… Là évidemment je me serais douté de quelque chose. A l’heure où je vous écris ce texte, j’ai demandé bien entendu à être disqualifiée de cette course puisque de toute façon, quoique qu’on fasse il me manque ces foutus 6km au compteur et même me mettre dernière ne serait pas juste vis-à-vis de ceux qui ont eux parcouru la distance complète. Si j’en crois le classement que je suis du coup allée voir, il y a 2 ou 3 cas un peu litigieux à mon avis, certainement involontaires comme moi.

Une chose est sûre aujourd’hui : l’amateurisme ça suffit… Mon côté « je pars sur les courses la fleur à la running sans rien regarder avant » n’est plus possible. Si j’avais pris ne serait que 10 sec pour regarder le parcours comme je l’ai fait hier soir j’aurais bien vu ce trait sur la carte qui sous entend l’aller retour et j’aurais posé la question au moment du ravito au lieu de suivre les balises du mauvais côté. Ca me met en rage parce que je me suis tout de même tapé 60 bornes avec cette histoire et que franchement finir dernière ne m’aurait posé aucun souci. Je me suis toujours foutue royalement de mon classement, vous le savez toutes et tous.

Et vous vous en doutez, si je le peux au niveau de mes dates, l’année prochaine je serai au pied de ce foutu Puy de Dôme pour prendre ma revanche !

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Pilat winter Raidlight Trail : une course à ne pas mettre un pingouin dehors...

Écrit par Cécile on .

 

Pilat winter Raidlight Trail : une course à ne pas mettre un pingouin dehors...

nature

 

Ce week-end je devais rester tranquillement à la maison et puis paf ! Dans ma boîte aux lettres, une nouvelle paire de Lafuma à tester. Je me transforme en vraie gamine, je veux jouer tout de suite, là maintenant !!! Elles sont trop belles en plus… C’est dingue quand j’y pense, il y a quelques années ma vie c’était ça :
dior

Et là maintenant je me mets en transe pour ça :

lafuma
Parfois je me fais peur… Comme à chaque fois que je veux aller essayer mes nouveaux jouets je sors ma bible : le calendrier des courses. J’ai déjà entendu parler de la course parrainée par Raidlight sur les hauteurs de St-Etienne mais bon ce n’est pas la porte à côté non plus. Et puis  mon copain Sylvain (celui de la Costa Xtrem entre autres !) qui me dit qu’il y est déjà. Nous sommes vendredi après-midi et en quelques minutes c’est bon je suis décidée. Question logement il me dit qu’il dort dans un gîte et qu’on me trouvera de la place, je prends juste mon duvet.
Pour une fois j’essaye de faire mon sac de façon organisée. Allez c’est ma grande résolution de 2011 : arriver à une course avec tout ce qu’il faut ! On y croit très fort… Je vous le dis tout de suite, comme toute bonne résolution elle aura tenu 2h. J’ai décidé de m’aligner sur le 33 km histoire de tester aussi ma cheville en condition réelle. Elle n’est pas du tout guérie, elle me fait toujours souffrir. Elle ne me fait pas moins souffrir, ni plus d’ailleurs. C’est juste pénible de courir avec cette aiguille qui s’enfonce violemment dans mon tendon. Je ne peux pas trop me plaindre, je suis responsable de la situation. Je ne vais pas vous mentir, j’ai clairement la trouille pour le Libyan, je me demande comment cela va se passer et l’idée est d’aller voir ce que cela donne en conditions réelles.
En route avec super Titine vers Marlhes (et non Marthes comme j’ai désespérément tenté de le faire croire à Cunégonde, mon GPS préféré). Au gymnase je prends mon dossard, récupère mon T-shirt un peu trop grand qui finira sur les épaules de Sylvain d’ailleurs et mon nouveau buff (ça tombe bien un rouge je n’en avais pas !). A défaut d’être une championne, j’équipe les champions ! Je papote, je passe la liste au père Noël en avance en demandant un sac comme ci, comme ça pour que je puisse enfin emporter mon sèche-cheveux dans le désert avec un miroir de courtoisie pour me remaquiller au dernier moment pour la photo d’arrivée et avec des roulettes parce qu'il est forcément trop lourd pour mon petit dos (mais non je rigole !!! Quoique Benoit si tu m'entends…). Et direction le fameux gîte parce que ce n’est pas tout ça mais il fait faim. Surprise : moi qui m’attendais à un gîte classique genre chalet d’Heidi dans la montagne, je suis face à une école, à des dortoirs avec lits superposés et des lavabos en ligne comme quand j’étais jeune ! Ça va être une vraie cure de jouvence cette course. Me voilà replongée des années en arrière quand j’étais pensionnaire. Trop contente d’avoir pris mon pyjama spécial « je veux faire jeune alors que ma pauv’ t’as 40 ans balais il serait temps que tu l’acceptes» avec Mickey dessus. M’en fous qu’Inès de la Fressange ait dit dans son livre « La Parisienne » : après 30 ans, Hello Kitty t’oublie… Moi je l’aime mon marcel. Et puis de toute façon Inès, ça m’étonnerait qu’elle dorme dans un dortoir comme moi !
Toute l’équipe bénévole est là aussi. Vous savez ces saints qui vous accueillent, s’occupent de vous, vous servent à boire avec le sourire alors qu’il fait un froid de gueux dehors. Et je peux vous dire que question froid on a été servis. Ok j’avoue les bénévoles sont adorables mais bon il y en a qui ronflent… j’ai les noms mais bon par respect pour leur entourage je ne les donnerai pas ! Il faut croire que je suis fatiguée parce qu’à 23h, je dors et même si ce sera d’un sommeil agité, je vais émerger à 7h15. Petit déjeuner : là encore je joue les coucous de service… Je ne savais pas qu’il fallait un peu prévoir et je vais trouver du thé à une table et des petits gâteaux Céréal à une autre. Si par le plus grand des hasards les gentils donateurs passent sur le site, qu’ils en soient de nouveau remerciés !
Direction le gymnase de nouveau pour les ultimes préparatifs. Et là ça y est, on bascule dans le grand-guignolesque comme d’habitude avec moi… J’ai bien dû faire 4 allers-retours à ma voiture avant d’avoir toutes mes affaires. Je pense que les mecs planqués dans leur gros 4x4 chauffé m’ont prise pour une folle furieuse ! Pourtant, question équipement je croyais être au point : mon Skins long noir, un T-shirt vieux comme Hérode mais plutôt efficace contre le froid, mon soutif (oui je sais moi aussi ça m’a fait drôle mais je ne l’ai pas oublié cette fois-ci !), ma culotte fétiche, une doudoune sans manches, ma polaire Raidlight turquoise avec les guêtres assorties et mes belles Lafuma toutes neuves. Bibiche ronronne… jusqu’à ce que je réalise que je manque de poches pour ranger mes 2 ou 3 gels que je compte tout de même prendre (faut arrêter l’amateurisme quand même…), mon nouveau lecteur mp3 rapporté de NY, sans parler de mes mouchoirs et de ma gourde. Bref j’aurais dû prendre une vraie ceinture pour être un minimum sérieuse. Oh ça va hein, je ne pouvais pas avoir tout bon du premier coup quand même ! Mais là miracle : un des représentants Raidlight présent dans les vestiaires me propose de tester une nouvelle ceinture ce que j’accepte évidemment. Bon ben là c’est bon non ? Je suis prête, je le sens ! Ma vessie beaucoup moins comme d’hab’… J’ai la trouille de me lancer tout de même sur 33km avec ma cheville farceuse et ça se ressent toujours à ce niveau-là. A mon 4e passage aux toilettes (j’ai bien peur de ne pas exagérer sur ce coup-là…) ça va être l’apothéose… mes gants tombent dedans et zou un coup de chasse d’eau dessus… Qu’est-ce que j’aimerais que cette histoire soit sortie de mon imagination, vous ne pouvez pas savoir à quel point ! Je sais que j’en ai une 2e paire mais elle est trop grande pour moi et me sert de 2e couche normalement. J’ai maintenant des palmes à la place des mains. Heureusement que je n’ai pas la bouche d’Emmanuelle Béart parce que là sinon mon surnom ce n’était plus « Barbie », mais « l’ornithorynque coureur » ! Avec le froid dehors je vais me geler les mains mais là il est trop tard il faut y aller.
Je sais que le parcours est neigeux, et surtout bien glacé par endroits. Sylvain qui a un peu balisé la veille m’a déjà prévenue, il faudra faire attention. Je regrette de ne pas avoir pris mes grips comme pour la Saintelyon mais il est trop tard et puis si je marche le temps de passer à côté des plaques de glace, il n’y aura pas mort d’homme non plus. Pierre n’est pas là et de toute façon je suis partie sur une sortie longue avant tout. Je ne veux surtout pas me blesser en faisant ma fofolle, même s’il faut bien avouer que question coussinet amortisseur grâce à un séjour new-yorkais pas vraiment diététique je pourrais y aller avant d’avoir mal en tombant sur la partie la plus charnue de ma morphologie. C’est donc parti pour une jolie balade à travers champs, la neige est là et c’est juste splendide. Ok je suis morte de froid, j’ai les cheveux qui gèlent, les cils aussi je crois mais j’en profite pleinement. Je suis sur un petit rythme tranquillou, je suis toute seule comme j’aime et j’avance en profitant au maximum de la chance que j’ai de pouvoir courir. Ma cheville n’est pas non plus très calme. Il faut dire que les appuis ne sont pas non plus très stables et je me la tords à plusieurs reprises. Une chose est sûre : ça fait mal mais pas plus qu’avant. Alors je continue. Je sais que de toute façon (et c’est pour ça aussi que j’ai choisi cette course) je peux bifurquer sur le 13 ou le 23e km en route. Je ne serai plus classée mais ça je m’en fous comme de ma première paire de chaussettes. Premier ravito et première bifurcation: je continue, ça a l’air de tenir. J’ai ce qu’il faut dans ma ceinture, je ne m’arrête pas mais je prends le temps de boire un peu et d’avaler un gel sans attendre comme d’habitude de crier famine.
ascension_crt_de_Chaussitre
La course est superbe et c’est un vrai trail, avec très peu de passages bitume. Et la neige rend tout ça féérique. A croire qu’ils l’ont mise exprès parce qu’à seulement 5 km il n’y a plus rien. Les rivières sont gelées, les étangs aussi d’ailleurs. Ce qu’il y a de bien à ne pas courir trop vite, c’est l’entourage. Même si nous papotons peu, l’entraide n’est pas une vue de l’esprit. J’aide le coureur devant moi à passer et en retour il m’aide pour que j’évite de trop mouiller mes chaussures. Je n’ai pas toujours la chance d’avoir une main galante et je me mouille régulièrement les pieds, dieu que l’eau est froide ! Ça réveille sérieusement, c’est moi qui vous le dis. En fait je fais de la cryothérapie sans le vouloir pour le même prix… 2e ravito, j’avale 2 pâtes de fruits au vol et c’est reparti. Il paraît que maintenant ça descend. Pourquoi faut-il toujours que j’écoute les autres coureurs et surtout pourquoi faut-il que je ne regarde jamais moi-même les parcours avant comme toute coureuse un peu responsable devrait le faire ? Je me marre parce que bien entendu ça remonte et je commence tout de même à bien fatiguer. J’ai froid aussi dès que je ralentis, ce qui n’est pas très agréable mais bon ça m’apprendra aussi, un trail blanc ce n’est pas synonyme de sable blanc aux Maldives non plus.
Chaussitre
3e ravito, ça sent l’écurie ! Pour fêter ça ce sera un verre de Coca bien glacé et 3 pâtes de fruits. Et là aucun doute, cette fois, ça descend. Il faut tout de même faire gaffe parce que c’est un peu gelé cette histoire et je ne suis pas arrivée là pour me vautrer si proche de l’arrivée. Le dernier km bitumé va me permettre de constater que mes chaussures sont à la hauteur de ce qui est annoncé. Elles sont beaucoup plus souples que les autres et permettent de pousser un peu. Enfin si Lafuma pouvait m’envoyer des nouvelles jambes aussi ce serait sympa…
Très bonne idée de l’orga, l’arrivée se fait au chaud dans le gymnase et c’est très drôle de voir les petits esquimaux arrivés tous gelés au milieu de ceux qui ont été plus rapides ou sur les autres distances qui ont déjà attaqués la tartiflette. Pour moi ce sera plutôt régime taboulé station-service. Je ne suis pas d’ici et je dois filer. En quelques minutes j’ai changé de T-shirt, de blouson, au diable la douche, de toute façon je voyage seule dans ma barbiemobile alors. Je dis au revoir en vitesse aux 2 ou 3 visages connus, prends une photo avec un visage inconnu mais qui lui me connaît et c’est parti. Inutile de vous préciser que Sylvain a mis une bonne heure de moins que moi, vous vous en doutiez déjà. Je rentre à la maison, chez moi au chaud pour plonger dans un bain encore plus chaud.
Bilan : 4h09 au compteur. J’ai dû attendre les résultats parce que je n’avais même pas regardé mon chrono à l’arrivée comme d’hab. Pas de quoi pavoiser du tout… Il faut se rendre à l’évidence, et même si je pourrais me trouver toutes les excuses du monde, je suis devenue une limace baveuse… Il m’aurait fallu 30 min de moins pour être heureuse ou au moins satisfaite. Je m’inquiète tout de même de plus en plus pour mon prochain challenge. J’ai bien peur de me retrouver à chanter « Libye c’est fini, et dire que c’était l’ultra de mes premières lubies »…
Plus d'infos sur la course
Merci à Stéphane Chassignol d'avoir eu le courage de sortir ses mains de ses gants pour prendre quelques photos souvenirs !