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Costa Brava Xtrem 2010 : une grande d'Espagne !
Écrit par Cécile Jeudi, 29 Avril 2010 14:09
Genèse : comment suis-je arrivée sur cette course, ce trail au niveau plus que relevé, moi qui déteste les cailloux, les sacs à dos et tout le toutim ? Certaines se rappellent sûrement que j’avais eu la chance d’aller assister à un Ironman sur la Costa Brava. Pour moi cette région et je crois que pour beaucoup de français il en est de même, est synonyme de buildings, de plages remplies de vacanciers rouge pivoine de l’Europe du nord buvant bière sur bière. A peine arrivée je comprends que je me suis totalement trompée et même si bien sûr il y a bien des stations balnéaires de ce type, cette région regorge également d’endroits restés totalement sauvages, des petites plages splendides, avec une mer transparente et chaude qui plus est ! La première chose qui me vient à l’esprit c’est : « ouah j’aimerais bien venir courir ici un jour ! ». Lors d’un déjeuner avec la municipalité de Lloret, je parle de ce désir et là miracle, on m’annonce que la course existe et qu’elle s’appelle la Costa Brava Xtrem. On me propose surtout de m’inviter, ce qui est encore mieux. Il faut croire que le vin espagnol n’a pas aidé à ma lucidité pour avoir totalement négligé le mot « Xtrem » mais voilà je suis embarquée dans ce qui va devenir une sacrée aventure de course à pied.
Quelques mois plus tard, tout a changé : je ne suis plus à la Libyan mais à la Transahariana et 3 semaines avant un ultra, j’ai les pieds totalement détruits par des heures passées sur les cailloux algériens. Mes ampoules sous cutanées ont explosées et mes plantes de pieds sont totalement à vif. Mon podo menace de me faire interner d’office si je pars et pour être très honnête je sens bien que je suis profondément épuisée (ma tension est proche du niveau zéro…). Mais comme d’habitude je ne veux rien entendre, je veux ma course ! J’ai embarqué dans l’aventure Sylvain Bazin (présentation Ultrafondus) qui en plus d’être un coureur totalement hors norme est adorable. Je suis contente parce que j’appréhendais un peu de partir seule dans cette aventure. Bien sûr il n’a jamais été question pour lui de courir avec moi pauvre petit vermiceau de l’ultra mais au moins nous allons pouvoir partager nos sensations de course et surtout l’avant et l’après qui sera tout aussi épique croyez moi !!! Mais cela fera l’objet d’un autre CR complet avec photos à l’appui.
La course
Etape 1 : que du bonheur !
Vendredi nous arrivons en taxi à Blanes, ville portuaire au sud de Girone. Nous devons récupérer nos dossards avant d’aller à l’hôtel qui servira de base aux coureurs pour la première nuit. Nous avons appris que la dernière étape a été allégée à
Nous allons à l’hôtel, récupérons nos chambres et nous nous contentons d’un grignotage plutôt qu’un vrai déjeuner parce que le départ à 15h n’est pas vraiment l’idéal pour notre digestion. Quelques courses de dernière minute pour Sylvain avec un objectif précis : trouver un bidon pour boire. Nous allons finir par en trouver un d’une couleur très spéciale qui devrait lui éviter de se le faire piquer et surtout qui pourra faire phare la nuit, ce qui est un sacré avantage !
Après avoir tourné très très vite sur moi-même dans la salle de bain je me transforme en coureuse et c’est parti pour la grande aventure ! Oh je vous rassure on y est allé en train touristique sur la ligne de départ… 2 petits retraités qui n’ont même pas le courage de marcher
C’est parti pour 3h30 de balade extraordinaire dans des jardins extraordinaires justement. Nous traversons les jardins botaniques de Mar i Murtra, de Pinya de Rosa et rejoignons la plage de Fenals. Il me faut quelques km pour comprendre que cela ne va pas être du gâteau cette course… Déjà je me paume avec d’autres coureurs et nous ferons environ 2 ou
Sylvain calme un peu mes ardeurs mettant en avant le fait que le parcours avait un dénivelé plus important qu’annoncé, promettant de belles surprises et que le balisage n’était pas très fiable. Il s’est lui aussi perdu et à la vitesse à laquelle il court, il fait plus de bornes que moi en 20 min… Mais bon pour l’instant je ne veux rien entendre, je suis bien et c’est plutôt euphorique que nous allons rejoindre les bus qui nous ramènent à l’hôtel de Blanas. Nous en profitons pour faire connaissance avec une jeune américaine venue voir des amis à Barcelone et qui profite de l’occasion pour courir son premier ultra sur le Challenge. Retenez là parce qu’elle réapparaîtra prochainement. A peine arrivée je fonce au magasin où nous avions acheté la gourde de Sylvain qu’il avait testé avec succès. La mienne fuit comme une folle et il ne s’agit pas de perdre la moindre goutte de cette eau si précieuse.
Douche, dîner copieux à coup de paella (qu’est ce que j’ai pu en manger !) et histoire de bien faire une réserve de glycogène je vais me faire 2 coupes de glaces parce que j’hésitais entre 2 parfums… Et puis j’ai couru 25 bornes non ? Il ne s’agit pas de faire la tournée des bars parce que le lever est quand même prévu à 3h du matin le lendemain !
Etape 2 : oui je sais j’aurais du m’en douter…
3h30, tous les coureurs de l’ultra sont là dans la salle de restaurant pour prendre leur petit déjeuner. Pas de doute nous ne sommes plus dans la même cour de récrée. Même Sylvain nous a sorti la tenue de compression, c’est dire ! C’est toujours marrant ces moments où les coureurs s’observent. Les élites se sont déjà croisées la veille sur la première étape et tout le monde sait bien sûr que c’est aujourd’hui que tout se joue. Moi je suis encore sur mon nuage de la veille même si je sais je crois au fond de moi que c’est du grand n’importe quoi. Mais je m’accroche à ce que me dit Sylvain qui a regardé le dénivelé annoncé, je n’ai pas à m’affoler, celui de Millau est plus dur. Plusieurs personnes nous ont aussi dit que c’était beaucoup plus roulant que la veille. Ok pour 100 bornes sur route, je mets un peu moins de 12h avec un Ken qui me soutient en vélo mais avec 3h de plus, ça devrait le faire. Je ne veux pas le gagner, je veux juste le finir et si c’est à la dernière place je n’ai aucun souci avec ça.
J’ai choisi ma tenue avec soin comme une façon pour moi de me rassurer dans les moments difficiles :
- un cuissard 2XU pour la compression et pour faire un peu « pro » quand même
- mon tee shirt de la Transahariana manches courtes (je pense que tout le monde a compris pourquoi, pas la peine d’expliquer)
- un tee shirt noir manches longues pour la nuit histoire d’avoir chaud et que je poserai le moment venu.
- Ma casquette de mon premier marathon de NY pour le symbole
- Sur mon sac à dos j’ai accroché ma médaille de la Chapelle miraculeuse parce que je crois qu’il ne me restera que ça si tout va mal !
Nous allons en bus à Sant Feliu de Guixols pour le départ et j’arrive même à trouver un endroit tranquille pour le dernier pipi.
5h du matin : c’est parti ! En route pour ce qui est encore officiellement 100 bornes de trail, le tout en 15h sachant que nous devons arriver en 12h au dernier CP à 24km de l’arrivée officielle.
De nouveau le début du parcours va être une enfilade de descentes sur la plage, de remontées à coup de marches cassantes et surtout épuisantes et je ne parle pas du sable. Nous allons nous perdre un petit coup histoire de rester dans le ton de la veille et lorsque j’arrive au CP 2 à la Calella de Palafrugell, je sais déjà que je ne passerai pas. Je ne veux pas encore l’admettre officiellement mais je ne vois pas comment à cette vitesse moyenne je pourrais tenir. Du roulant ??? Du « comme à Millau » ??? Je te foutrais tiens ! Ah Sylvain a de la chance de courir plus vite que moi parce que sinon je te lui plongerais la tête dans sa poche à eau tiens ! Après le CP3 nous quittons la mer pour plonger dans les terres en direction de Pals. Là je ne sais pas comment je me suis débrouillée mais je me perds de nouveau mais je suis seule cette fois ci et c’est beaucoup moins drôle. Je finis par tomber sur une route et je demande mon chemin à un jardinier qui est un peu surpris de voir un truc blond, transpirant, rouge et ne respirant pas la zénitude absolue, tentant de se rappeler des quelques mots d’espagnol appris au lycée… Je sais que je dois rejoindre Begur et je me dis que c’est un village, donc pas trop grand. J’espère y retrouver ces foutues balises et reprendre ma route. Ok je suis carrément dans le sens opposé… C’est reparti pour la crapahute et je vais devoir redemander mon chemin une fois tellement la route qu’ils m’ont indiqué me parait bizarre. D’ailleurs ce n’est pas une route mais un chemin caillouteux, bien cassant et bien pentu comme je les aime tant… Je finis par retrouver une route et là miracle des coureurs ! Ils étaient largement derrière moi il y a quelques temps mais pas grave, je les aurais embrassés tellement j’étais heureuse de voir des visages connus. Descente bitumée vers Begur, je lâche les chevaux histoire de récupérer quelques précieuses minutes. C’est ridicule mais je ne veux pas lâcher pour l’instant. Un coureur espagnol Joachim me rattrape à la sortie du village et c’est parti pour ce qui va être une sacrée aventure et une de ces rencontres qui font que j’aime toujours autant ce sport. Il a un avantage colossal par rapport à moi : il est du coin ! Il sait donc où il est et où il va. Nous avons
En vue de ce fameux village, je ne peux plus courir correctement, ma vessie n’est plus d’accord… Et je ne peux plus m’accroupir sous peine de ne jamais réussir à me relever ! C’est gentil la condition féminine mais par moment je bénirais le fait de pouvoir faire pipi debout… Joaquim est certes un garçon charmant mais je me vois mal lui demander de m’aider à me relever, la culotte sur les chevilles… Il me faut de vraies toilettes ! Je lui parle de mon souci de vessie et il me répond que j’ai sacrément de la chance parce qu’il y a tout ce qu’il faut à Pals et qu’il sait très bien où elles sont, je vous dit l’homme parfait !. Arrivée sur les hauteurs du village, il me les indique tout en me disant qu’il part au CP en éclaireur. Je vais découvrir le bonheur absolue de la coureuse avec jambes en vrac : des toilettes pour handicapés avec une barre sur le côté pour t’aider à te relever. Que du bonheur !!! Je rejoins le CP où Joachim a attaqué le coca et je vais même me poser sur une chaise histoire de manger mes cacahuètes tranquilles. Je suis vidée de chez vidée, il fait chaud, je sais que c’est fini et que jamais je ne serais dans les temps au CP5. Le couple qui nous suivait arrive et rend son dossard. Nous savons que si nous lâchons là, l’organisation nous permettra de prendre le départ du Challenge le lendemain pour être finisher. Je sais que c’est ce que je dois faire, je le sais mais pourtant je n’arrive pas à me résoudre. Joachim est en train de repartir, je suis là debout avec mon sac sur le dos, hésitante. M’arrêter là c’est synonyme de confort, de retour à l’hôtel en bus, de douche, de récup de qualité. Continuer c’est synonyme d’inconnu, de souffrance supplémentaire, de grand n’importe quoi… Et Joachim va régler mon agitation interne en m’attrapant la main et en m’entraînant avec lui. Le crazy runner me dit juste « ce n’est pas à toi de prononcer le mot fin » et c’est parti…
La première partie est bitumée donc nous pouvons courir, tranquillement certes et beaucoup de personnes d’un certain site communautaire doivent penser que cette vitesse n’est pas de la course mais nous avançons. Les paysages n’ont plus rien à voir, c’est la campagne avec ses fermes, ses animaux, ses tracteurs, ses paysans qui se demandent bien ce que nous foutons là à courir en plein cagnard à l’heure de la sieste. Nous passons devant une superbe bâtisse transformée en hôtel-restaurant et tout d’un coup nous apercevons tranquillement installé à l’ombre de l’entrée un coureur en train de déguster une assiette de pâtes avec une bière bien fraîche. C’est Miguel qui a un vrai physique de trailer, le genre pas très grand mais solide sur ses pattes qui ne lâche rien quoiqu’il arrive. Nous nous arrêtons et Joaquim me propose un coca bien frais, ce que j’accepte évidemment. Je sais que je vais en faire bondir certains et certaines mais même si nous sommes partis nous savons au fond de nous que ça ne passera pas alors autant faire de ces km supplémentaires de bons moments. Ce coca dégusté à l’ombre de l’entrée du restaurant pour ne pas gêner les clients du restaurant de notre odeur quelque peu sauvage, ce passage aux toilettes où je me rince bien, c’est un de mes meilleurs souvenirs. Nous repartons et très vite nous comprenons que Miguel n’est pas tout à fait dans la même logique de balade que nous. Il veut passer le cup off et il va tout donner pour ça. Nous le laissons partir mais je lui fais promettre de prévenir les organisateurs que nous sommes là sur la route et surtout je lui demande de courir, de finir pour moi. Il part et nous voilà de nouveau tous les 2 avec mon nouveau copain. Nous papotons allègrement faisant connaissance mélangeant mon espagnol balbutiant et lui son anglais scolaire. Nous arrivons dans la petite ville de Gualta et un vieux monsieur assis à l’ombre nous interpelle : Miguel est passé 15 min avant nous et je crois qu’il nous traite plus ou moins de fous furieux…
Il fait horriblement chaud et lorsque je passe devant un picard local je n’ai qu’une envie : aller me coucher dans les congélateurs ! Je sais que nous allons devoir grimper vers un petit château et j’appréhende, avec raison d’ailleurs, ce passage. J’ai le temps d’apercevoir le panneau en bas de la montagne de cailloux où ils ont eu l’idée saugrenue de construire ce foutu monument et ils indiquent 25 min. Je t’en foutrais moi 25 min ! Ils auraient du préciser en dessous : « temps estimé par Sylvain Bazin et qui ne peut se tenir chez une personne normale que si vous avez évité de courir plus de
Mais toutes les belles choses ont une fin et notre joli rêve irréalisable va se trouver brisé par une voiture de location conduite par Xavier l’organisateur… Nous sommes hors délai, nous le savions déjà et il va nous arrêter là. Nous avions tous les 2 un peu espéré pleurer un coup, nous rouler par terre pour obtenir sa clémence et qu’il nous laisse repartir mais nous ne savions pas encore qu’il avait déjà arrêté d’autres coureurs et que bien sûr il ne pouvait pas faire d’exception.
Je tombe dans les bras de Joaquim en lui disant : « aucun regret, on a joué, on a perdu mais nous n’avons pas prononcé le mot fin ». Et en plus nous apprenons que nous ne sommes même pas les derniers !!! Je préviens tout de suite Xavier que je serai au départ du challenge le lendemain et il m’explique qu’ils ont décidé devant le nombre de coureurs hors délai de nous accorder une faveur : nous serons finisher du challenge mais nos km supplémentaires seront comptabilisés et ainsi officialisés. Ils relèvent d’ailleurs le chiffre sur le GPS de Joaquim et je découvre qu’il nous restait un peu moins de
Arrivés au dernier CP nous profitons du ravitaillement pour finir la casserole de salade de pâtes, arrosé de mon traditionnel coca. Je découvre avec stupeur plusieurs coureurs que je connaissais de vue et qui avaient l’air nettement meilleurs que moi. Comme le ravito est situé devant un restaurant nous allons nous installer devant l’écran géant pour regarder un match de foot (oui oui moi aussi !!!). Mes copains d’infortune sont à la bière mais vont très vite me rejoindre question magnum ! J’en ai offert un à Joaquim et nous allons finalement vidé le congélo du resto. Retour à l’hôtel et sincèrement je n’arrive pas à être triste. Je crois surtout que je vis cela très bien puisque je n’étais pas au niveau, pas assez préparée, trop fatiguée pour tenir le choc. Je n’aurais sûrement été aussi sereine si j’avais préparé cette course 6 mois durant. Arrivée à l’hôtel je récupère la clé de ma chambre et j’aperçois Jaume, coureur catalan rencontré sur la Transahariana qui m’avait promis de venir me voir. Le pauvre garçon s’est retrouvé avec un truc blond puant et collant lui sautant dans les bras ! En quelques secondes je lui explique la situation qu’il comprend tout à fait, il l’avait fait l’année dernière et m’avait déjà prévenu. La Costa Xtrem ce n’est pas pour les fillettes comme moi…
Dîner et dernière bière au bar avec Jaume et je file me coucher. Ce n’est pas tout ça mais je dois encore courir le lendemain…

3ème étape : La coureuse doit se réveiller (allusion à Dune, film indispensable à tout cinéphile qui se respecte !)
Je me suis levée le matin à 4h pour encourager Sylvain qui en a bavé la veille. Le voir comme ça me fend le cœur. Mais comment va-t-il courir 55 km ??? Franchement je me dis que nous ne sommes pas faits pareil. Ce mental de champion je ne l’ai pas encore et je pense que je ne l’aurai jamais…
Le groupe de coureurs est clairement clairsemé, la veille a été fatale à bon nombre de coureurs mais Miguel est là et j’en suis vraiment heureuse pour lui.
Je file me recoucher et les 2h de sommeil supplémentaire sont les bienvenus. Premier choix très important la tenue !!! A défaut d’être la coureuse la plus rapide, je décide d’être pour ce dernier jour la coureuse la plus sexy… Attention les yeux je vais dégainer la jupette noire que je n’ai pas acheté à NY ! Je rajoute le petit haut aux couleurs de CAF que je n’ai toujours pas acheté à NY, je rajoute les manchons pour me transformer en Rita Hayworth de la course à pied et roule ma poule, direction la salle du petit déjeuner (pour info il me faudra 4 min pour descendre l’escalier accroché à la rampe en crabe...). Vu le silence qui va accompagner mon passage le long des tables de certains coureurs, je peux vous dire que le traileur espagnol n’avait jamais vu de jupette !!! Je vais remonter dans ma chambre rapido (ah je rigole !!!) pour mettre les nouveaux compeed qui protègent la plante des pieds. Mon statut privilégié m’a permis d’en recevoir une boite en exclusivité que j’avais prise au cas où. Rien qu’en reposant les pieds par terre je comprends que j’ai vraiment bien fait. Pas de doute ça fonctionne !
Direction le bus pour rejoindre le parcours du Xtrem afin de finir les 30 derniers kms avec eux. Nous allons aller à Cadaquès, port rendu célèbre par Dali, la star locale. En descendant nous apercevons Sylvain qui vient de repartir du ravitaillement qui sera notre point de départ. C’est sous les applaudissements des coureurs et les encouragements qu’il va partir à l’attaque de la montagne. 20 min après c’est à mon tour et j’ai décidé une chose : cette étape je vais te la dévorer ! Je vais courir le plus possible, ne rien lâcher, redevenir une vraie coureuse. J’implore le dieu David Ghetta de me venir en aide et c’est parti mon kiki.
Je sais déjà qu’il va faire chaud, le temps est tout simplement splendide. De nouveau nous enchainons plages, cailloux, escaliers et tutti quanti. Je ne recharge pas assez en eau après le premier CP et je me retrouve à remplir ma gourde aux douches qu’il y a sur les plages en priant le bon dieu que l’eau soit potable ! Un petit groupe de coureurs s’est formé et l’effet jupette fonctionne à plein régime. Les coureurs m’encouragent et tout le monde semble découvrir que je m’appelle Cécile. Nous sommes plusieurs éliminés de la Xtrem et nous savons ce que nous avons vécu hier. Pas de doute ça crée un lien. Dans les montées je marche le plus vite que je peux reprenant le rythme soutenu que j’avais tenté de tenir sur la Transahariana. Dans les descentes je suis moins efficace car mes cuisses sont toujours aussi douloureuses et j’ai peur de tomber, n’ayant aucune réponse de leur part. Mais j’avance toujours, sans rien lâcher. Je n’ai aucune référence de temps de toute façon, je suis donc uniquement dans ma propre course.
Quand je grimpe il m’arrive assez rarement mais cela arrive d’être doublée. Bien sûr je m’écarte le plus vite possible pour ne pas gêner le coureur. Mais il va se passer quelque chose d’extraordinaire. A un moment je sens un petit groupe derrière moi. Dès que je peux je m’écarte et là j’entends en anglais avec un fort accent espagnol : « non reste là, tu es à ta place ». C’est bien simple je l’aurais embrassé le garçon ! Je crois que c’est un des plus beaux compliments qu’un homme ne m’ait jamais fait…

J’arrive au dernier CP et je recharge en eau plus sérieusement que je n’avais fait auparavant. Je me pose 2 sec et j’en profite pour regarder le road book. Je comprends enfin pourquoi je n’avais pas assez d’eau : j’étais partie sur un
Bien sûr la fin de la course va passer très vite même s’ils nous ont réservé un bon petit passage bien pentu et qui dit montée dit descente et je ne parle pas du passage dans des plantes bien agressives qui vont se régaler de mes cuisses nues. Là encore ça se complique parce que j’ai des runnings aux pieds et non des trails. Je glisse plus que je ne cours et cela n’arrange pas mon stress. Pas question de me faire mal si proche de l’arrivée ! Le village est enfin là et j’entends déjà la voix du speaker. Un coureur déchainé me bouscule presque en arrivant en bas de la descente, oubliant toute notion de politesse qui veut que les « femmes et les enfants d’abord » soit la moindre des choses. Pas rancunière je lui crie qu’il faut prendre l’escalier à droite alors qu’il fonce tout droit. Ah ben oui tiens il nous fallait un dernier escalier sinon ce n’était pas drôle… J’entends alors une voix féminine derrière moi et je reconnais la charmante américaine du premier jour. Je lui dis juste : « on finit ensemble ? ». Elle me répond « mais bien sûr quelle question ! ». Et nous voilà parties toutes les 2 totalement déchaînées !!! On va moucher le coureur désagréable qui ne se remettra surement jamais du choc d’avoir été doublé sur la ligne par 2 filles déchaînées !
Sylvain est tellement surpris de notre arrivée boulet de canon qu’il n’a pas eu le temps de prendre une photo. Ça y est j’ai fini !!!
Je récupère très vite ma médaille comme une gamine qui veut sa surprise dans son œuf kinder et qui garde le chocolat pour après.
Je suis bien, je suis heureuse. Ok je n’ai pas fini le Xtrem mais je me suis amusée, j’ai profité de paysages d’une beauté à couper le souffle. Je me suis juste sentie vivante ! Une paella sur le port offerte par Jaume (encore merci !!!) plus tard, je remonte dans le bus pour rentrer à l'hôtel récupérer mon sac et filer vers d'autres aventures... eh oui la Costa ce n'est pas fini pour nous, la suite bientôt !
Merci à tous les organisateurs de la course et aux bénévoles pour leur sourire et leur aide précieuse.
Merci à Emmanuelle de l’Office du Tourisme de Catalogne pour avoir rendu ça possible
Merci à tous ceux et celles qui ont fait de ce séjour un moment hors du temps, juste parfait (je vais vous en parler dans un autre texte parce qu’ils méritent les honneurs de leur propre article).
Et merci Sylvain d’avoir été toi pendant ces quelques jours.

Par Barbie, mai 03, 2010
Va falloir y retourner je ne vois que ça !
Cécile
Par Ayladana, mai 02, 2010
Merci de nous faire partager tout ces moments uniques !!
Par stephany, mai 02, 2010
Par sophi, mai 01, 2010
Bravo, car quand tu dis que tu n'as pas le mental de certains coureurs d'ultra....tu te trompes, et le monsieur qui te dit " tu es à ta place d'ici", l'a bien compris
Vivement la suite !
ps : une photo de la bombe en jupette ???
Par yanne, mai 01, 2010
Comme d'hab, palpitant récit.
Par Svip, mai 01, 2010
Bravo Cécile et merci pour la découverte de ces endroits magnifiques.
Par Tati, avril 30, 2010
tu m'as bien fait marrer avec les trailers espagnols n'ayant jamais vu de jupette
Faut sortir, les gars
Par Barbie, avril 30, 2010
Cécile
Par lolonux, avril 30, 2010
Quele description précise, c'est vrai que cette partie de la costa brava est magnifique, mais se mérite. tu t'en es sortie comme une reine, et mention spéciale pour le choix de la tenue de la dernière journée.
Par Bibiche, avril 30, 2010
Bon tu dis que tu n'as pas un mental de championne mais tu as quand même bien la ténacité d'une bretonne!
Et encore une fois le don de nous faire rêver.
Merci ne change surtout rien.
Par Marie24130, avril 30, 2010
c est quoi tes compeed ? des "super méga pansements spécial coureuse super dingue de CAP" ?
bravo
Par basilio, avril 30, 2010
Par nadine, avril 29, 2010


Nadine



Que veux-tu, on t'envie voilà tout