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J'ai recouru avec Barbie, ou Mon marathon de La Rochelle par Xavier
Écrit par Cécile Jeudi, 03 Décembre 2009 21:40
Vous vous souvenez que j’ai fait connaissance avec Barbie sur les
Comment résister ? Tout fier, je lui ai proposé de le courir avec elle, à son rythme (prudent quand même, j’ai d’abord fait une séance avec cardio et chronomètre pour vérifier que je pouvais terminer en moins de quatre heures).
Voilà comment, après un
Nous nous retrouvons donc samedi pour déjeuner. Histoire de faire monter la pression, Cécile arrive avec un copain, Antoine, qui excusez du peu, coure le
Une bonne assiette d’huîtres dans un bistro du marché, accompagnée d’un peu de sauvignon, un dessert avec une bonne dose de chantilly. Me voilà rassuré, ma coureuse n’est pas une extra-terrestre et sait sacrifier aux bonnes choses et sa diététique d’avant course sait faire la place à la gourmandise, ce que vous saviez déjà.
Nous allons chercher nos dossards à l’Encan, petit tour au village marathon, shopping très raisonnable (Guillaume, j’en atteste), et rendez-vous CAF au bar de l’Aquarium, qui nous est réservé, talent d’organisatrice de Barbie oblige.
Retour à pieds à la voiture, le vent est de plus en plus fort, cela promet. J’admire la virtuosité de Cécile au volant de sa grosse voiture qu’elle laisse pour rejoindre son hôtel pendant que je vais retrouver ma femme, Bénédicte, et nos amis rochelais.
Après une nuit à écouter la tempête, je rejoins avec un peu de retard le groupe CAF prés du départ. Il fait froid et humide avec un vent toujours fort. Photo et entrée dans les sas. Cécile vient avec moi à l’arrière, alors qu’elle aurait pu partir dans le premier sas (ne cherchez pas plus loin l’explication de sa contreperformance, la minute qui nous manquera à l’arrivée pour être en dessous de 4 heures a été perdue dans les premiers kilomètres qui ont été un peu freinés par le monde, ce qu’elle aurait pu éviter en partant devant). La foule protège du froid et du vent.
C’est là, à quelques minutes du départ, que Cécile me met dans les mains une petite boîte, rose (sans doute n’est-elle pas assortie au bleue de ses chaussures, de son haut et de son bandeau). Un mot pour m’en donner le mode d’emploi, c’est la petite caméra qui a immortalisé le marathon de New York. Je suis chargé de faire aussi bien. Je vous avoue tout de suite, je n’ai pas osé lui demander depuis si j’ai réussi à faire au moins quelques secondes d’images cadrées de ma star, je pense que j’ai beaucoup cru filmé alors que la caméra n’était pas enclenchée et beaucoup filmé alors que je croyais qu’elle ne l’était pas...
Top départ. J’ai le temps de glisser à Cécile que ce piétinement, on avance à peine, par petits pas précautionneux, c’est ce que je préfère dans une course. C’est un entre-deux, déjà parti, pas encore en action. La tension commence à retomber, l’attention est extrême, ne pas se faire de croche-pieds.
Ca y est, on court. Les quais, les tours de l’entrée du port au dessus des têtes des coureurs et de la haie de spectateurs. Magie de ce La Rochelle. Je jette mon protège vent à Bénédicte, postée comme convenu après la statue. La remontée du mail, le bord de mer très venté, pleine face, avant de retrouver les coureurs partis de l’autre départ. Cécile fait quelques rencontres, quelques mots glissés des courses passées. Chacun cherche son rythme. Je l’observe du coin de l’œil. Elle va garder jusqu’à la fin cet air concentré que nous lui connaissons, sans que la fatigue la marque.
Concentrée, mais pas muette ! Je savais que dans le deal, il me fallait la distraire, moi qui ne suis pas vraiment du genre bavard. Je vais être aidé par une de ses amies qui va prendre un grand moment le relais. Je lance donc les sujets, la préparation (bof), le poids de forme, ah, voilà un sujet à au moins
Quelques passages faciles, pas de doute, sa sainte patronne l’accompagne, Cécile se fait légère au son des orchestres. Quelques passages plus difficiles. Le mur du 30̊. Un lacet qui se défait, c’est fou ces chaussures américaines, même pas capables d’éviter cela ! La belle se déchaîne et jure comme un charretier. J’aurai jamais cru cela d’elle alors qu’elle a eu tant de difficulté à cesser de me vouvoyer (disons le simplement, je suis quand même beaucoup plus âgé qu’elle et il a fallu menacer de ne pas l’accompagner pour qu’elle consente à cette marque de familiarité).
Les averses la frigorifient. Elle avait confié son blouson chaud au 14̊ km avec Bénédicte qui nous y attendait comme convenu à un moment où le temps s’était amélioré. Je regrette de ne pas pouvoir lui proposer le coupe-vent d’une édition précédente que j’avais laissé à Bénédicte dès le départ. Moi, je me réjouis d’avoir gardé le mien (un D4 tout simple), outre une poche commode pour la caméra, je l’ouvre quand il fait chaud, le ferme au vent et sous la pluie.
Je m’amuse à faire le chevalier servant aux ravitos, vous prendrez bien ce gobelet ? Coca ou eau ? Une pâte de fruit ?
J’essaie de lui couper le vent et l’abriter de la pluie. Pas facile, dés que je prends un pas d’avance la mettre sous le vent, elle essaie de revenir à ma hauteur. Elle ne veut rien perdre et n’est pas du genre à courir à l’ombre de quelqu’un.
Et voilà qu’elle se met dans la tête qu’on va rater les 4 heures et culpabilise. Désolé je ne peux pas aller plus vite, me dit-elle dix fois. Pédagogie. D’abord avec le temps pour passer la ligne, on va être bon, ensuite qui te demande d’aller plus vite ? Là, je dois dire qu’on ne la lui fait pas. Barbie a un sens de l’allure rare. Une imperceptible accélération et la voilà qui lance un regard. Cela se poursuit, elle interroge. Je cède, elle continue à la même vitesse. On va d’ailleurs courir à partir du 15̊ km à un rythme très régulier, sans jamais faiblir, les temps de passage tous les
Final ébouriffant sur le vieux port entre deux haies de spectateurs prêt à se réchauffer en scandant son nom. On joue des coudes pour passer entre les coureurs, elle réajuste son dossard, n’a pas le temps de passer sa main dans ses cheveux et voilà la ligne : 4 heures 01 et trois ou quatre secondes en réel. Pas mal, mais je sens Cécile déçue.
Je lui fais choisir le couloir dans lequel Bénédicte distribue les coupe-vents. On récupère son blouson chaud. Je l’aide à l’enfiler. Elle va tout de suite mieux et ne semble pas marquée.
Cécile s’excuse de m’avoir ralenti. Quelle blague, des courses comme cela j’en redemande. Ne pas être dans l’introspection à s’écouter, à craindre l’apparition des signes de fatigues, à constater impuissant la vitesse qui décroît. Ecouter le coureur accompagné, décrypter son visage, interpréter son allure, s’adapter à son rythme tout en cherchant à lui faciliter la vie et à le pousser vers l’avant. Un vrai plaisir.
Un verre de coca et hop, la voilà qui s’éloigne. Je la sens déjà dans un autre défi, complètement. Vendredi, 18 heures, elle s’engage dans du nouveau. 24 heures. Entre temps, le trajet, sa famille. On se dit au revoir si vite que j’oublie de lui rendre sa caméra. Je lui coure après mais dans tous ces coureurs de dos, dans le même coupe-vent blanc, serrés comme des manchots en terre Adélie, pour récupérer les bourriches d’huîtres, pas facile de la retrouver. Si, la voilà. Je lui rends son bien et on se promet un nouveau départ sur une autre course, cette fois, sûr ce sera l’an prochain. (Coup de chance, les inscriptions au 24 heures du Téléthon sont closes et même avec ses armes de blonde, elle n’arriverait pas à m’y entraîner)
Voilà, merci Cécile de m’avoir donné la chance de redécouvrir ce parcours en courant autrement.
PS : En visionnant le film de notre arrivée sur le site du marathon de La Rochelle (choisir 4h02 à 4h04), il me semble bien que tu as un grand sourire et que tu fais un signe discret de la main à quelqu’un. Cela m’avait échappé et je me demande si je ne vais pas faire une crise de jalousie !

Par mime, décembre 05, 2009
Par yanne, décembre 04, 2009
Nous aurons peut-être l'occasion de te rencontrer l'année prochaine. Bonnes futures courses.
Par lolonux, décembre 04, 2009
Par gaellou, décembre 04, 2009
Je suis sure que Barbie n'a pas du s'ennuyer avec toi...
Par Stella, décembre 03, 2009
Par babou, décembre 03, 2009
Par ken, décembre 03, 2009
A Millau, tu étais très calme, serein alors que c'était ton premier 100 kms. Je n'osais pas trop te déranger en discutant car je savais qu'il te restait quelques kilomètres ... Mais les 100 kms sont passés comme une formalité.
Alors un marathon cool avec Barbie, c'est une vraie balade, même sous la pluie.
Cette fois il faut reconnaitre qu'elle avait mis la barre assez haute avec Antoine. Il semble cool le garçon mais il va vite, très vite ! Et il est assez zen pour se faire conduire par Barbie sur presque 1000 kms, c'est dire s'il a un mental ... Non je plaisante chérie.
Rendez-vous l'an prochain alors à la Rochelle.
Guillaume



Je ne te connaissais pas et c'est vrai que ce coureur était très mal luné (mais peut être vraiment dans le rouge). En tout cas j'ai bien vu que cela t'avait regonflée, puisque, après un sourire reconnaissant tu es partie comme une dératée pour finir bien avant nous !
Xavier