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La Transahariana 2010 : Barbie au pays des dromadaires
Écrit par Cécile Mercredi, 24 Mars 2010 21:22
Comment mettre des mots sur ce que j’ai vécu ? Comment moi la bavarde impénitente puis-je vous transmettre ce que j’ai ressenti lors de cette course au-delà des mots sans passer pour une folle furieuse ?
Commençons déjà par le commencement, la genèse de ce petit délire… En finissant la Trans’aq sur mes
Un passage entre les mains expertes de Thomas Lorblanchet, coureur émérite et kiné tout aussi émérite, me rassure un peu. Il me conseille une orthèse pour le genou que je commande dans la foulée et qui va devenir ma meilleure amie dès que je la porte (la JK Band de Zamst, je la cite parce qu’elle le vaut bien !). Miracle : je peux enfin courir 1h sans avoir mal !!! Quoi il va falloir tenir un peu plus longtemps que ça dans le désert algérien ? M’en fous ! Je veux ma course et je l’aurai !!!
Samedi 13 mars : rendez vous à Orly pour le grand départ. J’ai 2 de tension parce que le petit dernier a décidé de me mener la vie dure toute la semaine en me réveillant consciencieusement toutes les nuits, j’ai passé la journée à boucler le Running pour Elles 2 dans un stress dingue, ayant juste l’impression d’être un capitaine lâche qui quitte le navire en train de couler. De toute façon les jeux sont faits, la roue tourne à grande vitesse et je ne peux plus sauter en route… Je débranche mon blackberry, plus de mails, plus rien, Algérie me voilà ! A l’aéroport, je découvre mes futurs camarades de jeux et comme d’hab je me dis qu’il faudrait que j’arrête de me lancer dans des délires où je n’ai pas ma place… La plupart portent leur tee shirt de finisher comme les scalps de leurs prises de guerre accrochés à leur selle de cheval. Plusieurs se connaissent et moi je me sens vraiment étrangère à tout ça. De toute façon je dors sur mon chariot attendant l’enregistrement !!! Après le stress du pesage du sac (j’avais le droit à 15kg et j’ai fait 14kg500 !!! super fière de moi sur ce coup là) je fonce à la zone duty free, non pour faire du shopping mais pour manger un morceau avant le décollage. Je n’ai qu’un seul point commun avec les mannequins vedette, je fuis la nourriture des avions comme la peste ! Je fais un peu plus ample connaissance avec des membres du groupe et zou c’est parti pour l’embarquement. Le hasard, mais peut on réellement parler de hasard dans ces moments là, va me placer entre une fidèle de l’organisation que nous appellerons « post it » parce qu’elle a une mémoire totalement phénoménale (et je pèse mes mots en disant ça) et Thomas, coureur belge, qui ne sait pas encore que ce vol n’est que le début d’une longue histoire entre nous. Les présentations seront d’ailleurs d’une courte durée puisque dès que les consignes lumineuses me le permettent, je me détache et fonce squatter une rangée dans le fond de l’avion. En quelques minutes, chose totalement exceptionnelle, je m’endors pour ne me réveiller qu’à l’atterrissage.
Tamanrasset plage nous voilà ! L’enfilade des 4x4 nous attend, impressionnante avec leur chauffeur attitré. Nous fonçons dans le désert, moi accrochée à la poignée, morte de rire intérieurement en repensant au fait que j’avais envisagé que nous allions utiliser des bus pour nous rendre au premier bivouac ! On aurait eu l’air malin tiens… Je retrouve les fameuses quecha rangées en ligne mais je cherche désespérément les douches et les toilettes… Quoi ? J’ai le droit d’être naïve non ?

Je vais partager ma première nuit avec Alicia une américaine d’origine polonaise. Comme à mon habitude, je vais complètement me planter sur mon analyse (l’instinct féminin par moment je me demande si ce n’est pas une légende urbaine !). La voyant relativement stressée à retourner son sac dans tous les sens, je m’imagine qu’elle débute dans le métier de la course non stop… ben tu penses, elle a juste gagné la 333 la bichette et j’en passe ! Heureusement que mon pauvre niveau d’anglais ne m’a pas permis de lui sortir un truc du style « t’inquiète, tout va bien se passer » parce qu’il n’y aurait jamais eu assez de sable dans le désert pour que je m’enfouisse dedans !
Réveil dans le désert et je découvre ce qui va être mon terrain de jeu pour les jours à venir. Ok il va faire chaud… Tiens c’est bien une réflexion de blonde ça ! La journée va se passer tranquillement entre le contrôle des sacs et autres paperasseries médicales. Et là il faut se rendre à l’évidence, le soleil tape fort… Pourquoi dis-je cela ? Parce que dans mon délire pré-insolation, je vais confirmer mon inscription sur le 260… Je sais que je peux basculer sur le 200 (le
Le réveil se fera naturellement même si tout compte fait la nuit a été courte. J’ai entendu partir les bénévoles rallier les premiers CP, et j’ai profité au maximum des derniers instants qui me restaient. Quand allais-je redormir ? Grande question ma foi ! J’avale mes tartines, bois mon thé, range mes petites affaires et je me précipite sur la ligne de départ où la plupart des coureurs tels des pur sangs arabes prêts à s’élancer piétinent déjà depuis de longues minutes. Enfin le compte à rebours est lancé et en quelques secondes, les coureurs sont lâchés… Euh, y a un problème là… Ils ont eu quoi au petit déjeuner que je n’ai pas eu ??? Ils foncent tous comme des dératés et je n’ai pas fait
ne me cherchez pas, je suis encore en retard !!!

Je suis partie depuis 20 min et je regarde déjà l'heure !!!
CP1 à CP2 : pour l’instant tout va bien…
Je fais le plein d’eau au CP1 et je papote 2 secondes avec Cyril qui me fait part de son inquiétude. Il a le sentiment que beaucoup de coureurs sont partis trop vite et qu’il va y avoir de la casse. Je le rassure, ça ne risque pas de m’arriver !!!! Je bois un peu, mange ma première barre mulebar, la première d’une grande lignée (une petite, pas encore très faim) et c’est reparti. Les paysages ont encore un côté humain dirons nous. Je vais même croiser des êtres vivants autres que ceux à une bosse ! Et là c’est un peu la déception même si je comprends la situation… J’arrive ravie en vue d’une jeune bergère qui garde un troupeau de chèvres perdue au milieu de nulle part. Loin de me regarder perplexe, ce que j’aurais pu comprendre, elle ne va pas me lâcher pour que je lui donne mes lunettes, mon élastique à cheveux, quelque chose… Mais je n’ai rien en trop hélas et le malaise s’installe en moi. Je vais fuir le plus rapidement que mes jambes me le permettent parce qu’elle s’accroche à moi, à mon sac. Je ne sais pas comment gérer la situation, je suis juste mal… C’est terrible d’en arriver à vouloir à tout prix fuir comme ça mais je ne voulais pas passer ce moment sous silence. J’avance toujours tant bien que mal et les kms défilent encore à un rythme correct. Il fait déjà très chaud mais je suis encore fraiche. Force est de constater en tout cas que je vais faire une partie de cette course seule et franchement je ne m’attendais pas à autant de solitude.


CP2 à CP3 : non mais qu’est ce que je fous là…
J’arrive en vue du CP2 et je suis enfin soulagée de retrouver des visages amis. Je m’écroule par terre après avoir bu un peu de coca, trouvant très malin de dire « rien ne vaut une partie de jambes en l’air ». Ben quoi ? J’ai les jambes en l’air le long de l’arbre et je peux vous dire que c’est rudement bon !!! Je suis un peu rassurée puisque je suis encore dans les clous question cut off et je me sens encore bien même si je n’arrive toujours à imaginer que je n’ai couru qu’un marathon… Et surtout qu’il reste un sacré bout de chemin à parcourir. Dans ma tête le 260 s’éloigne déjà sur la pointe des pieds. Je crois que je sens déjà que je n’irai pas jusque là mais je me donne encore le CP3 pour prendre une décision. Allez c’est reparti ! Ce n’est pas tout ça mais je ne suis pas d’ici et le prochain CP est encore loin. Je sais en plus par le road book que les ennuis commencent et que la grimpette va être au rendez vous. Les paysages sont clairement caillouteux et comment dire… plutôt hostiles à mon goût… Tu sens bien qu’il ne faut pas se perdre là dedans. Je vais aussi avoir ma première ampoule que je n’aurai pas le temps de soigner. Alors que je m’arrête pour constater l’ampleur des dégâts à l’abri d’un arbre, je ne peux que constater que ma chaussette est trempée, elle a explosée et il va falloir faire avec. Ne jamais attendre pour se soigner sera la leçon du jour !

CP3 à CP4 : l’enfer commence !
J’arrive dans les temps au CP3 et je suis bien décidée à marquer un temps d’arrêt pour recharger les batteries. Ce CP est très impressionnant parce que franchement ça sent légèrement Waterloo par endroit… Les visages commencent à se marquer, les mines sont fatiguées et nous ne sommes clairement plus à la rigolade. Certains pieds présentent déjà des ampoules qui pourraient éclairer le désert à elles toutes seules et je retrouve Thomas allongé par terre, pas vraiment au mieux de sa forme. Ils viennent juste de le perfuser et le staff médical a l’air de clairement se demander s’ils vont le laisser repartir. Isabelle, seule candidate sur le 130, qui devait partir avec lui ne sait plus quoi faire… Mais où est ce que je suis ? Moi-même je n’en mène pas large. D’un côté je resterais bien tranquillement à faire une vraie pause, et d’un autre je me dis que si je reste là trop longtemps jamais je ne pourrai repartir. Je suis encore un peu optimiste et je me dis que plus vite je serai partie, plus vite je serai au CP4 où je pourrai souffler un peu et peut être même dormir. J’ai pris des coups de soleil dantesques qui vont vite rentrer dans la légende de la Transahariana mais franchement même s’ils me font mal, ils sont encore le cadet de mes soucis. Je repars pour avoir le maximum de temps sans lampe frontale et c’est parti pour ce qui va être la plus longue nuit de ma vie…

Un détail qui va avoir son importance : il n’y a pas de lune. Ca peut paraître être un détail mais sincèrement cela change complètement la donne puisque je vais vraiment avoir l’impression d’être perdue au milieu de nulle part. Très vite un petit groupe de coureurs va me doubler, je suis incapable de les accrocher. Arrive Isabelle qui a enfin pris le départ et qui est bien sûr fraiche comme une rose alors qu’elle a elle aussi passé la journée sur tous les CP à nous servir à boire et à nous réconforter. Là encore je la laisse partir, tout simplement incapable de l’accrocher. Je sais au fond de moi ce qui est en train de se passer : ma nature de femme va encore me jouer des tours. Je ne vous l’avais pas précisé mais était il vraiment indispensable de le faire ? Bien sur je ne suis pas dans mes bons jours, ça aurait été trop simple et je sens que je suis en train de me vider de mon sang. Je ne peux rien faire contre ça, juste subir et attendre que cela passe. J’en ai les jambes coupées et je dois m’asseoir sur le bas côté. Ma tête tourne, je vais vraiment mal, il fait nuit, je suis seule, perdue au milieu du désert… Combien de temps suis-je restée ainsi allongée sur mon sac, franchement je l’ignore. Je vais avoir le courage d’avaler une pate de fruits histoire de me requinquer un peu et je ne sais toujours pas comment, je vais me relever et repartir. Le CP4 me parait à des années lumières, j’aimerais me maudire de m’être mise dans une situation pareille mais il faut pour cela une force que je n’ai même plus. Je branche mon lecteur MP3 et je vais débrancher mes 2 neurones pour tenter d’avancer. Pour me donner du courage, je chante et croyez moi le pauvre David Ghetta aurait tous les droits de m’attaquer en justice pour « massacre d’une création artistique » !!! Ce foutu CP, mais bon sens où est ce foutu CP !!! Et cette montagne qui devrait être à droite, moi je l’ai à gauche… Pourtant les flèches sont là et je dois être sur la bonne route. C’est l’avantage de se traîner, tu risques moins de rater les balises !!!
J’aperçois des lampes frontales au loin, dieu merci je ne suis plus seule. C’est bête à dire mais je rassure en disant que si je crie, il y aura quelqu’un. Je tente d’accélérer pour les rattraper mais le relief m’en empêche. Nous montons en altitude et je n’en vois pas le bout…
Enfin en haut d’une montée j’aperçois des frontales qui elles ne bougent pas, je comprends que ce foutu CP est enfin là. Je peux enfin laisser couler mes larmes…
CP 4 à CP 5 : une blonde, un belge, que d’histoires…
Je n’ai qu’une envie en arrivant là : me coucher !!! Même manger un truc est au dessus de mes forces. Cyril qui est là me confie à Jean Pierre un bénévole qui me conduit à une tente et je déroule tant bien que mal mon duvet. Christophe arrivé juste avant moi vient me retrouver et je tente de trouver le sommeil… Mais là tout se complique : il faut se rendre à l’évidence, le soleil n’est pas mon ami… Je suis à la fois brulante et glacée et je claque des dents, pas au sens figuré, non non au sens propre ! Christophe qui s’est relevé pour aller à l’infirmerie signale mon cas et Jean Pierre revient me chercher. C’est accrochée à lui que je vais me rendre sous la tente où Christelle officie à la lampe frontale. Elle aussi ne dort pas, passant de pieds à d’autres pieds, écoutant nos doléances de coureurs totalement cinglés. Ce n’est pas d’une infirmière classique dont nous avons tous besoin, c’est d’une infirmière en psychiatrie !!! Le constat est vite fait : je suis littéralement brulée sur les jambes. Tous les cm2 de ma peau qui sont restés au soleil ont cramé. Je ne me suis pas assez protégée et j’aurais surtout du adopter un autre matériel, plus adapté à ce type de douce rigolade. Nous passons donc aux grands moyens : crème pour brûlures et calmants pour la douleur. L’idée est avant tout de me permettre de dormir un peu. Je crois franchement que si elle m’avait proposé une piqure de morphine ou n’importe quoi d’autre dans ce style j’aurais accepté… Je repars tant bien que mal vers ma tente, accrochée à Jean Pierre et je me recouche. Dans un semi sommeil j’entends Cyril qui dit : « tiens voilà Thomas ». Je me dis qu’il est totalement frappé d’être reparti du CP3. Tout de suite après j’entends Cyril de nouveau qui dit : « ah ben mince il est par terre »… Nous sommes fous, enfermez nous !!!
J’ai du dormir 2h tant bien que mal, toute seule dans ma tente, Christophe ayant préféré me laisser seule, de peur de me cogner dans un mouvement et de me réveiller brutalement. Je me traine jusqu’à l’infirmerie pour me faire soigner les pieds. Je dois le faire avant d’avaler un truc, ordre de Cristelle ! Thomas est là, allongé sous un duvet et j’apprends qu’il est arrivé avec une température corporelle de 35°. Moi je croyais qu’à cette température, on était mort mais non il a l’air de bouger un peu… Je pose mes pieds sur le petit tabouret, pieds que j’ai refusé de regarder pour l’instant. Vu le silence que va marquer ma nouvelle meilleure amie, je me dis que j’ai bien fait de rester dans le doute !!! Il parait que je présente un parfait exemple de ce qu’on appelle une ampoule montagne. Ne rêvez pas, il n’y a pas eu de photo prise mais sachez tout de suite que cela m’a valu le premier prix de l’ampoule de la course…
Je tremble toujours tellement que Thomas me couvre d’une couverture de survie et là franchement je me pose des questions. Je sais que je ne serai pas capable de passer une nuit supplémentaire comme ça seule, je sais que mes nerfs ne le supporteraient pas. L’idée de l’abandon commence à flotter au dessus de ma tête comme un oiseau de mauvaise augure et de toute façon le 260 n’est déjà qu’un lointain souvenir. Je vais manger mon diner que j’ai été incapable d’avaler la veille, remettre mes chaussures sur mes pieds momifiés et repartir vers le CP5. Pourquoi suis-je repartie ? Tout simplement parce que je n’ai plus la force de prendre une décision… Je suis tellement épuisée que je n’envisage que de mettre un pied devant l’autre. Je me dis que je prendrai ma décision au CP5 et vogue la galère.
J’avance du pas le plus décidé que je peux, ayant 20km à parcourir. Je veux le faire le plus vite possible (enfin tout est relatif quand je parle de vitesse !) pour éviter au maximum la chaleur. Au bout de quelques temps que j’aurais du mal à estimer étant dans un état plutôt second, j’entends la voix de Thomas derrière moi. Mais ce n’est pas vrai, il bouge encore celui là !!! Moi qui aurais parié sur son abandon au CP4, imaginant aisément le staff médical le sanglant à la quecha pour l’empêcher de repartir, il est là et le pire c’est qu’il a l’air d’aller mieux que moi. En quelques phrases dont je ne me souviens plus très bien, il m’explique que nous allons aller au CP5, nous reposer un peu, et repartir vers 17h à la fraiche (je t’en foutrais de la fraiche moi !). L’idée ensuite est simple : ne pas dormir pour finir au petit matin. Et vous savez quoi ? Je l’ai cru !!! Va se mettre en place un duo totalement improbable qui en surprendra plus d’un croyez moi d’un coureur aguerri et d’une blonde qui va tenter désespérément de le rattraper pendant presque 100 bornes. Combien de fois il va me dire : « ben tu ne cours pas à côté de moi, pourquoi tu restes derrière ? ». Ben c’est parce que tu vas trop vite pour moi gros malin tiens !!!
Même si dans ma tête l’idée de continuer n’est pas encore vraiment acquise, je m’accroche comme je peux, bien décidée cette fois-ci à ne pas finir seule cette étape. Nous allons croiser des coureurs au bord de l’abandon, des coureurs résignés, et franchement cela me touche au plus profond de moi. Je sais que renoncer n’est pas facile et je crois même pouvoir dire que cette décision est beaucoup plus difficile à prendre que celle de continuer.
Arrive le CP 5, je vais pouvoir souffler un peu…


CP 5 à CP 10 : Barbie et GI Joe…
Avant que Thomas réussisse à me persuader qu’on peut tenter le 260, je fonce faire poinçonner mon road book pour entériner officiellement mon changement de course. Il a déjà réussi à presque me convaincre que je pouvais faire une nuit blanche pour finir au petit matin, je me méfie du garçon, il pourrait me faire croire que je suis brune si je le laisse faire… Je lui redemande une dernière fois s’il a bien conscience de l’engagement qu’il vient de prendre, je ne veux pas me retrouver seule perdue au milieu des montagnes une nuit supplémentaire. D’un autre côté je me dis que je suis complètement cinglée… Je suis en train de confier le reste de ma course à un type que j’ai vu soit avec une perf dans le bras, soit allongé par terre à l’infirmerie… Et je fais quoi moi s’il se remet à jouer les filles de l’air ? J’ai bien des seringues mais pas sur qu’une injection de bétadine soit vraiment une solution ! D’accord je connais tous les épisodes d’Urgence et de Docteur House par cœur mais de là à être une pro de la médecine d’urgence il y a un pas que je ne veux pas franchir. Enfin la vie est faite de choix qu’il faut savoir prendre, assumer et ce choix je l’ai fait : je vais le suivre et lui faire confiance.
Nous repartons donc en prenant la piste de gauche et je sens que mon compagnon de route regarde avec regret la route de droite, chemin qu’il aurait du emprunter pour la boucle du 260. Il abandonne sa course pour s’occuper de ma course. Nous sommes repartis vers le CP10 qui sera un CP volant avec l’idée de rallier le CP11 le plus vite possible. L’ermitage de Foucault prévu en off restera en off, franchement là le tourisme est vraiment loin d’être ma priorité… Comme le dit si bien le road book la piste est dure : pour résumer elle est composée de cailloux bien pointus et tranchants qui s’enfoncent dans la plante des pieds à chaque fois. Je ne risque pas de m’endormir !!! La vallée de l’Assekrem est là, majestueuse et imposante. Tu te sens bien peu de choses au milieu de ces cailloux. Nous allons croiser des dromadaires qui nous regardent passer en se disant « mais ils sont fous ces gaulois ». Nous allons croiser des randonneurs installés tranquillement là pour un trek se demandant bien quelle mouche nous a piqués. J’aurais bien discuté un peu plus avec eux mais le patron en a décidé autrement et je dois le rattraper pour ne pas le perdre. Nous montons en altitude et j’ai du mal à grimper. Ce n’est pas ma spécialité déjà quand je suis en forme alors imaginez un peu mon niveau au bout de 30h de course… Je sens un énervement du côté de la Belgique. C’est bien ma veine tiens, un roi de la grimpette venant du plat pays, mais qu’est ce que j’ai fait au bon dieu pour mériter ça ! Il tente un : « attrape la sangle de mon sac », ce que je refuse. Non mais ça ne va pas la tête, il ne va pas me trainer quand même au sens propre comme au sens figuré… Au bout de quelques montées qui me laissent exsangue et à bout de souffle, je sens une main qui attrape la mienne et qui me propulse littéralement en haut de la montée. GI Joe vient de faire son apparition devant mes yeux !!! Mais bon sens où trouve t il cette force ? Je ne bronche plus, je me laisse faire… J’ai tellement la trouille qu’il me laisse là toute seule, comme une pauvre fille que je suis que je n’ose protester de toute façon. Mon orgueil en prend un sacré coup et le pauvre n’est qu’au début d’un match de boxe qui va le mettre complètement KO…
Nous apercevons une frontale au loin et nous savons déjà qu’il s’agit de Christophe. Il prend le train en route et c’est à 3 que nous tombons sur le CP 10, à savoir le 4x4 de Jean Pierre qui est là pour nous ravitailler. Il va falloir se contenter de ça pour reprendre un peu de force. J’ai signalé à Thomas que j’avais surement une nouvelle ampoule et il décide de regarder ça tout de suite. Ce qu’il y a de bien avec le garçon c’est que vous n’avez pas du tout envie de contester les ordres… Je regrette juste une chose : qu’il n’y ait pas eu de caméra pour immortaliser la scène… Je suis là, à moitié allongée sur le fauteuil avant de la voiture, la jambe tendue dans le vide, avec un Thomas, la seringue entre les dents qui tente de m’injecter de l’éosine dans mon ampoule. Un grand moment de médecine d’urgence… Jeau Pierre, le responsable du CP aura ces mots : « je vous laisse, on est en train de faire une césarienne sur mon fauteuil ! ».Et comme il adore ça, il va faire de même sur les pieds de Christophe qui n’en demandait pas temps. Mon sac se prendra une giclée d’éosine et nous repartons. Il est totalement déchainé et bien décidé à me mener un train d’enfer. Je me demande s’il ne veut tout simplement pas avoir la paix en me faisant courir dans les descentes, ayant constaté qu’à une certaine vitesse, je ne parle plus…
Je suis tétanisée dans les descentes persuadée que je vais me casser une cheville à tout moment, mais je tente de suivre tant bien que mal le rythme. Nous perdons Christophe dans la bataille et c’est reparti pour le duo infernal. Une seule question va me tenir éveillée : « mais il est où ce foutu CP11… ».

Georges et Franck qui étaient juste derrière nous
CP11 à CP12 : un petit morceau de paradis
Après avoir maudit le road book, ce foutu GPS, la terre entière enfin le CP11 est là et Florian fidèle gardien du temple nous accueille.

Franchement si je n’avais pas autant senti mauvais, je crois que je l’aurais embrassé le garçon ! Son campement est rangé à perfection, les tentes parfaitement alignées, on a l’impression qu’il a balayé le désert avant notre arrivée… Il nous propose de l’eau chaude, je vais boire un thé pour me réchauffer et foncer sous la tente pour dormir un peu. Il doit nous réveiller à 1h de mat pour que nous puissions repartir au plus vite. Je plonge dans le duvet prenant juste le temps d’enlever mes chaussures. Je suis totalement immonde, couverte de poussière, mon collant noir est devenu marron mais je m’en fous, je veux juste me poser un peu et dormir. Ah ça elle est loin la blonde accro à sa french manucure c’est moi qui vous le dis ! Thomas plonge très vite à mes côtés et ça tombe bien il ne va pas entendre mes dents qui claquent… C’est reparti pour un tour, je transpire, j’ai froid alors que je suis brulante, ce n’est pas encore maintenant que je vais pouvoir dormir. J’essaye tant bien que mal de ne pas le déranger et dieu merci je constate avec bonheur qu’il ne ronfle pas ! Alors que j’ai le sentiment que je viens de fermer l’œil depuis une seconde j’entends Florian qui toque à la porte de la tente. « il est 1h ». Pitié, mais je viens de m’endormir !!! Dieu merci le duvet voisin grogne un « tu peux nous réveiller à 3h » et replonge. Le grand tout puissant a entendu ma prière, je vais avoir le droit à un répit supplémentaire. Je ne sais pas si j’ai vraiment dormi mais en tout cas je me suis assoupie. Florian revient nous réveiller et là il faut bien se décider à bouger. Je suis confinée dans un coin de la tente en position fœtale pour tenter d’oublier mes douleurs et Thomas a profité de la situation pour annexer les ¾ de l’espace vital. Une heure de plus de sommeil et je crois bien qu’il me virait de la tente ! Nous allons émerger doucement, prendre un semblant de petit déjeuner, l’air totalement hagard et repartir. Je serais bien curieuse de savoir ce que Florian a pensé de cet équipage improbable repartant titubant dans le désert par une nuit noire même pas assez froide pour nous réveiller…
Le soleil se lève et j’en viens à espérer que sa lumière va me tenir un peu plus éveillée. Au lieu d’admirer les paysages qui s’offrent à nous j’ai le droit à un, tenez vous bien c’est véridique : « t’es vraiment pas belle ce matin ! ». Allez tiens prends ça… Y a pas à dire, le garçon sait parler aux femmes. Je tente de protester un peu et là la transahariana devient un raid multisport où la Belgique va tenter une remontée en kayak des plus pathétiques, ramant tant bien que mal avec des « non mais ce n’est pas ce que je voulais dire », « c’est juste que tu as vraiment une sale tête ce matin ». Allez vas y, enfonce toi, coule un peu plus profond, la traversée du désert se transforme en « Grand bleu »…
Direction le CP12 avec la traversée d’un village assez surréaliste je dois bien l’avouer. A l’entrée un terrain de foot clos, parfaitement entretenu avec panier de baskets à terre nous rappelle qu’il y a une vie ici et qu’elle n’est finalement pas aussi éloignée de la notre. Nous avançons toujours, puisant au fond de nous même le peu de force qui nous reste pour en finir. Je me refuse à envisager l’abandon maintenant et même à réfléchir à la situation. Si je le fais, je sais que c’est la fin des haricots. Thomas aussi a des coups de moins bien et heureusement parce que cela me rassure un peu sur sa nature humaine ! Nous courrons dans les descentes, dès que le relief nous le permet. Nous marquons des pauses de temps en temps à l’ombre d’un acacia. Quand j’y réfléchis bien, nous avons finalement assez peu parlé, nous n’avions pas besoin de ça pour comprendre quand l’autre allait moins bien. Il était là devant moi, solide comme un roc et je me contentais de le suivre, sans me poser plus de questions. Le CP12 est là et je vais pouvoir souffler un peu…
CP12 – l’arrivée : qu’est ce qui fait pleurer les blondes ?
Ce qui est vraiment étonnant dans ce type de course c’est le renversement de situation en une fraction de seconde. Vous quittez un CP plutôt mieux que prévu, vous avez refusé de regarder vos pieds, restons dans le doute ça vaut mieux, et l’arrivée vous parait à portée de runnings et pourtant… Comme GI Joe a lu sur le road book que la piste était roulante, il a donc décidé que nous allions courir, enfin pas tout le temps mais dès que cela serait possible pour arriver le plus vite possible au campement et ainsi éviter les heures chaudes de la journée. En théorie je vous le concède, l’idée parait plutôt bonne, en pratique ça va être une autre histoire. Allez savoir pourquoi, alors que l’arrivée se fait de plus en plus proche et que cela sent l’écurie, je vais de plus en plus mal. Le coup de grâce sera donné par une simple phrase « il reste 12 km ». Il me ment à ce moment là d’ailleurs mais là n’est pas la question. Ces simples mots vont être le début de sanglots longs des violons de l'automne qui blessent mon cœur d'une langueur monotone. Une vraie crise de larmes comme je n’en avais pas connu depuis longtemps et d’autant plus perturbante que je n’aime pas m’offrir en spectacle devant quelqu’un que je connais depuis tellement peu de temps… Franchement à sa place, je me serais poussée dans le fossé !!! Mais il n’en fait rien et GI Joe se transforme en Monsieur Freud. Il va me parler, me rassurer, trouver les mots même si cela ne suffira pas à calmer mes larmes. Elles reviendront m’étouffer à plusieurs reprises sans réelle raison. Les nerfs lâchent, les barrages cèdent, les masques tombent… On dit souvent qu’on revient changé d’une course dans le désert, sincèrement je ne le sais pas encore. Ce que je sais c’est que ce type d’aventure, vous poussant à bout physiquement, réveille des fantômes endormis, ouvrent des portes de placard que pourtant vous tenez fermées de toutes vos forces. Il n’y a plus rien pour vous cacher, vous êtes juste mise à nue au sens psychologique du terme et il faut être prête à vivre ça. A partir de ce moment, cela ne va même plus être notre course, cela devient sa course, son objectif : m’amener à bon port. Je cède sous la pression, tout simplement incapable de faire autrement et j’attrape la sangle de son sac. Il va me trainer sur des km n’entendant de moi que des sanglots qui se calment par moment. Il me fait boire, m’arrose régulièrement, j’ai totalement débranché… Au bout de quelques km, surement fatigué de m’entendre pleurer, il me met son lecteur MP3 sur les oreilles et je vais vivre une expérience des plus étonnantes, une course avec une bande son qui n’est pas la mienne. Il y a des images de cette épopée totalement surréaliste puisque le véhicule de l’organisation avec à son bord le photographe va nous doubler et nous ravitailler en eau. Je les ai revues et vous les verrez un jour ayant donné mon accord pour la diffusion après avoir refusé dans un premier temps. Elles ne sont pas faciles à regarder pour moi mais elles sont ma réalité, il faut les accepter telles qu’elles sont. L’oued de l’arrivée va me paraître interminable comme de bien entendu. Nous récupérons au passage Isabelle qui était sur le 130 et qui nous a attendu pour finir avec nous. La pauvre a passé 1h30 à nous attendre… Quand enfin j’ai vu la ligne d’arrivée, je ne pouvais même plus pleurer, même pas de joie, j’avais tout donné au désert qui va refleurir bien avant la saison des pluies…
Enfin nous sommes là, au campement et je n’arrive pas à réaliser que c’est enfin fini. Thomas trouvera très malin de vider ses gourdes sur moi mais je me vengerai un peu plus tard en m’occupant personnellement de l’arrachage des élastos qu’il avait mis sur ses épaules et dans son dos…
Ce qui est dingue c’est qu’à aucun moment pourtant je me suis dit : « plus jamais ça ». J’ai pris conscience d’erreurs de débutante que j’avais pu faire mais jamais je n’ai envisagé que ce soit ma dernière expérience. Je crois que je suis définitivement atteinte !!!
Comme vous avez pu le constater, je n’ai pas parlé ou très peu des autres coureurs. Ce type de course est très personnel et j’aurais eu l’impression de m’approprier leur propre histoire, ce que je ne souhaitais pas. Parler de l’abandon d’un tel, du malaise d’un autre ne regarde que lui-même et je ne souhaitais pas forcément en faire état, comme je ne souhaitais pas que quelqu’un d’autre que moi raconte ma version de ma course. Ce n’est donc pas un oubli, juste une marque de respect pour cette communauté d’hommes et de femmes hors du commun que j’ai eu la chance de côtoyer pendant quelques jours et qu’il me tarde déjà de retrouver.
Merci à tous, coureurs, bénévoles, à Cyril bien sur de m’avoir accueilli parmi vous. Une chose est sure : l’équipe de bénévoles qui nous a accompagné tout au long de cette aventure est absolument extraordinaire. J’ai toujours vu un sourire, un mot gentil, une attention quelque soit l’heure du jour et de la nuit, et croyez moi ça compte plus que vous ne pouvez l’imaginer.
Merci plus particulièrement à Cristelle, mon ange gardien du CP4 et à Florian.
Merci à toi Thomas, tu m’as laissé sans mot et ça c’est plutôt rare chez moi !

Mes 2 anges gardiens !!!
Quelques portraits de mes nouveaux amis avec lesquels les aventures ne font que commencer et dont vous entendrez surement reparlé un jour !!!

Antonio qui est venu du Mexique

Jaume, venant de Catalogne, que je retrouve dès fin avril et qui est second sur le 260 km

Cyrus, venant de Suisse, qui m'a refait pleurer à son arrivée... Lui aussi sur le 260

Par Tribeca, avril 14, 2010
Par Iza89, avril 08, 2010
Tu sais, au travers de tes Cr, nous faire partager un ptit moment de ta vie de coureuse et ainsi, nous transmettre ta passion. Et pour cela, merci, tout simplement.
Par LN LA TORTUE, avril 01, 2010
BRAVO pour la course ! et pour un si beau récit, plein d'anecdotes et surtout de sincérité ! tu mets les mots sur des sentiments bien contradictoires parfois mais bien réels aussi ! je me reconnais dans certaines interrogations et doutes pendant mon périple malien ! tu trouves les mots justes pour réussir à exprimer toutes ces émotions !
beau récit et certainement beaux souvenirs, au sein d'une équipe parfaitement rodée qui rassure et qui réconforte dans les moments délicats !!! c'est tout Cyril ça !
et je t'envie aussi car si je n'ai pu faire que 150 km en étapes, sur 5 jours : que dire de ce qui est pour moi un EXPLOIT pour un raid en continu, de plus de 200 km dans le sable et les cailloux, sous un cagnat bien présent à ses heures !!! j'en mesure toute la difficulté et tout le courage qu'il t'a fallu !!! et aussi une bonne dose d'inconscience mais ça tu l'avais déjà puisque tu envisageais la Lybie ! (pour avoir séjourné dans l'Akakus : magnifique désert) certainement pas plus facile !!!
RESPECT !
Par LN LA TORTUE, avril 01, 2010
bravo pour ton 'inconscience' qui fait de si beaux récits ! quel courage de n'avoir rien lâché, d'être aller au bout de l'aventure ! quelle belle rencontre aussi , c'est aussi ça la course à pied !!!
j'ai revécu, au travers de ce récit, quelques émotions spéicifques au raid du Mali ! mais cela ne fut qu'un 150 km et sur 5 jours et non 200 et quelques d'une seule traite !!! ce qui rend encore plus forte mon admiration car le sable et les cailloux sous le cagnat, sont éprouvants pour nos pauvres carcasses !!!
mais quel bonheur d'apercevoir l'arrivée ! quelle fierté d'avoir pu tenir et d'avoir atteint son objectif !!!
mille mercis pour cette belle épopée si bien écrite !!!
Par HELENE PASQUET, avril 01, 2010
je ne saurai pas écrire avec autant de talent toutes ces panoplies de sentiments et d'impressions, mais je retrouve, à travers ce superbe récit, des émotions ressenties lors de mon raid au Mali, chez les Dogons ! bien sûr que le parallèle s'arrête là car c'est 5 jours pour 150 km et non 200 d'une seule traite !!! quel courage de ne pas lâcher ! d'aller jusqu'au bout ! belle histoire que cette rencontre aussi ! c'est aussi ça la course à pied même si là, il s'agit d'extrême mais l'auteur est à la hauteur de ce périple !!!! alors encore une fois BRAVO pour l'aventure et pour le récit !!!!
Par natbernardin, mars 30, 2010
pour ton témoignage !
pour ton acharnement !
pour ta ténacité !
pour ton humour !
pour ta détermination!
pour ce brin de folie que tu sais si bien retranscrire et pour lequel on vibre toutes !
pour les novices comme moi, qui, à la fois frémissent d'effroi et d'envie d'oser y aller !!
pour les débutantes qui y croient aussi ... un peu ... beaucoup, sans oser se le dire !
pour l'expérience si bien traduite aussi !
pour l'emotion !
Allez !! c'est sûr ! la prochaine fois, c'est nous... toutes !!
Par Cécile Martin, mars 30, 2010
La curiosité et le courage sont les qualités nécessaires pour oser aller chercher ces expériences qui seules permettent une véritable connaissance de soi-même.
J'espère surtout que tu n'es pas revenue au monde "civilisé" trop rapidement et que tu sauras prolonger mentalement cette expérience (car sinon, quel aurait été son sens ? )
Ton récit contient également beaucoup de paradoxes, comme quelqu'un l'a souligné. Je crois qu'on ne pourra pas se dispenser d'une réflexion sur ce genre de courses. Mon opinion est que cela ne peut aucunement remplacer une expérience au long cours dans le désert (au rythme des caravanes chamelières et plutôt avec la philosophie de Théodore Monod). J'ai fait personnellement un trek de 3 semaines à pied (grande traversée de la Mauritanie organisée par Terres d'Aventures) : temps de l' immersion dans le paysage et du contact avec les chameliers ou les nomades rencontrés. Si je m'inscrivais à une course dans un pays d'Afrique, ce serait donc plutôt une course par étapes et surtout qui encourage la participation et le contact avec la population locale, avec des retombées possibles en termes de dévellopement (ce genre de courses existe, La Sénégazelle ou autre; peut-etre y aura-t-il un article à ce sujet dans un prochain "Courir au Féminin" ? ).
A bientôt,
Cécile M.
Par Béa54, mars 29, 2010
Par trirunneuse, mars 28, 2010
Et ton récit... rhhh, les larmes sont montées...
Par Twister, mars 27, 2010
Par chinouk, mars 27, 2010
Par chinouk, mars 27, 2010
Par chinouk, mars 27, 2010
Par Bibiche, mars 27, 2010
Barbie c'est extraordinaire, tu es extraordinaire faite d'un peu plus que de chair et de sang!
Bravo et merci de partager un peu de cette aventure avec nous.
Par Svip, mars 27, 2010
Merci pour ce CR qui me m'emeut autant qu'il m'impressionne!
Bravo à toi.
Par lapuce92, mars 26, 2010
Par Marie24130, mars 26, 2010
en général, tu me donnes envie... mais là on est plus sur la même planète (c est trop pour mon imagination)
comment peux tu faire tout ça ? wonderbarbie pour sur !
passionnant à lire comme toujours
merci
Par lou2009, mars 26, 2010
Je me suis retenue pour ne pas pleurer en te lisant, mais la partie sur CP12 !!!!
Merci pour ta sincérité !
Bravo !
Lou
Par chantaki, mars 26, 2010
!Tu y mets toutes tes tripes comme tu les as mises dans cette course incroyable
! Tu as dû en découvrir des trucs sur toi!C'est beau et ça sonne juste!Bravo, mille bravos à toi


Par Eric, mars 26, 2010
Par rohini, mars 26, 2010
je me demande quand même comment tu as fait pour les wawas
Je me demande aussi comment tu as fait tout court
Par cakou, mars 26, 2010
Un tres beau CR et de beaux commentaires, plus personne ne parle de mn'ms ton CR nous a transporté.
La folie c'est de s'inscrire.
Apres c'est douleur souffrance SOLITUDE mais aussi partage dépassement.
Sur tu n'es plus la méme tu as laissé la bas un bout de toi.
Peut etre que c'est pour ça qu'ils y retournent.
PS: Guillaume tu peux etre fiers prend soin d'elle et revenez sur terre doucement.
Par melomarie17, mars 26, 2010
Par katebeedies, mars 26, 2010
Par Atacama, mars 26, 2010
C'est dans ces moments extrèmes que les masques tombent comme tu dis....
Et là, ça m'interesse car je ne connais pas !!!
La "trouille" de franchir certaines limites obscures, plus que "l'errance" dans des paysages hostiles et inconnus, ce serait ça pour moi le vrai défi.
Bravo Barbie.
Par SOFISI26, mars 25, 2010
C'est d'ailleurs pour ça que peu de gens font ce que tu as fait là. Franchement, au delà de la performance sportive, c'est l'épreuve intérieure que tu as surmontée et que nous retranscrit qui me laisse baba, ta détermination et ton récit sans concession, ont fait naître en moi une réelle admiration pour toi et tes compagnons.
Merci pour tout.
Par lolonux, mars 25, 2010
Et pourtant ce n'est pas la reconnaissance de tes exploits qui te pousse à aller plus loin sur les routes et en toi, prends bien soin de toi Barbie.
Par Martine, mars 25, 2010
Quand tu parles de nature hostile, c'est exactement pour cela que je serai incapable de faire ce genre de course



J'ai vraiment trop besoin de verdure
Bravo miss et bon repos
Par Sof, mars 25, 2010
quelle expérience, merci de nous l'avoir fait partager barbie
que tu es grande
Par nadine, mars 25, 2010

Je suis très admirative, et je te dis simplement BRAVO !!
Nadine
Par Dragibus, mars 25, 2010
La souffrance psy que tu sembles avoir traversé en même temps que le désert, transparaît dans ton récit...c'est presque "dur" à lire et de t'imaginer dans un tel état.
Félicitations pour avoir eu la force d'aller jusqu'au bout de toi même et d'avoir eu le courage de nous l'écrire.
Bonne récup
Par Silver, mars 25, 2010
Quelle aventure humaine ! Tu es vraiment une grande dame de la course à pieds.
Merci de nous avoir fait partager ça.
Mais que vas tu bien pouvoir trouver maintenant ?
Par gygy, mars 25, 2010
que je ne ferais "JAMAIS" enccore BRAVO et MERCI pour tout!!!!!
Par LINDA, mars 25, 2010
Difficile de ne pas être admirative devant tant de courage face à ce combat de boxe (comme tu le dis) qui a duré 3 million de fois plus qu'un combat classique!! Et là, pour la moitié du parcourt tu n'avais pas le coach qui te tenait la bassine et l'éponge. Tu te retrouvais devant un adversaire que tu n'avais jamais vu boxer, il te fallait donc tout inventer quant à ta tactique de combat "de sable". Tu faisais tout en somme, tu tenais l'éponge, la bassine, le gong sonore, l'arbitre...
Pas facile, comme tu le décrits de vivre toutes ces étapes, avec l'éternelle bataille entre ton mental et ton physique bien entammé car trop douloureux!!
Je veux bien croire, qu'on ressorte "grandi" de cette aventure, changée et surtout voir la vie autrement après tout ça!!
En te lisant, je vois plus dans cette aventure un combat mental qu'un effort sportif,et pluss encore une belle aventure humaine !!
tu as rencontré des gens précieux, donc tu as encore bien rempli ta mâle aux trésors!!
Je m'incline aussi devant tant de détermination et de courage.
Soigne toi bien!!
Ps : j'adore ta photo où tu es de dos!!!
Bises
Linda
Par Ayladana, mars 25, 2010
J’ai été stockée à la lecture de ton CR…Merci pour ce cadeau de nous faire partager tout ça !
BRAVO Cécile !
Par Florian, mars 25, 2010
Le désert se vit et vous change à jamais. À une prochaine, inch'allah. Ce fut un réel plaisir de t'accueillir toi et le belge au mental d'acier.
Le gardien du CP11.
Par coco57, mars 25, 2010
Quelle aventure Barbie ! merci pour ce récit. Pour moi, c'est bien sûr irréel ce que tu as accompli.
Au plaisir de te lire pour d'autres aventures encore passionnantes, j'en suis sûre.
Par fabysoleil, mars 25, 2010
En lisant ton récit j'avais l'impression de tenir un livre dans mes mains & que chaque châpitres étaient une nouvelle page que je tournais.
Je pense que tu pourras très prochainement nous éditer un beau livre de tes aventures & je serais l'une des premières à te l'acheter.
J'ai éclaté de rire & j'ai versé des larmes.
Un très grand merci pour toute ton honnêteté.
Par Regina, mars 25, 2010
Par katebeedies, mars 25, 2010
On ne peux pas s'imaginer en n'ayant jamais vécu ça, c'est une certitude, mais on approche un petit chouilla de réalité en lisant un cr comme le tien... il faudra un jour que tu nous dises ce qui te fait repartir quand il y a autant de souffrance. Moi, c'est ça qui m'étonne le plus : qu'est-ce qui est assez fortiche mentalement et physiquement, pour pouvoir continuer dans des extrêmes pareils. Celui ou la chose en question doit être vachement fier... et ça, c'est pas peu dire. Merci barbie. Par lestef, mars 25, 2010
Bravo.
Par gaellou, mars 25, 2010
Par Japhy, mars 25, 2010
Quand même, si j'ose dire, deux choses m'ont fait mourir de rire: le coup de la césarienne, et David Guetta. Quand on est en dérive, j'ai l'impression qu'on a mauvais goût. J'avais le mp3 de mon gamin à Rome et j'ai écouté une de ses chansons en boucle pendant une bonne heure, sur la fin. Moi, David Guetta!
Par Nikita76, mars 25, 2010
Merci à toi de nous faire partager une telle expérience !
Bises
Par Tati, mars 25, 2010
Bravo, bravo à toi et Thomas, merci pour votre solidarité, c'est malin de commencer la journée avec les larmes aux yeux...
Par La Casta, mars 25, 2010
Merci à toi et bravo pour ta course
Par Silma, mars 25, 2010
Par Soleil999, mars 25, 2010
Par Barbie, mars 25, 2010
C'était difficile pour moi de mettre de l'humour dans ce texte parce que franchement, même s'il y a eu des moments extraordinaires à vivre, la fin a été quelque peu agitée dirons nous. Je l'ai souvent dit, je ne crois pas que j'aurais eu le mental d'affronter une 2ème nuit seule même si Thomas est persuadé du contraire. S'il faut que je le paye à l'heure de psychothérapie celui là ça va me couter cher !
En tout cas, je ne regrette pas un seul instant de cette course. Et puis comme ma 2ème place au féminin m'a permis de recevoir un bon d'achat chez Raidlight devinez qui va s'offrir un nouveau sac bleu tout beau !!!
Cécile
Par Cyril, mars 25, 2010
franchement , je ne te voyais pas arriver sur tes pieds ...Thomas non plus d'ailleurs
mais c'est ce que j'ai compris en faisant mon premier ultra
(et en arrivant dernier)90% est dans la tête et le cœur .
et elle en a , Barbie la blonde ...
En tout cas bravo ,tu as fait une très grande course .
Hasta luego
Cyril
Par gaellou, mars 25, 2010
Par brinouille, mars 25, 2010
Par Gege92, mars 24, 2010
Tu es une vraie warrior, mais j'espère que tu t'es fait un bon spa au retour ;-)
Et vivement la suite de tes aventures!
Par stephany, mars 24, 2010
, bravo championne
Par khoryncou, mars 24, 2010
Bravo Barbie!
Par Marilyn, mars 24, 2010
Par lacrime56, mars 24, 2010
Quel RC, quel course, quel aventure, et ce J.I.Joe, chapeau bas. On a trouvé J.I JAne ça c'est sur.
Chapeau bas madame et bravo mille fois.
Par babou, mars 24, 2010
Tu as été au bout de toi même, bravo !
Par Nathou, mars 24, 2010
Par jeanmarielea, mars 24, 2010
Tous ces sentiments qui t'ont habitée ,durant cette course,ces émotions,cette souffrance physique....tu l'as dit,tu t'es mise à nu ,peut être maintenant sais tu un peu mieux qui tu es!
En tous cas ,je te voyais comme une marsienne,je te découvre comme une femme sensible forte et faible à la fois!!!Bravo et merci pour CR tout en vérité!!!



