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Lost in Australia

Lost in Australia...

Je suis assise par terre, dehors, à l’hôtel qui nous abrite après une aventure hors norme de 10 jours au milieu du bush australien pour commencer ce récit qui va être long, très long je le crains. Aujourd’hui 2 options s’offrent à moi : soit je vous sors du Barbie pure souche, soit je vous dis la vérité, la vérité crue telle que je l’ai vécue. Et je suis désolée de vous annoncer par avance que cela ne sera pas toujours très rose et peu raccord avec l’image que je vous offre depuis des années que vous me faites le plaisir de me lire. Mais là il faut que je sois tout à fait honnête avec vous du début à la fin sinon à quoi bon…

Voyage et jour 1

Bande son : « A ma place » Zazie, Axel Bauer

J’arrive en Australie dans un état physique émotionnel et physique totalement pitoyable : mes pieds ne sont pas du tout remis de mon MDS, j’ai mes problèmes de santé récurrent qui maintenant font partie de ma vie de coureuse et qui me laissent exsangue et sans force mais surtout mon moral est au plus bas avec des problèmes perso dont je ne vois pas l’issue. C’est d’autant plus difficile à vivre que je sais être en très grande partie responsable de la situation. Seul point positif juste avant mon départ : mon radiologue m’offre une année entière sans le voir, les kystes qui l’avaient sérieusement inquiété la dernière fois ayant apparemment l’intention de rester sagement dans leur coin. Mais quand on sait que le mental fait 90% d’un ultra, c’est tout à fait catastrophique. Je sais déjà que je vais droit dans le mur et pourtant j’y vais, bien consciente que là ça va juste faire mal, très mal et qu’il faudra reconstruire derrière.

Je suis donc au rendez vous à Roissy ravie de retrouver ma Christel qui avait sauvé mes pieds et ma première course dans le désert l’année passée. C’est bête à dire mais de la savoir à mes côtés pas loin me rassure tout de même dans la tourmente. Je rencontre les autres coureurs français et j’exprime tout de suite mon inquiétude : 4 vols pour aller en Australie avec des bagages qui sont sensés y aller tous seuls comme des grands… ça sent la perte de bagages à plein nez cette histoire. C’est donc parti pour un vol pour Londres suivi par un vol pour Singapour où miracle j’hérite de 2 fauteuils et d’un voisin avec vessie surdimensionnée puisqu’il ne bougera pas une oreille du voyage. J’en arriverais même à vérifier s’il respire encore ! Nous nous envolons ensuite pour Darwin où nous sommes sensés récupérer nos bagages pour rejoindre enfin Alice Springs. Et bien entendu je vous le donne en mille… j’arrive bien à destination mais pas mon sac… Je n’y crois pas, je suis sensée prendre le départ d’une course en autonomie de 9 jours sans rien pour m’habiller, me chausser, me nourrir. Jérôme l’organisateur tente de nous rassurer en nous parlant d’une boutique qui vend tout le matériel pour le treck mais même si je ne suis pas trop fétichiste, j’avoue que partir dans une telle aventure avec du matériel inconnu m’emballe moyen… D’ailleurs à ce moment là j’envisage de rentrer directement en France. Je pars donc pour le moment sur le campement à une bonne heure de route avec pour seules affaires celles que j’avais dans l’avion. Je tiens à préciser que nous sommes 4 dans ce cas : un couple de coureurs allemands et Jacob le Danois dont vous ferez plus ample connaissance plus tard. Nous sommes sensés retourner à l’aéroport le lendemain pour avoir plus d’amples nouvelles de nos bagages fugueurs.

La solidarité pendant ce temps là bat son plein et j’hérite du sac à dos de Christophe le Saux (même si j’aurais préféré sa foulée !), de la nourriture et d’un sac de couchage des coureurs espagnols, Sylvain me prête couteau et frontale, Christel me reconstitue une trousse de secours et me prête même sa boussole. Andrew me prête même tee shirt et manchons pour protéger mes bras d’anorexique du soleil australien et Anna coureuse espagnole, future gagnante renonce même à sa paire de chaussures de rechange pour moi. Je partage ma tente avec la jeune coureuse coréenne et je découvre par la même occasion un peu violemment ce que va être mon quotidien pendant 9 jours durant : une nuit glaciale, humide et des souris par dizaine… Quand je dis par dizaine, je ne rigole pas ! Les filles j’ai bien pensé à certaines parce que là vous auriez halluciné !!! Elles se faufilent partout et nous allons même nous retrouver avec 2 charmantes invitées dans nos sacs de couchage !!! Rien ne leur fait peur à ces foutues bestioles. Heureusement nos voisins qui compteront ensuite énormément dans ma course vont venir à notre rescousse parce que même si je n’en ai pas peur, je ne me vois pas leur courir après dans ma petite tente et encore moins dormir avec elles. Autre réalité de la vie collective : les ronflements… Et quand je dis ronflement, je parle de bruits qui font passer le TGV pour une pure rigolade question niveau sonore. Vous l’aurez compris : entre les 48 h de vol où certes j’ai rattrapé mon retard question films à l’eau de rose américains mais pas du tout dormi et cette nuit avec sommeil fractionné, sans parler du stress, je suis de moins en moins sereine.

premier_campement

Jour 2

Bande son : concert Central Park Simon and Garfunkel

Retour à l’aéroport avec Christian au volant que j’ai rencontré au MDS quelques semaines auparavant, où nous retrouvons la même employée Quantas et surtout son même discours : « I’m sorry, I have no information on my computer »… Elle nous ressert le même discours que la veille : d’ici 2 ou 3 jours, penser à appeler le service bagages pour avoir des nouvelles. Alors que tout le monde a l’air de se résigner, je pète légèrement un plomb… Ceux qui me connaissent un peu savent qu’il y un moment où je peux devenir légèrement désagréable et là franchement je n’ai qu’une envie (excusez pour la vulgarité des propos qui vont suivre) : foutre dans la gueule de cette pétasse brune fagotée comme un sac dans sa robe en synthétique à l’imprimé vaguement aborigène son écran de merde… Je hausse le ton et je réclame de l’argent maintenant. Je dois tout racheter, la boutique d’Alice Springs vend tout un prix d’or, il me faut mon indemnité bagages immédiatement. Le miracle quand vous avez tendance à parler un peu trop fort c’est que comme par enchantement apparaît la responsable de l’autre pétasse (désolée impossible de la qualifier autrement…). Nous ré expliquons notre situation quelque peu désespérée pour la énième fois, elle décroche son téléphone et en 3 min nous annonce que nos bagages sont sur le vol de 16h30. Ok j’avoue, j’ai commencé à pleurer… Je ne suis même pas encore sur la course que je commence à refleurir l’aéroport. Ça nous promet de grands moments tiens encore cette affaire là. Retour au campement et préparatifs du sac à l’arrache à la frontale où je déconditionne tout (nous ne pouvions pas le faire avant pour des questions de passage de douane) au milieu de mes nouvelles copines en attente d’une noix de cajou qui tombe par terre. Je n’aime pas ça, préparer mon sac à l’arrache, sur un bout de table de camping. Un ultra n’est pas une mince affaire, surtout un comme celui là et même moi avec mes côtés relax j’aime prendre mon temps pour peaufiner les choses. Je vais enfin me coucher après avoir rendu mon sac de voyage que je ne retrouverai que 10 jours plus tard avec mon nouveau camarade de chambrée à savoir Jacob notre Danois, aussitôt rebaptisé le viking. Il m’a demandé si nous pouvions partager la minuscule tente qui nous est allouée et j’avoue j’ai dit oui d’abord à cause de sa taille ! Il peut tenir dedans sans empiéter sur mon espace vital. C’est tout de même étrange ces courses à vivre pour moi. Je me retrouve dans une proximité avec des étrangers au bout de quelques heures assez perturbantes. Je suis figurez vous plutôt une grande sauvage dans la vraie vie, du genre à ne pouvoir dormir que dans un king size pour que l’on respecte mon espace vital et là je me retrouve avec un type totalement frappadingue qui disparaît toutes les nuits dans son duvet molletonné avec capuche intégrée, cagoule et tutti quanti. Chaque soir je regarde ma chenille s’endormir dans l’espoir de voir un papillon surgir au petit matin… Mais non à la place j’ai un cri de sauvage totalement impossible à retranscrire par écrit, un « Oh la la » unique suivi généralement d’un « Cécile mon breakfast, je veux un café et un pain au chocolat » prononcé dans un français tout à fait approximatif avec un accent danois qui va presque finir par me manquer. Jacob a une grande qualité : il me fait rire tellement le décalage entre nous est abyssal. Son défaut ? Immanquablement il transforme notre tente en camp gypsy ce qui lui vaut tous les soirs mon tout aussi traditionnel entre nous « putain mais c’est quoi ce bordel Jacob ! ». Il va rentrer chez lui avec une connaissance de la langue française qu’il ne pensait jamais avoir.

Jacob

Jacob

Je m’éloigne un peu du sujet là… j’en suis à 3 pages de textes et je n’ai même pas commencé à courir… Donc première étape de montagne ce matin et la rigolade commence immédiatement. Les chemins sont souvent inexistants ou à des années lumières de nos autoroutes du Mont Blanc, le balisage est très irrégulier, le road book approximatif, bref ça va « jardiner » sévère dans les montagnes australiennes. Nous nous retrouvons par moment en petit groupe totalement paumés à chercher et nos mots en anglais et notre chemin. Seul point rassurant : des coureurs nettement plus aguerris que moi moulinent tout autant. Je sais c’est stupide mais ça me rassure un peu ! Enfin ça ne me rassure pas trop longtemps puisque je fais finir par me perdre une première fois toute seule et là c’est nettement moins drôle… Je vais m’en sortir en employant la méthode la plus simple que je connaisse : monter le plus haut possible pour avoir une vue d’ensemble. Première grimpette ou plutôt escalade et premier dépit : mais qui a foutu un truc encore plus haut devant moi ? Ok je redescends et regrimpe encore une fois au milieu des épineux qui pullulent là bas. Je vais d’ailleurs en avoir plein (s) les pieds très vite nécessitant de longues séances de pince à épiler ensuite. J’ai d’ailleurs encore plein de morceaux d’épine dans le pied encore aujourd’hui. Enfin en haut de ma deuxième montagne j’aperçois une balise, je reprends mon chemin en laissant sur un des gros cailloux un morceau de mon skin… Génial, je n’en ai qu’un avec moi… Arrivée au campement, je ne suis pas la dernière mais je suis plutôt inquiète pour le lendemain. Nuit tout aussi glacée que la première, la cryothérapie fonctionne à plein régime certes mais 4h de sommeil maximum par nuit pendant 10 jours je ne donne pas cher de ma peau d’ici quelques jours.

ambiance_bivouac

Etape 2

Bande son : Verdi et Nabucco suivi de « Uprising » de Muse

J’ai compris que j’allais devoir privilégier l’attention à la vitesse et c’est donc très attentive (ou du moins je le pense encore !) que je m’élance. Je prends mon temps de bien suivre les balises, dès que j’ai un doute, je m’arrête, contrôle, ne prends aucun risque. L’étape est difficile mais très belle pour une coureuse, enfin une randonneuse, parce qu’à ma vitesse ce n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler de la course. Je vais m’offrir de grands moments avec de l’opéra à plein régime dans mon lecteur en haut de mon caillou. La journée défile vite, je suis dans les temps impartis, il ne me reste que quelques km à parcourir dans la vallée et pourtant tout bascule en une fraction de seconde. Une balise oubliée sans doute, un chemin ignoré, je ne sais pas, je ne comprends toujours pas ce qui m’est arrivé, une seule chose est sure : je me perds et je m’apprête à vivre une des expériences les plus terribles de ma vie. En quelques minutes la nuit va tomber et je me retrouve dans une végétation intense éclairée de ma seule frontale. Je cherche désespérément quelque chose qui pourrait me remettre sur le droit chemin mais il n’y a rien, définitivement rien. Je devrais trouver quelque chose puisque nous sommes sensé suivre cette foutue rivière avant de la retraverser de nouveau si j’en crois le road book mais j’avance et toujours rien. Je suis seule, pas une lampe à l’horizon pour me guider, la nuit est noire, la végétation tellement intense qu’on ne voit par moment pas à 3m et je ne sais plus trop quoi faire. Les pensées se bousculent dans ma tête. Points positifs : j’ai dans mon sac de quoi me nourrir, dormir et faire du feu. Points négatifs : s’il m’arrive quoique ce soit, il faudra attendre les prochaines inondations pour espérer que mon corps refasse surface ! Une chose étrange d’ailleurs se passe à ce moment là puisque je ne vais plus penser qu’en anglais, comme si je cherchais à me protéger de la situation pour ne pas la vivre totalement et me retrouver à pleurer sur un gros caillou mouillé. Je décide de repartir en arrière et de tenter de retrouver l’endroit où je me suis plantée. Je remonte donc le lit de la rivière en zig zag pour ne rien manquer, m’arrêtant régulièrement pour balayer le paysage de la frontale afin de ne rien louper. Rester calme, je ne pense qu’à ça. Paniquer n’est pas la solution, pleurer un bon coup encore moins. Alors je vais me contenter de lancer 2 ou 3 insultes de temps en temps en criant un bon coup. Et le premier croco qui se pointe je m’en fais des ballerines et un joli sac assorti à coups de bâtons de randonnée et d’opinel ! Combien de temps vais-je errer comme ça les pieds trempés je ne sais pas mais j’estime que ma petite balade nocturne a duré presque 2h. Et tout d’un coup le miracle s’accomplit : je vois enfin une lumière blanche de l’autre côté de la rive. J’ai accroché une flèche avec ma frontale. Ok c’est de l’autre côté, je devine une végétation plutôt hostile mais là pas le choix c’est marche ou crève… Quoiqu’il arrive, quoiqu’il se trouve sur mon chemin je vais faire une belle ligne droite pour aller la trouver cette foutue lumière. Je vais vivre quelque chose de quelque peu intense dirons nous… Genre Koh Lanta sans toucher 20 000€ à la fin, juste le bonheur de pouvoir enfin toucher l’espoir que mon calvaire est fini. Je vais traverser un champ de roseaux tellement dense qu’il me faudra m’arrêter pour reprendre mon souffle. J’ai de l’eau boueuse jusqu’aux genoux, mon sac est bien entendu un handicap terrible mais nom de dieu de nom de dieu c’est moi qui serai la plus forte sur ce coup là. Je vais même avoir à escalader un arbre pour me frayer un chemin. Au bout d’un temps qui m’a paru être une éternité j’y suis, je la touche enfin cette foutue flèche, je suis sortie de mon enfer. Je reprends ma marche rapide en me branchant sur ma musique que j’avais arrêtée de peur de rater un appel de quelqu’un me cherchant. 20 min plus tard les lumières du campement sont là et j’entends 2 membres de l’orga qui m’appellent. Un petit coup de traversée de rivière histoire de bien retremper mes pieds qui séchaient à peine sans oublier mes traditionnels roseaux et je passe la ligne d’arrivée. Il est presque 21h, même pas envie de pleurer, juste envie de me poser et de reprendre mon souffle. Et là une des premières belles surprises de la course est là qui m’attend : Démétrio et Charlie sont là à m’attendre. Je suis vraiment touchée de les voir là alors que nous nous connaissons à peine. Quand je les remercie, Charlie a ces mots : « ben on ne pouvait pas te laisser quand même, t’es notre blonde ». Ils vont prendre soin de moi, ils ont entretenu le feu pour que je puisse manger chaud, s’occupent de mettre mes chaussures à sécher et je peux rejoindre ma tente nourrie et réchauffée. Je crois qu’aucun des 2 n’a réalisé à quel point leur gentillesse naturelle m’a touché à ce moment là. Nous ne nous connaissions pas vraiment encore et pourtant ils ont attendu alors qu’ils ont eu aussi besoin de repos, ne se posant aucune question et ça m’a fait du bien cette gentillesse naturelle et spontanée après les moments difficiles que je venais de vivre.

Tant pis pour la douche à la gourde, il fait déjà trop froid, ce sera toilette à la lingette alors que j’aurais pourtant bien besoin d’un décrassage en règle J’enlève mes chaussettes et je découvre le carnage : j’ai 2 ampoules genre œuf de pigeon sur les talons que je m’empresse de vider. La première m’inquiète tout de suite parce qu’elle n’est pas du tout claire mais un liquide jaunâtre un peu épais s’en écoule. Je ne peux pas m’empêcher de penser que j’ai peut être un début d’infection qui me gagne et je ne m’endors pas tranquille. De toute façon les souris ont décidé de faire du toboggan sur notre tente, donc j’oublie le sommeil réparateur.

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Etape 3

Bande son : En t’attendant Mélanie Laurent

J’émerge difficilement ne réalisant pas encore tout à fait ce que j’ai vécu la veille et je prends le départ inquiète. Ma jambe droite, celle de l’ampoule bizarre me lance et je n’aime pas ça du tout. Je sais que je suis déformée mais l’histoire de la coureuse coréenne qui a perdu sa jambe à cause d’une ampoule infectée me traverse tout de même l’esprit. Je suis donc tout sauf sereine lorsque je m’élance pour la 3ème étape et quand le mental n’est pas là, rien ne va il faut bien le dire. Je fais un bout de chemin avec Josée qui galère également de son côté avec un pied douloureux. A quelques km du CP1 je lâche le truc. Pas moyen de m’accrocher, je ne fais que souffrir, je suis épuisée de ma nuit précédente. Je titube accrochée à mes 2 bâtons, la souffrance que mes pieds m’infligent m’empêche de marcher correctement alors courir… Vivre ça sur 60 bornes est au dessus de mes forces physiques et morales. Je sais, cela peut passer pour de la lâcheté, un manque de courage de ma part. Nous savons tous que nous allons souffrir un moment ou un autre et qu’il faudra faire avec mais là mon état psychologique trop fragile ne me permet pas de faire face. J’attends le sers file qui ramasse les balises et j’accroche le train, bien décidée à rendre mon dossard au CP suivant. Ce que je fais d’ailleurs sans aucun regret sur le moment. Je sais qu’évidemment quand j’aurais retrouvé mes esprits je regretterai mon geste mais là je ne vois pas d’autres solutions. Mes pieds ne tiendront pas la distance, mon mental non plus d’ailleurs. Je veux juste me terrer dans un coin et qu’on me laisse en paix avec ma tristesse de n’avoir pas réussi mon objectif. Tout abandon est difficile à vivre, quelque en soit la raison d’ailleurs. Je bascule en mode organisation et je tente de me rendre utile pour ne pas trop souffrir de la situation. Arrivée au campement, re nettoyage des pieds et traitement de ces foutues ampoules qui me font vivre un cauchemar.

Je suis juste mal, coupée du monde sans pouvoir parler à qui que ce soit. Je ne vais pas embêter les autres coureurs avec mes états d’âme quand même. Bien sur que je savais que je prenais un risque énorme en venant après ce que j’avais déjà fait subir à mon corps mais je suis une vraie tête de mule et j’avais pris des engagements vis-à-vis de mes sponsors, Weleda et surtout vis-à-vis de Béatrice et c’est ça que je vis le plus mal à ce moment là. L’abandon fait partie des règles du jeu, on le sait mais je suis définitivement une mauvaise joueuse

Etape 4 et 5

Bande son : juste quelqu’un de bien… Juliette Gréco

Comme les jours suivants sont off pour moi je vais maintenant vous parler un peu de ceux qui ont fait ma course. Je vous ai déjà présenté Jacob, il me reste maintenant à vous parler de 3 autres coureurs que j’ai eu la chance de côtoyer au quotidien et qui malgré la souffrance et la difficulté de la course n’ont jamais départi de leur bonne humeur. Il y a d’abord (on va les mettre par ordre alphabétique pour ne vexer personne !!!) Charlie. C’est, comme dire… la grande gueule de l’équipe. Vous basculez en noir et blanc, vous lui mettez un costume croisé et il est parfait pour un film à la Audiard. Seul regret, ce changement d’époque vous fait passer à côté de ses yeux bleus et là franchement c’est dommage. Vient ensuite Démétrio. Pompier, triathlète, musclé, tatoué… vous voyez le trip les filles ? ça sent la testostérone à plein nez mais franchement quand vous avez une armada de souris prêtes à vous dévorer vous appréciez sa présence ! Reste Nicolas, le sourire et la gentillesse incarnée. Gendarme de son état, il est adorable et ira même jusqu’à accompagner Josée, notre québécoise libre sur les 19 derniers km alors que blessée depuis plusieurs jours elle vit sa frustration dans son coin avec désespoir.

Du côté de l’orga je fais la connaissance de Christian, roi du débalisage devant l’éternel avec qui je vais revoir mes classiques de la chanson française. Vous voyez Monsieur Hulot ? Ben voilà vous voyez Christian ! Travaillant dans l’humanitaire son expérience est totalement fascinante et nos discussions m’enchantent en me faisant un peu oublier ma frustration. Et il reste Yves, le roi de la conduite sur sable qui m’offrira un de mes meilleurs moments de ce séjour à savoir un bain dans une rivière avec shampoing intégré et essuyage en règle dans son superbe drap de bain, confortable, propre, bref le truc que je ne croyais jamais revoir un jour. C’est vrai que personne n’imagine je pense tant qu’il n’y a pas goûté un jour les conditions de vie extrême que ce genre d’expérience sportive engendre. Saleté repoussante, sommeil aléatoire sur des sols caillouteux, mouches qui vous couvrent le corps et qui vous empêchent de parler pendant la course tellement vous craignez d’en gober une par inadvertance, les plaies ouvertes qui sont leur terrain de jeu favori… Jour après jour les visages se creusent, la fatigue se lit dans chaque geste d’une lenteur plus cinématographique que réelle. Je me demande comment chaque matin, alors qu’ils sont tous là à tenter d’avaler quelque chose, ces hommes et ces femmes vont partir pour 60 km dans une nature plus qu’hostile.

Devant d’ailleurs la fatigue de plus en plus éprouvante l’organisation décide d’ailleurs de changer le programme. Le 6ème jour sera raccourci et au lieu des 56 annoncés, il n’y aura que 17 km. Je décide donc de rechausser mes baskets, mes pieds me donnant le sentiment de vouloir me laisser un peu en paix.

riviere

Etape 6

Bande son : Lakmé, Duo des fleurs »

17 km à un rythme de sénateur ça passe doucement en fait. Comme je suis sortie du classement général et que seuls mes km parcourus vont compter, je n’ai aucune urgence à arriver. Il faut juste que je vois comment fonctionnent mes pieds pour espérer reprendre peut-être avant la fin de la course. Cette petite balade va me permettre de faire la connaissance d’un coureur qui m’intrigue un peu : Youssef. Représentant le Koweit, il vient de se blesser mais s’entête avec une hargne que je lui envie tellement. Il sait qu’il ne pourra plus que marcher même si nous l’apercevrons quelque fois trottiner quelques centaines de mètres mais il veut finir à tout prix et il va finir d’ailleurs. Vous imaginez vous, prendre chaque matin le départ d’une course où vous savez déjà que vous finirez inexorablement le dernier à la nuit tombée alors que votre niveau vous permettait d’espérer tout autre chose ? J’en connais peu qui ont sa force de caractère. Je décide de l’attendre pour faire un peu connaissance. Il se révèle très intéressant et beaucoup plus bavard que prévu. Nous irons même jusqu’à parler politique du Moyen Orient perdus au milieu de nulle part. Nous passons ensemble la ligne d’arrivée de cette étape et il me demande d’écrire notre histoire, de parler de notre souffrance, de tout ce que nous vivons sur ce type d’épreuve pour que notre entourage le comprenne peut-être un jour.

Va suivre une des soirées les plus hallucinantes de mon existence. Peter un des coureurs australiens sort de son sac un ordinateur portable (j’ose espérer qu’il s’agit de son drop bag que nous sommes sensés rendre au petit matin même si je n’en suis même pas sure !) et nous nous retrouvons tous ensemble à regarder une émission totalement surréaliste d’un journaliste américain sur Discovery Channel qui teste toutes les méthodes de survie les plus cinglées les unes que les autres. Il est dans le grand nord, bien décidé à faire la peau à un pauvre caribou qui passait par là avant de lui dévorer le cœur sous prétexte qu’il fait 1000 Kcal au 100 g !!! Du grand délire, du n’importe quoi, encore plus surréaliste perdu au milieu du bush australien en train de manger de la nourriture en poudre…

yousef

Une polaire assortie à la médaille et un short en peau de kangourou...

Etape 7

Bande son : « Apologize » Timbaland

Tant que j’y suis, je repars le lendemain pour quelques km supplémentaires même si je sais déjà que de toute façon je n’irais pas au bout de la journée. CP2, je raccroche et c’est reparti pour du débalisage en suivant les derniers que je tente d’aider de mon mieux aux ravitaillements. Je nourris ceux qui sont en manque de barres énergétiques, creusant désespérément mes propres réserves au cas où je repartirai pour de bon mais je ne me pose aucune question à ce moment là. A un CP j’aperçois le livre que Christelle, une de nos bénévoles était en train de lire. Super, elle l’a fini, je lui emprunte et je découvre enfin un ouvrage de Marc Levy, « l’étrange voyage de Monsieur Daldry ». Férue de littérature historique, je n’avais pas encore cédé aux douces sirènes de ce que les détracteurs appellent la littérature de gare. Mais là j’ai tellement besoin de lire, de retrouver un reflex de ma vraie vie que je saute dessus avec délectation. Je vais même négocier de laisser ma frontale allumée un peu tard le soir auprès de Jacob, trop heureuse de pouvoir finir ma journée comme dans ma vraie vie, par un peu de lecture.

Etape 8

Bande son : “my first, my last, my everything” Barry Whyte

C’est reparti pour une visite de l’Australie à 5km à l’heure à surveiller les derniers de la course qui me culpabilisent à mort de ne pas avoir leur force de caractère. Je sais que je souffre sûrement autant qu’eux mais voilà, je n’y arrive plus. Rajouter une souffrance physique pour un simple sport et non pour sauver ma peau, à la souffrance morale qui est la mienne depuis plusieurs semaines est au dessus de mes capacités. Tout cela va me permettre de vivre une situation totalement hallucinante puisque je vais passer 3h sur une aire de repos, perdue au milieu de tout, emmitouflée dans mon sac de couchage parce que le vent me refroidit trop vite, avec un dingo qui crie à la mort en fond sonore… Le livre en question, hasard ou coïncidence, raconte l’histoire d’une femme qui partira se chercher au bout du monde pour elle, à savoir la Turquie des années 50 pour mieux se trouver et réaliser que ce qui compte le plus pour elle est là, l’amour de sa vie était là juste sous son nez, sur son palier. Autant dire que l’histoire me parle quelque peu dans cette période de questionnement qui me bouleverse un peu trop à mon goût.

Arrivée au campement où je vais tenter de combler ma tristesse de ne pas courir en m’empressant d’aider les autres. J’aide l’un à se laver les cheveux, un autre à supporter les injections d’éosine dans ses ampoules, je nettoie même notre tente, c’est dire ! Tiens j’y pense, je ne vous ai pas parlé de l’ambiance qui règne sur un campement après 8 jours de course… C’est bien simple, on dirait la retraite de Russie, version running. Tout le monde a le visage creusé, marche comme s’il avait traversé tout l’ouest américain à cheval, à se demander comment ils vont bien pouvoir courir le lendemain. Et les conversations autour du feu me direz vous ? Oreilles chastes passez votre chemin de toute urgence ! Ca ne parle que des choses qui manquent le plus à notre population à grande majorité masculine à savoir la nourriture et le sexe. Je ne donne pas cher de la peau d’une pauvre fille égarée ou d’une charolaise suicidaire… (Pour nous les filles du campement pas d’inquiétude à avoir, on ne ressemble de toute façon plus à rien qui pourrait faire penser de prêt ou de loin à des représentantes de la gente féminine). Si vous comptiez parler physique quantique, passez votre chemin ! En fait pour être un peu plus sérieuse 2 secondes et pour la passionnée d’histoire que je suis, on comprend mieux comment des colonnes de soldats affamés ont pu commettre de tels actes jugés aujourd’hui monstrueux. La privation de sommeil, de nourriture, de l’hygiène la plus élémentaire, bref de tous les repaires qui font de nous des êtres humains pendant une longue période peut faire perdre la tête à des hommes que rien ne prédisposait à ce type d’exaction. Fermons cette parenthèse psychologique !

Dîner et coucher tôt parce que demain c’est décidé je prends le départ de la longue. J’ai le sentiment que mes pieds vont un peu mieux et je n’en peux plus de cette situation. Je veux tenter le tout pour le tout, genre Géronimo de l’ultra pour pouvoir rentrer l’esprit en paix de celle qui aura tout de même essayé de faire quelque chose. Et vis-à-vis de mes sponsors cela me donne l’esprit plus tranquille. Pour des questions d’organisation, les derniers partent à 5h du matin alors que les autres partiront à 9h. Je dors moyennement mais j’ai l’habitude maintenant des micro sommeil pour tenir le coup.

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Etape 9

Bande son : « Papa » de Mélanie Laurent suivi de «Viva la Vida » Colplay

Alors que je réussis enfin à fermer les yeux, le viking me réveille, c’est déjà l’heure… je me retrouve gelée autour d’un feu de bois à 4h30 du matin me demandant tout de même ce que je fous là dans cette galère. J’ai allégé mon sac au maximum, j’ai réglé mes bâtons pour ce qui va être ma plus longue randonnée jamais faite à ce jour. Je sais que je ne pourrais pas courir, j’envisage donc tout à fait sérieusement de marcher non stop 129 km… Ben tant qu’on y est dans le délire, autant y aller totalement non ? Eh les copines de lyophilisés.fr vous mettez quoi dans vos sachets ???

Départ donné dans la nuit noire, c’est parti. Ma marche est un peu plus rapide que celle des autres et je m’éloigne de la troupe pour me retrouver très vite dans le noir avec juste ma musique comme amie. Mais là, d’être dans le noir, de nouveau seule avec moi-même va réveiller tout ce que j’ai enfouie depuis plusieurs jours. Mes enfants me manquent terriblement. Jamais je n’ai été séparée d’eux aussi longtemps. Je ne parle pas physiquement puisque avec mon tour du monde je m’étais déjà absentée mais jamais je n’avais passé 15 jours sans avoir de nouvelles. Même sur le marathon de l’Antarctique j’avais gardé le contact, c’est dire ! Dieu que mes poussins me manquent… Je crois qu’ils ne réalisent sûrement pas eux même combien ils comptent pour moi. Alexandre mon premier né tellement désiré qui est en train de devenir l’homme que j’espérais qu’il devienne, parfait mélange des gènes de son père et sa mère, totalement frappés l’un comme l’autre je le crains. Emma qui devient jour après jour une jeune fille et qui découvre avec enchantement qu’avoir une mère folle de fringues et de course à pied a quelques avantages : même taille et dressing version open bar. Elle m’a même demandé de l’accompagner pour son premier footing aux dernières vacances, façon à  sa manière je pense de me dire qu’elle ne souffre pas trop de me voir courir après ma vie. Thomas est celui je pense qui me ressemble le plus, personnalité forte, entière qui restera toute ma vie le bébé que j’ai sorti de sa couveuse après négociation avec les infirmières de néo nat pour qu’il puisse voir dans mes bras son premier feu d’artifice du 14 juillet. Et Paul Aimé… Vous vous doutez qu’avec un second prénom comme ça, il est mon petit dernier, celui qui accepte encore que sa maman vienne se blottir contre lui le soir sous la couette pour une histoire. Contrairement à ce que la situation pourrait laisser penser, je ne cherche pas à fuir mon quotidien de mère au foyer, journaliste à ses moments perdus, avec mes voyages. Il se trouve juste que je suis curieuse de tout, des endroits, des personnes. J’ai besoin de cette ouverture vers le monde pour pouvoir être heureuse pleinement. Je fuis à toutes jambes une autre réalité beaucoup moins rose : je fuis le fait que mon père m’a rayé de sa vie avec une telle facilité qu’il m’en a laissé le souffle coupé. Je dois fermer cette porte de toute urgence pour arrêter de faire payer ceux qui m’entourent et qui n’y sont pour rien dans toute cette histoire. Non tous les hommes ne sont pas comme lui, des hommes bien existent, il faut juste que je l’accepte et que j’arrête de leur claquer la porte au nez pour me convaincre qu’ils sont au fond tous comme lui, prêt à m’abandonner me laissant juste avec le sentiment de culpabilité énorme que j’ai forcément fait quelque chose de mal pour mérite ça. Je pleure à chaudes larmes quand le soleil se lève, comme si l’aube venait me faire signe qu’un nouveau jour commence et qu’il est temps de vivre pleinement sans me poser autant de questions. Il faut de toute façon que je me ressaisisse parce que je vais arriver à un CP et que si Marie voit débarquer une petite chose sanglotante, ça ne va pas arranger mes affaires… Je sais qu’ensuite ce sera Christel au CP2 et cela me rassure et me motive un peu. Alors que je continue la longue marche vers moi-même, je me retrouve encore face à un taureau qui me barre la route, genre charolaise de compétition dont je me ferai bien un steak si j’avais autre chose qu’un pauvre opinel de 28g dans le sac à dos… Et là je me marre : punaise, 10 jours en Australie et tout ce que j’aurais vu ce sont des vaches, les mêmes que chez moi, des mouches par milliers et des souris par centaines de milliers… Tu parles d’un dépaysement toi !!! Et à peine ai-je pensé ça que surgissent 2 kangourous qui traversent la piste et là j’éclate de rire. Oh ça va là haut j’ai compris le message là haut, c’est bon, positive attitude sera le maître mot maintenant.

Après le CP2 je vais commencer mon training pour la badwater à savoir des km et des km le long d’une route sans fin, marchant sur la bande blanche pour limiter les effets du soleil sur le goudron. Je ne quitte la route que lorsqu’arrivent à plein régime des voitures qui nous saluent généralement, un peu étonnés de voir des coureurs sous un soleil de plomb qui avancent comme si leur vie en dépendait. J’entends siffler derrière moi et vois débarquer les premiers de la course, nos extra terrestres qui avancent à une vitesse que j’arrive à peine à tenir sur marathon…

Du CP3 au CP4, les difficultés commencent. Je sens bien que mes pieds se révoltent et n’envisagent plus du tout de continuer ainsi pendant encore 70 km. Comme mes appuis sont mauvais, j’ai des douleurs un peu partout dans les jambes qui sont de plus en plus difficiles à gérer. Marcher sur le bitume n’est pas possible avec l’aide de mes bâtons qui n’ont pas d’embout en plastique et me mettre sur le bas côté est encore pire puisqu’il y a plein de petits cailloux qui me vrillent sous les pieds. Je sais, je sens que la fin est proche mais je ne l’ai pas encore acceptée. Je remets ma musique sur les oreilles avant tout pour ne plus entendre le bruit des mouches qui me rendent folle et là j’entends sans l’avoir choisi au préalable la musique que j’écoutais chaque soir avant de m’endormir au MDS. Ok c’est bon j’ai compris, je m’arrête au CP4 et je m’occupe de moi. A peine me suis-je assise que je regarde l’ampleur des dégâts et je découvre une ampoule sous le pied gauche gorgée de sang, tellement énorme que les coureurs coréens présents se précipitent pour la prendre en photo ! Après les dizaines de clichés de mes pieds pris par Jacob qui vont inonder le facebook danois, je vais retrouver mes pieds sur le facebook coréen… Quel succès ! Il faudra à Anna, l’infirmière présente au CP plus de 5 seringues pour la vider entièrement. Je passe sous silence toutes les autres mais je comprends mieux ma souffrance de plus en plus grande. Repartir dans de telles conditions est peut être possible mais là pour l’instant je ne vois pas comment alors qu’il me faut 5 min pour faire la longueur du 4x4. Evidemment s’il n’y avait plus que 10 km à faire j’aurais remis mes chaussures immédiatement mais là on parle de 70 km de marche encore… Cette fois je suis en paix avec moi-même, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai donné ce que je pouvais mais mes pieds ont crié stop et ont pris la décision pour moi. Et c’est reparti pour une petite balade en 4x4 jusqu’au CP7 où je vais passer un long moment avec Josée qui a décidé de repartir juste pour les 19 derniers km avec Nicolas comme ange gardien. Mickael, un autre coureur arrêté très tôt est là aussi et nous allons nous réchauffer le corps et l’âme autour d’un feu de bois qu’il faut alimenter très régulièrement parce que le bois très sec flambe à la vitesse de la lumière. Mickael part alors à la recherche de branches très régulièrement jusqu’à ce qu’il change de tactique pour revenir avec de vrais arbres qu’il traîne derrière lui tel un déménageur de l’extrême ou un adepte de ces jeux écossais stupides où il faut jeter un tronc d’arbre le plus loin possible. Cette vision de notre maître du feu surgissant du noir avec son arbre nous vaut des fous rires avec Josée qui nous font un bien fou.

pas_trs_propres__larrive

A l'arrivée... Pas très propres mais heureux !

J’avale mon dernier repas lyophilisé, ma dernière soupe miso et je vais m’écrouler sous une des tentes mises à disposition des coureurs sur ce CP. Aussi incroyable que cela puisse paraître je vais dormir comme jamais, d’un sommeil de plomb très réparateur sans doute parce que pour la première fois depuis une éternité je suis en paix avec moi-même et qu’un viking n’essaye pas d’envahir mon espace vital avec son bordel et ses chaussures qui sentent mauvais !

Réveil à 3h du matin pour le départ de Josée qui a l’air toujours aussi motivée pour courir 19km et passer la ligne d’arrivée. Je ne regrette qu’une chose à ce moment là : ne pas avoir arrêté plus tôt pour pouvoir l’accompagner. Mais mes essais sont peu concluants, mes pieds gonflés et douloureux ne supportent que mes tongs décathlon… C’est Nicolas qui va lui servir de garde du corps pour ce qui promet être une sacrée épopée pour une coureuse qui a certainement une fracture au niveau de certains os du pied gauche. Le petit groupe composé du dernier coureur allemand en course, d’Anna la future première femme de la course (et unique finisheuse d’ailleurs), mon viking et Nicolas. Ils ont l’air totalement épuisés et s’écroulent auprès du feu. Leur regard perdu dans le vide fait presque peur… Comment peut-on s’imposer une souffrance pareille ? Nicolas se fait soigner une ampoule avant de repartir et Jacob m’avoue qu’il meurt de faim et qu’il n’a plus rien dans son sac. Je sors alors ma dernière cartouche : ma barre Fuizion à 800 kcal. Il la dévore et j’en sauve un petit morceau pour Anna qui ne peut plus rien avaler. Il m’avouera ensuite que je lui ai sauvé sa fin de course avec ma barre parce qu’il n’aurait jamais pu finir sans un peu de carburant. Le petit groupe repart et je vois s’éloigner mes amis dans le noir, me laissant là assez dépitée. Mais là franchement j’ai beau retourner le truc dans tous les sens : 19 km en marchant sur des charbons ardents je ne vois pas comment je pourrais faire.

Je finis par rejoindre l’arrivée où je vais attendre tous ceux qui n’ont pas encore fini. Youssef clôture cette épopée en acceptant enfin de lâcher prise et d’essuyer quelques larmes, provoquant les miennes que je planque derrière mes lunettes Polnareff bien couvrantes.

C’est fini, enfin, nous allons pouvoir redevenir des êtres humains, propres, nourris à leur faim, sentant autre chose que le feu de bois…

mes_hommes

Charlie, Démétrio et Nicolas

Epilogue de cette aventure

Bande son : « sex on the beach » Spankers (parce que tout finit toujours sur la piste de danse !).

J’ai appris énormément de choses puisqu’on dit toujours qu’on apprend de ces échecs. La première chose d’un point de vue purement sportif enchaîner 2 ultras de ce type en 1 mois quand on n’est pas une « professionnelle » n’est pas faisable mais ça tout le monde s’en doute. Mes pieds restent ma zone sensible et il va me falloir accepter de les laisser tranquille se refaire une santé si je veux pouvoir espérer retrouver un jour le bonheur de courir. Ensuite, comme souvent dans ce type d’aventure, j’ai eu la chance de rencontrer des gens biens comme Charlie, Démétrio et Nicolas ou émouvantes comme Josée. Les voir vivre leur course, souffrir, ne rien lâcher tout en restant souriant et toujours prêt à rendre service était une vraie chance pour moi. Il y a bien sûr mon viking qui m’a tellement fait rire avec ses cris de sauvage qui vont presque me manquer. Il m’a d’ailleurs proposé de me graver un CD pour mes crises de manque ! Il y a aussi Youssef, notre Laurence d’Arabie que j’ai vu s’accrocher, souffrir et ne rien lâcher. Mais comment font-ils ? Où puisent-ils toute cette énergie ? Cela tient à quoi ? Une confiance en soi que je n’ai pas encore ? L’aurais-je un jour d’ailleurs… Ca s’achète quelque part ? Ca se loue ? Je n’arrive pas à accepter la souffrance volontaire. Je sais que sur un ultra, puisque je l’ai déjà vécue, elle peut être cyclique mais là j’ai eu en face de moi des personnes qui ont souffert des heures et des heures sans rien lâcher. Je n’arrive toujours pas à savoir ce qu’il faut penser de ce comportement du sportif de l’extrême. Je tente toujours de rester spectatrice de tout cela même si je sais que par moment je dois offrir un spectacle qui ne doit pas être très beau à voir.

Au niveau personnel, j’ai toujours voulu aller en Australie depuis des années, sans trop savoir pourquoi. Il y a des choses comme ça qu’il ne faut pas chercher à comprendre. Je voulais aller à New York et me perdre dans le sable rouge des tracks depuis toujours, persuadée au fond de moi qu’il y avait quelque chose pour moi là bas. Comme l’héroïne de Marc Levy qui a accompagné une partie de mon voyage au bout du monde, je crois que je me suis trouvée enfin et que j’ai réussi à faire la paix avec moi-même. J’ai laissé Barbie et Cécile Bertin là-bas et je rentre légère. C’est d’ailleurs Cécile Fouchard qui rentre enfin chez elle puisque tel est mon vrai nom, celui de ma naissance, celui de mon père que je vais pouvoir reporter, ayant pris la décision qu’il était temps de fermer les vieux dossiers et de continuer à avancer en ne cherchant plus à comprendre l’incompréhensible. Il est temps pour moi de commencer à vivre vraiment, d’arrêter d’attendre des autres ce qu’ils sont incapable de me donner et faire un grand nettoyage par le vide dans ma vie en fermant définitivement des portes que je laissais toujours entrouvertes dans l’espoir secret que peut être les choses changent un jour. Je ne dois plus être cette petite fille en attente d’amour mais accepter celle que je veux être. Je suis une mère avant toute chose quand j’y pense en fait, c’est comme ça, je n’y peux rien. C’est ancré au plus profond de mes tripes, ils sont ma chair et mon sang. Je veux profiter au maximum des années que mes enfants vont m’accorder avant de les pousser du nid qu’ils devront de toute façon quitter un jour. Je veux partager plus de choses avec eux, leur montrer le monde et les associer le plus possible à mes voyages. Je sais que cela va entraîner des changements profonds dans l’organisation de ma vie mais ne pas pouvoir partager tout ce que je fais avec les êtres que j’aime le plus au monde ne me rend pas heureuse et n’est que source de frustration.

Il faut parfois se perdre pour mieux se trouver et c’est ce que j’ai fait en Australie.

Fin

 

 

Written by :
Barbie
 
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Commentaires (77)Add Comment
virginie64
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Par virginie64, juin 05, 2011
Moi aussi je dis bravo pour avoir eu le courage de te dire si personnellement ici, peut être est ce choquant pour des personnes qui ne se l'autoriseraient sous aucun prétexte ici(j'en fais partie mais du coup au contraire je trouve ça fort de se le permettre)et puis tu ne t'es pas perdue dans des détails très privés finalement, tu n'as parlé que de toi, pas de ce que tu vis et qui te met à mal depuis des semaines, je ne trouve pas ça exhib. Comme certaines je m'y suis retrouvée dans la quête de soi et dans l'abandon, abandon du père, abandon de la recherche des mecs abandonniques, abandon des vieux dossiers qu'on ne peut plus réécrire, acceptation de soi, renaissance. Bienvenue à la Vie Cécile Fouchard. Certes ta traversée du désert peut sembler lourde et triste, elle l'était, mais quand c'est pour finalement renaître à la vie ça me fait penser au traumatisme de la naissance pour un enfant, une grande respiration s'en suit. Je te souhaite que la paix s'installe en toi de manière durable.
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Ouaah!
Par fabien, mai 29, 2011
Bonjour Cécile,
J'étais moi aussi tenté par cette aventure hors-norme, mais mes tendons d'achilles m'en ont privé! Un peignage en février m'y a contraint!
Emouvant, si réelle et pourtant tellement tentant! Ton cr me donne envie! L'appel de la grande aventure sans doute!
La vie est ainsi faite, avec de bons et de moins bons moments; tu auras au moins eu le temps de mettre tout ça a plat! Je te souhaite de bien te retapper et de profiter de ta famille. Tes enfants peuvent être fier de leur maman!
BadWater, take care, barbie is coming soon!
Fabien
kesari
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Par kesari, mai 29, 2011
Bravo pour cette aventure à l'autre bout du monde. Soigne-toi bien smilies/smiley.gif
symphorien
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Par symphorien, mai 28, 2011
J'ai la gorge nouée d'émotion à te lire, à te suivre encore une fois de loin dans tes délires de coureuses;-)
Je suis partagé entre la nécessité de saluer un exploit toujours plus fou mais aussi à ma demander si tu ne deviens pas un peu trop déraisonnable à vouloir en faire toujours plus!
BRAVO et MERCI pour cette émotion et ce partagesmilies/wink.gif
mariebobby
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Par mariebobby, mai 27, 2011
quelle émotion, tant sportive que personnelle, bravo à toi
chantaki
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Par chantaki, mai 26, 2011
Je te l'ai dit, j'étais tellement émue par ton récit que les mots me manquaient...Mais voilà après plusieurs relectures de ton texte cash, sans fard et si beau, je les retrouve pour t'exprimer mon admiration et te dire que tu es vraiment une grande smilies/kiss.gifsmilies/kiss.gifsmilies/kiss.gif
Marilyn
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Par Marilyn, mai 25, 2011
Que dire... ce que je viens de lire m'a profondément touchée, bouleversée... C'est vrai que tout ça résonne plus ou moins en chacune d'entre nous et, justement en ce moment, à l'image de l'effet produit sur toi par le dernier Marc Levy, moi je viens de tomber sur ton récit...
Bonne chance pour la suite tu es une femme formidable smilies/kiss.gif
Nathou
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Par Nathou, mai 25, 2011
J'ai lu plusieurs fois ton CR sans laisser de comm... Il est très beau, très émouvant surtoutsmilies/cry.gifsmilies/cry.gif
Mais moi, ton histoire me rend très tristesmilies/angry.gif Je pense fort à toi, je t'embrasse, Nathsmilies/kiss.gif
lou2009
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Par lou2009, mai 25, 2011
C’est plus qu’une course que tu as faite, c’est un pèlerinage. Je t’ai toujours trouvé très forte et combative, et là tu le confirmes. Ton récit est magnifique, il est fort, il est vrai … Tu es un sacré bout de femme. Je ne sais pas si tu rends compte de tous ce que tu nous donnes à travers tes défis, et encore plus aujourd’hui avec ce témoignage ou tu te mets à nu. Merci Cécile et bonne continuation, et je suis persuadée que tu vas y arriver, ce n’est pas possible autrement …
Caro12
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Par Caro12, mai 25, 2011
merci pour ce récit, merci de partager avec nous cette expérience bouleversante...maintenant que tu as revécu un abandon tellement douloureux j'espère que tu sauras à qui t'adresser pour t'aider à enlever les vilaines épines qui te blessent encore et qui t'empêchent d'avancer...moi j'ai suivi une psychothérapie pendant 7 ans et les vilains crocodiles ne me mangeront plus! maintenant je sais quels chemins prendre pour ne pas me perdre!!! bonne route à toi, je te fais confiance tu es déjà en train de te reconstruire.
gygy
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Par gygy, mai 25, 2011
trés émouvant ton CR ....je ne sais que dire car entre tes galéres,ta douleurs et le plaisir que tu as eu...

il y a qu'un mot:CHAPEAU....et merci de nous faire vivre tes aventures.....

maintenant,repose toi et récupére et pour le restant.......courage...

merci Cécile..
Mat
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Par Mat, mai 25, 2011
Un tel récit ne peut pas rester sans commentaires... Nous avons toutes suivi tes aventures, à la fois admiratives mais un peu dubitatives aussi compte tenu de l'enchainement des compétitions. C'est important que cette épreuve t'ait apporté plus que des sensations, des découvertes et des rencontres... Tu peux en tout cas être fière de tout ce que tu as apportés aux runneuses et maintenant place à la récup en famille.
Marie24130
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Par Marie24130, mai 25, 2011
merci pour ce beau CR
au delà de l'aventure sportive (que pour une fois je ne t'envie pas, trop de souffrance pour moi), je comprend tout à fait ton aventure personnelle qui me parle... trouver ses priorités et recentrer sa vie sur l 'essentiel, c'est un grand cadeau que cette aventure t'aura donné.
prend soin de toi.

La Fée Clochette
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Par La Fée Clochette, mai 25, 2011
Quelle aventure... Aventure la fois physique et personnelle.
Ton CR est émouvant, touchant, dur, tendre.
Tu admires ceux qui vont "au bout de leur souffrance", mais pour moi tu dépasses déjà largement ce que je pourrais supporter physiquement. Imaginais-tu il y a 4 ou 5 ans aller si loin ? Supporter autant de souffrance ? Je te pense beaucoup plus forte et résistante maintenant.

Cécile, je te souhaite tout le bonheur du monde dans ta vie de sportive et dans ta vie privée.
zab88
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Par zab88, mai 24, 2011
Ton récit me laisse sans voix, bouleversée, angoissée par l'écho qu'il a trouvé dans mes propres questionnements.
Alors je te souhaite simplement bon courage pour la suite...
Et bravo pour cette course hors normes!
Silver
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Par Silver, mai 24, 2011
Je t'ai toujours eu un peu à l'esprit dès qu'il était question (à mon tout petit niveau) de se surpasser... je t'aurais maintenant également dans un coin de ma tête pour affronter les petits accidents de la vie.
Britt
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Par Britt, mai 24, 2011
merci pour ce récit émouvant et cette confiance qui t'autorise à te livrer ainsi à nous.
Ton histoire de bagages perdus me rappelle un cauchemar récurrent que j'ai pu faire lors de mes périodes difficiles : des bagages perdus que je cherche désespérément ou des bagages qui m'encombrent et m'empêchent d'avancer.
Tu as laissé plus que tes bagages aux antipodes et tu en es revenue plus légère.
Que ton chemin soit empreint de sérénité
gilles75
...
Par gilles75, mai 24, 2011
Cécile tu as tellement fait pour ce site que je t'en remercie.
Le fait de t'investir pour tes enfants en vaut la peine, c'est un super défi, je t'encourage car je sais que tu vas rebondir.
A Millau on sera beaucoup à penser à toi smilies/wink.gif
fanny48
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Par fanny48, mai 24, 2011
Une boule au ventre à la fin de la lecture, une angoisse et les larmes aux yeux.
Je ne sais quoi dire, quoi écrire...
Mais il est très fort ce CR.
babou
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Par babou, mai 24, 2011
Cette aventure t'a permis de mettre des mots sur tes maux !
Merci pour ta sincérité, tout simplement.
juju
...
Par juju, mai 24, 2011
Fouchard, Bertin, journaliste , femme, épouse, sportive, coureuse, maman, fille , soeur, tu es tout ça à la fois et on t'aime comme ça notre Cécile bien aimée!!!!!Merci pour tout!!!

Gros bisous

juju
Kristou
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Par Kristou, mai 24, 2011
Merci Cécile!
Merci d'être ce que tu es et d'oser te montrer telle que tu es.
Les gens "vrais" sont si peu nombreux. Je te souhaite de trouver la sérénité à laquelle tu aspires et que tu mérites amplement. Je t'embrasse!
SOFISI26
...
Par SOFISI26, mai 24, 2011
Finalement l'histoire de tes bagages ressemblent beaucoup à la tienne smilies/wink.gif
On est sur qu'on va les perdre mais on y va quand même. Évidemment, comme prévu, ils se perdent, on remue ciel et terre pour les retrouver, on se fait une raison, on fait appel à la solidarité (qui fonctionne à plein), on se fâche tout rouge, on dit même de jolis gros mots, on déteste, on crie, on désespère et finalement, alors qu'on n'y croyais plus, on les retrouve. Et la vie continue.
Je te trouve tellement femme et tellement touchante que je sais plus quoi dire.
à bientôt pour de nouvelles aventures (moins folles ?) smilies/wink.gif
rohini
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Par rohini, mai 24, 2011
je ne sais pas pour les autres mais moi je préfère Cécile Fouchard à Barbie.
Cécile est une vraie femme, franche, vraie et magnifique.

tu as trouvé un petit bout de toi, ou du moins le début du chemin et c'est formidable.

Je suis heureuse pour toi, pour ta famille, pour tes petits loups.

Continues à tous nous surprendre et nous émouvoir.

Cécile en un mot tu es : BELLE
Lorenza
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Par Lorenza, mai 24, 2011

"No pain, no gain", telle est une de mes devises préférées, et elle prend tout son sens à la lecture de ton CR.

Je n'écris presque jamais de commentaires, même si je lis pas mal de récits, mais là, je ne peux pas rester dans l'ombre! Cécile, cette aventure aux limites de la souffrance t'a rendue encore plus forte, tant au mental qu'au physique. Prends le temps de bien te reposer, te réparer, profite de tes enfants, et reviens au top pour affronter de nouveaux défis!
Je penserai à toi si je mollis pour mon trail de 57 km en juin, je n'ai jamais fait cette distance encore, mais après t'avoir lue, je n'ai pas le droit de flancher!!
Encore toute mes félicitations pour ton courage immense! smilies/smiley.gif
lestef
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Par lestef, mai 24, 2011
je ne comprend pas le fait que l'on puisse etre gené à lire ce CR, Cécile est au contraire très pudique et tout ce qui touche à sa vie privée ne regarde qu'elle. L'épilogue est plein d'optimisme et c'est au contraire tout sauf malsain.
toudou
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Par toudou, mai 24, 2011
J'ai été touchée par l'histoire elle-même : aller au bout du monde, mettre son corps à mal, se sentir en échec et tout d'un coup comprendre pourquoi on a fait tout çà et ce qui finalement est le plus important.

La place des enfants dans nos vies aussi : il me semble qu'en nos coeurs de mères, il y a une résonnance forte.

Le récit est intime, c'est vrai... on se sent même un peu voyeur en lisant. Mais sans ces mots aurions-nous compris le fond ? Cécile nous a ouvert son coeur, a fait tombé un masque (je parle de la super-woman Barbie), nous offrant un exemple de vraie vie, sans fard, nous rappelant à toutes nos propres quêtes...

Sincèrement, j'ai laissé de côté la question de la compréhension du pourquoi ou du contexte précis... c'est personnel, c'est sûr, et je n'ai pas vraiment envie de savoir.

Eric
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Par Eric, mai 24, 2011
Quoi dire Cécile... On t'aime et pis c'est tout smilies/smiley.gif
chifou
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Par chifou, mai 24, 2011
moi non plus Brinouille... on va dire que je partage le point de vue de clara, très gênée de lire autant de choses personnelles dans un CR, et d'être dans l'incompréhension, le doute et le malaise.
brinouille
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Par brinouille, mai 24, 2011
en même temps Chifou moi je ne veux pas en savoir plus...vie privée.
chifou
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Par chifou, mai 24, 2011
perso, ce CR me dérange..tant de souffrances enchainées me laissaient dubitatives jusqu'alors, je comprends mieux ce qui te poussait à ce point.
mais là, tu en dis beaucoup et pas assez à la fois: il y a un grand absent sur ce CR, pourtant assez présent sur ce site...malaise...
Bibiche
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Par Bibiche, mai 24, 2011
Et si l'ultra était là pour nous aider à exorciser, à nous séparer de nos vieux démons?
Je ne sais que penser, en tout cas beaucoup d'émotion en lisant ton récit.
Que l'Australie t'apporte un peu de paix...
Panse bien tout ce qui peut l'être encore.
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Angel
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Par Angel, mai 24, 2011
Je ne post pas souvent, mais j'ai lu ton CR à 2 reprises. Je t'ai croisé sur le trail des vignes à l'île de Ré sans osée t'aborder car trop impressionnée.
Tu t'es perdue trés loin mais ce ne fût que pour te trouver réellement, enfin. Il faut savoir se faire mal, aller jusqu’à des limites que l'on penser infranchissables pour comprendre, avancer et fermer des portes qui sont ouvertes depuis trop longtemps.
Bonne route, j'éspère recroiser la tienne un jour et j'oserais peut-être t'aborder, et vraiment un grand respect pour tout ce que tu fais.
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Gege92
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Par Gege92, mai 23, 2011
Bravo Cécile pour ton courage, et merci de ton partage toujours aussi fort, repose toi bien maintenant, et profite de tes loulous.
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Par bobosse44, mai 23, 2011
Quelle belle victoire Cécile. Enfin... Merci pour tout ce que tu m'as apporté depuis longtemps au travers de tes récits. Tu as les clefs pour la suite, c'est sûr ! Je t'embrasse
Lyset
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Par Lyset, mai 23, 2011
C'est un récit si fort, si émouvant, si sincère, si intime. C'est très courageux de s'exposer ainsi, très courageux mais aussi très généreux parce que je pense qu'on est plusieurs à pratiquer la course à pied intensivement pour des raisons complexes, bien et profondément cachées derrière les " je cours pour le plaisir et le fun", " je veux améliorer mon chrono", " les courses c'est l'occasion de passer un moment convivial". J'espère vraiment que cette quête de soi t'apaisera durablement et t'évitera de te reblesser. Prends soin de toi !
clara
...
Par clara, mai 23, 2011
J'étais gênée de lire ton CR, peut-être parce qu'il est trop personnel, qu'il livre trop de choses intimes. J'ai un peu de mal avec ça. Mais j'imagine que tu avais besoin de le dire, de te mettre à nu. Et je n'étais pas obligée non plus de le lire jusqu'au bout.
En tout cas, je suis heureuse que tu sois revenue vivante et pas trop délabrée de cet ultra trail. Je reste vraiment sceptique vis-à-vis de ces expériences trop brutales physiquement et mentalement.
Prends bien soin de toi à présent.
riri06
...
Par riri06, mai 23, 2011
Sage décision miss Barbie ...
mhhh, je me pince là : 'sage', 'Barbie', on frôle l'oxymore !
Je suis moins doué que toi pour trouver les mots justes mais je te souhaite, très sincérement, de réussir ce nouveau challenge. Ah 'challenge' 'Barbie', là je te retrouve !!

ps: et pis ne t'inquiète pas la Pomponette, au pire du pire, tu sais que tu as toujours un Buff pour toi sur CLM smilies/wink.gif
Dragibus
...
Par dragibus*, mai 23, 2011
Je crois que ce qui me marque le plus dans ce récit, c'est qu'au delà du sport extrême, il y a cette souffrance morale qui t'accompagne pendant quasi toute cette aventure....Et soudain, une prise de conscience....certains suivent des thérapies, toi tu cours un ultra et tu y trouves une résilience....Je suis heureuse pour toi...pour ce chemin parcouru...
Merci pour ce récit smilies/wink.gif
Soigne bien tes petons
Mabiscotte
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Par Mabiscotte, mai 23, 2011
Merci pour ce moment de partage. Et quelles émotions en te lisant!
Je crois que beaucoup l'ont déjà écrit: ce récit fait résonner un certain nombre de choses en plusieurs d'entre nous.
Bravo!
Profite bien de ton repos et de ta famille.
VeroCavalaire
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Par VeroCavalaire, mai 23, 2011
Je ne sais que te dire sinon que je suis retounee par ton CR .La seule chose qui me vient c'est bravo pour toutes ces choses accomplis .je t'embrasse tres fort et repose toi smilies/kiss.gif
Heidi
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Par Heidi, mai 23, 2011
Je ne savais pas quoi te dire et c'est le commentaire de brinouillette qui a été le déclic. Je suis (étais), tellement sceptique devant toutes ces courses que tu enchaînes bien au-delà de toute logique "sportive" comme dans un tourbillon effréné. Je n'a plus toutes tes aventures en tête et je n'ai en mémoire que des récits de galère "physique". Mais quand tu nous racontes que grâce à "tout ça" Cécile Fouchard est enfin sortie de sa chrysalide alors je te comprends, je comprends "tout ça" et je suis d'accord que ça en valait la peine.
Heidi
titoune
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Par titoune, mai 23, 2011
C'est un vrai uppercut, ce CR; qui trouve une résonnance chez beaucoup d'entre nous.

Parfois, un échec est plus beau qu'une victoire.
Il semble qu'en te perdant au milieu du bush australien tu aies commencé à te retrouver; bon cheminement.
Béa54
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Par Béa54, mai 23, 2011
Que dire ? Que je me sens un peu moins seule quand je lis certaines de tes lignes. Merci.
Tu nous as montré la voie comme coureuse, je crois que tu pourrais aussi montrer la voie comme femme tout simplement.
Pour le reste, bravo pour cette belle expérience. Tu ne démérites pas, bien au contraire. Les paysages ont du être magnifiques, et quel courage d'avoir supporté comme ça les mouches et les souris !
Je te souhaite une nouvelle vie douce. Prends soin de toi et des tiens.
isa13
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Par isa13, mai 23, 2011
Merci Cécile.C'est tout sauf un abandon cette expérience.
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Par roxane62690, mai 23, 2011
merci pour ce CR qui ma bcp émue, merci de t'être livrée ainsi avec tant de franchise.
J'espère que tes pieds se remettront et profites bien de tes enfants.
Barbie
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Par Barbie, mai 23, 2011
Merci !!!! Je ne voulais pas vous faire pleurer hein ? Je pensais à la rigueur vous faire grossir parce que pour en venir à bout il faut au moins 2 paquets de pim's... Personnellement j'ai carburé aux sneakers pour l'écrire. Pour ce qui est des côtés plus médicaux de la chose ce qui est très pénible en fait c'est surtout que les ampoules en apparence se réparent vite, du coup tu as envie de repartir et tu te retrouves avec des oeufs de pigeon remplis de sang sous les pieds... ça m'apprendra tiens... Mon podo m'attend lundi prochain pour voir l'étendu des dégâts et pour l'instant ce sera repos, repos et repos !
Cécile
nadine
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Par nadine, mai 23, 2011
C'est encore un magnifique récit, plein d'émotion...encore plus que d'habitude !! Il semble que ce voyage t'as permis de réaliser pleins de belles choses, ta vie, ta famille, tes enfants.
Qu'est ce que l'on peut encore te dire et te souhaiter. Que l'aventure continue et que tes enfants soient toujours très fiers d'avoir une maman un peu "givrée" mais tellement courageuse !! Bonne route dans cette "nouvelle" vie...
Nadine
zazie68
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Par zazie68, mai 23, 2011
Quelle émotion en lisant ton CR.... On comprend que tu as souffert physiquement sur cette course mais que le plus important, c'est ce que tu as vécu de l'intérieur. Profite bien de tes enfants, partage de doux moments avec eux, fais la paix avec toi même. On t'aime..
leeleeth
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Par leeleeth, mai 23, 2011
Waouh .... Encore ne fois je suis impressionée... et très touchée .... ton récit m'a émue aux larmes, tant par l'effort et l'admiration de la sportive que tu es que par les aspects plus personnels de la femme et les échos qu'ils réveillent en moi...

Tu peux être fière de toi, tu fais des choses qui dépassent l'ordinaire et tu offres quelque chose de très précieux : tu nous fais rêver tout en nous poussant à aller les chercher ces rêves !

Prends bien soin de toi, à tous points de vue smilies/kiss.gif

Et des immenses bravos à tous ces coureurs et coureuses de l'extrême qui vont au bout d'eux mêmes ! smilies/smiley.gif
C'est agréable de lire que les hommes peuvent se comprendre et partager des moments forts quelques soient les origines, les cultures, les langues... smilies/cheesy.gif
brinouille
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Par brinouille, mai 23, 2011
Un jour tu es parti dans l'ultra et mon esprit n'a pas pu suivre. s'imposer autant de kilométrage et de souffrance, toucher ses limites physiques du doigt tous les mois en risquant de tomber dans la blessure et le dommage irréversible. je me suis un jour rendu compte que je n'arrivais plus à lire tes CR que de loin, et que ma tête refusait de me rappeler de tes dates de prochain départ. j'y voyais trop de souffrance et plus assez de plaisir, et je craignais ton retour avec des nouvelles implacables. j'avoue même que je n'arrivais plus sincèrement à te dire bravo.

mais ce soir, je suis heureuse de voir, déjà que tu es revenu entière (même si tes pieds ressemblent à un gros soufflé aux épines) , que cette épreuve australienne ne te conduira pas forcément à toujours plus dur, à toujours plus long, et que tu y a trouvé des réponses à ce qui te taraudait. aors là, pour le coup, vraiment bravo Cécile.
Schotsala
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Par Schotsala, mai 23, 2011
Très émouvant. que dire ? J'en ai les larmes aux yeux.
Twister
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Par Twister, mai 23, 2011
Oh Cécile, comme ce récit est magnifique, j'en suis toute retournée et ce d'autant plus que maintenant que je connais tes enfants et ta maman ... tu es une femme d'exception avec un sacré tempérament , et tu nous as ouvert la voie à nous autres sportives qui n'osions pas nous lancer (c'est un peu à cause de toi que je me retrouve sur un half IronMan en septembre "je l'ai joué à la Barbie")smilies/grin.gifsmilies/grin.gif

Comme l'écrit très justement Yanne "panse bien tes blessures" smilies/kiss.gifsmilies/kiss.gif
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Par elzbieta, mai 23, 2011
salut
je suis vr impressionné par toi,
jai rigolé et jai pleuré a la fois on lissant ton CR
j'espère de te croiser lors dun évènement sportif
BRAVO
elzbieta
sophi
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Par sophi, mai 23, 2011
Je l'ai lu et tout de suite adorée " se perdre pour mieux se retrouver ". J'aurai tellement de chose à dire dessus. D'une part, quand tu regardes les autres concurrents prêts à affronter les pires souffrances sans jamais rien lâcher et que tu es admirative devant leur ténacité, et bien je peux te dire que ton aventure vu d'un oeil de coureuse, nous fait ressentir la même chose : cette souffrance que tu as imposée à ton corps jusqu'à ne peut plus pouvoir les poser...je ne pense pas que tu puisses te sentir moins combative que ces coureurs de l'extrême. Ensuite, ce "remue ménage" psychologique qui je l'espère va s'apaiser, tu l'as dit parfaitement t'a affaibli. Sois fière de toi, de ce que tu réalises et surtout ne regrette rien!
lestef
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Par lestef, mai 23, 2011
belle leçon de vie, d'humilité, de force et de courage. Se perdre pour mieux se retrouver est le bel épilogue de ton histoire captivante. Tu as le don de savoir nous faire partager tes reves.
Martine
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Par Martine, mai 23, 2011
Quel magnifique cr. Je l'ai lu comme un roman, avec cette envie que cela ne s'arrête pas. En fait, c'est toi qui va prendre le temps de te poser et d'être heureuse !!
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Par frank (dossard 201 au MDS), mai 23, 2011
Superbe récit! Un voyage et une expérience qui ont marqué ton existence. Au delà de la course, tu nous a fait vivre un grand moment de passion, de philosophie et d'amour. Bravo!

Frank
stephany
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Par stephany, mai 23, 2011
comment vont tes pieds aujourd'hui? tu as ete raisonnable d'arreter et d'accepter l'echec, je te felicite !
forrest
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Par forrest, mai 23, 2011

Merci Cécile.
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Par Clara Running Newbie, mai 23, 2011
Tu peux compter une lectrice assidue de plus. Je n'ai jamais trop accroché avec "Barbie pure souche", je préfère de loin la richesse et le métissage de la vie sans fard. Bravo pour ce récit et bonne route pour cette nouvelle vie qui s'annonce...
toudou
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Par Toudou, mai 23, 2011
Je termine la lecture les larmes aux yeux... Je salue ta bravoure, ton courage : le voyage au coeur de soi-même est encore bien plus difficile que le plus dur des ultras.

Bienvenue en tout cas à Cécile Fouchard, qui m'a touchée bien plus que ne l'avait fait Barbie jusqu'ici.
runny9
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Par runny9, mai 23, 2011
Quel beau récit...
Les mots me manquent à moi aussi...
Je pleure...

Soigne toi bien et repose toi !
MAude
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Par MAude, mai 23, 2011
Waouh! Quel récit émouvant..
Prends bien soin de toi maintenant
Kecily
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Par Kecily, mai 23, 2011
Speachless. Et ça ne m'arrive pas souvent !!
Pilou
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Par Pilou, mai 23, 2011
Très émue par ton récit...
Il remue pas mal de choses en moi. Devrais-je aussi trouver une Australie pour faire le ménage dans ma vie ?
Ton abandon ne résonne pas comme un échec mais comme une remise à zéro du compteur de la vie.
Profites-en bien.
Félicitations.
carmel
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Par carmel, mai 23, 2011
On dirait que tu as murie sous le soleil australien...quel beau récit de voyage quasi initiatique...les larmes me sont aussi venu aux yeux...mais tu restes quand même un sacré bout de bonne-femme, BRAVO !
gaellou
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Par gaellou, mai 23, 2011
Wow ! Je suis abasourdie par ton recit, qui resonne tellement en moi. Quand on a un parent defaillant (pere pour moi aussi qui m'a rayee de la carte en 1994), on trouve la force de se tourner vers autre chose grace a ses enfants. Et moi aussi j'en ai 4, donc ca doit bien vouloir dire quelque chose smilies/wink.gif
Je t'embrasse tres fort, ce que tu as fait, c'est enorme, tu n'as peut-etre pas gagne cette course, mais tu t'es trouvee changee smilies/smiley.gif
darkmoon
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Par darkmoon, mai 23, 2011
Emue et retournée par ton récit cécile,je te souhaite juste de soigner ton corps maintenant,et merci infiniment de t'être ainsi livrée à nous...
yanne
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Par yanne, mai 23, 2011
Ce long voyage t'a écorché vive, au propre comme au figuré. C'est une belle histoire, tu pourrais en faire un roman. Tes enfants vont sûrement adorer ton changement de statut, une maman encore plus complète. Panse (pense) bien tes blessures, bonne remise en forme. Merci pour le plaisir éprouvé par cette lecture.
eve
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Par eve, mai 23, 2011
ouf!

quel récit, quelle aventure, quelle expérience de vie !

Bravo pour tout....bonne route à suivre !
princesse leia
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Par princesse leia, mai 23, 2011
bravo à toi cécile, tes CR sont tjs captivants mais celui ci est particulièrement touchant.
on ressent ta souffrance, ta force, honnêtement je suis admirative
je te souhaite de vivre encore plein d'émotions et de bon moments à travers tes courses et plein de bonheur dans cette nouvelle vie. tes enfants peuvent être fiers de toi.
la cap aide bcq à franchir les moments difficiles de la vie...
bonne continuation
lapuce92
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Par lapuce92, mai 23, 2011
Très émue par ton CR qui fait écho à pas mal de choses chez moi aussi. Merci cécile. smilies/smiley.gifsmilies/kiss.gif
jeanmarielea
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Par jeanmarielea, mai 23, 2011
Magnifique CR,Cécile....!où la force ,le courage ,la détresse et le désespoir ont fait ménage ensemble!!!Tu es magnifique et je suis fière de connaître une maman comme toi!!!!!Je redis punaise comme mumu.....mais des femmes comme toi,pétard ,on en voit peu!!!!!Je t'envoie plein de bisous et toute mon affection!!!
missmarpel
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Par missmarpel, mai 23, 2011
Merci Cécile pour ce magnifique récit qui m'inspire énormément et fait écho profondément en moi.... bravo pour ta course et ta quête. Bravo à tous ceux qui t'ont accompagné dans ce périple je suis vraiment très admirative de tous vos parcours.
MumuFromParis
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Par MumuFromParis, mai 23, 2011
Punaise...Merci, Cécile Fouchard. Tu ne peux pas savoir comme tout ce que tu as écrit résonne ce matin dans ma petite caboche. je t'embrasse fort
Stella
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Par Stella, mai 23, 2011
Très beau récit, parce qu'il ne parle pas que de course à pied, cette fois-ci, c'est un voyage captivant, incroyable, et avec une bien belle conclusion smilies/smiley.gif
On te souhaite quoi, maintenant ? De poursuivre ton chemin enrichie de cette expérience ? Bonne route, alors smilies/smiley.gif

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