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Millau 2009 : la dream team
Écrit par Cécile Mercredi, 30 Septembre 2009 07:11
Je dédis ce texte à Guillaume que je remercie publiquement de m'avoir désobéi et d'être venu quand même alors que je voulais y aller seule. Quand il s'est engagé il y a quelques années à mes côtés pour le meilleur et pour le pire, je ne suis pas sure qu'il envisageait un jour de faire 100 km à vélo sur les petites routes de Millau...

Vous avez suivi ma préparation pendant des semaines, les moments de mieux, les moins biens jusqu'au grand jour ! Lorsque j'ai fini Millau l'année dernière, heureuse d'être arrivée au bout de ce qui était pour moi un grand pari contre moi-même, je savais également que je valais mieux. Tous les pros que j'avais rencontré, questionné m'avaient tous dit la même chose : pour le premier il faut savoir resté humble, avancer sans regarder son chrono, ce que j'ai fait.
J'ai tout de suite pensé au suivant et arrêté mon choix sur Millau de nouveau pour avoir une référence. Il était évident pour moi que je ferais moins sur un 100 bornes plat donc pour comparer il fallait revenir au même endroit.
Plusieurs changements pourtant : question mental, j'ai vécu la Trans'aq, ce qui m'a quelque peu conforté dans ma capacité à encaisser les km ; question logistique, Ken est du voyage et ça va sérieusement changer la donne ; question entourage, il y a pleins de copains et de copines !!! Youpi !!!
Pour la suite de mon récit, si cela ne vous dérange pas, Ken va redevenir ce qu'il est pour moi à savoir Guillaume. Cette course, cette journée c'est notre aventure commune, celle de notre couple et chez nous Barbie et Ken n'existent pas. Ce n'est d'ailleurs pas lui qui a choisi ce pseudo, ce n'est que la conséquence du mien qui est lui-même la conséquence d'une réflexion d'une copine de maternelle de ma fille, c'est dire... Quand j'ai participé à mon premier Millau, j'ai voulu y aller seule. Ne sachant pas du tout ce qui pouvait se passer, je ne voulais pas lui imposer une longue retraite de Russie, la vision de sa femme trainant la patte en pestant après son irresponsabilité. Mais après avoir réussi mon premier pari, j'ai aussi compris une chose : un accompagnateur pouvait grandement changer les choses. Comme en plus je savais que Guillaume pouvait assurer question vélo, je lui ai proposé de se joindre à l'aventure. Il n'est pas complètement exclu que ce soit une petite vengeance des années après d'un premier we passé ensemble où il avait décidé de me tuer sur les petites routes auvergnates. Je lui en ai voulu sur le coup (mes cuisses aussi d'ailleurs !), voyant là une technique de test « spécial petites amies potentielles » ! Bref, la fille est rancunière et il allait voir ce qu'il allait voir sur la montée de St Affrique...
Comme d'habitude nous sommes totalement désorganisés mais ça c'est une marque de fabrique maintenant et c'est le vendredi même que j'appelle Olivier pour lui demander s'il n'aurait pas de la place dans le gite qu'il a loué pour 2 SDF. Départ plus que tardif pour rejoindre Millau mais nous pouvons retirer les dossards le matin même, ce qui est un sacré avantage dans notre cas. Au début nous avions prévu de diner en arrivant mais l'heure passe et je me dis que question digestion cela ne va vraiment pas être terrible. Et puis surtout j'ai faim !!! Arrêt à la station service de l'Aveyron sur l'autoroute pour un pique nique tout ce qu'il y a de plus n'importe quoi à la veille d'une course pareille : salade de pâtes déjà préparée au pesto pour être sure de pouvoir dormir tranquille parce que mon haleine pourrait faire fuir un marin qui a passé 6 mois en mer en célibataire, un taboulé plutôt pas mal et un petit jockey parce que j'aime ça. J'en profite pour faire du repérage pour le lendemain. Normalement nous avons prévu de repartir directement après la course pour rentrer chez nous et être là dimanche matin pour le petit déjeuner, je sais donc déjà que mon diner post course se fera au même endroit. Je suis sauvée, ils ont une réserve de magnum qui devrait tenir jusqu'au lendemain soir.
Arrivée un peu tardive sur les hauteurs de Millau avec un seul regret : ne pas voir ça de jour ! Mais bonheur de retrouver Olivier qu'on ne présente plus, son accompagnateur attitré Jean et mon Basilio. Il faudra l'intervention de Guillaume pour que je vienne me coucher... Je sens bien que Basilio est déçu que je ne dorme pas avec lui mais il est déjà loin le temps de la Trans'aq !!!
J'arrive à dormir correctement ce qui est déjà pas mal. Réveil difficile et même la douche n'y fait pas grand-chose... Mais qu'est ce que je fous encore là ? C'est toujours la question que je me pose alors que j'attaque mon gatosport. Je pourrais être chez moi tranquille en train de manger des tartines de pain frais avec beurre demi-sel et confiture d'oranges amères, le tout trempouillé dans mon thé vert, et ben non... Je suis là en train de faire une étude comparative entre overstim et D4 ! Tu me diras, il y a pire : il y a le vélo de Jean... Il est 7h du matin, son propriétaire ouvre l'œil (il faudra attendre comme dans la pub, le bol de ricoré pour que le 2° s'ouvre !) et il est toujours là démonté dans la salle à manger. Ils ont l'air zen les garçons... Je nous trouve presque professionnels du coup à côté.
Direction Millau pour le retrait du dossard et les derniers préparatifs. Comme nous sommes là de bonne heure, pas de souci pour se garer. Je fonce à la salle polyvalente laissant l'homme aux préparatifs techniques. Bien sûr je tombe sur des copains et je dois finir par courir pour retourner à la voiture parce que l'heure tourne. Je me marre parce que je croise des couples d'un jour, un coureur et un cycliste prêts à en découdre et je me dis que nous allons faire tache dans le paysage : je suis en robe et Guillaume a adopté le look « j'ai un départ de golf à 14h, je suis juste là pour quelques minutes »...
Je prépare les paniers et là il faut bien le dire, nous allons continuer dans le grand n'importe quoi, à savoir : je prends tout au cas où ! J'ai un stock de gels qui devrait me permettre de faire 2 fois les 100 km de Millau, 6 briquettes de jus de raisin pour ma boisson maison que je teste le jour même d'ailleurs, des canettes de coca zéro donc sans sucre donc sans intérêt pour la course sauf que j'aime ça au goût, des bonbons énergétiques powerbar jamais testés en course non plus maintenant que j'y pense (je les ai acheté sur le stand à Gérardmer), des gâteaux au sésame gerblé parce que j'aime ça, des palmito parce que j'adore ça et une seule compote (vous comprendrez pourquoi plus tard le sens de cette allusion !). Je prends un blouson pour l'arrivée la nuit parce qu'il va faire froid, de l'huile à l'arnica weleda, de la crème anti frottement puisque Cécile m'a piqué Eric !
Je laisserai à Guillaume le soin de décrire son propre ravitaillement qui n'était pas triste non plus. Il ne faut pas oublier non plus l'appareil photo et la mini caméra sur le guidon...
Direction le parc pour la photo traditionnelle de tous les CLM et CAF réunis pour la grande occasion et les vélos nous quittent. Ils doivent partir à 7 km de Millau pour récupérer leur compagnon de route pour les 93 km suivants. Comme d'habitude, Basilio a des soucis techniques au départ et comme d'habitude Eric tente de régler ça... Le départ est euphorique alors que nous sommes plusieurs à avoir déjà couru la distance et à avoir une vague idée de ce qui nous attend. Comme prévu je pars avec Olivier. Je sais qu'il va me faire partir trop vite et que moi je vais le ralentir mais c'est comme ça, on ne change pas une tradition. Je constate aussi un truc positif : j'ai moins de cheveux et c'est beaucoup plus agréable comme ça. Quelques jours auparavant je suis arrivée dans le bureau de Guillaume avec une paire de ciseaux et je lui ai dit : « vas y coupe, je veux être à l'aise pour Millau ». Quelques secondes après j'ai juste entendu : « tu les voulais bien courts hein ? ». De toute façon c'est fait, j'ai un carré long et ça tombe bien il parait que c'est à la mode. En plus ça me fait perdre, allez 300g sur la balance... Du coup j'ai sorti l'arrache poil et je suis partie à l'attaque de mes mollets pour gagner au moins 50 g de poils... Voilà, vous savez tout !!! Mon secret est révélé, vous savez pourquoi j'ai pété le chrono à Millau !!!
Allez, j'arrête de délirer et je reviens sur le bitume, toujours accompagné d'Olivier que je colle parce qu'il a eu l'idée intelligente de prendre son portable si nous n'arrivions pas à attraper nos comparses au vol. Nous arrivons dans le village, lieu de rendez vous et nous tournons la tête à droite puisqu'avec un dossard pair il doit être rangé là. Bien sur pas de Guillaume, bien sur il s'est mis à gauche (fils de prof va !!!) et bien sûr c'est un peu le cafouillage pour se retrouver.
Notre duo est reconstitué et Olivier me lâche lamentablement en me laissant sur place du style « bon t'es mignonne mais je vais me mettre à courir maintenant »... Je ne le reverrai qu'à St Affrique, moi arrivant, lui repartant. Je jette mon coupe vent dans le petit panier avec mon GPS puisque dorénavant l'homme va se charger de tout ça. Il a tout préparé, nos temps de passage et tout et tout, se basant sur les chiffres donnés par le meneur d'allure des 11h30. Je sais que je ne pourrai pas atteindre ce chiffre mais cela va nous donner une référence. On s'organise rapidement, je mets mes gourdes à l'arrière pour boire sans le gêner et c'est parti mon kiki pour 93 km à l'aventure.
Qu'on le veuille ou non, le premier marathon se la joue cool je trouve. D'accord surement pas du côté des élites qui doivent faire autre chose que papoter gaiement mais de notre côté ça rigole, ça discute, bref l'ambiance est détendue. Plusieurs personnes me reconnaissent, viennent discuter avec moi et Guillaume découvre l'effet Barbie. Il faut vous avouer quelque chose : certes je suis totalement inoubliable comme fille mais Guillaume a installé sur son vélo 2 pancartes avec écrit dessus : « team officiel Barbie ». Evidemment il est plus difficile d'être incognito dans ces conditions...
Ce qui est très amusant c'est que très vite nous allons créer un petit groupe de coureurs qui va se retrouver à plusieurs moments sur la course. Il y a des anciens de la Trans'aq qui n'engendrent pas la mélancolie, un coureur qui a en commun avec moi le marathon épique du Mont Saint Michel sous des trombes d'eau et bien sur Géraldine qui apparaît accompagnée d'Eric et leurs fidèles accompagnateurs en vélo j'ai nommé Cécile et Nicolas. Pour l'instant tout va bien, même si le parcours commence par moment à grimper un peu. Je saute les ravitos comme prévu me servant directement dans les miens. J'ai décidé de commencer à manger dès le 10 km en alternant barre normale (abricot chez D4, trop bonne !!!) et produits énergétiques purs. Comme on ne se refait pas, j'ai choisi la forme bonbons que je trouve beaucoup plus agréable non seulement au goût mais aussi à mastiquer. Cette belle théorie ne va pas durer longtemps je vous rassure !
Les choses se gâtent quand nous croisons Ronald. Il est mal et j'ai compris à l'instant où je l'ai vu que c'était fini pour lui. Il irait au marathon mais pas plus loin. Nous continuons la route après l'avoir soulagé du poids de son sac, digne de la Trans'aq plus que d'une course avec ravitaillement assuré. Guillaume a prévu de lui laisser à l'arrivée du marathon et nous espérons tous les 2 que les bénévoles joueront le jeu de prendre un sac sans étiquette. Je continue ma route tranquillement avec un Guillaume plutôt content, prenant photos et dégustant son sandwich en me disant « t'en veux ??? » sourire en coin. Il fait chaud, je commence à sentir que la balade va être un peu plus difficile que prévue...
Nous arrivons à Millau. Comme prévu l'histoire du sac n'est pas simple. Je fonce me faire pointer et j'abandonne Guillaume à sa mission « il faut sauver le sac de Ronald ». Nous avons convenu que de tout façon je repartais seule et qu'il me rattraperait plus tard. Je sais qu'il y a la montée du viaduc et qu'il va me falloir du temps. Officiellement j'étais sensée manger à ce moment là mais là pour la première fois de ma vie de coureuse, je n'ai envie de rien. Je me contente de me tremper au robinet à la sortie de la salle et c'est avec un buff dégoulinant dans le cou que je repars. Je suis inquiète parce que je sais qu'il faudrait que je mange mais l'idée même d'avaler un truc me donne la nausée. J'ai arrêté le jus de raisin juste avant Millau parce que lui non plus ne passait pas. Point positif quand même : je bois de l'eau sans souci. Au bout de quelques minutes, Guillaume apparaît mission accomplie, la drem team est reconstituée, nous pouvons repartir sereins. Ah oui j'oubliais un point : j'ai sauté l'arrêt toilettes en me disant qu'au ravitaillement en bas de la descente du viaduc il y aurait moins de monde. Mauvais calcul de ma part... Je grimpe vers ce foutu pont en marchant comme quasiment tout le monde il faut bien le reconnaître, accompagnateurs compris et je ne pense plus qu'à une chose : faire pipi ! Sans compter que bien sûr, mais ça vous vous en doutiez puisque vous me connaissez bien maintenant, ce ne sont pas mes bons jours. Alors voilà je vous récapitule tout : je ne mange plus, j'ai mal au ventre pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la course à pied hélas, je me vide de mon sang, j'ai envie de faire pipi et il me reste 55 bornes à faire...
On va donc s'attaquer à tous ces problèmes dans l'ordre d'importance : tant pis pour les toilettes je n'attends pas l'arrêt au stand et je fonce dans un petit chemin. L'inconvénient d'être une fille dans ces moments là : eh bien c'est simple... vous avez essayé de faire la chaise pendant 4 min après avoir déjà couru 50 km vous ? Et bien essayez tiens et on en reparle ! Pour la nourriture, je regarde mon petit sac à dos et miracle : ma compote en gourde me fait un peu envie. Je l'avale rapidement et pas de doute ça passe. Mais quelle cruche quand même !!! Je sais que j'adore ça et que ça passe toujours. Seulement là je n'en ai pris qu'une. Heureusement pour moi je suis peut être blonde mais j'ai épousé Super Guillaume, l'homme à l'intelligence supérieure et surtout à la carte de crédit magique sur ce coup là ! Je me rappelle que nous étions passé devant des magasins dans le village des 55ème km, il a donc une mission : me dégoter ces foutues compotes coute que coute. Je m'arrête au ravito pour me rafraîchir un peu et je repars. Je le récupère à la sortie du village super content de son coup puisqu'il a trouvé une boite de 16 gourdes, de quoi faire un 24H !
Nous voilà reparti et là je réalise un truc : j'aurais peut être du regarder un peu le parcours... Je ne me rappelais pas que c'était aussi long d'aller rejoindre la côte de Ste Affrique. Il fait chaud, j'en ai marre, je ne vois pas les km passer et j'en viens à attendre avec impatience le moment où je vais enfin pouvoir marcher un peu... Oui je sais ce n'est pas bien ! Mais bon je suis là et j'avance. Finalement nous ne parlons pas tant que ça avec Guillaume. Autant nous n'arrêtons pas vraiment dans la vraie vie, capable de nous appeler 15 fois par jour (merci le forfait illimité !!!), autant là c'est calme. Il me tient au courant de mes temps, me demande si j'ai soif, faim, se charge d'appeler Mireille de temps en temps et vérifie que les enfants sont toujours en vie. L'ambiance dans le peloton de coureurs est spéciale parce que quelque soit le niveau, on voit que les organismes commencent à souffrir et c'est beaucoup plus calme.
Arrive enfin la grimpette tant attendue et surtout ce que j'avais raconté à Guillaume l'année dernière, mon moment favori : la rencontre des élites ! Ils descendent à fond les ballons pour rentrer à Millau alors que nous commençons à peine notre ascension. Les hommes et très vite la femme puisque Brigitte Bec, fidèle à sa légende, va finir 4° au général. Ce qui est super c'est que nous les encourageons mais nous avons le droit à un sourire, à un bravo de leur part alors que franchement ce qu'ils réalisent me coupe le souffle.
Maintenant il faut redescendre vers St Affrique et je cherche du regard mes amis que je devrais commencer à croiser. Très vite Olivier est là mais je sens à sa voix que tout ne va pas au mieux. Pas de doute il souffre... J'apprendrais que le dernier arrêt au stand a été un peu plus long que prévu et qu'il a du tout donné pour repartir. Je suis une vraie mère poule, je m'inquiète pour mes petits... Mais où est donc Basilio ??? Je ne comprends pas, il devrait être là... Guillaume me rassure en me disant que nous avons du le croisé mais je n'ai pas lâché le coté gauche de la route et je suis sure de moi, pas de Basilio à l'horizon. Enfin il est là ! Je suis rassurée, je peux continuer. Je tente de rattraper le temps perdu dans la descente pour gagner quelques précieuses minutes de ravitaillement. Nous traversons la ville sous le regard quand même un peu surpris des badauds qui se demandent bien ce qu'on a fait dans une vie intérieure pour s'infliger ce type d'effort et voilà la fameuse salle baptisée le mouroir par pas mal de coureurs. Avantage pour moi : je me rappelle où sont les toilettes ! Je fonce, personne, super pas de temps perdu. Le problème c'est qu'il va me falloir quelques minutes pour réussir à seulement sortir des toilettes ! J'ai des frissons partout, la tête qui tourne, mouais ça ne va pas très bien... Je me rince un peu au lavabo et tombe nez à nez avec une fille qui ne ressemble plus à rien. Ah ben oui c'est moi dans le miroir ! Non mais qui a eu l'idée de laisser le miroir dans les toilettes ??? Du coup je fais escale à la table des ravitaillements pour boire un petit verre de coca et j'attrape une petite bière pour mon homme qui m'attend dehors pour un massage. Il a décidé qu'il m'en fallait un, qu'avec ça j'allais repartir comme en 40 ! Je pose mes fesses sur un muret, s'asseoir sur une chaise serait trop difficile !!! Il me masse vigoureusement les jambes à l'huile d'arnica et c'est reparti ! J'ai l'impression d'être une voiture de formule 1... Nous sommes toujours dans nos temps même si notre avance n'est qu'un lointain souvenir.
Bien sûr si nous sommes descendus vers St Affrique, cela veut dire qu'il va falloir remonter... Je pars d'un pas décidé mais il faut se rendre à l'évidence, ce n'est pas moi qui souffre le plus à ce moment présent. Guillaume a du mal à me suivre et l'écart se creuse. Je ne sais pas quoi faire ? Je reste à côté de lui au risque de l'énerver ? Je continue ma route seule partant du principe qu'il pourra me rattraper ensuite avec la grande descente ? Je choisis la 2ème option et j'avance. Je me retourne de temps en temps pour l'apercevoir et puis tout d'un coup plus de Guillaume en vue... Je panique un peu je dois bien l'avouer. J'aperçois alors une jeune femme en vélo qui est dans l'autre sens. Je lui demande alors de prévenir en passant Guillaume que tout va bien pour moi, que je l'attends au ravitaillement suivant. Elle me rassure, elle accepte la mission et part prévenir ma moitié. Je n'avais pas prévu cette situation, je ne sais plus quelle décision prendre... Je discute avec d'autres coureurs histoire de me détendre mais le cœur n'y est pas. Arrive enfin le ravitaillement où je bois un peu cherchant du regard Guillaume, telle sœur Anne ne voyant rien venir. Gilles 75 surgit et ces quelques minutes à ses côtés vont me faire du bien. On prend des photos, on discute un peu, la pression redescend. Mais le temps passe et il faut que je prenne une décision. Heureusement Guillaume apparaît et grâce à Gilles vous avez les images de ce moment. Je repars rassurée même si cela ne va pas durer.
Cette fois ci ce n'est pas Guillaume qui va craquer mais moi. Vous vous souvenez de mon problème de soutif l'année dernière et bien même lieu, mêmes effets. J'ai pourtant choisi une brassière censée être plus confortable sans attache derrière mais il faut se rendre à l'évidence, je ne supporte plus l'élastique. Est-ce que c'est parce qu'en descente, je cours plus vite (enfin tout est relatif chez moi bien sur !) et mes poumons ont besoin de plus de place ? Je ne sais pas, en tout cas une chose est sure : je n'arrive plus à respirer. Il est hors de question que j'attende aussi longtemps que l'année précédente pour prendre une décision et il faut agir vite. Oui mais voilà : j'ai une robe et une brassière qui ne se décroche pas derrière... En quelques secondes, après plusieurs essais infructueux sur la route, je décide de foncer sur le côté, de faire voler ma robe et ma brassière et de repartir enfin libérée de toute contrainte. Guillaume ne dit trop rien même si je sens qu'il aurait bien tenté un « euh Chérie là il y a tous les coureurs qui voient tes seins » mais je suis trop bien. La brassière rejoint le petit panier avant et va finir sa course là. J'ai juste le temps de crier : « pour Noël je veux des nouveaux seins » et c'est reparti.
Oh pas longtemps je vous rassure... La descente est finie pour mon plus grand désespoir et maintenant nous sommes sur une zone plate qui dure, mais qui dure... Pas moyen d'avancer, je me traine lamentablement et ce ne sont pas les encouragements de Géraldine qui y changent quelque chose hélas. Je décide de faire un peu de cyrano pour souffler partant sur du 9 - 1. Guillaume est chargé de donner le tempo même si je râle en lui disant que franchement le temps ne passe pas vite. Il ne dit rien mais je sais ce qu'il pense : « eh ben si on y va à ce rythme, on n'est pas couché !!! ». J'ai mangé une compote et je ne rêve que d'une chose : la montée au Viaduc. C'est quand même un comble de souhaiter plus que tout une grimpette histoire d'avoir une excuse pour marcher un peu. La nuit tombe, il commence à faire un peu froid et je compte les km. Je me souviens que l'année dernière ce foutu viaduc avait mis de longues minutes avant d'apparaître, il en sera de même cette année. Guillaume me suit à pieds, ce n'est pas la peine de tenter la grimpette façon tour de France. Il me rassure en me disant que nous serons sous les 12h30 si tout va bien, que je ne dois rien lâcher, que tout est bientôt fini.
Le fameux rond point : tous ceux qui ont couru Millau le connaissent. Il se situe sous le viaduc et il est synonyme de descente que ce soit à l'aller comme au retour. Enfin je retrouve mon élément. Plus la ville de Millau approche, plus je vais vite. Je ne sais pas où je trouve cette énergie mais je dévale ces km aussi vite que mes jambes peuvent le faire. Nous rattrapons le groupe des 12h et je dois même crier qu'ils me fassent de la place. Il y a plusieurs vélos et coureurs et je suis tellement épuisée que de toute façon en cas d'écart de l'un d'entre eux ce serait la collision assurée. Je crie « poussez vous les garçons, je ne maitrise pas le freinage ! » et ils s'écartent à la fois surpris et hilares de voir cette furie blonde dévaler suivi de son fidèle destrier qui se demande bien à quelle vitesse je peux bien courir. Il fait trop noir pour voir le compteur ! Géraldine est en vue, je la rattrape bien décidée à finir avec elle. Nous continuons toutes les 2 laissant nos hommes papoter derrière échangeant sur la dure réalité de l'accompagnateur en vélo. C'est plat maintenant mais nous ne lâchons rien. Même Géraldine a l'air surprise de courir encore à cette vitesse. Nous sommes flashées devant une école à 11km/h ce qui est certes une vitesse ridicule pour beaucoup mais je peux vous dire qu'après 95 km dans les pattes vous avez l'impression de voler.
Géraldine fait le choix de s'arrêter au dernier ravitaillement mais je continue ma route, je veux finir. A cet instant je suis persuadée qu'elle va me rattraper. Elle est meilleure que moi et je me dis que le peu d'avance que je vais prendre ne lui posera pas de problème. Vont suivre 5km d'enfer... Je ne lâche rien, Guillaume est là à côté qui joue le rôle de coach comme il ne l'a jamais fait. Je lui ai dit que passer sous les 11h48 histoire de mettre une heure de moins que l'année dernière ce serait parfait pour moi. Alors il va tout faire pour... Il me tient moralement, m'encourageant sans cesse. J'ai les jambes lourdes à un point que vous ne pouvez pas imaginer mais je donne tout pour les soulever, pour retrouver une foulée qui ressemble à une foulée. Même dans les petites montées que nous allons encore avoir je ne ralentis pas. Mais bon sens où je prends toute cette énergie ??? J'encourage ceux qui marchent, qui sont dans la souffrance au passage. Nous sommes au 99ème km et Guillaume m'annonce la bonne nouvelle : « tu as 7 min pour faire 1 km ! ». Je devrais y arriver quand même... La ligne droite qui m'emmène au parc est là et je continue. Je ne lâche rien, je pourrais mais je veux juste finir au plus vite cette foutue course ! Je double même si un coureur surement atteint dans son orgueil de mâle me rattrape pour ne pas perdre une place au classement à cause d'une fille déchaînée. Je me marre intérieurement... ça y est je suis dans le parc, le public est là, formidable alors qu'il est tard. Il faut avouer que le fait d'être une femme est un sacré avantage. J'entends Guillaume qui me crie : « fonce je te retrouve là bas » et c'est parti pour le sprint final ! Je grimpe jusqu'à l'arche et enfin je peux souffler.
Ce 100 km est enfin fini !!! Je me retourne pour chercher Géraldine du regard et il ne faut que 40 sec pour qu'elle apparaisse. Même si je n'ai jamais douté sur sa capacité à finir cela me fait rudement plaisir de pouvoir la serrer dans mes bras. C'est seulement là que je réalise le temps que j'ai mis : 11h41, alors que Guillaume m'avait dit que j'étais juste en dessous de 11h48. Il arrive enfin et m'avoue un truc : il me mentait depuis plusieurs km pour me donner de la marge !
Olivier est là bien sûr comme Basilio et Symphorien. Ronald n'a pas l'air au mieux moralement mais c'est normal. Il nous manque Eric et Cécil mais je sais grâce à Mireille qu'il est à 15 km de là et que donc il va finir. J'ai appris en route que cela ne se passait pas au mieux mais je les ai croisés en remontant de St Affrique et Cécile était déchaînée. Je sais qu'elle avait l'énergie pour 2 !
Je suis heureuse et je crois que les photos parlent pour moi !!! Mais ce n'est pas tout ça mais nous ne sommes pas d'ici. Il faut rentrer parce que nous avons promis aux enfants d'être là pour le petit déjeuner dimanche. En quelques minutes, je me change, je rince à la lingette et je grimpe dans la voiture. Nous avons 3 heures de route et nous savons tous les 2 que cela va être dur. Arrêt à la station service pour mon magnum et c'est parti. La route va être aussi éprouvante que le 100 km en lui-même. Nous faisons des arrêts réguliers. Je me marre parce que lorsque nous sortons de l'autoroute, je lis 100 km. Je lui dis : « tu réalises qu'on a fait Clermont Ferrand chez nous en courant ? ».
Guillaume aura ces derniers mots qui seront la conclusion de cette journée inoubliable pour nous 2 : « non mais c'est vraiment un truc de malade quand même ! ».

Par steph95, octobre 08, 2009
Par Eric, octobre 07, 2009
Pourtant tu m'as inquiété qd tu es partie dès le démarrage avec Olivier!
Par DiVi, octobre 07, 2009
Par clara, octobre 05, 2009
En fait, pour la Saint Valentin, c'est pas un restau qu'il faut se faire à deux : c'est le 100 km de Millau !!
Par missken, octobre 04, 2009
Par brinouille, octobre 03, 2009
je remarque qu'en plus d'avoir perdu des 100aines de grammmes de cheveux tu as aussi laissé tomber la pizza la veille ; )
J'adore la ruse de sioux finale de Guillaume pour te faire grapiller encore quelque minutes sur les derniers km !
j'aodre aussi
1 h07 de moins quand même que l'année dernière, objectivement c'est la classe ! (je me fais toute minable avec mes 7mn30 de mieux moi
) non sérieusement c'est vraiment balaize ce que tu as fait, chapeau bas !
Par chlo94, octobre 03, 2009
Par Ayladana, octobre 02, 2009
Encore un énorme BRAVO à toi et bien sûr à Guillaume : vous êtes une équipe du tonnerre !!
Chapeau!!
Par Marilyn, octobre 02, 2009
Un énorme bravo à la Dream Team, vous nous faites si bien rêver
Par phany, octobre 02, 2009
Par wislez nicolas, octobre 02, 2009
Nicolas
Par LN LA TORTUE, octobre 02, 2009
beau récit empreint d'amour ! du grand art ! partagé qui plus est !
une belle course qui fait réver !!!
magnifique CR de courage et de volonté aussi !
BRAVOOOOOOOOO
Par BLIN, octobre 02, 2009
Cela fait du bien de nos jours de voir un couple uni.
J'ai eu tellement d'émotions en te lisant Cécile que mes larmes ruissèlent encore sur mon visage.
Un grand MERCI.
Je suis vraiment heureuse d'avoir découvert ton site.
Par chantaki, octobre 02, 2009
! bravo, vous êtes formidables!
Par Japhy, octobre 02, 2009
Vraiment chapeau à tous les deux, je trouve absolument génial de faire ça en "vrai couple".
Par Bibiche, octobre 02, 2009
Bravo à ton Guillaume et encore bravo à toi Cécile!
Par ushaya17, octobre 02, 2009
Par nadine, octobre 01, 2009
C'est un truc de ouf (comme diraient mes enfants !!). Bravo à vous, coureurs et accompagnants !!
Tu nous donnes l'envie de courir toujours plus !!.. MERCI
Nadine
Par cecil, octobre 01, 2009
Par Marie24130, octobre 01, 2009
Peut être un jour ...
Bravo en tout cas, je suis vraiment épatée même si ton CR ne reflète surement pas la dureté de l 'épreuve.
Pour NOel ? finalement c'est des seins ?
Par BrunoHeubi, octobre 01, 2009
Bravo pour ce récit et ce partage d'expérience. Je crois que tu vas donner des idées à beaucoup d'autres. Et ça c'est vraiment super
Bruno_rendons_la_CAP_accessible_à_tous
Par Lauliana, septembre 30, 2009
Par foozie, septembre 30, 2009
Par Choupi, septembre 30, 2009
Par sophi, septembre 30, 2009
Vraiment belle équipe et quelle belle aventure !!! Un vrai régal ce récit/ Merci milles fois !!!!
Par MIREILLE, septembre 30, 2009
Par gilles75, septembre 30, 2009
finalement je suis content pour vous, une aventure que vous avez du raconter aux enfants
Par Asian, septembre 30, 2009
Par babou, septembre 30, 2009
Par lolonux, septembre 30, 2009
Par gaellou, septembre 30, 2009
Toujours aussi haletant, on souffre avec toi, on rit, on vibre... Bravo Barbie et Bravo Guillaume qui a assure comme un chef l'accompagnement !
Par yanne, septembre 30, 2009
Par Stella, septembre 30, 2009
Par Béa54, septembre 30, 2009
Bravo à tous les deux !
Par LINDA, septembre 30, 2009
Encore une fois un cr bien détaillé comme je les aime : simple, accrocheur,rempli d'émotion et avec un lot de tendresse en plus que l'année dernière grace à Guillaume,LE GRAND
Tu dis que tu es toujours désorganisée, mais tu as mené ce périple très organisée, je trouve : la cb de Guillaume
), le reflexe de s'assoir sur un muret pour le massage, le soutif à détacher sur les derniers km, le petits dèj avec tes enfants...et j'en passe !! J'ai vu aussi les photos et vraiment je te trouve superbe, si j'avais du les montrer à des lycéens à la sortie du "bahu" ils m'auraient dit "whaou la meuf en jupette qui court, c'est trop de la balle!!" "moi aussi je veux courir !!"
Si j'avais aussi montré ses photos à une mère de famille elle m'aurait certainement dit "Whaou, incroyable, alors on peut courir en étant une maman?"
Si j'étais B.H je t'aurai dit "Bravo, tu as finalement bien suivi mon plan"
Si j'étais Luc Besson j'aurai dit "Tiens y'a peut être un bon sénar' à faire la dessus!!"
Si j'étais dans la série Grey's Anatomy j'aurai dit au docteur "Mamour" "Franchement, Guillaume te bats à plate couture!!"
.....
Bref, je te dis un grand bravo, haut la main, tu es une femme de grands defis et c'est ce qui dessine aussi bien ta grande personalité sans négliger les gens qui t'encouragent, qui t'entourent et aussi savoir mettre un bon coup de pieds aux fesses aux aigris de certains forums de course à pied.
Tiens, au fait, tu ne parles pas de Nenni, vous ne vous êtes pas du tout croisés??
Je prendrais également de lire le cr d'Eric et Cécile avec plaisir!!
Ton cr, je sais où le trouver...alors précieusement je le ressortirai, lorsque moi aussi, j'attaquerai ce défi qui fait aussi partie de mes projets (avec Marlène et Lolo).
Grosses bises à toi et aussi à Guillaume "Le Grand"
Linda
Par nenni, septembre 30, 2009
Vaudrait juste que tu apprennes à, un peu, t'organiser. Mais c'est juste pour rendre la vie plus facile à ton homme !
Bises à vous.
Par coco57, septembre 30, 2009
Comme d'habitude, un compte-rendu qui nous tient en haleine du début à la fin. Bravo Barbie et Bravo Ken !
Un truc de fous, c'est sûr !
Par Birgit, septembre 30, 2009
Tu nous fais vraiment vivre la course. J'adore ton récit. Félicitations à la dream team.
Bon repos bien mérité.
Birgit
Par liboulou, septembre 30, 2009
Par Sof, septembre 30, 2009
Cela donne envie, même si ça parait totalement irréalisable pour moi.Mille fois bravo
Par anoushka, septembre 30, 2009
Bravo à vous deux. Une heure de moins quand même...!!!! Quel exploit!



merci pour ce CR