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Ultra India Race 2012 : teaser
Écrit par Cécile Lundi, 30 Janvier 2012 09:23
Ultra India Race 2012 : teaser

Valérie et moi perdues au milieu d'une plantation
Comment mettre des mots sur le bonheur ? C’est marrant quand même, parce que sur le malheur ou les mauvais souvenirs, on a parfois moins de mal, on veut juste cracher le morceau le plus loin possible pour en finir mais quand il s’agit de moments de bonheur, on a presque envie de les garder pour soi, pour les protéger.
Je ne vais pas vous faire un CR comme j’en ai l’habitude parce que, dure loi du marché, j’ai réservé l’exclu de ce texte pour Runner’s word ce qui m’a permis d’en financer une partie. Je sais c’est un peu injuste mais je pense que maintenant que nous nous connaissons bien vous comprenez qu’il y a aussi la réalité de la vie et ces contraintes bassement matérielles. Mais il m’est impossible de ne pas vous raconter quand même un peu de cette belle aventure et pour cela je vais me servir de 2 ou 3 personnages qui ont fait de ce film une grande production bollywoodienne !

Valérie au départ, prête au combat !
Valérie : je l’ai rencontrée sur la Transahariana et même si elle avait fait la course en tête j’avais eu le temps de sentir que j’avais à faire à une grande dame du trail, une femme intelligente, cultivée, d’un courage et d’une force mentale inouïe. En fait, j’y pense seulement maintenant, je la déteste parce qu’elle est tout ce que je voudrais être !!! Nous avons vécu nos 2 premiers jours de course ensemble et j’ai tenté par tous les moyens de m’accrocher mais j’ai vite compris qu’il y a un moment où il faut rendre les armes et accepter qu’un vélo ne sera jamais aussi rapide qu’une mobylette à moins de mettre du red bull direct dans le carbu ! Mais nous avons profité de ces 2 jours pour faire plus ample connaissance, parce que ce n’est pas parce qu’elle vole dans la montagne qu’elle ne parle pas ! J’ai vécu les 3 dernières étapes seule mais portée par sa force et je lui en suis éternellement reconnaissante.

Une hallucination bien réelle !
Alexandre Debanne : vous me direz mais que vient faire ce mec dans mon histoire ? Eh bien croyez-le ou pas, j’ai vécu une histoire digne de la 4ème dimension grâce à lui. Alors je vous raconte pour celles qui ne connaissent pas encore toute l’histoire (il en reste vous croyez ???). Je commence le sport avec le Raid Amazone dans des conditions assez agréables puisque je suis sur l’Ile Maurice, en quecha ok mais sur l’Ile Maurice quand même. Pour l’épreuve VTT, art que je maîtrise autant que le vélo de course c’est dire, on nous a rajouté un petit challenge supplémentaire : les 35 premières équipes auront le droit à une visite d’une plantation de thé. Ne cherchez pas pourquoi mais moi ça m’a donné des ailes et je me suis retrouvée à boire ma tasse de thé à la vanille heureuse comme tout de vivre ce petit moment hors du temps et de la course. Alors que nous partons à l’assaut de notre première plantation de thé, nous bavassons allègrement avec Valérie et je lui raconte tout ce que j’ai retenu de cette expérience, en lui précisant bien à quel point tout cela a bouleversé ma vie. Je lui raconte aussi que par le plus grand des hasards, Alexandre était là en invité le jour où j’ai franchi la ligne d’arrivée de mon premier MDS, comme un symbole de la nouvelle femme que j’étais devenue un peu grâce à lui et son Raid. Et là, alors que je finis à peine ma phrase, apparaissent 3 motos, des Royal Enfield, les motos indiennes légendaires, les Harley locales et il me faut une fraction de seconde pour le reconnaître : le mec avec son sourire à tomber et ses lunettes de soleil, pas de doute c’est Alexandre ! Je crie son nom et malgré le bruit pétaradant des moteurs il m’entend. Heureusement que Valérie a le reflex de sortir l’appareil pour garder une preuve parce que je pense que si je vous racontais cette histoire sans le choc des photos, le poids des mots ne suffirait pas ! Alors voilà moi j’y vois un signe du destin, la preuve que je suis bien à ma place dans la vie que je mène aujourd’hui, pleins de petits trucs comme ça et j’ai su à ce moment là que forcément je finirai bien ma course.

Arrêt au stand pour Fabien
Fabien : quelle est la probabilité pour qu’une fille qui vit au fin fond de l’Allier rencontre et sympathise avec un chauffeur de bus lillois qui fréquente plus les élites que les moteurs diesel de mon genre ? nulle !!! zéro !!! zoubi !!! Et voilà la magie de ce petit monde de l’ultra, permettre ce genre de rencontres improbables. Avec Fabien, nous n’avons jamais couru ne serait ce qu’une seconde ensemble, même blessé il va trop vite pour moi. C’est au campement que nous avons fait connaissance avec des grands moments de rigolade comme un dîner totalement improbable dans un restaurant encore plus improbable, si le mot restaurant peut d’ailleurs s’appliquer à une arrière salle obscure, une table en formica d’un autre âge… Pas de carte, juste un échange résumé à ces quelques mots : « eat ? » « rice ? », « yes » et roule ma poule. Surtout ne jamais chercher à savoir ce qu’on mange, accepter de jouer le jeu et se laisser porter. Il m’a fait découvrir le jus de mangue qui m’a servi de carburant dans mes gourdes. Il a toutes les qualités que l’on cherche sur ce type d’épreuve : il dodeline parfaitement la tête et possède un modèle très rare de Hokka tongs qui devrait faire sa fortune d’ici peu je pense s’il dépose le brevet ! Tout en fréquentant les hautes sphères de la CAP, il a surtout su rester très simple et dieu que cela fait du bien parfois !

Mes chouchous !
Yves et Christian : ah mes 2 chouchous ceux là ! Ils ont su prendre soin de l’épave que j’étais en Australie, ils ont pu enfin voir que je suis aussi capable de passer une semaine sans pleurer ! Mais finalement j’ai un regret aussi d’avoir aussi bien tourné c’est que je n’ai pas pu profiter de leur présence à mes côtés puisque pour une fois je ne débalisais pas !!! Du coup j’ai prêté Christian à Isabelle, l’ange gardien de mes pieds, pour qu’elle profite elle aussi un peu de ses histoires fabuleuses et je me suis arrangée pour quand même stresser un peu Yves pendant la course. Alors que je suis planquée à un CP dans un arrêt de bus pour boire un peu, j’entends sa voiture qui arrive. A peine est il descendu qu’il demande à Jérôme : « tu as vu Cécile ? » avec un fond d’inquiétude dans la voix. Mais oui je suis là, t’inquiète et je vais bien en plus ! Il m’a sacrément touché avec cette simple question. Je lui ai d’ailleurs proposé le poste de régisseur de la plantation de thé que je vais m’acheter au Kérala et il l’a accepté. Comme il m’a si gentiment répondu : « mon job c’est l’humanitaire, je peux bien bosser pour toi ! ».

Isa en mode coureuse !
Isabelle : dans la série des belles rencontres, elle en est la parfaite illustration. C’est notre maman à tous même si bien entendu elle n’a pas du tout l’âge d’être ma mère. Sa passion c’est faire que nous frappadingues de l’ultra soyons sur nos pieds, emballés comme des momies égyptiennes s’il le faut, chaque matin que la course fait. Elle a réussi l’exploit qui mériterait à lui seul un titre dans le Guinness des records de s’occuper de mes pieds, sans les toucher. Ça fait partie de mes petites lubies… je n’aime pas qu’on me touche la plante des pieds, ça chatouille… Elle veille sur nous, nous remonte le moral, sait trouver les mots pour faire repartir le coureur en doute mais sait aussi dire stop avec suffisamment d’autorité pour qu’il rende les armes.

Ils mangent des crêpes !!! Comment voulez vous que la bretonne que je suis ne soit pas heureuse là bas...
L’Inde : aussi loin que mes souvenirs d’enfant m’emmènent j’ai toujours voulu aller là bas. J’ai même failli prendre le voile à 16 ans pour rejoindre Sœur Emmanuelle, c’est dire ma motivation. Vous savez quand votre instinct vous parle, qu’il vous fait comprendre qu’il y a là bas quelque chose que vous cherchez par-dessus tout, une sorte de paix intérieure ? Je ressentais ça avec l’Inde. Et avec New-York, c’est dire si je suis une fille paradoxale ! Il a fallu attendre 41 ans pour que je foule le sol indien mais immédiatement j’ai su que mon instinct était le bon. Immédiatement je suis tombée en amour pour cette région si riche en couleurs, en odeurs, en paysages. Immédiatement j’ai su que je reviendrai un jour c’est certain pour découvrir un peu plus cette partie du monde où j’ai du vivre dans une vie antérieure pour y être tout de suite aussi bien, aussi à l’aise.

Derrière toute course il y a des bénévoles !
J’ai fait un rêve, j’ai fait le rêve qu’un jour, je serai une vieille femme aux cheveux longs grisés par le temps, tressés dans le dos et fleuris de guirlandes odorantes blanches, portant un sari bleu pour aller avec mes yeux délavés par le temps, buvant son thé sur le palier de sa petite maison colorée, assise dans un rocking chair blanc, à regarder le soleil se coucher sur les plantations de thé au loin. Il y aura toujours un sweet lassy pour le voyageur égaré dans ma petite maison colorée…

Cécile

Par choupine36, février 23, 2012
Par Stella, février 11, 2012
Par rohini, février 08, 2012
parce que les gens sont adorables, que les odeurs sont magiques, que les couleurs sont fabuleuses etc etc
mais si toi en plus tu nous expliques tout ça, comment veux-tu que je résiste encore longtemps ?
Trêve de plaisanterie, c'est un fabuleux voyage que tu as fait, une aventure extraordinaire comme j'aimerais pouvoir en vivre.
Bravo Cécile
Par gaellou, février 07, 2012
Par Twister, février 01, 2012
Et puis la rencontre avec Alexandre Debanne, y a qu'à toi que ça pouvait arriver !!
Tes articles se lisent comme de jolies nouvelles !!
Par Barbie, février 01, 2012
Cécile
Par Barbie, février 01, 2012
c'est celui là mais en turquoise !

J'ai réussi à tout mettre sachant que je ne partais que pour 5 jours. j'ai rajouté des portes bidons comme tu as pu le voir. Autre aménagement : des attaches sur le dessus du sac comme elles existent sur le grand pour pouvoir transporter ou un duvet ou comme c'était le cas là mon blouson vertical qui me servait d'oreiller la nuit et me tenait chaud le soir.
Je vais partir avec pour le reste de mes balades mais je rajoute le ventral là, parce que nous partons pour plus long question autonomie.
Cécile
Par Bibiche, février 01, 2012
Je suis verte de jalousie moi aussi, courir dans les plantations de thé, le rêve!
Par Béa54, janvier 31, 2012
Bravo à toi
Par Rhapsodie, janvier 31, 2012
Mais si vous chercher les traces de soeur Emmanuelle, il va falloir s'arrêter au Caire ;-) A Calcutta, on peut bénir l'action de soeur Thérésa :-)
Par yanne, janvier 31, 2012
Par virginie Thévenot, janvier 31, 2012
Par Réjane, janvier 30, 2012
Sinon, Runner's World fait partie de mes lectures habituelles au même titre que Running Pour Elles, donc peu importe le magazine, j'ai juste hâte de lire l'article complet!
Par Cathy03m, janvier 30, 2012
Par Japhy, janvier 30, 2012
Quant à la fin de l'histoire, ça arrivera, j'en suis sûre.
C'est très bien que ça passe dans Runners world, c'est autrement plus intéressant qu'un plan ou une énième paire de pompes! Et d'ailleurs j'aime bien ce canard pour cette raison, il y passe souvent des histoires de tordus, on en a encore la preuve cette fois!
Par Mariebleu, janvier 30, 2012
MERCI ET BRAVO (ça aussi je le dis à chaque fois!).
Par fredM, janvier 30, 2012
Par MIREILLE, janvier 30, 2012
Par fabien DEBAUCHERON, janvier 30, 2012
Bien content de t'avoir rencontrer, et ainsi pu partager ton quotidien si strassé! lol
Au plaisir de te retrouver sur une piste, un chemin, au hasard d'un virage...
Longue route, et four ou sans dessert!
bon ok je me retire!
Par leeleeth, janvier 30, 2012
Bon tout à l'air de s'etre plutot bien passé alors je suis ravie ! vivement le CR complet !
Par fabien DEBAUCHERON, janvier 30, 2012
Par malutine, janvier 30, 2012
Moi aussi j'attends la suite en bavant et ce n'est pas que l'idée du jus de mangue
Par gygy, janvier 30, 2012
Par sunshine, janvier 30, 2012
+1, pour moi grande voyageuse, cette destination m'attire vraiement !
Vivement que l'article sorte !
Par Barbie, janvier 30, 2012
Vous savez les filles ce type d'aventure est vraiment plus abordable qu'on ne le pense. le couple de coréens qui a bouclé la marche a justement marché pendant presque toute l'épreuve, profitant de tout ça pour prendre des photos, s'arrêtant vraiment aux ravitaillements. Contrairement à ce que l'on peut penser un marathon par jour (en fait de 38 à 40 km par jour mais avec du denivelé) ça se fait si on le gère bien. Personnellement j'ai mis en moyenne 6h par jour sur la route, j'étais toujours arrivée à 14h, ce qui m'a permis largement de prendre mon temps, de profiter des paysages, de récupérer au campement pour repartir le lendemain. Ce format est vraiment pas mal du tout et permet à beaucoup de coureurs de se lancer dans l'aventure de l'ultra en autonomie alimentaire. Sans vouloir divulguer un grand secret, comme nous étions souvent seuls sur le parcours et que nous traversions des villages, nous avions l'autorisation de nous ravitailler de façon sauvage. Ok on ne s'arrête pas pour faire un barbecue non plus mais j'ai bien aimé pouvoir discuter avec les écoliers dans les petits magasins sur le bord de la route quand j'achetais ma bouteille de jus de mangue que je versais directement dans ma gourde. Cette petite liberté m'a permis de belles rencontres en tout cas.
Cécile
Par Niña, janvier 30, 2012
Par Comdine, janvier 30, 2012


