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UTMB 2011 : au bout du bout...

Écrit par Cécile on .

UTMB 2011 : au bout du bout…

Alors je vous préviens tout de suite, ne comptez pas sur moi pour vous offrir un CR larmoyant comme pour l’Australie. Oui je n’ai pas fini l’UTMB mais je préfère vous le dire maintenant, je l’ai très bien vécu. Pourquoi me direz-vous ? Parce que j’ai enfin compris une chose que je subodorais depuis longtemps : la montagne n’est pas mon élément naturel favori ! Je n’ai jamais skié enfant, cela ne m’a d’ailleurs jamais manqué. J’ai béni le ciel d’être tout le temps enceinte pour pouvoir éviter de skier en famille laissant au mâle dominant de la tribu le rôle de Popeye pendant que je lisais tranquille Gala au club house de Megève en sirotant mon thé citron. Je suis une fille de la mer moi, une vraie de vrai qui jubile quand elle passe le cap horn déchaîné, pas quand elle grimpe le col Ferret. Je suis la reine de la descente des huîtres plates de Cancale, pas la reine des descendeuses du Col du Bonhomme. Je ne mange pas de fromage, vaguement du jambon suisse, mais je suis dangereuse face à une flopée de bigorneaux. Bref vous l’aurez compris, je partais avec un sérieux handicap.

En 2010 j’étais forcément un peu frustrée puisque que l’arrêt n’était pas de ma volonté et puis j’avais fini comme une fleur cet UTMBébé improvisé. J’en avais bavé sur ce foutu col Ferret mais je l’avais vaincu, comme cette tête au vent de malheur. Le problème c’est que je n’avais jamais fait plus de 100 km en montagne et que j’ai eu un été catastrophique question entraînement. Tous mes plans et prévisions sont tombés à l’eau pour des raisons personnelles que je ne vais pas détailler là parce que ce n’est pas la place. Mais si je suis blonde je sais tout de même que 166 bornes autour du gros caillou ça nécessite un peu d’entraînement. Avec ma 6000D vomissante je n’étais pas aidée. Grâce à Fred et Jacques que je remercie ici chaleureusement j’avais un peu couru en août mais rien de vraiment sérieux. J’arrive donc à Chamonix quelque peu stressée par ce qui m’attend. Il fait beau, j’ai pleins de copains à voir alors on adopte la positive attitude pour le moment mais voilà en vrai je suis une vraie traqueuse, une vraie stressée du bulbe. Il faudrait qu’un jour je me filme quand je suis en train de préparer mon sac pour ce type de course, je vous jure ça se visite !!! Je suis méconnaissable, toute personne qui s’approche prend des risques pour sa survie… Et là comme d’habitude mon sommeil va en pâtir. Je ne vais pas dormir les 2 nuits qui précèdent la course. Mais quand je dis « pas dormir », ce n’est pas une image ni une vue de l’esprit, je fais vraiment le hibou dans mon lit… J’apprends par cœur le dernier Point de Vue Images du Monde et je sais tout du futur bébé de Victoria de Suède alors qu’il n’est encore qu’un embryon… J’arrive à faire une sieste de presque 2 h le vendredi après midi mais ça ne suffit pas à rattraper le retard déjà pris. Et comme en plus, entre temps, j’ai appris que nous partions à 23h30 au lieu de 18h30, je suis totalement affolée. J’ai horreur des départs nocturnes. C’est comme ça, je n’y peux rien. Autant j’adore courir la nuit, autant je déteste partir la nuit. J’ai besoin de plonger dans l’obscurité après avoir couru un certain temps mais y aller comme ça à la frontale est un exercice que je déteste. Nous avons aussi reçu un sms nous indiquant les nouvelles barrières horaires qui ne me parlent pas du tout à ce moment là. Si elles m’avaient parlé d’ailleurs je n’aurais carrément pas pris le départ parce que j’aurais compris que là les nouvelles règles ne m’étaient pas favorables. Seul point positif dans tout ça, je rejoins Raphaël que je connais depuis mes débuts de coureuse presque. Nous avons couru notre premier NY ensemble, il était là pour la Trans’aq et il m’a demandé s’il pouvait partir avec moi, histoire de ne pas se griller. « Je préfère partir avec toi parce que sinon je vais partir trop vite et je le paierai plus tard » m’a-t-il dit… Ne pas se vexer, Cécile, ne pas se vexer… Moi je cherche des lièvres pour me permettre d’aller vite, et je sers de ralentisseur pour les autres !!!

Nous sommes là devant l’église et je profite de l’attente pour aller enfiler mon pantalon imperméable. Raphaël l’a déjà fait et il n’a pas tout à fait tort, ce serait bête d’attraper froid tout de suite. Inutile de préciser que je profite de l’occasion pour un dernier pipi vite fait derrière un bosquet ! Ça y est les fauves sont lâchés et il faut croire que tout le monde a la trouille de ce qu’il l’attend parce que ça se traine sérieusement. J’ai le souvenir d’avoir couru beaucoup plus rapidement l’année dernière mais là il faudra presque attendre la sortie du centre ville pour enfin commencer à courir. Et bien entendu il pleut… C’est bien comme les choses ne changent pas avec l’UTMB… ça en devient presque rassurant en fait… Jusqu’aux Houches c’est plutôt roulant donc le rythme tient encore de la course à pied. Arrêt au stand rapide et c’est reparti vers St Gervais où je sais que la descente va être une autre paire de manches. Avec la pluie je sens que les Brian Joubert de l’année dernière vont faire leur réapparition et que ça va tenir du bain de boue cette histoire. D’ailleurs nous allons tomber tous les 2 à tour de rôle comme prévu mais sans conséquence. En arrivant à St Gervais nous croisons des coureurs et pendant une fraction de secondes je me demande ce qu’ils font là. Nous nous sommes trompés ou quoi ? Ben non bêtasse, c’est juste que l’année dernière il n’y avait personne qui repartait de ce ravito !!! J’avale mon verre de coca sans demander de whisky dedans et c’est reparti. Direction les Contamines 10 km plus loin et quelques mètres de dénivelé en plus. C’est là en fait que tout part en sucette… Nous arrivons à 5 min de la fermeture du ravito ! Nous n’avons pas spécialement trainé et là je comprends que les nouvelles barrières horaires imposées pour cette année sont juste délirantes ! Jamais je ne suis arrivée comme ça, si juste. Et je ne suis pas la seule et je ne suis pas la dernière… Je suis juste affolée et pendant quelques secondes je me demande ce que je vais faire. Pour mon premier ultra de la 6000D j’avais rendu mon dossard parce que j’étais à 45 min de la barrière horaire, alors là… Mais Raphaël ne me laisse pas le temps de penser et nous sommes repartis pour notre course infernale. Mais j’ai compris que là cette fois-ci j’allais morfler.

La nuit est bien là et mon manque de sommeil se fait cruellement sentir. J’ai envie de dormir, je plonge même par moment ce qui est super sécurisant pour une course en montagne. Même si j’ai le phare de Petzl sur la tête ! Raphaël se marre et me dit qu’il ne m’a jamais trouvé aussi éblouissante ! Je n’ai qu’une envie, c’est me mettre en boule quelque part et dormir. Seulement voilà il fait froid, il pleut, et j’en ai déjà marre d’être là. Et il y a ce fameux col du Bonhomme… J’ai perdu Raphaël depuis quelques temps mais nous savions que cela arriverait. Je regarde ce truc à grimper et je me dis que si je ne sors pas l’arme fatale il va avoir ma peau. Je dégaine donc ma musique et c’est parti mon kiki. Tu vas voir qui est la plus forte tiens ! Je double tout en chantant pas mal de coureurs qui se demandent bien ce qu’il me prend. Ne rien lâcher parce que si tu t’arrêtes ne serait ce qu’une seconde pour réfléchir tu es morte. Je finis même par rattraper Raphaël qui me demande ce que je fous là et qui voudrait bien un gentil cachet emballé dans du papier alu lui aussi. Nous allons traverser la neige ensemble qui ressemble plus à de la grêle à ce moment là. Il nous manque l’invasion de sauterelles et c’est la totale ! Mais c’est vraiment du délire cette course quand même. Au refuge du Col du Bonhomme on nous dit qu’il nous reste 45 min pour redescendre. Je t’en foutrais tiens des 45 min !!! Ce qui est difficile en fait à gérer c’est que le terrain est tellement gras qu’il est difficile de se lâcher dans les descentes. J’admire vraiment ceux qui se lancent dans ce type d’aventure sans bâtons. C’est dans la grimpette pour le Col de la Seigne que je vais perdre définitivement Raphaël pour le laisser voguer vers sa victoire que je sais évidente. Je commence à le connaître un peu mon alsacien et je connais sa force de caractère. J’aime l’idée que sans la course à pied, jamais lui et moi ne nous serions rencontrés et n’aurions sympathisé. Nous avons vécu notre premier ultra avec la Trans’aq où je l’avais vu démontrer ses qualités de coureur jour après jour. Je savais qu’il irait au bout de son aventure montagnarde et il l’a fait après 44 h ! Je suis fière en fait de connaître ce mec et d’être son amie !

Allez assez de lyrisme et revenons-en un peu à moi et à mon plantage en beauté. J’avance toujours en frôlant les barrières horaires mais maintenant j’ai compris que ce sera le cas jusqu’au bout. Le plus dur en fait c’est que cela empêche toute récupération. Tu arrives au ravito, tu choppes un verre de coca, un truc à manger et zou ils te mettent dehors. Tu voudrais bien te poser un peu mais c’est impossible. C’est là que je pense qu’il faut gérer cette course différemment des autres. Oui il faut veiller à ne pas se griller dès le départ mais il faut aussi se dire qu’à mon niveau on part pour plus de 40 h d’effort et qu’il faudra à un moment ou à un autre pouvoir se poser vraiment pour ravitailler, voir s’assoupir un peu. J’avance mais je sais très bien que je ne passerai pas à un moment ou un autre. En fait je décide à ce moment là que comme en Catalogne ce n’est pas moi qui dirai stop mais l’organisation. Je sais que je ne passerai pas la 2ème nuit. Je suis épuisée et une quasi 4ème nuit blanche sera celle de trop. En attendant il fait enfin beau et ce foutu col de Chercuit est  là. Le ravito est super joli, le pain délicieux, je me pose deux secondes sur un banc et je papote avec mon voisin tout aussi épuisé que moi. Nous parlons des barrières horaires et là surprise il me parle du changement de parcours. Comment ça on a reçu un sms ? Ok je sais pour le recevoir il faudrait déjà que j’allume mon portable… Il parait qu’on ne monte plus à la tête au vent mais qu’on descend vers Martigny pour remonter je ne sais où. Je me souviens de l’année dernière où j’étais passée de nuit sur les hauteurs avec cette ville vaisseau spatiale en contre bas. Mais si nous descendons, il faudra forcément remonter et là c’est trop pour moi. Je sais ça peut paraître bête pour certains mais pour une fois le fait de connaître la fin d’une course me réjouissait et me rassurait un peu. Là je pars dans l’inconnu complet avec du dénivelé en plus, ma grande spécialité !

Je repars parce que de toute façon je n’ai pas le choix et j’en profite pour demander comment est la descente. « Oh c’est une piste de ski, c’est plutôt roulant »… Je t’en foutrais oui une piste de ski !!! Sur 10 m je veux bien mais très vite c’est encore du monotrace avec des racines, des cailloux, des appuis fuyants, bref un vrai régal ! Et puis petit miracle de ce type de course, je rencontre un coureur qui va m’offrir sans le savoir un de mes plus grands moments de course à pied. Qui a commencé à parler à l’autre, sincèrement je ne m’en souviens plus. Nous papotons tranquillement tout en descendant vers Courmayeur. J’apprends que ses pieds le font souffrir, qu’il va surement lâcher l’affaire en bas, qu’il était lui aussi au Verbier mais sur le long, bref des discussions de coureurs. Même si sa compagnie est des plus agréables ça n’en finit pas. J’en ai marre de toujours regarder mes pieds ou ses pieds pour éviter de tomber à chaque instant. Les minutes s’écoulent inexorablement et j’entends dans ma tête le tic tac de la barrière horaire qui s’accélère. Enfin l’entrée de la ville est là et son bénévole qui nous dit : « il vous reste 10 min pour faire 800 m ». La barrière horaire va tomber à 17h45 et il est 17h35. Nous ne savons pas encore qu’en fait c’est l’horaire de sortie et heureusement d’ailleurs parce que sinon je n’y serai jamais allée. Mon compagnon de route me dit alors : « tu regardes ton chrono tout le temps, tu veux la passer cette barrière horaire ? ». Ben oui en fait… « Ok alors accroche toi on y va ! » et là il part comme une fusée et je m’accroche. Nous allons faire un truc complètement délirant mais terriblement amusant, nous allons traverser cette foutue ville à la vitesse de la lumière. Je ne sais pas où je trouve la force de courir comme ça avec l’équipement que j’ai sur le dos mais je ne lâche rien. Je tente un « mais tes pieds ça va ? », « je sers les dents ». Ok c’est GI Joe alors on ne moufte pas et je continue à avancer. Première fausse joie je vois un bâtiment que je crois reconnaître mais ce n’est pas le bon. Une chose est sure il y avait plus de 800 m c’est moi qui vous le dis ! Quand enfin je vois le bâtiment en question, les barrières, je refuse encore de réfléchir. Une bénévole crie nos numéros de dossards à un autre qui attrape le sac intermédiaire de mon compagnon de délire et je crie « je n’en ai pas, pas la peine de chercher ». Allez foncez il vous reste 4 minutes pour sortir de là ! Comment ça 4 min ??? Il est 17h41 et je dois avoir ravitaillé et tout le toutim en 4 min pour être ressortie. Je remercie la paire de salomon qui m’a emmené jusque là et je découvre enfin son visage, ah ben mince alors mais il est à tomber à la renverse ce mec ! Je pense immédiatement à une réflexion que Sophie notre pétroleuse m’avait faite une fois sur une course à St Martin de Ré où j’avais emmené (pour une fois j’étais devant !) un jeune homme sacrément mignon jusqu’à la ligne d’arrivée. Elle m’avait dit « ben moi la prochaine fois je reste avec toi plutôt que de courir vite devant parce que c’est plus intéressant avec toi ! ». Ok il pourrait être mon fils et je n’ai pas l’âme d’une Demi Moore mais tout de même… Et là reflexe de fille oblige, je me dis « mon dieu mais quel spectacle je lui offre tiens »… Le cheveu gras et mouillé par des heures de pluie, décoiffée par la capuche mise et remise indéfiniment. J’ai forcément  le visage rouge pivoine d’avoir pris le soleil en altitude et d’avoir couru comme pour un marathon. Je porte un blouson imperméable bleu pétrole genre Kway… Vous avez déjà essayé d’être séduisante en Kway vous ? Sans oublier mon pantalon imperméable qui me grossit comme jamais. Bien la peine de courir tiens pour avoir la cuisse fine si c’est pour avoir l’air d’un bibendum dans un pantalon pour aller à la pêche aux bigorneaux ! J’ai presque envie de lui dire « mais tu sais en vrai, dans la vraie vie, je ressemble à une fille » mais déjà il faut que je fonce manger. Et puis de toute façon, je ne connais même pas son prénom (pas mes lunettes de vue… pas vu son prénom sur son dossard »… Et puis zut je suis mariée en plus…Mais pourquoi monde cruel !!! Du coup je vais noyer mon chagrin avec un verre de coca si cette foutue tasse écolo veut bien se déplier. Punaise mais je vais y laisser un ongle moi avec cette saleté écologique. Je bois un premier verre et je fonce chercher une assiette de pâtes, 2 morceaux de pain, un peu de jambon tout en demandant au bénévole de m’en servir un autre. Je fonce vers la sortie et là on m’arrête : « vous ne pouvez pas sortir avec une assiette ». Hein ??? Mais je fais comment moi pour manger en 1min ? Je lui réponds « no comprendo italiano » et je fonce. Quoi ? Je sais qu’il m’a parlé en français le garçon mais il n’a pas le temps de comprendre que je suis dehors, que ma puce a bippé et que j’ai sauvé mes fesses à une seconde prêt sur cette barrière horaire. Je m’échoue lamentablement comme un éléphant de mer sur la banquise sur la passerelle qui rejoint la route et je souffle enfin.

Je prends la décision de prendre le temps de manger. De toute façon c’est une question de survie. Je n’ai pas le courage de me changer, je dégage une odeur que je n’ose même pas imaginer, à des années lumières de mon eau dynamisante tiens mais bon de toute façon il va bientôt refaire nuit et refaire froid. Et puis zut à la fin, je suis comme je suis et l’idée même de lever les bras pour enfiler un tee shirt propre me donne la nausée. Me relever va me demander un effort surhumain et déjà il faut repartir. Je m’arrête aux toilettes quand même et je m’enferme dans celles réservées aux handicapés. Oui je sais c’est un acte d’une incivilité inouïe mais toute femme qui a couru presque 80 km en montagne peut me comprendre : plus élevées, barre de soutien pour se relever, plus d’espace… J’irai peut être grillée en enfer mais dieu que c’est bon !!! Je repars après moins de 30 min d’arrêt au stand vers le refuge Bertone sachant que maintenant la prochaine barrière horaire, inaccessible pour moi est à Arnuva. Je suis blonde mais je sais calculer ma vitesse moyenne qui est juste pathétique. Refuge Bertone, j’aperçois Corinne une copine qui repart en se plaignant du froid et elle a bien raison. Je retrouve surtout Arthur Baldur (ce n’est pas son vrai nom c’est un pseudo !) qui est le formidable organisateur de la LyonSainteLyon, mon dernier petit délire hivernal. Je ne pense pas le vexer en disant qu’il manque sérieusement de pêche le garçon. C’est beaucoup moins « pum and up » que début décembre l’ambiance. Nous décidons de repartir ensemble, bien conscients que cela va durer ce que cela va durer. Direction ce foutu refuge Bonatti qui est à des km et des km… La grimpette pour le rejoindre va m’achever et c’est sans aucune motivation que j’arrive là haut dans le froid et la nuit. Nous savons très bien que le prochain arrêt sera le dernier alors on profite ! Je fais la connaissance physiquement de l’autre Isabelle, la copine de mon Isange et il faut presqu’elle nous pousse dehors pour que nous daignions y aller. La descente vers Arnuva fait officiellement 5 km mais on ne me la fait pas à moi ! C’est quoi l’équivalence du km français en km suisse ? Non parce que je veux bien mais là ça fait plus. Nous sommes doublés à un moment par 2 coureurs qui ont l’air d’avoir le feu quelque part. Je comprends alors qu’ils ont du rallonger la barrière horaire et qu’ils tentent le tout pour le tout. Eh bien allez-y les garçons, moi j’en ai ma claque de la balade. Je trébuche régulièrement, je dors debout, je veux mon lit !!!

Arrivée à Arnuva, on rend notre dossard et direction le bus pour Courmayeur. Nous allons avoir de la chance puisqu’il y en a un qui part tout de suite. L’ambiance est terrible, lourde, froide, les gens présents sont épuisés, désespérés et pas vraiment heureux d’être là. Moi je m’endors à peine montée dans le bus… Retour au gymnase de Courmayeur qui là veut bien de moi cette fois ci. Je pose mon sac à dos sur une table, ma tête sur mon sac et je me rendors. Pathétique !!! Arrive enfin le bus vers 2h du mat, il faut rentrer à Chamonix. Mais la rigolade n’est pas encore finie pour moi vous vous en doutez. J’ai un léger insignifiant petit problème : mes clés de voiture sont dans mon sac de sport qui est dans la salle de presse où je me suis changée… Et vous vous doutez bien qu’à 3h du mat à Cham, question ambiance j’ai connu plus funky ! Je rends mon dossard en échange de mes 20€ de caution sur la petite place dont je me suis élancée plus de 24h auparavant et je me dirige tétanisée de froid vers la salle qui se situe au Majectic pour ceux qui connaissent. Il y a de la lumière chouette ! La porte est fermée, zut… Je vois mon sac posé par terre et je finis par tambouriner à toutes les fenêtres sans grand succès. Je m’apprête à repartir lorsque oh miracle la porte s’ouvre sur un des mes confrères qui me demande ce que je veux. J’explique ma situation en quelques secondes et zou j’ai mon sac. Alléluia il y a au moins un truc positif ce soir. Il me dit que j’ai une chance folle, que cela fait des heures qu’il bosse avec un casque sur les oreilles et que s’il n’était pas parti à la recherche de ses clopes je serai repartie bredouille. Il me dit aussi que si je n’ai pas d’endroit où dormir, il est là encore 30 min et qu’il m’ouvrira pour que je puisse squatter au chaud. Ah oui j’ai oublié de vous dire : je suis encore une fois sdf à Cham en pleine nuit… Je ne pensais pas vraiment abandonner et donc je n’ai pas prévu de chambre d’hôtel et j’ai une 205 cabriolet certes absolument adorable mais pas vraiment compatible avec mes jambes à la Adriana Karembeu. Quoi ? C’est vrai que j’ai de grandes jambes que voulez vous. Quand j’étais ado je ne pouvais pas faire le pied à la main mais le pied à la cheville. Ou alors j’ai les bras trop courts ??? Bref, Pascal tu es où !!!!! (relire CR UTMB 2010 pour comprendre). Direction l’hôtel de l’Aiguille du Midi qui m’hébergeait auparavant. Je tiens à remercier ici publiquement la directrice de cet établissement pour tout ce qu’elle a fait pour moi. Non seulement elle a répondu au téléphone à 3h30 du mat mais elle m’a aussi trouvé une petite chambre pour dépanner puisque toutes les autres avaient été louées par des coureurs abandonnés comme moi. Si un jour vous cherchez un hôtel sur Chamonix n’hésitez pas ils sont tout simplement adorables !!!

Et voilà c’est fini… Il faut se rendre à l’évidence, la montagne et moi ça fait 2. A tous ceux qui me disent déjà « mais tu iras prendre ta revanche l’année prochaine », je réponds déjà que ce ne sera pas le cas. J’ai compris une chose, ce type de format de course ne me convient pas. Jusqu’à 100 km aucun souci, au-delà on bascule dans quelque chose qui n’est pas fait pour moi, pour mon niveau. Il me faudrait m’entrainer beaucoup plus que je ne suis capable de le faire, physiquement et moralement. Et très sincèrement je trouve que la montagne est un lieu qui ne se prête pas forcément à ce type d’exercice. J’aime l’idée de pouvoir m’arrêter parce que le soleil se lève sur le Mont Blanc, parce qu’il y a une marmotte qui pointe le bout de son nez. Je n’ai pas envie d’être là stressée par le temps qui passe dans un univers qui justement demande avant tout qu’on le respecte. Autant un off sur ce parcours me fait très envie, autant la course pour la course, là franchement je ne sais pas. Je ne serai jamais une chèvre, je serai toujours un bigorneau alors à quoi bon s’acharner…

Et tout ça pour quoi ? Une polaire sans manche… Non mais franchement qui a eu cette idée saugrenue de filer une polaire sans manche. Moi quand j’ai froid, j’ai froid au nombril certes mais aux bras aussi. C’est comme les pulls à col roulé sans manche, c’est juste ridicule. Alors voilà, je ne retournerai courir l’UTMB qu’à la condition que la polaire ait des manches !!! C’est dit !!!

Cécile

Ps : je prie pour qu’aucun organisateur de la course ni de North Face lise ce texte un jour…

 

Written by :
Barbie
 
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Commentaires (28)Add Comment
Barbie
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Par Barbie, septembre 06, 2011
Réponse pour la frontale : j'ai eu de la chance et profiter de mon privilège de privilégier en optant pour le phare de Petzl, l'ultra qui porte très bien son nom. On me l'a prêtée je tiens à le préciser mais je compte m'offrir ça pour mes prochains délires parce que vraiment elle est top. Dans la vraie vie de coureuse j'ai la tikka avec l'accu Core. C'est top parce que je n'ai plus besoin de courir après les piles. je mets en charge sur le secteur et zou c'est parti. elle tient une nuit sans problème, ce qui est largement suffisant pour mes courses.
Cécile
ps : je sais je suis en retard sur le debrief matériel ! j'arrive !!
Heidi
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Par Heidi, septembre 04, 2011
Je suis toujours partagée en lisant tes CR, entre le sentiment que tu n'es pas faite pour la montagne et l'idée, qui me plairait bien, qu'une blonde citadine comme toi la mate l'air de rien smilies/cheesy.gif
Allez laisse reposer tout ça et ton grain de folie finira bien par te rattraper de nouveau.
valdes
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Par valdes, septembre 04, 2011
Une course très très difficile, déjà rien que la distance > 166 km. Et le dénivelé +9500D. Mais en plus cette année, l'attente du départ, des conditions météo vraiment pénibles : pluie, froid, brouillard, vent, ... il aura fallu attendre le dimanche et la fin de course pour qu'enfin le soleil se lève. Enfin, des barrières raccourcies, puis remises, un parcours rallongé sur la fin ...
UTMB = une des courses les plus difficiles du monde. DU MONDE. Oui oui.
Donc @Barbie, juste un mot : RESPECT. Faire déjà tout ce qui tu as fait : BRAVO.
Allez, moi je suis sûre que malgré le fait que "la montagne, ça ne t'a pas encore gagné", je suis quasiment sûre que cette course-là, ben tu vas nous la refaire. Les défis et @Barbie ...
Et j'adore l'humour des organisateurs : polaire avec manches pour les finishers, polaire sans manches pour les autres.
Britt
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Par Britt, septembre 02, 2011
Tes CR devraient être remboursés par la Sécurité sociale !
Merci et bravo
Lievre69
Super !..
Par Lievre69, septembre 02, 2011
Bravo pour ton exploit ! et pour le CR toujours aussi plaisant à lire.
Une petite question : tu as utilisé quel type de frontale ?
(Je vais faire la semaine prochaine un trail nocturne et j'hésite sur le type de frontale à prendre...)
juju
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Par juju, septembre 02, 2011
Tu es et resteras notre Championne de choc!! La patronne , un point c'est tout!!

Quant à tes récits toujours aussi exquis! Gros bisous Juju
ézou
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Par ézou, septembre 02, 2011
Génial ton Cr!!! et merci pour ce partage! tu as un sacré mérite!
darkmoon
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Par darkmoon, septembre 01, 2011
Merci...
Barbie
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Par Barbie, septembre 01, 2011
Darkmoon je comptais en effet fait un article complet à part sur ce sujet. J'ai profité de l'occasion pour tester pas mal de matériel et je me suis dit que cela pourrait intéresser du monde.
je te fais ça ce we promis !!!
Cécile
ps : merci pour vos commentaires en tout cas, ça me touche toujours énormément.
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Par Arthurbaldur, septembre 01, 2011
C'est clair que la pêche, je l'avais bien dilapidée dans la descente sur Courmayeur pour gagner quelques misérables minutes sur les barrières horaires ... Je n'ai jamais du être autant à la ramasse que dans la montée à Bertone ! Bah, cela m'aura permis de faire à nouveau un bout de chemin avec ma blonde préférée. smilies/cheesy.gif
Au fait tu n'as pas envie de faire le trail Verbier St-Bernard l'année prochaine ? 110 km de bonheur (et 7000 m de D+) mais avec des barrières horaires nettement plus confortables ...
A bientôt Cécile. smilies/smiley.gif
darkmoon
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Par darkmoon, septembre 01, 2011
Excellent moment passé à lire ce CR et encore une fois 24h de course efféctuée,chapeau!!!Sans doute entre t-on dans une sélection par les temps quant on sait la difficulté de s'inscrire à cette course.D'autre part je suis preneuse de conseils techniques quand tu auras le temps Cécile,quelle capacité de sac à dos pour emmener les vêtements imperméables et quelle type veste (gore tex ou pas?)
MumuFromParis
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Par MumuFromParis, septembre 01, 2011
Super, ce CR !!! Merci et bravo, Championne smilies/wink.gif
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Par Erwann, septembre 01, 2011
J'adore la course à pied et j'adore la montagne, et j'ai donc cru que les deux plaisirs s'additionneraient (d'autant que les images de ce genre d'événement sont toujours sublimes). Et bien il n'en est rien : chez moi les deux plaisirs s'annulent. La montagne, on s'y promène, on y marche, on lève les yeux. On n'est pas là pour regarder les talons du gars devant... Bonne récup et merci pour la rigolade !
leeleeth
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Par leeleeth, septembre 01, 2011
Bravo pour ton effort et mille mercis pour ce CR super encore !!! J'adore ! A te lire on pourrait presque se croire toutes capables d'y aller un jour !!!smilies/kiss.gifsmilies/kiss.gif

Ceci dit, pourquoi moi je ramasse jamais de mec mignons en course ???? hein ???

Et pis à défaut de te suivre en CAP, je te propose une soirée bigorneaux !!! A nous 2 on doit pouvoir froler l'extinction de masse !!! smilies/grin.gif
Niña
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Par Niña, septembre 01, 2011
Mais comment tu fais pour nous emmener avec toi comme ça dans tes CR ? C'est passionnant ! Merci en tout cas :-)
fredM
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Par fredM, septembre 01, 2011
J'avoue, j'ai lu ton CR hier soir en me couchant à la place de mon bouquin habituel, et je me suis régalée !
A force, tu vas peut être arrêter de t'inscrire sur des courses qui ne te conviennent pas ! Bravo pour être allée aussi loin sur celle là, et bonne chance pour tes futurs projets !
yanne
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Par yanne, septembre 01, 2011
En off, pourquoi pas? je peux même envisager de t'accompagner si tu me le dis assez tôtsmilies/wink.gif On met une semaine?smilies/grin.gif Bon retour sur le plancher des vaches et bonne rentrée scolaire à tes enfants.
gaellou
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Par gaellou, septembre 01, 2011
Ah, ah, ah, toujours autant d'auto-derision. Tu va voir qu'il y en a un qui va lire et le jour ou ils proposent la polaire avec manches, tu es O-BLI-GEE d'y aller smilies/grin.gif
Stefun
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Par Stefun, août 31, 2011
Je viens d'avoir l'organisateur de l'UTMB en ligne... Il me dit que l'an prochain il donnera des polaires avec des manches ! Ben je crois que tu vas devoir y retourner alors smilies/wink.gif
Lauliana
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Par Lauliana, août 31, 2011
Merci Cécile pour ce compte-rendu, j'ai bien ri surtout au moment du NO COMPRENDO smilies/cheesy.gif. Maintenant pour le plus jamais, va savoir pourquoi j'ai un énorme doute...RdV l'année prochaine, on verra bien. Par exemple, si un de tes nombreux amis de la course à pieds vient te demander de l'accompagner...ou bien si la couleur de la polaire en fait oublier qu'elle n'a pas de manches...
Lyset
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Par Lyset, août 31, 2011
Excellent ce CR! Repose-toi et tu verras bien si tu y retournes plus tard ou pas. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis! Moi non plus courir en montagne n'est absolument pas mon truc, marcher oui mais courir... beurk et en plus ça fait mal partout. Mais le paysage est unique et j'adore l'ambiance des trailers montagnards. Et quid de plus mythique que l'UTMB? Et puis tu te débrouilles quand même super bien toute maritime que tu es.
isa13
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Par isa13, août 31, 2011
Tu n'aimes ni la montagne, ni les départs nocturnes; pas trop le froid ..... mais s'il te plait continue à faire des trails. J'adore ton don pour positiver et tes cr.
Stella
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Par Stella, août 31, 2011
Un bigorneau qui a fait le Marathon des Sables, c'est un drôle de bigorneau, non ? smilies/wink.gif
Devant une telle perf, même sans aller au bout de la course, je m'incline bien bas smilies/smiley.gif
cocotte
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Par cocotte, août 31, 2011
tu auras eu ce grand mérite de te lancer et d'avoir fait de ton mieux, et de me mieux cerner tes préférences en matière de CAP...avec beaucoup d'abnégation, de lucidité et d'humour pour nous conter ta course. merci aussi pour cela.
Litoswa
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Par Litoswa, août 31, 2011
Je ne pense pas que perchée là-haut tu trouvais ça très drôle mais ta façon de le raconter, et le recul que tu en as le sont.Merci de partager cette expérience.
natbernardin
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Par natbernardin, août 31, 2011
quel plaisir de te lire !!
décidément, tu as l'art de décomplexer la tortue que je suis ... et de me rassurer aussi !!
et au contraire, je souhaite que les organisateurs te lisent ... histoire de savoir ... !!
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Tout simplement: bravo!
Par Greg Runner, août 31, 2011
Bravo pour cette abnégation, d'avoir couru jusq'au bout du possible. Bravo pour ce récit qui m'a permis de faire partie de la grande aventure UTMB le temps de lire ces lignes. Et merci d'avoir partagé l'aventure.
babou
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Par babou, août 31, 2011
MDR ! toujours cet humour à la Barbie mais aussi cette sensibilité et ces rencontres improbables.
Merci Cécile et je pense bien que les organisateurs vont penser aux manches longues pour l'an prochain ! lol

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