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Les Courses

Ultra India Race 2012 : teaser

Ultra India Race 2012 : teaser

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Valérie et moi perdues au milieu d'une plantation

Comment mettre des mots sur le bonheur ? C’est marrant quand même, parce que sur le malheur ou les mauvais souvenirs, on a parfois moins de mal, on veut juste cracher le morceau le plus loin possible pour en finir mais quand il s’agit de moments de bonheur, on a presque envie de les garder pour soi, pour les protéger.

Je ne vais pas vous faire un CR comme j’en ai l’habitude parce que, dure loi du marché, j’ai réservé l’exclu de ce texte pour Runner’s word ce qui m’a permis d’en financer une partie. Je sais c’est un peu injuste mais je pense que maintenant que nous nous connaissons bien vous comprenez qu’il y a aussi la réalité de la vie et ces contraintes bassement matérielles. Mais il m’est impossible de ne pas vous raconter quand même un peu de cette belle aventure et pour cela je vais me servir de 2 ou 3 personnages qui ont fait de ce film une grande production bollywoodienne !

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Valérie au départ, prête au combat !

Valérie : je l’ai rencontrée sur la Transahariana et même si elle avait fait la course en tête j’avais eu le temps de sentir que j’avais à faire à une grande dame du trail, une femme intelligente, cultivée, d’un courage et d’une force mentale inouïe. En fait, j’y pense seulement maintenant,  je la déteste parce qu’elle est tout ce que je voudrais être !!! Nous avons vécu nos 2 premiers jours de course ensemble et j’ai tenté par tous les moyens de m’accrocher mais j’ai vite compris qu’il y a un moment où il faut rendre les armes et accepter qu’un vélo ne sera jamais aussi rapide qu’une mobylette à moins de mettre du red bull direct dans le carbu ! Mais nous avons profité de ces 2 jours pour faire plus ample connaissance, parce que ce n’est pas parce qu’elle vole dans la montagne qu’elle ne parle pas ! J’ai vécu les 3 dernières étapes seule mais portée par sa force et je lui en suis éternellement reconnaissante.

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Une hallucination bien réelle !

Alexandre Debanne : vous me direz mais que vient faire ce mec dans mon histoire ? Eh bien croyez-le ou pas, j’ai vécu une histoire digne de la 4ème dimension grâce à lui. Alors je vous raconte pour celles qui ne connaissent pas encore touet l’histoire (il en reste vous croyez ???). Je commence le sport avec le Raid Amazone dans des conditions assez agréables puisque je suis sur l’Ile Maurice, en quecha ok mais sur l’Ile Maurice quand même. Pour l’épreuve VTT, art que je maîtrise autant que le vélo de course c’est dire, on nous a rajouté un petit challenge supplémentaire : les 35 premières équipes auront le droit à une visite d’une plantation de thé. Ne cherchez pas pourquoi mais moi ça m’a donné des ailes et je me suis retrouvée à boire ma tasse de thé à la vanille heureuse comme tout de vivre ce petit moment hors du temps et de la course. Alors que nous partons à l’assaut de notre première plantation de thé, nous bavassons allègrement avec Valérie et je lui raconte tout ce que j’ai retenu de cette expérience, en lui précisant bien à quel point tout cela a bouleversé ma vie. Je lui raconte aussi que par le plus grand des hasards, Alexandre était là en invité le jour où j’ai franchi la ligne d’arrivée de mon premier MDS, comme un symbole de la nouvelle femme que j’étais devenue un peu grâce à lui et son Raid. Et là, alors que je finis à peine ma phrase, apparaissent 3 motos, des Royal Enfield, les motos indiennes légendaires, les Harley locales et il me faut une fraction de seconde pour le reconnaître : le mec avec son sourire à tomber et ses lunettes de soleil, pas de doute c’est Alexandre ! Je crie son nom et malgré le bruit pétaradant des moteurs il m’entend. Heureusement que Valérie a le reflex de sortir l’appareil pour garder une preuve parce que je pense que si je vous racontais cette histoire sans le choc des photos, le poids des mots ne suffirait pas ! Alors voilà moi j’y vois un signe du destin, la preuve que je suis bien à ma place dans la vie que je mène aujourd’hui, pleins de petits trucs comme ça et j’ai su à ce moment là que forcément je finirai bien ma course.

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Arrêt au stand pour Fabien

Fabien : quelle est la probabilité pour qu’une fille qui vit au fin fond de l’Allier rencontre et sympathise avec un chauffeur de bus lillois qui fréquente plus les élites que les moteurs diesel de mon genre ? nulle !!! zéro !!! zoubi !!! Et voilà la magie de ce petit monde de l’ultra, permettre ce genre de rencontres improbables. Avec Fabien, nous n’avons jamais couru ne serait ce qu’une seconde ensemble, même blessé il va trop vite pour moi. C’est au campement que nous avons fait connaissance avec des grands moments de rigolade comme un dîner totalement improbable dans un restaurant encore plus improbable, si le mot restaurant peut d’ailleurs s’appliquer à une arrière salle obscure, une table en formica d’un autre âge… Pas de carte, juste un échange résumé à ces quelques mots : « eat ? » « rice ? », « yes » et roule ma poule. Surtout ne jamais chercher à savoir ce qu’on mange, accepter de jouer le jeu et se laisser porter. Il m’a fait découvrir le jus de mangue qui m’a servi de carburant dans mes gourdes. Il a toutes les qualités que l’on cherche sur ce type d’épreuve : il dodeline parfaitement la tête et possède un modèle très rare de Hokka tongs qui devrait faire sa fortune d’ici peu je pense s’il dépose le brevet ! Tout en fréquentant les hautes sphères de la CAP, il a surtout su rester très simple et dieu que cela fait du bien parfois !

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Mes chouchous !

Yves et Christian : ah mes 2 chouchous ceux là ! Ils ont su prendre soin de l’épave que j’étais en Australie, ils ont pu enfin voir que je suis aussi capable de passer une semaine sans pleurer ! Mais finalement j’ai un regret aussi d’avoir aussi bien tourné c’est que je n’ai pas pu profiter de leur présence à mes côtés puisque pour une fois je ne débalisais pas !!! Du coup j’ai prêté Christian à Isabelle, l’ange gardien de mes pieds, pour qu’elle profite elle aussi un peu de ses histoires fabuleuses et je me suis arrangée pour quand même stresser un peu Yves pendant la course. Alors que je suis planquée à un CP dans un arrêt de bus pour boire un peu, j’entends sa voiture qui arrive. A peine est il descendu qu’il demande à Jérôme : « tu as vu Cécile ? » avec un fond d’inquiétude dans la voix. Mais oui je suis là, t’inquiète et je vais bien en plus ! Il m’a sacrément touché avec cette simple question. Je lui ai d’ailleurs proposé le poste de régisseur de la plantation de thé que je vais m’acheter au Kérala et il l’a accepté. Comme il m’a si gentiment répondu : « mon job c’est l’humanitaire, je peux bien bosser pour toi ! ».

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Isa en mode coureuse !

Isabelle : dans la série des belles rencontres, elle en est la parfaite illustration. C’est notre maman à tous même si bien entendu elle n’a pas du tout l’âge d’être ma mère. Sa passion c’est faire que nous frappadingues de l’ultra soyons sur nos pieds, emballés comme des momies égyptiennes s’il le faut, chaque matin que la course fait. Elle a réussi l’exploit qui mériterait à lui seul un titre dans le Guinness des records de s’occuper de mes pieds, sans les toucher. Ça fait partie de mes petites lubies… je n’aime pas qu’on me touche la plante des pieds, ça chatouille… Elle veille sur nous, nous remonte le moral, sait trouver les mots pour faire repartir le coureur en doute mais sait aussi dire stop avec suffisamment d’autorité pour qu’il rende les armes.

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Ils mangent des crêpes !!! Comment voulez vous que la bretonne que je suis ne soit pas heureuse là bas...

L’Inde : aussi loin que mes souvenirs d’enfant m’emmènent j’ai toujours voulu aller là bas. J’ai même failli prendre le voile à 16 ans pour rejoindre Sœur Emmanuelle, c’est dire ma motivation. Vous savez quand votre instinct vous parle, qu’il vous fait comprendre qu’il y a là bas quelque chose que vous cherchez par-dessus tout, une sorte de paix intérieure ? Je ressentais ça avec l’Inde. Et avec New-York, c’est dire si je suis une fille paradoxale ! Il a fallu attendre 41 ans pour que je foule le sol indien mais immédiatement j’ai su que mon instinct était le bon. Immédiatement je suis tombée en amour pour cette région si riche en couleurs, en odeurs, en paysages. Immédiatement j’ai su que je reviendrai un jour c’est certain pour découvrir un peu plus cette partie du monde où j’ai du vivre dans une vie antérieure pour y être tout de suite aussi bien, aussi à l’aise.

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Derrière toute course il y a des bénévoles !

J’ai fait un rêve, j’ai fait le rêve qu’un jour, je serai une vieille femme aux cheveux longs grisés par le temps, tressés dans le dos et fleuris de guirlandes odorantes blanches, portant un sari bleu pour aller avec mes yeux délavés par le temps, buvant son thé sur le palier de sa petite maison colorée, assise dans un rocking chair blanc, à regarder le soleil se coucher sur les plantations de thé au loin. Il y aura toujours un sweet lassy pour le voyageur égaré dans ma petite maison colorée…

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Cécile

 

 

La saintelyon vue du camion par Sylvaine

Bonjour à toutes et à tous

je vous mets ici le lien vers le CR de Sylvaine dont je parle dans mon propre CR parce que définitivement j'adore sa plume que vous retrouverez régulièrement dans Running pour Elles.

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Bonne lecture !

Cécile

 

New York 2011 - les récits des Cafeuses

New York 2011 : les récits des cafeuses

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La vidéo de Sof est là : http://vimeo.com/32287726

Les photos de Pierre sont là : picasaweb.google.com/113559129707328008890/NewYorkCityMarathon2011?feat=email

Le récit de Cécile

NY 2011, mon marathon aux mille visages.

Je vais vous épargner un CR classique absolument pas crédible de « Barbie découvre NY » puisque tout le monde le sait j’en suis à mon 4ème et mon 34ème marathon. J’ai cette chance inouïe d’avoir pu profiter de ce marathon hors norme à plusieurs reprises et c’est un bonheur chaque fois renouvelé même si cette année je me suis maudite d’avoir oublié que la fin du parcours, le long de Central Park est tout sauf plate… Un peu comme un accouchement où d’un enfant à l’autre on finit par oublier, la nature étant bien faite sinon nous aurions toutes un seul enfant !

Je vais vous épargner km après km, miles après miles, le parcours n’a pas un intérêt phénoménal, seule l’ambiance est inoubliable. Je pense que le film que nous prépare Sof parlera pour moi. Pour ceux et celles que le côté course à pied passionne plus que moi, je résume ma course : un premier semi un peu soutenu histoire de décrasser les carbus, un deuxième tranquille à aider qui en avait besoin, à réconforter à coup de m&m’s les coureurs en détresse… Pour être bien sûre de ne pas oublier mes bonnes résolutions j’ai même pris une seule paire de chaussures, celles que j’utilise pour l’entrainement, trop lourdes à mon goût pour un marathon mais parfaites pour une sortie longue. Je passe la ligne sans gros souci, retour à l’hôtel toujours aussi compliqué mais ça je commence à connaître. Je suis tellement en forme que souvent je traverse les ronds-points en courant sous le regard surpris des automobilistes et des piétons qui se demandent bien à qui j’ai piqué sa médaille et sa couverture de survie… 4h09, pas de quoi publier, mais ravie parce que mon retour sur le bitume a été moins douloureux que je ne le pensais.

En fait cette édition 2012 restera dans ma mémoire parce qu’elle a pris une tournure inattendue, il sera celui des rencontres, des rendez-vous et des visages connus ou inconnus. Pour ne vexer personne, je vais vous en parler par ordre d’apparition à l’écran !

Mes poussins !

Vous avez vu les filles je n’ai pas dit mes petites poules même si nos bavardages tenaient souvent de la basse cour reconnaissons le ! Surprise cette année avec tout plein de cafeuses au départ du marathon et pour faciliter les choses, elles partent toutes avec moi à part Réjane qui viendra nous rejoindre samedi matin pour la surprise. C’est vrai que le fait d’être dans le même hôtel, le même avion et la même chambre pour certaines était top. Même si j’ai un peu couru après le temps et mes rendez vous pro, c’était un vrai bonheur de les avoir tous les matins dans le hall et surtout de les voir toutes avec leur médaille autour du cou. Je ne vais pas vous mentir et je pense qu’elles ne m’en voudront pas si elles lisent ça, il n’était pas assuré que toutes soient à l’arrivée. Un marathon ça reste quand même un 42km et des brouettes avec tout ce que cela comporte. Une blessure, une défaillance tout peut arriver. Mais chez CAF même si tu vomis, même si tu blêmis, tu finis ! (on ne cherchait pas un slogan pour les tee-shirts CAF ???).

Si certaines ont sacrément galéré et inauguré le bitume new yorkais à leur façon, elles ont toutes passé la ligne d’arrivée, prouvant s’il en était besoin que les cafeuses sont de sacrées nanas. Je pense qu’elles ont d’ailleurs du dormir avec leur médaille autour du cou !

Maman poule était trop contente et trop fière !!! Les filles vous avez assuré grave !!!

Fred

Je vous en ai déjà parlé puisqu’il était avec moi au trail des aiguilles rouges. Il a aussi une qualité : il connaît les bonnes adresses du quartier ! Et comble du bonheur il m’a permis de rencontrer Idrissa donc je vais vous parler plus loin. Il venait à NY pour faire un temps comme on dit, il court à une vitesse qui reste du domaine de l’impossible pour moi. Mais surtout ce qui m’amuse le plus chez lui (ça y est je suis fâchée à mort !!!) c’est son stress… C’est le jour et la nuit avec moi. Autant je suis capable de partir à l’arrache sur un marathon en attrapant 2 gourdes de compote au vol, autant Fred réfléchit à sa tenue, suit son plan d’entrainement avec un sérieux que je lui envie. Ce qui est cool c’est que maintenant j’ai trouvé un copain qui stresse pour moi ! C’est grâce à lui que je vais me taper un petit déjeuner pré marathon peu raisonnable dirons nous… Mais l’hypoglycémie ne m’aura pas cette fois ! Et puis à côté de Fred il y a Cristel que je n’ai pas trop osé provoquer avec mon dossard. Un bébé de 3 mois adorable et une reprise depuis quelques semaines, je sais qu’elle regarde les coureurs avec envie mais pas de doute l’édition 2012 verra son grand retour et un temps canon à n’en pas douter une seule seconde !

Paula

Ah ben oui maintenant on est copine alors je peux l’appeler Paula ! Je vous explique : je cherchais une façon de faire un petit cadeau aux filles et je dois dire que je ne trouvais pas. Le tour en hélicoptère pourquoi pas mais là c’est moi qui faisais vomito partout… Et puis un jour, miracle un mail me proposant de la rencontrer dans le cadre de sa venue au marathon de NY pour promouvoir la fondation pour laquelle elle œuvre, Peace and Sport. Avantage de la situation : elle ne court pas le marathon cette année, elle est donc disponible. L’attaché de presse me propose aussi de venir au footing prévu pour les participants du marathon qui ont collecté des fonds pour l’assoc avec elle mais aussi Tegla Loroupe et Wilson Kipketer (excusez du peu !!!). Je demande « euh je peux venir avec des copines ? ». Mais bien sur ! Voilà comment nous nous sommes retrouvées à courir, faire du stretching dans une bonne humeur contagieuse au milieu d’un Central Park ensoleillé. Le rêve va continuer lorsqu’elle me proposera de venir déjeuner avec elle pour l’interview. Rendez-vous à son hôtel à 12h30… Ok, pas de souci ! Je te fais un retour version seuil pour avoir le temps de prendre une douche, j’attrape mon dictaphone et hop dans l’autre sens. Je vais passer presque 2h à discuter avec elle d’une façon tellement directe que je ne réalise encore pas trop ce qu’il s’est passé. Pour moi Paula a toujours été liée à NY. Il y a 5 ans je ne connaissais personne… Je me souviens très bien lorsque j’avais gagné le concours qui m’a permis d’aller courir mon premier NY, j’étais allée voir sur internet qui était le fameux Hicham El Gerrouj qui avait l’air d’impressionner mes collègues masculins sans parler de Philippe Rémond, notre coach d’un jour. Alors quand j’ai découvert les photos de cette blonde victorieuse passant la ligne avec sa petite fille dans ses bras, moi qui pensais à l’époque que si tu n’étais pas née au Kenya ou en Ethiopie les podiums tu oubliais, forcément je me suis intéressée d’un peu plus prêt à cette femme. Les filles vous le confirmeront, c’est une personne tellement simple, tellement adorable qu’on a presque du mal à imaginer qu’elle est la championne qu’elle est. Me retrouver en plus à NY pour la rencontrer, ville où je l’ai découverte… wouah, je ne réalise toujours pas !

Jérémy

Là j’imagine Aurélie derrière son écran d’ordi avec la mâchoire qui se décroche, le rouge qui monte aux joues et qui se dit « non elle ne va pas oser quand même ». Ne rêve pas ma grande tu me connais quand même !!! Nous avons toutes fait connaissance de ce charmant garçon il faut tout de même bien l’avouer le jour de notre footing à Central Park. Il tape la discute avec moi parce qu’il est bien élevé et qu’il a du comprendre qu’étant la mère poule de ma tribu de poussinettes il lui fallait mon autorisation pour les aborder mais très vite son intérêt se porte sur notre chère Aurélie. Mais voilà toutes les bonnes choses ont une fin et nous devons nous quitter. Dimanche soir je suis invitée à rejoindre le groupe des coureurs ayant couru le marathon pour la fondation pour un dîner japonais. J’embarque Tim mon copain journaliste anglais qui sera tout à fait à son aise dans un dîner « fluent english conseillé » et Jérémy est là bien entendu. Il vient vers moi le sourire aux lèvres, visiblement ravi de me revoir, ça fait toujours plaisir. Sa première question est « where’s Aurélie ? » (je ne vous fais pas l’outrage de vous faire une version sous titrée, on a toutes vues le spectacle de Gad Elmaleh. « euh ben Aurélie is not here, she take a shower to the hotel of sa mère et j’ai can’t say her to coming with me mais j’ai coming with Tim”. Vous auriez vu son regard déçu quand il a découvert me suivant mon copain british, certes le petit frère de Raph Fiennes mais apparemment pas du tout à son goût… Je vous rassure, depuis les mails ont été échangés et le contact rétabli. Inutile de vous dire que je compte bien être témoin du mariage et qu’ils ont intérêt tous les 2 à appeler leur première fille Cécile Barbie sinon je leur fais le coup du « et s’il y a quelqu’un dans la salle qui s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais » !!!

Tim

Je vous ai déjà parlé de lui puisque je lui dois de grands moments de rigolade et de course à pied à l’Ironman de Maresme. C’est à lui que je dois mes sorties à l’aube à m’accrocher comme une malade 48h après une anesthésie générale et une opération… Je lui dois aussi d’avoir planté la petite graine du tri dans ma tête. Il est sur Ironman et il ne comprenait pas pourquoi moi je ne me lançais pas. Lors de notre visite de Barcelone ambiance japonaise « 2h montre en main » pour faire le tour de la ville, nous avions fait une pause sur le port, moi buvant un caramel macchiato (j’arrive à trouver des starbucks où que j’aille, je suis un gps sur pattes à starbuck !), lui m’expliquant le bonheur absolu qu’il y avait de faire 180km à vélo avant de décrasser avec un marathon. Il se trouve qu’un an plus tard, presque jour pour jour, je fêterai ma première médaille dans un restaurant situé à 100m à peine de ce fameux banc où je lui ai promis que oui un jour je ferai un tri pour voir. 2 jours avant de partir pour NY, grâce à mon message sur mon mur FB annonçant mon départ, je reçois un mp : « you’re in NY ? Me tout ! ». Youpi, je vais revoir mon copain british et pouvoir lui raconter en direct live mes bêtises ! Mais voilà, je rate ses appels, mon téléphone refuse de fonctionner quand j’en ai besoin, bref ça part mal cette histoire. Et puis je reçois un sms me demandant «where are you ? », « ben juste devant l’apple store » et là j’entends un énorme éclat de rire, il est à 3m de moi penché lui aussi sur son smartphone. Quand je vous dis que NY est une petite ville !!! Un thé et une bonne partie de rigolade plus tard (il faut dire que même avec mon anglais de base « Barbie fait du tri » fait toujours autant rigoler, il a suffit de toute façon que je lui dise qu’on m’avait prêté un Cervelo pour qu’il parte dans un fou rire de 10 min… pas vexant le garçon), je lui demande dans quel sas il part le lendemain et comment il a eu son précieux sésame. « qualify time », il me répond… punaise mais il est plus jeune que moi… euh c’est combien ??? 2h45… ah ouais quand même… je me marre quand je repense à notre sortie matinale où j’avais le sentiment d’être à fond et lui aussi… j’en rigole encore…

Forrest Gump

Ben quoi ? J’ai bien déjeuné avec Paula je peux avoir vraiment rencontré Forrest Gump ! Pour celles et ceux qui connaissent un peu l’organisation du marathon de NY, ils savent qu’il y a d’abord le passage obligé par l’attente dans les sas, dans son corral plus précisément. Comme je suis très à l’heure j’ai presque une heure en fait à patienter. Je m’installe par terre dans le seul petit coin où il y a du soleil parce que même s’il fait beau il ne fait pas encore très chaud, les fesses sur un tas de feuilles. Au bout de 2 min, je vois débarquer Forrest, ambiance bardu, fin de sa traversée aller retour des US. Il y a très peu de personnes costumées sur ce marathon en fait donc forcément on le repère et tout le monde rigole en le voyant. Cela ne fait pas 2 min que nous sommes installés par terre qu’un coureur vient déposer à nos côtés un duvet qu’il a décidé d’abandonner sur place. Nous échangeons un regard, pas besoin de se parler, je le récupère et je nous couvre les jambes histoire de ne pas mourir de froid tout de suite. Forcément maintenant que je partage un duvet avec lui il est temps de faire un peu connaissance !!! Hi I’m Barbie and you Forrest !!! Très vite j’apprends qu’il court son 12ème marathon de l’année mais le premier pour une charities et c’est pour marquer l’évènement qu’il s’est déguisé. Il me demande ce que je cours et je lui parle rapidement de trucs dans le désert. Et là immanquablement la question que tous les américains rencontrés pendant ces quelques jours tombe : « vous avez fait le marathon des Sables ? ». ben oui mon gars ! Sa barbe lui tombe de la machoire et il me regarde avec ses yeux ronds… Mais c’est dingue quand même que personne n’imagine que je sois capable de faire ça… Et comme il est inscrit l’année prochaine, notre sujet de conversation est tout trouvé. Nous n’allons pas voir le temps passé et c’est seulement quand je vois les gens avancer que je comprends qu’il faut que je quitte mon duvet moelleux pour me lancer dans le grand bain.

Idrissa

Sans Fred je n’aurais jamais fait sa connaissance. Il fait partie de son groupe de coureurs qui sont suivis dans le cadre d’un projet L’oréal Men. C’est le plus jeune de bande (22 ans) et comme le dit si bien Guillaume, « forcément t’as pas choisi le plus moche ! ». Il faut avouer qu’il est non seulement adorable mais tout de même très mignon pour ne pas dire carrément beau. Mais bon même si je sais qu’une Demi Moore sommeille en chacune d’entre nous, la mienne est sacrément bien enfouie… Il pourrait réellement être mon fils et je vais d’ailleurs l’appeler « le petit » pendant tout le séjour, ce qui est tout bonnement ridicule puisqu’il doit bien mesurer 1m92 au bas mot. Il court son premier marathon ce jour là et je lui ai proposé de l’accompagner lui donnant rendez vous dans le sas de départ. Seulement voilà à faire des mondanités avec Forrest je ne le trouve pas… Je pars toute seule, avec un petit regret mais bon c’est comme ça, je ne peux plus faire machine arrière. Alors que j’ai retrouvé les convert et que je devise tranquillement à la Tortue lui répétant sans cesse « Dany, on va trop vite là », 2 coureurs du groupe de Fred me doublent et me disent « Idrissa te cherchait partout, il est derrière ». Ok retrofreins toute, cligno à gauche, je quitte le peloton pour rejoindre le public et attendre son arrivée. 2 ou 3 min après il est là, souriant comme toujours et apparemment ravi de me retrouver. Nous voilà partis pour au moins 15km. Il y a aussi Alex un coureur français qui lui aussi court son premier marathon mais qui vient du trail où il a déjà fait de longues distances. Je prends très à cœur mon rôle de maman en imposant un rythme régulier. Je sais qu’il peut courir plus vite, la question ne se pose même pas mais un marathon c’est long et j’en ai vu d’autres qui se sont brûlés les ailes à vouloir partir trop vite, moi la première ! Je sais déjà que je ne serai pas là pour le voir passer la ligne d’arrivée, je veux juste l’accompagner jusqu’au premier semi et le laisser partir comme un grand décrocher un temps qui correspond à son niveau. Si je le suis, je vais finir mal et me casser pour la Rochelle. Punaise que je deviens raisonnable moi en vieillissant… Pour info il finit en 3h49 je crois à quelques secondes prêt.

Blandine

Ok c’est une cafeuse et elle fait partie des « poussins » mais je voulais juste lui dire merci d’être venue avec moi au poulailler du Metropolitan Opéra mais quoi de plus normal pour des poules qui gloussent pour écouter Don Giovanni. C’est cool CAF, parce que j’ai trouvé des copines pour courir mais aussi des copines pour sortir !!! Eh Blandine il y a un marathon à Milan ? je n’ai jamais été à la Scala !!!

George

Sans S à la fin et c’est une fille !!! Aux US les Cécil sont des garçons et les George des filles… Cherchez pas c’est comme ça ! Je l’ai rencontrée sur le marathon de l’Antarctique et tous les ans à NY j’essaye de déjeuner avec elle. Ce que j’aime avec elle c’est que nous avons un peu la même vision de la CAP… Elle nous sert surtout à manger ce qu’on veut ! Et George question bonnes adresses à NY elle assure grave. Comme elle est bec sucré comme moi c’est juste un vrai bonheur de la suivre. Quand elle m’a dit thaï et pâtisserie, j’ai traversé une bonne partie de Manhattan pour aller la rejoindre et découvrir sa nouvelle adresse. Et je n’ai pas été déçue ! Vous connaissez l’expression « better than sex » ? Elle a été inventée pour les gâteaux de Lulu ! Et quand on sait que celui que j’ai dégusté s’appelle « passionately kissed » on comprend beaucoup de choses… C’est grâce à elle également que j’ai découvert un fast food de dumpling, les bouchées vapeur qui a eu l’idée géniale d’ouvrir un corner juste derrière le Waldorf. Leur chocolate Shanghai dumpling est comment dire ??? Aussi bon que Jérémy torse nu est agréable à regarder ! (private joke !!!). Et pour éponger l’alcool les vapeurs c’est top (voir suite pour comprendre !).

Béné

Ah Béné… c’est ma copine de la tente 60 et comme de bien entendu elle était là… toujours là dans les bons coups de toute façon. Nous réussissons à nous voir juste avant son départ et je vais la rejoindre à son hôtel 2h avant le départ de son bus pour l’aéroport. Pour résumer la situation, disons que tout cela est quelque peu parti en live… Direction le bar de l’hôtel pour un fou rire qui va durer 2h… Il faut dire qu’une téquila ça va mais 2 bonjour les dégâts ! Ils ont un cocktail appelé « big apple » qui nous semble tout à fait approprié pour fêter nos 2 médailles et nos retrouvailles. Nous refaisons notre marathon des Sables et franchement ça n’engendre pas la mélancolie cette histoire. Le problème c’est que le niveau sonore augmente autant que la quantité d’alcool dans notre sang… Un pauvre recruteur qui tente de faire passer des entretiens d’embauche à côté de nous doit maudire son choix de table et d’hôtel ! Je suis tellement partie que je vais même finir par promettre à Béné de tout faire pour retourner au MDS avec elle ! T’as raison ma fille… Je n’avais pas d’ultra dans le sable en avril, ça faisait un trou dans le programme des réjouissances ! En décrassage des 4 Deserts c’est une super idée… Bon je tiens à te le dire, j’ai dessaoulé depuis !!!

Voilà, mon marathon de NY 2011 est fini. Il a été aux couleurs de cette ville qui ne dort jamais, riche en émotions, en rencontres, en retrouvailles. Définitivement je me sens bien dans cette ville. Je ne peux pas y être pour 2012, pour cause de programme un peu intensif (je vais faire travailler la VMA des petites pingouins) mais je sais que je reviendrai un jour et que Central Park me reverra avec ma médaille qui brille autour du cou et ma couverture de survie ambiance papilotte. J’aime cette ville où je me réfugie tellement souvent, j’aime fouler Central Park à 5h du matin au milieu de toutes ces femmes qui font le même sport que moi.

D’ailleurs une chose m’a surprise c’est leur incroyable présence en force à une heure si matinale.

3 possibilités :

a. elles ont appris que les guedins françaises arrivaient et elles ont enfermé leur mari, copain, frère, cousin, que sais-je à double tour chez elles avant de partir courir ?

b. les hommes sont comme les ours blancs une espèce en voie de disparition à NY

c. elles vont courir le matin avec leurs copines pendant que Monsieur reste à la maison pour s’occuper des enfants, les emmener à l’école, sans oublier de préparer les céréales et le thé préféré de Madame avant de partir...

Alors vous en pensez quoi les filles ?

Cécile

ps : merci Aurélie pour les photos !


Le récit de Panda

Après une prépa pas idéalement passée, l'asthme étant de la partie, je suis sorti épuisé des 20 km de Paris, mais grâce à l'allergologue et son traitement pour l'asthme allergique et d'effort, la seconde moitié s'est une peu mieux passée.

Le jour du départ est arrivé, et cela devient plus réel, au fur et à mesure qu'on approche lol

Avant le marathon, récupération du dossard, visite de la ville, footing avec Paula Radcliff le samedi matin dans Central Park (voir la première vidéo plus bas) on n’aurait pas pu rêver mieux

Jour J : Staten Island et le pont Verrazano, après l avoir vu a la télé, j'y suis en vrai et je vais courir le marathon de New York !!

L'attente n’a pas été trop longue, c'est très bien organisé en tout cas.

Le départ est lancé, je suis sous le pont, je suis un peu déçu de ne pas être au dessus, mais on ne va pas faire le difficile.

J'ai vraiment apprécié l’ambiance, le public, les gens applaudissent et encouragent comme des fous, je n’ai jamais vu ça, cela porte vraiment.

Le premier semi s'est très bien passé, je ne l’ai quasiment pas vu passé, par contre peu après, l’asthme s’est invité, et la ventoline a pas fait effet longtemps et ne faisait plus d’effet.

Évidemment l’allure c'en est ressentie, j'ai du raller a voie haute, une fois que j'ai réalisé que le chrono espéré s’était envolé à coup sûr et très rapidement.

En plus, le terrain est vraiment pas facile, en plus des 7 ponts, ça monte, des faux plats , par très dur, mais trés long, de très longues avenues à remonter lol !

Même si j'en ai bavé par moment, je savais que j'irai au bout, le public et la musique aide bien et puis c'est New York !

La fin dans Central Park n’est vraiment pas facile, ça monte, avec une petite côte juste un peu avant la fin , les méchants lol

Résultat : 5h08

Je me demande si j avais l’air si mal en point, car dans la longue file pour sortir de Central Park, un policier m'a demandé si ça allait ainsi que 2 passants dans la rue lol !

Un peu déçu, c'est sur, mais pas vraiment par rapport véritablement au chrono, j'ai fini le marathon de New York, c'est déjà beaucoup, mais plus la frustration par rapport a l'asthme. Je serais capable d’un peu mieux, mais je me suis senti bridé par l’asthme.

Sinon j'ai bien récupéré, mardi, je suis parti à l’aventure dans New York, de l’hôtel, je suis allé à Time Square, puis l'Empire State Building (86 et 102eme), ensuite Madison square Park, Union Square park, Washington Park, j ai continué la descente en prenant des rues moins touristiques, et découvert des coins vraiment sympa.

Je suis tombé sur une petite chapelle, au milieu des buildings, et me rend compte que je suis tombé sur Ground Zero, sans savoir où il se trouvait, je continue, me retrouve à Battery Park, photographie la statue de la liberté avec le couché du soleil, trouve le Staten Island Ferry , je fais l’aller-retour, en profitant du coucher du soleil pour continuer a photographié la statue de la liberté ainsi que Skyline de Manhattan.

En remontant, je suis tombé sur Wall street ainsi que sur les camps des insurgés, tout ça un peu au hasard. :o)

Je retrouve un métro et arrive à prendre un express qui me dépose pas trop loin de l’hôtel.

J'ai été sur openrunner, et j ai du faire environ 12 km une jolie balade d'un peu plus de 9h :o)

J'ai mis beaucoup de temps a écrire ce CR, a réaliser, fallait tout assimiler et beaucoup de doute sur comment aborder mon "avenir capesque".

J'ai un peu hésité, mais je me suis décidé à faire le semi de Boulogne, même si c’était que 2 semaines après NY, mais je voulais savoir si l’asthme allait se déclencher sur une distance plus courte, au bout de 2h15 environ sur le marathon, avec toujours la possibilité comme l’allure est plus élevée que l'asthme se déclenche plus tôt.

Résultat, 2:00:35, Record perso du semi qui datait de 2009, j'étais toujours en prepa marathon pour les précédents.

Pas sous les 2h mais je suis arrivé en bien meilleure forme que pour les 20 km de paris.

Un joli petit sprint à l'arrivée et l'asthme ne sait pas invité :o)

les vidéos de Panda :

l'avant et l'après marathon

Le marathon New York 2011

rservoir

Le récit de Blandine

Je pourrais classer mes marathons en 3 catégories, le premier, le premier NY et les autres .....

Cote préparation c'est mitigé. J'ai adoré parcourir Paris à 5h du mat lorsque la ville s'éveille et s'endort mais ma "petite" entorse est toujours là. Mon semi de préparation me sert à tester mes semelles, je le termine dans la douleur, à + 7 minute de mon record. Je doute. A deux semaines du jour J je déménage de mon 6eme sans ascenseur, dur dur pour les jambes. Je stresse un peu et à NY je veux juste finir, profiter de l'ambiance et vivre ce rêve....

J-2, retrait des dossards au village marathon, photos souvenirs et bien entendu shoooooopping  La collection NY Marathon est superbe !! Le soir parade des nations dans central park, feu d'artifice et pour clôturer cette belle journée quelques coupes avec des amis New-Yorkais. Très bon dans le cadre de la préparation marathon puisque excellent pour le moral... faut vraiment que je fasse la champenoise !!

J-1, un moment inoubliable, beaucoup d'émotions puisque nous avons la chance extraordinaire de faire un petit footing et une séance de streching avec Paula Radcliff, la détentrice du record du monde, qui en plus de courir très vite est hyper sympa, abordable et jolie. Pour donner un exemple plus parlant et comprendre l'état d'hystérie dans lequel nous nous trouvions en sortant de Central Park (on a couru avec Paulaaaaaaaaaaaa !!!!) c'est un peu comme faire une séance de tir au but avec Zidane.

Jour J LE MARATHON !!!!!!!!! Staten Islande et le magnifique Verrazano Bridge, j'ai tellement rêvé de ces images et aujourd'hui j'y suis et c'est le bonheur )

Les quelques heures d'attente s'écoulent très vite et c'est a mon tour de rentrer dans le sas de départ (je pars en bleu super ca ira avec mon tee-shirt !!). Autour de moi des gens de tout âge, de toute nationalité, certains sont concentres, d'autres comme moi avec un grand sourire. Juste avant le départ nous avons le plaisir d'écouter l'hymne américain à capella puis New York, New York, c'est émouvant et j'ai les larmes aux yeux. Le coup de pistolet libère les coureurs et nous nous élançons sur le pont, c'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!

Le soleil brille, l'eau scintille et je traverse le pont en regardant le paysage. J'arrive au premier mile sur un nuage, je me sens bien et je n'ai même pas envie de regarder le chrono. A la descente je découvre les supporters New Yorkais: partout des encouragements, des applaudissements et des mains qui se tendent. Nous sommes 47000 stars acclames par plus de 2 millions de fans.

Quelques miles plus loin je commence à avoir mal aux genoux et au pied. Je regarde autour de moi pour me changer les idées et vois un coureur aveugle, un autre avec une prothèse à la jambe et je ne pense plus qu'a la chance que j'ai d'être en bonne santé, de pouvoir courir; les douleurs se taisent et les doutes s'envolent: je vais finir.

Le semi approche, j'ai toujours l'impression de voler et regarde mon chrono pour la première fois: 1h48, 2 minutes de moins que mon semi de préparation, j'ai du mal à y croire... Quelques miles plus loin c'est le Queensboro bridge: long, calme et avec une belle montée. A la descente le plaisir d'arriver dans Manhattan et d'entendre à nouveau la foule !!

Petit passage dans le Bronx et 2 autres ponts, je commence à fatiguer et me surprends à apprécier de la musique "boum boum" (en général je suis plutôt Verdi). Retour dans Manhattan, les meneurs d'allures des 3h40 me doublent et l'espace d'un instant je pense m'accrocher. Très vite je réalise que ça n'a aucun intérêt car je n'ai jamais voulu faire 3h40 et suis maintenant très loin de ce rythme. Passé 20 miles je ne suis plus très lucide

Un peu plus loin je croise Soph et reste un instant avec elle. Je ne sais pas quoi dire pour lui remonter le moral alors en partant je me retourne et lui dit juste: "Soph c'est New Yrok alors fait toi plaisir"

La 5ème avenue et son interminable montée, le moment critique les démons sont prêts à profiter de la fatigue pour envahir mon esprit. Pas cette fois, c'est New York, c'est mon rêve alors pas de pensées négatives !!! Je marche un peu, repense avec bonheur au footing avec Paula et rentre dans central Park le sourire aux lèvres et en courant. Le Ritz est en vue (avant dernier virage) et des larmes d'émotions (et oui encore) me viennent aux yeux. Je remonte Central Park South sous les acclamations de la foule, arrive à Colombus Circus et rentre à nouveau dans Central Park. J'apercois un superbe clown, PC convert et nous allons finir ensemble.

Je vois la ligne d'arrivée et mon visage s'illumine du même sourire idiot qui m'a accompagné tout au long du premier semi. Je franchi la ligne heureuse, juste heureuse, très heureuse.

Il me faudra plus de 2h pour retourner à mon hôtel mais le temps passe vite, la médaille autour du coup, la couverture de survie en guise de jupe (le dernier look à la mode à Manhattan ce 6 novembre) je discute avec tout le monde: "congratulation you dit it" !!! Autant a Paris je n'imaginerai pas me balader avec ma médaille, autant a NY tous les coureurs la portent avec eux, le jour J et même les suivants.

J+1: je suis toujours sur un nuage.... j'achète le Times et en voyant les résultats je réalise que j'ai vraiment fait 3'45"57 .... 10 minutes de moins qu'avant sur un marathon pas très roulant, ça valait le coup d'attendre si longtemps pour améliorer mon record

A l'heure où j'écris ces mots je suis toujours sur mon nuage. Ce CR est à la fois trop long et trop court.... trop long peut être pour ceux qui vont le lire et trop court pour exprimer tout ce que j'ai ressenti. Je souhaite à tous les (futurs) marathoniens de vivre un jour le même rêve....

Un grand merci a tous CAF les New Yorkais pour cette semaine de reve et tous ces moments forts partages

les_papillotes

Le récit de la Tortue

Marathon de NY : Mamma Mia !

Partir pour la 2ème fois courir le marathon de NY, il faudrait être folle pour refuser !! J'ai trés envie d'y retourner et c est avec beaucoup de bonheur que j'atteris à l'aéroport JFK, ce mercredi 2 novembre .

Nous sommes partis, comme d'autres CLM et cafeuses, avec Planet Tour. Nous logeons au Waldorf Astoria, hôtel mythique, somptueux, aux chambres magnifiques . J'adore !!!

Notre curiosité nous poussera à visiter le Balroom, la skylight room. Je demeure bouche bée face à autant de beautés.

Jeudi 3 novembre.

Il fait chaud. Notre 1 ére visite sera pour le retrait des dossards. Malgré la longue queue, tout se passera rapidemment, facilement . L'organisation est bien rôdée et efficace. Petit tour au marathon expo, où je constate que malheureusement la jupette est pratiquement inexistante. Ça me chagrine, mais je me débrouille tout de même pour m'en trouver une écossaise super mignonne ( avec laquelle, c'est sûr, je courrais le marathon d'Edimbourg). Et c'est parti pour une journée marathon dans cette superbe ville : Le sud Manhattan, Battery Park, ferry pour la Statue de la liberté, remontée sur Broadway, avec pour bien finir la journée, la comédie musicale " Mamma Mia", un régal !

Vendredi 4 novembre

Sortie cap d'1 h avec 2 copains CLM (aucune cafeuse intéressée). J'ai vraiment besoin de cette petite sortie. Je m'inquiéte un peu, car excepté le marathon d'Istanbul couru 3 semaines avant et celui de Toulouse 2 semaines avant, on ne peut pas dire que j'ai vraiment fait du long ( 16 - 17 kms par sortie). Il fait bien frais, c'est trés agréable de courir dans central Park en sympathique compagnie. Pconvert a préféré ménager ses talons, remplaçant la sortie cap par une visite musée. Le reste de la journée sera consacré à la visite de la Frick Collection, Madison avenue, balade dans toutes les belles avenues, à la découverte d'eglises, de tours....En fin d'apres midi, goûter au Starbuck avec Palmito's, et une fin de soirée au Musée d'art moderne ou MoMA

Samedi 5 novembre

Il fait plutôt frais. C'est parti pour Soho, little Italy, Chelsea, le HighLine... Pasta party CAF/CLM, dans un Restau italien aux pâtes bien savoureuses ( merci Barbie). Toujours un moment très sympa où l'on revoit les anciens et où l'on fait de nouvelles connaissances

Dimanche 6 novembre : le marathon

Temps idéal : fraîcheur et soleil

Pconvert et moi serons déguisés... En clown. Le clown est universel, rigolo, il amuse les enfants, ses vêtements sont colorès . Le top ! Nous partirons dans la 1 ère vague, à 9 h 40. Au soleil, on est super bien. L'organisation est vraiment au top, comme sur la plupart des marathons américains.

Le départ est donné aprés l'hymne américain, et sur les notes de "NY NY". Je vais prendre beaucoup de plaisir à courir ce marathon. Dés le départ, le parcours est beau. Je mesure ma chance d'être ici. Je pense aux cafeuses Néomarathonienne, qu'elles profitent bien! je pense à Yanne et ses célèbres ennuis gastriques et à Sof. Je croise les doigts. Pour moi, ça roule. Barbie me rattrape et trouve que je suis trop rapide. Elle n'a pas tord et je le sais. Je vais donc ralentir sensiblement. Pconvert à mes côtés teste la petite camera, qu'il vient de s'offrir. Elle est accrochée sur sa tête et semble être totalement stable. Le moustachu tient une forme éblouissante. Qu'est qu'il peut être horripilant, parfois !!! Il chante, il crie, il arrangue la foule, foule qui semble l'adorer. Qu'à cela ne tienne, je l'imite... Et je m'éclate ! Les spectateurs jouent le jeu : je les incite à crier, ils crient ; à m'encourager, ils m'acclament ; je prends la pose, les appareils photos crépitent. Je m'amuse follement.... Jusqu'à ce que Pconvert, mon cerbère, ne me remette dans le droit chemin, d'une tape sur les fesses. Bon, puisqu'il faut courir, courons ! Dansons également un peu au son des orchestres. Et au 31 éme, la cata !!! On se perd !! Étonnant ! Pconvert n'étant plus là pour m'asticoter, je prends mon temps...ça devient plus dur, et les kms qui n'en finissent plus !!! C'est bizarre comment les derniers kms sont toujours plus longs que les 1er !! J'entre dans Central Park, j'évite de me réjouir, il y a encore du chemin. Pour oublier que j'en ai plein les gambettes, j'admire les couleurs de l'automne. Que ce parc est beau !! Je ne m'amuse plus avec la foule, mais je l'entends. Beaucoup de coureurs me doublent en fin de parcours, et ce qui me réjouit, c'est que beaucoup sont jeunes !! Je passe la ligne d'arrivée en pensant à Pconvert. Va t on se retrouver rapidemment ? Je pense également que j'ai trés envie d'un steak !! Et je le dévorerai, ce steak très desiré, le soir même avec mon clown que j'ai trés vite retrouvé.

Pour les 2 jours suivants, récupération active avec encore et encore des kms à sillonner NY.

pont

Le récit de Sof

New Yorkeuse !

Voilà, 2ème marathon de bouclé. Je vous donne tout de suite le chrono : 4h32’46, ce ne sera pas l’objet de ce CR, vous l’aurez compris. Quasiment le même temps qu’à Sénart, je vais plutôt vous parler des sensations ressenties le long de ces 26,2 miles. Et oui, déjà, l’effet magique des miles : ça passe beaucoup + vite   . Je crois que je suis passée par toutes les émotions possibles : euphorie, excitation, rires, ténacité, concentration, larmes et délivrance. J’avais pourtant toutes les conditions réunies pour faire une belle course, elle fût belle, mais pas comme je le pensais, finalement. Je suis partie dans le 1er bus, à 6h30, après un peu de stress dans les bouchons et un car chauffé à 1000°, nous arrivons, je me dirige vers le village vert,et un 1er pipi. Mes caméras ont un succès fou ! Le temps d’enlever mon pantalon, mettre ma ceinture spéciale gels achetées sur le village (oui, faut pas tester du nouveau matos sur une course, mais je dois dire que je ne regrette pas DU TOUT cet achat !!!), et je donne mon sac aux consignes. C’est hyper bien organisé, un truc de fou. J’attends un peu jusqu’à l’appel de la 1ère vague et vais me mettre dans mon corral. Je me trouve une place tranquille au soleil, j’ai une polaire immonde sur moi que je jetterai, et un poncho pour mes jambes. Chuis bien, j’observe ces gens venus du monde entier, tous venus pour courir ce marathon pour des raisons diverses, pour un parent, un proche, une association, pour eux. Je retiens qqs larmes d’émotion d’être là, mais y’en a 1 ou 2 qui coulent quand même. J’ai mis mes lunettes de soleil, j’aime bien m’isoler dans ces moments. Soudain, ça y est, nous nous dirigeons vers le départ. Je discute avec 2 bretons très sympathiques que je vais immortaliser sur ma caméra. Un des 2 tient à me donner son bracelet de temps de passage 4h45, je lui dis que je n’en aurais pas besoin, mais il insiste alors je prends. La musique de New York New York est lancée, et là, grosse émotion encore, un cri de guedin en passant la ligne….et je suis sur le pont du bas, ça monte, mais on ne sent rien, c’est l’euphorie totale ! Je ne sais pas trop à quelle vitesse je suis, le garmin ne se cale pas sous le pont, et à la sortie, je verrai 4’30, je ralentis. Je ralentis au fur et à mesure, pour caler sur une allure confortable. Ça y est, la foule est là, et je suis littéralement transportée, un truc de malade mental. Je me demande jusqu’où mon sourire peut aller tellement il est grand. Les gens applaudissent et encouragent comme des fous, j’ai jamais vu ça, on a l’impression d’être le champion du monde.

Les orchestres sont là, on ne s’ennuie pas du tout sur cette partie, je suis sur un nuage. Par contre, c’est pas plat du tout, hein. J’ai bossé les faux plats en prépa, heureusement. Mais c’est carrément les côtes qu’il faut bosser en fait !! Ils ne sont pas durs, mais très longs. Les miles défilent, les ravitos sont très rapprochés, de ce côté, rien à dire. J’ai pris avec moi une petite bouteille avant le départ, format minuscule, et je la remplis d’eau aux ravitos, c’est nickel, je ne perds pas de temps. J’ai enfilé un ½ gel au 10ème, l’autre moitié au semi. Entretemps, j’ai pris de la compote coincée dans les poignets de tennis. Top pratique, je ne ressens pas de fringale, tout ça est très bien. Après le semi passé en 1h57, un quartier juif très très calme, vient le méchant pont Queensborough. Il est juste ignoble, il ne fait que monter et ya personne pour encourager. Les coureurs ne disent rien, j’entends le silence pour la 2ème fois, c’est bizarre. J’ai envie de pipi horrible, je suis prête à me pisser dessus, je m’y suis psychologiquement préparée. Heureusement, il y au ptit vent qui me refroidit, ça me distraie et me fait du bien (ben oui, j’ai chaud, je suis en tee shirt manches courtes et cuissards, mais j’ai chaud !). Heureusement, après le pont, des toilettes bienfaitrices. Oh mon dieu, c’est trop bon. Je n’ai pas coupé la caméra, mais ce bout là ne sera pas dans le film, hein (de toute façon, faisait tout noir !).

Je continue à bien m’hydrater, vider moitié de gel, mais là qqpart vers le 35ème peut être, j’ai mal aux jambes. Je sens le début d’une crampe dans la cuisse, je masse et ça passe. Je voulais résister à la tentation de marcher, la tête dit non, mais les jambes disent si. Le mur, donc. Ça va, je connais, je l’ai aussi pris en pleine face à Sénart. Je m’accorde qqs mètres de marche, je me parle, m’encourage et je repars. Je ferai ça jusqu’à la fin. Et ce qui est génial, c’est qu’en cherchant un regard dans la foule d’encouragement, on le trouve toujours, et on vous encourage à mort. Dans ma tête, je n’en ai pas marre, j’ai envie de continuer et de profiter malgré tout. Qqpart dans le Bronx, je vois Blandine me dépasser, mais genre peinard. La vache. « Sof ! » Je lui dis de continuer, de surtout pas m’attendre et elle repart de son pas léger et facile….J’ai hâte d’arriver dans Central Park et de retrouver la foule bienfaitrice, j’ai vraiment mal aux cannes, ça devient très dur. J’ai l’impression que peu de gens marchent, et que je me fais doubler tout le temps. C’est dur à avaler, mais qqpart, ça m’incite à trottiner et à marcher le – possible. Je vois Béa qui me dépasse, elle aussi tranquille et légère comme tout. « Béa ! » elle se retourne, me reconnait et continue son bonhomme de chemin. J’ai essayé de la suivre, mais les jambes ont tenu 20m et sont vite retournées à allure limace. Je crois que j’ai passé les 3 derniers miles à chialer d’émotion, de grosses larmes d’émotion pure qui roulaient le long de mes joues, et toujours, j’ai trouvé un regard et un encouragement dans les spectateurs, j’ai encore des frissons en écrivant cela. Soudain, un panneau 800. Je me dis 800mètres, 2 tours de Pershing ! J’essaie d’accélérer de toutes mes forces, mais non, j’y arrive pas. La ligne d’arrivée, et la délivrance, enfin….Photo souvenir, je me refais une tête qui ressemble à qqch, enfin, j’essaie, je sèche mes larmes, couverture de survie, sac, tout est super bien goupillé. Je retrouve Béa dans la foule, c’est super de voir un visage ami à ce moment là, j’avais juste envie de craquer….Plein de SMS, appel de Fred qui me donne des nouvelles des copines   , ça me remonte le moral…

Mon bilan à chaud de ce marathon :

Déçue du chrono, évidemment. Mais un mental renforcé, jamais eu de pensées négatives, ça, c’est énorme, c’est une belle victoire. Les démons de Sénart sont bien partis. Une gestion de ravitos nickel, ça aussi, c’est bon à prendre. Par contre, je ne suis clairement pas endurante, mes jambes ont dit non aujourd’hui, trop long, trop dur, malgré une prépa idéale durant laquelle j'ai hyper progressé, et des SL de 20, 23, 26, 29 kms….Je ne reviendrai donc pas tout de suite sur marathon, je me laisse du temps, ce n’est pas ma priorité. J’veux aller péter mes chronos 5-10 et semi, ce sont des formats sur lesquels je m’éclate vraiment et je vais retrouver enfin ma piste à Pershing : -)

Merci encore à toutes et tous pour vos mots sur Caf et FB, c’est tout bonnement génial d’être suivie comme ça. Bravo aux filles et gars de NY

Et NY, c’est magique, allez –y, un vrai truc de guedin !!!!

baskets

Le récit de Mia

New York, New York, un premier marathon de rêve

Par où commencer pour raconter cette aventure totalement inoubliable, ce premier marathon à New York?! En tous cas, ca va être long : prenez le temps d'aller vous faire un petit thé ou un café, ca vaut mieux!

Jeudi 3 novembre : Après une courte nuit (2 heures)  le réveil sonne à 6 heures. Direction l'aéroport où je retrouve assez vite toute la troupe : Barbie, Béa, Blandine, Aurélie (leeleeth), Panda. Les bagages sont enregistrés. Sof nous rejoint un peu après. On se prend un petit café (et un muffin, OK). Première photo de groupe devant le panneau "Charlotte" c'est déjà l'heure d'embarquer. Le vol me parait long, et je n'arrive pas à dormir, ou très peu. Je regarde un film, je bouquine, j'écoute la radio, je m'occupe comme je peux. A l'arrivée à Charlotte on récupère et on fait réenregistrer nos bagages. Puis direction le starbuck pour un petit café avec Blandine, Béa, Aurélie, Sof et Panda. On retrouve un peu plus tard Barbie en salle d'embarquement. Premiers fous rires du séjour! (le trail des aiguilles rouges et ses 50 000 mètres de dénivelé..  pas une course de tapette quoi). On prend le deuxième avion, direction NY La Guardia. Le vol n'est pas très long, mais j'en ai marre. Je commence à fatiguer. Le survol de nuit de New York est juste majestueux! On récupère les bagages sans encombre (mais non Barbie tu n'es pas un chat noir!) et on prend le bus pour aller à l'hôtel. On crève de faim, on décide donc de ressortir pour aller au Mcdo. (faut pas chercher une quelconque diététique pré course, on avait juste la dalle, c'était tout près, et on était crevés!)

Vendredi 4 novembre : En allant au petit déj on croise Barbie, PC convert, La tortue et Yanne. La magie des rencontres CAF : Yanne et Sof ne s'étaient jamais rencontrées auparavant, et 2 minutes après elles se marraient déjà comme des vieilles copines...et moi aussi d'ailleurs!   Quelles guedins ces 2 là!   On part pour le retrait des dossards, avec en plus runsk et Charmant, qu'on a retrouvé entre temps. Les dossards sont retirés en quelques minutes. Quelle efficacité! Et toujours un bénévole avec le sourire pour t'expliquer comment tout va se passer. La pression commence à monter. Je réalise vraiment que je suis non seulement à New York, mais que je vais y courir mon premier marathon. Qui dit retrait des dossards dit village marathon. On fait flamber la carte bleue! (mais c'est de leur faute aussi : pourquoi les files d'attente aux caisses sont aussi longues? Ca nous laisse le temps de réfléchir, revenir voir en rayon, réessayer...). Après le déjeuner on repart vers time square. Petit passage obligatoire à la boutique M&M"s. Les employés improvisent une sorte de flash mob. Vous vous doutez bien que guedin en chef, j'ai nommé Sof, n'y résiste pas très longtemps et se mèle à la danse! De retour à l'hôtel on débarque en groupe dans la chambre de Yanne qui se prépare pour la parade des nations. Quel délire ce costume!! Elle a fait les choses en grand, elle est magnifique notre porte drapeau!! On prend enfin un peu de temps pour se poser, avant de partir pour la parade. Ce sont trois cafeuses (Blandine, Sof et moi) pour le moins enthousiastes (comprendre hystériiiiiiiiiiiiiiques) qui empruntent le chemin du dernier mile du marathon dans central park. La parade est très jolie. Beaucoup sont habillés en costume local ou, comme les japonais jouent le délire à fond et sont déguisés en "sushis rangers deluxe!". Mais il fait froid et on trouve les spectateurs un peu mous. Pour se réchauffer on va manger des pâtes chez célini. Je pense qu'ils ne sont pas prêts d'oublier notre passage! Avant même d'entrer dans le restaurant on était cataloguées (quelle idée ces portes, franchement!!), et ca a duré jusqu'à la fin du repas! Pour celles qui iront l'année prochaine : pas sur qu'ils acceptent encore un groupe CAF! ; )

Samedi 5 novembre : ce matin on a rendez vous avec une certaine Paula Radcliffe pour un footing.   Il fait très froid, les gants et buffs sont de rigueur. Ca papote ca prend des photos ca papote, ca rigole...jusqu'au moment où aurélie dit "voilà Paula!". Silence dans les rangs tout à coup! Comme quoi on sait ce qu'il faut faire pour faire taire les CAFeuses!   C'est parti pour un petit footing; Je m'accroche à la magnifique foulée de Paula, quitte à être un peu dans le rouge : c'est la seule fois de ma vie que je courrai avec elle, je ne vais pas faire la queue de peloton non plus! Elle me demande d'ailleurs à un moment si elle ne va pas trop vite. "Ca va ca va" je lui reponds. Sof immortalise ces moments magiques avec sa caméra. Le temps de prends quelques photos avec cette championne accessible, adorable...et parlant parfaitement français et c'est un groupe de CAFeuses euphoriques (comprendre hystériiiiiiques) qui sort de central park au cri de "On a couru avec Paula, on a couru avec Paula!!!". L'après midi on va jusqu'à la boutique Abercrombie puis au pont de Brooklyn. Ce n'était certainement pas la meilleure idée pour une veille de marathon, mais comment être à New York sans visiter la ville? Le soir, préparation fébrile des affaires pour le lendemain, et pasta party chez Alfredo. En cherchant le sommeil j'hésite entre la hâte d'y être enfin, et la trouille bleue sur le thème "mais qu'est ce qui m'a pris, le sudoku ou le curling ca doit être bien aussi comme sport, non?"

Dimanche 6 novembre. D-DAY! On file acheter nos petits déjeuners encore en pyjama. Comme je ne pars qu'à 10h40 j'ai prévu de bien manger à 5 heures, et de faire une collation 2h30-3h avant le départ. Je me connais, je sais que j'aurai faim autrement. Dernières vérifications des sacs et on se retrouve dans le hall de l'hôtel. Sof part avec le premier bus : elle est dans la première vague, il ne faut pas trainer. On attend un peu et on prend un des bus suivants avec Yanne, Barbie, et Aurélie. Le trajet passe vite en papotant course à pied. On arrive sur le site, on se sépare dans nos "corrals" respectifs. Avec Aurélie on a la chance d'avoir 2 numéros de dossards consécutifs et d'être dans la même vague et le même corral orange. On ne se lâche pas, on va faire toute cette attente ensemble. Le temps de papoter de tout et de rien, de boire un café, manger un morceau, aller une dernière fois aux toilettes, et on doit déjà rejoindre notre sas de départ. Le temps s'est beaucoup radouci par rapport aux jours précédents, du coup ce que j'avais prévu (coupe vent + tee shirt manches longues) est carrément trop chaud. Le coupe vent fera toute la course autour de ma taille. On arrive sur le fameux pont de Verrazano. Hymne américain à capella, puis "New York New York" de Sinatra. On se regarde avec aurélie : on a toutes les 2 les yeux bien embués! J'ai des frissons partout. C'est au dela des mots. J'ai adoré partager tous ces moments d'émotion avec toi Aurélie, c'était génial!

Le départ est donné. Je sens à peine la montée du pont tellement je me sens bien. Dans la descente je suis bien trop rapide (6'20/km environ). On va se calmer tout de suite! Il faut tenir 42 bornes et je n'ai aucune expérience de la distance. Je vais finir par me stabiliser sur un rythme de 6'35_6'40/km, que je tiendrai sans difficultés jusqu'au 16ème mile. Les jambes sont plutôt pas mal malgré la marche des derniers jours, j'ai plus de mal avec le souffle (ca fait quelques jours que je suis un peu enrhumée). Les spectateurs sont présents dès la fin du premier pont, ils crient, ils nous encouragent, ils donnent une énergie incroyable. Il fait un temps de rêve, j'ai un sourire qui s'étend d'une oreille à l'autre...Je suis juste heureuse d'être là, parmi cette foule de coureurs.

Deux point négatifs en ce début de parcours : ma ceinture porte bidon qui me tire dans le dos, qui me comprime le ventre. Ca va pas du tout. Je la virerai dans une poubelle du queens quelque part vers le 15ème kilomètre. Le bidon à la main ça ira beaucoup mieux. Deuxième souci : ma "potion magique" que j'ai dosée n'importe comment hier soir. L'improvisation a des limites, c'est imbuvable et je sais dès les premières gorgées que ça ne le fera pas. Comme je ne suis absolument pas tétue je m'obstine quand même à la boire... .

Les miles défilent très vite (ca va bien en comptant comme ça). Je passe au 5ème kilomètre. Gros moment d'émotion en pensant à tous ces gens qui me suivent sur internet (ma famille, les copines de CAF). Je ne me doutais pas à cet instant à quel point c'était effectivement la folie de l'autre côté de l'atlantique, mais je vous jure que vous couriez avec moi à ce moment là.

Les 15 premiers miles se font comme dans un rêve! Je suis sur mon petit nuage, portée par la foule. Tout est OK, jusqu'au fameux 16ème mile. Le pont de Queens Boro me donne un coup : les spectateurs ne sont plus là, les coureurs ne parlent pas, vent de face....dur dur! D'autant plus que comme un fait exprès mes meilleures ennemies, j'ai nommé les nausées, choisissent ce moment là pour faire leur apparition. Je ne peux plus absolument plus courir sans risquer de vomir. Donc je marche, j'avance, je fais comme je peux. Je m'encourage à être forte dans ma tête. C'est d'ailleurs une des choses dont je suis le plus fière sur cette course : je n'ai jamais rien lâché, et à aucun moment je n'ai douté que je franchirais cette ligne d'arrivée. Un peu plus loin Aurélie me rejoint. Elle est en pleine forme, a un sourire banane! Merci miss d'avoir été là à ce moment là, ça m'a fait un bien fou.

Les nausées sont toujours présentes. J'ai arrêté ma boisson, je m'hydrate uniquement avec l'eau des ravitos. J'essaye de prendre un maximum de force et d'énergie du public. Quelle foule incroyable sur le bord de la route! Les jambes deviennent lourdes mais pas de mur à l'horizon du 30ème kilomètre. Si ce n'étaient les nausées tout irait même pour le mieux...

Enfin je ne suis quand même pas dans mon état tout à fait normal : un peu avant le 35ème je crois voir Sof, déchainée, sur le bord de la route. MAIS BIEN SUR! Elle a eu le temps de courir, retourner se changer à l'hôtel et venir nous encourager au 35ème fraiche comme une rose! La nana a du me prendre pour une guedin quand je l'ai dévisagée!

Au passage du 35ème un panneau électronique diffuse des messages d'encouragements aux coureurs. Là aussi je me demande si je ne suis pas prise d'hallucinations quand je lis "Allez Yanne, tout CAF est avec toi". Je pleure un petit coup.Je veux dire : vous avez vraiment fait ça? Envoyer des messages d'encouragement?! Ou c'est moi qui ai rêvé??!!

La fin du parcours est sans histoire : je me gorge de l'énergie du public, je tape dans les mains des gens sur le bord de la route. Les nausées vont mieux mais les jambes font de plus en plus mal, je m'accroche en me disant que les gens autour de moi ont l'air beaucoup plus mal en point. Au 36ème je me dis "allez, plus qu'une parisienne"! Elle ne m'a jamais parue aussi longue cette parisienne dites donc! Passage du 40ème. J'ai la banane, je suis émue. Quelle ambiance dans central park! Les spectateurs sont déchainés. Une dame me regarde droit dans les yeux et me crie "you can do it, you can do it"!! Merci chère inconnue pour ce regain d'energie. Je franchis la banderole du 26ème mile. Les larmes commencent à couler. J'essaye de ne pas me laisser submerger (rapport au fait que pleurer ou respirer il faut choisir, je suis en hyperventilation! ). Mais c'est de plus en plus difficile et je pleure à chaudes larmes en franchissant la ligne. Je l'ai fait, je suis marathonienne!!! Forcément très frustrée et déçue par mon temps (5h24) mais tellement fière et heureuse d'être allée au bout!!

Le retour à l'hôtel est long. Je marche un peu en canard. Heureusement je fais les dernières centaines de mètres avec un monsieur qui vient aussi de courir, et qui me parle en anglais. Ca occupe mon neurone!

Lundi 7 novembre et mardi 8 novembre : le réveil se passe plutôt bien. Les douleurs apparaissent dans la journée. Je descends et monte les escaliers en crabe. Autrement rien à signaler. Pas de bobos, pas de grosse fatigue à noter. On en profite pour faire du shopping et dévaliser les boutiques.j'adore ces moments où on se promène médaille au cou dans les rues de New York

Mercredi 9 et jeudi 10 novembre : c'est déjà l'heure du départ. On a pas du tout envie de se quitter après cette semaine de rêve. Le voyage se passe bien (pour une fois je dors dans l'avion) si ce n'est les 2 heures de retard à Charlotte. En arrivant à Roissy on prolonge encore un peu le plaisir : avec Blandine et Aurélie on rentre ensemble à Paris, et on mange une dernière fois ensemble; C'est la fin du rêve et le dur retour à la réalité!

J'ai vécu une semaine merveilleuse à New York. Merci Barbie, pour tout, pour avoir rendu ce premier marathon aussi inoubliable!! Un peu de repos et j'ai déjà hâte de me recoller au plan pour le marathon de Paris!! Si j'arrive à régler mes problèmes d'estomac je pense que je peux améliorer ce chrono . Finalement le curling ou le sudoku, on verra ça plus tard !


Le journal de Bord de Yanne

New York runneuse 1

New York runneuse 2

New York runneuse 3

New York runneuse 4

New York Runneuse épilogue

ambiance_dpart

Le récit de Réjane

Plusieurs fois que je tente de faire un CR, mais pas moyen de mettre des mots sur des émotions que je n'ai toujours pas vraiment intégrées!
Chacune d'entre nous est allée à New York pour des raisons personnelles et a vécu ce marathon de manière différente, mais en même temps il y a beaucoup de similitudes dans nos expériences.
Analyser ma course, je ne sais pas faire. Alors brièvement, je peux juste dire que le premier semi a été idyllique. J'en arrivais même a oublier que j'étais là pour courir. A la moitié du chemin, pour la première fois sur une course, j'ai dû faire une pause toilettes, et je suis repartie confiante en me disant que ça allait le faire. Et crac, alors que je pensais y échapper cette fois-ci, au 26ème km, mon genou droit qui se bloque et qui me fait mal. J'ai bien râlé pendant 1 km et puis je me suis dit que de toute façon, ça ne changera rien, alors autant continuer à courir avec le sourire, ignorer la douleur et profiter du spectacle. L'arrivée à Central Park, je l'avais tellement imaginée, rêvée! Je pensais fondre en larmes en arrivant au milieu de tous ces gens, mais finalement non, je n'avais qu'une idée en tête: terminer en courant, surtout pas en marchant! Je ne réalisais pas ce que je venais d'accomplir, jusqu'à ce qu'on me donne ma médaille, et là, les larmes sont montées directement: c'était ça que j'étais venue chercher!

Voilà, en gros, pour ma course, je vous passe le détail de mes émotions, de mes soucis avec ma puce qui n'a pas fonctionné, etc ... Ou c'est trop personnel, ou ça n'a pas trop d'intérêt pour vous.

En fait, plus qu'un CR, ce qui me tenait à coeur et ce pourquoi je voulais laisser un message sur le forum, c'était pour dire un grand merci à CAF et à vous toutes.
Tout d'abord, c'est grâce à ce forum et à un message laissé par VéroCavalaire que j'ai pu réaliser mon rêve avec 5 ans d'avance! (Je m'étais promis de faire le marathon de New York pour mes 40 ans, et c'est le jour de mon anniversaire que j'ai su que j'allais y participer plus tôt que prévu). Donc un énorme merci à Véro, ma bonne fée ou ma marraine CAF!
Ensuite merci à Cécile d'avoir pensé à moi pour la surprise du chef! Ce cadeau, c'était la cerise sur le gâteau! Je n'arrive toujours pas à y croire à cette rencontre avec Paula!
Merci aussi à vous toutes "les poussins de Cécile" de m'avoir fait une petite place dans le groupe samedi matin. Ce fut un plaisir de faire enfin votre connaissance, même si ce fut trop bref. En tout cas, j'en ai vu assez pour regretter quand même de ne pas avoir partagé cette aventure exceptionnelle avec vous!
Et aussi merci à toutes les filles qui ont suivi sur le forum, qui ont pensé à moi et qui se sont inquiétées de ne pas me voir dans le tracking. Je ne pensais pas que vous vous intéresseriez à ma progression, comme je ne suis pas très active sur le forum. J'ai été agréablement surprise en lisant vos messages! Du coup, j'ai vraiment l'impression maintenant de faire partie de cette communauté formidable!

Voilà, désolée de ne pas être éloquente, je ne suis pas douée pour ce genre d'exercice! Surtout que je ne réalise pas encore entièrement ce que j'ai vécu! Je me remets tout doucement du K.O que j'ai eu dimanche dernier!

 

Le récit de Leeleeth

 

Ce voyage est mon cadeau d'anniversaire et en plus des copines Caf dont ms supers collocs béa et blandine, j'ai la chance d'avoir ma mère et son compagnon à mes cotés. Donc j'ai fait plein de visites, vu beaucoup de choses et de musées mais je vais surtout parler de la partie running.
Bon la marathon expo fait aussi mal à la carte bleue avec des t-shirts, un porte dossard et les nouvelles brooks glycerin 9 magnifiques !! détails girly : la doublure à fleurs à l'intérieure...
Le vendredi soir on assiste à la parade des nations ! Notre Yanne est top !! c assez géniale de voir les coureurs mais comme Mia j'ai aussi trouvé que le plublic n'avait pas l'air si enthousiaste que ca... le feu d'artifices à la fin résonnera dans les building comme un grondement de tonnerre.
Le samedi matin, je vais inaugurées les nouvelles running dans central park. Plutot frisquet mais bon, novembre à new york ! On est tous surexcités ! Ca c sûr !!! On bavarde en attendant la star Paula Radcliff, recordwoman de la distance et multiple championne, mais ce matin on verra aussi Tegla Loroupe (2 fois victorieuse sur le marathon de NY justement) et Wilson Kipketer (recordman sur 1000m et 800m non ?).
Les fous rire vont bon train et Yanne se croira même en pleine interview face à la paille de mon camel back qui est un micro selon elle …..
On est ravis d'être admis par l'organisation de cette fondation et ceux qui ont récoltés des fonds nous accueillents volontiers donc merci aux organisateurs de tout ca. Courir dans ce parc est déjà réaliser un rêve mais en si bonne compagnie, waouh !
Le lendemain matin, après une nuit trop courte, on prend le tit dej dans la chambre puis on retrouve les autres en bas. Les converts sont magnifiques en clowns ! Barbie fait pêter la jupette biensur … Moi j'ai prévu une demi douzaine de couches diverses...
Dans le bus je nous trouve extérieurement très calmes quand on sait le niveau d'hystérie intérieure... Arrivés sur le site le groupe se divise mais je ne lache pas Mia ! Nos numéros de dossards se suivent c terrible ! On commence d'ailleurs par faire une jolie photo avec le pont en arrière plan. On bavarde en attendant notre départ avec un 2° dej dont le pain d'épice magique de ma maman... Un coup de canon et on voit la première vague passer. Elle n'en finit pas c impressionnant. Et pis je réalise que la 2° vague est déjà dans le sas. Donc toute la foule là autour c la 3° vague seulement ?????? ah oui quand meme !
Bon finalement il fait vraiment chaud donc les épaisseurs jetables partent vite et c une polaire et un coupe vent qui vont faire le marathon dans le sac ! Je vais rester en t-shirt court et manchons qui vont meme descendre une bonne partie de la course. Bizarrement plus de stress mais beaucoup d'émotions. Le troupeau avance vers les arches de départs. Nous sommes sur le pont supérieur, la voie royale ! Musique mythique chantée en coeur et coup de canon, on marche et bip ! C partit ! 1H05 après les premiers, on s'élance à notre tour sur ce parcours. La montée sur le pont dès le début, je prend mon temps, me permet de faire des photos... et à la descente, voir les voies pleines de coureurs qui s'entrecroisent c énorme. Dès les premières maisons, les premiers supporters ! Les premiers cris ! Et de suite, les groupes de musiques !
Tout le long de ces 20km dans Brooklin les groupes vont se succéder, enchainant des tubes divers qui toujours me boostent. Du monde, des panneaux, des applaudissements... Et pis les rencontres, je bavarde avec des gens divers, un américain qui me parle du marathon de washington, des coucous aux compatriotes... Le sourire est plus que présent ! Je ne me rappelle pas que ca montait ou descendait. J'suis aux anges, j'suis là, dans cette course... j'en reviens pas ! Il fait un temps magnifique et l'ambiance est magique. Les ravitos défilent et malgré mon camel je bois de l'eau et un peu de gatorade de temps à autres. J'en profite pour marcher. Aucun remord j'suis juste là pour m'en prendre plein les yeux !
Je tape dans la main d'une compagnie de pompiers et me dis que j'aurai du m'arreter pour une photo tiens ! J'en verrai plus après ! Sniff … au 20km je sais que je vais voir maman, elle est descendu jusque là et d'ailleurs je remarque sa banderole dans le fond d'un virage ! Je file lui faire un gros bisous ! Ses voisins vont me hurler littéralement des encouragements, je repars avec un sourire immense et des grosses larmes d'émotions incontrolables... d'ailleurs c pas pratique ca m'empeche de respirer ! J'aurai a plusieurs reprise l'impression de faire de l'astme tellement les larmes me submergent !
Je passe le 21 dans les temps, au comble du bien être... mais très vite voilà le queensboro bridge. Il grimpe le bougre ! Et pis à l'ombre et tout ! Ben je marche. Le moral en prends un coup. Je m'arrete pour faire une pĥoto et un concurrent me propose de la prendre. J'adore ! Manhattan en fond.
Merci l'inconnu !
Ca me rebooste et voilà le sommet, ensuite ca descend et ca j'aime ! En bas le choc : la foule !!!!! le carrefour est bondé ! Ca hurle c hallucinant ! On remonte la first avenue qui en réalité descend et je compte les blocs. Je dois revoir maman. Arrivée au point de rdv (avant le 30km) pas de maman ! Je m'inquiète, pas de réponses aux messages … j'attend un peu … là vous comprenez pourquoi je stagnais sur le suivi...A NY un jour de marathon, même moi je vais plus vite que le métro ! La grande classe !
pis je repars et recoit un message comme quoi elle arrive : demi-tour !!! en sprintant ! Je veux la voir. Je suis là pour vivre un moment génial et pas faire un temps, donc c plus important à mes yeux. Enfin je les vois tous les 2 un calin et je repars rassurée et remotivée ! Par moment l'ambiance est plus silencieuse et après un ravito j'entend que meme nos baskets nous applaudissent ! Le gatorade répandu par terre colle et « scroutch scroutch » donne cette impression terriblement drole que nos propres running nous encouragent !
Je tente le gel qu'on nous propose mais ca ne passe pas. Je reste avec l'eau de mon camel, celle d'un ravito sur 2 avec une ou 2 gorgées de getorade et pis une pastille de dextrose à un moment.
Avant d'entrée dans le bronx j'entends qu'on m'apelle et retrouve Mia, on marche un peu. Ca m'ennuie de la voir mal mais elle sourit toujours. Je repars. Je suis toujours à fond dans l'ambiance ! Pump it up à chaque orchestre !!!!! J'encourage une fille avec une super jupette, je remotive un All Black en difficulté en lui parlant Rugby. On bavarde et coure un peu ensemble ca semble l'aider, il retrouve un super sourire !
Je vois au loin un maillot qui me tilte et des peruques francaise, en me rapprochant je reconnais un club local et j'accélère pour saluer des « voisins »
De retour dans Manhattan, la 5th avenue que nous descendons s'avère être une sacrée montée sur de trop nombreuse rues … je décompte le moment du dernier rdv avec maman. Je la trouve à l'entrée du parc ! Je reste quelques instants à bavarder en m'étirant avec elle et pis la dernière portions. Le parc est superbe, les gens toujours présents. Meme si c valloné j'adore ! Vraiment !
On ressort du parc, la foule est impressionnante !! dernière rue, derniers panneaux, les larmes montent et moi je suffoque mais l'énergie des gesn est tellement dingue que j'avance toute seule !!! retour dans le parc, l'allée des drapeaux, les flashs, les caméras et la ligne !!! Complètement en larmes !!! je serre dans mes bars la fille qui me remet ma médaille, je félicite la fille à la jolie jupette qui se trouve là et me saute au cou ! Photo et marche des empereurs pour sortir de là.
J'ai mis 5h15 soit 20min de plus qu'à La Rochelle l'année dernière mais je m'en contrefous !!!! je suis ravie, j'aurai aimé que ca dure plus longtemps ! Je suis contente d'avoir attendue ma mère, de mettre arreté faire des photos. J'ai pas parlé de douleur, biensur que par moment j'ai eu mal aux cuisses, aux mollets. Mais j'ai l'impression d'avoir volé plus que couru pendant ce marathon. Je suis plus qu'aux anges et c'en est démeusuré !
Je retrouve en sortant ma dream team et vais me changer à leur hotel, plus proche. On descend dans le métro (difficilement) et j'ai aps ma carte ! Comprenant ca, une inconnu passe la sienne devant moi en me félicitant avec un sourire avant de partir ! Les gens félicitent les coureurs partout ! Se lèvent dans le métro ! J'hallucine !
Je suis arrivée à 16h et il me faudra 4h pour réussir à récupérer l'usage de mon estomac et trouver l'envie de manger. J'ai descendu l'intégralité de ma poche de 2L de camel en plus des ravitos ! Le porte dossard a été super mais l'élasto dans le bas du dos n'a pas suffit à empecher les brulures que je connais bien. C moins violent que d'habitude mais j'ai quand meme des belles marques dans le dos (et un vertebre de déplacée je pense ! Lol)
le lendemain je me balade beaucoup et trouve que je suis plutôt en forme ! Bien mieux que l'année dernière en tout cas !!! Les gens nous félicitent dans la rue en voyant la médaille, bavardent. J'suis vraiment aux anges ! En plus je fais une découverte géniale : la technique de descente des pentes raides en trail transmise par maïlys me permets de dévaler les escaliers sans aucune douleurs ! Youhou ! Dommage que j'ai pas l'équivalent pour les monter... lol
Aujourd'hui j'ai plus mal nulle part, mais j'ai pas encore arrêter de sourire ! Ce marathon est une énorme fiesta hors du commun, j'aurai pas pu imaginer une si belle fête pour marquer l'arrivée de mes 30 ans ni meilleurs convives !
Un grand merci à tous mes camarades de jeux, cafeurs en particulier, et inconnus, spécial pour Barbie et sa surprise du samedi matin, c'est aussi vous qui avez rendu cette semaine si belle !
Et merci à tous ceux qui ont suivi depuis el net, c'était hyper émouvant de lire par la suite qu'on avait provoqué un tel engouement, pardon de vous avoir fait flipper avec ma pause...
Je ne sais pas encore avec quoi je vais user mes nouvelles brooks, ca sera différent ca c sûr mais ca ne veut pas dire que ca sera moins bien... Je souhaite à tout le monde de vivre un jour un tel moment de bonheur !

 

 

 

 

 

 

   

LyonSaintelyon 2011 : Barbie n'aime pas la boue, le retour !

LyonSaintelyon 2011 : Barbie n'aime pas la boue 2, le retour !

Au début je m’étais dit : allez ce coup-ci pas de CR… Le côté « j’aime pas la Saintelyon et je n’aime tellement pas ça, que je te fais l’aller et retour en 24h tiens tant que j’y suis » je vous l’avais déjà servi l’année dernière. Moi agonisante sur les quais, à Lyon, en me demandant ce qui m’avait encore pris de m’engager dans cette aventure, le regard totalement consterné de mes enfants devant leur mère incapable de se relever de la table après le déjeuner dominical pour cause de jambes tétanisées par la douleur… Mais une chose était sûre : dans cette aventure, j’avais adoré l’aller !!! Un vrai bonheur, une vraie rencontre comme la course à pieds nous l’offre parfois, et l’idée de passer à côté cette année me posait un « léger insignifiant petit » problème (private allusion à une citation dans un film, comprendra qui veut !). Alors voilà, c’était décidé, j’allais faire l’aller et sauter dans la voiture de l’attachée de presse pour rentrer bien au chaud à Lyon pour voir arriver enfin les avions à réaction qui doivent avoir des heelys aux pieds pour faire un temps pareil… Vous savez les chaussures avec roulettes intégrées ? Ni vu ni connu je t’embrouille et je te fais les descentes le nez au vent, genre je décolle sur les ralentisseurs. Mais promis juré craché je n’allais rien raconter pour ne pas vous bassiner encore une fois.
Seulement ne rien dire aurait été passer sous silence le travail inouï qu’Arthur et sa famille ont fait pour nous offrir une balade inoubliable. Et ça je ne pouvais pas. Alors c’est parti, on y retourne : « Barbie n’aime pas la boue 2, le retour ! ».

groupe

le groupe au grand complet !

On plante le décor !

Question entraînement, je suis comme qui dirait dans du grand n’importe quoi… Donc du classique pour moi. Alors je résume pour ceux qui n’auraient pas suivi : en un mois nous avons le marathon de NY couru tranquillou en 4h09 pour ne rien casser, un semi à Boulogne en 1h50 pour ne rien casser et un marathon de la Rochelle en 3h47 pour tout casser ! Mouais… j’ai connu mieux comme prépa mais comme ils annonçaient de la pluie je me suis dit que je n’avais pas à regretter mes heures prévues à la patinoire pour travailler mon salto arrière triple piqué ! La semaine qui suit le marathon de la Rochelle, force est de constater que tous les voyants sont au vert. Je vais plutôt bien, j’ai fait semblant d’avoir mal aux jambes le lundi mais dès mardi je cours comme une dératée dans mes escaliers. Ouais ça va je sais, ça veut surtout dire que je ne me suis pas assez donnée et que ce n’est pas comme ça que je ferai 3h30 un jour. Mais voilà l’idée commence à germer dans mon cerveau dérangé : et si je risquais la doublette ? Pourtant, je me souviens de l’année dernière et de mon retour totalement pathétique, de moi allongée sur un banc demandant qu’on m’achève… Jeudi soir je n’y tiens plus, j’envoie un mail à mon attachée de presse préférée pour demander si je peux changer le voyage organisé « retour à Lyon les fesses au chaud » par « retour à Lyon les fesses dans la boue ». Vendredi réponse : pas encore sûr mais ça devrait le faire. Je pars donc sur l’ancienne capitale des Gaulles sans vraiment être certaine de pouvoir courir le retour. Mais je considère que ce sera un signe du destin en fait. Si ça marche, c’est que ça doit passer. On s’accroche vraiment à n’importe quoi par moment je vous jure !

Diner des plus excitant dans un resto wok avec nouilles sautées crevettes poulet et dessert délirant avec ananas pour manger toutes les graisses et une montagne de chantilly, de meringue et de caramel ! Tu m’étonnes qu’après ça je me sois endormie comme un bébé !

quai

Ah les quais de Lyon...

Debout plutôt en forme, je finis de me préparer et j’enfile ma tenue de lumière pour descendre à la salle du petit déjeuner, bien décidée à terminer de façon très sérieuse ma charge glucidique. J’adore utiliser des expressions comme celles là, genre « je maîtrise vachement le sujet »… Alors qu’en fait j’ai juste pris mon petit déjeuner normal avec pain, beurre demi-sel, miel et compote. Je m’amuse à observer les gens qui m’observent, moi la fille déguisée en sportive. Je m’amuse à observer ce directeur national qui arrive dans la salle 2 secondes avant la directrice régionale avec laquelle il a clairement passé la nuit, les 2 faisant comme si de rien était. Ah qu’il est bon de constater que le monde du travail est tel que je l’ai laissé il y a quelques années ! Bon, ce n’est pas tout ça, mais j’ai 138 bornes à courir moi ! Je file payer ma chambre tout en demandant à la gentille réceptionniste une paire de ciseaux pour couper les étiquettes de mes chaussures neuves. Comment ça il faut avoir fait ses chaussures avant de courir un ultra ? J’ai dû louper le chapitre dans mon bouquin ! On a rendez-vous à 8h30 et je ne veux pas être en retard. Au moment où je pense ça, un sms tombe, mon inscription pour le retour est validée. Ok, bon ben maintenant il va falloir assurer…

Ça commence bien d’ailleurs puisque le rendez-vous était à 8h00 en fait. J’aime ce genre d’arrivée discrète où tout le monde te regarde et t’attend. Punaise mais je ne suis pas folle quand même j’ai bien lu 8h30 quelque part non ? Ben oui ma grande, l’année dernière tu as lu 8h30, pas cette année… Alléluia je ne suis pas la dernière puisque Jean-Michel, déjà de la partie l’année dernière, arrive encore plus à bourre avec son sac fait à l’arrache avec 2 petites bouteilles de coca en guise de gourdes ! J’adore ce mec ! Définitivement ! Récemment finisher du Tor des Géants, il est la gentillesse incarnée et je me marre toujours à le voir arriver comme ça, genre « tiens ce matin si j’allais courir 100 bornes, j’ai un créneau dans mon emploi du temps ». Quand je pense au bazar que certains font parce qu’ils vont courir 20 bornes… Un stage avec Jean-Michel et zou on n’en parle plus !

Il y a bien sûr Arthur, la biscotte et Thierry qui étaient de la partie l’année précédente. Et le papa d’Arthur, l’homme le plus patient du monde avec moi ! Sont de la partie 15 autres coureurs cette année et tout le reste de la famille Baldur pour la logistique. Parce que cette année attention nous ne jouons plus du tout dans la cour… ça sent le professionnel à plein nez cette histoire. Nous avons même le droit à un buff customisé pour l’évènement ! Heureusement c’est la biscotte qui s’occupe du tracé GPS avec plus ou moins de succès, histoire de redonner un côté off à tout ça ! Photo de départ traditionnelle, au revoir aux bénévoles déjà sur place avec le désormais traditionnel cri de ralliement de notre bande d’allumés : « A demain ! ». C’est fou j’aime ce côté retrouvaille, rien ne change, notre foulée s’installe naturellement. Nous avons signé pour 11h et nous allons en profiter pendant 11h. Une seule chose change : ben elle est où la neige ??? Arthur c’est quoi ce bordel !!! Bon il ne pleut pas vraiment, c’est déjà ça.

biscotte_gps

Eh ben moi je dis avec un GPS aussi efficace on n'est pas arrivé à Saint Etienne... C'est dans l'autre sens Biscotte !

Et nous voilà partis avec comme premier point d’arrêt, comme l’année dernière, la boulangerie de Souçieu qui va voir débarquer une bande de gentils coureurs déjà affamés. Quand je vous dis que tout cela s’est professionnalisé, j’en veux pour exemple le formidable lâché d’écureuils formidablement orchestré par l’Arthur Team pile au moment de notre passage. Non vraiment du grand art… Après les pingouins de l’année dernière, la LyonSaintelyon c’est mieux que Thoiry c’est moi qui vous le dis ! Enfin non, il y a quand même quelques hics dans cette formidable organisation et ça commence à la fameuse boulangerie. Je peux savoir pourquoi il n’a pas été demandé comme l’année dernière au boulanger de me faire mes petits pains spéciaux avec des graines et des raisins secs ? Je fais comment moi ? Bon ben tant pis je prendrais un flanc mais que ça ne se renouvelle pas ce type d’erreur… ça pique-nique sans le superbe soleil de l’année dernière qui nous avait presque donné des jolies marques de bronzage en plein décembre et c’est reparti. Ce qui est assez miraculeux avec un off c’est qu’on ne ressent pas du tout l’effort de la même façon. On papote avec la petite bande de l’année dernière, ça fait l’accordéon, je passe de la première à la dernière place sans me poser de question. Enfin j’évite la première place autant que possible parce que mon sens de l’orientation n’est pas ma principale qualité. Autant dans un centre commercial, j’ai un instinct qui frôle le mentalist sur TF1, autant dès que j’ai des baskets aux pieds c’est la cata…

En route maintenant pour Ste Catherine, son cimetière, sa salle polyvalente, son terrain de foot et surtout son ravito !!! Là, les choses sont clairement annoncées : le but de ce off est de nous faire prendre 2kg… C’est juste pantagruélique et comble de la joie de la coureuse qui se satisfait des petites choses de la vie, il y a de la bonne soupe chaude avec des vermicelles dedans, tout ça au chaud sous les tentes, privilège négocié d’une main de maître par le papa du grand chef ! C’est bête à dire mais moi cette soupe je l’adore quand je cours longtemps. Et comme il y a un gros sac de m&m’s amené par Jean Michel, je suis juste comblée. Et pour continuer dans le off totalement délirant nous avons même le droit à un petit tirage au sort pour gagner un dossard pour un autre trail, officiel celui là. Et ben moi qui avais dit l’année prochaine les 4 deserts, rien que les 4 deserts, ça y est, ça part déjà en cacahuètes cette histoire… J’ai aussi un autre privilège (oui je sais vous êtes là devant votre écran en vous demandant « mais pourquoi je n’y étais pas !), je vais pouvoir inaugurer de façon solennelle les toilettes super propres avec même du papier dedans !!! Le truc totalement hallucinant pour moi !!! Et comme je sais qu’il y a très peu de chance qu’au retour ce soit dans le même état, j’en teste 3 pour en profiter de ce privilège au maximum !

ravito

Le paquet de m&m's tout planqué dans le fond il est à moi ! Merci Jean Michel, toi tu sais parler aux blondes !

Mais il n’y a pas bonne compagnie qui ne se quitte et zou c’est reparti, direction Saint Etienne maintenant, sa ZUP, son palais des Sports, son Quick… Le dernier tronçon sera comme toujours animé par Arthur qui essaye de nous faire croire tous les ans qu’au fond, là, c’est bien le Mont Blanc qu’on voit… Mais oui mon garçon c’est ça… Et si je monte sur tes épaules, je vois la Corse ? Le feu d’artifice de St Etienne spécialement mis en place par l’Arthur Team pour notre arrivée en vue de la ville… Bref du grand, du très grand ! Nous sommes enfin à St Etienne et là les ennuis commencent un peu. Mais pourquoi bon sang, ils ont changé l’emplacement de la ligne de départ. Je sais que je vais me fâcher avec tous les Stéphanois présents derrière leur écran mais bon moi je m’en fous du chaudron et encore plus du stade. Je suis coureuse pour info, pas footballeuse que je sache ! Quoique maintenant qu’elles portent le tee-shirt marinière, totalement ridicule sur les mecs mais plutôt seyants sur les filles, je me pose la question du changement de discipline. Mais je m’éloigne de mon sujet là ! Après un petit jardinage et l’immanquable « j’ai perdu la trace » de la Biscotte, enfin nous y sommes ! Mais ce n’est pas fini, puisqu’il faut encore rejoindre ce foutu palais des sports pour enfin se poser un peu. Je sais que je fais ma grincheuse mais là franchement il faudra qu’on m’explique l’intérêt du truc… Une chose est sûre, nous sommes enfin au chaud, je peux récupérer mon sac de voyage tellement énorme qu’on se demande si je ne vais pas faire 4 allers retours et direction la salle presse pour retrouver les copines. J’avoue, j’adore retrouver maintenant régulièrement mes collègues au fil de nos courses communes. Je sais qu’il y aura forcément Sabine qui n’en menait pas large l’année dernière même si elle s’en est très bien sortie finalement, Sylvain et Christophe les 2 inséparables maintenant sans oublier Pomme l’attachée de presse de la course qui nous fait des miracles tous les ans pour que nous soyons tous bien. Après les civilités d’usage, il faut se rendre à l’évidence : j’ai faim !!!!

Direction le Quick comme tous les ans maintenant. J’ai juste décidé de changer mes habitudes en revenant dîner tranquille en salle presse. L’année dernière je m’étais gelée à cause des courants d’air et je ne veux pas reprendre froid. Je tombe hélas sur un serveur qui a décidé de me rendre chèvre… Attends si tu ne te bouges pas plus mon garçon je vais sauter par-dessus le comptoir pour l’attraper mon long chicken ! Donc le menu de ce soir sera très protéiné pour la récupération musculaire avec des frites pour les sucres lents et un assortiment de petites mignardises au chocolat pour accompagner le café histoire de recharger également en sucres rapides et en caféine… punaise ils font un espèce de muffin miniature avec du nutella dedans, une tuerie orgasmique ! Alors oui je sais j’entends d’ici les critiques, les remarques « comment ? tu valorises la junk food ? ce n’est pas bien tu as pensé à ton cholestérol ? ». Vous savez ce qu’il vous dit mon cholestérol ? Il vous dit que je viens de courir 68 bornes alors si mon cholestérol il a envie d’un long chicken je lui donne un long chicken ok ?

Enfin il faut croire que mon régime alimentaire « ultra » surprend toujours parce que je serai prise en photos à de nombreuses reprises en train de tremper mes frites dans la mayonnaise.

Je me change enfin, j’en profite même pour me faire une petite toilette de chat histoire de ne pas asphyxier le gentil pompier en cas de malaise au retour et j’amorce la partie la plus difficile de la soirée : prévenir chez moi que sur un léger malentendu et malgré mes promesses j’allais m’élancer en courant vers Lyon. N’écoutant que mon courage, et assumant à mort ma décision, j’envoie un sms… Pitoyable… du style « euh tout va bien, du coup je vais rentrer en courant, mais promis je prends mon train de 12h35 comme prévu ». Et j’attends… et j’attends… le téléphone vibre, le sms est là. Anxieuse je guette le « bon maintenant ça suffit tes conneries, tu ne bouges pas je viens te chercher tout de suite » mais je lis « tu as un train à 14h35 aussi. Fais attention à toi quand même ». Là je crie un « ye ah » conquérant, j’ai l’accord de principe, je peux partir l’esprit tranquille. Je retourne à mes petites affaires.

J’avais un souvenir d’un joyeux bordel bien stressant pour laisser nos sacs dans les bus qui repartaient d’abord à Lyon avant de faire ramassage scolaire de coureurs abandonnés et j’avais bien l’intention d’éviter tout ça cette année. Je prépare toutes mes petites affaires, j’en fous partout genre je monte un camp gipsy et je file emmener mon sac de voyage à destination. Je suis tranquille, je peux me reposer les jambes en l’air sur le mur, tout en discutant avec la première représentante de l’équipe relais Running pour Elles. J’observe du coin de l’œil ma copine Sylvaine qui s’occupe de son homme Manu, avec une tendresse qui me fait fondre… Mais pourquoi on ne s’occupe pas de moi comme ça ? Et puis lui d’abord, il n’en a pas besoin qu’on s’occupe de lui, dans 5h il a fini la SteLyon, il est douché, tout propre et il a refait son brushing. Ok, il ne fait pas de brushing… Je l’ai vécu une fois sur un 100km à Millau et j’avoue ça me manque parfois d’avoir à mes côtés sur des courses qui le permettent quelqu’un qui s’occupe de savoir si j’ai faim, froid, soif. Bon allez arrête de rêvasser ma grande, la réalité est tout autre : là tu as un peu plus de 69 km à faire et il faudrait penser à se bouger un peu les fesses parce qu’à ce rythme ton train tu peux l’oublier. Je rassemble mes petites affaires, je remplis mes gourdes, j’enfile ma veste et je mets mon garmin… Mon garmin ??? Punaise il est où celui là encore ??? Ben dans ton sac de voyage ma grande, tu sais celui que tu as emmené super tôt pour être tranquille, même sac qui maintenant est en route pour Lyon, ville qu’il va atteindre avant toi… Mais je suis maudite !!! Ah oui j’oubliais la bonne blague aussi : j’ai une frontale petzl core qui se recharge sur secteur. Comme je savais que j’aurais une prise, je n’ai pas pris de pile mais comme je l’ai cassé dans mon sac, je n’ai pas pu recharger ma lampe. Oh d’un autre côté une frontale sur la Saintelyon ça sert à quoi ??? Il y a pleins de coureurs autour de moi non ? Donc on résume, je prends le départ d’une course de nuit avec une frontale faiblarde, pas de chrono mais ce n’est pas grave j’ai un shuffle ! Je vais te gérer ça à l’ipod et roule ma poule. Par contre j’ai compris une chose l’année dernière : ton temps record tu oublies, si à Lyon tu veux arriver en vie. Donc j’ai mis 11h à l’aller, je mets 11h au retour, point barre à la ligne. Je vais te gérer ça tranquillou, en profitant des paysages que je ne verrai pas puisqu’il fait nuit et en m’isolant totalement dans ma musique pour vivre ma course comme je l’aime, pour moi toute seule et en vase clos.

Allez je ne suis pas d'ici...

4ème page de récit et je suis toujours à Ste Etienne… Allez on accélère genre Benny Hill !!! Départ : j’ai cherché les copains mais comme l’année dernière je n’ai vu personne. Je pars tranquillou et là, c’est simple, je pense que 3000 coureurs m’ont doublée… Ok ton amour-propre tu te le mets dans ton camel bag et tu avances à ton rythme et surtout tu feras comme d’habitude, tu vas tous les ramasser les pépères partis trop vite ! Blague à part vous raconter ma course n’a pas un intérêt phénoménal parce qu’il ne va rien se passer de spécial. J’avance sans me poser de questions dans de la glaise qui me fait plus penser à un stage grandeur nature de mako moulage. Je passe aux côtés des coureurs à terre sous des couvertures de survie (à qui je demande toujours s’ils ont besoin de quelque chose, je tiens à le préciser) et je me dis qu’il faut que je fasse gaffe quand même. Je relance dès que je peux courir sans risque et ravito après ravito je fais mon petit bonhomme de chemin. Ste Catherine : il y a toujours les toilettes et surtout un stand petzl. Une gentille jeune fille m’installe un jeu de piles qui me sauve la vie. Je vais doubler sans le reconnaître Biscotte qui fera de même quelques km plus loin, je papote un peu avec Thierry qui file pour finir en moins de 10h. Je vois à presque tous les ravitos Carole une amie FB qui se téléporte sans que je comprenne bien comment. Elle assure la logistique d’un coureur qui sera toujours juste derrière moi. Et j’avance… Et Lyon est là, et je pars à l’attaque de ses foutus quais qui n’en finissent jamais. Je sais déjà que mon objectif est atteint, je serai en 11h ou juste en dessous si je veux bien me bouger un peu le popotin ou plutôt tenter de lever les genoux. C’est fou parce que ce retour est le jour et la nuit par rapport à l’année dernière. Aucun moment vraiment difficile à proprement parlé, évidemment je suis fatiguée, faut pas pousser non plus je ne suis pas un robot mais bon dans l’ensemble ça va. Maintenant ça fait 10 h que je suis en tête à tête avec mon shuffle, il est temps de vérifier si je parle toujours !!! 2 coureurs sont à mes côtés, l’un a un buff avec écrit « corsica » dessus et je me rappelle la réflexion d’un copain corse qui m’avait dit un jour « tu sais on s’entend bien parce que les bretons et les corses sont fait du même bois dont on fait les 3 mâts qui traversent l’atlantique ». Alors je commence à discuter, à expliquer que j’ai fait l’aller retour, ok j’avoue il y a eu comme un flottement genre « non mais elle se fout de nous la fifille ? » et puis nous discutons un peu même si nous sommes tous clairement dans le dur. Nous alternons course et marche et puis enfin le dernier km est là et je donne le top départ. On est venu là pour courir on va finir en bon coureur pavlovien en coureur sur ce foutu tapis bleu. Ok je n’ai pas battu mon record sur 10 bornes mais je trouve qu’on avait fière allure moi ! Nous passons la ligne d’arrivée, j’aperçois un 10h53 ou quelque chose dans ce goût là sur le gros chrono et je suis juste heureuse. Heureuse d’avoir fini, heureuse d’avoir atteint l’objectif que je m’étais fixée sans jamais basculer de l’autre côté, heureuse d’avoir partagé ce moment avec 2 coureurs que je ne connais pas mais qui savent ce qu’on vit, ce qu’on ressent pendant ce moment-là, cet étrange mélange de douleur, de bonheur, de fatigue extrême mêlée à l’excitation du pari gagné contre soi-même. Hasard ou coïncidence, au moment où je passe la ligne Manu monte sur la 2ème marche du podium pour recevoir son trophée. Lui attend ce moment depuis 5h…

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Le premier qui touche à mes pim's est un coureur mort...

Je salue mes compagnons des derniers km et je file chercher mon sac qui est cette fois rangé dehors sous des tentes. Comme toujours il n’y a pas de grande difficulté pour le trouver, parce qu’il est un peu seul au monde. Alors que je me traîne, les bénévoles me disent que j’ai l’air quand même un peu fatiguée (non tu crois ?) et je leur raconte que j’ai fait l’aller retour. L’un d’entre eux me corrigent : « non, vous avez fait le retour et l’aller » ! Mais c’est qu’il a raison le garçon ! Direction les douches des femmes qui, privilège exceptionnel sont restées dans le palais des sports. Autre privilège et je tiens à le signaler même si je vais faire rager mes collègues masculins qui n’étaient pas du tout logés à la même enseigne, elles sont chaudes et surtout très propres. Une dame du staff des bénévoles est en charge de les nettoyer en permanence ! Carrément le jour et la nuit par rapport à ma première Saintelyon où les douches étaient plus boueuses que le parcours… Je ne vois aucun de mes petits camarades en repartant mais je me doute que mes « 4 nains » ont fini brillamment connaissant mes loustics et j’espère qu’il en est de même pour le reste de la troupe. Il faut que je file, j’ai un train et j’ai promis de le prendre. J’adore l’ambiance à la Part Dieu où l’on voit des coureurs marcher au ralenti avec le monde qui tourne autour d’eux, beaucoup trop vite… Un sourire suffit à se comprendre, oui moi aussi j’y étais, moi je sais. N’allez pas croire que je ne souffre pas surtout ! Alors que la course s’est passée sans encombre, je descendrais à Moulins avec tellement de difficulté du train accrochée à la rampe que j’aurais toutes les peines du monde à faire croire que si si, 4 h avant je courais pour franchir la ligne !

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Allez c'est cadeau, le fameux bois en plein jour avec des feuilles !

Et voilà encore une belle histoire qui se finit. Cette LyonSaintelyon était très particulière pour moi parce qu’elle était presque une revanche sur celle de l’année passée. J’ai le sentiment d’avoir appris à gérer les efforts, à accepter d’oublier mes chronos d’avant pour me mettre à mon nouveau tempo. On ne court pas 136 km comme on court 68. Oui ça énerve mais voilà c’est comme ça. En tout cas merci Arthur et Biscotte d’avoir relancé l’idée, merci à vous 2 d’avoir eu l’idée d’embarquer l’année dernière une petite bande qui pourra toujours dire « j’y étais » et merci à la team Baldur pour son incroyable gentillesse et sa présence à nos côtés, nous les allumés de la Sainté…

Cécile

 

 

La Rochelle 2011 : toutes les bonnes choses ont une fin…

La Rochelle 2011 : toutes les bonnes choses ont une fin…

La genèse

Tout le monde le sait ou presque parce qu’on va peut être un jour relativiser l’impact phénoménal de mes CR qui, après tout, ne sont pas non plus publiés dans l’Equipe tous les lundis !!! mais La Rochelle est la ville où j’ai couru mon premier marathon. Enfin couru c’est vite dit parce que selon les critères convertiens j’ai plutôt galéré sur le semi alternant course et marche comme je le pouvais pour finir ce foutu parcours. Tous les ans ou presque je crois, je me suis retrouvée devant l’espace Encan sachant que l’organisation faisait ce qu’il fallait pour varier les plaisirs en reculant puis avançant les sas. J’ai découvert que dans ce charmant pays on considérait que les femmes devaient courir avec les « vieux » parce que faut pas pousser non plus, on les laisse déjà participer, manquerait plus qu’elles viennent perturber les vrais coureurs par leur papotages incessants… L’avantage avec le V2 c’est que s’il veut être tranquille il débranche son sonotone et roule ma poule ! (pitié les mecs c’est du second degré !!!!!)

La semaine qui précède

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La vue de ma chambre

Cette fois je suis dans la place depuis 7 jours pour animer une semaine de thalasso course à pied, initialement destinée aux grandes débutantes. Mais très vite ça part en vrille… Aucune débutante à l’horizon, des expérimentés en retour de blessures (ou même pas d’ailleurs), plutôt en super forme et qui ont décidé de me mener la vie dure. En gros, ça donne quasiment un semi par jour en deux sorties d’une heure avec des vitesses que je réserve à mes semi marathons en forme, des cours d’aquagym où je manque de me noyer à chaque fois en raison de mon équilibre plus que précaire avec les années, bref je suis sur les rotules… J’ai fait semblant au départ d’adopter la cuisine diététique pour voir de quoi il en retourne mais très vite je vide la corbeille de pain, j’envoie Guillaume qui est venu me rejoindre pour une journée au buffet du petit déjeuner discrètement pour me recharger en crêpes, je m’endors dès que je m’allonge sur la moindre table de massage. Bon y a-t-il quelqu’un qui réalise que je suis sensée courir 42 bornes dimanche dans cette maison ???

Pour m’achever, je sais que je suis sensée le courir vite histoire de repasser sous les 3h50 et ainsi décrocher ma qualif pour Boston. Début novembre, je reçois un message d’Olivier que je ne vois plus qu’une fois l’an sur le port rochelais puisque je suis partie vers de nouveaux horizons et que lui est resté sur sa distance de prédilection, le marathon. C’est un peu un Convert bordelais Olivier… Le dimanche, lui, il ne va pas à la messe, il va courir un marathon ! D’ailleurs personne n’est naïf et nous avons tous compris qu’il y avait maintenant une compétition entre les deux pour savoir qui serait le premier à attendre le chiffre symbolique de 100 médailles. Nature de l’échange : « tu viens ? » « ben ouais » « combien ? » « 3h49 et 59sec » « 3h40 » « hein ??? 3h48 » « 3h45 c’est mon dernier mot » « ok », fin de la discussion. Seulement moi, je suis d’une génération qui ne connaît pas les smileys qui pourtant auraient trouvé tout un sens après mon ok !!! Non mais il ne va pas bien le garçon, 3h45 avec ma fatigue, ça ne passera jamais, je le sais. J’ai hésité plusieurs fois à lui envoyer un message pendant la semaine pour lui dire que c’était à La Rochelle que l’on courait, pas à Lourdes mais bon je suis partie du principe que je voyais avec le premier semi et puis qu’il pourrait toujours m’abandonner comme une pauvre otarie au marineland de Nice quand il en aurait marre de m’entendre geindre derrière lui.

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Ars en Ré

Samedi, la pression monte !

Je dois récupérer un collègue de Jogging International, mon pire ennemi. En vrai, nous ne nous parlons pas et cherchons juste à nous voler les sujets des uns des autres. Mais non je rigole ! Marco vous le connaissez indirectement pour celles qui lisent la chronique de Marie dans ce fameux journal. Son coach, c’est lui. C’est aussi un copain de mon pote Sylvain qui me l’a présenté à l’UTMB. De temps en temps, il quitte son jardin des Tuileries pour partir à l’attaque du Mont Blanc, avec succès il faut bien l’avouer. En tout cas beaucoup plus vite que moi, ce qui n’est pas très difficile non plus… On passera sur le fait qu’il est un ancien, enfin pas si ancien que ça, mannequin vedette et le portrait est complet (Tati tu confirmes ???).  Lorsque je l’ai appelé pour organiser la récupération à la gare, j’en ai profité pour lui dire que la tradition le samedi matin c’était d’aller manger des huîtres avec un petit coup de vin blanc parce que c’est La Rochelle quand même. J’ai eu comme réponse (je cite dans le texte) : « tu fais comme tu veux mais il faut que tu trouves un resto où moi je puisse manger des pâtes avec des protéines blanches »… Ah ouais quand même… Eh ben on va se marrer… Je comprends mieux Marie qui me disait « mais tu sais en vrai il n’est pas drôle ! ». Je me retrouve à chercher une pizzeria qui serve encore à 14h, ce qui en province, nous le savons, tous relève généralement de l’exploit. Il est accompagné d’une autre de ses « élèves » que je connais déjà : Emmanuelle. Comment dire ? A côté d’elle je me sens toute petite et obèse… Facile de faire des temps pareils avec 20 cm de jambe en plus que moi !!! Elle vient là pour faire un temps qu’elle prépare sérieusement depuis plusieurs semaines. Autant dire que je n’ai pas trouvé une copine pour les huîtres et le vin blanc… J’arrive à la gare en avance parce que je suis super sérieuse comme fille, seulement je vous le donne en mille, le train est en retard. J’ai 30 min à occuper et j’ai déjà faim. Il me faut donc le kit que j’ai baptisé « il faut occuper la blonde qui va courir un marathon demain », donc un truc pas trop fatiguant et diététiquement équilibré. Ce sera donc Voici et un paquet de Balisto au distributeur réfrigéré plutôt qu’au marchand de journaux. Ah oui parce que moi je n’aime pas le chocolat un peu tiède, il faut qu’il soit frais. Si vous cherchez les granolas à la maison c’est au frigo qu’il faut les chercher ! Bref 4 balistos et une perte de 15 kg chez Maria Carey plus tard, ils sont là tous les deux. Direction donc le resto parce qu’il fait encore faim ! Pâtes au saumon d’un côté, pizza de l’autre (oh c’est bon je vais en manger ce soir des pâtes !) à peine servies que Tati passe le pas de la porte. Pas la peine de s’organiser des rendez vous CAF, on se trouve très bien toutes seules comme des grandes ! Cool, on va pouvoir prendre un peu de temps pour papoter. Bon je vous le dis tout de suite, le sujet de conversation n’a pas non plus été axé sur le problème des élections au Maroc et en Egypte et la montée ou non de l’intégrisme religieux… ça parle entraînements, prévision temps et tout le toutim. Ah oui j’avais oublié de vous la raconter celle là, moi j’en rigole encore ! J’avais demandé à Marco sur combien Emmanuelle se préparait. Il m’avait répondu « elle est sur une base de 3h17 ». Punaise… mais comment on fait pour se préparer sur une base aussi précise… Moi c’est « au-delà de 4h » ou « en dessous de 4h »… J’ai clairement des progrès à faire question prépa !

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En vrai il y avait un brouillard à pas voir un marathonien à 2 m !

On papote allègrement mais le temps passe et il faut aller chercher nos dossards. Inutile de vous préciser que je n’ai même pas tenté le fondant au chocolat supplément glace vanille, j’ai bien senti que ça ne le faisait pas. Le précieux sésame en poche, retour sur mon île pour la soirée où nous allons débriefer sur le MDS. Ah parce que l’air de rien il y a au moins un truc que moi je connais et pas lui, ce sont les courses en autonomie alimentaire… Ah ah on m’écoute là !!! On fait moins le malin hein ???

Dîner avec deux assiettes de pâtes, une corbeille de pain allégrement trempouillée dans la sauce des pâtes et zou au lit. C’est d’un fun la vie des marathoniens qui en veulent tiens… 23 heures je dors, 5h55 je me réveille, 5 min avant l’heure prévue comme d’habitude. Mal dormi, comme d’habitude, je te bouscule comme d’habitude… Ah ben non je suis toute seule dans mon king size là. Douche pour tenter de me réveiller, j’enfile ma tenue prévue pour la matinée à savoir robe noire et blanche, manchons assortis achetés à NY pour le marathon, et tongs ! Une semaine en peignoir et claquettes je ne les quitte plus maintenant ! Direction salle du petit déjeuner où Marco est déjà là et il papote avec son voisin. A peine ai-je mis le nez dans la salle que déjà on me pose des questions. Oh là mon garçon il y a un truc à savoir avec moi : avant ma bassine de thé vert même pas en rêve, tu me parles ! Il a ses céréales, son thé matcha et autres réjouissances. J’ai mes tartines, mon beurre salé (rapport aux risques de déshydratation), ma confiture (rapport aux risque d’hypoglycémie) et sincèrement il n’aurait pas été là, j’aurais bien fait un sort aux petites brioches au sucre qui me tendaient les bras en criant « mange moi… oublie qu’il est là… ». Direction La Rochelle parce que c’est là que ça se passe quand même. J’ai donné rendez vous aux filles dans un café à deux pas du départ et j’espère faire comme l’année dernière : garer ma voiture dans un parking secret à deux pas. On récupère Emmanuelle en route et un sms tombe « oublie le parking il est fermé ». Ah mince alors, commence sérieusement à me gonfler là tous, on ne change pas mes plans j’ai horreur de ça ! Du coup je gare ma barbiemobile sous un pont et je finis de me préparer à l’arrache. Dieu que je n’aime pas ça… Je ne suis pas du tout organisée et j’ai besoin de prendre mon temps pour ne rien oublier. Mais là on me regarde l’air « t’es bien gentille mais nous on est là pour courir et il faut qu’on s’échauffe ». J’attrape au vol ma ceinture, mon dossard et c’est parti. Je suis la première au rendez-vous mais très vite Tati et Jennifer arrivent sans oublier Twister superbe avec son vélo et son gilet jaune fluo qu’on ne risque pas de rater ! Elle assure le super rôle de vélo balai sur le 10 km organisé pendant le marathon et on la sent ravie de son objectif du jour : amener à bon port le ou la dernière de la course. Par contre, je tiens à préciser une chose : contrairement à ce qu’elle a dit sur le forum et sur FB je ne suis pas en Brooks mais en Saucony Kinvara 2 !!! Anne c’est tout simplement impardonnable comme erreur !!! Elles sont présentées dans le dernier Running pour Elles… je ne comprends pas… Tu as le droit à un gage : ce sera un sprint à l’envers, à savoir dos crawlé, rétropédalage (Tony va t’installer des rétro sur le vélo) et rétro running.

Photos, thé, dernier pipi, un coucou de Karine et il faut y aller. Olivier est arrivé avec tout son club et même si j’ai tenté un « tu sais je suis crevée là » j’ai bien compris que je pouvais tout autant pisser dans un violon. Direction la ligne de départ en courant (je le crois pas j’ai même le droit à un échauffement !), entrée dans les sas et j’ai à peine le temps de papoter avec une discrète cafeuse qui file comme l’éclair que le départ est donné. Je n’ai même pas encore trouvé le satellite !!! De toute façon je vais comprendre que ça ne sert à rien, il est resté en miles… Punaise mais je suis quand même la reine moi. Bon il est chargé c’est déjà ça non ? Je progresse !

Je pars en suivant comme je peux Olivier et très vite je comprends que je vais en baver. Les jambes sont lourdes et presque déjà douloureuses. D’ailleurs au bout de 2 km, j’ai le droit à un « punaise mais tu as quoi comme chaussures ? Ça fait un bruit ! ». Ben j’ai surtout la foulée de la pauvre fille qui écrase tiens. Les minimalistes ce jour-là étaient je pense le mauvais choix mais là je peux difficilement changer la donne. Comme j’ai quand même un peu de bouteille, le premier semi est comme souvent destiné à au papotage et au rattrapage d’une année sans nouvelles : « la famille ? imotep… le boulot ? imotep… les marathons ? imotep… ». J’essaye de tenir le rythme sans broncher même si j’hallucine quand il ose me faire dépasser le meneur d’allure des 3h45 sous le prétexte qu’on sera plus tranquille devant. Ok je veux bien mais je le sens de plus en plus mal et mes jambes râlent de plus en plus. Je tente d’être à peu prêt sérieuse question alimentation pour ne pas payer ça en plus. J’ai mes gourdes pour éviter l’arrêt au stand et mes barres que, pour une fois, j’attaque alors que je n’ai pas faim. Je connais le parcours par cœur ce qui a un côté rassurant en fait. Mais très vite je comprends que le second semi va être très, très difficile. Petit miracle sur le port des minimes j’aperçois Géraldine alias Gégé92, son mari et surtout sa puce Camille qui vient de naître et qui dort tranquille dans sa poussette. Seulement là je sens que si je fais le coup du « gazou gazou » au dessus du maxi cosy ça va mal passer. Je dois dire un truc super intelligent du style « bouge pas je reviens » et nous continuons.

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Bouge pas Géraldine je reviens !!!

Mais va se passer ce que je craignais, irrémédiablement je ralentis. Impossible de tenir le rythme, je n’en peux plus. Le second semi va se passer comme je le craignais, moi à 2 m pour ne pas dire 3 régulièrement derrière Olivier qui sait comment je fonctionne et qui a décidé que le mental allait prendre le relais des jambes défaillantes. Je crois qu’au mieux nous avons échangé trois phrases qui se résument à ceci : « je peux pas faire mieux », « je n’en peux plus » et un « j’ai mal » dans un souffle. Quelques coups d’œil dans le rétro pour vérifier qu’il ne m’a pas perdu et il avance tel un métronome. Seuls rayons de soleil dans ce cauchemar, le sourire des copines : Twister qui bondit à côté de son vélo, Gégé qui a un don de téléportation et que je vais voir tellement de fois que j’ai arrêté de compter et surtout Roland et Evelyne. Là il va falloir que je vous explique un truc parce qu’il n’y a qu’à moi que ça arrive. Roland est un ami de ma mère et surtout le père du premier garçon que j’ai embrassé. C’est au côté de son fils que j’ai découvert la course à pied à une époque où je me disais encore « punaise mais qu’est ce que je fous avec ce mec qui court dans les marais alors qu’on pourrait être à la plage »… Mais surtout c’est Roland qui tous les ans aux vacances de la Toussaint me parlait du marathon qu’il allait aller courir quelques jours après : NY. Sans le savoir il a planté une graine qui a mis des années à pousser mais qui a pris la taille d’un baobab maintenant. Sans lui, sincèrement, je ne pense pas que je serais en train d’écrire ce texte à ce moment. Ma surprise est d’autant plus grande de les voir là qu’ils habitent au Sénégal maintenant. Mais de les voir là sur le parcours va me bouleverser plus que de raison et vous comprendrez tout avec la conclusion. Pour l’instant je dois finir ce foutu marathon. Le ballon des 3h45 a fini par nous rattraper et je n’ai pas pu accrocher. Même s’il reste en vue un bout de temps pas moyen d’accélérer, je n’en peux plus, je veux juste que ça finisse. Enfin les km deviennent mes amis : 37, 38… ça commence à sentir l’écurie. La moindre difficulté me parait un obstacle inouï, le vent pourtant sage me donne le sentiment de souffler comme au cap Horn. Aucun son ne sort de ma bouche, j’ai les dents trop serrées pour ça. Enfin le port et ses foutus pavés qui me mitraillent les jambes. Mais dieu qu’il est long le dernier km. Olivier me parle t il ? Franchement je n’en sais rien, je tente de lever les genoux pour avoir l’air d’une coureuse, et pas d’une limace dans la souffrance. J’entends le speaker qui annonce l’arrivée du ballon des 3h45 ce qui veut dire que je ne suis pas aussi mal que je ne le pensais. Enfin les tapis, enfin la ligne d’arrivée, je mets les rétro freins à fond, pas question de courir 1 cm de plus qu’on ne me le demande ! 3h47… qui vont se transformer en temps réel en 3h46… Nom de dieu je l’ai fait ! Je voulais sous 3h50 et je l’ai décroché. Xavier est là comme tous les ans, fidèle au poste de bénévole à l’arrivée et sa femme Bénédicte distribue les coupe-vents qui nous seront bien utile parce qu’il ne fait pas aussi chaud que ça. J’ai enfin le sourire aux lèvres même si là, soyons honnête, je n’ai pas eu aussi mal depuis longtemps. Sincèrement, si j’en avais la force, je ferais bien la petite danse de la joie mais là j’aurais pu m’allonger ou m’asseoir je l’aurais fait avec grand bonheur. Ravitaillement et nous décidons de ne pas traîner pour sortir de la zone d’arrivée qui généralement est très encombrée. J’en profite pour offrir ma rose à une femme qui vient de retrouver son mari, elle a poussette, pleins d’enfants autour d’elle, elle la mérite plus que moi d’avoir attendu et veiller au confort de son homme.

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A 1km de l'arrivée, on sourit pour les photographes !

Il y a un avantage à avoir 3 ou 4 000 coureurs de moins sur le marathon c’est que pour la première fois on sort plutôt facilement et si ce n’est les escaliers à passer, nous nous retrouvons sur le port très vite. Je ne veux pas traîner pour être rentrée chez moi pour le dîner et l’Auvergne ce n’est pas à côté ! Mais apparaît le mari de Gégé qui me dit qu’elle est à la résidence où ils sont en vacances et que si je veux voir Camille je peux. Tu m’étonnes que je veux !!! Elle est là avec son adorable bébé qui me rappelle douloureusement que pour moi ce bonheur est fini. Son mari aux petits soins me propose une douche et en une seconde j’ai une serviette propre et de l’eau chaude qui me fait un bien fou. Même si je vais remettre ma robe avant de me changer à ma voiture comme prévu c’est très agréable de reprendre visage humain. Déjà je dois partir parce que j’ai 450 km à faire, un arrêt à Poitiers au mac do pour ravitailler et dans ma vraie vie replonger.

Morale de cette histoire

Je le savais en prenant le départ et maintenant j’en suis sûre, ce marathon était le dernier avant très très très longtemps. L’année 2012 va être consacrée à mes derniers petits délires et ensuite rideau. 2013 je veux tout d’abord et avant tout me consacrer un peu à ma famille et des projets perso qui n’avancent pas parce que je suis tout le temps dans le train, dans l’avion, en train de courir à droite à gauche, au sens propre comme au figuré. J’ai eu énormément de chance dans ma vie de coureuse, j’ai profité comme peu peuvent le faire et il est temps de passer à autre chose pour moi. Mais je n’ai pas dit que j’arrêtais de courir !!!! Seulement je vais tout reprendre à zéro et repartir sur de bonnes bases. J’ai voulu aller très vite, trop vite. Je suis montée en puissance tout de suite, vraie gamine impatiente qui veut déballer ses cadeaux avant le 25 décembre que je suis. Mais j’ai oublié l’essentiel : la progression. Là je plafonne et je souffre parce que j’en fais trop et dans tous les sens. Je vis très mal le fait d’être incapable de me tenir à mes objectifs si je n’ai pas quelqu’un à côté. Bien sûr, personne ne me porte dans ces moments là mais je dois pouvoir faire le temps que je veux, que je vaux sans un meneur d’allure officiel ou officieux. Et ça, ça ne sera possible pour moi que si je reprends tout au début en commençant par acquérir la vitesse qui me manque. J’ai le mental je pense, l’endurance à n’en pas douter mais l’aisance non. Je ne retournerai sur marathon que le jour où je serai vraiment prête à atteindre le niveau qui est le mien toute seule comme une grande. La décision était déjà bien dans ma tête quand j’ai pris le départ de la Rochelle et ma course n’a fait que me conforter là dedans. De voir comme ça en plus Roland sur le bord de la route, celui par qui tout a commencé en fait m’est apparu comme un signe du destin. Il était là au départ, il est là à l’arrivée. Je peux tourner la page maintenant, 35 marathons en 5 ans c’est déjà pas mal non ? Ce sera peut être fin 2013 ou 2014 ou même plus, je ne sais pas. Après tout, j’ai l’exemple extraordinaire de notre Martine qui me conforte dans l’idée que mes plus belles années sont devant moi.

Cécile

ps : Merci à Jean, le mari de Géraldine pour les superbes photos prises pendant le marathon !

   

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