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Semi Boulogne 2011 : nouveau parcours, nouveau départ !

Semi Boulogne 2011 : nouveau parcours, nouveau départ !

Je n’avais pas prévu spécialement de faire un CR sur cette course et puis finalement comme souvent il s’est passé des choses qui font qu’aujourd’hui j’éprouve le besoin de les raconter.

A la base, donc, il n’était pas prévu que je vienne trainer mes baskets sur les quais de Seine fin novembre. Je ne m’en suis jamais cachée, ce semi je ne l’aimais pas… parcours moche, ambiance bof, esprit compet quand même, bref des arguments à ne pas mettre une Barbie dehors. Et puis comme souvent enchainements de circonstance : les enfants qui veulent absolument passer un we à Paris pour cause de manque de shopping (Maman y a vraiment rien ici et puis si j’achète un jean là, y aura forcément une copine qui aura le même et c’est trop la honte parce qu’elle va croire que j’ai copié…), un nouveau parcours qui s’annonce plus roulant, plus beau, plus tout quoi, une volonté de vérifier sur le terrain si mes séances douloureuses de fractionnés commencent à payer, bref en quelques jours les choses sont bouclées : je prendrais le départ de Boulogne. Souci : inscriptions closes… Ok j’avoue je fais ma pétasse et j’ouvre mon carnet d’adresse. 2 mails plus tard c’est dans la poche, j’ai mon sésame (je ne vais pas vous mentir quand même et vous faire croire que j’ai pris mon dossard il y a 2 mois… sinon pourquoi n’en aurais je pas parlé avant !).

Nous sommes donc en famille à Paris, samedi cinéma (Vu « Winter », une histoire de dauphin vraiment sympa dans le style film familial avec le plus petit pendant que les grands voyaient « Intouchables »), japonais pour le riz et glace parce que Convert l’a dit et que moi je fais tout comme Convert il dit (ouais ok je ne suis que ce conseil là !!!). J’ai demandé à mes enfants si cela ne les gênait pas que Maman aille courir un semi le dimanche matin mais j’ai eu le droit à « oh ben tant qu’on n’est pas obligé d’y aller tu peux faire ce que tu veux »… C’est sympa le soutien familial, y a pas à dire ! Par contre du côté du conjoint, c’est mieux parce qu’il est d’accord pour m’emmener et surtout venir me chercher. Petit souci psychologique : tout ceci va se faire sur ma moto, celle sur laquelle je ne suis pas remontée depuis mon accident en rentrant du village du semi de Paris où j’étais allée récupérer mon dossard… Je suis remontée sur un 2 roues depuis comme passagère et avec un stress quelque peu perturbant, mais sur ma propre moto jamais. Une vraie thérapie de groupe cette histoire !

Dimanche matin, je me retrouve là avec le jean de Guillaume (oublier de prendre une tenue adéquate !), une veste à lui également et mon casque. Ok respire un bon coup ça va le faire… J’entends un « ça va aller ? »… Euh je vomis un coup et on y va là… Dieu merci il fait un froid de gueux et il va rouler doucement. De toute façon au dessus de 50 j’aurais hurlé genre sirène premier mercredi du mois !

Cecile

C’est bon je suis toujours en vie lorsque nous arrivons à destination après un trajet un peu compliqué du fait du nouveau parcours justement. L’idée maintenant est de retrouver les copines et les copains pour se faire un petit coucou même si là pour la plupart l’idée est clairement de faire un temps plus que d’admirer les superbes paysages de cette ville de banlieue. Je tiens à préciser tout de même qu’il y a pleins de toilettes et surtout qu’elles sont chauffées ! Enfin en tout cas celles que j’ai testé… 2 fois comme il se doit. Je retrouve Sof qui se la joue « ptit string » en vélo, Martine qui m’énerve avec ses 57 ans flamboyants et sa ligne toujours aussi parfaite, Fred, Oliv bien décidés tous les 2 à faire fondre le bitume. Heureusement il y a Audrey, Hélène et Panda qui sont un peu plus calmes. Même Brinouille est là en lièvre de luxe pour son cousin mais seulement sur la fin du parcours. Direction le sas de départ et là un coup de stress terrible : pendant un instant j’ai cru qu’on m’avait donné un dossard préférenciel. C’est arrivé une fois et je m’étais jurée de ne plus jamais revivre l’expérience. Avoir l’impression qu’un TGV te fonce dessus, merci bien ! Même si évidemment je m’étais tout de suite mise à droite pour ne pas gêner ce n’est agréable ni pour moi, ni pour les autres. Mais non là tout va bien je suis au fond… enfin pour le coup vraiment au fond… J’avais oublié qu’il y avait à Boulogne des meneurs d’allure et des sas avec temps et pour le coup je suis avec les 2h20. J’espère ne vexer personne en disant que là pour le coup c’est peut être un peu lent pour moi ! Cela va surtout avoir comme incidence que je vais devoir trouver ma place et mon rythme en remontant pas mal pour retrouver des coureurs à ma vitesse. Ah oui j’ai oublié de le préciser mais est-il vraiment besoin de le faire que bien entendu mon garmin a rendu l’âme le matin même. Enfin rendu l’âme il est déchargé pour être plus précise. J’ai pensé à mon mp3 mais pas à lui ! Guillaume était mort de rire… Je pense qu’il va falloir que je me trouve un GPS solaire en fait pour enfin être opérationnel quand il le faut. Ce qui m’inquiète légèrement c’est que je suis sensée courir ce semi  sans trainer mais sans me griller pour mon objectif principal qui reste le marathon de la Rochelle 8 jours après. Et j’ai beau avoir une bonne notion de mes allures, cela me rassure moyennement. Mais bon plus moyen de faire machine arrière, le départ est donné, je lâche mes petites cafeuses et cafeurs réunis et c’est parti.

Il parait que l’instinct féminin est plus efficace que le masculin, c’est ce qu’on va voir ! Déjà de toute façon je pars trop vite mais il faut absolument que je me dégage pour trouver des coureurs qui me donneront une allure correcte. A moi les trottoirs, je remonte tellement que je finis par réaliser au 2ème km que là il va falloir calmer la bête parce que ça ne va pas le faire cette histoire. Je suis branchée sur ma musique, j’ai même mis mes lunettes de soleil, je suis dans ma bulle juste à l’écoute de mes sensations. Je sais que beaucoup m’ont dit que cela les perturbait de courir en musique mais moi c’est ma façon de fonctionner pour m’isoler et ne penser qu’à la course justement. Une chose est sure : pour l’instant tout va bien ! Ok c’est un semi mais je sens que cette journée va être une bonne journée. J’ai clairement retrouvé des sensations qui me font plaisir. Je déroule tranquille sans me poser de question, enchainant les km sans savoir à quel rythme. Et puis comme toujours avec moi, il y a un moment où j’en ai marre d’être toute seule… J’ai en vue un petit groupe de 2 coureurs menés tambour battant par une jolie brunette très clairement à l’aise. Elle virevolte d’un coureur à l’autre prodiguant conseils, vérifiant que tout va bien, veillant à ce qu’ils aient de l’eau. L’un d’entre eux regarde son cardio régulièrement et je finis par lui demander l’heure. Il me répond : « 5.10 ». Bon ok il n’est pas 5h10 du matin, ça doit être notre moyenne au km cette histoire. Je n’espérais pas tant et du coup je décide de les utiliser en lièvre anonyme. Mais voilà au bout de quelques minutes bien entendu je papote et Leïla, puisqu’elle a un prénom ma joli brunette, me dit : « mais tu ne serais pas Cécile, la fille qui court autour du monde ? ». Euh ben si… « oh ben mince alors, je te suis, c’est génial ce que tu fais. Patrick, Cécile va s’occuper de toi, je te raconte à l’arrivée ce qu’elle fait c’est top, tu es entre de bonnes mains ». Et zou elle repart s’occuper d’un autre coureur qui est là pour son premier tout : premier footing, premier dossard, premier semi. Ah ok… Bon ben Bonjour Patrick, moi c’est Cécile ! Et voilà comment je vais faire 10 km avec un coureur que je ne connaissais pas il y a 5 min. Il me raconte rapidement que d’habitude il accompagne sur les courses une copine, qu’il n’a jamais couru pour lui et qu’il voudrait voir ce qu’il a sous les baskets. Ok, ben c’est parti !

Comme à mon habitude, je papote, ce qui est bon signe puisque cela veut déjà dire que je suis en vie et surtout à la bonne vitesse. Autant je cours à l’instinct, autant lui est accro à son cardio… je le sens légèrement stressé, persuadé qu’il va trop vite et qu’il va exploser. Il me rappelle le copain de Brinouille sur son premier marathon à la Rochelle à qui j’avais fini par menacer d’enlever la bestiole s’il continuait comme ça. J’essaye de le convaincre qu’il faut aussi apprendre à s’écouter, qu’il reste 5km, qu’il fait beau, qu’il faut en profiter, qu’on a la chance d’être là et que quelque soit le temps à l’arrivée, le principal c’est d’avoir passé un bon moment. Je sens bien que par moment il n’est pas convaincu par mon discours mais il s’accroche ! Régulièrement je regarde dans mon rétro, il est toujours là. « Patriiiiick, ne lâche rien, il reste 2km !!! ». Là j’avoue je vais accélérer, j’en ai clairement sous le pied, et je me dis qu’il doit bien pouvoir me suivre et que surtout son orgueil de mâle va faire qu’il va tenir bon. L’arche est là, je l’encourage, je vois bien qu’il est dans le dur mais il tient. On en profite pour encourager d’autres coureurs en difficulté et enfin on passe la ligne d’arrivée. Je vois 1h53 sur le chrono général et je suis ravie. Je visais entre 1h50 et 1h55 et je suis forcément dedans (j’ai mis 1h50 et 1 sec très exactement !). Mais surtout Patrick est là ravi de son temps. Il retrouve des copains qui ont l’air surpris de le voir déjà, et très fièrement il déclare « j’ai tourné à 11,5 à l’heure ! ». Son bonheur fait vraiment plaisir à voir, je me dis que même si dans l’absolu j’aurais pu gratter 1 min, voir peut être 2 sans aucune certitude, je n’aurais pas vécu cette arrivée triomphante et j’aurais perdu quelque chose. Mais le plus beau reste à venir. Alors que je me dirige pour récupérer ma médaille (très jolie je trouve au demeurant), une femme m’interpelle. Elle est plus grande que moi, aussi noire que je suis blanche, aussi brune que je suis blonde. Elle me dit : « vous êtes bien Cécile ? ». Ah ben décidément c’est ma journée !!! Sur le coup je me dis que ça doit être une cafeuse que je ne connais pas encore mais non elle me connaît parce que comme moi elle a une grande famille et que comme moi elle a commencé par la Parisienne. « C’est quand j’ai lu votre histoire que je me suis dit que je pouvais me lancer, et voilà je suis là, je viens de courir mon premier semi grâce à vous et j’ai mis 1h54 ! Je n’en reviens pas !!! et en plus vous êtes là ». Et comme elle sautille partout j’ai presque envie de lui dire qu’elle vaut même moins qu’1h54 vue la pêche qu’elle a encore !!! Son sourire, sa joie de vivre vaut toutes les récompenses du monde, c’est elle ma médaille du jour !

C’est idiot mais régulièrement j’ai des doutes vis-à-vis de ma démarche : suis-je légitime dans ce que je fais ? Avais-je le droit de créer CAF ? Qui suis-je pour me permettre de faire ça ? Je vous laisse imaginer ce que j’entends, les critiques qui fusent à droite, à gauche, et n’allez pas croire qu’elles sont le monopole des hommes, les pires que j’ai pu entendre venaient de la part de femmes. Alors même si on veut rester de marbre et qu’on se persuade que la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe ça fait mal. Je n’ai jamais créé CAF dans le but d’obtenir une reconnaissance de qui que ce soit, ni pour me mettre en avant, franchement la notoriété que cela a engendré me pèse beaucoup plus qu’autre chose mais quand je vois le sourire de cette superbe jeune femme à l’arrivée du semi, quand je lis la joie qui se dégage des CR de mes new yorkaises, je me dis que tout cela valait la peine de s’accrocher.

Je vais laisser les crapauds continuer à baver dans leur coin, je vais continuer à vivre ma vie comme je l’entends et assumer mes choix. J’ai la chance d’avoir une famille qui me soutient, qui ne me comprend peut être pas tout le temps mais qui est toujours là pour moi, j’ai la chance d’avoir à mes côtés un mari qui est comme la SNCF et qui, lorsque j’évoque un nouveau projet, me dit toujours « si si c’est possible » et croyez moi c’est précieux ! J’ai la chance d’avoir des copines de tous les horizons, des gazelles, des escargots, des sérieuses, des beaucoup moins, des cabris, des limaces, et ma foi cette arche de Noë réunie autour de moi, je l’adore et pour rien au monde je ne voudrais la quitter. Je ne sais pas encore où les courants marins vont nous emmener mais promis on va continuer à s’amuser !

Cécile

 

 

 

 

 

NY 2011, mon marathon aux mille visages

NY 2011, mon marathon aux mille visages.

rservoir

Je vais vous épargner un CR classique absolument pas crédible de « Barbie découvre NY » puisque tout le monde le sait j’en suis à mon 4ème et mon 34ème marathon. J’ai cette chance inouïe d’avoir pu profiter de ce marathon hors norme à plusieurs reprises et c’est un bonheur chaque fois renouvelé même si cette année je me suis maudite d’avoir oublié que la fin du parcours, le long de Central Park est tout sauf plate… Un peu comme un accouchement où d’un enfant à l’autre on finit par oublier, la nature étant bien faite sinon nous aurions toutes un seul enfant !

Je vais vous épargner km après km, miles après miles, le parcours n’a pas un intérêt phénoménal, seule l’ambiance est inoubliable. Je pense que le film que nous prépare Sof parlera pour moi. Pour ceux et celles que le côté course à pied passionne plus que moi, je résume ma course : un premier semi un peu soutenu histoire de décrasser les carbus, un deuxième tranquille à aider qui en avait besoin, à réconforter à coup de m&m’s les coureurs en détresse… Pour être bien sûre de ne pas oublier mes bonnes résolutions j’ai même pris une seule paire de chaussures, celles que j’utilise pour l’entrainement, trop lourdes à mon goût pour un marathon mais parfaites pour une sortie longue. Je passe la ligne sans gros souci, retour à l’hôtel toujours aussi compliqué mais ça je commence à connaître. Je suis tellement en forme que souvent je traverse les ronds-points en courant sous le regard surpris des automobilistes et des piétons qui se demandent bien à qui j’ai piqué sa médaille et sa couverture de survie… 4h09, pas de quoi publier, mais ravie parce que mon retour sur le bitume a été moins douloureux que je ne le pensais.

En fait cette édition 2012 restera dans ma mémoire parce qu’elle a pris une tournure inattendue, il sera celui des rencontres, des rendez-vous et des visages connus ou inconnus. Pour ne vexer personne, je vais vous en parler par ordre d’apparition à l’écran !

Mes poussins !

photo_Paula

Vous avez vu les filles je n’ai pas dit mes petites poules même si nos bavardages tenaient souvent de la basse cour reconnaissons le ! Surprise cette année avec tout plein de cafeuses au départ du marathon et pour faciliter les choses, elles partent toutes avec moi à part Réjane qui viendra nous rejoindre samedi matin pour la surprise. C’est vrai que le fait d’être dans le même hôtel, le même avion et la même chambre pour certaines était top. Même si j’ai un peu couru après le temps et mes rendez vous pro, c’était un vrai bonheur de les avoir tous les matins dans le hall et surtout de les voir toutes avec leur médaille autour du cou. Je ne vais pas vous mentir et je pense qu’elles ne m’en voudront pas si elles lisent ça, il n’était pas assuré que toutes soient à l’arrivée. Un marathon ça reste quand même un 42km et des brouettes avec tout ce que cela comporte. Une blessure, une défaillance tout peut arriver. Mais chez CAF même si tu vomis, même si tu blêmis, tu finis ! (on ne cherchait pas un slogan pour les tee-shirts CAF ???).

Si certaines ont sacrément galéré et inauguré le bitume new yorkais à leur façon, elles ont toutes passé la ligne d’arrivée, prouvant s’il en était besoin que les cafeuses sont de sacrées nanas. Je pense qu’elles ont d’ailleurs du dormir avec leur médaille autour du cou !

Maman poule était trop contente et trop fière !!! Les filles vous avez assuré grave !!!

Fred

Je vous en ai déjà parlé puisqu’il était avec moi au trail des aiguilles rouges. Il a aussi une qualité : il connaît les bonnes adresses du quartier ! Et comble du bonheur il m’a permis de rencontrer Idrissa donc je vais vous parler plus loin. Il venait à NY pour faire un temps comme on dit, il court à une vitesse qui reste du domaine de l’impossible pour moi. Mais surtout ce qui m’amuse le plus chez lui (ça y est je suis fâchée à mort !!!) c’est son stress… C’est le jour et la nuit avec moi. Autant je suis capable de partir à l’arrache sur un marathon en attrapant 2 gourdes de compote au vol, autant Fred réfléchit à sa tenue, suit son plan d’entrainement avec un sérieux que je lui envie. Ce qui est cool c’est que maintenant j’ai trouvé un copain qui stresse pour moi ! C’est grâce à lui que je vais me taper un petit déjeuner pré marathon peu raisonnable dirons nous… Mais l’hypoglycémie ne m’aura pas cette fois ! Et puis à côté de Fred il y a Cristel que je n’ai pas trop osé provoquer avec mon dossard. Un bébé de 3 mois adorable et une reprise depuis quelques semaines, je sais qu’elle regarde les coureurs avec envie mais pas de doute l’édition 2012 verra son grand retour et un temps canon à n’en pas douter une seule seconde !

Paula

moi_et_paula

Ah ben oui maintenant on est copine alors je peux l’appeler Paula ! Je vous explique : je cherchais une façon de faire un petit cadeau aux filles et je dois dire que je ne trouvais pas. Le tour en hélicoptère pourquoi pas mais là c’est moi qui faisais vomito partout… Et puis un jour, miracle un mail me proposant de la rencontrer dans le cadre de sa venue au marathon de NY pour promouvoir la fondation pour laquelle elle œuvre, Peace and Sport. Avantage de la situation : elle ne court pas le marathon cette année, elle est donc disponible. L’attaché de presse me propose aussi de venir au footing prévu pour les participants du marathon qui ont collecté des fonds pour l’assoc avec elle mais aussi Tegla Loroupe et Wilson Kipketer (excusez du peu !!!). Je demande « euh je peux venir avec des copines ? ». Mais bien sur ! Voilà comment nous nous sommes retrouvées à courir, faire du stretching dans une bonne humeur contagieuse au milieu d’un Central Park ensoleillé. Le rêve va continuer lorsqu’elle me proposera de venir déjeuner avec elle pour l’interview. Rendez-vous à son hôtel à 12h30… Ok, pas de souci ! Je te fais un retour version seuil pour avoir le temps de prendre une douche, j’attrape mon dictaphone et hop dans l’autre sens. Je vais passer presque 2h à discuter avec elle d’une façon tellement directe que je ne réalise encore pas trop ce qu’il s’est passé. Pour moi Paula a toujours été liée à NY. Il y a 5 ans je ne connaissais personne… Je me souviens très bien lorsque j’avais gagné le concours qui m’a permis d’aller courir mon premier NY, j’étais allée voir sur internet qui était le fameux Hicham El Gerrouj qui avait l’air d’impressionner mes collègues masculins sans parler de Philippe Rémond, notre coach d’un jour. Alors quand j’ai découvert les photos de cette blonde victorieuse passant la ligne avec sa petite fille dans ses bras, moi qui pensais à l’époque que si tu n’étais pas née au Kenya ou en Ethiopie les podiums tu oubliais, forcément je me suis intéressée d’un peu plus prêt à cette femme. Les filles vous le confirmeront, c’est une personne tellement simple, tellement adorable qu’on a presque du mal à imaginer qu’elle est la championne qu’elle est. Me retrouver en plus à NY pour la rencontrer, ville où je l’ai découverte… wouah, je ne réalise toujours pas !

Jérémy

Là j’imagine Aurélie derrière son écran d’ordi avec la mâchoire qui se décroche, le rouge qui monte aux joues et qui se dit « non elle ne va pas oser quand même ». Ne rêve pas ma grande tu me connais quand même !!! Nous avons toutes fait connaissance de ce charmant garçon il faut tout de même bien l’avouer le jour de notre footing à Central Park. Il tape la discute avec moi parce qu’il est bien élevé et qu’il a du comprendre qu’étant la mère poule de ma tribu de poussinettes il lui fallait mon autorisation pour les aborder mais très vite son intérêt se porte sur notre chère Aurélie. Mais voilà toutes les bonnes choses ont une fin et nous devons nous quitter. Dimanche soir je suis invitée à rejoindre le groupe des coureurs ayant couru le marathon pour la fondation pour un dîner japonais. J’embarque Tim mon copain journaliste anglais qui sera tout à fait à son aise dans un dîner « fluent english conseillé » et Jérémy est là bien entendu. Il vient vers moi le sourire aux lèvres, visiblement ravi de me revoir, ça fait toujours plaisir. Sa première question est « where’s Aurélie ? » (je ne vous fais pas l’outrage de vous faire une version sous titrée, on a toutes vues le spectacle de Gad Elmaleh. « euh ben Aurélie is not here, she take a shower to the hotel of sa mère et j’ai can’t say her to coming with me mais j’ai coming with Tim”. Vous auriez vu son regard déçu quand il a découvert me suivant mon copain british, certes le petit frère de Raph Fiennes mais apparemment pas du tout à son goût… Je vous rassure, depuis les mails ont été échangés et le contact rétabli. Inutile de vous dire que je compte bien être témoin du mariage et qu’ils ont intérêt tous les 2 à appeler leur première fille Cécile Barbie sinon je leur fais le coup du « et s’il y a quelqu’un dans la salle qui s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais » !!!

Tim

Je vous ai déjà parlé de lui puisque je lui dois de grands moments de rigolade et de course à pied à l’Ironman de Maresme. C’est à lui que je dois mes sorties à l’aube à m’accrocher comme une malade 48h après une anesthésie générale et une opération… Je lui dois aussi d’avoir planté la petite graine du tri dans ma tête. Il est sur Ironman et il ne comprenait pas pourquoi moi je ne me lançais pas. Lors de notre visite de Barcelone ambiance japonaise « 2h montre en main » pour faire le tour de la ville, nous avions fait une pause sur le port, moi buvant un caramel macchiato (j’arrive à trouver des starbucks où que j’aille, je suis un gps sur pattes à starbuck !), lui m’expliquant le bonheur absolu qu’il y avait de faire 180km à vélo avant de décrasser avec un marathon. Il se trouve qu’un an plus tard, presque jour pour jour, je fêterai ma première médaille dans un restaurant situé à 100m à peine de ce fameux banc où je lui ai promis que oui un jour je ferai un tri pour voir. 2 jours avant de partir pour NY, grâce à mon message sur mon mur FB annonçant mon départ, je reçois un mp : « you’re in NY ? Me tout ! ». Youpi, je vais revoir mon copain british et pouvoir lui raconter en direct live mes bêtises ! Mais voilà, je rate ses appels, mon téléphone refuse de fonctionner quand j’en ai besoin, bref ça part mal cette histoire. Et puis je reçois un sms me demandant «where are you ? », « ben juste devant l’apple store » et là j’entends un énorme éclat de rire, il est à 3m de moi penché lui aussi sur son smartphone. Quand je vous dis que NY est une petite ville !!! Un thé et une bonne partie de rigolade plus tard (il faut dire que même avec mon anglais de base « Barbie fait du tri » fait toujours autant rigoler, il a suffit de toute façon que je lui dise qu’on m’avait prêté un Cervelo pour qu’il parte dans un fou rire de 10 min… pas vexant le garçon), je lui demande dans quel sas il part le lendemain et comment il a eu son précieux sésame. « qualify time », il me répond… punaise mais il est plus jeune que moi… euh c’est combien ??? 2h45… ah ouais quand même… je me marre quand je repense à notre sortie matinale où j’avais le sentiment d’être à fond et lui aussi… j’en rigole encore…

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Forrest Gump

Ben quoi ? J’ai bien déjeuné avec Paula je peux avoir vraiment rencontré Forrest Gump ! Pour celles et ceux qui connaissent un peu l’organisation du marathon de NY, ils savent qu’il y a d’abord le passage obligé par l’attente dans les sas, dans son corral plus précisément. Comme je suis très à l’heure j’ai presque une heure en fait à patienter. Je m’installe par terre dans le seul petit coin où il y a du soleil parce que même s’il fait beau il ne fait pas encore très chaud, les fesses sur un tas de feuilles. Au bout de 2 min, je vois débarquer Forrest, ambiance bardu, fin de sa traversée aller retour des US. Il y a très peu de personnes costumées sur ce marathon en fait donc forcément on le repère et tout le monde rigole en le voyant. Cela ne fait pas 2 min que nous sommes installés par terre qu’un coureur vient déposer à nos côtés un duvet qu’il a décidé d’abandonner sur place. Nous échangeons un regard, pas besoin de se parler, je le récupère et je nous couvre les jambes histoire de ne pas mourir de froid tout de suite. Forcément maintenant que je partage un duvet avec lui il est temps de faire un peu connaissance !!! Hi I’m Barbie and you Forrest !!! Très vite j’apprends qu’il court son 12ème marathon de l’année mais le premier pour une charities et c’est pour marquer l’évènement qu’il s’est déguisé. Il me demande ce que je cours et je lui parle rapidement de trucs dans le désert. Et là immanquablement la question que tous les américains rencontrés pendant ces quelques jours tombe : « vous avez fait le marathon des Sables ? ». ben oui mon gars ! Sa barbe lui tombe de la machoire et il me regarde avec ses yeux ronds… Mais c’est dingue quand même que personne n’imagine que je sois capable de faire ça… Et comme il est inscrit l’année prochaine, notre sujet de conversation est tout trouvé. Nous n’allons pas voir le temps passé et c’est seulement quand je vois les gens avancer que je comprends qu’il faut que je quitte mon duvet moelleux pour me lancer dans le grand bain.

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Idrissa

Sans Fred je n’aurais jamais fait sa connaissance. Il fait partie de son groupe de coureurs qui sont suivis dans le cadre d’un projet L’oréal Men. C’est le plus jeune de bande (22 ans) et comme le dit si bien Guillaume, « forcément t’as pas choisi le plus moche ! ». Il faut avouer qu’il est non seulement adorable mais tout de même très mignon pour ne pas dire carrément beau. Mais bon même si je sais qu’une Demi Moore sommeille en chacune d’entre nous, la mienne est sacrément bien enfouie… Il pourrait réellement être mon fils et je vais d’ailleurs l’appeler « le petit » pendant tout le séjour, ce qui est tout bonnement ridicule puisqu’il doit bien mesurer 1m92 au bas mot. Il court son premier marathon ce jour là et je lui ai proposé de l’accompagner lui donnant rendez vous dans le sas de départ. Seulement voilà à faire des mondanités avec Forrest je ne le trouve pas… Je pars toute seule, avec un petit regret mais bon c’est comme ça, je ne peux plus faire machine arrière. Alors que j’ai retrouvé les convert et que je devise tranquillement à la Tortue lui répétant sans cesse « Dany, on va trop vite là », 2 coureurs du groupe de Fred me doublent et me disent « Idrissa te cherchait partout, il est derrière ». Ok retrofreins toute, cligno à gauche, je quitte le peloton pour rejoindre le public et attendre son arrivée. 2 ou 3 min après il est là, souriant comme toujours et apparemment ravi de me retrouver. Nous voilà partis pour au moins 15km. Il y a aussi Alex un coureur français qui lui aussi court son premier marathon mais qui vient du trail où il a déjà fait de longues distances. Je prends très à cœur mon rôle de maman en imposant un rythme régulier. Je sais qu’il peut courir plus vite, la question ne se pose même pas mais un marathon c’est long et j’en ai vu d’autres qui se sont brûlés les ailes à vouloir partir trop vite, moi la première ! Je sais déjà que je ne serai pas là pour le voir passer la ligne d’arrivée, je veux juste l’accompagner jusqu’au premier semi et le laisser partir comme un grand décrocher un temps qui correspond à son niveau. Si je le suis, je vais finir mal et me casser pour la Rochelle. Punaise que je deviens raisonnable moi en vieillissant… Pour info il finit en 3h49 je crois à quelques secondes prêt.

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Blandine

Ok c’est une cafeuse et elle fait partie des « poussins » mais je voulais juste lui dire merci d’être venue avec moi au poulailler du Metropolitan Opéra mais quoi de plus normal pour des poules qui gloussent pour écouter Don Giovanni. C’est cool CAF, parce que j’ai trouvé des copines pour courir mais aussi des copines pour sortir !!! Eh Blandine il y a un marathon à Milan ? je n’ai jamais été à la Scala !!!

George

Sans S à la fin et c’est une fille !!! Aux US les Cécil sont des garçons et les George des filles… Cherchez pas c’est comme ça ! Je l’ai rencontrée sur le marathon de l’Antarctique et tous les ans à NY j’essaye de déjeuner avec elle. Ce que j’aime avec elle c’est que nous avons un peu la même vision de la CAP… Elle nous sert surtout à manger ce qu’on veut ! Et George question bonnes adresses à NY elle assure grave. Comme elle est bec sucré comme moi c’est juste un vrai bonheur de la suivre. Quand elle m’a dit thaï et pâtisserie, j’ai traversé une bonne partie de Manhattan pour aller la rejoindre et découvrir sa nouvelle adresse. Et je n’ai pas été déçue ! Vous connaissez l’expression « better than sex » ? Elle a été inventée pour les gâteaux de Lulu ! Et quand on sait que celui que j’ai dégusté s’appelle « passionately kissed » on comprend beaucoup de choses… C’est grâce à elle également que j’ai découvert un fast food de dumpling, les bouchées vapeur qui a eu l’idée géniale d’ouvrir un corner juste derrière le Waldorf. Leur chocolate Shanghai dumpling est comment dire ??? Aussi bon que Jérémy torse nu est agréable à regarder ! (private joke !!!). Et pour éponger l’alcool les vapeurs c’est top (voir suite pour comprendre !).

Béné

Ah Béné… c’est ma copine de la tente 60 et comme de bien entendu elle était là… toujours là dans les bons coups de toute façon. Nous réussissons à nous voir juste avant son départ et je vais la rejoindre à son hôtel 2h avant le départ de son bus pour l’aéroport. Pour résumer la situation, disons que tout cela est quelque peu parti en live… Direction le bar de l’hôtel pour un fou rire qui va durer 2h… Il faut dire qu’une téquila ça va mais 2 bonjour les dégâts ! Ils ont un cocktail appelé « big apple » qui nous semble tout à fait approprié pour fêter nos 2 médailles et nos retrouvailles. Nous refaisons notre marathon des Sables et franchement ça n’engendre pas la mélancolie cette histoire. Le problème c’est que le niveau sonore augmente autant que la quantité d’alcool dans notre sang… Un pauvre recruteur qui tente de faire passer des entretiens d’embauche à côté de nous doit maudire son choix de table et d’hôtel ! Je suis tellement partie que je vais même finir par promettre à Béné de tout faire pour retourner au MDS avec elle ! T’as raison ma fille… Je n’avais pas d’ultra dans le sable en avril, ça faisait un trou dans le programme des réjouissances ! En décrassage des 4 Deserts c’est une super idée… Bon je tiens à te le dire, j’ai dessaoulé depuis !!!

les_papillotes

Voilà, mon marathon de NY 2011 est fini. Il a été aux couleurs de cette ville qui ne dort jamais, riche en émotions, en rencontres, en retrouvailles. Définitivement je me sens bien dans cette ville. Je ne peux pas y être pour 2012, pour cause de programme un peu intensif (je vais faire travailler la VMA des petites pingouins) mais je sais que je reviendrai un jour et que Central Park me reverra avec ma médaille qui brille autour du cou et ma couverture de survie ambiance papilotte. J’aime cette ville où je me réfugie tellement souvent, j’aime fouler Central Park à 5h du matin au milieu de toutes ces femmes qui font le même sport que moi.

D’ailleurs une chose m’a surprise c’est leur incroyable présence en force à une heure si matinale.

3 possibilités :

a. elles ont appris que les guedins françaises arrivaient et elles ont enfermé leur mari, copain, frère, cousin, que sais-je à double tour chez elles avant de partir courir ?

b. les hommes sont comme les ours blancs une espèce en voie de disparition à NY

c. elles vont courir le matin avec leurs copines pendant que Monsieur reste à la maison pour s’occuper des enfants, les emmener à l’école, sans oublier de préparer les céréales et le thé préféré de Madame avant de partir...

Alors vous en pensez quoi les filles ?

Cécile

ps : merci Aurélie pour les photos !

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Triathlon de Barcelone 2011 : Je rêvais d'être un numéro...

En attendant toutes les photos j'en ai mise quelques unes histoire de vous faire patienter mais promis dès que je récupère tout ça je vous les mets en ligne !

Cécile

Triathlon de Barcelone 2011 : Je rêvais d’être un numéro…

Oui je sais ce titre est de la provoc pure alors que je viens de vous balancer un texte portant un titre revendiquant l’inverse mais toute personne qui a couru un triathlon un jour le sait, le numéro dans ce type d’épreuve, ça compte !!!

J’avais eu la chance de couvrir 3 ironman comme "journaliste" dans ma vie et tout de suite j’avais accroché. Je m’étais retrouvée bouleversée par l’effort fourni par les athlètes, consciente à mon niveau de course à pied de l’investissement que ce type d’épreuve engendrait. Comme toujours chez moi ça avait planté une petite graine quelque part dans un coin de mon cerveau, un jour pourquoi pas quand j’en aurais marre de mon bac à sable… Mais je n’étais n’avais jamais été plus loin. Comme je le racontais dans mon blog (séance de rattrapage ici !), ce triathlon de Barcelone est arrivé dans ma vie un peu par surprise. J’avais bien envisagé pendant l’été, lorsque j’avais compris que j’y participerais en vrai, de m’entraîner un peu à la rentrée mais voilà, UTMB raté, Aiguilles rouges sauvées, je me suis retrouvée fort dépourvue quand l’automne fut venu. Un bouclage à faire, un 20 km assez pathétique je l’avoue, la piscine à 25 km, bref je prends l’avion sans avoir jamais posé mes fesses sur un vélo hormis pour aller manger des crêpes cet été et sans avoir nagé plus que d’habitude pendant ma semaine megèvane. Ok je fais 1km mais de la brasse tranquillou pendant que les enfants jouent…

Je crois que jusqu’au bout j’ai refusé de voir la vérité en face rassurée par la présence de copains plusieurs fois rencontrés sur des voyages presse : il y a Grégoire de Garmin, Matthieu de Triathlète magazine, Julianna de Trimag et s’est joint au petit groupe José, un avion à réaction du team Garmin. Je découvre ce que je subodorais : faire du tri ce n’est pas simple, avec la housse de vélo et tout le toutim, ils ont plus de bagages que moi les garçons ! Yeah !!!

Avion, aéroport de Barcelone que je commence à connaître un peu, taxi, hôtel, déjeuner à l’espagnole c'est-à-dire à 4h de l’aprem, le soleil, une terrasse, le bonheur quoi. Matthieu me propose d’aller courir 45 min ce que j’accepte en me demandant comment je vais bien pouvoir m’habiller. Je n’ai pris que ma combi tri fonction et nous en avons d’ailleurs une 2ème qui nous attend dans nos chambres, le genre de truc qu’il me faut déjà 5 min pour comprendre comment ça s’enfile et surtout qui est tellement moulante que j’ai juste l’impression d’être nue. Le plaisir de courir pieds nus je ne connais pas vraiment alors courir toute nue vous imaginez ! Je ne me vois pas sortir dans la rue habillée comme ça, c’est idiot mais moi les trucs moulants j’ai du mal. Je file m’acheter un sweat bien large histoire de camoufler ce que j’ai à camoufler et c’est parti. Je sais qu’il est meilleur que moi et ça va se confirmer : sortie à une vitesse plus que correcte pour une fille qui comme moi espère un peu réveiller la coureuse qui sommeille en elle. Une douche en vitesse et il faut déjà repartir parce que nous sommes là surtout pour assister au lancement d’un vrai petit bijou de technologie destiné à la pratique du multisport et plus particulièrement au triathlon : le 910. Ce truc est ahurissant !!! Je n’arrive même pas à comprendre comment on fait pour rentrer autant de technologie dans une aussi petite montre mais là franchement rien que pour pouvoir jouer avec je me mettrais bien au tri moi. Il vous décompose tout : vitesse dans l’eau, nombre de mouvements pour juger de votre efficacité, distance parcourue, temps pour les transitions… C’est bien simple il fait vraiment tout et en plus il vibre !!! Le 910 le meilleur ami de la triathlète je vous dis !

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Super dîner avec le fameux poisson en vue et rencontre avec les Brownlee et non les brownies… Même s’ils sont tellement mignons tous les 2 qu’on en mangerait ! Oh ça va je sais elle est pitoyable celle là mais je rêvais de la faire ! Je vais faire ma groupie de base et me faire prendre en photo avec eux parce que ce n’est pas non plus tous les jours qu’on papote avec 2 futurs champions olympiques (un seul peut gagner…). Retour à l’hôtel où j’essaye de dormir et oh surprise j’y arrive. A défaut d’être entraînée, je vais tenter d’être reposée surtout que le programme du samedi est encore intense.

Le but de la journée sera de nous faire prendre en mains le petit bijou avec une séance de vélo statique pour le moment (dieu merci !) et une sortie en mer avec retour en nageant sur la plage. Pour le vélo tout va bien puisque c’est comme de l’aquabiking sans l’eau ! Les vélos sont statiques mais moi tu me mets du Guetta je suis contente… Le seul truc c’est que je ne comprends rien aux vitesses, d’ailleurs je n’avais pas vu comment elles se passaient… J’ai bien cherché les petites manettes sur le cadre comme sur le vélo de mon papy mais il n’y en avait pas. J’ai compris ensuite que nous étions comme sur une voiture qui va vite ave changement au guidon. Il parait même qu’il y a des plateaux sans bouteille d’orangina dessus ! La position course n’est pas très confortable pour mon dos mais bon la séance passe vite surtout grâce à Matthieu qui tombe de son vélo en se mettant en danseuse, celui-ci n’était pas suffisamment fixé. Nous tenons donc notre séquence pour vidéogag…

Enfin je suis bien la seule à rire parce que je comprends aux visages crispés des mécanos que ce n’est pas aussi drôle que ça. Le vélo est cassé définitivement et j’apprends consternée le prix du bébé que j’ai sous les fesses : 3 fois le prix de ma voiture… Non de dieu… Je peux me payer 6 paires de Louboutin si discrètement je repars avec… ça fait réfléchir quand même non ? Comme il ne rentre pas dans mon sac à main et qu’il n’est pas gonflable, j’abandonne l’idée. Pour l’instant, c’est super rigolo, la fille crie dans son casque, je suis face à la mer, il fait beau et comble de joie j’ai réussi à entrer dans ma combinaison tri fonction offerte par Garmin sans utiliser de chausse-pied. Ok je ne peux plus respirer quand je la porte et j’ai juste l’impression d’être à poil devant tout le monde mais passons.

Je file aux vestiaires pour sauter dans la combi de néoprène pour la sortie en mer. Je commence à l’enfiler et là je me rends compte qu’il serait plus malin de faire pipi avant de tout boucler à triple tour. Bon là les pro du tri il va falloir qu’on m’explique : vous faites comment pour faire pipi en vitesse 2 min avant un départ comme je le fais toujours avant une course parce que ma vessie de stressée refuse de se vider en une seule fois ? Pitié finalement ne me répondez pas !!! J’ai deviné toute seule !!!

Direction le bateau et surtout une mer plus qu’agitée. Nous allons un peu au large en ayant eu tout le temps de tester la température de l’eau qui envahit le bateau régulièrement. Moi je me régale, je suis bretonne ne l’oublions pas. Mais ça ne va pas durer. A environ 200 ou 300 m de la plage, le bateau s’arrête et tout le monde se jette à l’eau. Ah mince je n’ai pas mes lunettes moi, je les ai oubliées et je dois m’en racheter une paire…Grégoire gentiment m’en prête une paire et en une fraction de seconde ils sont tous partis comme des jet ski. Ah mince je ne sais pas plonger moi… Je n’ose pas leur demander de descendre l’échelle et je saute. Mais là pour comprendre la suite il va me falloir vous raconter ma vie, mon enfance, mon œuvre. Attention c’est parti pour 15 min de Psychologie Magazine… J’ai appris à nager normalement sachant que le maître nageur n’a jamais proposé à mes parents de m’inscrire au club voyez-vous. J’avançais en brasse tranquille sans me poser de réelles questions. Avec l’école, je me retrouve comme tous les enfants de primaire à plonger en plein hiver dans la piscine municipale la plus proche pour rentrer ensuite les cheveux mouillés, le bonnet sur la tête attrapant la crève à tous les coups tout en mangeant des chocos BN parce que ça donne faim ce truc quand même. Un jour que le maître nageur avait décidé de tous nous faire partir du plongeoir, je tente une explication : “ moi monsieur je ne sais pas plonger, je sais descendre à l’échelle ”, “ eh bien tu vas apprendre ” et paff il me pousse à l’eau… Je me suis retrouvée sous l’eau à totalement paniquer sans lunettes, incapable d’ouvrir les yeux qui me brûlaient et ce sont des copains qui ont réalisé que je ne remontais pas à la surface… Depuis ce moment, j’ai comme qui dirait des légères difficultés à mettre la tête sous l’eau… En gros toute personne qui a tenté de renouveler l’expérience avec moi du “ tiens je te pousse à l’eau ” a définitivement été rayée de ma liste d’amis. Il a fallu qu’à Tahiti il y ait des requins à voir pour que la première fois je mette un masque et un tuba. Autant dire que le crawl n’est pas une nage que je maîtrise. J’ai pris des leçons l’année dernière dans l’espoir un jour de peut être surmonter ça mais force est de constater que je n’ai pas les poumons de Jacques Maillol et que plus d’une longueur en apnée, c’est difficile à tenir.

Fin de la parenthèse, fermons les guillemets. Me voilà donc dans l’eau, au milieu des vagues qui n’ont pas du tout décidé de se calmer à tenter de tenir ma tête hors de l’eau. J’ai pour la première fois de ma vie une combi néoprène et le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas à l’aise. Je tente d’avancer au milieu de la houle, tout le monde est presque au niveau de la plage et moi j’ai dû faire 20m… Je vais boire 2 ou 3 fois la tasse à cause des vagues qui me tombent dessus et là je panique. Crise d’angoisse, mes poumons se rétrécissent façon ticket de métro, mon cœur bât dans mes oreilles, je vais mourir… Je fais signe au gentil monsieur sur sa planche chargé de la sécurité en mer (que Dieu le bénisse !), il me récupère, me rapproche du bateau et je finis en nageant trop heureuse de retrouver le pont du bateau. Je m’échoue lamentablement à l’arrière tentant déjà de retrouver mon souffle ayant pour l’instant l’impression que notre cher ministre des sports est assis sur ma cage thoracique. Punaise je suis pitoyable… Je m’enferme dans ma bulle, j’essaye de faire abstraction du fait que je viens de me couvrir de ridicule, que demain la mer est annoncée agitée, que je vais me retrouver au bout de 5 min dans l’eau à lever le bras pour qu’on vienne me récupérer… Tout ça pour ça… Retour sur la terre ferme où je retrouve les nageurs à qui je tente d’expliquer ma déconvenue. Je sens bien aux regards de mes collègues que mon inquiétude est partagée. Mais comme ils sont adorables, tout le monde me dit que ça va le faire. Ils ne m’ont pas vu faire le goéland accroché à sa bouée attendant les secours tiens pour dire ça !!!

Direction le camion des vélos et là je comprends que mes malheurs ne sont pas terminés. Je cherche désespérément le superbe vélo rose avec petit panier devant que j’avais demandé mais force est de constater que Garmin a l’amour du risque. Ils comptent me faire monter sur une de leur bête de course. Non mais c’est une blague ??? Les garçons eh oh !!! C’est moi !!! la blonde qui est tombée au bout de 30m la première fois de sa vie qu’elle est montée sur un VTT !!! Bon ok va pour le n° 19 mais là il faut me baisser la selle et m’installer des petites roues. Ah ça non plus ils n’en n’ont pas… Punaise… Le mécano absolument adorable se charge de 2 ou 3 réglages et me demande d’essayer le vélo pour voir. Ok reste calme… j’ai des ballerines de toute façon, pas l’idéal pour ce type de pédales mais bon. Le triathlèle est quand même un animal spécial quand on y pense : il aime se faire mal, il n’est pas fidèle à un sport, il lui en faut 3 à la suite (quelle forme !) et en plus il aime qu’on lui attache les pieds…

Je fais un petit aller-retour sur le parking, plutôt fière de moi de ne pas être tombée tout de suite et je rends vite le joli bébé. Vous auriez vu le regard désespéré du mécano… Je vous jure ça aurait mérité une photo. Il ne dit rien mais il le pense si fort que je l’entends : “ mais où ils sont encore allés nous chercher cette blonde… Elle va me péter un truc c’est sûr ”. Moi je refuse même d’envisager un quart de seconde que je vais devoir faire 20km sur cet engin parce que sinon je vais vomir et je n’ai qu’une barre de céréales dans le ventre.

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Direction le village du tri maintenant pour quelques achats. Ah ça je sais faire !!! Je suis même championne du monde !!! Il me manque donc des lunettes pour nager et j’opte pour des bien couvrantes. Apparemment le masque et le tuba sont interdits… Pas très rigolo sur le tri je trouve. Il y a un stand seafish que les habitués de cette discipline connaissent bien et je compte m’équiper d’une nouvelle visière blanche pour compléter ma collec commencée avec la noire pour aller avec mes Oakley de la même couleur. Ouah trop beau le sweat assorti, et puis un comme ça j’en ai pas en plus. Je papote en anglais avec le responsable du stand de la marque et il me demande si je fais le tri le lendemain. Ça vous donne une idée de mon côté pro, même quand j’achète du matos on ne croit pas que je participe !!! Je lui réponds que oui mais c’est mon premier, que moi c’est plutôt la course à pied et l’ultra mais que je connais la marque à cause de la visière que je me suis offerte parce qu’elle m’avait plu et qu’il se trouve que j’ai un tatouage qui rappelle le dessin (enfin je ne lui ai pas parlé de mon tatouage !!!). Je lui dis que cette visière me porte bonheur ou au moins je me plais à le penser. Il me dit que lui aussi fait de la course à pied et que d’ailleurs il a fait le marathon des Sables cette année. Il me dit amusé qu’il a d’ailleurs vu les photos d’une fille qui portait cette visière avec un papillon accroché dessus et je lui dis que la fille en question ben c’est moi ! C’est un signe ça non ? Enfin c’est surtout le signe que le monde est très petit, un peu comme quand je suis tombée à Orly la veille sur mon copain Pascal partant pour une autre destination plus équestre, et qui tentait depuis plusieurs mois de me convaincre que je devais tenter un tri pour découvrir son monde. Hasard ou coïncidence, je ne sais pas mais il faut parfois se laisser porter par le destin.

Punaise j’en suis à 3 pages et je n’ai toujours pas pris le départ ! Je vais passer rapidement sur le déjeuner superbe avec vue sur la ville, sur le moment où faisant une petite balade dans la ville je me suis retrouvée enfermée chez Zara pendant 30 min parce que le magasin était attaqué par des manifestants qui avaient envahi la ville. Oui je sais le monde s’indigne mais moi je voulais juste m’acheter un foulard impression python parce que dans Elle ils ont dit que c’était à la mode. Dîner pas gras du tout dans une vraie cantine catalane, dites c’est bien plein d’antioxydant l’ail ??? Et les croquettes c’est du glycogène non ? Et les calamars à la romaine aussi dites ? Et je termine par un mystère pour les calories négatives et pour que l’esprit des Convert soit avec moi. Si je pouvais, je me saoulerais bien à la sangria mais je tiens si peu l’alcool que ce ne serait pas du tout raisonnable pour le coup.

A ma grande surprise je dors plutôt bien, il faut dire que la cuisine espagnole entraîne facilement la sieste. Mes affaires sont plus ou moins prêtes à mes côtés et de toute façon le départ est à 12h10 ce qui me laisse largement le temps de me préparer puisque notre bus est prévu à 10h. Petit déjeuner classique et en route vers l’aventure. Nous allons avoir un peu de mal à retrouver le camion où sont rangés nos vélos et tout cela n’arrange pas mes affaires. J’ai attaqué consciencieusement les petites peaux autour de mes ongles ayant renoncé à 14 ans à les ronger. Ça se lit sur mon visage je pense parce que Matthieu ne cesse de me répéter “ t’inquiète tout va bien se passer ”. Arrivée au camion je demande au mécano qu’il enlève de toute urgence les cales pieds. Je ne peux pas partir avec ça, je vais me tuer. Il réagit au quart de tour, conscient je pense que s’il veut le revoir avec 2 roues son bébé il faut qu’il m’aide sur ce coup-là. Direction maintenant la zone de transition où je vais installer mes petites affaires. On trouve notre allée au milieu des centaines de vélos déjà installés. C’est impressionnant, ça y est, j’y suis, plus moyen de faire machine arrière. Comme dieu merci le hasard m’a donné le dossard qui suit celui de Matthieu, nous nous installons l’un à côté de l’autre et je fais tout comme lui !!! Le casque sur le guidon, les lunettes prêtes, la serviette pour éponger les pieds, le porte dossard sur le guidon. Punaise on dirait une pro !!! Je colle mes autocollants partout et à mon grand regret je vais comprendre que je n’aurais pas le droit à mon numéro écrit sur le bras… mais à un beau sticker sur mon bonnet jaune. Euh sinon je peux vomir un peu ??? Si je pouvais avoir l’esprit de Twister sur mon épaule ça m’arrangerait là tout de suite maintenant.

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Direction la mer pour le départ et là il faut le reconnaître Poséidon n’est pas mon ami. Il n’a rien écouté de mes supplications, l’eau bouge toujours. Certes moins qu’hier mais je suis loin, très loin de mes souvenirs de mer d’huile à Maresme pour l’Ironman. Ce sera en plus un départ en vague de 500 coureurs environ, la lessiveuse quoi. J’ai renoncé à la combi néoprène parce que l’eau est à 24 et que je ne suis pas assez à l’aise avec ce truc là. Peut être qu’avec le crawl ça passe bien mais moi j’ai l’impression d’être enfermée dans quelque chose qui m’étouffe. J’écoute aussi les conseils de mon coach d’un jour : au fond à droite ! Je sais que si quelqu’un, même involontairement, me met la tête sous l’eau, je risque la crise de panique et c’est foutu. De toute façon je sais que la natation sera mon point faible alors autant limiter la casse. Le coup de fusil retentit, tout le monde court se jeter à l’eau sauf moi ! J’y vais mollo, je rentre tranquille, je ne vais pas me faire une hydrocution quand même non ? Et c’est parti pour 750m au milieu des vagues, surtout ne pas penser, surtout ne pas paniquer, tu y vas doucement mais sûrement ma grande. Alors que je croyais que les 2 bouées jaunes au loin servaient à nous créer un chenal il n’en est rien, il faut contourner la 2ème, tourner à gauche direction l’autre bouée, retourner à gauche et direction la plage. Inutile de vous préciser que toute l’équipe de sécurité n’est pas très loin de moi !!! Mais j’avance, régulièrement comme à la piscine, pas vite mais sûrement. En fait, je vais même me surprendre à commencer à doubler des gens, bon pas 40 non plus mais je vois certains qui sont probablement partis trop vite. Je vise la plage, j’essaye de tenir la tête hors de l’eau et de ne pas paniquer alors que je bois un peu d’eau de mer. Après tout c’est un ravitaillement comme un autre : de l’eau, des pastilles de sel, on se croirait au marathon des Sables ! J’arrive enfin à la plage où le public est là à nous encourager. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas une sirène d’Alerte à Malibu qui sort de l’eau puisqu’une vague me pousse et je m’échoue comme une méduse sur le sable. Contente d’être en Espagne et de ne connaître personne moi tiens… Je me relève et je fonce. La transition est plus longue que prévue parce que la mer agitée a changé le programme, ils ont décalé le départ à la plage d’à côté. Mais courir ça je sais ! Je passe la seconde et je me permets même de doubler encore des participants. Je m’attendais tellement à sortir bonne dernière de l’eau que mon moral remonte un peu je l’avoue. Avantage d’être entourée de mobylettes c’est que lorsque vous rentrez dans le parc à vélos, ben y a plus que le vôtre de vélo  justement ! Et comme j’ai mon sac de sport mauve bien visible, je ne risque pas de le rater. Pour toutes celles et ceux qui ont fait du tri un jour, ils ont compris qu’en n’ayant pas de néoprène à enlever ça va forcément aller beaucoup plus vite question transition. Je saute dans mes chaussures, je mets mon casque, ma ceinture porte dossard et zou je file. Mon vélo est d’une telle légèreté que je me demande s’il ne va pas casser sous mon poids. J’avale un gel en vitesse histoire de jeter l’emballage dans une poubelle, je sors et je monte sur mon vélo. Eh ben mes enfants c’est pas gagné cette histoire. Clairement je ne suis pas à l’aise sur ce type de véhicule mais voilà je n’ai pas le choix. Je pense très fort à toutes mes copines et copains tri qui se damneraient pour prendre ma place et je les comprends. Même à mon piètre niveau j’ai bien conscience que j’ai une Ferrari entre les mains et les jambes et que croyez-vous que je vais faire ? Ben la conduire en 3ème tiens !!! Je tente un changement de vitesse moyennement concluant mais surtout je découvre un gros souci et ne rigolez pas ce n’est pas drôle !!! J’ai donc pris un gel juste avant de partir sur mon fier destrier mais je n’ai pas bu puisque j’ai une jolie gourde sur mon vélo. Je comptais utiliser le premier km pour boire la quantité nécessaire à la bonne assimilation de ma potion magique. Seulement voilà, vous croyez toujours que mon histoire de jambes trop longues par rapport à mes bras relève du fantasme de la pauv fille qui se rêve Adriana Karembeu, n’empêche que là je n’ai pas le bras assez long pour attraper ma gourde sans me casser la figure ! Et flûte alors… Je suis partie pour 20km sans une goutte d’eau. Heureusement que la mer m’a réhydraté un peu mais j’aurais aimé reboire un peu quand même. Je continue mon petit bonhomme de chemin, bien rangée à droite comme me l’a conseillé Matthieu (jamais autant obéi à un homme moi !). Dès qu’il y a une ligne droite je tente une accélération et là je me dis à chaque fois : punaise, ils m’ont mis une assistance électrique ! Enfin n’allez pas croire que je joue à Lance Amstrong non plus. A tel point qu’à un moment un gentil coureur (au moins un V4 comme d’hab avec moi) se met à mon niveau pour me faire comprendre que ce bruit de crécelle que fait mon vélo n’est pas normal et qu’il faut repasser une vitesse. Ok c’est bon je fais ce que je peux ok ! Je lui explique avec mon espagnol pitoyable ce que je fais là et je me retrouve avec un ange gardien qui va me surveiller du coin de l’œil une partie du parcours. Nous avons 2 boucles de 10km à faire avec des virages en épingle à cheveux à prendre. Vous m’auriez vu… Les bénévoles étaient consternés de me voir sur un tel vélo à une vitesse pareille tentant de ne pas tomber. Mais dès que j’en suis sortie, je repars de plus belle. A aucun moment je ne regarde mon chrono, parce que de toute façon si je lâche une main le guidon j’ai le sentiment que je vais tomber. 2ème boucle et mes ennuis commencent. La 2ème vague arrive et les plus enragés avec. Alors que j’étais plutôt tranquille, je dois jouer maintenant avec le monde mais moi j’ai peur du monde ! On se croirait place de l’Etoile… Mes craintes se retrouvent justifiées parce qu’un crétin vient frôler ma roue manquant de me faire tomber alors que j’étais tranquille dans mon coin. Ok, c’est bon, là je la joue prudence. Je me fous à droite toute et je n’en bougerai plus. Je peux savoir pourquoi il n’y a pas de rétro sur ces bidules ? A ce prix là ça pourrait être prévu non, comme les clignotants… D’ailleurs je mets le mien à droite pour enfin amorcer ma partie, la course à pied. Je n’en reviens toujours pas, je suis toujours en vie !!!

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Je pose mon vélo, mon casque, je chope au vol ma visière et c’est parti. Oh punaise, il y a un élastique qui me tire derrière c’est ça ??? J’ai attrapé mes bonbons gel que j’adore et j’ai bien l’intention de les avaler pendant le 1er km sauf que j’ai encore oublié de boire. C’est bien gentil de vouloir jouer les mobylettes mais j’en oublie l’essentiel là. Je prie pour qu’il y ait un ravito intermédiaire parce que sinon je suis morte. Il commence à faire chaud, j’ouvre ma combi pour me donner un genre de fille qui assure et c’est parti. Tout de suite je vais comprendre un truc : le triathlète est rarement un coureur. Ah mais moi courir je connais !!! J’ai avalé mes bonbons en vitesse sans m’étouffer et j’accélère. En fait j’ai juste pris une fraction de seconde pour regarder mon chrono et l’heure que j’y ai lu n’est pas du tout celle que je pensais voir. Mais mince alors, je vais être largement en dessous de 2h, le temps que je pensais mettre. Oh mais ça change tout cette histoire. L’esprit de compet se réveille et j’accélère encore. Je passe mon temps à doubler les gens, ce qui j’avoue me change et me donne la pèche. Alléluia ravito en vue !!! Je chope un gobelet au vol, je ralentis 2 sec pour boire et c’est reparti. Je sais que très vite je vais revenir sur une belle ligne droite. Je suis bien, je refuse de regarder mon chrono, je donne ce que j’ai point barre. Je tente même de lever les genoux histoire de me donner l’impression d’être une coureuse. Au moment où je double un coureur, sûrement un V2, si ce n’est un jeune V3, j’entends qu’il s’appelle Carlos, son fan club est là qui l’encourage. Il ne se passe pas 1 min et voilà Carlos qui ressurgit pour me doubler. Oh eh ça va aller comme ça maintenant. Moi je commence à saturer d’être toujours dépassée par des V3… ça finit par être vexant cette histoire. Je veux bien que ce soit dans les vieux pots qu’on fasse les meilleures soupes mais là raz le bol. L’arrivée est en vue et je passe la 3ème. Non mais tu vas voir Carlito de quel bois je me chauffe. Sans parler du fait que j’aperçois le chrono final au bout du tapis qui égrène ses secondes et je comprends que je peux être sous les 1h35 officielles si je me bouge. Comment je vais te le souffler le Carlos !!! Il ne va rien comprendre !!! Le public lui a compris et j’ai le droit à des encouragements. Je passe la ligne totalement euphorique : je l’ai fait, j’ai fini mon premier sprint !!!! J’aurais bien sauté dans les bras du mec qui me remettait la médaille mais bon je craignais que le mélange de sueur, d’eau de mer et autre dégoulinade de gels ne soit pas très agréable. A boire !!! Je me précipite pour boire, il y a une canette je la chope et je découvrirais un peu tard qu’il s’agit de bière sans alcool au citron. Cherchez pas c’est espagnol. Je ne sais pas combien de litres j’ai pu boire ensuite mais ma gestion de l’eau a juste été catastrophique. A revoir si l’envie de replonger dans le monde du tri me reprend.

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Vite le vélo qu’il faut rendre aux mécanos pour ensuite foncer prendre une douche bien méritée et attraper le bus pour le déjeuner prévu sur le port. Vous auriez vu la tête des mecs  quand ils m’ont vu arriver avec mon vélo même pas cassé !!! Ils étaient aussi heureux que moi avec ma médaille, je peux vous dire. Matthieu est encore aux douches et c’est triomphante que j’arrive pour remercier mon coach. Heureusement qu’il était là lui…

Voilà c’est fait, j’ai été un numéro et je n’ai jamais été aussi fière. Je saute partout, on dirait une gamine ! D’ailleurs je vais garder ma médaille autour du cou un sacré moment. Et comme il parait que j’ai au final fait 1h24, ce qui est un temps plutôt correct je suis réellement la plus heureuse des sportives aujourd’hui, enfin des sportifs puisqu’ils m’ont rangé chez les hommes pour le moment !

mdaille

Conclusion de cette aventure : franchement j’avais des doutes sur tout ça. Vous l’aurez compris, entre la natation et le vélo j’étais vraiment en terre inconnue et j’ai dû lutter contre pas mal de mes névroses pour en venir à bout. J’ai bien ressenti le côté ludique de ce type d’épreuve et ça c’était trop cool ! Maintenant j’ai bien conscience que j’ai eu de la chance : une météo suffisamment chaude pour ne pas avoir recours au néoprène et ne pas perdre 10 min à enlever ma combi ; un vélo qui même pour mon piètre niveau m’a permis de ressentir des sensations inouïes, je n’ose imaginer ce qu’en aurait fait les copines tri de CAF avec ce petit bijou… Pour la course à pied c’est la première fois en fait de ma vie que je me suis lancée sur un 5km. Le fait d’avoir repérer le parcours en le longeant en vélo était un avantage, parfaitement roulant, on aurait dit une piste… Savoir que j’étais au bout m’a aussi permis de me lâcher et de donner ce que je pouvais donner. Je me suis éclatée et je crois que lorsque j’aurais récupéré les photos prises à l’occasion vous le comprendrez. Maintenant j’ai aussi compris une chose : l’ironman ce n’est pas pour moi !!! Le format sprint est cool je trouve pour débuter parce qu’il est à la fois consistant mais pas inaccessible. Je pense qu’un super sprint est peut être un peu trop rapide pour moi. En tout cas si je renouvèle l’expérience un jour ce sera sur ce format ou au maximum sur le DO. Au-delà ça demande une prépa, une vraie que je ne suis pas sûre d’être prête à encaisser. Mais bon avec moi il faut se méfier !

Remerciements : Bien sûr tout cela n’aurait pas été possible sans Garmin. Ils ont été formidables tous du début à la fin du we, du grand patron aux mécanos, mes sauveurs. Merci à eux d’avoir osé me confier une bécane pareille même si c’était non pas donner du lard à du cochon mais carrément du caviar beluga.

Merci à Sean et à www.vancourtimports.com pour m’avoir aidé dans le choix de la tenue et d’avoir répondu à mes questions toutes aussi stupides les unes que les autres ! Je trouve que j’avais presque l’air d’une pro en woman in black and Zoot !

Merci à Matthieu, professeur d’un jour pour sa patience et pour sa dose de zénitude bien nécessaire c’est moi qui vous le dis !

   

Trail des Aiguilles Rouges : pour le plaisir !

Trail des Aiguilles Rouges : pour le plaisir !!!

Comme dans la célèbre chanson d’Herbert Léonard, cette course dont je n’avais pas parlé ou alors seulement à quelques personnes de mon entourage proche avait pour but de me réconcilier avec Chamonix et la course de montagne. Mes 2 dernières courses (hormis La Parisienne !) s’étaient soldées par un échec : la 6000D que j’aurais peut être pu finir si j’avais eu connaissance du changement de la dernière barrière horaire (et encore…) et l’UTMB… Ah l’UTMB… j’ai bien cru que je ne serais plus capable de remettre les pieds à Chamonix sur cette petite place devant l’église. Ce rendez-vous raté était vraiment difficile à digérer… Mais voilà, pour une fois la fille pas du tout excessive que je suis a décidé de donner une nouvelle chance au produit !

Un_commentaires

Un commentaire ou tout le monde a compris ???

Dès l’été, tous les coureurs ou presque que je croisais me disaient : « Tu viens au trail des Aiguilles Rouges ? ». Ben non je ne connais pas… « Quoi ? Tu ne connais pas ? Mais c’est le trail qu’il faut avoir fait une fois dans sa vie ». Et de me sortir la liste des arguments en faveur de cette balade montagnarde : orga top, parcours chaque année renouvelé, du beau, du bon trail bien technique comme on les aime. Alors comme d’habitude je range ça dans un coin de ma tête pour plus tard. Et le plus tard s’échoue lamentablement à Arnuva… Dans un moment de désespoir où j’oscille entre le jet de chaussures de trail du 3ème étage ou l’autodafé de sacs à dos, je retourne sur le site et je lis : « Il reste seulement 20 dossards ». Comment ça il ne reste que 20 dossards ? Mais moi j’en veux un d’abord… La femme qui sommeille en moi se réveille, se jette sur sa CB et attrape au vol une inscription comme elle a attrapé au vol le dernier manteau siglé Lagerfeld pour H&M sur un portant en 42 alors qu’elle fait du 38.

Voilà comment je me retrouve encore sur la route de Chamonix… que je me retrouve encore au MacDo vendredi après-midi… et encore à la pizzeria qui est devenue ma cantine… A ce rythme, le serveur ne va même plus m’amener la carte et m’amener ma régina et mon coca light direct !

Evidemment question préparation je n’ai rien fait depuis fin août. J’ai repris l’entraînement pour une prépa marathon en pestant contre la terre entière et surtout après le mec qui a inventé le fractionné. Mais bon on va se contenter des acquis dirons-nous. En fait j’ai une idée derrière la tête : je veux faire sauter les verrous concernant les barrières horaires. Je ne sais pas pourquoi mais ça me tétanise cette histoire. Je n’aime pas être en retard, je suis plutôt du genre être 15 min en avance à un rendez-vous et à me retrouver dans le café le plus proche à m’envoyer un petit expresso au comptoir avec les ouvriers du coin. Mais pour la course à pied ça peut finalement poser problème. Quand sur un marathon je dois passer au semi en 1h45 par exemple, je serais plutôt du style à tout faire pour y être en 1h40… Du coup ça part en vrille et le negative split pour moi reste une notion totalement étrangère. Sur ultra ou trail c’est pareil. Il suffit que j’arrive limite à un CP  pour qu’immédiatement je me bloque et que les idées noires arrivent. Il suffira d’un grain de sable ensuite pour me faire rendre mon dossard. Alors que c’est stupide je le sais, surtout que si l’on y regarde de plus près, très souvent les barrières s’assouplissent au fur et à mesure. Je sais en plus depuis le Paris-Mantes que je suis tout à fait être capable d’accélérer après 30km de course « cool » dirons-nous.

Tout ça pour dire que le samedi après-midi j’étais sur la fameuse petite place en train de retirer mon dossard, mon superbe T-shirt taillé pour les filles et, comble de joie, assorti à la jupe que j’ai prévu de mettre le lendemain (c’est encore suffisamment rare pour que l’on signale cette gentille attention !). Je m’arrête pour une fois un peu sérieusement sur le profil de la course, oui à moi aussi ça a fait tout drôle et je note mentalement les barrières. Normalement c’est jouable mais ça reste de la montagne et tout le monde sait que ce n’est pas mon terrain de prédilection. Et surtout, apothéose, la météo s’annonce bonne. Tellement bonne d’ailleurs que je vais même aller m’acheter une visière, ayant oublié de prendre la mienne. Et comme je suis super-raisonnable pour une fois, je vais même manger des pâtes le soir ! Je m’épate des fois, je deviendrais presque sérieuse…

Evidemment c’est quand le réveil va sonner à 3h15 du mat que je vais me maudire. C’est un zombi pas très net qui se dirigera vers la douche, maudissant le type qui a inventé le néon. Tiens lui aussi je vais lui dévisser la mâchoire à coup de sèche-cheveux si je le croise un jour. Il devait détester les femmes j’en suis sûre. Dans un de mes précédents CR je racontais en rigolant qu’un jour viendrait où je prendrais mon petit déjeuner sur la ligne de départ, eh bien ce jour est arrivé ! Comme l’organisation propose boissons chaudes et autres réjouissances, je vais en profiter. Un pain aux raisins c’est top non, pour une course de 50km et plus si affinités ? Je ne suis pas toute seule bien entendu et comme souvent maintenant je retrouve des visages connus. Il y a avant tout Fred avec qui je me suis entraînée un peu cet été. C’est son premier trail de montagne et il est chaud bouillant !!! Affûté comme jamais, prêt à en découdre, légèrement stressé mais un mental de gagnant acquis au fil de ses marathons courus à une vitesse qui reste toujours du domaine de l’abstrait pour moi. Son copain Fabien est là aussi qui a lui déjà goûté au trail avant mais sans plus. Il y a Stéphane qui vient de vivre une sacrée expérience sur le Tor des Géants pour assurer à l’entrée du sas de départ la lecture des dossards et pour baliser une partie de la course, ce qui a un côté rassurant pour moi. Un balisage fait par de vrais coureurs c’est souvent signe de sécurité. Et il y a l’autre Stéphane (j’aime bien, mes copains portent presque le même prénom, ce qui est super-pratique quand je suis fatiguée sur course, peu de chances de me tromper !). Lui, vous le connaissez sans le connaître puisque c’est l’inconnu de Courmayeur (relire CR de l’UTMB pour comprendre) qui ne l’est pas resté longtemps, inconnu (merci Mark d’avoir inventé FB !). C’est en consultant la liste des inscrits que j’ai vu son nom. C’était marrant de se voir tout propres en fait. Il n’est pas plus réveillé que moi puisqu’il a fait dans le grand n’importe quoi : arrivé sur Cham à 1h du mat, dormi 1h30 tant bien que mal dans sa voiture et roule ma poule, il est venu chercher son dossard. Un gentil fou furieux ! On était fait pour se rencontrer, pas de doute là-dessus. Il me demande s’il peut se mettre dans ma roue pour le départ, ce que j’accepte cela va s’en dire. Je laisse Fred et Fabien partir, je sais déjà que je n’ai pas le niveau pour les accrocher. Ce ne serait pas du tout raisonnable pour moi et le crash en flammes, ça va suffire 2 secondes !

et_l_tu_cours_Pierre

Et là Pierre tu cours ???

Mais du coup on part tellement tranquillement qu’on se retrouve très vite en fin de peloton… ben qu’est-ce qu’ils ont tous là ? Même Stéphane qui pourtant a un peu plus de bouteille que moi sur ce type de course se demande quelle mouche les a piqués. Je pars d’un principe simple et tout de même souvent vérifié : je vais tous les ramasser à la petite cuillère ! Bon O.K. pas tous mais plusieurs, c’est sûr ! Les premiers km sont un peu en terrain connu puisque je monte à la Flégère même si très vite je perds mes petits repères. De toute façon il fait nuit, on avance à la frontale et du coup on en profite pour faire un peu plus connaissance. Il me parle de sa femme qui mériterait le titre de Pétroleuse d’honneur si vous voulez mon avis ! Un vrai petit jack russel, Nathalie !!! Km après km nous avançons vers le premier CP. Ça se passe plutôt bien même si nous sommes souvent ralentis par le flot des coureurs. Ce n’est encore que le début du parcours et ce sont les aléas du métier en quelque sorte. Alors que nous arrivons au premier CP je ne pense qu’à une chose comme d’habitude : trouver des toilettes. Bon O.K.  j’ai compris, ce sera derrière le chasse-neige alors… Je bois le seul verre de Coca que j’aurais de toute la course mais ça m’apprendra à arriver dans les dernières aussi et c’est reparti. Nous sommes bien question timing, pas de quoi pavoiser mais nous devons avoir 20 minutes de marge. Je reste zen, j’ai décidé de rester zen quoiqu’il arrive ! En route vers le prochain CP, le refuge de Moête Anterne en passant par un sacré morceau : le col de Salenton, 2526 m d’altitude. Alors là clairement je vais en baver… Et je ne remercierais jamais assez Stéphane pour sa présence à mes côtés dans ces moments-là. Il a été d’une patience dingue et m’a assurée autant que rassurée d’ailleurs. Quand il constate que je ne suis pas du tout à l’aise dans ce qui tient plus de l’escalade que de la course, il me dit : « Mets-toi dans mes pas » et il ouvre la route. Il fait de l’escalade et ça se sent. Enfin ce foutu col est derrière nous et nous amorçons la descente. Je sais que le plus gros morceau est derrière moi même s’il reste 2 autres cols à franchir. C’est là que nos routes vont se séparer. Je sens bien que mon accompagnateur trépigne derrière moi, il est un bon descendeur, ce qui n’est pas mon cas. Comme je ne suis pas non plus une bonne grimpeuse, on se demande vraiment ce que je fous sur une course de montagne mais ça c’est un autre problème ! Il me demande s’il peut me laisser, je lui réponds qu’évidemment il peut voyons. Il me fait promettre de finir la course coûte que coûte et de lui envoyer un SMS quand je passerai la ligne. Il part ensuite et comme le « bip bip » du dessin animé je le vois disparaître à la vitesse de la lumière laissant juste derrière lui une traînée de poussière. Je suis seule et je le serai jusqu’à la fin de ma course. J’arrive enfin au ravitaillement et je me pose un peu. Il n’y a plus de Coca à mon grand désespoir mais pas grave, la bénévole me propose de me faire une gourde avec du citron frais dedans. Je fais ma Kécily !!! Si ce n’est pas un signe ça… Bon je fais ma Barbie très vite parce que je vais ravitailler aux Kit Kat Ball… Faut pas pousser non plus ! 2 poignées de raisins secs pour faire passer tout ça et je me change. C’est bien la première fois que je le fais sur une course aussi courte mais j’ai décidé de prendre soin de moi pour une fois. Je sais que c’est un de mes principaux défauts, cette manie de toujours foncer sans prendre un peu de temps. Je finis par le payer plus tard alors maintenant ça suffit. Je change de T-shirt et pour tout vous dire même si certains vont croire que j’invente ou que je fais exprès de raconter ça, je vire ma brassière qui commence à me déchirer le dos. C’est celle qui m’accompagne sur tous mes ultras depuis des mois, je n’ai jamais eu de problème avec, j’étais même ravie d’avoir enfin trouvé un produit qui me convienne et paf là aujourd’hui ça ne passe pas. Je ne cherche pas à comprendre et elle rejoint mon sac à dos rapido le zoo. Quand je vous dis les filles que même testé et approuvé un truc peut vous gâcher une course par surprise, c’est vraiment le parfait exemple. Je prends mon lecteur MP3 pour accompagner ma solitude et c’est reparti.

la_solitude_du_coureur

Euh il y a quelqu'un ???

Il faut maintenant partir à l’assaut du Brévent… Puff qu’est-ce que c’est long… qu’est-ce que c’est haut… 2525 m ils disent, sur le règlement… mais qu’est-ce que c’est beau ! Là en plus comme le peloton s’est vraiment étiré, je suis souvent seule ou avec un coureur à l’horizon. Du coup je m’ennuie alors j’en profite pour répondre au SMS de Babou qui m’annonce son temps sur Millau. Je dormais quand elle a passé la ligne et j’avoue qu’au petit matin je ne suis pas allée sur le site. J’étais tellement sûre qu’elle finirait de toute façon que je n’étais pas plus inquiète que ça.

Comme souvent sur ce type de course, je vais en doubler plusieurs qui me doubleront à leur tour. Arrivée au col du Brévent je comprends que je ne suis pas au bout de mes peines et que le ravito n’est pas là en fait. Un coureur me rassure, il reste 2 km à peine. O.K. c’est bon, je peux boire. Cette dernière ascension m’a sérieusement assoiffée et je vois ma réserve se vider un peu trop dangereusement à mon goût. Enfin il est là ce foutu ravito et franchement rien que pour lui ça valait le coup de se pousser un peu. La vision est totalement surréaliste de ces bénévoles perchés en haut du sommet avec des chaises longues pour accueillir les coureurs. Oh miracle j’en connais un ! Il y a Kilian mon nain préféré qui m’attend et qui m’a réservé une chaise rien que pour moi (lire le CR LyonSaintelyon). Excuse-moi Arthur mais je pense que tu peux comprendre que la balade dans les faubourgs lyonnais au petit matin ça créé des liens ! C’est fou, je le vois sur toutes les courses que je fais en ce moment ! Je m’échoue comme une baleine sur la plage dans ma chaise et à peine mes fesses se sont-elles posées qu’une bénévole se précipite pour me demander ce que je veux boire. C’est d’un luxe ce trail ! Une tasse de thé plus tard, il faut repartir parce que je ne suis pas d’ici. Je suis large maintenant avec les barrières horaires mais il faut quand même que je me bouge, je dois rentrer chez moi le soir même et l’Auvergne, c’est pas à côté !

Kilian

Mon Kilian !

vue_de_ma_chaise_longue

Vue de ma chaise longue...

Dès que j’attaque la descente vertigineuse qui s’annonce (environ 10 km pour les coureurs et 7 pour les organisateurs ! oh je rigole…), je comprends que cela ne va pas être simple. Mon genou droit qui avait déjà donné des signes de désapprobation passe en mode « tu arrêtes ton cirque tout de suite maintenant ». Comme le dit si bien un ami « la douleur est une information ». Certes, mais là j’ai LCI et CNN dans le genou droit… De toute façon il faut que ça passe, point barre. Je débranche mes 2 neurones, exercice très facile pour la blonde que je suis, je plonge totalement dans ma musique et j’avance. Et je double, encore et encore des coureurs qui sont comme moi, fatigués de ce trail très technique tout de même. Stéphane, bénévole au départ est de nouveau là pour le pointage de mon dossard. On échange quelques mots et je repars. Je ne vais rien lâcher jusqu’au bout alors que je me mets à capter France Info dans la cheville droite. En fait je comprends que mon manchon de compression que j’ai baissé est en train de me cisailler la peau mais il est hors de question que je m’arrête pour l’enlever. Là maintenant je finis, point barre à la ligne. Ah oui j’oubliais, je tombe tout le temps !!! J’ai arrêté de compter après 4 fois… J’ai tout fait : sur les fesses et je suis bien contente de ne pas avoir trop maigri pour amortir la chute, sur le côté, sur les genoux avec bobo et bleu comme une gamine dans une cour d’école maternelle… Je refuse à mon cerveau le droit de penser que tomber tous les 500m n’est pas normal !

Soudain le téléphone sonne, c’est Stéphane qui vient aux nouvelles : « alors tu es où ? ». Je descends !!! « Moi je suis à Chamonix »… O.K. no comment… Je me dis juste qu’il a bien fait de me laisser toute seule parce que le pauvre garçon aurait découvert un monde qu’il ne connaissait pas. Mais paradoxalement il est un peu à mes côtés ou plutôt l’esprit de son épouse. Il m’a expliqué qu’elle avait la hargne pendant la course, qu’elle ne se laissait pas doubler par une autre femme et là je ne sais pas ce qui me prend mais ça va devenir mon obsession. Je l’ai vécu sur l’ultra de la 6000D et là il est hors de question que je me fasse doubler à 3km de l’arrivée. C’est totalement crétin comme raisonnement, je dois être à la fin du classement mais voilà c’est comme ça. Je finis par rattraper un coureur avec qui je discute quand même un peu. Bon parce que oui je cours mais je ne tourne pas à 16 à l’heure non plus !!! Il a une casquette de la Saintélyon sur la tête, nous parlons un peu de cette course et je lui raconte mon épopée de l’année dernière. Arthur j’adore voir la mâchoire des coureurs se décrocher quand je leur raconte notre délire hivernal !

Servoz le village d’arrivée est là, on ne lâche rien. Deux jeunes coureurs, ils pourraient être mes fils, nous ont rattrapés mais ils s’installent dans nos pas. Je me retourne pour leur dire « Hé les garçons, je compte sur vous, aucune fille ne passe O.K. ? Vous pouvez utiliser vos bâtons ! ». Ils se marrent et nous continuons. C’est terrible parce que malgré la ligne qui s’approche, je regarde toujours dans le rétroviseur… Ne pas me faire doubler… pas maintenant… La petite église adorable, la terrasse du café avec les coureurs déjà arrivés qui trinquent, enfin j’y suis et je passe la ligne sous les encouragements de Fred qui m’attend avec son copain Jacques et Fabien pas loin, tous les 2 finishers. Je crois que la photo qu’il a prise parle d’elle-même !!!

arrive_aiguilles_rouges

Jean-Michel, un autre nain est là lui aussi mais comme spectateur. Je lui fais remarquer en rigolant qu’il est vraiment un petit joueur, que 8 jours après avoir fini le Tor des Géants il aurait pu venir décrasser avec moi !

J’embrasse tout le monde et je file retrouver ma voiture pour rentrer à la maison mais avant mon escale favorite au MacDo de Sallanches s’impose. Je ne vous dis pas l’allure que j’ai… Je suis encore pleine de boue, pas le temps de prendre une douche. Je passe d’abord aux toilettes pour me laver les pieds, les mains et le visage et je découvre ahurie une ampoule énorme sur mon talon, mon grand point faible. Elle ne m’a pas gênée une seule seconde pendant la course. Mes chevilles présentent des 2 côtés des espèces de boursouflures très douloureuses. Ce n’est pas très joli à voir mais bon c’est comme ça. Mon genou a tenu même si je me doute que je vais faire ma Stella aux petits pois la semaine qui suivra.

Bilan du week-end : je suis heureuse !!! J’ai mal partout, je maudis le fait d’habiter une maison avec plein d’escaliers mais je suis heureuse comme je ne l’ai pas été depuis très longtemps !!! J’en ai fini avec la malédiction des barrières horaires, j’ai appris à les apprivoiser et à ne plus me poser de questions. J’ai fait la paix avec Chamonix et j’en avais besoin. Il faut parfois en passer par là pour pouvoir aller de l’avant. Vous me direz, les Aiguilles Rouges ce n’est pas l’UTMB, je le sais mais il me fallait à tout prix refermer cette porte pour pouvoir en rouvrir une, toute grande et pouvoir foncer sans hésitation et sans crainte, sans peur de tomber parce que je finis toujours par me relever, parce que la douleur fait partie de la vie, les contrariétés aussi et rester paralysée ne sert à rien.

Merci à Stéphane pour sa présence rassurante dans les premiers km et pour sa patience avec l’escargot que je suis. Je lui ai tout fait le pauvre : veux faire pipi... c’est quand qu’on arrive... j’ai un caillou dans ma chaussure...  j’ai chaud... j’ai froid…

Merci à Frédéric de m’avoir parlé de ce trail, c’était top !!! Rendez vous à NY maintenant parce que c’est bien gentil mais là j’ai besoin de bitume !!! Et continue comme ça, le trail te réserve de grandes choses.

Merci à toute l’organisation, à tous les bénévoles pour leurs sourires et leur efficacité, et surtout merci à cette bénévole qui m’a si gentiment apporté mon thé alors que l’idée même de me relever de ma chaise me tétanisait.

 

Marathon du Mont Blanc 2011 : un week end au pays d'Heïdi !

Marathon du Mont blanc 2011

mont_blanc

Histoire de vous convaincre que le marathon du Mont Blanc est une course à part, à faire une fois dans sa vie de coureur. Et il y a aussi le cross et maintenant le km vertical !!!

Rendez vous du 29 juin au 1er juillet pour la fête de la Montagne !

le km vertical

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