Les Courses

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Jusqu’au petit jour, on ira faire la Festa, Festa Trail !

Écrit par Cécile on .

Jusqu’au petit jour, on ira faire la Festa, Festa Trail !

Quand je vous dis que je suis fatiguée… Je pique même mes titres à Patrick Sébastien, c’est dire !

Au départ je n’avais pas prévu de vous parler de mon petit week end au Pic Saint Loup puisque j’y allais pour le travail. Ok comme travail on a vu pire me direz-vous mais voilà c’est comme ça, maintenant, moi mon travail c’est courir ! Excusez par avance ce texte qui part d'ailleurs un peu dans tous les sens puisque j'ai été à la fois spectatrice, actrice, testeuse, journaliste... Moi aussi j'ai eu le sentiment de partir dans tous les sens !

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J’ai découvert le Festa Trail à l’occasion du village trail de l’UTMB. Tout de suite j’ai accroché sur le concept : plusieurs distances allant de la course pour enfants à l’ultra de malades en passant par un trail féminin, tout le monde pouvait y trouver son compte. J’aime bien l’idée qu’on peut aussi passer un week-end en famille autour d’un sport, même si je ne le vis jamais chez moi ! L’organisateur m’avait proposé d’en être et Quecha a achevé de me convaincre en me proposant de profiter de l’occasion pour rencontrer Vincent Delebarre. Dans le genre grand monsieur du trail il se pose là le garçon ! Et moi je considère toujours qu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints ! Et puis Quecha pour moi c’est synonyme de vacances en famille en fait. Je vous raconte un peu ma vie tiens, ça vous changera ! Leur grand magasin est à quelques km de l’endroit où nous passons nos vacances hivernales mais aussi estivales. Pas un séjour qui ne commence par une descente chez eux pour acheter une nouvelle combi de ski, un maillot de bain et j’en passe. Parce que ça grandit vite ces trucs là ! J’ai eu la chance grâce à Floriane, leur attachée de presse, d’aller faire un tour dans les étages, dans les bureaux de conception et j’avoue, c’est passionnant à observer. Il faudra d’ailleurs un jour que je passe un peu de temps avec tous ces techniciens pour comprendre comment on crée une chaussure, un sac…

Enfin bref, tout ça pour dire que lorsque j’ai appris que mes copains Bastien et Damien rencontrés au Verbier l’année dernière feraient partie du voyage j’ai sauté dans le TER pour les rejoindre. Ah le TER… ce train béni où tu as de la place, des grandes fenêtres pour bien voir les gares totalement improbables où tu t’arrêtes tellement peu de temps que la SNCF a inventé un nouveau sport : le jeté de passagers et valises sur quai avant fermeture immédiate des portes… mais surtout des prises partout pour permettre à tous ceux qui comme moi ont des ordis vieillissants de regarder un film débile ou de faire des réussites.

Je vais passer rapidement sur mon voyage qui fut tout sauf rapide malgré 2 TGV au programme. N’allez pas croire que les trains avaient du retard, mais c’est juste qu’en France dès que tu veux aller ailleurs qu’à Paris tout devient un vrai chemin de Compostelle…

Arrivée à Montpellier où je retrouve la petite troupe qui va animer tout mon week-end et départ pour le Domaine de Blancardy qui va nous héberger. C’est perché en haut de la montagne, le réseau SFR ne passe pas, même les SMS tu oublies. Mais il y a de supers points positifs comme une vraie chambre de fille avec une télé super bien placée pour pouvoir la regarder de son bain et même des toilettes !!! Trop cool !!! Si ce n’est que la télé n’est pas vraiment au programme… On attaque bille en tête par une dégustation des vins produits sur la propriété, on enchaine avec le foie gras produit lui aussi sur la propriété et je m’achève avec une tarte au citron tout aussi déstructurée que moi après une journée pareille ! Moi qui ne dors bien que dans mon lit je vais m’écrouler comme une masse pour ne rouvrir l’œil en tapant comme une forcenée sur mon portable pour éteindre ce foutu réveil…

Et oui c’est bien gentil tout ça mais le but du week end n’est pas uniquement de goûter tous les vins de la région genre marathon du Médoc ambiance vins du Languedoc mais bien de courir et de tester la nouvelle collection trail Quecha. Alors je sais, vous allez vous dire que je suis obligée de dire du bien parce que c’est comme ça les journalistes (ou pire les bloggeurs), on les achète à coup de cadeaux mais là que voulez-vous que je vous dise j’adore leurs fringues ! Déjà c’est ma couleur, ma vraie couleur préférée à savoir le turquoise. Le coupe-vent est super mignon avec les petites fronces sur les épaules qu’on dirait du Stella Mac Cartney mais sans prendre un crédit sur 6 mois à la banque pour le payer et la veste pluie est très bien coupée elle aussi. Le corsaire est d’un prime abord très confortable mais il faut voir à l’usage. En tout cas moi j’apprécie qu’il ne soit pas trop taille basse et avec un large élastique qui ne sert pas trop. Pour compléter l’ensemble il y a une paire de chaussures (mais pas turquoise !!! quel dommage quand même) et un sac à dos avec une poche à eau. Et là ça se complique pour moi… Ce n’est pas un mystère, je déteste les poches à eau… Enfin non ce sont elles qui me détestent. Et Japhy peut témoigner de ma patience légendaire à ce sujet d’ailleurs. Mais bon je joue le jeu et je remplis ma poche… Rien que d’écrire ça, ça me file des frissons… Quelle expression quand même !

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En route donc pour un repérage des derniers km de notre course prévue le lendemain. Nous avons 14km prévu dans la montagne avec grimpette en haut du Pic Saint Loup histoire de voir les paysages superbes de la région. Et vu les conditions météo des jours qui vont suivre nous aurons bien de la chance ! En attendant je vais prendre une vraie leçon de trail avec Vincent qui comme tous les grands champions que je connais maintenant est d’une simplicité confondante. Il va surtout me confirmer ce que je sais déjà : courir ça s’apprend… et courir en montagne encore plus ! Il nous donne plusieurs techniques, nous décompose la foulée en descente et j’en passe. Je sais qu’il va vraiment falloir que j’en passe par un vrai stage pour faire de tout ce que les pros peuvent nous apprendre des automatismes. En attendant, à défaut de pouvoir être au niveau question vitesse, je teste le matériel qu’on m’a confié. Les chaussures sont clairement pour moi une bonne surprise. Allons soyons honnête… dans ma tête, Quecha = Décathlon = chaussures bas de gamme… Je peux l’écrire, je leur ai dit en direct ! Mais là clairement j’ai aux pieds une très bonne paire qui se comporte plutôt très bien. Et nous la mettons pourtant à rude épreuve parce que question cailloux on est servi ! Le seul détail qui pourrait me gêner c’est un léger manque de souplesse du côté de la semelle, surtout exacerbé parce que je cours de plus en plus en « minimaliste » ou presque et j’ai perdu l’habitude des chaussures un peu rigides. Question laçage j’ai pour le moment le même que celui des salomon mais elles sont vendues avec des lacets classiques et on peut changer sans problème. Je sais que je vais m’orienter vers ces derniers parce que je préfère. Apparemment je suis bien la seule d’ailleurs ! En attendant on profite des paysages, on papote, on court, un off comme je les aime en fait. Direction St Mathieu de Tréviers pour aller chercher nos dossards.

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Là bas au fond on voit le Mont Blanc (mais non je rigole !!!)

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Retour à l’hôtel pour une douche et zou en route pour une nouvelle dégustation… Je sais qu’on peut cracher, le monsieur nous l’a dit mais je suis mariée depuis 15 ans à un Auvergnat moi et il m’a appris une chose : « faut pas gâcher » ! Enfin à ce rythme je vais me mettre en boule et rouler jusqu’en bas de la montagne le jour de la course ! Après une pasta party sur le fil, ils ont dû nous refaire cuire des pâtes rien que pour nous, on rentre enfin se coucher. Qui a dit que c’était de tout repos les voyages presse !

Les choses sérieuses commencent !

C’est bien gentil tout ça mais on est aussi venu pour courir nous ! Au programme pour moi 2 courses le samedi : la féminine baptisée la Cécélienne (12km) et non la Cécilienne (mais je ne désespère pas de faire changer le nom en mon honneur !) et le tour du Pic saint Loup de nuit (17km officiellement, 19 officieusement…). En attendant le départ de la première prévue à 16h, nous allons faire pom pom girls sur le parcours de l’ultra Drail, 120km de joyeuse rigolade avec 6000m en D+ parce que lorsqu’on aime on ne compte pas ! Nous avons prévu de faire un premier arrêt à Pégairolles de Buèges, petit village au nom imprononçable mais à la beauté indescriptible.

village

Après quelques pérégrinations dues à un GPS farceur qui a décidé de nous faire faire un tour dans les rues les plus étroites de France ce qui n’est pas une bonne idée lorsqu’on est au volant d’un minibus nous ratons le premier mais nous allons pouvoir profiter du passage des 15 suivants et très vite je constate un truc : ils ont tous l’air épuisé… Je sais ça va paraître très prétentieux de ma part mais je commence à avoir un peu d’expérience sur ces distances un peu extrêmes et je me demande ce qu’il y a avant sur le parcours pour que des coureurs qui sont dans les premiers prennent autant de temps pour souffler… ça doit vraiment être quelque chose cette course… ça n’empêche pas un surfeur de faire son apparition, un coureur au look totalement décalé avec bermuda à fleurs, sac RL qui a fait les 2 guerres et queue de cheval plus longue que la mienne. Il y a aussi le Kilian de la course, un gamin qui ferait mieux d’aller au lycée plutôt que de courir comme ça un ultra le samedi ! Ils ravitaillent, nous nous contentons de les encourager sans trop les envahir, la route est encore très longue pour eux. Arrivent enfin la troisième femme Aline Peyron alias Pam que je vous ai présentée dans RPE et qui était au MDS avec moi. Elle est souriante, elle a l’air d’avoir la pêche, tant mieux, j’espère qu’elle gardera sa troisième place sur le podium jusqu’au bout. Dès qu’elle est passée nous filons au pied du Roc Blanc pour pique-niquer et profiter de nouveau et des paysages et du passage de ces coureurs de l’extrême. Les pauvres ils vont avoir le droit à tout ! La hola, des phrases du style « bon sens mais tu vas retourner à l’école, l’ultra c’est pas pour les enfants » « mais madame j’ai 23 ans et je travaille depuis longtemps », « la mer elle est par là, juste en face » à notre surfeur préféré, bref nous tentons de leur arracher un sourire et d’égayer un peu leur parcours.

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Le surfeur !

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Mon bébé !

Ce n’est pas tout ça mais nous ne sommes pas d’ici et je dois aller courir ma première course de la journée. Nous nous rapatrions tous vers notre minibus au moment où arrive la runnosphère. Ce petit groupe de joyeux drilles coureurs blogueurs donc vous connaissez les exploits cinématographiques du célèbre Greg que je vous mets régulièrement le lien vers ses vidéos en fait partie. Je suis ravie de mettre enfin un visage sur des « amis » virtuels. C’est bien gentil Facebook mais ça ne remplace pas le vrai contact ! Alors que nous allons partir nous voyons débouler ma copine Pam qui est toujours 3ème féminine. Elle est suivie de 2 coureurs et semble en forme. Tellement en forme qu’en nous voyant nous avons même le droit à une petite cabriole. Seulement, alors que nous l’encourageons à pleins poumons elle prend à gauche toute sur la route alors qu’elle doit normalement attaquer la montagne juste devant elle. Pendant quelques secondes je me dis qu’elle veut se planquer pour satisfaire un besoin pressant mais il faut vite se rendre à l’évidence, elle est en train de partir dans la mauvaise direction et elle a clairement la musique à fond dans les écouteurs puisqu’elle ne réagit pas à nos cris. En quelques secondes nous lançons l’opération « il faut sauver le Soldat Pam » et nous sautons tous dans le camion. Merci à tous d’ailleurs d’avoir joué le jeu. C’est l’équipe au grand complet qui rattrape la fugueuse et la remet sur le droit chemin.

Pour refermer le dossier ultra, sachez qu’elle a conservé sa place jusqu’à l’arrivée. Pas de doute c’est une sacrée nana !

Pendant qu’elle attaque la seconde moitié de son ultra, je rentre sur St Mathieu pour prendre le départ d’un 12km… Pour une fois nous avons donc une féminine qui ne se court pas en rose et qui dépasse les 10km au compteur. C’est tout de même assez rare pour être signalé ! Pour fêter ça, j’ai décidé de sortir pour la première fois mon tee-shirt finisher du marathon des sables d’un charmant jaune poussin. Bon ok en vrai c’est surtout parce qu’il ne me restait qu’une paire de manchons propres, mes skins noirs avec les coutures jaunes… je voulais un tee-shirt assorti… C’est nul… Mais avantage de ma tenue Maya l’abeille, je vais être facilement repérable ! A la base, j’avais en tête de le courir tranquille, histoire de voir à quoi ressemblait le parcours, rien de plus. Mais voilà j’avais un public (toute la runnosphère arrivée sur zone eux aussi) et au fur et à mesure que les km défilaient, l’esprit de compétition renaissait de ses cendres, enfin plutôt sortait de son tas de sable. J’apprends aux ¾ de la course que je suis 39ème sur une centaine de participantes et je sais que j’en ai encore sous la semelle. C’est un vrai petit trail, beaucoup plus technique que je m’y attendais mais je m’accroche. Et en plus on m’a promis des churros à l’arrivée si je suis sage ! Petit à petit j’accélère, je double des filles qui se prennent au jeu et me redoublent. Nous allons ainsi jouer au yoyo avec plusieurs mais je ne lâche rien, croyez-moi. Je sais très bien que je ne me bagarre pas pour une place sur le podium, je me bagarre juste pour le plaisir de courir vraiment, sans l’entrave du sac à dos qui vous déchire les épaules. Le village est là, je reconnais l’endroit repéré la veille Je peux tout donner, plus la peine de regarder ses pieds puisque j’ai enfin du bitume dessous. Je passe la seconde et redouble une fille à 300m de l’arrivée. La ligne est là devant moi et je fonce telle une abeille qui a repéré une belle grosse pâquerette ! Je passe la ligne sous les acclamations de mon nouveau fan club en délire et j’en profite pour les remercier de nouveau. Pendant quelques secondes, grâce à eux tous j’ai été Paula ! Que du bonheur ! Il parait que j’ai fini 31°, et je suis plutôt contente de moi.

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Ce n’est pas tout ça mais il faut se changer, manger des churros, papoter avec une cafeuse en goguette, embrasser Pink runner que je n’avais pas vu depuis des lustres, faire une petite sieste pour retrouver mes esprits et commencer à paniquer sévère… Ce n’est pas le fait de courir 17km à la frontale qui me posait un problème. Sans vouloir faire ma pétasse, vous savez toutes et tous que courir 29km en une journée n’était pas vraiment un souci. C’est plus les conditions météo qui se dégradent qui m’inquiètent. Je sais à quoi ressemble le parcours et autant à sec c’est super sympa, autant mouillé j’ai comme un doute… Le ciel est menaçant et je commence à me poser de sérieuses questions. Je suis là pour écrire un article, pas pour me faire une cheville comme une idiote à 15 jours de la Chine. J’en parle à Floriane qui bien entendu me conforte dans l’idée que je fais comme je le sens. Il faut dire que l’arrivée du favori de l’ultra marchant avec des béquilles suite à une chute et une belle entorse le matin même n’est pas faite pour me calmer. Je suis vraiment hésitante et je n’arrive pas à prendre une décision. Les minutes s’écoulent plus rapidement que je ne le souhaiterais et l’heure est là, il faut y aller. On nous annonce 2h tranquille avant l’arrivée probable de la pluie. Je ne sais pas ce qui me prend mais finalement je me dirige sur la ligne de départ. Mes mobylettes préférées à savoir Damien et Bastien font des gammes à l’avant, je sens que je vais faire une bêtise mais voilà j’y suis, il faut bien y aller et assumer sa décision. J’ai prévenu tout le monde, je fais ce que je peux et j’essaye de faire au mieux pour ne pas trop perdre de temps. Nous devons tous rentrer nous coucher pour quelques heures seulement il faut prendre la route tôt pour aller à la gare de Montpellier.

Après un tour d’honneur dans le village nous partons à l’attaque de ce foutu Pic Saint Loup. Très vite je trouve mon rythme, très lent je le sais bien mais qui sera le mien quand même parce que ma sécurité est plus importante à ce moment là que ma réputation ! Et puis de toute façon tout le monde sait que je ne cours pas vite non plus ! Je suis contente parce que mes chaussures se comportent toujours bien et que, oh miracle, suite aux conseils de Vincent j’arrive à me servir de ma poche à eau sans problème. Maintenant comme j’ai juste mis de l’eau toute simple et pas de l’eau bénite de St Martin de Londres (qui doit son nom au mot celte pour désigner les marais, dont Londres tire son nom également. Ça c’est pour les copains du bus, ils comprendront !), je ne suis toujours pas rapide. Et se passe ce que je craignais qu’il se passe… Au bout de 2h il commence à pleuvoir. Et au bout de 2h je suis quasiment à l’endroit exact où Vincent nous avait dit « on sera à l’arrivée dans 45 min ». Seulement entre 45 min au sec et 45 min sur des cailloux qui deviennent de vraies patinoires miniatures ça va être une autre histoire… De toute façon, maintenant je n’ai plus le choix je dois gérer comme je peux en veillant à surtout ne pas tomber et me faire une cheville dans un moment d’inattention. Tout traileur qui se respecte sait une chose : dans les descentes il faut être souple et détendu… J’étais tout l’inverse ! Un truc agrippé à la moindre branche qu’il pouvait saisir. Je n’ai aucun problème avec le fait que je suis en train de faire un temps totalement pitoyable, je pense juste à tous les copains qui sont au chaud en train de m’attendre et de se demander « mais pourquoi on l’a invitée celle-là » ! Je n’aurais pas dû prendre le départ même si c’est un exercice de style toujours intéressant pour l’entrainement. Je vais finir par quitter la patinoire pour atteindre le goudron, passer la seconde, enfin non la première, j’étais au point mort en fait, et finir cette foutue course. Toute la petite bande est là sagement à m’attendre et zou on monte dans le bus.

Nous avons tout de suite eu une pensée pour nos amis de la runnosphère qui devaient prendre le départ du marathon le lendemain matin. Le peu que nous avions vu laissait présager si les conditions météo continuaient à se dégrader un parcours impraticable sans prendre de risques. C’est ce qui se passera le lendemain matin quand l’organisateur aura l’intelligence d’annuler sa course. Je sais que cela doit être une sacrée décision à prendre mais il faut que la course à pied reste un plaisir avant tout.

Vous l’aurez compris, à part le fait que j’ai eu la confirmation que je suis nulle en patin à glace, j’ai pris énormément de plaisir à vivre ce week-end et je ne peux que vous encourager à y aller l’année prochaine. Avec toutes les distances proposées, on trouve forcément un truc qui nous convient et ça c’est chouette. Et rien ne vous empêche de jouer à cumuler !

Cécile

Ps : j’oubliais, mon surfeur a bien fini, je l’ai doublé la nuit et nous avons papoté un petit peu. Il était bien pour un mec qui finissait l’air de rien un 120 bornes !!!

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Marathon des Sables 2012 : le bonheur derrière la dune

Écrit par Cécile on .

Marathon des Sables 2012 : le bonheur derrière la dune...

C’est toujours un peu le même problème avec ce genre de course… Comment faire un compte-rendu d’une aventure pareille qui ne dure pas 45 pages, qui ne sorte pas des banalités du genre « il a fait chaud, y avait du sable et c’était trop dur », qui fasse rêver mais qui rappelle quand même un peu que la réalité n’est pas toujours toute rose et que les larmes peuvent arriver juste après les rires, bref que l’ultra c’est avant tout un ultra concentré de vie…

Pour moi ce MDS n’était pas vraiment une idée très intelligente et j’en suis amplement consciente. Je rentrais juste de l’Atacama, le sac était à peine sec, j’avais trouvé malin de faire mon intéressante sur la Tour Eiffel et dans les traboules lyonnaises et moralement pour des raisons un peu trop longues à expliquer ici, je partais avec un sacré handicap. Sincèrement, je sentais poindre à l’horizon un « Australie 2, le retour de la blonde qui refleurit le désert avec ses larmes ». C’est donc tout sauf sereine que j’ai pris la direction d’Orly dès potron-minet, encore plus désespérée de constater que les travaux du futur Starbuck n’étaient pas finis et que je pouvais dire adieu à mon litre de thé vert avant le décollage.

Je retrouve des visages connus très rapidement comme toujours sur ce type de course et surtout je rencontre enfin des personnes « virtuelles ». Gloria est là comme prévu, Fouad également, ça papote sévère et nous ne sommes pas encore partis. Je vais faire la connaissance dès le vol d’Amandine qui va m’impressionner tout au long du MDS par la force intérieure qu’elle dégage. Alors qu’elle partait vers l’inconnu, je savais déjà que rien ne l’arrêterait et qu’elle verrait les dunes de Merzouga. Je vais vous passer le trajet en bus qui n’en finit pas, la bétaillère pour l’arrivée sur le campement, vous connaissez déjà la musique… Je retrouve les tentes noires en me demandant vraiment ce que je fous là mais passons. Sylvain m’attend puisqu’il était avec tous ceux qui devaient constituer ma tente, prévus sur le premier vol et je comprends tout de suite qu’il y a un blême… Alors que nous devions tous faire tente commune et que forcément c’était eux qui arrivant les premiers devaient s’occuper de ce côté de la logistique, ils n’avaient pas de place pour moi. On m’avait trouvé une place un peu plus loin dans une tente qui n’avait pas franchement l’air d’apprécier sur le moment l’arrivée d’une 8ème personne… Je pose ma valise rapidement bien décidée à aller demander l’asile politique au Luxembourg comme je l’avais fait l’année dernière, d’autant plus motivée que cette fois-ci, ils ont les toutes premières tentes à gauche en arrivant sur le campement. Cela m’éviterait de prendre une bouteille d’eau pour aller les rejoindre comme l’année dernière. Seulement voilà, là aussi problème : ils sont 9 dans une tente et 8 dans l’autre… Du coup je me résous à rester là où je devais m’installer. N’allez pas croire que j’avais quelque chose contre mes futurs compagnons de tente, c’est juste que se retrouver comme ça au milieu d’inconnus pour vivre une course qui peut se révéler difficile me filait un peu le bourdon… C’est plus facile quand tu arrives avec des visages connus en fait, plus confortable. Arrive le diner et zou, re la queue pour manger. Et là petit miracle de la vie, j’entends un « tu es bien Cécile Bertin ? ». Euh oui c’est moi… « Je suis Cédric le podologue de Thyo, tu sais les chaussettes ? ». Mais oui je sais ! Bon là tout de suite je suis super gênée parce que je vais tester les compressport pendant la course mais je suis super contente de tomber sur lui par hasard. En quelques minutes surtout, je suis présentée au reste de la troupe qui constitue sa tente et surtout comble de bonheur, on me propose spontanément la 8ème place. Je suis un peu gênée de les envahir comme ça mais que voulez vous je me suis sentie bien tout de suite avec eux, comme ça d’instinct et comme je suis une fille qui écoute son instinct, c’est donc le cœur léger que je file chercher ma valise pour intégrer la tente 8, ma nouvelle maison pour 7 jours. (ça, ce sera pour la version officielle… selon Pascal présent à mes côtés au diner, je me suis carrément invitée chez eux, genre à faire le regard de chien battu qui couine gentiment pour qu’on le laisse entrer dans la maison… ou genre « j’irai dormir chez vous » version féminine ! bref j'ai honteusement tapé l'incruste...).

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la troupe au grand complet !

Petite présentation des troupes :

-          il y a donc Cédric. Je profite de l’occasion pour le remercier ici pour tout, vraiment tout. Sans lui ma course n’aurait jamais été la même. Vous comprendrez en lisant le texte qu’il a joué un rôle primordial jour après jour et je ne serai jamais assez reconnaissante de tout ce qu’il a fait pour moi.

-          Son comparse Thierry, autre podologue de son état (ah ben oui une fille aux pieds d’argile choisit une tente avec 2 podo, pas folle la guêpe non plus !) qui révèlera très vite un goût on ne peut plus spécial pour la chanson française… En fait il était là parce qu'on l'avait recalé au casting de "the Voice" et il venait noyer son chagrin dans le sable.

-          Marie-Claude, dite Coco, dite Robert… rapport à sa lourde tendance à vouloir rajeunir à tout prix pour revenir à sa période capillaire Cure… Elle a aussi 3 particularités et non des moindres : des culottes coupées au laser parce qu’en Charente on ne rigole pas avec 2 choses, les chaussons et les culottes… des lingettes miracle tu mets une goutte d’eau dessus, tu as un drap de bain humide pour te rafraîchir… et un sac digne de Mary Poppins avec toujours à manger dedans !

-          Guy un de ses 2 compagnons qui a une légère tendance cleptomane avec les sacs à caca mais bon je vais éviter de trop en dire pour ne pas ternir la réputation d’un homme…

-          Philippe, le dernier du trio infernal, toujours de bonne humeur qui décidera un jour que maintenant ça suffit comme ça de se trainer et qu’il va courir un peu parce que ça lui fait trop mal ! C’est bien simple, on lui laissait deux jours de plus, il montait sur le podium !

-          Mous, l’homme qui dort plus vite que son ombre, tu le poses par terre et zou tu l'oublies, il ne bouge plus... et surtout mais alors surtout qui parlant la langue locale va nous faciliter le quotidien à un point qu’il est difficile d’imaginer. J’ai bien cru qu’un jour on finirait par nous amener le petit déj au lit ! C’est bien simple, les mecs venaient le voir sous la tente pour savoir si nous n’avions besoin de rien… Que du bonheur ! Il a par contre une passion pour le hachis Parmentier que je n’ai toujours pas réussi à expliquer.

-          Renaud, ah Renaud… alias Mister mobylette… alias l’homme qui réussit à rester beau en slip ce qui n’est avouons-le pas donné non plus à tout le monde ! Il a une autre qualité, il a fait la trans’aq et croyez-le ou pas il a couru le marathon du Pôle Nord. Vous y croyez vous à ce hasard ou cette coïncidence ? Il a couru en haut, j’ai couru en bas et nous nous retrouvons au milieu… Il est là avec Cédric et Thierry pour représenter une cause, « vaincre la mucoviscidose » mais je vous en dirai plus dans la suite de mon récit.

Le premier jour sur le campement se passe comme à son habitude, le temps s’écoule doucement, comme pour nous mettre à l’épreuve. On a envie d’être au lendemain, sans trop vouloir y aller non plus. Tout le monde joue à se coller des bandes blanches partout sur le corps comme les indiens se couvrant de peintures de guerre avant de partir au combat. On compare son sac, on ne joue pas à celui qui a la plus longue mais celui qui a le plus léger ! La tension est palpable, lâchez-nous dans le bac à sable !

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Non ce n'est pas la mienne !!!                                                                                                         C'est la sienne !

Jour 1 – 33.8 km Ammouguer / Oued El Aatchana

Dès le début, je comprends qu’on va en baver. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que la plongée dans le bac à sable est un peu trop rapide à mon goût. J’ai décidé d’y aller tranquille parce que je ne sais pas du tout comment mon corps va réagir avec l’enchainement un peu trop rapide des ultras. J’ai tellement en mémoire mon échec australien que je prends mon temps. Je trottine jusqu’au CP1, je marche dès que ça monte un peu trop, je bois très régulièrement et même je mange à intervalles réguliers. Mon sérieux m’épate ! Je tombe sur Tun qui a décidé que tout le désert devait connaître mon prénom et je finis avec Benoit, « élève » de Bruno Heubi avec qui j’avais discuté en amont de la course pour l’aider à préparer sa course. Une tradition se met en place dès le premier jour avec Pascal, mon ami journaliste passé cette fois de l’autre côté de la barrière et venu là uniquement pour faire chauffer ses doigts sur le clavier et non ses pieds dans ses baskets.

Tout irait bien dans le meilleur du monde s’il n’y avait pas un vent de folie au campement avec du sable à ne plus savoir qu’en faire et surtout l’apparition de 2 belles ampoules sur mon pied droit. Je n’avais rien vu avant la douche mais force est de constater que c’est reparti pour un tour. Thierry les attaque à l’éosine, je hurle à en faire trembler les dunes, j’ai du mal à manger… Mais qu’est ce que je fous là… Et pour rajouter à la folie qui règne dans ma tête, c’est la folie sous la tente avec une bouteille de vin rouge, une mignonette de ricard et un petit salé aux lentilles dans sa boite métallique qui font miraculeusement leur apparition ! Je suis tombée chez les fous !

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difficile de parler de solitude dans le désert !

Jour 2 – 38.5 km Oued El Aatchana / Taourirt Mouchanne

L’opération « Tempête du désert » est lancée. Je vous jure, si le sable était calorique nous serions tous rentrés de ce MDS gras comme des loches ! Je n’ai pas le choix, il me faut gérer, mes pieds qui se révoltent et une course qui ne fait que commencer. Ma tactique est simple : je prends de l’avance en courant tranquille jusqu’au CP 1, je marche entre le CP 2 et le CP3 et je redémarre en fonction du terrain pour finir. Comme de toute façon le moustachu est sur un autre continent, je peux faire ce que je veux l’esprit tranquille ! Seulement c’était sans compter la rencontre totalement improbable avec Carlos, chirurgien argentin de son état, vivant à Dôle dans le Jura. Cherchez pas, il n’y a qu’à moi que ça arrive ce genre de rencontre ! Il n’a qu’un défaut, il a décidé de courir un peu et il m’entraine avec lui. Je m’accroche comme une folle et nous allons passer la ligne d’arrivée avec un autre Argentin ramassé au passage et le drapeau blanc et bleu tendu entre nous. J’ai porté les couleurs du Luxembourg en Atacama, je porte les couleurs de l’Argentine au Maroc, comme le dit si bien mon copain Pascal, ça tient des Nations Unies cette course !

Par contre du côté des pieds, ça commence à tenir de la boucherie. J’ai mon opinel dans une main, mon briquet dans l’autre et j’envisage de plus en plus l’amputation définitive de mes problèmes. De toute façon ce sera plus pratique pour mes escarpins pointus qui doivent être conçus sur des femmes à 4 orteils ! Question tenue je teste une jupe et un tee shirt icebreaker. Aucun doute là-dessus, après 2 jours de course dont un avec 52° C au sol, ils ne sentent pas, c’est même impressionnant. Par contre, je me suis trompée de taille, me voyant plus grosse que je ne le suis vraiment et le M flotte provoquant des frottements dans le dos. Mais rien de bien grave, tout reste gérable. Force est de constater en tout cas que cette édition va être une sacrée édition, nous en sommes déjà à une vingtaine d’abandons et l’étape longue n’est pas encore là. J’ai découvert que Renaud n’est en fait pas une mobylette mais une grosse cylindrée qui va tout simplement 2 fois plus vite que moi. Cela lui vaudra régulièrement des phrases intelligentes de ma part le matin au départ du genre « dis t’es mignon, tu me fais couler un bain et tu passes l’aspirateur sous la tente avant que j’arrive ? » et autres débilités dont j’ai le secret. Blague à part ce mec me sidère… Il est classé parmi les premiers et il est la discrétion même question résultats. En ancien scout, il assure question bois et autre barbecue. J’en suis à un point que je me dis qu’un jour je vais rentrer au campement et découvrir un chevreau en train de griller à la broche parce qu’il aura en plus eu le temps de chasser avec son opinel ! Et tout ça avec le sourire, cela va s’en dire. Avec mon service de podologie 24h/24, mes lingettes à disposition et la bonne humeur constante, je bénis ma tente 8.

feu

ça c'est du feu !

Jour 3 – 35km Taourirt Mouchanne / El Maharch

3ème jour et je ne suis toujours pas dans la course… Mes pieds me font souffrir, enfin le droit surtout, le vent de sable m’ensable les oreilles et le cerveau… J’en ai marre… J’ai pour le moment uniquement l’impression de subir ma course. J’avance et je plonge dans ma musique pour ne surtout pas penser. C’est idiot à dire comme ça, ça va paraître assez étrange pour beaucoup qui profitent de l’occasion qui leur est donnée d’être éloignés de leur univers quotidien pour faire le point sur leur vie mais là moi je ne pense à rien… Mais alors rien de rien… Le seul truc qui me vient parfois à l’esprit pendant la journée c’est « mince ça fait combien de temps que je n’ai pas fait pipi »… Avec ça je ne vais pas décrocher le Nobel ! Et encore moins le Pulitzer ! Je me traine, quand je marche, je boite, quand je cours j’ai mal… Heureusement que tout d’un coup surgit Sébastien de Metz bien décidé à papoter pour me sortir de ma coquille. Il me raconte qu’il court avec des copains, qu’ils ont tous financé leur course personnellement et passer l’année à trouver des fonds pour équiper un jeune garçon handicapé d’un fauteuil électrique qui va lui changer la vie et améliorer son quotidien… Tiens prends ça ma grande… Arrivée sur le campement, je ne suis pas très bien, nauséeuse à souhait et je demande même à Pascal de m’accompagner parce que j’ai juste peur que mes jambes se dérobent sous mes pieds. Lorsqu’arrivent les pompiers de Vannes et la joellette, je me précipite en courant en canard pour aller les accueillir et l’émotion que ce groupe dégage, leur force, me tirent les larmes des yeux… Tiens reprends ça ma grande…

Le coup de grâce va m’être donné par Renaud. Alors que je suis allongée sous la tente, mon pied tout pourri sous le nez du pauvre Cédric qui doit se maudire de m’avoir « invitée » à me joindre à eux, une bénévole passe le bout de son nez sous la tente pour venir discuter avec le représentant de l’équipe « Vaincre la Mucoviscidose ». Elle a perdu son petit frère après des années et des années que je ne pourrais pas qualifier de vie mais bien de survie… Renaud parle de sa fille, de son combat pour juste respirer et là je me sens mal. Je suis qui moi pour me plaindre d’être là avec ma petite ampoule infectée ? Il est grand temps de « fermer ma gueule » et de commencer à profiter de la course parce que moi, j’ai la chance de pouvoir être là, j’ai la chance de pouvoir courir si l’envie m’en prend. J’ai eu la chance de pouvoir voir naitre mes enfants, d’avoir eu 40 ans, de pouvoir aller à l’autre bout du monde si l’envie m’en prend, Marine n’aura peut être pas cette chance… Sans le savoir, sans s’en rendre compte, Renaud a donné un sens à ma course, il lui a enfin donné une âme.

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je leur fais découvrir mes bains de pieds maison !

Jour 4 – 81.5 km El Maharch / Jebel El Mraïer

Le grand jour arrive… Nous le savons toutes et tous, la longue est la grande étape du MDS, celle où ça passe ou ça casse. Pour moi c’est un peu plus facile puisque je connais ce genre de distance mais cela ne suffit pas à me rassurer. J’ai très mal dormi parce que je souffre vraiment du pied droit qui me lance terriblement (je me suis même relevée la nuit pour faire les 100 pas histoire de m’occuper l’esprit et trouver le sommeil !) et surtout à cause des ganglions qui sont apparus. En me retournant sur le ventre la nuit j’ai fait un bond réveillée par la douleur. Pas de doute l’infection est maintenant installée. Cédric insiste gentiment sur le fait que là il va falloir se résoudre à passer aux choses sérieuses et envisager les antibios. Nous ne sommes pas dans des conditions d’hygiène suffisantes pour endiguer naturellement ce genre de problème et c’est la mort dans l’âme que je me traine au centre du campement pour aller à la rencontre des docs qui assurent la permanence pré course. J’aime pas les médicaments… j’aime pas les médecins… Après un petit conciliabule, la nouvelle tombe, les antibios sont déjà sous clé, partis avec le grand chef, il faudra attendre l’arrivée de la longue pour les commencer. Cédric, l’homme aux doigts de fée m’a fait un pansement à la bétadine pour limiter la casse et zou c’est parti pour presque 82 km de ce qui s’annonce comme une longue retraite de Russie…

La course est lancée et je tente de faire redémarrer la machine. C’est quoi tous ces cailloux d’abord ? Ils me cherchent ou quoi ? Le premier CP est là et alors que je m’apprête à m’élancer à l’assaut du deuxième, on m’arrête en plein vol. « Cécile ? le doc t’attend ». Ah mince alors… En fait le grand patron est là, il a été prévenu par radio et il m’attend de pieds fermes avec ma dose quotidienne d’antibios. Je joue les petites filles sages, je les avale en priant intérieurement pour que les effets secondaires n’arrivent pas trop vite. Avec ma chance légendaire, je suis la reine des effets secondaires, je les fais toujours par ordre alphabétique. Je sais que pour les limiter il faut que je mange correctement avant de les avaler mais je n’ai prévu que des cacahuètes moi aujourd’hui… Bon allez on arrête de se plaindre 2 secondes et on passe la seconde parce que cette longue étape ne va jamais finir sinon ! Je vais aller de CP en CP ou plutôt de doc trotter’s en doc trotter’s puisque à chaque fois je dois aller montrer patte blanche pour continuer. Et j’avance inexorablement km après km, caillou après caillou, grain de sable après grain de sable. Parfois je cours, parfois je marche. Alors que je papote tranquillement avec Brian, américain de l’Oregon qui me raconte un mariage surréaliste auquel il a assisté au fin fond de l’Ardèche réunissant la famille d’un ami américain originaire du dit trou paumé avec une coréenne venue avec toute sa tribu, surgit Christophe Le Saux qui, comme promis le matin, s’arrête deux secondes pour papoter, m’encourager sous le regard halluciné de ses deux poursuivants. Il repart de plus belle et Brian me dit : « but who’s this man ??? ». Ben c’est Cricri la blonde mon grand ! Ils sont comme ça les vrais champions chez nous… Il suffit de regarder les vidéos de Laurence Klein prises pendant le MDS… Son sourire, sa disponibilité parlent d’eux même.

A la nuit tombée, je renais un peu de mes cendres comme à chaque fois même si je peste contre ce tracé qui ne me laisse aucun répit. Moi qui pensais trouver du roulant pour arrêter de me poser des questions, je dois toujours rester en éveil. La nuit tombe, le bal des frontales commence avec le secret espoir qu’enfin apparaisse dans le fond de la nuit noire là bas une clarté, une lueur d’espoir que tout cela est enfin fini. Mais rien… Alors que l’année dernière je m’étais accrochée au rayon vert du laser, il n’y a rien pour me guider, juste ma frontale, celle des autres coureurs qui m’entourent et qui me rassurent par leur présence. Nous avançons tous comme des manchots empereurs déchus. Les regards sont souvent hagards… perdus dans le vide de leur pensée. Il faut avoir vu un jour une caravane de ces coureurs épuisés pour comprendre de quoi je parle. Il y a plus que la fatigue physique, il y a cette fatigue morale, plus profonde qui creuse les traits, donne avec la barbe de 3 jours 10 ans de plus aux hommes qui avancent vers cette foutue ligne d’arrivée qui n’arrive pas. Je parle uniquement des hommes parce que nous les femmes nous restons toujours aussi fraiches que la rosée du matin ! (oh ça va je rigole un peu… elle est sur nos mollets la barbe de 3 jours !).

Soudain une lueur, un espoir, très vite déçu. Ce n’est pas le campement mais un 4x4 planté à la verticale dans le sable avec un homme qui devant, armé de sa pelle, tente de dégager l’engin. Je reconnais Patrick Bauer, je lui demande juste « combien de km ? », « 1km800 ma grande », « elle était vraiment dure tu sais celle là », « je sais Cécile… je sais… ». Mon objectif d’arriver avant 1h du matin s’éloigne mais je peux y être juste après. Un coureur australien me double déchainé, comme shooté par l’endomorphine de la fin qui s’annonce. Je m’accroche, je le rattrape, on fait la course comme 2 gamins euphoriques. Il me lâche mais je ne lâche rien, les lumières sont là enfin. J’accélère, je lève les genoux, pour un peu j’aurais l’air d’une coureuse ! Un couple main dans la main apparaît juste devant moi et alors que je m’apprête à les doubler, je m’arrête en plein vol, je viens de les reconnaître. Georges et Monique, amis du Luxembourg sont là souriants et je ne me vois mal ne pas passer la ligne à leur côté, comme un symbole. Ils étaient là en Atacama avec moi, c’est un peu de mes 4 déserts qui m’accompagnent pour ces quelques mètres. Enfin, j’y suis, il est un peu plus d’une heure du matin, j’ai fini la longue, je suis heureuse. Pascal est là fidèle au poste, le thé chaud aussi d’ailleurs. Il m’annonce le bouleversement de la tête de course avec un Rachid fauché en plein vol. Je file rejoindre ma tente, me débarbouille rapidement et je dors d’un œil attendant l’arrivée de toute la troupe. 3h du matin tout le monde dort sous la tente 8.

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trois petites lumières dans la nuit !

Jour 5 – jour off ou les 7 plaies d’Egypte !

Alors que ce jour est généralement réservé aux grandes lessives, aux grandes siestes et aux grandes bouffes, nous attaquons par de grands vents de sable. Je tente une virée à l’accueil pour donner des nouvelles mais je rapatrie rapidement me mettre à l’abri dans ce qui va se transformer en journée cauchemar. Le sable s’infiltre partout, recouvrant tout sur son passage même à l’intérieur de notre tente. Vous ouvrez votre sac 2 secondes et il s’alourdit de 500 gr… Nous nous planquons dans nos duvets priant pour que tout cela s’arrête enfin. Je ne me suis pas lavée à l’arrivée de la longue et je voudrais juste pouvoir me rincer mais sortir est tout bonnement impossible. Grâce aux garçons toujours aussi efficaces nous sommes parmi les moins à plaindre mais ce qui devrait être une journée de repos va se révéler encore plus épuisante qu’une journée à traverser les dunes en plein cagnard. Midi sonne avec l’apothéose de la journée : une averse de grêle !!! Oui, vous ne rêvez pas, nous avons eu de la grêle dans le désert, mouillant la tente, mouillant le sable… Il nous manque l’invasion de sauterelles et nous sommes bons ! Pourtant l’ambiance reste positive sous la tente. Les garçons toujours pleins d’imagination décident de faire un feu genre « on va fumer le saumon en prévision des fêtes de fin d’année » directement sous la tente. Nous sortons nos gamelles tout en tentant de limiter l’inondation de nos sacs. Du grand délire…

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Enfin le calme après la tempête ! Je n’y croyais plus ! Alors que d’habitude l’après midi est consacrée à la sieste, nous allons la consacrer à ranger notre maison, ambiance « Blanche Neige et les 7 nains ». Nous lavons enfin notre linge, nos corps fatigués par 4 jours de course, nous secouons les tapis, vidons nos sacs, une vraie petite fourmilière. Bonjour la journée de repos… Autre éclaircie dans ma journée agitée, la crêpe party organisée par mes voisins dont Didier Benguigui, le « célèbre » non voyant du MDS et grand ami de ma copine Linda. J’ai transporté depuis le début de la course 100gr de pate à crêpes, j’ai donc le droit à ma part ! A ceux qui se poseraient la question, oui ils ont bien transporté une crêpière!

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Soirée à déguster des bonbons miraculeusement sortis d’un sac à dos, histoires drôles de Renaud, la nuit arrive, le jour off s’achève, je suis encore plus épuisée que la veille !

Jour 6 – 42.2 km Jebel El Mraïer / Merdani

Le marathon… Distance connue pour la plupart des coureurs mais tellement traitre pour des organismes fatigués par 4 jours de course. Je suis contente parce que je sens que l’infection s’éloigne mais la douleur est toujours là. Elle est plus discrète mais reste bien lancinante, sourde, présente à chaque fois que je pose le pied à terre, qu’il rencontre un caillou. Alors que l’étape longue était épuisante, ce parcours s’annonce roulant, presque trop roulant. Tout le monde part bille en tête et moi je tente de suivre le rythme. J’arrive au premier CP beaucoup plus vite que prévu, je veux ralentir mais ça continue encore et encore. Je ne ralentis pas vraiment, la peur au ventre. Je vais exploser… Il faut que je ralentisse, que je calme le jeu, j’ai en mémoire l’année dernière où j’ai fini sanglotant sous un palmier, réclamant qu’on m’achève là, qu’on m’abandonne, et cette pensée m’obsède. Il y a bien quelques passages boueux qui alourdissent les chaussures mais si peu de temps qu’on repart de plus belle. Je finis par me planquer autant pour faire pipi que pour souffler un peu ! Le CP 3 est déjà là et avec lui la perspective de finir cette dernière étape beaucoup plus vite que l’année dernière. Tu me diras, 9h à battre ce n’est pas non plus très difficile… Sarah, la jolie coureuse mauricienne (qui est aussi blonde que moi et qui pourrait presque être ma fille !) apparaît. Je lui propose une arrivée de blondes et nous partons tambour-battant, queue de cheval au vent. Un 4x4 de l’organisation est là en haut d’un relief avec 2 doc et un panneau où il y a écrit « surprise ! ». A notre passage l’un des garçons soulève la feuille et nous voyons apparaître « il reste 3km800 ! ». Je lui crie au vol « je t’aime toi ! » et il me répond « reviens !!! ». Nous filons toutes les deux et je sens que Sarah s’accroche comme elle peut. Elle m’a demandé comment se passait l’arrivée des familles qui rejoignaient le campement par le biais de Terre D’aventure et je lui ai raconté que l’année précédente ils étaient là à l’arrivée du marathon. Son homme et sa maman sont de la partie alors je sens que la motivation est là ! Au vol nous accrochons un Anglais avec qui je plaisante. Il est à la peine et je l’encourage en lui disant « You need to run, for your Queen ! ». Il se marre et accélère un coup. Nous le redoublons à nouveau avec moi criant « girl power » ! Je tente avant tout de divertir ma collègue blonde qui serre les dents pour ne rien lâcher. Un autre Anglais se joint à la troupe et nous fonçons vers l’arrivée escortées par nos 2 gardes du corps. A deux mètres de l’arrivée, je me contente de leur dire « Ladies first », ils sourient, se décalent d’un mètre et nous laissent passer en vrais gentlemen. Le marathon est fini, le MDS est fini, le sort est brisé, j’ai réussi mon pari et je n’ai pas pleuré…

A relire ce paragraphe je rigole, on a l’impression que j’ai mis 3h pour courir un marathon !!! Tu parles Charles… Mais je te jure Pierre, ne rigole pas, j’ai vraiment couru ce jour là !!!

Je me dirige tranquillement vers le campement, très fière de moi et j’ai le droit à un accueil tout en diplomatie de Renaud qui sait peut être courir vite mais beaucoup moins parler aux femmes : « punaise t’as sacrément pris aujourd’hui »… Quoi ? Oh ça va toi ! Je sais que je suis rouge pivoine avec des marques de lunettes ridicules… T’es pas obligé non plus d’en rajouter ! Tu sais combien ça pèse toi un poudrier de terracota Gerlain ? Je fais ce que je peux avec les moyens du bord, ok ! Mon euphorie retombe brutalement par l’annonce de deux mauvaises nouvelles : Damien le compagnon de Laurence Klein s’est blessé suffisamment grièvement pour que la course s’arrête pour lui et Albert un des Français classés dans les 50 premiers a fait un arrêt cardiaque nécessitant son évacuation immédiate. Un rappel un peu violent s’il en est que le MDS reste une vraie course et pas seulement une randonnée comme beaucoup le pensent…

La soirée s’écoule doucement avec l’opération « il faut vider son sac pour le dernier jour ». Je n’ai pas le courage d’aller écouter le concert qui ne sera qu’un bruit de fond pendant mon diner. J’irai faire un tour pour apercevoir quelques images de la projection des vidéos réalisées pendant la course et vous savez quoi ? Je vais trouver le moyen de me perdre en tentant de rentrer au campement !!! Déjà que je ne retrouve ma tente que parce qu’ils ont la bonne idée d’accrocher le drapeau de l’association dessus… Et bien moi je dis la course d’orientation, ce n’est pas pour tout de suite !!!

Dernière nuit dans le désert, je ne dirais pas que je suis triste, ce serait mentir. Je ne pense qu’à une seule chose : mon lit qui m’attend samedi soir et ma douche…

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Renaud s'improvise cordonnier...

Etape 6 – 15.5km Merdani / Merzouga

Nous le savons, nous allons terminer par une dernière plongée dans le bac à sable. Nous étions venus là pour bouffer de la dune, on va nous en servir jusqu’à l’écœurement et jusqu’à la dernière seconde. Nous sommes prévenus qu’il y aura bien un CP intermédiaire mais pas d’eau distribuée. Il va donc falloir gérer pour ne pas se retrouver à sec, comme une pauvre voiture en panne sur le bas côté de la route. Alors que nous partons je découvre consternée que j’ai mal éteint mon lecteur MP3 et qu’il est déchargé… Ah mince alors… L’idée de faire tout ça sans musique me file déjà le bourdon. Quand je n’écoute pas de musique, je pense et si je pense, je suis foutue. Heureusement surgissent tels des zorros sur leur fier destrier Benoit et Sarah qui cohabitaient en fait sous la même tente, ce que j’ai oublié de préciser plus haut. Je prends le train en marche et commence la parlote avec Benoit. Sans nous en rendre compte, nous allons semer Sarah qui me racontera plus tard qu’elle a dû s’arrêter quelques instants à cause de douleurs au genou. Dans le flot de coureurs qui s’élancent vers la délivrance, nous n’avons pas réalisé l’écart qui se creusait entre nous. Je sais que Benoit est plus rapide que moi mais plus nous avançons et plus je galère à le suivre, plus je me rends compte que je n’ai pas envie de finir ce marathon des Sables 2012 toute seule. Je lui propose alors de tout faire pour finir ensemble histoire de partager ce moment avec au moins un visage connu et il accepte bien volontiers ma proposition. Il faudra les dunes pour que nous commencions à vraiment parler et finalement faire réellement connaissance. L’avantage avec ce genre de course c’est que nous ne sommes pas là pour faire semblant, nous parlons directement sans détour de nos peines, nos joies et j’avoue que j’apprécie cette « proximité » qui se créée entre les coureurs. On peut faire semblant 2 ou 3 jours mais pas 6…

Alors que nous sommes à 3 ou 4km de l’arrivée surgit devant un coureur que je reconnais tout de suite pour avoir vu son short pendant 5 jours en Inde. Mohammad coureur jordanien de son état ne devrait pas être là… Il devrait être presque arrivé à Ouarzazate… Je m’arrête à son niveau et prend des nouvelles. Il est blessé à la cuisse et il marche. Immédiatement je pense à son eau. Il n’a que des toutes petites gourdes sur lui, je le sais, je me suis toujours demandé comment il faisait pour se contenter d’aussi peu d’eau. Maintenant je sais aussi qu’il court normalement tellement vite que le temps qui s’écoule entre 2 CP n’est pas le même que le mien. Seulement, je sais aussi que s’il est là à marcher, c’est synonyme de gourde vide pour lui et je lui propose de l’eau. Je le vois hésiter et finalement il me tend sa gourde à remplir. J’ai vu juste, il n’a plus d’eau du tout et il lui reste facilement 30 à 45 minutes de marche à ce moment là. Je ne me pose pas une seule seconde la question de savoir si moi j’aurai ce qu’il faut, je partage et puis c’est tout. Nous repartons de plus belle et à peine quelques secondes après, Benoit me rassure en me disant qu’il aura de quoi nous hydrater tous les deux jusqu’à l’arrivée. Enfin l’arrivée tant attendue est là qui se profile à l’horizon, je crois bien que nous accélérons tant que nous pouvons dans les dernières dunes et c’est main dans la main que nous passons la ligne, le sourire aux lèvres avec Pascal comme photographe officiel. Bénédicte est là aussi comme pour boucler la boucle. L’édition 2011 percute de plein fouet l’édition 2012. Dieu que c’est bon !!! Nous pouvons nous lâcher, nous dansons toutes les deux devant le regard plutôt ahuri des spectateurs présents qui se demandent si nous avons bien couru 250 km pour être en forme comme ça. Je console en prenant dans mes bras un Marocain banquier vivant à New York que l’émotion submerge. Carlos mon Argentin du Jura arrive aussi… La grande famille du MDS est là, riche en couleurs et en émotions.

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2 mobylettes arrivent (je parle de celles en second plan !)

Voilà c’est fini… Deuxième et certainement dernière édition pour moi parce que je ne vais pas courir la même course tous les ans, même si je comprends aisément ceux qui deviennent accro à cette ambiance si particulière qui règne chaque année début avril du côté du sud du Maroc. Je ne pensais pas finalement prendre autant de plaisir avec cette course qui était avant tout « professionnelle ». Elle me faisait peur, je me suis finalement régalée. Jamais je ne remercierai assez la tente 8 et surtout Cédric pour tout ce qu’il a fait pour moi. Supporter la vue de mes pieds tous pourris chaque matin juste après son petit déjeuner franchement je ne sais pas comment il a fait. Et sans sa gentille insistance je le sais, je ne serai jamais allée prendre ces foutus antibios qui ont finalement sauvé ma course et éviter la débandade australienne. Merci à tous d’avoir été mon cocon réconfortant où j’ai aimé venir me réfugier après chaque étape après avoir passé la journée dans ma bulle.

Je ne peux pas ne pas citer encore une fois Pascal qui, par sa présence chaque jour sur la ligne d’arrivée, me motivait à finir plus vite pour qu’il ne m’attende pas trop longtemps et puisse retourner travailler, l’esprit rassuré de m’avoir vu sur mes 2 pieds.

Difficile de citer tous les visages rencontrés pendant ces 7 jours : Marie George et son éternel compagnon avec Pascale rencontrés lors de mon premier non stop algérien ; Danièle et Gloria qui étaient là lors de mon stage prépa marathon, à mes débuts de coureuse comme un symbole de ces 6 dernières années de ma vie ; Josette et son mari qui m’ont épatée par leur bonne humeur constante, leur gentillesse et surtout leur rythme effréné ! Amandine qui est une sacrée nana comme je les aime et qui a sacrément de la chance au vue de la surprise qui l’attendait en haut d’une dune à l’arrivée.

Merci à tous les coureurs qui sont venus me voir ou qui m’ont à un moment encouragée, soutenue, parce que chaque sourire compte dans les moments difficiles et parce qu’ils ont donné un visage à cette course multiculturelle et multiethnique par excellence.

Signe du destin, en rentrant chez moi m’attendait déjà l’écusson de la course en Gobi début juin… Histoire de me rappeler que l’aventure continue, qu’il va falloir se reposer pour mieux repartir vers de nouvelles aventures. Barbie en Chine, ça je ne vous l’ai pas encore fait !

Cécile

Ps : ah oui pour ceux que cela intéresse j’ai fini à la 333ème place ! Pour une fille dont le chiffre porte bonheur est le 3 avouez qu’on ne peut pas rêver mieux. Après un dossard 33 à Lyon, je crois que tous les signes sont là pour faire de 2012 une grande année pour moi.

 

 

 

 

 

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Lyon Urban Trail 2012 : petit rendez-vous entre amis

Écrit par Cécile on .

Lyon Urban Trail 2012 : petite fête entre amis !

Elle n’était pas vraiment prévue celle là… oui je sais comme beaucoup d’autres, je vous le fais à chaque fois ! Mais là en fait, tout est venu d’un concours de circonstances et je n’invente rien pour justifier encore mon dernier petit délire dominical. Je m’explique : on me propose de venir faire une conférence pour présenter mon projet 4 déserts à Brest ou plus précisément à Landerneau devant le club Rotary de la ville. J’accepte avec grand plaisir, trop ravie de retourner voir ma Bretagne et pour y aller le plus efficacement possible, je vais prendre l’avion de Lyon. Par la force des choses, je me retrouve dans la capitale des Gaules le week-end du LUT. Avouez que je ne pouvais pas faire autrement non ? Du coup  je décide de rentabiliser ma venue, ce sera article comparatif LUT – Ecotrail pour Running pour ELLES et LUT tout seul pour Running Attitude. Je préviens les copains lyonnais que je suis dans la place, et roule ma poule c’est parti. Cela va me permettre de mettre également un visage sur des « amies virtuelles » que ce soit pour CAF et Facebook. Cerise sur le gâteau, le journaliste du Progrès en charge de couvrir l’évènement me contacte pour faire un portrait de moi et parler de mon année 2012 quelque peu chargée dirons-nous. Ça part sacrément bien cette aventure lyonnaise moi je dis ! Maintenant j’ai 2 paramètres stress à gérer : j’ai ma trombine dans le journal autant dire que ce serait la honte si je ne finissais pas sur mes 2 pieds et j’ai un train que je dois absolument prendre pour rentrer chez moi en temps et en heure pour faire des crêpes et prendre le relais de Guillaume qui part bosser.

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En attendant, j’attaque la journée de samedi par un déjeuner chez Arthur que je vais voir pour la première fois de ma vie en « non coureur » ! Le petit groupe de la première LyonSainteLyon a vraiment été pour moi une grande et belle rencontre. Nous nous retrouvons partout et il est quand même très rare que je ne prenne pas le départ d’un ultra sans un de mes « nains » préférés à mes côtés. Bon évidemment les sujets de conversation vont vite s’orienter course à pied même si j’essaye de ne pas trop imposer nos petits délires à sa famille. J’ai les mêmes à la maison je connais ! Direction le retrait des dossards avec une balade découverte de la cathédrale de la Fourvière qui est juste une petite merveille. Débrief du parcours et de la ville de Lyon, en gros ça donne : « bon ben là tu vas monter, là tu as plein d’escaliers, là ça remonte encore, là ça descend bien mais ça casse »… et j’en passe… Ah pas de doute Arthur sait parler aux runneuses inquiètes… Je fais des calculs savants dans ma tête parce que depuis que je sais que la petite balade présente un vrai dénivelé avec 6000 marches en plat de résistance, j’avoue mes jambes fatiguées d’un 80 km et autres réjouissances m’inquiètent un peu. Bon alors j’ai un train à 14h50, il faut que je sois à la gare à 14h30 pour acheter mon ravito post ultra, le journal (je suis dedans, je ne peux pas rater ça !). Avant ça il faut que je retourne à mon hôtel où j’ai négocié sans grande difficulté de pouvoir garder ma chambre pour prendre une douche, bref pour être tranquille il faut que j’ai passé la ligne dernier carat à 13h30, ce qui me fait 6h de course. En théorie je vaux moins mais je me méfie parce que je suis quand même vraiment fatiguée et comme un fait exprès les Anglais ont débarqué avec l’armée américaine, l’armée canadienne et tout le régiment, c’est bien simple c’est Omaha beach, le D day…

En attendant j’arrête de penser et nous allons chercher nos dossards. Enfin j’essaye puisque le vigile en charge de faire le filtre entre les touristes par le monde alléchés et les coureurs. Il me demande « vous êtes coureuse ? », ben ouais mon gars ! Tu veux voir mes dessous de pieds qui tombent en lambeau depuis le retour de mon dernier ultra dans le désert d’Atacama ? Mais pourquoi on me pose toujours la question ??? Ah oui pour faire marrer Arthur ! Je récupère mon dossard et là première très bonne surprise du week-end : on m’a attribué le 33. Pour une fille dont le chiffre fétiche est le 3, avouez que c’est plutôt bien parti cette histoire. Séance photo sur le parvis de l’hôtel de ville et là nouvelle bonne surprise : je me trouve bien sur la photo ! Disons que je me reconnais en tout cas et ça c’est tellement rare qu’il est important de le signaler. Direction mon hôtel pour me poser 2 min avant de repartir pour la pasta party CAF organisée d’une main de maître par Cecile. Bon par contre mettez 7 filles passionnées autour d’une table et automatiquement le niveau sonore monte un peu… Je m’excuse auprès des autres clients du restaurant qui sont maintenant imbattables sur la Sainte Express, le fartleck et autres joyeusetés du monde de la course à pied. Je rentre un peu tard je l’avoue à l’hôtel et en 2 min je fonce au lit. Petit déjeuner prévu à 6h avec mes collègues journalistes venus là pour couvrir la course et ça fait tôt cette histoire… Mais je ne vais pas me plaindre parce que normalement le petit déj le we n’ouvre qu’à 7h. Là, je vais avoir la possibilité de bien charger les batteries, ce qui n’est pas un moindre mal vu mon état global.

guignol

Dimanche, jour des braves !

Métro, boulot mais pas dodo… Il faut y aller, parce que je ne suis pas d’ici et il va falloir tout donner pour cette foutue course le plus vite terminer. Je retrouve Arthur planqué au chaud, Jean-Philippe forcément, mort de rire de me voir « encore » là (allez avoue tu me suis !) et je rencontre enfin Patricia, une brut de fleurs tout en sourire et en énergie. Arrive ensuite Juju qui n’avait pas communiqué sur sa venue, et que je suis ravie de revoir. Décidemment y a tout le monde ! Et ce n’est pas fini, j’embrasse Thierry le 3ème pingouin de la bande avant de tomber par le plus grand des hasards dans le sas du départ sur un garçon qui m’aborde « euh Cécile tu te rappelles je suis l’infirmier en psychiatrie de la LyonSainteLyon ». Tu m’étonnes que je me rappelle ! Une rencontre pareille alors que tu te ramasses les pâquerettes avec Kilian, le mien, pas l’autre… en tentant de rentrer à Lyon ça ne s’invente pas ! Sans parler du fait qu’il était là aussi sur la ligne d’arrivée de ma deuxième attendant une collègue qui arrivait juste derrière moi. Là, Vincent est coureur lui aussi et il est accompagné de Julien, collègue de son hôpital, en charge de la sécurité incendie. Vous la voyez venir la blague à 2 balles ? Je la fais avant vous : c’est tout à fait un équipage comme ça qu’il me faut, un infirmier en psychiatrie parce que je suis barrée, un pompier parce que je fous le feu avec ma jupette ! Voilà ça c’est fait, ça vous fera un commentaire de moins à écrire !

Nous ne décidons pas de partir spécialement ensemble c’est la course et mes ennuis mécaniques qui vont faire que je vais passer 38 km à leurs côtés. Mon lecteur MP3 est vide… Je n’y crois pas… Moi une course pareille sans musique dans les oreilles punaise ça va être long… Et le rythme du duo me convient bien. C’est parti pour une bonne séance de papotage. Les 12 premiers km s’écoulent sans grande difficulté, premier ravito, il fait beau tout va bien. J’avale un verre de coca avec une pâte de fruits et c’est reparti. J’ai bien compris le principe de cette course : tu montes et tu descends, tu montes, tu descends. Les escaliers sont certes les rois de la balade mais ils se révèlent sacrément traîtres avec des marches bien tordues. Je bénis le ciel de l’avoir faite sous le soleil parce que la même chose sous la pluie tu oublies ! C’est carrément holiday on Ice cette histoire sur un sol mouillé. Je suis rassurée parce que ce premier ravito est celui qui sera le plus éloigné, après nous aurons à peine 10km entre chaque et franchement il fait soif. C’est super bien organisé en tout cas à ce niveau, on trouve de tout, les bénévoles sont comme toujours adorables et efficaces. Notre équipage repart rassasié pour de nouvelles aventures. Au bout de quelques km il faut se rendre à l’évidence, y a comme un blême. Euh c’est qui tous ces gens ? Ils viennent d’où ? Le 22 et le 38 se rejoignent pour quelques km communs et là ça devient du grand n’importe quoi. Dans un parc nous allons nous retrouver à faire de l’accrobranche pour nous extraire de ce bouchon, des coureurs affutés pour faire un temps s’énervent même si je ne comprends pas trop où est leur problème mais ça râle sérieux. Et moi je me dis que oui mes newtons sont super belles et que j’assure grave question look des pieds mais qu’une paire de trails légères auraient été les bienvenues. En plus à ce rythme je vais me péter un ongle moi…

escalier

Nous arrivons au 2ème ravito et là ça devient du grand guignol (forcément à Lyon, c’est logique… page culture générale puisque c’est à Lyon qu’est né Guignol). Il y a tellement de monde pour en sortir que l’unique petit portillon est saturé. Du coup, on fait d’abord demi-tour pour retourner boire un verre. Pas la peine de s’énerver, on ne peut pas avancer, autant ravitailler. Mais comme le redbull est servi sans vodka, on ne va pas s’éterniser non plus. Des coureurs tentent un passage par la droite et je les suis embarquant mes 2 compagnons dans notre nouvel atelier ludique et pas du tout dangereux baptisé « tu escalades les barrières, tu t’accroches dans le vide en espérant ne pas glisser et tu sautes pour récupérer l’escalier ». Je tiens à remercier ici le gentil coureur qui a préféré m’assurer dans mon retour sur le plancher des vaches plutôt que de se prendre une blonde de 58kg sur la tête ! Dieu merci ce foutoir finit très vite et nous partons vers la droite alors que les autres partent sur la gauche. Mais du coup on se retrouve tellement seuls que je finis par me demander si on n’a pas raté un truc là… Coureur en vu loin devant, coureurs en vue loin derrière, ça doit être ça. Et les montagnes russes reprennent, un coup tu montes, un coup tu descends. Un petit tour du côté des quais où je découvre ces foutus galets ronds franchement pas adaptés à ma foulée plus vraiment légère. Point positif : notre temps. Je suis la première surprise, je tiens le rythme alors que j’attends le moment où je vais forcément m’écrouler mais il ne vient pas. Je ne sais pas si c’est la perspective d’avoir le temps de prendre une douche avant de sauter dans mon train mais j’avance et je ne suis pas trop un handicap pour les copains. Par contre, Julien commence à montrer des signes de faiblesse. On dit souvent que je suis cinglée mais bon lui il est venu courir après sa nuit de service… Tu m’étonnes qu’il commence à fatiguer le pauvre. On lui remonte le moral, on s’accroche tous les 3, l’objectif maintenant est clairement annoncé, en dessous de 5h ou mourir. La montée à Fourvière au milieu des croyants qui fêtent le dimanche des rameaux est assez surréaliste pour être honnête. On nous laisse passer en nous demandant souvent « c’est un marathon ». Oui oui, c’est ça ! Pas la force d’expliquer la vérité ! Arthur m’avait prévenu, quand tu attaques la piste de ski, tu ne lâches plus rien c’est fini. Et oui il y a une piste de ski désaffectée en pleine ville et vous pensez bien que l’orga ne pouvait pas la rater celle-là. Dans ma tête ça va dérouler jusqu’à l’arrivée, forcément Arthur me l’a dit. Tu parles Charles !!!! Et ça continue à monter, et ça continue les escaliers bien tordus où tu as intérêt à regarder où tu mets les pieds. Vincent est clairement devenu le leader du trio, je m’accroche, j’arrête de penser parce que de toute façon si je pense, je me mets en boule et je pleure. Les jambes sont vraiment douloureuses et j’ai un genou qui hurle qu’on l’achève là sur place. J’ai le regard dans le rétro pour surveiller Julien qui est à la peine et nous filons vers l’arrivée qui se fait tellement désirer. J’ai aussi le nez sur mon chrono et je me demande si nous allons y arriver. Ça n’en finit plus de monter alors que j’espérais 3km roulant pour tout donner.

on_fait_moins_les_malins urban_trail

Soudain apparaît devant nous une veste rose reconnaissable entre toutes, Patricia est là juste devant moi. Ah cool ça c’est une super surprise. J’accélère un peu pour la rattraper et immédiatement nous décidons de finir ensemble. Sincèrement j’ai rarement autant donné pour finir une course, autant surveillé l’heure. Vincent ouvre la route, nous le suivons et j’avoue, là j’ai un peu oublié Julien. De toute façon, je sais qu’il va finir, il reste 1km, la question ne se pose même pas. Une dernière traboule, un hôtel de ville à traverser, l’arche est là enfin. Le speaker veut attraper Patricia au vol mais nous filons comme l’éclair pour passer la ligne d’arrivée main dans la main. Je suis trop contente !!!! 12h28 et des poussières à mon garmin, objectif atteint, je suis LUT de Bronze comme on dit là-bas. J’embrasse mes compagnons de route et je file me chercher un verre de coca parce que là j’en ai bien besoin. Je tombe sur Arthur et les copains et je râle « eh les mecs vous étiez où pour la haie d’honneur ? ». J’ai le droit à un « ben tu comprends on ne pensait pas que tu arriverais si vite aussi »… no comment les garçons !

Je prends un deuxième verre et je file sur la ligne d’arrivée pour accueillir Julien qui arrive enfin. Il a l’air content de mon initiative en tout cas. Photos souvenir (je les attends) et déjà je dois filer. Je récupère mon sac, fais un coucou aux cafeuses qui ont assuré sur le 22 et direction mon hôtel, la douche, le train, la maison.

Sincèrement cette course m’a fait du bien au moral parce que j’en avais encore sous le pied pour finir en beauté avec Patricia, ce qui était loin d’être évident. J’avais 80 bornes dans les pattes le we précédent, aucun entraînement, je me contente uniquement de faire des courses en ce moment mais ça a tenu. Bon j’ai mis un peu moins de 5h, je n’ai pas fait ma Brinouille en faisant un podium non plus (4h53 exactement)! Mais je me suis régalée, j’ai passé un super we avec les copains et les copines, mis enfin un visage sur plusieurs amis FB qui n’étaient que virtuels et qui se sont révélés comme je les imaginais. Pour le moment, je ne suis pas sur la liste de finishers comme je m’y attendais, 2 dossards pour la même personne forcément ça finit comme ça. Mais surtout j’ai eu la confirmation de ce que je subodorais : le 3 est vraiment mon chiffre !

Cécile

Merci à Arthur pour l’accueil ! Fais gaffe, je reviendrai !

Merci à Vincent et Julien pour ce super moment passé ensemble.

Merci à Patricia pour cette arrivée mémorable

Merci aux cafeuses pour ce diner topissime !!!

Les photos ne sont pas les miennes c'est juste pour illustrer tout ça, elles vont arrivées !

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Japhy et Barbie sont à Paris ou l'Ecotrail 2012

Écrit par Cécile on .

Japhy et Barbie sont à Paris

L’écotrail…ça faisait un bout de temps que cette course me faisait de l’œil. J’ai habité Paris pendant des années mais je reste toujours une grande enfant dès que je reviens dans cette ville. J’ai eu la chance de voyager mais le charme du Trocadéro, la Tour Eiffel qui clignote de mille feux, moi, que voulez-vous, ça me rend toute chose. Maintenant, mon souci était bien entendu que je n’envisageais pas une seule seconde de me contenter du 50 ou du 30 : quitte à faire cette course je voulais la montée au premier étage. Mais voilà, avec mes petites balades autour du monde, envisager très tôt une participation à une telle course n’était pas raisonnable. J’ai donc eu la chance de pouvoir attendre mon retour du Chili pour me décider. Je suis fofolle c’est une chose mais courir 80 km les pieds explosés, faut pas pousser. C’est donc pour ça que je n’ai parlé de ma participation qu’au dernier moment. Mon unique ampoule a l’air de bien cicatriser, par la force des choses je n’ai pas non plus puisé dans mes réserves là-bas, officiellement tous les indicateurs sont au vert. Je sais aussi où se situe mon niveau actuel : hors de question pour moi de partir sur une base qui ne m’apportera que fatigue et frustration quand je réaliserai que ça ne passe pas. Du coup, je pars sur 12h pour une arrivée symbolique à Minuit, genre Cendrillon le retour bis. Je trouve que ça le fait moi minuit. Je contacte Japhy qui est de la partie, qui m’avoue qu’elle vise un peu moins. Nous convenons d’une chose : nous partons ensemble mais ce sera chacun pour soi en fonction des sensations. En théorie, j’ai l’air bien mais en pratique je n’ai aucune idée de ce que cela va donner. C’est quand même 80km cette blague… Et devenir un poids pour elle, hors de question. Elle a autre chose à faire que d’assurer le soutien psychologique d’une pauvre blonde qui gère son planning course n’importe comment…

tour_eiffel

La préparation : je ne vais pas vous le refaire à chaque fois mais là que voulez-vous, vous vous doutez bien que dans les 15 jours qui suivent un ultra dans le désert, l’idée même de renfiler des baskets me file la nausée… J’ai quand même tenté une sortie de 50 minutes histoire de voir si mes pieds me portaient toujours. Conclusion ? Je vais mourir… Je rentre chez moi en me disant qu’il faudrait peut-être plutôt envisager une hospitalisation d’office en service psychiatrique parce que là ça devient du grand n’importe quoi. Mais voilà, il se trouve que j’ai besoin d’aller courir, un besoin physique et psychique d’aller me défouler un peu. Vendredi j’arrive à Paris pour plusieurs petites choses. D’abord m’offrir 2h de bonheur parfait avec un rituel du Siam à l’Atelier des Sens. J’ai découvert l’endroit à l’occasion d’une conférence de presse et je me suis dit qu’un bon gommage pour éliminer ma peau de crocodile et un bon massage ne pourrait pas me faire de mal. Le masseur (on m’a demandé si cela ne me dérangeait pas que ce soit un homme !) va faire des miracles sur mes épaules totalement bloquées par des heures passées avec un sac trop lourd. Je sors de là à 15h, je suis une guimauve… Ah oui mince je n’ai pas encore mangé… Je file à République pour mon rendez-vous suivant et je m’arrête au mac do avaler un wrap au poulet (euh pour les protéines…) et c’est parti. Après avoir mis en place le prochain numéro de Running pour Elles (il va être bien celui-là aussi !), je file chercher mon dossard au pied de la Tour Eiffel où je retrouve bien sûr des amis, ça papote, le temps passe et j’ai encore faim… Histoire de patienter un peu je file au Troca pour avaler un petit gâteau au salon de Thé top chic et totalement décalé qu’il y a sur la place. J’en profite pour poser mes talons et remettre mes ballerines, mes pieds hurlent qu’on les achève… C’est tout moi ça, toujours porter des talons la veille d’une course. C’est quand même inouï ce truc que j’ai… Au Chili j’ai fait pareil, résultat : 2 petites ampoules sur le dessus du pied, je n’avais même pas commencé à courir ! Il est 19h, je goûte… 21h30 je commence à diner avec ma petite sœur qui certes m’a trouvé une super adresse avec une terrasse pour une fois pas dans les pots d’échappement mais avec une carte à des années-lumière du repas type veille d’ultra. Mais bon j’embête assez la famille avec mes histoires de courses pour ne pas en plus leur imposer un régime alimentaire particulier, faut pas pousser non plus. Sans parler du fait que la salade thaï au bœuf est une tuerie, tout comme la tarte au citron déstructurée… Mais question sucres lents j’ai connu mieux. Coucher super tard et lever super tôt… Eh ben ça promet encore cette histoire. Je file sans prendre de petit déjeuner (de toute façon il n’y a rien à l’appart) et j’achète au Monoprix de la station de la Défense de l’ananas frais et des gerblés au sésame. Mouais… A tout faire en vitesse, j’oublie surtout que le départ est à midi et qu’il aurait été un peu malin de prendre aussi de quoi déjeuner un peu. Mais grâce à ma vitesse supersonique, j’arrive avec le premier bus sur la base de loisirs de St Quentin en Yvelines. C’est cool, j’inaugure les toilettes (tradition respectée depuis la LyonSainteLyon), je profite du thé offert et je papote avec les quelques coureurs déjà présents tout en commençant à regarder mes pieds. Il faut que j’emballe ça parce que j’ai bien peur que ça ne tienne pas la route. Valérie, ma copine de ma balade indienne arrive ainsi que Xavier. Ils décident de m’apprendre à me servir de ma poche à eau et tentent de m’apprendre tous les trucs pour éviter que ça glougloute dans mon dos. Ah oui j’avais oublié un détail : dans la série « j’aime me foutre des handicaps », j’ai encore fait fort. J’ai des chaussures toutes neuves aux pieds (les dernières north Face) et le nouveau sac conçu avec Sébastien Chaigneau. Je ne sais pas ce qui m’a pris… Peut être le secret espoir que son esprit soit là à mes côtés pour me faire aller encore plus vite… Je n’ai jamais utilisé de poche à eau de ma vie, je suis gourde moi (humour !). Mais je me dis qu’il serait temps quand même que je teste ça en grandeur nature. Eh ben je ne vais pas être déçue…

Japhy est là, il est temps de se bouger un peu, un dernier pipi catastrophe derrière une cabane, un bisou à Olivier qui est là aussi (ça finit par faire grand rassemblement d’anciens combattants cette histoire quand même) et je rentre dans le sas de départ à l’arrache. Je suis quasiment arrivée la première sur place et je suis en retard pour le départ… Cherchez l’erreur tiens.

La course : Et c’est parti pour 80km ! Je m’installe dans les roues de Japhy et je ne pose pas de question. Elle donne le rythme et ça me va bien. Sauf qu’elle a l’air bien décidée à courir tout le temps… Et moi j’ai un peu perdu l’habitude… Surtout j’ai 2 soucis qui apparaissent tout de suite : j’ai soif, mais alors vraiment soif. Je subis de plein fouet la déshydratation profonde qu’une course dans le désert impose à notre corps. Je suis super inquiète parce qu’avec mon histoire de poche à eau, je ne vois pas où j’en suis exactement et je n’aime pas ça. Je bois toutes les 10 min de toute façon, pas le choix sinon dans 3 km je ressemble à un vieux raisin sec oublié dans un placard. Autre petit souci et non des moindres : j’ai décidé de fertiliser tout le bassin parisien… Désolée de vous faire part de ces détails mais il faut bien en parler vu que la pauvre Japhy s’est retrouvée bien malgré elle à gérer mes problèmes. Je suis vraiment inquiète de cette histoire parce que ça me rappelle ma 6000D qui s’est finie dans les vomissements. Là il y a quand même quelques bornes à faire et à ce rythme on ne va jamais y arriver. Premier CP et les ennuis continuent. Ok j’ai compris : on ne teste pas du matériel sur une course sans avoir au minimum pris 2 min pour le tester au repos. Je m’énerve pour remettre la poche chargée à bloc dans mon sac, le système de serrage, sûrement très bien en pratique pour quelqu’un qui sait s’en servir me résiste. Japhy vient à mon aide et cette saleté finit par rentrer. 2 verres de coca comme médicament et c’est reparti, avec mon ange gardien qui pense même à prendre des réserves de papier sopalin !!!

barbie_et_japhy_parcours

Le prochain CP n’aura que de l’eau, nous le savons déjà et il est à 23km… Ce n’est pas la porte à côté non plus. Nous courons à une vitesse cool mais régulière. Nous marchons quand ça monte trop, on continue à papoter tranquillement et finalement ça défile pas mal. Je découvre que Japhy mate mon neveu du sud lorsqu’il fractionne le long du canal, je retrouve mon copain Philippe du MDS, Démétrio le fireman de l’Australie, spectateur en vélo, parce qu’il est interdit de course pour le moment. Nous retrouvons aussi Laurent le célèbre bagnard qui se marre en me disant que je suis vraiment partout ! Ben quoi ? Moi dès qu’il y a une course avec un monument de Paris j’en suis. Ça peut être un 24h autour d’une grande roue aux Tuileries ou un écotrail avec la Tour Eiffel, ça me plait ! Alors que je commence à retrouver des sensations correctes, voilà que ma Japhy commence à avoir des problèmes. Elle a un point de côté qui ne semble pas vouloir passer. On marche pour la laisser reprendre son souffle mais dès qu’on repart, il revient. Bon maintenant marcher à la façon Japhy ce n’est pas une sinécure non plus… C’est la Brinouille du sud !!! Elle te fait fumer le sentier quand elle veut. De toute façon c’est bien simple, elle marche, je trottine derrière ! Mais voilà par moment je suis un peu devant quand même. 2 fois elle insiste pour me dire de partir sans elle. Mince alors… ça m’emballe moyen cette histoire… Maintenant je sais que si j’insiste, déjà je la gonfle et ça je n’aime pas, ensuite je risque de la maintenir à un rythme un tout petit peu trop élevé qui ne lui permettra pas de faire passer son point de côté. Finalement je pars et quelques centaines de mètres plus loin je me retourne, elle n’est plus là… Je décide d’aller à Meudon et de l’attendre là-bas. J’arrive au 45ème, je suis à sec de chez sec… Il était temps qu’il arrive celui là tiens. Je retrouve un copain de la Trans’aq qui a l’air aussi vanné que moi. Pas de Japhy en vue. Mince alors qu’est ce que je fais ? Je décide de repartir en marchant et en mangeant un paquet de m&m’s histoire de lui donner un peu de temps pour me rattraper. Je stresse à mort avec les histoires de barrières horaires. En fait je n’ai pas pris avec moi les infos (oui je sais c’est stupide…), et je suis perdue. Je n’ai qu’une trouille, revivre l’UTMB de l’année dernière et l’idée qu’on me décroche mon dossard m’énerve. Je finis par repartir la mort dans l’âme mais il faut que j’y aille. Nous en avions déjà discuté avant et de toute façon elle aurait fait la même chose à ma place. Je tombe sur Géraldine et son fan club que j’embrasse au vol et je fonce vers Chaville. Bon sang que c’est long 10 km… Je fais tout pour y être juste avant la nuit histoire de n’avoir à sortir ma frontale qu’en arrivant là-bas. Pour m’accueillir, excusez du peu, il y a Serge Girard sous l’arche. Ok il n’est pas là pour moi bien entendu mais quand il me dit « bravo » j’ai quand même le réflexe de lui répondre « non mais vous plaisantez là, c’est à vous qu’il faut dire bravo ! ». Je m’écroule sur une chaise et je tente de manger un morceau. Je sors une barre salée d’Overstim que j’avais prise en test, bon ben vous oubliez… Petite surprise, je vois arriver Philippe, rédacteur en chef de ma revue préférée à savoir Ultrafondus qui n’a pas l’air plus vaillant que moi. On se marre et je lui dis qu’il y en a marre quand même de ces journaux à la con qui donnent l’impression que l’ultra c’est facile ! Je repars avec ma frontale sur la tête, bien décidée à aller jusqu’à St Cloud et ravie de savoir qu’à partir de maintenant les ravitos seront moins espacés. Je n’ai pas fait 2km que je réaliste que je me suis levée en laissant sur la table le reste de ma barre et un papier de m&m’s sans les jeter à la poubelle en partant… Mince alors… Qu’est ce que je fais ? J’y retourne ? Ça m’inquiète un peu sur mon état de fatigue qui commence à se faire plus important que je ne le pense ou que je ne ressens. Il va falloir être sacrément attentive parce que par terre ce n’est pas du bitume et un caillou sorti de nulle part peut vite être synonyme d’une entorse. Je cours tranquillement mais sûrement, je marche de temps en temps pour reprendre mon souffle. Je suis comme toujours dans ma musique et comme souvent je me mets à chanter. C’est quand j’attaque « I’m sexy and I know it »que je me dis qu’il va quand même falloir calmer mes ardeurs, que oui c’est samedi soir et qu’il y a « the Voice » au même moment sur TF1 mais là il y a quand même plus de coureurs autour de moi que dans mon désert… Le ravito de St Cloud est là et je sais que l’arrivée pour minuit est possible, et même pour 11h30 si je me bouge un peu les fesses. Je prends quand même le temps de boire une soupe, de dévorer un balisto trouvé sur la table de ravito et d’appeler mon fils ainé qui doit m’attendre à l’arrivée pour lui dire que je devrais être là un peu plus tôt, ce qui devrait nous permettre d’aller directement chez Mac do avant de rentrer à la maison. Il regarde les horaires d’ouverture en direct, je suis tranquille, c’est jouable pour une orgie de frites sur les Champs. J’appelle aussi Fred pour savoir s’il a des nouvelles de Japhy. Et bien entendu, nous n’arrivons pas à nous entendre. Il est déjà à la Tour et la ligne n’est pas bonne. Bon maintenant je n’ai pas reçu non plus de sms de sa part pour m’annoncer son abandon, chose qu’il aurait forcément faite. Elle doit donc être dans la course derrière moi et je repars. On m’a prévenu, on commence par une descente, ensuite ce sera les quais que je connais bien. Plusieurs personnes le savent, j’ai eu la chance de vivre sur une péniche sur la Seine pendant quelques temps et je rêve d’y retourner vivre un jour. Je sais qu’à partir du moment où je vais l’avoir à mes côtés, je vais pouvoir me détendre, parce que je vais retrouver mon amie. Elle est là, maintenant c’est plat, il suffit de dérouler jusqu’à l’arrivée. Je sais que pour beaucoup de coureurs la dernière partie est difficile, déjà parce que c’est aussi la fin et qu’on en a plein les jambes, mais aussi parce que c’est un tronçon relativement inintéressant. Seulement pour moi, c’est un peu comme si je retrouvais ma maison. Je peux relâcher la pression, penser à autre chose qu’aux barrières horaires. Même si je marche (m’en fous Pierre est en Italie j’en profite !), je finirai avant 1h du mat. Seulement voilà, à ne plus penser qu’à la course, tout ce qui occupe mon esprit depuis quelques jours refait surface violemment. Il suffit d’une chanson et je me retrouve comme une pauv’ fille à sangloter sur les quais. J’ai eu plusieurs mauvaises nouvelles qu’il a fallu encaisser et même si tout le monde me dit tout le temps « ça va aller, tu es forte », ben là j’en ai marre. Je n’ai pas envie d’être forte, j’ai juste besoin d’évacuer, un peu bruyamment je le concède aisément ma tristesse, mes inquiétudes… C’était aussi une de mes motivations à aller sur cette course. Je sais que ce que je vais dire là ne va rien arranger à mon image de frappadingue certainement un peu déséquilibrée quelque part mais que voulez-vous, c’est un peu la vérité. Ce genre de course me permet de me mettre dans un état de fatigue physique et émotionnelle tel qu’il fait sauter les barrages.  C’est ma séance de psy à moi qui a le double avantage de lutter également contre la cellulite sur les cuisses. C’est le double effet kiss cool quoi ! Un coureur qui me double a l’air bien embêté de me voir dans cet état là. Je le rassure en lui disant que tout va bien, que tout cela n’est pas lié à la course. Allez c’est bon maintenant il est temps que je me ressaisisse un peu. Je mouche mon nez comme une gentille fille que je suis et bénis Japhy et son stock de sopalin ! Je pense à Fred qui va voir arriver un panda au premier étage de la Tour Eiffel parce que je n’ai pas pensé à mettre du mascara waterproof ce matin et je repars. Bon sang que ça fait du bien de pleurer un bon coup parfois !

J’arrive en haut d’un escalier et là je découvre mon ami Pascal qui devise tranquillement avec un bénévole, attendant que je veuille bien arriver. Ça m’a fait un bien fou cette visite surprise ! En fait j’avais pensé à un moment lui envoyer un message du style « bon tu m’attends où pour pas que je te rate ! » genre je cours tellement vite que je risque de ne pas te voir mais je m’étais ravisée. Il avait peut être autre chose à faire que soutien psychologique d’une pauvre blonde runneuse désespérée un samedi soir… Mais non il est là et il a choisi les km sur les quais les plus pénibles pour me remonter le moral. Ça fait du bien de parler un peu et surtout d’apprendre la meilleure nouvelle de la soirée : il a un deuxième casque et un pantalon de moto en réserve pour m’emmener dès la ligne d’arrivée passée au mac do le plus proche !!! Elle n’est pas belle la vie ? Il me laisse à 2 ou 3 km de l’arrivée pour récupérer sa moto et filer à l’arrivée tout en me demandant de ne pas tourner à 3min au km pour qu’il soit bien là… C’est qu’il a de l’humour le bougre !

Je repars tranquillement et je me retrouve à la hauteur d’un coureur que j’ai bien dû doubler 10 fois et qui en a fait tout autant pendant la course. J’accélère un coup et je double en lui disant « allez une dernière fois pour la soirée et après je vous laisse filer ! ». Il rigole, remonte à mon niveau et c’est ainsi que je fais connaissance de Paul qui me dit « allez accrochez-vous je vous emmène à l’arrivée ». Nous allons discuter, avancer le plus régulièrement possible pour enfin arriver aux pieds de cette foutue Tour. L’arrivée est vraiment géniale, digne d’un tour de France. Le public est là de chaque côté des barrières qui forment une allée et nous sommes acclamés comme des héros. J’en ai des frissons ! Pascal est bien déjà arrivé et je file vers les escaliers que j’attaque bille en tête. Je veux en finir au plus vite, que voulez-vous l’appel des frites et de toute façon j’en ai encore dans les jambes. Je vais faire un truc pas gentil du tout : je vais doubler du monde… En m’excusant à chaque fois quand même. Je suis super gênée de faire ça, si prêt de la ligne d’arrivée mais bon j’ai un rythme et j’habite une maison avec plein d’escaliers alors les marches sont mes amies ! Je passe la ligne trop vite, Fred n’a pas le temps de prendre la photo !!! Je referais une fausse arrivée pour immortaliser la chose. Je suis trop contente, 11h16 et 34 sec pour être précise ! Soit presque 45 min de moins que mon temps espéré, c’est dire si je suis heureuse. (on a refait la photo parce que je suis arrivée trop vite, ceci explique le chrono ci dessous !!!)

arrive_ccile_tour

 

Et je le suis d’autant plus que Fred m’annonce qu’il vient de recevoir un message de Japhy, elle attaque l’escalier ! Mince alors, si j’avais su qu’elle était aussi proche, je serais restée en bas pour l’attendre… Franchement on n’est pas non plus à 5 min sur ce genre de course. Elle arrive, on s’embrasse, re photo et j’abandonne tout le monde pour dévaler les escaliers pour retrouver Pascal qui m’attend en bas et mon fils ainé qui, pris de cours par la vitesse de sa mère, m’attend du coup directement sur les Champs. Je suis rassurée parce que ma Japhy n’a pas l’air fâchée du tout après moi, et elle me rassure en me disant qu’elle aime bien courir seule. Et moi sincèrement, après la semaine difficile au Chili j’avais besoin de courir en écoutant seulement mes sensations.

80km0001

Je file chercher mon sac au vestiaire où je retrouve Géraldine qui a le don de téléportation puisqu’elle est devenue comme par enchantement bénévole à l’arrivée. C’est quand je vais enfiler mon pantalon et surtout quand je vais regarder la moto en me disant que là je la trouve quand même super haute, que je vais me rappeler que je viens de faire 80 km… Euh Pascal, une harley bien basse, ça te dirait ? C’est vrai que mon look jupette, bas de compression, me donne un genre des plus décalés sur les Champs mais bon après tout il n’y a pas si longtemps (mouais… dans mes rêves !) j’étais sur cette même avenue avec mon mini kilt écossais, mon petit blouson en cuir et mes chaussettes montantes noires, tenue idéale pour l’époque qui me permettait de rentrer au Queen, histoire de vivre un autre type d’ultra, celui de la danse jusqu’au petit matin…

mac_do

La vie est un éternel recommencement !

Merci à Japhy pour sa patience, son sourire, son énergie, tout quoi ! Tu vas nous faire une CCC de folie !

Merci à Fred d'avoir attendu au premier étage qu'on veuille bien arriver pour imortaliser l'instant.

Merci à Pascal pour les 2 balades !

Merci à mon fils d'avoir attendu plus de minuit pour diner avec sa maman...

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Atacama Crossing le CR

Écrit par Cécile on .

Atacama Crossing, le premier mais pas le dernier !

Alors attention c'est du lourd... enfin question nombre de pages bien sur ! Alors du coup je me suis dit que pour occuper votre week-end, au cas où il ferait froid, qu'il pleuvrait, qu'il neigerait... ou que le programme télé soit pathétique, je pouvais me lacher un peu !

Viendront très vite un article sur le debrief un peu plus pratique de la course pour celles et ceux que cela pourrait intéresser et bien entendu toutes les photos des superbes paysages qui ont accompagné cette balade un peu particulière. (il faut juste qu'on comprenne comme fonctionne l'appli sur le site et je mets tout ça en ligne !).

Cécile

Le récit