Écrit par Cécile Samedi, 12 Novembre 2011 20:41
NY 2011, mon marathon aux mille visages.

Je vais vous épargner un CR classique absolument pas crédible de « Barbie découvre NY » puisque tout le monde le sait j’en suis à mon 4ème et mon 34ème marathon. J’ai cette chance inouïe d’avoir pu profiter de ce marathon hors norme à plusieurs reprises et c’est un bonheur chaque fois renouvelé même si cette année je me suis maudite d’avoir oublié que la fin du parcours, le long de Central Park est tout sauf plate… Un peu comme un accouchement où d’un enfant à l’autre on finit par oublier, la nature étant bien faite sinon nous aurions toutes un seul enfant !
Je vais vous épargner km après km, miles après miles, le parcours n’a pas un intérêt phénoménal, seule l’ambiance est inoubliable. Je pense que le film que nous prépare Sof parlera pour moi. Pour ceux et celles que le côté course à pied passionne plus que moi, je résume ma course : un premier semi un peu soutenu histoire de décrasser les carbus, un deuxième tranquille à aider qui en avait besoin, à réconforter à coup de m&m’s les coureurs en détresse… Pour être bien sûre de ne pas oublier mes bonnes résolutions j’ai même pris une seule paire de chaussures, celles que j’utilise pour l’entrainement, trop lourdes à mon goût pour un marathon mais parfaites pour une sortie longue. Je passe la ligne sans gros souci, retour à l’hôtel toujours aussi compliqué mais ça je commence à connaître. Je suis tellement en forme que souvent je traverse les ronds-points en courant sous le regard surpris des automobilistes et des piétons qui se demandent bien à qui j’ai piqué sa médaille et sa couverture de survie… 4h09, pas de quoi publier, mais ravie parce que mon retour sur le bitume a été moins douloureux que je ne le pensais.
En fait cette édition 2012 restera dans ma mémoire parce qu’elle a pris une tournure inattendue, il sera celui des rencontres, des rendez-vous et des visages connus ou inconnus. Pour ne vexer personne, je vais vous en parler par ordre d’apparition à l’écran !
Mes poussins !

Vous avez vu les filles je n’ai pas dit mes petites poules même si nos bavardages tenaient souvent de la basse cour reconnaissons le ! Surprise cette année avec tout plein de cafeuses au départ du marathon et pour faciliter les choses, elles partent toutes avec moi à part Réjane qui viendra nous rejoindre samedi matin pour la surprise. C’est vrai que le fait d’être dans le même hôtel, le même avion et la même chambre pour certaines était top. Même si j’ai un peu couru après le temps et mes rendez vous pro, c’était un vrai bonheur de les avoir tous les matins dans le hall et surtout de les voir toutes avec leur médaille autour du cou. Je ne vais pas vous mentir et je pense qu’elles ne m’en voudront pas si elles lisent ça, il n’était pas assuré que toutes soient à l’arrivée. Un marathon ça reste quand même un 42km et des brouettes avec tout ce que cela comporte. Une blessure, une défaillance tout peut arriver. Mais chez CAF même si tu vomis, même si tu blêmis, tu finis ! (on ne cherchait pas un slogan pour les tee-shirts CAF ???).
Si certaines ont sacrément galéré et inauguré le bitume new yorkais à leur façon, elles ont toutes passé la ligne d’arrivée, prouvant s’il en était besoin que les cafeuses sont de sacrées nanas. Je pense qu’elles ont d’ailleurs du dormir avec leur médaille autour du cou !
Maman poule était trop contente et trop fière !!! Les filles vous avez assuré grave !!!
Fred
Je vous en ai déjà parlé puisqu’il était avec moi au trail des aiguilles rouges. Il a aussi une qualité : il connaît les bonnes adresses du quartier ! Et comble du bonheur il m’a permis de rencontrer Idrissa donc je vais vous parler plus loin. Il venait à NY pour faire un temps comme on dit, il court à une vitesse qui reste du domaine de l’impossible pour moi. Mais surtout ce qui m’amuse le plus chez lui (ça y est je suis fâchée à mort !!!) c’est son stress… C’est le jour et la nuit avec moi. Autant je suis capable de partir à l’arrache sur un marathon en attrapant 2 gourdes de compote au vol, autant Fred réfléchit à sa tenue, suit son plan d’entrainement avec un sérieux que je lui envie. Ce qui est cool c’est que maintenant j’ai trouvé un copain qui stresse pour moi ! C’est grâce à lui que je vais me taper un petit déjeuner pré marathon peu raisonnable dirons nous… Mais l’hypoglycémie ne m’aura pas cette fois ! Et puis à côté de Fred il y a Cristel que je n’ai pas trop osé provoquer avec mon dossard. Un bébé de 3 mois adorable et une reprise depuis quelques semaines, je sais qu’elle regarde les coureurs avec envie mais pas de doute l’édition 2012 verra son grand retour et un temps canon à n’en pas douter une seule seconde !
Paula

Ah ben oui maintenant on est copine alors je peux l’appeler Paula ! Je vous explique : je cherchais une façon de faire un petit cadeau aux filles et je dois dire que je ne trouvais pas. Le tour en hélicoptère pourquoi pas mais là c’est moi qui faisais vomito partout… Et puis un jour, miracle un mail me proposant de la rencontrer dans le cadre de sa venue au marathon de NY pour promouvoir la fondation pour laquelle elle œuvre, Peace and Sport. Avantage de la situation : elle ne court pas le marathon cette année, elle est donc disponible. L’attaché de presse me propose aussi de venir au footing prévu pour les participants du marathon qui ont collecté des fonds pour l’assoc avec elle mais aussi Tegla Loroupe et Wilson Kipketer (excusez du peu !!!). Je demande « euh je peux venir avec des copines ? ». Mais bien sur ! Voilà comment nous nous sommes retrouvées à courir, faire du stretching dans une bonne humeur contagieuse au milieu d’un Central Park ensoleillé. Le rêve va continuer lorsqu’elle me proposera de venir déjeuner avec elle pour l’interview. Rendez-vous à son hôtel à 12h30… Ok, pas de souci ! Je te fais un retour version seuil pour avoir le temps de prendre une douche, j’attrape mon dictaphone et hop dans l’autre sens. Je vais passer presque 2h à discuter avec elle d’une façon tellement directe que je ne réalise encore pas trop ce qu’il s’est passé. Pour moi Paula a toujours été liée à NY. Il y a 5 ans je ne connaissais personne… Je me souviens très bien lorsque j’avais gagné le concours qui m’a permis d’aller courir mon premier NY, j’étais allée voir sur internet qui était le fameux Hicham El Gerrouj qui avait l’air d’impressionner mes collègues masculins sans parler de Philippe Rémond, notre coach d’un jour. Alors quand j’ai découvert les photos de cette blonde victorieuse passant la ligne avec sa petite fille dans ses bras, moi qui pensais à l’époque que si tu n’étais pas née au Kenya ou en Ethiopie les podiums tu oubliais, forcément je me suis intéressée d’un peu plus prêt à cette femme. Les filles vous le confirmeront, c’est une personne tellement simple, tellement adorable qu’on a presque du mal à imaginer qu’elle est la championne qu’elle est. Me retrouver en plus à NY pour la rencontrer, ville où je l’ai découverte… wouah, je ne réalise toujours pas !
Jérémy
Là j’imagine Aurélie derrière son écran d’ordi avec la mâchoire qui se décroche, le rouge qui monte aux joues et qui se dit « non elle ne va pas oser quand même ». Ne rêve pas ma grande tu me connais quand même !!! Nous avons toutes fait connaissance de ce charmant garçon il faut tout de même bien l’avouer le jour de notre footing à Central Park. Il tape la discute avec moi parce qu’il est bien élevé et qu’il a du comprendre qu’étant la mère poule de ma tribu de poussinettes il lui fallait mon autorisation pour les aborder mais très vite son intérêt se porte sur notre chère Aurélie. Mais voilà toutes les bonnes choses ont une fin et nous devons nous quitter. Dimanche soir je suis invitée à rejoindre le groupe des coureurs ayant couru le marathon pour la fondation pour un dîner japonais. J’embarque Tim mon copain journaliste anglais qui sera tout à fait à son aise dans un dîner « fluent english conseillé » et Jérémy est là bien entendu. Il vient vers moi le sourire aux lèvres, visiblement ravi de me revoir, ça fait toujours plaisir. Sa première question est « where’s Aurélie ? » (je ne vous fais pas l’outrage de vous faire une version sous titrée, on a toutes vues le spectacle de Gad Elmaleh. « euh ben Aurélie is not here, she take a shower to the hotel of sa mère et j’ai can’t say her to coming with me mais j’ai coming with Tim”. Vous auriez vu son regard déçu quand il a découvert me suivant mon copain british, certes le petit frère de Raph Fiennes mais apparemment pas du tout à son goût… Je vous rassure, depuis les mails ont été échangés et le contact rétabli. Inutile de vous dire que je compte bien être témoin du mariage et qu’ils ont intérêt tous les 2 à appeler leur première fille Cécile Barbie sinon je leur fais le coup du « et s’il y a quelqu’un dans la salle qui s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais » !!!
Tim
Je vous ai déjà parlé de lui puisque je lui dois de grands moments de rigolade et de course à pied à l’Ironman de Maresme. C’est à lui que je dois mes sorties à l’aube à m’accrocher comme une malade 48h après une anesthésie générale et une opération… Je lui dois aussi d’avoir planté la petite graine du tri dans ma tête. Il est sur Ironman et il ne comprenait pas pourquoi moi je ne me lançais pas. Lors de notre visite de Barcelone ambiance japonaise « 2h montre en main » pour faire le tour de la ville, nous avions fait une pause sur le port, moi buvant un caramel macchiato (j’arrive à trouver des starbucks où que j’aille, je suis un gps sur pattes à starbuck !), lui m’expliquant le bonheur absolu qu’il y avait de faire 180km à vélo avant de décrasser avec un marathon. Il se trouve qu’un an plus tard, presque jour pour jour, je fêterai ma première médaille dans un restaurant situé à 100m à peine de ce fameux banc où je lui ai promis que oui un jour je ferai un tri pour voir. 2 jours avant de partir pour NY, grâce à mon message sur mon mur FB annonçant mon départ, je reçois un mp : « you’re in NY ? Me tout ! ». Youpi, je vais revoir mon copain british et pouvoir lui raconter en direct live mes bêtises ! Mais voilà, je rate ses appels, mon téléphone refuse de fonctionner quand j’en ai besoin, bref ça part mal cette histoire. Et puis je reçois un sms me demandant «where are you ? », « ben juste devant l’apple store » et là j’entends un énorme éclat de rire, il est à 3m de moi penché lui aussi sur son smartphone. Quand je vous dis que NY est une petite ville !!! Un thé et une bonne partie de rigolade plus tard (il faut dire que même avec mon anglais de base « Barbie fait du tri » fait toujours autant rigoler, il a suffit de toute façon que je lui dise qu’on m’avait prêté un Cervelo pour qu’il parte dans un fou rire de 10 min… pas vexant le garçon), je lui demande dans quel sas il part le lendemain et comment il a eu son précieux sésame. « qualify time », il me répond… punaise mais il est plus jeune que moi… euh c’est combien ??? 2h45… ah ouais quand même… je me marre quand je repense à notre sortie matinale où j’avais le sentiment d’être à fond et lui aussi… j’en rigole encore…

Forrest Gump
Ben quoi ? J’ai bien déjeuné avec Paula je peux avoir vraiment rencontré Forrest Gump ! Pour celles et ceux qui connaissent un peu l’organisation du marathon de NY, ils savent qu’il y a d’abord le passage obligé par l’attente dans les sas, dans son corral plus précisément. Comme je suis très à l’heure j’ai presque une heure en fait à patienter. Je m’installe par terre dans le seul petit coin où il y a du soleil parce que même s’il fait beau il ne fait pas encore très chaud, les fesses sur un tas de feuilles. Au bout de 2 min, je vois débarquer Forrest, ambiance bardu, fin de sa traversée aller retour des US. Il y a très peu de personnes costumées sur ce marathon en fait donc forcément on le repère et tout le monde rigole en le voyant. Cela ne fait pas 2 min que nous sommes installés par terre qu’un coureur vient déposer à nos côtés un duvet qu’il a décidé d’abandonner sur place. Nous échangeons un regard, pas besoin de se parler, je le récupère et je nous couvre les jambes histoire de ne pas mourir de froid tout de suite. Forcément maintenant que je partage un duvet avec lui il est temps de faire un peu connaissance !!! Hi I’m Barbie and you Forrest !!! Très vite j’apprends qu’il court son 12ème marathon de l’année mais le premier pour une charities et c’est pour marquer l’évènement qu’il s’est déguisé. Il me demande ce que je cours et je lui parle rapidement de trucs dans le désert. Et là immanquablement la question que tous les américains rencontrés pendant ces quelques jours tombe : « vous avez fait le marathon des Sables ? ». ben oui mon gars ! Sa barbe lui tombe de la machoire et il me regarde avec ses yeux ronds… Mais c’est dingue quand même que personne n’imagine que je sois capable de faire ça… Et comme il est inscrit l’année prochaine, notre sujet de conversation est tout trouvé. Nous n’allons pas voir le temps passé et c’est seulement quand je vois les gens avancer que je comprends qu’il faut que je quitte mon duvet moelleux pour me lancer dans le grand bain.

Idrissa
Sans Fred je n’aurais jamais fait sa connaissance. Il fait partie de son groupe de coureurs qui sont suivis dans le cadre d’un projet L’oréal Men. C’est le plus jeune de bande (22 ans) et comme le dit si bien Guillaume, « forcément t’as pas choisi le plus moche ! ». Il faut avouer qu’il est non seulement adorable mais tout de même très mignon pour ne pas dire carrément beau. Mais bon même si je sais qu’une Demi Moore sommeille en chacune d’entre nous, la mienne est sacrément bien enfouie… Il pourrait réellement être mon fils et je vais d’ailleurs l’appeler « le petit » pendant tout le séjour, ce qui est tout bonnement ridicule puisqu’il doit bien mesurer 1m92 au bas mot. Il court son premier marathon ce jour là et je lui ai proposé de l’accompagner lui donnant rendez vous dans le sas de départ. Seulement voilà à faire des mondanités avec Forrest je ne le trouve pas… Je pars toute seule, avec un petit regret mais bon c’est comme ça, je ne peux plus faire machine arrière. Alors que j’ai retrouvé les convert et que je devise tranquillement à la Tortue lui répétant sans cesse « Dany, on va trop vite là », 2 coureurs du groupe de Fred me doublent et me disent « Idrissa te cherchait partout, il est derrière ». Ok retrofreins toute, cligno à gauche, je quitte le peloton pour rejoindre le public et attendre son arrivée. 2 ou 3 min après il est là, souriant comme toujours et apparemment ravi de me retrouver. Nous voilà partis pour au moins 15km. Il y a aussi Alex un coureur français qui lui aussi court son premier marathon mais qui vient du trail où il a déjà fait de longues distances. Je prends très à cœur mon rôle de maman en imposant un rythme régulier. Je sais qu’il peut courir plus vite, la question ne se pose même pas mais un marathon c’est long et j’en ai vu d’autres qui se sont brûlés les ailes à vouloir partir trop vite, moi la première ! Je sais déjà que je ne serai pas là pour le voir passer la ligne d’arrivée, je veux juste l’accompagner jusqu’au premier semi et le laisser partir comme un grand décrocher un temps qui correspond à son niveau. Si je le suis, je vais finir mal et me casser pour la Rochelle. Punaise que je deviens raisonnable moi en vieillissant… Pour info il finit en 3h49 je crois à quelques secondes prêt.

Blandine
Ok c’est une cafeuse et elle fait partie des « poussins » mais je voulais juste lui dire merci d’être venue avec moi au poulailler du Metropolitan Opéra mais quoi de plus normal pour des poules qui gloussent pour écouter Don Giovanni. C’est cool CAF, parce que j’ai trouvé des copines pour courir mais aussi des copines pour sortir !!! Eh Blandine il y a un marathon à Milan ? je n’ai jamais été à la Scala !!!
George
Sans S à la fin et c’est une fille !!! Aux US les Cécil sont des garçons et les George des filles… Cherchez pas c’est comme ça ! Je l’ai rencontrée sur le marathon de l’Antarctique et tous les ans à NY j’essaye de déjeuner avec elle. Ce que j’aime avec elle c’est que nous avons un peu la même vision de la CAP… Elle nous sert surtout à manger ce qu’on veut ! Et George question bonnes adresses à NY elle assure grave. Comme elle est bec sucré comme moi c’est juste un vrai bonheur de la suivre. Quand elle m’a dit thaï et pâtisserie, j’ai traversé une bonne partie de Manhattan pour aller la rejoindre et découvrir sa nouvelle adresse. Et je n’ai pas été déçue ! Vous connaissez l’expression « better than sex » ? Elle a été inventée pour les gâteaux de Lulu ! Et quand on sait que celui que j’ai dégusté s’appelle « passionately kissed » on comprend beaucoup de choses… C’est grâce à elle également que j’ai découvert un fast food de dumpling, les bouchées vapeur qui a eu l’idée géniale d’ouvrir un corner juste derrière le Waldorf. Leur chocolate Shanghai dumpling est comment dire ??? Aussi bon que Jérémy torse nu est agréable à regarder ! (private joke !!!). Et pour éponger l’alcool les vapeurs c’est top (voir suite pour comprendre !).
Béné
Ah Béné… c’est ma copine de la tente 60 et comme de bien entendu elle était là… toujours là dans les bons coups de toute façon. Nous réussissons à nous voir juste avant son départ et je vais la rejoindre à son hôtel 2h avant le départ de son bus pour l’aéroport. Pour résumer la situation, disons que tout cela est quelque peu parti en live… Direction le bar de l’hôtel pour un fou rire qui va durer 2h… Il faut dire qu’une téquila ça va mais 2 bonjour les dégâts ! Ils ont un cocktail appelé « big apple » qui nous semble tout à fait approprié pour fêter nos 2 médailles et nos retrouvailles. Nous refaisons notre marathon des Sables et franchement ça n’engendre pas la mélancolie cette histoire. Le problème c’est que le niveau sonore augmente autant que la quantité d’alcool dans notre sang… Un pauvre recruteur qui tente de faire passer des entretiens d’embauche à côté de nous doit maudire son choix de table et d’hôtel ! Je suis tellement partie que je vais même finir par promettre à Béné de tout faire pour retourner au MDS avec elle ! T’as raison ma fille… Je n’avais pas d’ultra dans le sable en avril, ça faisait un trou dans le programme des réjouissances ! En décrassage des 4 Deserts c’est une super idée… Bon je tiens à te le dire, j’ai dessaoulé depuis !!!

Voilà, mon marathon de NY 2011 est fini. Il a été aux couleurs de cette ville qui ne dort jamais, riche en émotions, en rencontres, en retrouvailles. Définitivement je me sens bien dans cette ville. Je ne peux pas y être pour 2012, pour cause de programme un peu intensif (je vais faire travailler la VMA des petites pingouins) mais je sais que je reviendrai un jour et que Central Park me reverra avec ma médaille qui brille autour du cou et ma couverture de survie ambiance papilotte. J’aime cette ville où je me réfugie tellement souvent, j’aime fouler Central Park à 5h du matin au milieu de toutes ces femmes qui font le même sport que moi.
D’ailleurs une chose m’a surprise c’est leur incroyable présence en force à une heure si matinale.
3 possibilités :
a. elles ont appris que les guedins françaises arrivaient et elles ont enfermé leur mari, copain, frère, cousin, que sais-je à double tour chez elles avant de partir courir ?
b. les hommes sont comme les ours blancs une espèce en voie de disparition à NY
c. elles vont courir le matin avec leurs copines pendant que Monsieur reste à la maison pour s’occuper des enfants, les emmener à l’école, sans oublier de préparer les céréales et le thé préféré de Madame avant de partir...
Alors vous en pensez quoi les filles ?
Cécile
ps : merci Aurélie pour les photos !

Écrit par Cécile Lundi, 17 Octobre 2011 19:37
En attendant toutes les photos j'en ai mise quelques unes histoire de vous faire patienter mais promis dès que je récupère tout ça je vous les mets en ligne !
Cécile
Triathlon de Barcelone 2011 : Je rêvais d’être un numéro…
Oui je sais ce titre est de la provoc pure alors que je viens de vous balancer un texte portant un titre revendiquant l’inverse mais toute personne qui a couru un triathlon un jour le sait, le numéro dans ce type d’épreuve, ça compte !!!
J’avais eu la chance de couvrir 3 ironman comme "journaliste" dans ma vie et tout de suite j’avais accroché. Je m’étais retrouvée bouleversée par l’effort fourni par les athlètes, consciente à mon niveau de course à pied de l’investissement que ce type d’épreuve engendrait. Comme toujours chez moi ça avait planté une petite graine quelque part dans un coin de mon cerveau, un jour pourquoi pas quand j’en aurais marre de mon bac à sable… Mais je n’étais n’avais jamais été plus loin. Comme je le racontais dans mon blog (séance de rattrapage ici !), ce triathlon de Barcelone est arrivé dans ma vie un peu par surprise. J’avais bien envisagé pendant l’été, lorsque j’avais compris que j’y participerais en vrai, de m’entraîner un peu à la rentrée mais voilà, UTMB raté, Aiguilles rouges sauvées, je me suis retrouvée fort dépourvue quand l’automne fut venu. Un bouclage à faire, un
Je crois que jusqu’au bout j’ai refusé de voir la vérité en face rassurée par la présence de copains plusieurs fois rencontrés sur des voyages presse : il y a Grégoire de Garmin, Matthieu de Triathlète magazine, Julianna de Trimag et s’est joint au petit groupe José, un avion à réaction du team Garmin. Je découvre ce que je subodorais : faire du tri ce n’est pas simple, avec la housse de vélo et tout le toutim, ils ont plus de bagages que moi les garçons ! Yeah !!!
Avion, aéroport de Barcelone que je commence à connaître un peu, taxi, hôtel, déjeuner à l’espagnole c'est-à-dire à 4h de l’aprem, le soleil, une terrasse, le bonheur quoi. Matthieu me propose d’aller courir 45 min ce que j’accepte en me demandant comment je vais bien pouvoir m’habiller. Je n’ai pris que ma combi tri fonction et nous en avons d’ailleurs une 2ème qui nous attend dans nos chambres, le genre de truc qu’il me faut déjà 5 min pour comprendre comment ça s’enfile et surtout qui est tellement moulante que j’ai juste l’impression d’être nue. Le plaisir de courir pieds nus je ne connais pas vraiment alors courir toute nue vous imaginez ! Je ne me vois pas sortir dans la rue habillée comme ça, c’est idiot mais moi les trucs moulants j’ai du mal. Je file m’acheter un sweat bien large histoire de camoufler ce que j’ai à camoufler et c’est parti. Je sais qu’il est meilleur que moi et ça va se confirmer : sortie à une vitesse plus que correcte pour une fille qui comme moi espère un peu réveiller la coureuse qui sommeille en elle. Une douche en vitesse et il faut déjà repartir parce que nous sommes là surtout pour assister au lancement d’un vrai petit bijou de technologie destiné à la pratique du multisport et plus particulièrement au triathlon : le 910. Ce truc est ahurissant !!! Je n’arrive même pas à comprendre comment on fait pour rentrer autant de technologie dans une aussi petite montre mais là franchement rien que pour pouvoir jouer avec je me mettrais bien au tri moi. Il vous décompose tout : vitesse dans l’eau, nombre de mouvements pour juger de votre efficacité, distance parcourue, temps pour les transitions… C’est bien simple il fait vraiment tout et en plus il vibre !!! Le 910 le meilleur ami de la triathlète je vous dis !

Super dîner avec le fameux poisson en vue et rencontre avec les Brownlee et non les brownies… Même s’ils sont tellement mignons tous les 2 qu’on en mangerait ! Oh ça va je sais elle est pitoyable celle là mais je rêvais de la faire ! Je vais faire ma groupie de base et me faire prendre en photo avec eux parce que ce n’est pas non plus tous les jours qu’on papote avec 2 futurs champions olympiques (un seul peut gagner…). Retour à l’hôtel où j’essaye de dormir et oh surprise j’y arrive. A défaut d’être entraînée, je vais tenter d’être reposée surtout que le programme du samedi est encore intense.
Le but de la journée sera de nous faire prendre en mains le petit bijou avec une séance de vélo statique pour le moment (dieu merci !) et une sortie en mer avec retour en nageant sur la plage. Pour le vélo tout va bien puisque c’est comme de l’aquabiking sans l’eau ! Les vélos sont statiques mais moi tu me mets du Guetta je suis contente… Le seul truc c’est que je ne comprends rien aux vitesses, d’ailleurs je n’avais pas vu comment elles se passaient… J’ai bien cherché les petites manettes sur le cadre comme sur le vélo de mon papy mais il n’y en avait pas. J’ai compris ensuite que nous étions comme sur une voiture qui va vite ave changement au guidon. Il parait même qu’il y a des plateaux sans bouteille d’orangina dessus ! La position course n’est pas très confortable pour mon dos mais bon la séance passe vite surtout grâce à Matthieu qui tombe de son vélo en se mettant en danseuse, celui-ci n’était pas suffisamment fixé. Nous tenons donc notre séquence pour vidéogag…
Enfin je suis bien la seule à rire parce que je comprends aux visages crispés des mécanos que ce n’est pas aussi drôle que ça. Le vélo est cassé définitivement et j’apprends consternée le prix du bébé que j’ai sous les fesses : 3 fois le prix de ma voiture… Non de dieu… Je peux me payer 6 paires de Louboutin si discrètement je repars avec… ça fait réfléchir quand même non ? Comme il ne rentre pas dans mon sac à main et qu’il n’est pas gonflable, j’abandonne l’idée. Pour l’instant, c’est super rigolo, la fille crie dans son casque, je suis face à la mer, il fait beau et comble de joie j’ai réussi à entrer dans ma combinaison tri fonction offerte par Garmin sans utiliser de chausse-pied. Ok je ne peux plus respirer quand je la porte et j’ai juste l’impression d’être à poil devant tout le monde mais passons.
Je file aux vestiaires pour sauter dans la combi de néoprène pour la sortie en mer. Je commence à l’enfiler et là je me rends compte qu’il serait plus malin de faire pipi avant de tout boucler à triple tour. Bon là les pro du tri il va falloir qu’on m’explique : vous faites comment pour faire pipi en vitesse 2 min avant un départ comme je le fais toujours avant une course parce que ma vessie de stressée refuse de se vider en une seule fois ? Pitié finalement ne me répondez pas !!! J’ai deviné toute seule !!!
Direction le bateau et surtout une mer plus qu’agitée. Nous allons un peu au large en ayant eu tout le temps de tester la température de l’eau qui envahit le bateau régulièrement. Moi je me régale, je suis bretonne ne l’oublions pas. Mais ça ne va pas durer. A environ 200 ou
Fin de la parenthèse, fermons les guillemets. Me voilà donc dans l’eau, au milieu des vagues qui n’ont pas du tout décidé de se calmer à tenter de tenir ma tête hors de l’eau. J’ai pour la première fois de ma vie une combi néoprène et le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas à l’aise. Je tente d’avancer au milieu de la houle, tout le monde est presque au niveau de la plage et moi j’ai dû faire 20m… Je vais boire 2 ou 3 fois la tasse à cause des vagues qui me tombent dessus et là je panique. Crise d’angoisse, mes poumons se rétrécissent façon ticket de métro, mon cœur bât dans mes oreilles, je vais mourir… Je fais signe au gentil monsieur sur sa planche chargé de la sécurité en mer (que Dieu le bénisse !), il me récupère, me rapproche du bateau et je finis en nageant trop heureuse de retrouver le pont du bateau. Je m’échoue lamentablement à l’arrière tentant déjà de retrouver mon souffle ayant pour l’instant l’impression que notre cher ministre des sports est assis sur ma cage thoracique. Punaise je suis pitoyable… Je m’enferme dans ma bulle, j’essaye de faire abstraction du fait que je viens de me couvrir de ridicule, que demain la mer est annoncée agitée, que je vais me retrouver au bout de 5 min dans l’eau à lever le bras pour qu’on vienne me récupérer… Tout ça pour ça… Retour sur la terre ferme où je retrouve les nageurs à qui je tente d’expliquer ma déconvenue. Je sens bien aux regards de mes collègues que mon inquiétude est partagée. Mais comme ils sont adorables, tout le monde me dit que ça va le faire. Ils ne m’ont pas vu faire le goéland accroché à sa bouée attendant les secours tiens pour dire ça !!!
Direction le camion des vélos et là je comprends que mes malheurs ne sont pas terminés. Je cherche désespérément le superbe vélo rose avec petit panier devant que j’avais demandé mais force est de constater que Garmin a l’amour du risque. Ils comptent me faire monter sur une de leur bête de course. Non mais c’est une blague ??? Les garçons eh oh !!! C’est moi !!! la blonde qui est tombée au bout de 30m la première fois de sa vie qu’elle est montée sur un VTT !!! Bon ok va pour le n° 19 mais là il faut me baisser la selle et m’installer des petites roues. Ah ça non plus ils n’en n’ont pas… Punaise… Le mécano absolument adorable se charge de 2 ou 3 réglages et me demande d’essayer le vélo pour voir. Ok reste calme… j’ai des ballerines de toute façon, pas l’idéal pour ce type de pédales mais bon. Le triathlèle est quand même un animal spécial quand on y pense : il aime se faire mal, il n’est pas fidèle à un sport, il lui en faut 3 à la suite (quelle forme !) et en plus il aime qu’on lui attache les pieds…
Je fais un petit aller-retour sur le parking, plutôt fière de moi de ne pas être tombée tout de suite et je rends vite le joli bébé. Vous auriez vu le regard désespéré du mécano… Je vous jure ça aurait mérité une photo. Il ne dit rien mais il le pense si fort que je l’entends : “ mais où ils sont encore allés nous chercher cette blonde… Elle va me péter un truc c’est sûr ”. Moi je refuse même d’envisager un quart de seconde que je vais devoir faire 20km sur cet engin parce que sinon je vais vomir et je n’ai qu’une barre de céréales dans le ventre.

Direction le village du tri maintenant pour quelques achats. Ah ça je sais faire !!! Je suis même championne du monde !!! Il me manque donc des lunettes pour nager et j’opte pour des bien couvrantes. Apparemment le masque et le tuba sont interdits… Pas très rigolo sur le tri je trouve. Il y a un stand seafish que les habitués de cette discipline connaissent bien et je compte m’équiper d’une nouvelle visière blanche pour compléter ma collec commencée avec la noire pour aller avec mes Oakley de la même couleur. Ouah trop beau le sweat assorti, et puis un comme ça j’en ai pas en plus. Je papote en anglais avec le responsable du stand de la marque et il me demande si je fais le tri le lendemain. Ça vous donne une idée de mon côté pro, même quand j’achète du matos on ne croit pas que je participe !!! Je lui réponds que oui mais c’est mon premier, que moi c’est plutôt la course à pied et l’ultra mais que je connais la marque à cause de la visière que je me suis offerte parce qu’elle m’avait plu et qu’il se trouve que j’ai un tatouage qui rappelle le dessin (enfin je ne lui ai pas parlé de mon tatouage !!!). Je lui dis que cette visière me porte bonheur ou au moins je me plais à le penser. Il me dit que lui aussi fait de la course à pied et que d’ailleurs il a fait le marathon des Sables cette année. Il me dit amusé qu’il a d’ailleurs vu les photos d’une fille qui portait cette visière avec un papillon accroché dessus et je lui dis que la fille en question ben c’est moi ! C’est un signe ça non ? Enfin c’est surtout le signe que le monde est très petit, un peu comme quand je suis tombée à Orly la veille sur mon copain Pascal partant pour une autre destination plus équestre, et qui tentait depuis plusieurs mois de me convaincre que je devais tenter un tri pour découvrir son monde. Hasard ou coïncidence, je ne sais pas mais il faut parfois se laisser porter par le destin.
Punaise j’en suis à 3 pages et je n’ai toujours pas pris le départ ! Je vais passer rapidement sur le déjeuner superbe avec vue sur la ville, sur le moment où faisant une petite balade dans la ville je me suis retrouvée enfermée chez Zara pendant 30 min parce que le magasin était attaqué par des manifestants qui avaient envahi la ville. Oui je sais le monde s’indigne mais moi je voulais juste m’acheter un foulard impression python parce que dans Elle ils ont dit que c’était à la mode. Dîner pas gras du tout dans une vraie cantine catalane, dites c’est bien plein d’antioxydant l’ail ??? Et les croquettes c’est du glycogène non ? Et les calamars à la romaine aussi dites ? Et je termine par un mystère pour les calories négatives et pour que l’esprit des Convert soit avec moi. Si je pouvais, je me saoulerais bien à la sangria mais je tiens si peu l’alcool que ce ne serait pas du tout raisonnable pour le coup.
A ma grande surprise je dors plutôt bien, il faut dire que la cuisine espagnole entraîne facilement la sieste. Mes affaires sont plus ou moins prêtes à mes côtés et de toute façon le départ est à 12h10 ce qui me laisse largement le temps de me préparer puisque notre bus est prévu à 10h. Petit déjeuner classique et en route vers l’aventure. Nous allons avoir un peu de mal à retrouver le camion où sont rangés nos vélos et tout cela n’arrange pas mes affaires. J’ai attaqué consciencieusement les petites peaux autour de mes ongles ayant renoncé à 14 ans à les ronger. Ça se lit sur mon visage je pense parce que Matthieu ne cesse de me répéter “ t’inquiète tout va bien se passer ”. Arrivée au camion je demande au mécano qu’il enlève de toute urgence les cales pieds. Je ne peux pas partir avec ça, je vais me tuer. Il réagit au quart de tour, conscient je pense que s’il veut le revoir avec 2 roues son bébé il faut qu’il m’aide sur ce coup-là. Direction maintenant la zone de transition où je vais installer mes petites affaires. On trouve notre allée au milieu des centaines de vélos déjà installés. C’est impressionnant, ça y est, j’y suis, plus moyen de faire machine arrière. Comme dieu merci le hasard m’a donné le dossard qui suit celui de Matthieu, nous nous installons l’un à côté de l’autre et je fais tout comme lui !!! Le casque sur le guidon, les lunettes prêtes, la serviette pour éponger les pieds, le porte dossard sur le guidon. Punaise on dirait une pro !!! Je colle mes autocollants partout et à mon grand regret je vais comprendre que je n’aurais pas le droit à mon numéro écrit sur le bras… mais à un beau sticker sur mon bonnet jaune. Euh sinon je peux vomir un peu ??? Si je pouvais avoir l’esprit de Twister sur mon épaule ça m’arrangerait là tout de suite maintenant.

Direction la mer pour le départ et là il faut le reconnaître Poséidon n’est pas mon ami. Il n’a rien écouté de mes supplications, l’eau bouge toujours. Certes moins qu’hier mais je suis loin, très loin de mes souvenirs de mer d’huile à Maresme pour l’Ironman. Ce sera en plus un départ en vague de 500 coureurs environ, la lessiveuse quoi. J’ai renoncé à la combi néoprène parce que l’eau est à 24 et que je ne suis pas assez à l’aise avec ce truc là. Peut être qu’avec le crawl ça passe bien mais moi j’ai l’impression d’être enfermée dans quelque chose qui m’étouffe. J’écoute aussi les conseils de mon coach d’un jour : au fond à droite ! Je sais que si quelqu’un, même involontairement, me met la tête sous l’eau, je risque la crise de panique et c’est foutu. De toute façon je sais que la natation sera mon point faible alors autant limiter la casse. Le coup de fusil retentit, tout le monde court se jeter à l’eau sauf moi ! J’y vais mollo, je rentre tranquille, je ne vais pas me faire une hydrocution quand même non ? Et c’est parti pour 750m au milieu des vagues, surtout ne pas penser, surtout ne pas paniquer, tu y vas doucement mais sûrement ma grande. Alors que je croyais que les 2 bouées jaunes au loin servaient à nous créer un chenal il n’en est rien, il faut contourner la 2ème, tourner à gauche direction l’autre bouée, retourner à gauche et direction la plage. Inutile de vous préciser que toute l’équipe de sécurité n’est pas très loin de moi !!! Mais j’avance, régulièrement comme à la piscine, pas vite mais sûrement. En fait, je vais même me surprendre à commencer à doubler des gens, bon pas 40 non plus mais je vois certains qui sont probablement partis trop vite. Je vise la plage, j’essaye de tenir la tête hors de l’eau et de ne pas paniquer alors que je bois un peu d’eau de mer. Après tout c’est un ravitaillement comme un autre : de l’eau, des pastilles de sel, on se croirait au marathon des Sables ! J’arrive enfin à la plage où le public est là à nous encourager. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas une sirène d’Alerte à Malibu qui sort de l’eau puisqu’une vague me pousse et je m’échoue comme une méduse sur le sable. Contente d’être en Espagne et de ne connaître personne moi tiens… Je me relève et je fonce. La transition est plus longue que prévue parce que la mer agitée a changé le programme, ils ont décalé le départ à la plage d’à côté. Mais courir ça je sais ! Je passe la seconde et je me permets même de doubler encore des participants. Je m’attendais tellement à sortir bonne dernière de l’eau que mon moral remonte un peu je l’avoue. Avantage d’être entourée de mobylettes c’est que lorsque vous rentrez dans le parc à vélos, ben y a plus que le vôtre de vélo justement ! Et comme j’ai mon sac de sport mauve bien visible, je ne risque pas de le rater. Pour toutes celles et ceux qui ont fait du tri un jour, ils ont compris qu’en n’ayant pas de néoprène à enlever ça va forcément aller beaucoup plus vite question transition. Je saute dans mes chaussures, je mets mon casque, ma ceinture porte dossard et zou je file. Mon vélo est d’une telle légèreté que je me demande s’il ne va pas casser sous mon poids. J’avale un gel en vitesse histoire de jeter l’emballage dans une poubelle, je sors et je monte sur mon vélo. Eh ben mes enfants c’est pas gagné cette histoire. Clairement je ne suis pas à l’aise sur ce type de véhicule mais voilà je n’ai pas le choix. Je pense très fort à toutes mes copines et copains tri qui se damneraient pour prendre ma place et je les comprends. Même à mon piètre niveau j’ai bien conscience que j’ai une Ferrari entre les mains et les jambes et que croyez-vous que je vais faire ? Ben la conduire en 3ème tiens !!! Je tente un changement de vitesse moyennement concluant mais surtout je découvre un gros souci et ne rigolez pas ce n’est pas drôle !!! J’ai donc pris un gel juste avant de partir sur mon fier destrier mais je n’ai pas bu puisque j’ai une jolie gourde sur mon vélo. Je comptais utiliser le premier km pour boire la quantité nécessaire à la bonne assimilation de ma potion magique. Seulement voilà, vous croyez toujours que mon histoire de jambes trop longues par rapport à mes bras relève du fantasme de la pauv fille qui se rêve Adriana Karembeu, n’empêche que là je n’ai pas le bras assez long pour attraper ma gourde sans me casser la figure ! Et flûte alors… Je suis partie pour 20km sans une goutte d’eau. Heureusement que la mer m’a réhydraté un peu mais j’aurais aimé reboire un peu quand même. Je continue mon petit bonhomme de chemin, bien rangée à droite comme me l’a conseillé Matthieu (jamais autant obéi à un homme moi !). Dès qu’il y a une ligne droite je tente une accélération et là je me dis à chaque fois : punaise, ils m’ont mis une assistance électrique ! Enfin n’allez pas croire que je joue à Lance Amstrong non plus. A tel point qu’à un moment un gentil coureur (au moins un V4 comme d’hab avec moi) se met à mon niveau pour me faire comprendre que ce bruit de crécelle que fait mon vélo n’est pas normal et qu’il faut repasser une vitesse. Ok c’est bon je fais ce que je peux ok ! Je lui explique avec mon espagnol pitoyable ce que je fais là et je me retrouve avec un ange gardien qui va me surveiller du coin de l’œil une partie du parcours. Nous avons 2 boucles de 10km à faire avec des virages en épingle à cheveux à prendre. Vous m’auriez vu… Les bénévoles étaient consternés de me voir sur un tel vélo à une vitesse pareille tentant de ne pas tomber. Mais dès que j’en suis sortie, je repars de plus belle. A aucun moment je ne regarde mon chrono, parce que de toute façon si je lâche une main le guidon j’ai le sentiment que je vais tomber. 2ème boucle et mes ennuis commencent. La 2ème vague arrive et les plus enragés avec. Alors que j’étais plutôt tranquille, je dois jouer maintenant avec le monde mais moi j’ai peur du monde ! On se croirait place de l’Etoile… Mes craintes se retrouvent justifiées parce qu’un crétin vient frôler ma roue manquant de me faire tomber alors que j’étais tranquille dans mon coin. Ok, c’est bon, là je la joue prudence. Je me fous à droite toute et je n’en bougerai plus. Je peux savoir pourquoi il n’y a pas de rétro sur ces bidules ? A ce prix là ça pourrait être prévu non, comme les clignotants… D’ailleurs je mets le mien à droite pour enfin amorcer ma partie, la course à pied. Je n’en reviens toujours pas, je suis toujours en vie !!!

Je pose mon vélo, mon casque, je chope au vol ma visière et c’est parti. Oh punaise, il y a un élastique qui me tire derrière c’est ça ??? J’ai attrapé mes bonbons gel que j’adore et j’ai bien l’intention de les avaler pendant le 1er km sauf que j’ai encore oublié de boire. C’est bien gentil de vouloir jouer les mobylettes mais j’en oublie l’essentiel là. Je prie pour qu’il y ait un ravito intermédiaire parce que sinon je suis morte. Il commence à faire chaud, j’ouvre ma combi pour me donner un genre de fille qui assure et c’est parti. Tout de suite je vais comprendre un truc : le triathlète est rarement un coureur. Ah mais moi courir je connais !!! J’ai avalé mes bonbons en vitesse sans m’étouffer et j’accélère. En fait j’ai juste pris une fraction de seconde pour regarder mon chrono et l’heure que j’y ai lu n’est pas du tout celle que je pensais voir. Mais mince alors, je vais être largement en dessous de 2h, le temps que je pensais mettre. Oh mais ça change tout cette histoire. L’esprit de compet se réveille et j’accélère encore. Je passe mon temps à doubler les gens, ce qui j’avoue me change et me donne la pèche. Alléluia ravito en vue !!! Je chope un gobelet au vol, je ralentis 2 sec pour boire et c’est reparti. Je sais que très vite je vais revenir sur une belle ligne droite. Je suis bien, je refuse de regarder mon chrono, je donne ce que j’ai point barre. Je tente même de lever les genoux histoire de me donner l’impression d’être une coureuse. Au moment où je double un coureur, sûrement un V2, si ce n’est un jeune V3, j’entends qu’il s’appelle Carlos, son fan club est là qui l’encourage. Il ne se passe pas 1 min et voilà Carlos qui ressurgit pour me doubler. Oh eh ça va aller comme ça maintenant. Moi je commence à saturer d’être toujours dépassée par des V3… ça finit par être vexant cette histoire. Je veux bien que ce soit dans les vieux pots qu’on fasse les meilleures soupes mais là raz le bol. L’arrivée est en vue et je passe la 3ème. Non mais tu vas voir Carlito de quel bois je me chauffe. Sans parler du fait que j’aperçois le chrono final au bout du tapis qui égrène ses secondes et je comprends que je peux être sous les 1h35 officielles si je me bouge. Comment je vais te le souffler le Carlos !!! Il ne va rien comprendre !!! Le public lui a compris et j’ai le droit à des encouragements. Je passe la ligne totalement euphorique : je l’ai fait, j’ai fini mon premier sprint !!!! J’aurais bien sauté dans les bras du mec qui me remettait la médaille mais bon je craignais que le mélange de sueur, d’eau de mer et autre dégoulinade de gels ne soit pas très agréable. A boire !!! Je me précipite pour boire, il y a une canette je la chope et je découvrirais un peu tard qu’il s’agit de bière sans alcool au citron. Cherchez pas c’est espagnol. Je ne sais pas combien de litres j’ai pu boire ensuite mais ma gestion de l’eau a juste été catastrophique. A revoir si l’envie de replonger dans le monde du tri me reprend.

Vite le vélo qu’il faut rendre aux mécanos pour ensuite foncer prendre une douche bien méritée et attraper le bus pour le déjeuner prévu sur le port. Vous auriez vu la tête des mecs quand ils m’ont vu arriver avec mon vélo même pas cassé !!! Ils étaient aussi heureux que moi avec ma médaille, je peux vous dire. Matthieu est encore aux douches et c’est triomphante que j’arrive pour remercier mon coach. Heureusement qu’il était là lui…
Voilà c’est fait, j’ai été un numéro et je n’ai jamais été aussi fière. Je saute partout, on dirait une gamine ! D’ailleurs je vais garder ma médaille autour du cou un sacré moment. Et comme il parait que j’ai au final fait 1h24, ce qui est un temps plutôt correct je suis réellement la plus heureuse des sportives aujourd’hui, enfin des sportifs puisqu’ils m’ont rangé chez les hommes pour le moment !

Conclusion de cette aventure : franchement j’avais des doutes sur tout ça. Vous l’aurez compris, entre la natation et le vélo j’étais vraiment en terre inconnue et j’ai dû lutter contre pas mal de mes névroses pour en venir à bout. J’ai bien ressenti le côté ludique de ce type d’épreuve et ça c’était trop cool ! Maintenant j’ai bien conscience que j’ai eu de la chance : une météo suffisamment chaude pour ne pas avoir recours au néoprène et ne pas perdre 10 min à enlever ma combi ; un vélo qui même pour mon piètre niveau m’a permis de ressentir des sensations inouïes, je n’ose imaginer ce qu’en aurait fait les copines tri de CAF avec ce petit bijou… Pour la course à pied c’est la première fois en fait de ma vie que je me suis lancée sur un 5km. Le fait d’avoir repérer le parcours en le longeant en vélo était un avantage, parfaitement roulant, on aurait dit une piste… Savoir que j’étais au bout m’a aussi permis de me lâcher et de donner ce que je pouvais donner. Je me suis éclatée et je crois que lorsque j’aurais récupéré les photos prises à l’occasion vous le comprendrez. Maintenant j’ai aussi compris une chose : l’ironman ce n’est pas pour moi !!! Le format sprint est cool je trouve pour débuter parce qu’il est à la fois consistant mais pas inaccessible. Je pense qu’un super sprint est peut être un peu trop rapide pour moi. En tout cas si je renouvèle l’expérience un jour ce sera sur ce format ou au maximum sur le DO. Au-delà ça demande une prépa, une vraie que je ne suis pas sûre d’être prête à encaisser. Mais bon avec moi il faut se méfier !
Remerciements : Bien sûr tout cela n’aurait pas été possible sans Garmin. Ils ont été formidables tous du début à la fin du we, du grand patron aux mécanos, mes sauveurs. Merci à eux d’avoir osé me confier une bécane pareille même si c’était non pas donner du lard à du cochon mais carrément du caviar beluga.
Merci à Sean et à www.vancourtimports.com pour m’avoir aidé dans le choix de la tenue et d’avoir répondu à mes questions toutes aussi stupides les unes que les autres ! Je trouve que j’avais presque l’air d’une pro en woman in black and Zoot !
Merci à Matthieu, professeur d’un jour pour sa patience et pour sa dose de zénitude bien nécessaire c’est moi qui vous le dis !











