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Les Courses

Semi marathon de Paris 2008 : oui je sais je n'aurais pas du !

Ah ça on pourra dire que ce semi marathon restera dans ma mémoire ! Je m’en vais donc vous raconter ce grand moment de course à pied comme une pièce de théâtre.
 

La Senegazelle - Mireille

Déjà 2 jours depuis mon retour, mais j’ai encore du mal à reprendre le quotidien. Mon footing dans les collines n’a pas la même saveur, il me manque quelque chose…ah oui ! l’accueil de ces enfants qui ont préparé notre venue depuis des semaines. Plutôt que de raconter les étapes qui sont détaillées sur le site, voici quelques images qui habitent encore mes pensées : arrivée à 5h du matin, en pirogue, épuisée par le voyage en avion, bus et transport local, transportant 37kg de bagages dans l’allée de coquillages  et après un court somme, la découverte de l’environnement, la chaleur et l’amoncellement des fournitures apportées par les 70 sénégazelles . Nous passerons 3 après midi à les trier et à les conditionner pour la distribution dans les 5 écoles que nous visiterons.Une autre image marquante : 1°étape, 8km200 et l’arrivée devant l’école de M’Bam où une cinquantaine d’enfants nous acclament et là, Mireille, ma coéquipière qui fond en larmes, trop d’émotion…Chaque jour nous avons vécu les mêmes scènes et nous avons eu le sentiment que notre action était utile, le challenge sportif passait au second plan et les «  bonjour madame », les sourires les merci qui nous ont accueillies dans les classes étaient beaucoup plus importants. Dernière image forte, notre départ à l’aéroport de Dakar où nous avons croisé les gazelles de la 2°semaine, je dois avouer que je serais bien repartie avec elles…Nous les avons acclamées leur avons souhaité bonne chance sans dévoiler ce qui les attendait, il fallait préserver le plaisir de la découverte.

Alors si les photos vous font rêver, si vous  avez envie de vivre une expérience unique, n’hésitez pas , allez faire un tour du côté du Sine Saloum, des milliers d’enfants attendent encore le passage des gazelles…

 

Marathon de New-York 2007 - Barbie

Le compte-rendu de Barbie 

Alors voilà je vais essayer de vous faire un compte rendu de mon marathon de NY. Mais tout d’abord il me faut vous raconter une petite histoire.

Il était une fois une Barbie qui rentrait du raid Vittel Amazone où elle venait de découvrir, assez abasourdie il faut bien le reconnaître, que l’épreuve qui l’avait la plus marquée était celle de la course d’orientation (16 km dans la montagne de l’Ile Maurice, enfin montagne c’est pas le Mont Blanc non plus…). Pourtant Barbie en est sure, elle n’aime pas courir, elle a d’ailleurs arrêté en 4° traumatisée à vie par un bas de jogging jaune fluo synthétique qui la faisait ressembler à Desireless, question capillarité bien sur pas vocal. Au bout de quelques verres d’alcool gracieusement offerts par Air France, elle se jure une chose : « eh ben puisque c’est ça je vais courir le marathon de NY ! ». Bon là après elle s’endort enfin ronde comme une queue de pelle mais ça cela reste entre nous bien sur…

De retour en France, ni une ni deux elle annonce à Ken : « Chéri je vais courir le marathon de NY ! ». Celui-ci, pas vraiment surpris par une nouvelle lubie de sa blonde préférée, réplique : « Mais oui chérie ! En attendant t’aurais pas vu ma chemise blanche par hasard, tu sais la seule qui va avec ma cravate bleue ? ». Barbie ne se démonte pas, elle continue à courir après les sapeurs pompiers moulés dans leur petit short synthétique au jardin des plantes, elle va même courir un semi dans sa campagne en 2h20 ce qui la fait terminer bonne dernière.

Du coup Ken se dit : bon là faut faire quelque chose, elle a l’air sérieuse… Allez et si on faisait un petit 4° ? 2 ans plus tard et un beau petit Paul Aimé, Barbie rechausse ses runnings et décide de commencer par le marathon de La Rochelle. Il n’est pas question pour elle de traverser l’atlantique sans être sure de le finir. Consciente que toute seule cela ne va pas être facile elle va voir le club d’athlé à côté de chez elle où elle annonce très fièrement : je veux courir un marathon en novembre ! Mais Madame, on est fin septembre là vous êtes sure ? Mais oui mon gars j’en suis sure et puis 4 accouchements sans péridurale hen alors ton marathon même pas peur !

Certes elle va le finir en 4h25 dans la douleur avec un commentaire hautement perspicace de son cher Ken : « c’est con que le marathon il fait pas 35 km… » mais elle va le finir ! Mais surtout elle va aimer ça. Du coup elle enchaîne : Paris, Avermes, Médoc et enfin NY grâce à un concours organisé par Intersport et Nike. Et là miracle un matin de novembre elle se retrouve dans un bus à côté de d’Olivier, autre gagnant du concours avec qui elle a déjà couru le Médoc, prête à vivre son rêve.

Après presque une heure de route, c’est l’arrivée au Fort Wadsworth qui voit se déverser sur ses pelouses des milliers de coureurs en sac poubelle, combinaison de peintre ou autres tenues des plus originales, le but étant de ne pas prendre froid pendant la longue attente. Au loin, on aperçoit le Verrazano et on se prend à rêver.

En attendant, le truc le plus impressionnant il faut bien le reconnaître ce sont les toilettes à perte de vue… Certes 250 $ c’est cher mais on peut faire pipi 5 min avant de partir dans les sas et ça je suis désolée messieurs mais pour nous les femmes ça n’a pas de prix ! Barbie en attendant grignote avec bonheur un gatosport taille muffin (pour faire américain quand même) tout en regardant assez perplexe il faut bien le reconnaître Olivier raclant au doigt son tupperware de sportdej… tu me diras les américains avalant à 30 min du départ des bagels, petits pains locaux qu’il faut éviter de jeter aux canards de peur de les tuer sur le coup ça aussi ça laisse perplexe !

Et puis l’heure est enfin arrivée. Barbie quitte ses kens d’un jour et part seule rejoindre pleins de gentilles barbies qui comme elles veulent montrer qu’elles aussi elles le valent bien. Par une erreur d’attribution sûrement elle se retrouve dans un sas plutôt destiné aux filles visant 3h40 mais bon vu son anglais plutôt limité elle reste là. Tout d’un coup ça y est la marée humaine avance vers le pont, file de gauche, laissant aux hommes la file de droite. Au loin on aperçoit les élites qui s’échauffent comme des abeilles prises au piège dans une bouteille pleine de confiture, ils vont d’un bord à l’autre se cognant aux barrières pour repartir dans l’autre sens.

Puis c’est l’hymne national. Bon allez là je suis honnête : aucune émotion ! (peut-être chanter par Nathalie Dessay cela m’aurait fait quelque chose…). Nous respectons une minute de silence pour quelqu’un mais le son est tellement mauvais que nous ne comprenons pas pour la plupart. C’est le soir que j’apprendrai la nouvelle du décès du jeune coureur américain la veille lors des qualificatifs des jeux olympiques de Pékin. Puis Sinatra attaque New York New York et là Barbie laisse la place à Cécile la coureuse, celle qui depuis 2 mois s’entraîne 4 fois par semaine pour que son objectif soit atteint aujourd’hui : passer la barre des 4 heures !

Je pars dans la 2° vague, soit assez rapidement. Je sais que je vais partir doucement, gênée par des petits groupes de femmes plus à leur place dans les plus de 4h30 que là. Alors je fais ma française et je monte sur le petit muret, je suis la seule d’ailleurs mais je remonte plus rapidement et passe le pont sans trop de retard sur mon temps. J’ai pris un bracelet la veille lors de mon retrait de dossard pour avoir les temps référence pour 3h50 par rapport aux miles parce que j’ai un peu peur d’être perdue. Là en bas du pont je tombe sur le ballon des 3h40 que je me mets à suivre machinalement. Il sera mon meilleur ami jusqu’au semi parce qu’en fait il respectera le temps des 3h50 jusqu’à ce qu’il réalise qu’il était un peu en retard. Il passera donc la seconde me laissant sur place.

En attendant je le suis tranquillement en regardant autour de moi, profitant de l’ambiance survoltée propre à New York. Certains reprochent le côté peu touristique du parcours mais moi je l’aime. J’aime ces américains avec leur exubérance qui leur est propre. Certes question entretien des routes ils sont nuls et le parcours tient du cross parfois, certes ils votent Bush mais ils passent aussi plus de 5h à tendre des mouchoirs à des coureurs qui en ont bien besoin parce que les gobelets au ravitaillement c’est peut être plus propre pour la planète mais pas pour les tee-shirts… Bref j’aime cette ambiance. Ce qui est bizarre en fait c’est que je suis seule au milieu de 38000 coureurs et 2 millions de new-yorkais. Je ne parle pas suffisamment bien anglais pour que radio Cécile fonctionne à plein régime alors je pense.

Tout en traversant le quartier juif où seul un grand père nous encourage à plein poumons alors que des dizaines d’enfants enveloppés dans leur manteau doudoune marron (ils ont un prix de gros ou quoi ?) nous regardent en souriant, je me rappelle la première fois que je suis venue ici, dans cette ville qui ne dort jamais. C’est là que je me suis promise mon bébé de 4 mois dans son sac kangourou, à la cathédrale Saint Patrick, dans la chapelle à la Vierge, que nous allions nous en sortir. C’est là que je suis revenue en voyage de noce avec mon Ken chéri le soleil de mes nuits, là que j’ai perdu notre bébé, attendu anxieuse les résultats de ma première biopsie…

Bref cette ville a un sens pour moi. J’avale les miles sans vraiment m’en rendre compte, le fameux pont dont nous a parlé Philippe Remond la veille lors du brief passe sans trop de souci. Le silence qui y règne est presque étouffant, la sortie au milieu des cris tout aussi impressionnante. C’est là que je rencontre ma nouvelle meilleure amie. Je suis une française facilement identifiable avec ses petits drapeaux français qui trottine sans grande difficulté devant moi depuis ce pont, je ne vais pas la quitter jusqu’à la ligne d’arrivée sans qu’elle s’en aperçoive. Les miles continuent, le silence s’est installé parmi les coureurs, seulement brisé par les cris des bénévoles aux ravitaillements : « Gatorade, Gatorade, water, water !!! » sont les seuls mots que je vais entendre sur des kilomètres.

Accrochée à mon bracelet comme un marin à son gilet de sauvetage, je résiste, je rame, mais je dois bien admettre que pour l’instant tout va plutôt bien. Certes les jambes se font plus lourdes, certes je préfèrerais être devant la vitrine de Tiffany à mettre des petits post it pour aider Ken pour Noël, mais je sens que mes 4 entraînements par semaine sont en train de payer.

Petite escapade par le Bronx où ce sont des tambours coréens qui nous donnent le rythme et oups Manhattan est là. Philippe nous a bien prévenu, ne pas crier victoire en apercevant Central Park, la route est encore longue. Mais pas de souci j’ai mon phare, ma petite française qui trottine toujours devant moi. Alors je remonte le parc encouragée comme une championne par tous ces anonymes qui nous acclament. Je commence enfin à maîtriser le ravitaillement au gobelet c’est dommage c’est bientôt fini (moi la prochaine fois je prends une paille !!!) et voilà enfin l’entrée dans le parc.

La foule se fait encore plus présente comme si cela pouvait être possible et quand je vois le panneau nous indiquant le dernier miles : je craque et je me mets à sangloter. Je sais que même si je me mettais à marcher là maintenant je serais sous les 4 h. Je sais que je me suis jurée sur la ligne de départ que si je passais cette barrière symbolique aujourd’hui je serais la plus forte. J’ai beau être terrorisée par cette nouvelle biopsie que je passe mardi prochain, quelque soit le résultat, je serai la plus forte. Eh j’ai quand même couru le marathon de NY en moins de 4 h hen alors ce n’est pas un petit cancéro qui va me faire peur !

J’accélère et c’est avec mon sprint devenu fameux parmi les copains qui ont couru avec moi que je passe la ligne en 3h48 et 1 sec.

Je me dirige immédiatement vers celle qui a été mon phare pendant un tiers de la course pour la remercier. Elle se retourne et je découvre un sourire superbe, surprise de ne pas s’être rendue compte que je la suivais depuis si longtemps. L’émotion est telle que je m’écroule dans ses bras, lui raconte ma vie, mes inquiétudes en quelques mots, elle pleure avec moi et c’est dans les bras l’une de l’autre que nous nous dirigeons vers les couvertures de survie si célèbres. C’est la première fois que je pleure sur une course. Je ne sais pas si c’est propre à NY, si c’est un cumul de fatigue, stress ou autre mais dieu que c’est bon ! Je vais rentrer à l’hôtel tranquillement tombant sur un membre de la communauté « courir le monde » par le plus grand des hasards et qui a eu la merveilleuse idée de loger dans le même hôtel que moi.

Voilà c’est fini : le jour que j’attendais tant est arrivé, le rêve s’est réalisé. Je vais partir vers d’autres projets, d’autres courses, d’autres paris. Je sais que ce compte rendu n’est peut être pas toujours drôle mais c’était ma course et j’ai voulu vous la transmettre telle que je l’ai ressentie. J’ai presque peur en fait après ce marathon de ne pas pouvoir ressentir ça une autre fois, un peu comme le dépendant à une drogue quelque conque qui continue dans l’espoir de revivre le premier shoot… J’ai peur de la dépression post-marathon comme on l’appelle. J’ai peur alors que je sais que dans 3 semaines je remets ça ! Quoi ? 3 semaines !!! Là j’ai vraiment peur…

En tout cas les aventures de Barbie coureuse sont loin d’être finies vous pouvez en être sur !!!

Barbie

Lien : http://www.nycmarathon.org/home/index.php 

   

Marathon de Las Vegas 2007

Quand j’ai découvert la communauté Courir le Monde, je suis allée lire les CR des marathons du monde entier et très vite j’ai remarqué qu’il n’y avait rien sur le marathon de Las Vegas. Là je demande à Riri, le fondateur du site qui me confirme : « non ma belle rien à ce jour, faudrait peut être y aller !».

Ni une, ni deux je dis à Ken « Chéri faut qu’on y aille, y a Riri qui a besoin de nous ! ». Et nous voilà partis tous les 2 avec la ferme intention de profiter de l’occasion pour nous remarier dans une chapelle typiquement américaine avec Elvis qui chante « love me tender » (et moi dans une robe de princesse mais ça vous vous en doutiez déjà !). Bon c’est vrai, choisir comme date début décembre, 3 semaines après le marathon de NY, pour viser la perf on pouvait trouver mieux mais bon tout le monde a aussi compris que fréquenter des personnes qui enchaînent les marathons comme des perles peut avoir de graves effets secondaires sur la perception des choses.

Après un périple plutôt calme par rapport à mon dernier déplacement vers les US pour le marathon de New York (9h de retard pour notre vol et j’en passe !) nous arrivons à New York, récupération des bagages et zou nous filons pour embarquer pour Las Vegas. Décollage dans un avion plein à craquer d’américains bien décidés à renflouer l’économie du Nevada et regard complètement affolé de Ken qui vient de réaliser qu’il y a plus de 5h de vol et non pas 2h comme pouvait le laisser croire le dossier de l’agence (et oui changement de fuseaux horaires oblige). Là je comprends qu’il va falloir être vraiment très gentille …

Concrètement cela nous fait un voyage d’un peu plus de 24h et c’est quelque peu dans le cirage que nous arrivons à l’hôtel. Samedi direction le Mandalay Hôtel pour récupérer le dossard avec mon pseudo Barbie dessus, le tee-shirt taille small où je pourrais mettre mes 4 enfants en plus de moi et le sac à dos (très sympa il faut bien le reconnaître) rempli de pleins de choses utiles comme un paquet de café en grains, de la pate à dentifrice pour bébé mais aussi des élastiques à cheveux révolutionnaires (j’ai testé un vrai miracle !!!) qui ne bougent pas d’un pouce pendant tout un marathon et une crème exfoliante pour me faire des pieds tout doux après le marathon (il est content Ken !!!).

Quelques emplettes comme une superbe casquette rose pour moi et un sweat aux couleurs de la course pour Ken qui a peur d’avoir froid en attendant sa folle d’épouse coureuse. Il ne le quittera pas des vacances passant partout pour le marathonien du couple…

Après avoir bien sur comme il se doit marcher des heures la veille, pas dormi plus de 4 heures de suite mais c’est la faute au corps superbe de Ken, je me lève à 3h45 en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller le male qui sommeille. Bon évidement cela n’a pas marché et après ¾ d’heure, me voilà fin prête. J’embrasse Ken et je fonce dans le hall de l’hôtel passant devant les tables de jeux toujours occupées et des gens qui me regardent assez ahuris de voir une nana en jogging et grignotant des gatosport forme canelés pour innover un peu.

Arrivée au point taxi je comprends mon malheur : une queue immense de jeunes sortants de la boite de l’hôtel se dessine devant moi. Heureusement dans mon malheur j’ai de la chance : ma tenue ne s’intègre pas vraiment dans le paysage des petites robes qui tiennent franchement du mouchoir de poche (là c’est clair question raffermissement des chairs elles sont servies, frigorifiées mais raffermies…) et le type en charge d’appeler les taxis me repère. Comme j’ai mis en évidence mon dossard il comprend que je ne vais pouvoir attendre 2 h dans le froid. Il prend donc sur lui et me fait passer devant tout le monde sous les cris de toute la communauté coréenne de Vegas réunie ce soir là. M’en fout : je suis française et je suis blonde et je cours le marathon en moins de 4h moi madame…

Arrivée à 5h sur le lieu du départ je profite de ce moment d’attente pour dans l’ordre me tartiner les pieds de crème anti-frottement, mettre mes jolis petits tubes protecteurs autour de mes doigts de pied fragiles et faire pipi 2 fois (hé je vais pas me priver comme à NY il y a des toilettes partout !!!). Je rejoins la ligne de départ dans les premières et je rencontre même un français avec qui je papote tranquillement.

Au bout de quelques minutes, on me klaxonne genre sonnette de vélo et je me retourne. Là je découvre ahurie une poussette de course avec 4 fauteuils en ligne et surtout 4 bébés emmitouflés dedans. Pendant quelques fractions de secondes j’ose espérer que ce sont des poupées mais quand je vois l’un des nourrissons (des quadruplés d’un mois à peine je vous laisse imaginer à quoi ça ressemble…) me regarder avec des yeux affolés. Je suis complètement sous le choc je dois bien l’avouer et je regrette vraiment à cet instant de ne pas parler suffisamment bien l’anglais pour insulter ce père totalement inconscient qui ose faire subir ça à des bébés qui ont du quitter la couveuse il y a un mois à peine !!!

Arrive l’hymne américain très bien chanté avec un groupe de 5 coureurs militaires très jeunes, trop jeunes je dirais même… qui se mettent au garde à vous devant nous avec le drapeau de ce qui doit être leur régiment. Et c’est le départ avec ce que je crois être un coup de canon mais qui va se révéler être en fait un feu d’artifice superbe tiré avec le lever du soleil sur les montagnes environnantes. Je m’élance sur le Strip (la rue principale) et là c’est mythique : 4 miles à travers la ville encore éclairée, les couleurs rosées du soleil levant, le feu d’artifice, vraiment ce départ vaut à lui seul le déplacement. J’aperçois Ken armé de son appareil qui s’est levé pour venir m’encourager et tenter de prendre quelques photos mais je cours trop vite !!! je vous le dis tout de suite cela ne va pas durer longtemps. Disons pour la faire courte (vu la taille du début du récit il faut que j’évite de vous décourager à lire la fin) que le premier semi s’est très bien passé et que ma foi cela aurait bien suffit…

Bon, il faut le reconnaître, le parcours est facile, plat quasiment tout le temps, des routes suffisamment grandes pour que personne ne soit gêné, des ravitaillements au gobelet mais là j’ai prévu et je remplis régulièrement mes petites gourdes pour ne pas être ralentie (je retrouve par la même occasion un peu l’ambiance de NY et ses fameux « Water Water Gatorade Gatorade » hurlés par les bénévoles toujours souriants). Nous passons par la chapelle où les couples de marathoniens peuvent en profiter pour s’unir avant de continuer la course (je vous jure que c’est vrai !), la circulation est faite par des policiers assis sur leur grosse Harley, bref c’est l’Amérique !!! Nous quittons la ville pour visiter les alentours. Il fait beau mais un peu froid quand même. Je ne tomberai jamais mon haut à manche longue ce qui ne m’était jamais arrivé (dommage pour les américains présents qui n’auront pas eu la chance d’admirer mon ventre plat et musclé…).

Les km s’enchaînent de moins en moins vite et comme la signalisation est en km (et non en miles, seulement indiqués à 3 reprises sur la course), j’ai hélas bien conscience que je vais payer cher mon acharnement. Les encouragements déchaînés des équipes de pom pom girls et leur « Go Barbie Go » n’y feront rien, pas de jus, pas de jus… J’en arrive même à m’arrêter pour faire pipi dans une des dizaines de cabines dispersées sur le parcours alors que je n’ai pas envie histoire de me planquer un peu…

Honnêtement Ken serait apparu sur son destrier blanc (enfin une grosse harley bien sur), j’aurais quitté la course sans aucun regret. J’avance accrochée à mon GPS à une moyenne de 10 km/h si j’en crois ce qu’il me raconte mais vraiment j’en ai marre. On parle toujours de l’importance du moral dans le marathon et bien je confirme, quand il n’est pas là, dieu que c’est long 42 km…

La cité mythique de Las Vegas se profile de plus en plus et cela me redonne courage. De toute façon je n’ai pas le choix, je dois rentrer, j’ai laissé un superbe sac Sonia Rykiel offert par Ken à la consigne, je dois aller le récupérer sinon il risque de ne pas être content ! Nous rentrons dans le quartier des hôtels et là commence le point noir de la course : nous nous trouvons mélangés à ceux qui terminent le semi marathon commencé en même temps que nous. Et oui vous avez bien lu : je suis à 3h40 pour un marathon et je cours au milieu de ceux qui finissent le semi (Ken aurait pu finir le semi sans être dernier !). Cela tient de la retraite de Russie. Les gens marchent péniblement et nous tentons de passer au milieu d’eux. Comment dire sans passer pour une garce de première ? Je découvre que oui il y a bien des coureuses universelles de plus de 70 kg… ou que la CAP sans régime approprié ne fait pas maigrir. Bref vous m’avez comprise…

Autre point négatif : nous remontons vers l’arrivée par l’arrière des hôtels (ils ne peuvent pas bloquer la circulation aux Etats-Unis plusieurs heures) et du coup le cadre est un peu moins sympa. Enfin il ne reste qu’un mile que j’hésite presque à terminer en courant. Maintenant je me doute que Ken ne m’a pas écouté et qu’il est là à m’attendre sur la ligne d’arrivée. Je redémarre et décide de tout faire pour au moins passer sous les 4h. J’accélère (enfin si on peut parler d’accélération…) et là juste après un petit virage l’arrivée apparaît enfin et Ken aussi bien sur. Il est là en bon français devant la barrière pour être sur que je le vois bien

J’ai passé la ligne en 3h58 exactement, pas une seconde de plus ! Je n’en peux plus, je tombe dans les bras de mon chéri et je lui dit : « t’es tranquille là, pas de course avant avril ! Je n’en peux plus !!! ». Enfin non pas de course avant le semi de Paris en mars et puis après il y a le semi de Vichy et puis il y a la saison des cross et puis…

J’attrape mon sac à la consigne et je pars trottant comme je peux derrière mon futur mari. Nous sommes pressés car nous avons rendez vous à la chapelle de l’hôtel pour l’organisation du mariage. Le soir nous enterrons ma vie de jeune fille, Ken s’est occupé de tout : nous allons voir les filles du Crazy Horse… je sais pas pourquoi mais j’ai le sentiment de m’être fait un peu avoir sur ce coup là !

Conclusion : un marathon de plus mais finalement pas encore le marathon de trop. Reste 94 à courir !!!

Barbie
 Lien : http://www.lvmarathon.com/ 
 

Marathon du Médoc 2007

Voici mon compte rendu de mon premier marathon du Médoc (qui ne sera pas le dernier !).

Tout d’abord je mets les choses au point : si vous aimez la compétition, si vous faites vos courses chez Champion avec votre cardio pour être sur de bien rester à 70% de votre VMA, alors fuyez ce marathon n’est pas pour vous ! On est là pour courir certes mais aussi pour s’amuser et prendre le temps de découvrir un site hors norme.


Donc nous voilà arrivés Ken et moi après 6h de voiture à Pauillac, charmante petite ville au bord de l’estuaire de la Gironde. Nous récupérons nos dossards et direction le village marathon où sont surtout représentés des marathons nationaux et internationaux. Là je me retiens d’aller faire le tour des stands histoire de ne pas effrayer l’homme qui déjà a compris que l’année 2008 n’allait pas être plus calme que l’année 2007 question course à pied bien sur…

Petite balade sur les quais et là miracle : nous trouvons un stand qui vend des cannelés qui sortent du four. Je ne sais pas si c’est bon question stock de glucides et tout le toutim mais je peux vous dire que le cannelé tiède c’est que du bonheur. Retrouvailles ou plutôt rencontre avec nos amis de Courir le Monde, un forum que j’ai découvert par le biais d’un autre gagnant du concours de NY (enfin ceux déjà arrivés). Petite photo, petite bière et oups on file au Château de Fontesteau où nous attends un dîner de marathonien cette fois ci avec pâtes et vin rouge (c’est le médoc que diable !).

Pendant que nous dînons, la France perd son match de Rugby (me demandez pas lequel, s’ils ne sont pas tous nus sur un calendrier je ne m’intéresse pas du tout à ce sport…) et nous allons nous coucher beaucoup trop tard pour une veille de marathon. Minuit et demi alors que nous devons nous réveiller à 6h, moi je dis c’est pas gagné !!! D’ailleurs sans Olivier notre hôte, nous serions sûrement encore en train de dormir. Petit déjeuner avec pour la première fois un gatosport parfum citron. Bon je dois bien reconnaître : j’étais septique mais je me lance et il faut l’avouer ça se laisse manger… Mais ce n’est pas tout ça il faut foncer à Pauillac parce que je suis quand même venue pour courir. Pour être honnête je me sens bizarre, je ne rentre pas dedans, sentiment étrange que je ne suis pas prête. Il me faudra bien 30 min pour réussir à m’habiller et à accrocher ce fichu dossard. Je me suis déguisée en cow boy et mon premier essai de course se solde par un vol plané de mes pistolets. Je comprends aussi que 42 bornes avec mon chapeau c’est pas gagné. Nous allons nous aligner au départ non sans oublier la traditionnelle photo de groupe (sur ce genre de course pas de doute, il faut prendre ce genre de photos au départ et pas à l’arrivée vu l’état des troupes…).

Et là nous découvrons ce qui fait la légende du Médoc. Devant nous les Blues Brothers (en costume noir, un vrai avec chapeau et lunettes), Omer et Marge avec ses cheveux bleus, le monsieur tout nu avec juste une tête de souris en peluche pour cache sexe, les nombreux 118 218, les chevaliers, les écossais, les princes… Il faut le voir pour le croire. Et ce joyeux attroupement est là très clairement pour s’amuser même si parfois on a envie de leur dire : « eh oh les mecs va falloir faire 42 bornes quand même ! ».

Le départ est donné avec un peu de retard mais il parait que c’est normal et nous voilà parti à l’attaque de ce marathon mythique. Le ton va être vite donné quand je vais constater que nous mettrons 12 min pour le premier km. Le monde ne permet pas de courir, on trottine, bref on s’échauffe. Ah là c’est sur je risque pas de partir trop vite. Par contre grosse inquiétude : j’ai faim ! Mais quand je dis faim j’ai le ventre qui fait un bruit assourdissant. Je me dis que je ne tiendrais pas jusqu’au 5° km où je pense trouver de quoi manger. Et là miracle, le Prince de Lu en chair et en os apparaît avec son coffre fort et ses granolas, mes gâteaux préférés. Les coureurs les distribuent aux spectateurs comme la caravane du Tour de France et j’en profite pour faire des stocks.
 
Nous avançons doucement mais sûrement avec mon ken pas au top quand même. Il veut tenir jusqu’au 10° mais je le perdrais au 8° où là je n’en peux plus, faut que je passe la seconde sinon ce marathon va se terminer en retraire de russie. Tiens d’ailleurs je double les soldats de l’empereur qui pousse une carriole… Bon je ne pars pas comme une bombe non plus parce qu’il ne faut pas oublier que nous sommes aussi là pour admirer des châteaux superbes (me rappeler d’épouser un vigneron du Médoc la prochaine fois…). L’ambiance est plus que conviviale, ça papote, ça rigole quand même. Il y a des points de ravitaillement quasiment tous les km, ce qui avec la chaleur qui arrive se révèlera bien utile. Il parait qu’une année ils ont manqué d’eau mais là nous sommes noyés sous l’acquarel !

Je cours avec Olivier et Francis un autre gagnant tranquillement mais sûrement. Je vais mettre 2h40 pour atteindre le semi, ce qui donne une idée de la chose. Et puis là la machine va s’emballer. Je vais m’accrocher au sombrero d’Olivier et ne plus le lâcher. J’ai l’impression de voler tout en remontant les coureurs fatigués qui marchent de plus en plus. Mais je découvre aussi quelque chose que je n’avais pas compris : certes le marathon du médoc est sympa mais il est aussi très technique avec des terrains difficiles alternant sable, bitume et graviers de cour de château, des côtes mémorables (d’accord ce n’est pas le Paris Versailles mais quand même !) et un vent de face infernal qui s’engouffre dans mon chapeau de cow boy. Mais bon j’ai un lièvre de folie et je ne le lâche pas.

32° km là stupeur ! Une goutte de transpiration salée donc s’infiltre dans mon œil opéré il y a peu (juste un petit kyste que j’avais laissé traîner bien sur) et c’est l’horreur. Ça brûle horriblement et je ne sais pas quoi faire. Pas de collyre, de l’eau pas propre dans une bouteille chaude et pas de ravitaillement en vue. Du coup je ferme l’œil le plus fort possible et espère que les larmes vont le laver. Je vais courir 2 km comme ça cachée derrière mes lunettes et mon chapeau, ne quittant pas le sombrero qui trottine devant moi.

Et le miracle arrive enfin, les larmes font leur effet et je peux courir en regardant le superbe château qui s’annonce au loin. Après ce ne sera l’estuaire et ses célèbres ravitos : les huîtres (supers bonnes alors que franchement j’hésitais un peu), l’entrecôte (bon là d’accord j’ai sauté, plutôt végétarienne la fille) et la glace fraise (pour aller avec mon costume rose…) drôlement appréciée après une course aussi longue en plein soleil. Je fonce vers Pauillac toujours accrochée au poncho de mon mexicain préféré et je passe la ligne en accélérant de toutes mes forces. Bon d’accord Olivier fera de même et passera le premier histoire de bien me rappeler qui est le maître ici. Mais ça y est c’est fini : 4h45 que finalement je n’ai pas vraiment vu passé même si j’étais ravie de passer la ligne.

Je retrouve Ken frais comme un gardon qui est allé jusqu’au 20° km malgré sa promesse d’arrêter au 10° (que ne ferait pas un auvergnat pour du vin gratuit…). Allez une petite bière, un canelé pour la route et oups nous voilà repartis vers notre Bourbonnais ravis de l’expérience et en train de penser à l’année prochaine. Je pense déjà à mon prochain déguisement et Ken envisage d’aller au 25° km. Comme il compte le finir un jour, nous ne sommes pas prêts de nous arrêter.

Je confirme ce que beaucoup de coureurs disent : le marathon du Médoc est vraiment une expérience unique qu’il faut je pense vivre au moins une fois dans sa vie. Alors n’hésitez pas et venez vous rejoindre l’année prochaine.
Barbie

Ps : récit un peu long mais comment résumer une course pareille en quelques lignes !
 
Lien : http://www.marathondumedoc.com/ 

Une petite video pour retrouver l'ambiance

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