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Les Comptes rendus

CR l'ultra de la 6000D 2010 : la revanche d'une blonde

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Puisque toute histoire se doit d’avoir un début et une fin, commençons par la genèse de ma participation à l’ultra de la 6000D. L’année dernière, oubliant totalement que je m’étais juré craché de ne plus jamais courir en montagne mais désireuse de moi aussi faire un jour ma kéké avec mon tee shirt et mon buff finisher UTMB, je décide de m’inscrire à l’ultra de la 6000D. L’idée est simple : avant de tenter 166 km, voyons donc si 110 km sont faisables pour moi, fille de la mer et des embruns. En quelques mails, j’embarque Fabrice, un ami de courir le monde dans l’aventure. Il était parti sur la classic mais 2 ou 3 « ptit slip » ont achevé de le convaincre. Steph95 est de la partie lui aussi .Mais rien ne se passe comme prévu : nous ratons une balise, nous perdons notre avance confortable sur les cut off et je décide de rendre mon dossard au CP2. Sur le coup, pas vraiment de regret, je n’ai pas le courage ni la force morale de me lancer sur une telle course le nez sur le chrono. Ce n’est pas moi, ce n’est pas ma conception de la course à pied, qui reste un sport, quelque chose d’important certes mais pas non plus de vital et surtout qui ne justifie pas qu’on se mette en danger pour ça.

Nous avions de toute façon décidé de prendre notre revanche cette année, prêts à nous rouler par terre pour que l’organisateur renouvèle l’opération qui ne devait être qu’exceptionnelle l’année dernière pour les 20 ans de la 6000D classic. Mais la vie en décide autrement et Fabrice a eu l’idée saugrenue de vouloir vérifier par lui-même si la légende urbaine des infirmières en cancérologie nues sous leur blouse est vraie. Stéphane, ayant rendu son dossard à seulement 20 km de l’arrivée, décide lui de se concentrer sur Millau. Je suis donc toute seule à prendre notre revanche, autant dire que le poids d’une grande responsabilité pèse sur mes petites épaules… En plus je dois courir l’UTMB fin août. Normalement, si j’étais une fille raisonnable, j’aurais du me contenter de la classic mais c’est comme pour les magnum en fait… Mais là aussi je ne sais pas faire et j’ai plutôt tendance à aller vers les gold ou les columbia, pas les tous simples vanille et entourage light au chocolat noir. Comme pour les « mystère » que je n’aime que garnis avec chantilly et sauce chocolat ! Alors voilà ce que j’ai décidé de faire : 67 km, distance de la 6000D classic dans l’esprit course et ensuite je déroule tranquille en rando pour finir sans me blesser et en limitant la casse côté musculaire. Je sais que je vais en faire bondir certains du côté de St Raphaël en écrivant ça mais j’ai un objectif principal dont je ne veux pas m’éloigner, là c’est juste une question d’honneur.

Revenons en à la course tout de même maintenant que le décor est planté. Direction le charmant village d’Aime, que je prononce systématiquement « Aimé » parce que c’est plus joli et surtout parce que mon petit dernier s’appelle Paul Aimé. Je traverse tout de même toute la France pour ça, venant en droite ligne de mon île de Ré favorite. Escale dans mon Auvergne d’adoption pour me transformer en Heïdi des alpages et roule ma poule ! Depuis que j’ai eu un petit cabriolet (une 205 Roland Garros qui fait vavavoum !!!) pour mes 40 ans, la voiture dont je rêvais à 25, c’est marrant j’adore conduire ! Vous me verriez, chapeautée, la queue de cheval au vent avec la musique à fond, j’ai 18 ans dans ma tête à défaut de les avoir sur le visage. Je dois être à l’heure sur place parce que j’ai rendez vous avec l’équipe d’Asics trail pour une séance de coaching dont je vous parlerai dans une autre chronique. Mais avant direction le chalet pour mon dossard où j’apprends qu’ils annoncent des températures négatives pour le lendemain… Problème : je n’ai pas vraiment prévu la chose question vestimentaire. Direction le village de la course pour remédier à ça et très vite je trouve un haut de la collection d’hiver Asics, bien rose, bien girly qui fera l’affaire. J’ai encore du mal à réaliser alors que je suis en jupe et lunette de soleil que je bénirai cet achat de dernière minute le lendemain. Je récupère 2 pom’potes sur le stand andros pour compléter mon ravitaillement et retour à l’hôtel pour me changer en coureuse. Tiens d’ailleurs mon hôtel : La Tourmaline à l’entrée de la ville, pratique parce qu’à 500m du départ avec des croissants à tomber par terre pour le petit déjeuner du dimanche ! Il y a une piscine mais je n’ai pas eu le temps de tester. Séance Asics qui se passe super bien, je papote tranquillement quand j’entends « la petite Cécile Bertin est attendue par son papa et sa maman à l’accueil du magasin »… Bon ok c’est plutôt « la blonde Cécile qui a oublié son dossard au stand activesport est priée de venir de récupérer fissa si elle veut prendre le départ demain matin »… La honte… Retour hôtel pour douche obligatoire tellement il fait chaud. Quand on pense au froid du lendemain ! Et je retrouve Sylvain Bazin qui bien entendu dès qu’il y a un 100 bornes avec un dénivelé de folie est là. Direction la pasta party où doit se trouver Eric. Lorsque je vois la queue, je ne tente même pas le truc. Retour à la pizzeria où j’avais déjeuné l’année précédente avec Fabrice. Surprise lorsque je vois débarquer l’organisateur du marathon du Médoc et son épouse qui eux aussi ont craqué. Nous ne nous sommes pas vu depuis le marathon de Marrakech en 2009 et nous papotons tranquillement le temps de la cuisson. Avantage : je sais maintenant que Philippe, le meilleur chirurgien ortho spécialiste des pathologies des coureurs sera bénévole sur un CP et sera surtout toujours présent pour l’ultra. C’est idiot mais ça me rassure un peu.

Retour à l’hôtel en dégustant un magnum gold pour la réserve glycogène et aussi parce que je ne suis pas sûre d’avoir la force d’en manger un après la course ! De façon assez surprenante pour moi je vais m’endormir très vite devant un épisode d’Experts Manhattan. J’ai prévu de me lever à 3h30 du matin, mes affaires sont déjà prêtes, il n’y a plus qu’à !

Non je ne rêve pas de montagne, d’ampoules et de contractures, je dors !!!

Réveil 30 min avant mon réveil, comme d’habitude. Même pas stressée la fille, je prends ma douche et je m’habille. Tout va bien donc forcément ça cache quelque chose… Un départ de course qui se passe aussi bien ce n’est pas normal. L’euphorie est en effet de courte durée puisque je n’arrive pas à fermer ma nouvelle poche à eau… J’ai un sac Nathan que je teste et le sac se ferme avec un système de glissière qui me résiste. Au bout de 2 min, je suis en nage, le cœur au bord de l’implosion et je sens que je vais hurler. J’ai horreur des trucs qui me résistent et plus ça me résiste, plus je m’énerve. En une fraction de seconde je décide de changer de tactique parce que de toute façon je me connais je vais tout casser et les minutes passent. Du coup je chope ma gourde que j’ai eu la bonne idée de prendre pour mon trajet et zou dans le sac. Une petite bouteille d’eau supplémentaire fera l’affaire.

Allez hop destination le départ pour le contrôle du sac. C’est plutôt bien organisé puisque tu peux laisser ton sac après le dit contrôle dans le sas pour aller faire pipi 2 fois comme le veut la tradition. Avantage d’un ultra : c’est facile, 4 filles au départ, les toilettes pour dames sont forcément libres ! Je vous dis les filles arrêtez la parisienne, venez sur un 110 bornes, c’est beaucoup plus confortable.

5h05 : le départ est donné et c’est parti. J’ai décidé de vivre cette course seule parce que je dois l’avouer, j’aime de plus en plus courir seule en fait, sur les longues distances en tout cas, celles où l’on se retrouve face à soi même. C’est aussi la conséquence directe de mon expérience dans le désert algérien. Je sais que cela peut paraître paradoxal puisque je l’ai couru accompagnée sur plus de la moitié mais ce que j’ai appris là bas c’est que j’ai la force en moi de gérer ce genre de chose seule. Nous avons tous en nous la force de le faire seul, il suffit d’aller chercher en soi, dans son vécu. Nous courrons pour nous même, pas pour les autres, personne ne nous oblige à le faire. Je ne suis pas payée pour ça, personne ne me menace de mort pour que je m’aligne sur ce type de course. C’est à moi et moi seule de mener ma barque. Mon lecteur MP3 sur les oreilles, je pars sereine comme jamais. Fabrice est là sur mon épaule et veille sur moi. Je suis seule et pourtant j’ai senti sa présence tout le temps. Je me suis rendue compte que j’avais mémorisé énormément d’endroits, j’ai retrouvé notre fameux petit cimetière à l’entrée du premier village et j’arrive au premier ravito sans avoir réellement vu le temps passé. D’ailleurs je ne vais pratiquement jamais regarder l’heure pendant toute cette course. La menace des cut off ne m’effraie pas une seule seconde, mon inconscience m’amuse d’ailleurs. Je me fais juste une remarque : j’ai du progressé puisque lorsque je repars du premier ravito, les premiers de la 6000D ne sont pas encore là. Ils me doubleront sur une grimpette juste avant qu’ils tournent à gauche pour le glacier alors que moi je pique à droite. Comme l’année précédente je suis stupéfaite de les entendre nous saluer et nous encourager… ça monte, ça descend, rien de bien original me direz-vous. Je vais vous épargner le parcours km par km parce que cela a tout de même un intérêt limité. Surtout que le temps n’est vraiment pas de la partie. On ne voit pas à 20 m et la beauté des paysages de l’année dernière nous est volé, un peu comme si l’on voulait que je me concentre sur ma course et pas sur les jolies pâquerettes. Tiens, d’ailleurs en parlant fleurs, j’ai vu plein d’arnica !!!

47 km : j’arrive au CP 2 en 7 h et des poussières. C’est là l’année dernière que j’ai abandonné. J’ai revu l’endroit où je m’étais plantée avec Fabrice et ça m’a fait tout bizarre d’ailleurs. J’ai bien bifurqué tout de suite à gauche et foncer vers Champagny le haut. Tu ne m’auras pas cette année ! Je me fais aussi la réflexion que j’ai bien récupérée puisqu’il m’a fallu plus de 8 heures pour faire 42 km plus roulant 3 semaines auparavant. Mais mon arrêt pour ravitailler ne se passe pas comme prévu, ils n’ont pas de coca… Ils n’en ont pas prévu et c’est la panique. Je me sers de cette boisson pour protéger mon système digestif avant tout, pour la caféine aussi sans parler des sucres rapides. Si j’avais seulement imaginer une seconde qu’ils n’en avaient pas prévu à chaque arrêt, je me serai organisé en fonction. Là je suis totalement prise au dépourvu. Une des bénévoles me dit qu’il y a un refuge un peu plus loin qui doit en vendre et comme j’ai pris un peu d’argent comme conseillé, j’avale mon bol de soupe avec des pâtes et je repars de plus belle. Je plonge dans l’inconnu, je vais enfin voir ce fameux parc de la Vanoise et partir à l’assaut du col du Palet.

Mais avant je fais mon arrêt au refuge comme prévu, je déboule comme une folle pour réclamer une canette de coca que je partagerai avec 2 coureurs qui passaient à ce moment là. En route pour le paradis des marmottes ! Alors je tiens à vous le dire tout de suite : coureurs, coureuses de tous pays, unissez-vous, on vous ment, on vous spolie !!! Vous croyez tous, comme moi d’ailleurs, que les marmottes, elles plient le papier alu autour de la tablette de chocolat milka au lait avec des grosses noisettes dedans. Eh bien non !!! Que dalle ouais !!! Les marmottes, elles te regardent quand tu passes avec ton sac et tes bâtons et tu les entends murmurer : « tiens revoilà les fadas… eh la blonde, le cabinet de psy dans la vallée, il est encore ouvert à cette heure là, vas y de ma part et demande lui double dose de prozac t’en as bien besoin ! » avant de me tourner le dos pour plonger dans son terrier. Je croise aussi des randonneurs qui auront d’ailleurs à peu près le même discours d’ailleurs. Je vous passe les détails de la grimpette sur ce fameux col, j’ai cru que j’avais laissé la moitié de mes poumons en bas tellement le souffle me manquait. Je m’accroche désespérément aux fameux bâtons de Mumu à qui je vais devoir offrir son poids en macarons à ce train à. Je finis même par me poser en pleine montée sur un gros caillou pour manger une petite mulebar, parce qu’une petite mulebar et ça repart… Ce qui me rassure un peu c’est que mes camarades de jeu n’ont pas l’air super top non plus. Je sais, c’est méchant de dire ça mais il y a un fond de vérité quand même. J’arrive enfin en haut du col du palet où je suis toujours 3ème féminine à ma grande surprise, il faut bien le dire. Comme je n’ai vu que 2 autres filles au départ, j’en finis d’ailleurs par penser que tout simplement nous sommes 3 et donc que je suis dernière ! Il fait en tout cas un froid de gueux et il n’y a que de l’eau froide pour se réchauffer. Je me maudis de n’avoir pas retrouvé mes gants en partant le matin. Un des podos présent a la solution : il me donne une paire de gants de chirurgie. Je crois que là j’ai atteint le summum du sexy absolu sur course !!! Entre mes chaussettes de compression ambiance étudiante japonaise sur le retour, mes quadri de compression qui me donnent l’impression de courir en porte jarretelles parce que je dois régulièrement les replacer, ceux-ci n’étant finalement pas très compatibles avec ma jupette, mes cheveux en vrac, mon buff autour du cou dont je vais vous éviter les détails quant à son utilisation pendant toute la course mais pour faire court je n’avais pris que 2 kleenex, non pas de doute, je pouvais courir seule, aucun risque qu’une bête sauvage m’attaque et encore moins un berger coincé dans son alpage depuis 6 mois !

C’est reparti pour la descente et pour ma seconde partie de course qui va se dérouler tranquillement maintenant comme prévu. J’ai atteint mon objectif, maintenant je dois me préserver et juste finir. De toute façon mon genou gauche commence à trouver ça moyennement drôle et je trouve certaines zones comment dire « pète gueule ! ». Je vais même traverser un troupeau de vaches, pas du tout décidées à se bouger. Attention les filles j’ai des banderilles !!! On ne me cherche pas surtout… Personne devant, personne derrière, autant dire que je fais aussi gaffe à ne pas rater les balises qui sont moins nombreuses dans ce parc protégé. Alors que je plonge vers le PC 4 dans un petit chemin bien pentu, je vois débouler comme une fusée Eric qui prend juste le temps de me crier « ça va ? », ce à quoi je réponds « ben oui » et il est déjà hors de ma vue. Franchement ça me fait peur… D’abord parce que le chemin est tout de même un peu dangereux et surtout parce qu’à ce stade de la course nos organismes sont déjà mis à rude épreuve et cogner les articulations peut se payer un jour. Mais c’est un grand garçon et il fait bien ce qu’il veut après tout.

J’arrive au CP4, toujours pas de coca (je vais tuer quelqu’un moi…) mais des toilettes chauffées, que voulez vous on ne peut pas tout avoir. Je tente de discuter avec mon voisin de chaise qui n’a pas l’air bien, histoire de lui remonter le moral mais très vite il m’arrête : « italiano, no parlo francès ». Ok, comme mon italien se résume à : pizza, pasta, mozzarella, chianti et « ti amo », je m’abstiens de toute tentative de conversation qui pourrait à un moment ou à un autre être mal interprétée… Je repars vers le col de l’Arpette ou ce qu’il serait plus correct d’appeler le col de « putain mais ça ne va pas finir de grimper ce truc » ou le col de « il est où le crétin qui a fait le parcours que je lui fasse goûter de mes banderilles ». Désolée d’être aussi triviale mais c’est vraiment à ça que j’ai pensé pendant les longues, très longues minutes qui se sont écoulées pour venir à bout de ce truc. Quand enfin j’en viens à bout, je suis épuisée… à bout de souffle mais j’ai fait la connaissance de Denis qui fait une entrée dans ma course, discrètement mais sûrement. Très vite j’apprends qu’il est comme moi, venu prendre sa revanche. Nous sommes au même rythme, donc pas très rapides il faut bien le dire mais nous avançons. Contrairement à moi, il est attendu par sa famille qui loge à la Plage Bellecôte. Quand nous arrivons enfin en vue de son immeuble et qu’il découvre son épouse et ses 2 filles je le sens heureux d’être déjà là. Un groupe de jeunes ados genre mon Alexandre sont là aussi pour nous encourager et l’un me demande : « mais comment on fait pour avoir un mental comme le vôtre ? ». Je lui réponds une phrase honteusement volée à un ami coureur « tu débranches les 2 neurones que tu as et tu avances » ! Il se marre et nous repartons vers le ravitaillement. Là j’ai la bonne surprise de retrouver mes amis du marathon du médoc qui sont là courageusement dans le froid à nous attendre pour nous bichonner. Je dis rapidement que j’ai mal au genou droit et zou je me retrouve allongée sur un lit de camp avec un des meilleurs chirurgiens de Bordeaux qui vérifie que ce n’est pas grave, glace le tout à la bombe, me strappe tout ça en une fraction de seconde et me relève en me disant : « vas y ça va tenir ! ». Je me suis crue une formule 1 à un arrêt au stand ! Par contre du côté de Denis, ça va moins bien… Le mental tombe en flèche et il me parle d’abandon. Je sais que ce n’est pas vraiment physique, il n’est pas blessé, il est fatigué comme nous le sommes tous et je finis par me dire qu’il a peur plus qu’autre chose. Je lui dis juste : « tu ne vas pas laisser une mère de famille avec 4 enfants partir seule dans le noir non ? ». Il hésite, se relève et me dit « ok c’est bon on y va ». Je crois sans aucune prétention de ma part que si je n’avais pas été là à ce moment là, il aurait rendu son dossard. Son appartement était là juste à côté, sa famille et l’épuisement le gagnaient. Pourtant il vient et très vite un 3ème larron se joint à nous. Comme le monde de l’ultra est bien entendu très petit, il connaît des personnes que je connais et c’est parti pour un papotage tranquille qui va nous mener jusqu’à l’arrivée. Aucun n’a l’intention de faire le fanfaron, juste d’aller au bout de cette aventure dans le meilleur état possible. Nouveau point de contrôle et nous tombons sur Eric. Je pensais qu’il nous attendait pour finir mais il me dit qu’il est blessé et souffre trop pour envisager 10 km de plus. Il tente de partir mais revient sur ses pas. Je ne sais pas quoi lui dire à part « tu es sur ? Tu es à 10 km de l’arrivée ? ». Mais s’il souffre vraiment je n’ai pas le droit de le pousser à aggraver quelque chose. Chacun doit prendre sa décision en son âme et conscience. Nous repartons et je dois bien reconnaître que je pensais à ce moment là qu’il finirait par nous suivre…

La dernière descente vers Aime n’en finit pas… Je crois avoir été assez vulgaire, jurant après chaque caillou qui se met devant mes pieds, après chaque racine qui surgit sans que je ne lui ai rien demandé. Denis qui ouvre la voie m’entendra régulièrement comme les enfants dans une voiture « dis c’est quand qu’on arrive ? »… « Elle est encore loin la route ? ». Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est et je ne veux surtout pas le savoir !!! Je pense aussi à Eric et je me félicite de ne l’avoir pas trop poussé à se lancer parce que cette fin est terrible pour les jambes. Tout se passe tranquillement jusqu’à ce que tout d’un coup sortie de nulle part une fille déboule immédiatement suivi d’un coureur qui doit sûrement être son conjoint comme c’est souvent le cas sur ce type de course. Pas un bonsoir, pas un sourire, ils se contentent juste de nous pousser sur le côté de la monotrace que nous sommes en train de descendre. Et voilà comment je perds ma 3ème place à 4 km de l’arrivée… Ah ben mince alors, moi qui me voyais déjà en train de faire mon joli discours devant tout le monde pour remercier l’académie pour ce superbe oscar qu’on ne manquerait pas de me remettre puisqu’un tel exploit allait forcément débouché sur un film tourné à Hollywood. Bien entendu, ce n’est pas de l’oscar de la meilleure actrice puisque mon rôle serait tenue par Julia Roberts mais de celui du meilleur scénario pour « la revanche d’une blonde dans la Montagne, 2 le retour »… Que faire ? Foncer comme une dératée pour tenter de la rattraper ? Non mais ça ne va pas la tête ou quoi ? Nous sommes les 3 mousquetaires (ok ils étaient 4 mais avec l’esprit de Fabrice sur mon épaule, ça fait le compte non ?) et nous allons passer la ligne d’arrivée tous les 3. Enfin la route, enfin Aime !!! Bon sang, j’en aurais embrassé la pancarte moi !!! Je suis partie depuis 23h, 29 min et 3 secondes précisément. J’ai la surprise de trouver Sylvain qui m’attend sagement à l’arrivée ! Il est 4h30 du mat et il est revenu spécialement pour me voir passer la ligne. Ca me touche énormément qu’il ait fait ça pour moi parce que pour la petite histoire, il a fini à 21h lui… Et encore il tournait un film pendant la course… Aucun commentaire !

J’embrasse mes compagnons de route que je rends à leur vie et direction l’hôtel. Je veux une douche chaude !!! Et un lit confortable aussi tant qu’on y est d’ailleurs. Ce qui est assez étonnant c’est qu’à ce moment là je vais plutôt bien. Je papote, je marche sans problème et c’est plutôt satisfaite de moi que je passe le pas de ma porte. Et pourtant en quelques secondes je vais me transformer en loque humaine… j’enlève mes vêtements que je jette par terre, je prends ma douche en grelotant et en claquant des dents. J’avais prévu de quoi manger mais impossible d’avaler quoique ce soit. C’est en position fœtale, le corps tout d’un coup douloureux au possible que je tente de trouver le sommeil. 8h du matin j’ouvre un œil, j’ai mal dormi et j’ai le ventre qui crie famine. Direction la salle du petit déjeuner où je vais m’offrir un festin de roi ou plutôt de reine à coup de croissant et autres crêpes. Je retourne me coucher et je me rendors aussi sec. A 12h30, j’ouvrirai de nouveau l’œil en constatant que je vais mieux. Dire que je meurs d’envie de sauter dans mes baskets serait un tant soit peu exagéré mais faire la route pour rentrer chez moi ne me fait pas peur.

Alors que je suis en train de mettre mes sacs dans ma voiture j’entends l’attachée de presse de la course qui arrive en courant. « super vous n’êtes pas encore partie !!! J’ai votre lot pour votre podium !!! ». Comment ça le podium ? « ben oui vous êtes 3ème vétérane ». C’est une jolie façon de dire que je suis dernière vétérane puisque nous étions 3 mais je comprends surtout que j’ai raté la remise de prix et ma minute de gloire… Si j’avais imaginé une seule seconde qu’ils récompensaient par catégorie, j’aurais mis mon réveil tu penses. Enfin je repars avec un superbe sac à dos de course Asics noir trop classe, un tee shirt, le livre de la 6000D et surtout le plus important : mon tee shirt de finisher de cette foutue course.
J’ai le sentiment du devoir accompli, sans aucun regret maintenant sur mon abandon de l’année précédente. Je n’étais pas prête à l’époque à vivre ce que j’ai vécu. Je n’avais pas encore cette force intérieure que j’ai chèrement gagnée sur les cailloux algériens.

UTMB me voilà et là ça va être une autre partie de rigolade parce que ce n’est pas une nuit que je vais passer dehors mais 2 !

 

Cross et marathon du Mont Blanc 2010 : Barbie ne sera jamais Heidi !

Barbie ne sera jamais Heidi…

Dans le cadre de ma prépa UTMB j’avais décidé de me lancer dans un Goofy Challenge des montagnes à savoir enchainer le cross (23km) et le marathon du Mont Blanc le même week end. Ne me demandez pas le dénivelé, j’en ai fichtrement aucune idée comme d’habitude. Par contre j’aimerais bien savoir quel jour j’ai pris la décision de m’inscrire à l’Ultra Trail et surtout quelle substance illicite j’ai bien pu avaler ce jour là parce que lorsqu’on voit ce que je donne en montagne, je ne devais vraiment pas être bien…

Enfin bon, pas la peine de refaire le monde, me voilà partie avec Madame Cunégonde GPS qui pour une fois a l’air plutôt bien disposée à m’emmener là où je veux aller. Mais c’est bien la seule chose qui marche ce jour là. J’attendais une ceinture de ravitaillement qui n’est jamais arrivée… La mienne est restée à Tahiti et je n’avais jamais eu l’occasion de m’en racheter une. Je sais qu’il va faire chaud et qu’il faut prendre suffisamment d’eau. Je me vois mal courir le cross avec mon sac à dos vide juste pour porter une simple gourde… Cette histoire me travaille et je me dis que je vais surement trouver mon bonheur au village expo du marathon mais encore faut-il que je n’arrive pas trop tard. Et pas question de faire sa folle au volant parce que la voiture n’est pas à mon nom et Ken vient juste de récupérer le point que j’avais perdu. Ah c’est beau la solidarité dans un couple ! Tout en continuant ma route, je réfléchis à ce que je vais prendre comme barre le lendemain, si je vais acheter des compotes pour le dimanche, des considérations purement gastronomiques quoi, et il me vient tout d’un coup une pensée bizarre : « et au fait question fringue, j’ai pris quoi exactement ? ». Eh bien oui vous l’avez déjà deviné : j’ai encore oublié mon soutif… J’avais décidé de courir le marathon avec une robe qui a une brassière intégrée pour ne pas souffrir de frottement mais pour le samedi j’ai pris un tee shirt rose pour aller avec ma visière rose cadeau d’anniversaire de ma chère Tortue à ce même marathon 2 ans auparavant assorti à mon diadème. Seulement à me dire : pas besoin de soutif pour dimanche j’en ai oublié celui du samedi… Là franchement je me dis qu’il va vraiment falloir que j’en parle à un psy… Je pense toujours à mon chrono que je ne démarre jamais et qui sert juste à faire genre, mais un truc vraiment utile je l’oublie à chaque fois. Me voilà donc à peine arrivée sur place partie à la tradition recherche du soutif perdu ! J’en profite pour acheter une ceinture Salomon que je vous présenterais d’ailleurs dans la rubrique test. Quitte à faire des investissements autant les rentabiliser et en faire profiter les copines. Bon je ne sais pas si le buff rose Hello Kitty est un achat qui pourra justifier un test mais ma fille l’adore !

Je récupère mes 2 dossards devant l’air un peu étonné de la bénévole et mes 2 tee shirts, Ken étant absolument ravi d’apprendre qu’il allait hériter d’un nouveau technique rouge du plus bel effet pour son footing annuel autour de Longchamp.

Un passage à l’hôtel où je vais dormir 2 nuits et retour à Chamonix pour une première pasta party avec un membre de CLM qui est dans le même délire montagnard que moi.
Ce qui est terrible c’est qu’à ce moment là, je ne réalise pas vraiment que je suis en train de faire une grosse bêtise. Depuis 2 jours j’ai ce que je crois être une angine même si je n’avais jamais lu quelque part qu’on saignait autant du nez avec ce type de pathologie. Je me réveille plusieurs fois par nuit pour éponger mes sinus qui se vident. J’appréhende un peu mais pas autant que cela, et franchement je me dis avec le recul que je suis totalement folle et que Sylvain, le coureur de la Costa Xtrem, avait raison (voilà c’est dit mais ne rêve pas mon garçon je ne le redirais surement pas avant des lustres!!!).
Nuit relativement moins pire que les précédentes et petit déjeuner très attendu ! Je descends avec mon gatosport mais quand j’aperçois le pain aux graines et les croissants, je le laisse gentiment de côté. Je vais courir 23 bornes en montagne, je vais éliminer tout ça non ? Je me presse parce que j’ai rendez vous avec les filles d’Aquitaine qui sont venues elles aussi tâter du caillou. Je me presse tellement qu’au moment d’attraper mon sac qui sera à l’arrivée et de prendre ma fameuse nouvelle ceinture, je dois me rendre à l’évidence : pour une ceinture avec une gourde de 650 ml d’eau, elle est bien légère… Ok on continue la rigolade : j’ai oublié la gourde sur la table de ma chambre. Pourtant j’avais tout bien préparé, mis ma vitamine C et tout et tout… Pas le temps de repartir la chercher et je fais quoi moi ? J’ai le souvenir cuisant de l’édition de 2008 où j’avais vraiment eu soif, je dois trouver une solution. Il y a une boulangerie ouverte sur ma route, zou j’achète une bouteille de boisson à la couleur très étrange mais qui fera l’affaire. Au fond de moi je suis consternée : est ce qu’un jour je serais une coureuse capable de prendre toutes ses affaires ? Même quand j’essaye de bien faire, il y a toujours un truc qui part en sucette… Il n’y a plus qu’à prier pour que la ceinture soit compatible avec la bouteille.

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Le départ

Direction le départ du cross et tout de suite je m’inquiète devant le monde. Nous n’avions pas fixé de lieu de rendez vous très précis et il y a foule. Heureusement l’effet diadème fonctionne et Chantaki me trouve dans la foule. Elles ont toutes l’air super en forme, Monsieur Chantaki a même décidé de filmer la course et je peux vous dire que son camescope ressemble à un vrai camescope ! Nous n’oublions pas la traditionnelle photo et quelques minutes seulement après, le départ est donné. C’est parti pour 23 km à l’assaut des montagnes. Ok je ne suis pas toute seule…

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Les plus belles !

Il faut se rendre à l’évidence, il va falloir par moment jouer des coudes pour passer. Mais j’ai décidé que ce matin, j’allais essayer de faire mon convert et de courir un maximum, même si je savais déjà que vu mon niveau plus que moyen cela n’allait pas toujours être simple. Je veux bien pousser les coureurs dans le vide pour passer mais parait que ce n’est pas très bien vu… L’effet diadème joue à plein régime même pendant la course, surtout auprès des étrangers. Je n’ai fait quasiment que parler anglais (Brian is in the kitchen n’est pas forcément facile à caser mais j’y arrive très bien !) ! Entre les sud africains, les allemands et même les anglais tout simplement, tous étaient intrigués par la princesse de la montagne. Pour le public aussi cela a beaucoup joué et les encouragements sont vraiment sympathiques je dois bien l’avouer.

Seul réel point noir : je n’ai pas pris de mouchoir et les 2 de Chantaki ont du tenir 3 km. Il faut se rendre à l’évidence, il va falloir trouver une solution… Et à part demander aux gentils coureurs de me prêter leur tee shirt, je ne vois qu’une solution : me moucher dans le vide comme savent si bien le faire les vrais coureurs. Franchement j’ai horreur de ça mais je n’arrive pas à respirer alors à la guerre comme à la guerre ! Puisqu’on se dit tout je peux vous avouer que j’ai fini par tellement bien maitriser le truc que j’ai vidé mes sinus sur toute la montagne avec une force qui a fait bondir 2 ou 3 coureurs qui accéléraient ensuite en se disant que je devais forcément avoir un truc super contagieux vu ce qui sortait ! Par contre je ne comprends pas, malgré ma jupette des plus seyantes, aucun ne m’a demandé où je dormais le soir…

lafrique_du_sud

l'Afrique du Sud !

Ce qui est terrible à dire c’est que la course s’est bien passée dans l’ensemble, même si bien entendu je n’ai pas gagné !!! Faut pas pousser non plus… Mais j’ai vraiment couru un maximum et les 5 derniers km je n’ai fait que dire 2 mots : « à gauche !!! » parce que je remontais sans cesse des coureurs. Le moment le plus drôle je crois c’est dans la dernière montée qui est vraiment casse pattes. Là je sais que ce n’est pas la peine de trop forcer, j’ai un marathon le lendemain. Je marche donc d’un pas soutenu et j’entends ma voisine qui me dit : « oh la la une jupe ! Mais ça ne gène pas pour courir ? ». Et nous voilà toutes les 2 en train de parler fringues, jupette, robe de running, avantages et inconvénients… Vous auriez vu la tête des mecs autour de nous qui souffraient dans cette dernière grimpette, consternés d’entendre des filles plutôt à l’aise en train de parler chiffons !!! Je regrette de ne pas avoir sorti l’appareil photo pour immortaliser leur regard dépité. Je passe la ligne d’arrivée en 3h30 plutôt bien et je vais chercher mon verre de coca, ravie d’avoir aussi bien gérer ma course. Bon ok, dire que je ne rêvais que d’y retourner serait quelque peu exagérer mais je vais plutôt pas mal. La bénévole qui me donne à boire d’ailleurs me félicite et je lui donne rendez vous le lendemain au même endroit.

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A ce moment là je suis encore inconsciente, surement dopée par les effets de l’altitude et de l’endomorphine… La télécabine va vite me ramener à la réalité parce que j’ai horreur de ça, j’ai un vertige dingue dans ces trucs là. Direction la douche pour retrouver visage humain ou plutôt odeur humaine et roulez jeunesse vers ce qui est maintenant mon fief post course sur le mont Blanc : le mac do du coin ! Il est très beau, tout en bois, a le wifi et de toute façon j’ai trop envie de frites pour réfléchir… Vous avez vu je le vends bien hein ???

Retour au marathon expo où je tombe par hasard sur mumufromparis qui est en vacances et qui a prévu de se joindre à nous pour le « verre caf » un peu plus tard. Après un débrief rapide de la course elle me parle de ses bâtons révolutionnaires qu’elle me propose de tester le lendemain. Je ne sais si c’est prémonitoire mais j’accepte avec joie. J’avais envisagé d’en faire l’acquisition mais de peur de me planter j’ai préféré reporter l’achat.

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Les Cafeuses : nous nous retrouvons toutes pour papoter et refaire la course à défaut de refaire le match ! Que du bonheur !!! C’est vrai que c’est franchement sympathique de retrouver les copines où que l’on aille en France et même à l’étranger. Toutes celles qui n’osent pas venir nous rejoindre devraient se jeter à l’eau parce que franchement ces moments font le charme des courses auxquelles je participe aujourd’hui. Murielle m’a amené les fameux bâtons et je me dis qu’avec ça et mon diadème je ne vais vraiment pas passer inaperçue ! Ils ressemblent plus à des banderilles qu’autre chose et d’ailleurs j’entendrais le lendemain moult réflexions du style : « tu l’as mis où le taureau ? », « je veux bien te laisser mes oreilles mais laisse moi mes attributs », j’en passe et des meilleurs…

Revenons aux filles : je suis heureuse parce qu’elles ont toutes l’air heureuse de leur course et je suis un peu comme une maman j’ai besoin de savoir que mes troupes vont bien. Vraiment ce rendez vous me fait chaud au cœur.

Dîner « courir le monde » à le refaire le monde justement. Je m’excuse auprès des épouses et conjointes pour le côté un peu saoulant des coureurs entre eux… Ce sont des saintes de supporter ça, parce que c’est vraiment pénible de réunir plusieurs passionnés ensemble.

Direction mon lit après avoir préparé un peu plus sérieusement mes petites affaires. J’ai décidé d’être très tôt sur place pour trouver à me garer le plus prêt possible de l’arrivée du téléphérique pour ne pas perdre de temps. J’ai demandé à garder ma chambre un peu plus longtemps pour pouvoir me doucher avant de reprendre la voiture et je ne veux pas abuser. Ce qui m’amuse aujourd’hui c’est mon optimisme à ce moment là. Aucun doute pour moi, je vais mettre le même temps qu’il y a 2 ans, ben oui tiens tu parles…

Réveil avant le réveil comme souvent et dès que je mets le pied à terre je comprends que cela ne va pas se passer comme je le pensais. J’ai les poumons en feu… et la voix je ne vous parle même pas de ma voix ! On va me faire passer un test de féminité si je parle à un des organisateurs avec cette voix là ! Je descends au petit déjeuner en tenue pour partir directement parce que là je vais oublier les croissants. Je prends juste de l’eau chaude pour mon thé et roulez jeunesse. Je trouve une place pour mon camion juste là où je l’espérais et je m’installe confortablement dans ma voiture pour déguster ce délicieux gatosport au chocolat fait au dernier moment… Bon sens que je regrette de ne pas avoir laissé celui là à ma fille pour lui prendre celui que j’ai fait avec un glaçage au chocolat au lait… Je sais cette pensée ne m’honore guère mais j’ai bien peur qu’elle soit sincère !

Je m’occupe un peu de mes petits pieds qui pour l’instant sont bien sages en passant l’épreuve du cross sans moufter et sans m’honorer d’ampoules. Je vais tester les hoka et c’est vrai que j’appréhende un peu parce qu’elles sont tellement « bizarres ». L’heure du départ a sonné et celle du dernier pipi aussi ! Ce qui est émouvant avec ce moment c’est que je sais que dans 2 mois je serais au même endroit, et que je ferais moins la fière… Même si là je la ramène moyen… Comment mes bronches vont-elles surmonter la rapide montée en altitude ? J’abrège le suspens : elles ne vont pas la supporter !!! La montée au col des Posettes va juste être une longue agonie où je me maudis d’avoir cru pouvoir y arriver. Je sais à ce moment là que ce ne sera plus une course mais une randonnée. Avec le recul je me dis que le fait de ne pas respirer correctement, donc de ne pas oxygéner mon sang correctement a du jouer un peu. Heureusement je rencontre d’autres coureurs avec qui je papote un peu et qui seront autour de moi au fur et à mesure que nous progressons. Ce qui me fout le moral dans les chaussettes c’est lorsqu’ils me parlent de 8h de course. Je n’avais jamais imaginé que je mettrais ce temps. J’abandonnerais bien mais mes clés de voiture sont dans mon sac à l’arrivée. Alors j’avance doucement mais sûrement. Ça me permet en tout cas de tester les fameux bâtons qui se révèlent très efficaces que ce soit en montée et en descente, m’assurant bien et me rassurant surtout. Pour les Hoka pas de doute en descente elles sont stupéfiantes. Je peux d’autant plus le dire que j’aurais testé le même parcours avec 2 paires différentes.

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Le début de la fin !

Point positif de la course : le public. Il y en a peu mais ce n’est pas la quantité qui compte c’est la qualité. Il y a 2 femmes avec un panneau en carton avec écrit dessus « allez » et « bravo » de l’autre côté et elles alternent en fonction de notre état ! Je vais les voir  sur tous les ravitos et même à l’arrivée. D’ailleurs la troisième fois je leur fais la réflexion : « mais ce n’est pas possible, vous êtes partout ! ». Un vrai boulot « public » sur le marathon du Mont Blanc. Autre soutien imprévu : 2 jeunes femmes adorables qui étaient déjà là pour le cross. Lorsqu’elles reconnaissent le diadème, elles m’interpellent : « mais vous êtes encore là ? » « Oui je fais les 2 ! ». Elles vont être d’un soutien formidable à chaque ravito où elles surgissent comme par enchantement et sans leur « le doublé, le doublé » hurlé à pleins poumons, j’aurais sûrement jeté l’éponge plus vite. J’arrive au fameux ravito de la Flégère et pour vous donner une idée de la cata il n’y a plus de coca… Ca me file un coup de plus au moral qui n’a pas besoin de ça. Un bénévole m’aide à remplir ma gourde et je profite de l’occasion pour remercier tous ceux et celles qui ont été à nos côtés pendant cette course. Je n’ai vu que sourires, mots de soutien, encouragements de la part de ceux qui nous ont attendu des heures dans la chaleur pour nous donner un peu d’eau. Qu’ils en soient ici remerciés ! Et celle qui m’a donné 2 mouchoirs aussi ! C’est toujours ça que les autres coureurs n’ont pas pris sur leurs chaussures !

Le plus dur pour moi restera la fin, non pas parce que c’est la fin mais parce que la veille au même endroit je m’amusais. Là ce n’est pas du tout le cas, mon genou droit me lance de plus en plus sans réelle explication et j’ai la trouille en plus d’avoir une blessure en plus de mes poumons à changer… Il va me falloir une vitale gold moi à ce rythme ! Je n’arrive pas à relancer alors que c’est de la descente et que normalement je pourrais m’amuser comme une petite folle sur ce type de parcours. Il faut l’accepter ce n’est pas mon jour et puis c’est tout. Je vais finir pépère, pas le choix, sous les encouragements du public encore présent. Mes groupies sont là et crient à gorge déployée : « le doublé ». La pancarte se retourne pour m’aider à finir et je remercie les jeunes femmes pour leurs encouragements. Je passe la ligne d’arrivée sans grande fierté si ce n’est celle de n’avoir pas abandonné. Je vais vite saluer la bénévole de la veille et je fonce récupérer mon sac pour retourner à mon hôtel. Ils doivent se demander ce que je fais à ramasser les edelweiss comme ça… Je m’attends à trouver mes valises sur le palier ! Comme je n’avais pas mon téléphone je ne pouvais même pas prévenir de mon « léger retard ». Ah oui tiens j’ai oublié de le préciser du coup : j’ai fait 8h10 je crois. Pour un marathon je crois que là j’ai battu un record absolu !!!

Une chose est sure maintenant : si je suis malade je ne prends pas le départ quelque soit la course. Il faut savoir raison gardée. Mais si je vais finir par être raisonnable qu’est-ce que vous croyez ??? D’ailleurs j’ai décidé de couper un peu le temps de guérir complètement avant de rechausser mes baskets. Je sais que j’ai un plan à suivre mais j’ai besoin d’être en forme, alors tant pis ça attendra. Je vais mettre toutes mes chances de côté pour être fin prête fin août et j’espère bien pouvoir vous raconter « comment Barbie est devenue Heidi ! ».

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La Sénégazelle de Calou

JOURNAL D’UNE SENEGAZELLE

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C'est en Juin 2009, que l'aventure a commencé quand Mireille, une amie du site www.courir-au-feminin.com m'envoie un mail en me disant : vite Calou il faut que tu te décides, les inscriptions pour la Sénégazelle sont ouvertes, dépêches toi !

Oui? Non ? À la porte de cette grande aventure, ne courant réellement que depuis 20 mois, suis-je prête ? J'ai la soirée pour prendre ma décision. Après un 1/4 d'heure d'indécision, je me dis que la vie ne vaut  d'être vécue qu'une fois. Je ne réfléchis plus, je me pré-inscris sur le site. Pour vraiment être sure de valider le tout, je quitte la maison à 21h pour expédier ma précieuse enveloppe. Je sais que je vais vivre une grande aventure humaine.

Samedi 13 février 2010, jour du départ tant attendu ! A l'aéroport d'Orly, les filles se découvrent, des regards se croisent, des sourires. Nous pouvons ressentir l'excitation palpable de toutes ces nanas un peu énervées par ce qui les attend.

Le voyage est long, mais nous avons tellement de choses à nous raconter que cet acheminement passe en fin de compte bien vite. Nous voilà arrivées  (les 66 participantes + l'équipe du Staff) sur notre lieu de villégiature après 4 h en car + camion sur les pistes de sable. Il est 4 h du matin, il fait nuit et la fatigue commence à se faire sentir. Nous prenons possession de nos cases.

Au petit matin de ce dimanche, nous découvrons la beauté du paysage qui s'offre à nous. Couleurs splendides, nous sommes sur les berges du fleuve Siné Saloum. Le soleil se lève à peine, sur l'eau calme flottent les pirogues. Le campement est super, cases de pailles assez basiques, un retour à des valeurs primitives auprès des enfants du village de Simal. Le sable commence déjà à nous coller à la peau.

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Matinée chargée ou nous trions des fournitures scolaires : 46 kg par 66 sénégazelles, cela donne des amoncellements d'objets sous les tentes installées pour la circonstance où la chaleur règne en maitre. La journée est consacrée à la préparation des 1ers lots pour les classes du lendemain.

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Nous sommes à la veille de notre 1ere course et 1ere école. Un nœud me serre à l'estomac, j'y suis, je vais la  faire cette course ! C'est magique, mélange de joie et d'angoisse.

Lundi : étape de Samba Diallo - 9,5km

Levées à 6h du matin, ambiance un peu irréelle de gazelles piaffant entre elles, je porte le dossard n°2, nous sommes très excitées.

8h le départ est donné, parcours annoncé de 10,7km. L'étape est un peu difficile avec un terrain meuble fait de sable poussiéreux. Les marcheuses sont parties 15mn avant nous. Les pieds ont du mal à trouver leurs appuis. J'avance doucement en essayant de trouver un rythme régulier. Le plaisir doit rester présent et chacune avance à son rythme. Ces km qui passent sont magiques, le temps me paraît passer très vite. Au détour d'un virage, le bonheur total, frisson à fleur de peau, les cases se dévoilent, le chant des villageois de Samba Dialo, le tam tam des djambés nous font percevoir la fin de la course. Une haie d'enfants et de femmes scandant des litanies nous donnent la force de pousser sur nos jambes. L'émotion dont on avait rêvé est là, bien présente.

Je suis arrivée, je l'ai faite cette 1ere course ! Mes peurs, mes doutes, mes angoisses sont loin derrière moi, je respire un bon coup, je suis heureuse. Un enfant me prend la main et les femmes nous entrainent dans leurs danses.

Je suis affectée avec quelques filles à une classe de CP et nous y sommes accueillies  par les enfants qui nous souhaitent haut et fort la bienvenue. Nous distribuons les cahiers, trousses, ardoises. Instants d'approche : je vais vers les enfants, je m'assoie à leur table, dessine à la craie, j'écris mon prénom et les aide à écrire le leur, sourires échangés, le contact est fort, je me sens bien.

Trop vite vient le moment de les quitter et c'est un défilé de charrettes qui nous ramènera à notre camp de base.

Vivement demain où d'autres moments identiques vont me faire retrouver cette émotion.

Mardi (8,3km annoncés)

Nous irons courir sur l'île de Firané que l'on aperçoit au loin en regardant le fleuve, une traversée en pirogue pour le plaisir de toutes. Pas d'école à l'arrivée, ce soir, ce sont les directeurs qui vont venir à nous. Pas de problème particulier sur la course, les jambes sont encore en état, tout se passe bien.

Petite promenade  en fin de journée à la découverte du village authentique de Simal à 10mn à pied. Des hommes discutent à l'ombre d'un fromager, des femmes lavent le linge au bord d'une retenue d'eau, et en s'enfonçant plus dans les ruelles, nous nous joignons à des Sénégalaises en boubou coloré occupées au travail de tri et décorticage des cacahuètes. C'est un moment fort, où nous échangeons nos chants, en essayant d'apprendre quelques mots de woloff. Quelques pas de danses  et toujours les enfants rieurs s'accrochant à nous pour venir s'assoir sur nos genoux. Il n'y a plus entre nous que la différence de couleurs de peau, nous sommes semblables, réunis par les mêmes rires. Je suis sur un petit nuage, bien décidée à ne pas en descendre.

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3ème jour, étape de Cajou Simal

J'ai le mollet qui tire un peu, chez les filles c'est un peu identique, les douleurs ont fait leur apparitions. Mais le moral est là, et c'est avec beaucoup d'entrain que nous nous élançons pour cette nouvelle étape. Quelle chance avons-nous, même si c'est difficile. Les runnings s'enfoncent dans le sable, nous prenons le vent de face ralentissant nos pas, il ne faut  pas s'écouter.  La fatigue se fait sentir au fil des jours et pour preuve, le nombre des marcheuses est passé à 19 (11 au départ). Je suis toujours prête à en découdre, je suis là pour courir ! Pas de faille à ma volonté, je m'accroche et dans les moments durs je pense à ma famille, je les énumère un à un pour qu'ils me donnent le courage quand la force vient à manquer.

Soulagée d'être arrivée, je suis heureuse d'avoir réussi à courir une nouvelle fois. Toujours cet accueil chaleureux des enfants et des femmes dans l'école. Fous rires entre françaises gauches et Sénégalaises bien rythmées dans leurs danses. Au bout de 3 jours, il n'y a plus de frontières, ni de blancs, ni de noirs, nous chantons, dansons et rions toutes ensembles dans une joie de vivre infinie.

Retour en pirogue, calme plat pendant le repas du midi, les filles sont lasses et cet après midi, petite sieste réparatrice et rencontre avec une famille du village. Comment faire pour ne pas s'attacher et en vouloir encore et encore ?

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Ce jeudi matin, n'est pas mon jour. Dès le départ, je sens que cette journée sera placée sous le signe d'un moral en berne. Pourtant, j'ai tout pour être heureuse, sans doute l'accumulation de fatigue. Nous sommes au 4eme jour, dès le 2eme kilomètre, j'ai les larmes qui sont proches, je me retiens pour ne pas craquer devant les copines, je cours, je ne veux pas m'écouter. Je veux aller au delà de ce « mur » qui se présente à moi, j'énumère, les pseudos des copines du site les unes après les autres pour tenir. Les km s'enchainent quand même, l'arrivée est là et c'est plus fort que moi, je m'effondre dans les bras de Catherine n'essayant plus de retenir mes sanglots. C'était dur, mais la volonté d'arriver m'a fait aller jusqu'au bout. Je mettrais un peu de temps pour m'en remettre, mais l'après midi tout redevient comme au premier jour. J'ai vaincu, vous vous rendez compte ? Je l'ai fait ! J'ai dépassé ce que je pensais être inabordable, mélange de fierté de dépassement de soi.

Je vis une aventure hors du commun, je ne dois rien lâcher.

Retour dans l'après midi en charrette, moyen de locomotion typique qui nous donne l'occasion de visiter les ruelles de Faoye.

Ce soir, je vais mieux, je vais bien.

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Vendredi 19, dernier jour de course, j'ai une pêche formidable, nous allons courir vers le village de Djilas, 8,2km prévu.

Une tempête de sable renforce notre difficulté à courir sur ce terrain très meuble, mais peu importe, profitons de ce bonheur de courir ici entre baobabs et eucalyptus.

Je suis comme au premier jour, le temps passe très vite, des centaines d'enfants nous fait une haie d'honneur et deux d'entre eux me prennent la main pour terminer la course avec moi.

Le chant des femmes rythme notre arrivée : instants magiques, je frissonne de la tête aux pieds.

Dernière visite dans une classe de CP, contact très proche avec les enfants, regards échangés, sourires, l'émotion est forte et partagée.

C'est à bord d'un Diagadiai (taxi brousse) que nous rentrons chez nous. Ce soir, remise des récompenses et j'attends un peu fébrile les résultats.

Souvenez-vous de mes craintes avant le départ :

1° Ne pas pouvoir courir toutes les étapes

2° Être obligée de marcher, pas un problème en soi, mais un défi personnel.

3° l’angoisse d'être dernière, même si cela n’avait finalement que peu d’importance.

Je suis 30ème ! Je l'ai faite les copines ! N'est ce pas merveilleux ?

Nous sommes toutes gagnantes de ces instants précieux et magiques.

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L'aventure est terminée, avec un peu de vague à l'âme au fond du regard. Pouvoir aider ces enfants et leur famille m’a énormément apporté. Nous avons tout, pourquoi ne pas essayer d'en faire encore plus ?

J'ai appris à me connaître, j'ai découvert  des personnes formidables et j'ai la tête remplie de souvenirs.

C'est une expérience à jamais gravée dans mon cœur.

 

   

Le marathon de Paris 2010 : regard d'un bénévole

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Le marathon de Paris, tout comme toutes les autres courses d’ailleurs ne serait rien sans ses bénévoles. Je voulais leur donner la parole et plus particulièrement à un ami qui tous les ans vous attend au 15ème km avec son sourire et sa joie de vivre. C’est un marathonien lui-même qui régulièrement passe de l’autre côté de la barrière. Il était d’ailleurs au marathon de Sénart cette année pour empêcher les voitures de venir bousculer les coureurs. Maintenant que vous connaîtrez mieux Pontgib et son ravito du 15ème pensez à lui dire bonjour si vous passez par chez lui !

Se lever à 5h du mat, c’est dur… Il faut être un peu fou, surtout quand on sait très bien qu'on le ferait pas pour son patron, et en plus nous sommes un dimanche.

Mais bon, c'est pour la bonne cause : aujourd'hui c'est le marathon de Paris, et même si nous ne le courons pas, nous participons à notre façon. Je dis bien « nous », car j'entraîne chaque année la famille entière dans cette "galère".

Le rendez vous est fixé à 6h au 15eme kilomètre de la course. Il fait nuit et pas très chaud, d'une année sur l'autre on retrouve les mêmes, on a nos habitudes.

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Vers 6h 30, les camions arrivent, en premier les tréteaux, puis les planches, on décharge tout ça, la chaîne se forme, les tables prennent formes.

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Vers 7h, les camions de ravitaillement proprement dit arrivent : 11 palettes de bouteilles d'eau à décharger à la main et à repartir sur toute la longueur du stand (environ 100m quand même).

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Les chiffres : 40000 bouteilles de 33cl soit 13200 kilos ! La chaîne est bien rodée, ça va vite, puis viennent les caisses d'oranges et de bananes.

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Les novices installent les bouteilles dans un ordre parfait, les anciens ne pratiquent jamais comme ça : venez une fois derrière le stand voir le passage des moins de 3 heures, c'est la foire d'empoigne ! En attrapant une bouteille, c'est 10 par terre au minimum… Seul remède : tendre la bouteille à bout de bras. Et oui c'est un "métier" !

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Durant 1h30, ce sera distribution non stop, parfois avec le remerciement des coureurs, parfois avec une engueulade parce que le bouchon est encore vissé...

Un stage de bénévole sur au moins une course devrait être obligatoire pour certains, n'oubliez pas que notre salaire c'est votre sourire et vos mercis au passage !

Vers la fin du peloton, l'ambiance est nettement plus cool, pas de stress ; certains prennent le temps de discuter un peu avec nous avant de repartir pour ce qui va leur sembler très très long d'ici l'avenue FOCH.

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Vers 11h, 11h20 : apparition des "petits hommes verts" à savoir le service voirie de la mairie de Paris. Dur pour les traînards qui courent entre les camions poubelles et les arroseuses qui en quelques minutes rendent la route propre et accessible à nouveau au voitures.

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Nous devons encore démonter les tables et empiler les tréteaux,

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Voilà c'est fini, on se sert la main, on se donne rendez vous pour le repas offert aux bénévoles en octobre, et on espère tous se revoir en 1011.

Les coureurs ont mal aux jambes, nous ce sont les bras et le dos qui sont bien fatigués.

Une autre vision de la course, une expérience sympathique à vivre au moins une fois.

Signé : Pontgib

   

Petites histoires catalanes

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Petites histoires catalanes…

Comme je l’avais annoncé dans mon CR sur la Costa Brava Xtrem, je tenais à vous raconter l’avant et après course parce que sincèrement je crois que c’est encore là qu’on s’est le plus amusé !

Mercredi 21 avril, je retrouve mon collègue Sylvain (je vais vous mettre en ligne un texte que j'ai écrit sur lui pour Ultrafondus) à la gare d’Austerlitz, endroit que je n’avais pas vu depuis des années. Alors que je m’attendais à une ambiance de fin de journée avec pleins de banlieusards hagards, je me retrouve entourée d’une bande d’ados multicolores. Pendant quelques minutes je crains le pire : est ce qu’ils vont tous monter dans notre train direction Barcelone et ses nuits endiablées ? D’un autre côté vu mon état de fatigue, je me dis qu’avec un peu de chance, en allant traîner au bar, je vais pouvoir trouver des petites pilules sympathiques et tellement euphorisantes qui devraient me faire péter les chronos. Bon pas de chance c’est plutôt vers Lourdes que tous descendent avec au moins 7 trains affrétés rien que pour eux. Et si je les suivais d’ailleurs ? Vu l’état de mes pieds il me faudrait un miracle !

Allez Sylvain est là, déjà look coureur, les lunettes de la mort qui tue, les trails aux pieds, les bâtons à la main et le sac raidlight sur l’épaule (il n’a pas encore osé sortir la tenue népalaise, il me réserve la surprise pour la fin du voyage !)… Comme d’hab moi j’ai mon joli sac de sport en cuir et de splendides bottes camarguaises top mode !

Nous allons prendre un train de nuit Ellipsos très mais alors très éloigné de notre bon vieux train couchettes de notre adolescence. Chacun notre petit compartiment avec une douche et des toilettes privées nous attendent. Petites bouteilles d’eau, serviettes, draps en coton qui sentent bon, ce n’est pas l’Orient Express mais presque ! Et comble du bonheur, il y a des petites trousses comme en classe affaire avec tout le nécessaire pour le voyage. Là par contre nous avons tous les 2 le même réflexe de traileurs enragés : direct dans le sac pour notre prochaine course avec sac !!! Ben quoi ? Il y a même des petits chaussons super légers ! Je ne pouvais pas les laisser…

Dîner et liqueur pour bien dormir : on n’a pas eu le choix, ils nous l’ont offerte et moi on m’a toujours appris qu’il faut toujours finir son verre… Pendant notre dîner on nous a préparé nos lits et 2 petits chocolats nous attendent sagement sur l’oreiller. Je vais me coucher bercée par le mouvement du train. Je me réveillerai vers 5h, constatant en regardant par la fenêtre que nous sommes arrêtés dans une gare. Ce que je ne sais pas encore, c’est qu’à ce moment là Sylvain est en train de négocier avec la police son entrée sur le territoire espagnol sans pièce d’identité. Son passeport est toujours bloqué à l’ambassade chinoise pour une prochaine course et il s’est fait voler sa carte d’identité. Heureusement il est tombé sur un mec plutôt intelligent qui l’a laissé remonter dans le train. Imaginez un peu si je m’étais retrouvée sur le quai de Girone toute seule, cherchant Sylvain avec mon niveau d’espagnol quelque peu primaire dirons-nous… Enfin tout est bien qui finit bien et après notre petit déjeuner nous arrivons à destination. Bonheur des voyages presse nous avons une représentante de l’office du Tourisme, Véronica, qui nous attend pour nous parler un peu de la région. Elle nous remet un exemplaire d’un guide que je ne peux que vous recommander déjà parce qu’il est très bien fait et qu’en plus il est gratuit : vous y trouverez plusieurs parcours de randonnées à faire dans la région avec toutes les indications nécessaires pour vous faciliter la vie et la balade. A ne surtout pas oublier si vous partez là bas (je vous donnerai les références bien sûr) ! Un taxi vient nous chercher pour nous emmener à Lloret del Mar première escale de notre voyage. Nous allons passer notre première nuit catalane à l’hôtel Rigat qui a bien sûr vue sur mer. Qu’est ce que cela fait du bien de retrouver mon élément favori. Rien que de sentir les embruns, c’est simple je revis ! On nous propose le petit déjeuner, ce que nous acceptons avec plaisir. Quoi ? Oui, c’est le deuxième de la journée et alors ? Il faut faire des réserves !!! Je vous préviens tout de suite, nous avons passé notre temps à manger… Direction maintenant notre première activité de la journée : le kayak de mer. La dernière fois que j’ai fait du kayak j’aurais bien tué ma coéquipière à coup de rame tellement cet exercice est difficile. Et je comprends vite que cela ne va pas être mieux cette fois ci… Autant Sylvain court vite sur terre, autant la mer et lui ça fait 2 ! Ca va être un vrai sketch cette sortie en mer, devant l’air totalement dépité de notre moniteur qui doit bien se demander ce qu’il a fait dans une vie antérieure pour mériter ça. Dans l’ordre : il va nous mettre sa combi à l’envers, me demander ce que c’est que ce truc jaune qu’on lui tend (un gilet de sauvetage, pitié mets-le la dernière fois que j’ai du aller chercher un mannequin dans la piscine, il a eu le temps de mourir 3 fois ! Je n’aime pas mettre la tête sous l’eau, après je frise !)… A un moment j’ai bien cru qu’il allait me demander ce que c’était que ce truc qui mouille et qui a un goût salé ! Le moniteur nous explique comment ramer et vogue la galère. Qu’est ce qu’on va rigoler… Ah ça on n’a pas battu des records de vitesse, visé consciencieusement tous les rochers mais on a pu profiter d’une vue extraordinaire sur la côte encore sauvage à bien des endroits. Je me suis régalée de cette balade et sincèrement au retour on assurait grave ! Tu nous donnais 2h de plus et on traversait l’Atlantique à la rame. Bon par contre on va se lever, s’extraire des kayaks serait plus approprié comme expression, en constatant l’ampleur des dégâts : nous avons tous les 2 des courbatures !

Déjeuner sur le front de mer avec la responsable de la communication de Lloret qui est à l’initiative de ma présence. C’est elle qui lors de mon premier passage m’avait parlé de cette course. Première paella d’une longue, très longue série ! Pour digérer tout ça nous allons aller marcher avec un guide parlant français dans les jardins de St Clothilde. Là de toute façon je manque totalement d’objectivité, j’adore cet endroit. Rien que pour ce jardin je serais capable de demander la nationalité catalane ! C’est inexplicable, j’ai du être jardinier dans une vie antérieure dans ce jardin mais je m’y sens vraiment bien. Notre guide en plus est tout simplement adorable et c’est un vrai moment comme je les aime, rempli de poésie. Retour à l’hôtel où je remplis mon rôle de journaliste très au sérieux en testant la piscine intérieure, le hammam et le jacuzzi. Non mais c’est du boulot journaliste faut pas croire ! Petit passage sur les gros canapés moelleux de l’entrée avec nos ordis pour profiter du wifi et dîner avec vue sur mer bien sûr.

Je vais m’endormir avec la fenêtre ouverte pour profiter du bruit de la mer.

Vendredi : on passe aux choses sérieuses puisque nous allons nous rendre à Blanas pour le premier jour de la course et là direction le CR pour la suite des aventures.

La course : voir CR !

Dimanche : nous sommes rentrés à l’hôtel de Rosas où nous attendent nos valises et notre chauffeur de la journée qui doit nous emmener passer la nuit dans un petit port typique de la région. Emmanuelle, ma correspondante française à l’office du Tourisme de Catalogne m’en avait parlé dès que le projet s’était monté : « tu auras besoin d’un massage et d’un bon bain massant après non ? ». Tu m’étonnes !!! Là franchement vu mon état général, je ne peux que la bénir !!! Direction l’hotel Porto Cristo au Port de la Selva. Nos chambres sont tous simplement délirantes ! C’est bien simple, nous restons tous les 2 quelques secondes sur le palier littéralement scotchés ! J’aime la Catalogne !!! Je vais me le faire tatouer leur drapeau sur le mollet comme le coureur que j’ai pas mal suivi pendant la course si ça continue… Oui je sais : prendre un bain ce n’est pas bon pour la planète mais vous savez quoi ? A ce moment Arthus Bertrand peut dire ce qu’il veut, faire ce qu’il veut je m’en fous… Je suis dans mon bain qui masse, qui bulle, qui fait de la mousse et je bénis l’inventeur du jacuzzi. Sans parler de celui ou plutôt de celle qui a inventé le massage qui va suivre. La masseuse est tout de même un peu surprise de voir dans quel état je suis : entre les coups de soleil sur les épaules, les marques de bronzages diverses et variées genre mille feuilles et mes plantes de pieds à vif elle ne sait pas par quel bout elle peut attaquer la chose ! Mais sincèrement ce temps passé entre ses mains va me permettre de vivre beaucoup plus facilement le lendemain qui sera épique je vous l’annonce tout de suite.

Nous allons dîner sur le port mettant 5 min à réussir à nous asseoir accrochés aux accoudoirs (dieu merci il y en a parce que sinon je crois qu’on y serai encore…) et je ne parle pas du retour à l’hôtel ! On va être pris d’un fou rire avec mon compagnon d’infortune imaginant ce que les gens peuvent bien penser de ces 2 français qui se traînent genre « petits vieux perclus d’arthrite ».

Nuit un peu agitée parce que le stress de la course n’est pas retombé et parce que j’ai soif, tout le temps soif. Je vais jeter un sort aux bouteilles d’eau du mini bar à 4h du mat regrettant de n’avoir pas pensé à acheter une ou deux bouteilles supplémentaires. C’est là que je constate que la déshydratation est profonde chez moi alors que j’ai pourtant bu comme jamais.

Petit déjeuner pantagruélique bien sûr et là commence une autre partie de rigolade. Nous avions lu sur le programme que nous avions reçu la veille du départ que nous devions nous balader pour découvrir la région mais nous avions rajouté le mot « motorisé » derrière le mot « randonnée ». 30 km en marchant le lendemain d’une course comme celle que nous avions faite… Non ce n’est pas possible… Quand je vais aller rejoindre notre guide du jour, Philippe, qui représente l’office du Tourisme de Llançà et constater qu’il est en salomon au pied, sac à dos et tenue de running, je comprends que la journée va être un peu plus difficile que prévue !!! Ce qui me rassure c’est le moment de silence que Sylvain va observer lui aussi. Ah il fait moins le malin !!! Ok j’ai compris : je vais chercher mes baskets que j’espérais pourtant ne plus reporter avant plusieurs jours voir plusieurs semaines et enfiler mon tee shirt de finisheuse de la veille parce que je n’ai plus rien de propre moi ! Nous tentons et obtenons une réduction de peine et nous ferons une balade tout simplement splendide passant par Cap de Creus pour monter sur les hauteurs et découvrir la côte vue d’en haut. Mes cuisses hurlent, mes pieds demandent la séparation de corps mais le jeu en vaut la chandelle. Nous monterons au monastère de Sant Pere de Rodes  en voiture, nos jambes ne pouvant plus donner plus qu’elles ne l’ont déjà fait. Promettez-moi si vous allez là bas d’aller voir cet endroit et de faire l’effort de monter aux ruines du château un peu plus haut. Et quand vous serez arrivé là haut, ayez une pensée pour moi et dites moi merci !!! Pour toutes celles que la course à pied sur longue distance effraye un peu nous apprenons l’existence d’une randonnée de 80 km sur 24h qui reprend une petite partie de ce que nous avons fait. Avantage : les ravitos sont nombreux et un simple petit sac à dos suffit. Il y a des vrais repas servis avec pâtes et tout et tout et vu le succès de la première édition je n’ose pas imaginer la 2ème. Ils vont limiter le nombre de places justement pour conserver un côté humain et je ne peux que les encourager dans leur choix. Bien sûr je tiens toutes les infos à votre disposition.

Direction maintenant Figueres pour une nuit dans l’hôtel Duran qui était la cantine de Dali. La salle de restaurant est totalement décalée et l’on comprend tout de suite pourquoi l’artiste aimait l’endroit. Au dîner, alors que nous attendons sagement notre entrée, plutôt light, nous observons la table voisine qui a pris un truc beaucoup moins raisonnable que nous : une espèce de potence en bois d’où pendent tout plein de saucissons des plus appétissants… « Es possible la misma cosa que nos voisins ? ». Pas de problème ! Je peux vous dire qu’on leur a jeté un sort à la charcuterie catalane, tout ça arrosé d’un petit vin rouge très mais alors très éloigné de la diététique sportive. Mais alors qu’est-ce que c’est bon !

Bon ce n’est pas tout ça, il faut dormir, ce qui là n’est pas très difficile. Pas besoin d’une berceuse pour me faire plonger dans les bras de Morphée je n’en peux plus. Mon ampoule sous cutanée a pris une sale tête en plus, se remplissant de sang lors de notre balade. J’ai fière allure tiens avec mes tongs boitillant comme je peux.

Mardi matin alors que je rejoins notre correspondante locale qui doit nous emmener visiter l’arrière pays avec mon petit short noir Zara et mes tongs aux pieds, et là encore je comprends vite que cela ne va coller avec le programme de la journée. Nous sommes sensés repartir sur une randonnée d’au moins 30 km et là malgré toute la bonne volonté du monde je m’en sens tout à fait incapable. Ce n’est pas que je ne veux pas mais je ne peux pas… Sylvain est dans le même état que moi et c’est avec regret et beaucoup de gène que nous expliquons à notre guide du jour, Mike, anglais expatrié pour son plus grand bonheur et devenu plus catalan que les catalans eux même, que le programme est trop chargé pour nous. Il nous propose de changer de destination et nous emmène pique niquer au pied d’une petite église tout simplement adorable. Et re saucisson, et re vin rouge ! Question calorique je crois que le peu que j’ai perdu est vite revenu… Mais ce moment bucolique et poétique à souhait est vraiment parfait. Retour à Figueres pour notre ultime visite au musée Dali. Nous adorons l’art tous les 2 et il était hors de question de rater ça. Nous n’allons pas être déçus par cet endroit tout simplement surréaliste comme l’était l’artiste et nous allons jouer à compter le dénivelé de ce musée aux multiples petits escaliers. Passage obligé par la boutique souvenirs pour les achats de dernière minute pour les enfants sans nous oublier pour autant puisque nous allons même trouver des buffs surréalistes ! Avouez que je ne pouvais pas rentrer sans. Une tenue du FC Barcelone pour Thomas et j’ai bien mérité une glace non ?

Pour le dîner nous avons décidé de profiter une dernière fois du restaurant de Dali pour rester dans le thème de la journée. Nous sommes sérieux, à l’eau et tout et tout et puis ça part en vrille… Nous savons qu’ils font des crêpes suzette qu’ils flambent devant nous et je me dis qu’il faut fêter dignement l’anniversaire de Sylvain avec quelques jours d’avance (ouais ok j’avoue on a du le fêter 3 fois son anniversaire !). Je ne suis pas sûre que tout l’alcool est bien brûlé moi…Et comme de toute façon on va nous amener une petite liqueur pour faire passer tout ça, c’est totalement euphorique que je vais retrouver ma couchette pour ma dernière nuit en Catalogne.

J’ai passé un séjour tout à fait exceptionnel dans une région que je vous conseille toutes et tous d’aller découvrir si ce n’est pas encore fait. Hors saison les plages sont à vous, les balades sont nombreuses et tout à fait accessibles. Si vous souhaitez courir un peu (ou passionnément tout dépend !), le Challenge est accessible même si la deuxième étape demande de la préparer un peu bien sûr. Mais si vous ne venez pas pour gagner, elle peut tout à fait s’envisager. Vous pouvez ensuite profiter de la région pour des promenades ou des jacuzzis !!! La marche nordique est en pleine expansion puisqu’il y a en Espagne une fédération indépendante créée par des traileurs qui ont compris que ce sport était un sport à part entière et accessible au plus grands nombres. De nombreux parcours sont balisés et il y a pleins de cartes en français dans tous les offices du Tourisme locaux pour vous aider.

Je vous ai mis tous les liens vers les sites que j’ai visité et si vous avez besoin de plus d’informations n’hésitez pas à me contacter je transmettrai vos demandes aux personnes concernées qui se feront un plaisir de vous aider à organiser vos vacances là bas.

   

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