Ah ce marathon Nice Cannes... quelle aventure encore ! Mon dossard était pris de longue date. Je me demande même s'il n'a pas été pris avant celui de Millau. Tout est allé de travers et ça a commencé très tôt, le grand n'importe quoi... Tout d'abord je réserve pour une fois mon avion en avril pour une course en novembre. Jamais je n'avais été aussi organisé et j'aurais du me méfier. Ça n'a pas loupé ! Appel d'Air France au mois d'août pour m'annoncer que mon vol aller est supprimé et qu'au lieu de faire un saut de puce de Clermont à Nice, il va me falloir passer par Paris sans passer par la case shopping. J'ai ¾ d'heure pour faire le transfert autant dire qu'en cas de retard de mon premier vol je vais me retrouver dans un plan galère. Mais bon pas le choix je me retrouve donc à l'aéroport de Clermont samedi matin avec mon sac de voyage et là ça continue... Vous vous souvenez les bons conseils que je donne toujours quand on va prendre l'avion pour courir un marathon : prévoir de prendre sa tenue avec soi au cas où les bagages se perdraient ? Et bien je ferais bien de relire mes conseils moi avant de prendre l'avion... J'avais oublié un détail : les consignes de sécurité s'appliquent aussi pour les vols intérieurs. Là je panique : j'explique à la gentille hôtesse chargée d'enregistrer mon bagage que ce n'est pas possible, je ne peux pas prendre le risque qu'il se perde à Orly un samedi après midi. J'ai ma tenue complète pour le lendemain et il faut que je puisse embarquer mon sac avec moi mais aussi ma trousse de toilette où se trouve comme d'hab pince à épiler, ciseaux à ongles, bref le parfait petit nécessaire du terroriste amateur. Heureusement je tombe sur une femme très compréhensive. Elle me dit tout de suite : « moi c'est pareil quand je pars dans les Iles en vacances je prends toujours mon maillot de bain avec moi parce que des culottes on peut toujours en trouver, mais le maillot qui va bien, qui cache le ventre et qui allonge les jambes et tout tu peux te brosser ». Elle me propose alors un deal : elle me donne un sac Air France et je prends ma tenue avec moi. Vendu ! Me voilà dans l'avion moi qui n'aime vraiment pas ça (oui je sais vous allez me dire que dans quelques semaines je vais en prendre des avions mais bon je suis une femme et tout le monde sait que les femmes ne savent jamais ce qu'elles veulent !). Nous avons à peine le temps de décoller, d'avaler un jus de fruit que zou il faut rattacher sa ceinture pour la descente. J'en suis à la page 20 de Paris Match !!! Je suis rassurée : le retard que je craignais ne sera pas au rendez-vous. Changement d'avion et c'est parti pour Nice. Je discute avec un coureur qui a déjà son garmin au poignet, surement de peur que le pilote ait besoin d'un GPS... et j'observe en rigolant d'autres animaux de la même espèce qui étudient la carte du petit snack dans la zone d'embarquement pour savoir quel sandwich perturberait le moins leur régime alimentaire... Tiens au fait il est 13h et je n'ai toujours pas mangé moi. Bon pas grave j'attendrai Nice. Atterrissage dans les temps et en plus mon sac est là ! Que du bonheur...Oliv et ses parents aussi d'ailleurs. Ils ont gentiment proposé de venir me chercher et je les remercie sincèrement ici ! J'avais fait leur connaissance au marathon de Mont Blanc et c'est un plaisir de les revoir. Direction le village marathon pour dans l'ordre : récupérer mon dossard (parait que je cours le lendemain...), me voir dans le journal (voir l'info dans actualité) et assister à la conférence de presse de M. Estrosi avec les filles de R Running. C'est une équipe qui s'est constituée il y a un an avec le but de courir le marathon de Nice. Elles se sont retrouvées toute l'année lors de différentes courses et pour certaines ce sera leur première fois. Nous papotons gaiement en attendant Monsieur le député Maire comme on dit et là il faut que je me rende à l'évidence : je meurs de faim ! Il est plus de 4h et je n'ai rien avalé depuis ce matin. Comme la conférence prend du retard j'en profite pour m'éclipser discrètement et pour foncer m'alimenter. Désespoir : le village est très bien situé dans Nice mais je ne suis pas sure qu'ils me fassent un petit 4h chez Hermès ou chez Cartier... Je trouve enfin une librairie et je ressors très fière avec un sundy avalé en 3 sec. chrono (je suis super fière d'avoir réussi ce record, le seul du we je le crains...) et un twix parce que j'ai encore faim. Les filles de l'équipe sont mortes de rire de me voir avaler ça... Elles qui font attention à ce qu'elles mangent depuis 1 semaine...
Me voilà partie chercher Papillon qui a eu la judicieuse idée de s'occuper du côté logement du we et qui nous a déniché un appartement à quelques minutes de la zone de départ. Comble du bonheur il y a un glacier italien juste en face. Pendant quelques secondes j'hésite : glace or not glace that's the question... Bon je me ressaisis et je me dis que demain au retour je me vengerai ! Nous voilà reparties chercher les copains CLM pour le diner non sans s'arrêter boire un coca light parce que le twix ça donne soif... Quoi ? Je ne suis plus à ça prêt non !!! Le diner CLM tient plus vu le nombre de participants d'un repas de mariage. D'ailleurs nous les avons nos jeunes mariés puisque dans quelques jours La Tortue et Pconvert vont renouveler leurs vœux sur le parcours du marathon de Las Vegas.
A ceux qui en douteraient : mais oui j'ai mangé des pates... Retour dans notre petit appart avec Papillon et séance de papotage pas du tout raisonnable pour 2 filles qui sont sensées se lever tôt le lendemain pour courir 42 km et des brouettes mais bon on ne se refait pas non plus.
Je dors peu mais profondément et comme d'habitude je suis réveillée 5 min avant mon réveil. Petit déjeuner tranquille avec mon gatosport pendant que Papillon grignote ses wasa et il faut bien s'habiller. Et là la rigolade reprend de plus belle... J'ai beau retourner mon sac dans tous les sens il faut se rendre à l'évidence : j'ai oublié mon soutien gorge... Vous vous souvenez sans doute que j'ai tenu de grandes leçons sur le forum du style : « quoi ? Tu ne veux pas prendre un soutien gorge de course ? Mais quelle hérésie voyons !!! ». Et bien là je me retrouve à envisager soit de faire ce que j'ai fini par faire à Millau d'ailleurs, à savoir courir sans soutien gorge, soit je prends mon soutien gorge normal. Certes mon petit Dim noir est charmant, la dentelle ne me gratte pas en plus mais bon il y a des armatures... Qu'est ce que je fais ? J'appelle Brinouille, la pro du soutif, pour lui demander si courir avec ça pendant 42 km est jouable ? Papillon tente alors un petit : « si tu veux j'en ai un que je ne vais pas utiliser aujourd'hui ». Ah certes mais comment dire ? Papillon et moi ne sommes pas vraiment du même gabarit question bustier... Pourtant je tente le truc et avec son aide ça passe. Bon j'ai du lui détendre à mort et à part le faire bouillir elle ne pourra plus jamais le reporter mais tout rentre. Je pars du principe que s'il le faut je pourrai toujours le détacher pendant la course. Mais bon figurez vous que cela ne s'arrête pas là ! J'ai aussi oublié mon GPS chrono qui aurait pourtant été bien utile pour aller avec mon petit bracelet de temps de passage et mes lunettes de soleil ! Moi qui ne vois pas à 5 m au moindre rayon de soleil, je vais être servi. Je pense à Eric à ce moment là : j'ai couru de nuit avec mes lunettes de soleil à Millau et là rien... Je regrette presque de ne pas avoir pris ma frontale histoire de faire une photo rigolote !!!
C'est là que je me promets une chose : je vais me faire une check-list pour mes départs de marathon, conseil à rajouter sur la longue liste de choses que je ne fais pas moi-même...
Bon c'est bien gentil tout ça mais nous sommes en retard et il faut y aller. Sur le chemin je tombe par hasard sur Simone une adepte du triathlon que j'ai rencontré au stage en Grèce et comme elle est alsacienne comme Papillon c'est reparti pour la papote. Ce qui est fou c'est que nous allons passer notre temps à tomber sur des alsaciens ! Une vraie invasion : dans la résidence où nous logeons, dans le train du retour... bref ils sont partout (surement un signe en ce we du 11 novembre) ! Direction le sas de départ où je fais semblant de faire 2 étirements histoire de faire un peu pro : je suis dans le sas des 3h30 quand même... Faut en mettre plein la vue à ceux qui sont coincés derrière la barrière des 3h45... oh ça va je rigole ! Je finis par retrouver mes comparses du jour à savoir : Olivier qui m'a déjà supporté 2 fois sur marathon et comme on dit « jamais 2 sans 3 », Yohann qui vient décrasser de NY (oui oui vous avez bien lu il était à NY le we précédent) et Moulay qui est au centre de nos attentions puisqu'il veut aujourd'hui faire sauter son record. Le pari est sacrément risqué puisqu'il est malade depuis 5 jours et n'a rien pu avaler le matin même... Mais bon il fait beau, tout le monde a l'air heureux d'être là donc tout va bien. Le coup de pistolet est tiré et c'est parti pour mon 12° marathon. Là je vais vous épargner le récit de ma course pour une raison assez simple : j'ai un mal fou à me rappeler de tout... Ce ne sont que des flashs en fait, je suis incapable de savoir dans quel ordre ranger mes souvenirs alors allons y :
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- je découvre très vite pour mon plus grand bonheur que la région sud est une région de triathlon! C'est bien simple ils sortent de partout ces hommes moulés dans leur petite combinaison ou dans leur tenue skin version courte... La pratique de ces 3 sports vous fait des corps à tomber par terre... Bon je nage comme une enclume donc je ne pourrai jamais y participer un jour mais je sens que pour vous tenir informées de toutes les possibilités que la course à pied vous offrent je vais aller trainer avec mon caméscope sur les triathlons moi...
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- le parcours est superbe et très rapidement nous longeons la mer. Au début on trouve ça joli mais très vite quand la fatigue se fait sentir, on entend les sirènes qui nous appellent, qui nous susurrent des petits mots à l'oreille du genre «mais arrête donc de courir et viens te rafraichir avec nous»...
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- on nous aurait menti!!! les gens du sud n'ont pas été gentils avec nous. Moi j'avais compris qu'il y avait bien une petite difficulté sur le parcours mais cela va se révéler être une série de petites cotes et de petites descentes totalement épuisantes pour la coureuse fatiguée que je suis... J'ai perdu Moulay et Olivier au semi je crois (pour une fois ce n'est pas moi l'arrêt toilettes du groupe...) et je cours avec Yohann. Je sens bien qu'il est fatigué comme moi et ravi de voir que mon rythme ralenti inexorablement. Le ballon des 3h45 et son train d'enfer nous double et je le regarde s'éloigner tout à fait incapable de le suivre.
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- Il fait chaud! je ne sais pas quelle température nous avons eu exactement mais c'est bien une des premières fois que je profite des zones d'épongement. Je plonge ma casquette dedans au passage pour profiter un peu de la fraicheur. Pour être tout à fait honnête ce sont les seuls endroits sur le parcours où l'organisation est un peu moins au point mais bon rien de dramatique non plus. Les tuyaux d'arrosage sont de sortie, il y aura même des brumisateurs plus loin sur le parcours.
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- Olivier ressurgit de nulle part et nous demande où est le ballon des 3h45. «oh là ça fait longtemps qu'on l'a perdu de vue...». Je sens bien qu'il est un peu déçu mais bon il nous faut finir ce bon sens de marathon. Ce dont je me souviens précisément c'est que c'est à ce moment que je me suis mise en pilote automatique. Je n'ai aucun repère d'heure puisque je n'ai pas de chrono, je sais juste qu'il faut que je le finisse. Je m'installe donc à 1 m derrière lui et je suis bêtement. De toute façon on va au même endroit non? Petit à petit je sens bien que je cours un peu plus vite mais je tiens.
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- Le ravitaillement du 35° se fait devant le panneau «Cannes» et là je me dis qu'ils sont sacrément vicieux!!! Ils nous les ont mis où leurs 7 kms? Oh je vais avoir la réponse très rapidement... et que ça zigzague dans un sens puis dans l'autre avec même un virage en épingle en bas d'une petite descente. Comme il faut en plus éviter les coureurs qui marchent j'ai du bien faire 1 km de plus moi!
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- L'arrivée: rien que pour la vivre cela valait le coup de s'accrocher. J'ai eu l'impression de revivre NY!!! Oui oui je n'exagère pas. Les gens sont là très nombreux et vous encouragent à pleins poumons. J'entends mon prénom, mon pseudo (je comprends plus tard en regardant la vidéo que c'est Japhy!), j'ai vraiment l'impression d'être portée par la foule. Ce fameux palais des Festivals est là enfin avec son tapis rouge et je passe la ligne d'arrivée heureuse d'en avoir fini avec ce 12° marathon.
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- L'après marathon: alors là rien que pour ça je reviendrais! les jambes dans l'eau de mer à regarder l'horizon, que du bonheur je vous dis... Tout le monde arrivant petit à petit entier surtout et heureux d'en avoir fini eux aussi. J'adore ce moment de plénitude que nous vivons tous ensemble au soleil du midi. J'apprends de bonnes nouvelles: Olivier mon taxi de la veille a réussi son pari en passant sous les 3h. Moulay que j'avais perdu a bien fini, pas dans les temps fixés certes mais pas dans la voiture balais non plus. Papillon a explosé son record de Berlin de 10 min sur un parcours nettement plus technique et même si le retour a été épique (je la laisse vous raconter!) nous fêterons ça chez l'italien d'en face. Mon neveu qui courait son premier marathon sur mes conseils et qui voulait venir avec moi a fini en 3h12!!! (heureusement que je l'ai dissuadé de courir avec moi parce que Tata à ce rythme d'enfer n'aurait pas tenu longtemps). Bref tout le monde est arrivé, les objectifs pas toujours atteints mais tout le monde est là.
Conclusion de ce marathon : eh bien je crois que je vais vous surprendre mais n'ayant pas été en pilote automatique pendant toute la course, mon cerveau a cogité un peu et j'ai réfléchi à pas mal de choses et j'en suis arrivée à la conclusion suivante : après septembre 2009 et le marathon du Médoc, j'arrête cette distance. J'ai envie d'aller vers l'ultra, vers des courses de plusieurs jours, vers autre chose. Je vais surement continuer les marathons mais dans le but de me préparer à autre chose, pas pour la course en elle-même. Cela tiendra plus de la sortie longue pour ne pas avoir à courir toute seule plus de 4h mais plus de plans, plus de prépa spécifiques pour cette distance. Plutôt que de faire un marathon tous les mois je vais me concentrer sur 2 belles courses par an et ce sera très bien. Plus je vois les vidéos de courses comme la trans'aq, la diagonale des fous, plus tout cela me parle. Maintenant que je sais que moins de 4h chez moi n'est pas un accident mais bien un objectif que je peux atteindre sans trop de souffrance, je veux aller voir plus loin !
Mais bon le problème c'est que lorsqu'on voit que je suis capable d'écrire presque 4 pages pour une course de 3h52 imaginez ce que va être un CR d'une course de 5 jours !!!
Barbie
Ps : ah oui j'oubliais, n'hésitez pas à aller courir ce marathon, l'organisation est à la hauteur de son ambition, faire du Nice Cannes le 2° marathon de France !
Pss : ok NY ce n'est pas vraiment un marathon c'est plus que ça... donc je compte bien y retourner.