Samedi 5 avril, 7h15, voilà nos cinq strasbourgeois embarqués dans le TGV pour la grande aventure du marathon de Paris.
Pour deux d’entre nous premier marathon et les deux autres dont moi-même, le second. Jean-Marc mon lièvre étant oudsider dans l’aventure vu qu’il en est bien à son trentième et se « sacrifie » pour me tenir compagnie !
Face à la tension et l’excitation environnante, je me sens plutôt confiante. Après quelques jours de pression et de doutes sur mon entraînement (seule ou avec des amis, mais pas en club) plus de stress et ce grâce à vous messagères et messagers du site.
Arrivée à paris, rapide passage à l’hôtel et cap sur marathon expo. Quelle effervescence ! Passage obligé par tous les stands de courses et l’envie de les faire toutes, enfin presque. C’était avant le marathon !
Nous sommes raisonnables, pas trop gâter les gambettes, demain elles doivent être au top !
Puis, rendez-vous à la conférence de l’association Laurette Fugain, nous porterons tous leur couleur pendant la course, le violet. Aussi pour notre ami Seb, en lutte contre la maladie. Ce message sera un guide tout au long de ma course.
Dimanche matin, réveil matinal, gestion de l’intendance et départ vers les champs. Premier rendez-vous chez les « laurettes » pour déposer les sacs. Et direction le café Cristal où je retrouve avec plaisir les « courir au féminin » Barbie, Lalionne et Marathonnerre, mais où sont les autres ? Extra de rencontrer ces dialeuses et dialeurs pour de vrai ! Photo souvenir, direction le sas avec récupération du reste de ma troupe.
Nous avons finalement décidé de partir tous ensemble dans les 4h30, pas une mince affaire de rester grouper ainsi à cinq dans cette foule. L’ambiance est à son comble, plein de frissons, mais bizarrement aucune tension. Moi qui au départ d’une petite course dois gérer l’émotion qui emballe mon cardio pendant les premiers km. Là rien, que le bonheur de participer et la certitude d’aller jusqu’au bout (même à quatre pattes !).
Bon, je n’avais pas non plus de grande ambition de temps, simplement mieux finir qu’à mon premier, à savoir, moins de 4h30.
Ça y est, la marée humaine ce met en route, le départ est donné !
Longs piétinements jusqu’au passage électronique, puis rythme léger sur un kilomètre, trop de monde et sacs plastiques au sol obligent.
Vers le troisième kilomètre je trouve mon rythme de croisière, 6mn/km. Et Jean-Marc Lièvre maintien la cadence devant moi, jouant parfois un peu des coudes. Il me motive par cette phrase : « tu n’auras qu’à suivre mes fesses !» et croyez-moi, elles valent le déplacement !
J’avance confortablement, les km défilent à une vitesse, à tel point que je me demande s’ils ne les ont pas raccourcis. Pas d’arrêt aux ravitaillements, ni de risque de bousculade ou de glissade, mon lièvre passe y faire le plein. Consigne : « tu continues en restant à droite », et je peux ainsi me restaurer tranquillement quelques centaines de mètres hors agitation. Difficulté, je n’arrive pas à boire en courant, ni même en trottinant, je m’étrangle avec des fausses routes. Ça s’apprend comme la cap ?
Je passe le semi à 2h08 avec la réflexion que je finirai sans problème à ce rythme, aucune souffrance, ni douleur. Je ne vois pas trop le paysage, moi qui cherche toujours à me divertir pendant la course, je suis bien concentrée. Pourtant on m’avait dit, profite en pour voir des lieux de la capitale ou tu passes peu, voire pas. Moi, je cours tranquillement derrière mon lièvre !
Et oui, me direz-vous tout cela semble trop beau et trop facile, pourquoi elle mets pas un peu la gomme ? Elle n’aime pas trop se faire souffrir, il faut que ça reste du plaisir dans la difficulté.
Je parle trop vite, à partir du trentième fini, le plaisir !
Petit à petit, je sens une machine à vapeur remplacer mes entrailles. L’eau ne me sert plus qu’a rafraîchir la bouche, impossible d’en avaler une goutte supplémentaire, ni quoi que ce soit d’ailleurs. Je me sens soudain, faible, nauséeuse. Pendant quelques km, j’ai des haut-le-cœur avec de terribles crampes abdominales, l’enfer.
Voilà que maintenant, je les soupçonne d’avoir rallongé les km, surtout que mes jambes éprouvent les conséquences directes du malaise, elles se tétanisent, se contractent. Lors d’une précipitation rapide vers un bosquet et pour cause ! Je me rends compte que marcher est encore moins possible que courir, j’ai l’impression d’avoir des jambes artificielles, un robot.
Dix derniers km, dans la douleur, pliée en deux à l’arrivée, mais fidèle au rendez-vous ! Ça m’apprendra à trouver les marathons plus faciles qu’un dix. J’ai été trop gâtée, sur le premier et pendant les 30 premier km de second.
J’aurai pendant ces interminables 12km puisé des ressources dans la présence de mon indispensable lièvre, plein de sollicitudes et de paroles motivantes (il sait ce que signifie souffrir ainsi sur de longues distances). Encore merci Jean-Marc.
Et surtout grâce aux encouragements des « laurettes », en violet le long du parcours. Mais par-dessus tout la pensée vers ceux qui luttent avec de pires souffrances dans un combat avec la vie.
Pour moi, à l’arrivée les douleurs auront rapidement été oubliées, dans le bonheur d’être allée jusqu’au bout et dans la dynamique solidaire de l’association.
Marathon de Paris, laborieusement bouclé en 4h40 ou 4h41, je n’ai pas encore pu accéder aux résultats officiels.
Mais, une chose est sure, j’en redemande et je maintien ma participation à un marathon cet automne, celui de La Rochelle ou plus certainement celui de Toulouse pour encore porter un peu les « laurettes » en octobre.
Mon objectif à court terme, le semi de Strasbourg, le 18 mai avec un entraînement en club pour améliorer ma vitesse, performance actuelle 2h01.
La course à pied quel virus !
Pour les couriraufeminin.com
Papillon