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Je l'attendais, celle là, avec impatience !
Si Millau 2007 avait eu une signification toute particulière, Millau 2008 était la course du retour : du retour du mental, du physique, de moi, simplement.
Mal préparé physiquement (seulement 200 bornes à pied depuis juillet) mais superbement mentalement (je savais que Brinouille m'accompagnerait, que j'y trouverais Barbie, Eric, DanL...) c'est assez serein que j'ai entrepris le voyage vers le sud, ce vendredi 26.
Arrivés à Millau vers 20h00, nous sommes allés retirer les dossards à la salle des fêtes, pour ensuite dîner avec Barbie et ses troupes.
Samedi matin, Marie, notre hôte du week-end, nous avait préparé un superbe petit déj et c'est bien « calés » que nous débarquons à Millau. Je sens Brinouille sur des charbons ardents, avec une envie d'en découdre sur le bitume. La rencontre avec Momo et DanL la dynamise encore plus.
Je finis calmement de me préparer alors qu'elle tourne un peu en rond. Un amusant contraste. Elle m'abandonnera vers 9h25, pour aller au point de rencontre coureurs-vélos, à Aguessac, à 6 kms du départ officiel.
Bon, 9h55, dernier coup de fil à Linda pour lui faire écouter la fanfare locale qui s'époumone à nous jouer du folklore local, et puis Bang ! Le coup de tonnerre pour faire fuir tout le monde. Il est 10 heures. Il y a beaucoup de spectateurs dans les rues, et la sortie de Millau est très belle. Le soleil est là, un petit vent rafraîchit.
Les premiers kms sont tristounets, je suis seul, sans accompagnatrice... Mais bon, je ronge mon frein et patiente. J'ai de bonnes sensations, et avance bien, papotant avec d'autres concurrents. Le premier ravitaillement me donne la possibilité de goûter à un sandwich fromage, et je vous en assure, je n'aime pas du tout le camenbert-crême ! Même avec de la bière, il ne passe pas.
Enfin, elle est là ! Je retrouve mon accompagnatrice du jour. 6 kms sont faits, J'ai chaud. Il fait beau !
Le début de parcours est facile, je le savais, et vais plus vite qu'en 2007. Je profite autant des ravitaillements, mais mange moins, un petit peu moins, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde, mais je tairai son nom !
Nous ne savons pas où est Barbie, nous ne l'avons pas vue au départ, et au dixième km, une silhouette bien connue nous rattrape. Elle est là, à coté de nous, Notre Barbie... Bon, là, j'en rajoute oui, mais ça nous a fait plaisir de la voir arriver.
Nous nous en y perdons un peu dans les meneurs d'allure qui nous dépassent sans trop de règle, et d'après mes calculs, les premiers kms se font sur un temps de 11 heures. Illusoire, bien sur, mais théorique. Et ce qui devait arriver arrive, Barbie s'éloigne, avec son groupe de supporters.
Brinouille a découvert que des mûres sont délicieuses à manger, et s'arrête tout le temps pour en cueillir et m'en proposer ! Je la soupçonne de s'en goinfrer mais n'ose rien dire, tant elle me fait rire à se précipiter sur ces trésors.
Il est treize heures, et il commence vraiment à faire chaud. J'ai fait presque 25 kms, et sens que l'eau que je bois ne me désaltère pas. Brinouille me préparera mon premier sachet de sel réhydratant pour bébé (AllHydrate, retenez ce nom). C'est vraiment agréable d'avoir quelqu'un avec soi pour être aidé, soutenu. Nous papotons beaucoup avec les autres coureurs, nous nous amusons comme des gosses. Quand je n'interpelle pas les gens pour être applaudi, j'embrasse une petite vieille qui nous félicite pour notre course... Les kms, eux, défilent.
Le passage du marathon se fait en 5h40. Nous quittons de suite la salle de contrôle pour s'enfiler la seconde boucle. Et surtout les premières difficultés. Nous sommes avec le meneur d'allure des 15 heures pour monter sous le viaduc, Brinouille piaffe et pédale toujours aussi allègrement. La journée est vraiment belle. Une amie de Barbie m'accompagnera dans la descente vers St Georges, moment bien agréable.
Je tairai le passage entre St Georges et St Rome, que je trouve horrible, et c'est en chantant que nous passons le temps. De temps à autre, dans ce paysage digne de Jurassic Parc, un ptérodactyle passe au dessus de nos têtes, en criant... je n'ose rien dire à Brinouille, je ne veux pas qu'elle prenne peur (pas de l'oiseau, de moi !). Pour moi, ce héron que je vois voler, c'est dans mon assiette que je le voudrais...
Bref, on avance ! Lentement, mais on avance. Fred et Linda nous demandent de temps en temps de nos nouvelles, nous informe de l'état de Barbie ; c'est bien agréable de se sentir entourés.
Nous croisons les premiers, que nous saluons et encourageons fortement. Nous aurons même droit à un sourire du premier de l'épreuve, pourtant en plein effort.
60 kms ! Et la montée de Saint Rome, avant de rejoindre Saint Affrique. C'est toujours en chantant et jouant que nous commençons la montée. Nous allons croiser DanL, pas en plein effort, il ne pédalait même pas... mais aura le temps de nous rendre en photo... Nous y verrons Momo, en vrai extraterrestre, tant l'aisance qu'il montrait était bluffante ! Cette côte est dure, mais belle, et nous savons, comme l'a aussi écrit Barbie, que nous n'avons même plus un marathon à faire...
Le dernier ravito avant Saint Affrique est tout aussi gastronomique et ludique que les autres. Je m'amuse avec une petite dame qui essaye d'entrer en communication téléphonique avec quelqu'un et qui, sans s'en rendre compte, commence à me parler croyant être au téléphone...
Bref, on viendra dire que l'on n'est pas sérieux ! Il est presque 19h30 et nous descendons vers S-A.
Dans la descente, à 200 mètres de nous, je reconnais la ligne de notre poupée blonde et Brinouille et moi scandons son pseudo à tue-tête. Il faut dire qu'elle est vraiment belle à voir courir, et j'en oublie de prendre mon appareil photo pour fixer l'instant. Elle à l'air en pleine forme ! Nous savions par Fred qu'elle faisait un beau parcours, et nous en avons eu la confirmation de visu.
Saint Affrique, enfin ! Plus que 28 kms ! Mais dont la sortie, après le ravito, est démentielle : une côte de 5 kms, dans le noir maintenant. J'ai froid, et sens que Brinouille, qui m'a été d'une aide inimaginable depuis le matin, commence à saturer. La pauvre crapahute depuis 10h30 à mes cotés, et si de jour, cela passe parce qu'elle peut se distraire de ce qui nous entoure, la nuit nous isole, et le froid nous glace. Il nous faudra 50 minutes pour sortir de cette difficulté; nous nous réchauffons au sommet autour d'un brasero, puis repartons, et chantant, mais sans trop d'enthousiasme. La vue des concurrents nous croisant dans la montée nous désole, et nous souffrons pour eux.
Pour nous, ce ne sont plus que 17 kms lorsque nous débouchons dans la vallée. Une petite soupe, un bout de pain, et nous repartons. Ces départs de salle sont très durs, et nous grelottons de froid. Brinouille décide de pousser son vélo pour se réchauffer (elle fera les 15 derniers kms à coté de son guidon !). Je me sens mal à l'aise de l'avoir entraînée dans cette aventure, même si elle ne dit mot, je la sens loin. Un dernier petit en cas, une petite soupe, encore, et une petite dizaine de kms...
Une petite dernière cote, et un gros coup de fatigue pour mon accompagnatrice. Elle tentera de reprendre le vélo, mais ne parviendra pas à rouler droit, et reprendra la course. C'est avec beaucoup de plaisir que nous découvrons le panneau 95 kms et nous soupirons. 97ème km, Brinouille revit ! Elle me tire littéralement sur les derniers kms, m'imprimant un rythme que je tiens difficilement. Et enfin, la ville, les dernières rues, la remontée du parc... Brinouille dépose son vélo, me tire dans la rampe nous conduisant à la salle et c'est main dans la main que nous passons la ligne. Elle l'a fait, son 100 kms, elle l'a fait.
Pendant qu'elle se restaure, je me fais masser. Il est trois heures du matin, nous disons au revoir à Ric12 et partons dormir.
Je me sens bien, elle va mieux et a retrouvé son sourire. Nous avons passé une magnifique journée !
Je ne saurai trop la remercier pour son accompagnement.
Et merci aussi à Momo, Barbie, DanL, Ric, Mireille, Nico, Fred, Linda, Eric et tous les autres, pour leur présence, leur rencontre.
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