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Les gendarmes et les voleurs du temps ou le royaume du bronzage agricole...
Dimanche matin lever à 7h00 tranquille pour un petit déjeuner tout aussi tranquille et en plus il faut beau ! J'ai décidé ce matin de me passer de la pétasse du GPS. Après tout j'ai pensé à un truc complètement dingue la veille au soir : je sais lire !!! Ayant eu la chance d'échapper à la méthode globale, je suis toujours capable de lire les panneaux, alors je me lance toute seule comme une grande...
Je grimpe dans mon camion direction Ambazac entre Guéret et Limoges, petit village connu pour sa course « les gendarmes et les voleurs de temps ». Pourquoi ce nom bizarre ? Ben parce que c'est la gendarmerie nationale qui l'organise tiens ! Et Ken vous le dira, moi et les uniformes c'est une grande histoire d'amour... Pour être honnête avec vous je suis éternellement marquée par Top Gun. Bon ok la scène que je préfère et qui a bouleversé l'adolescente pré pubère que j'étais, plus personne ne porte d'uniforme puisque c'est la scène de la partie de volley et je suis plus Iceman que Tom Cruise mais bon là je m'éloigne un peu du sujet... Cela faisait longtemps que cette course me faisait envie et comme il fallait que je fasse une sortie longue, je me suis décidée un peu au dernier moment à aller m'aligner au départ.
Après 2h30 de route sans pétasse qui me crie dessus « à 500 m tournez à gauche, j'ai dit tournez à gauche bon sens de bon soir... », j'arrive à bon port. Le village d'Ambazac ou plutôt la petite ville vu qu'il y a quand même un bricorama et une nouvelle gendarmerie flambant neuve est prête à accueillir le flot des coureurs qui arrivent de partout : bretons, parisiens, savoyards, c'est fou ils arrivent de toute la France ! Les gendarmes sont là pour faire la circulation et il faut leur rendre ça, l'organisation pour ce que j'en ai vu est plutôt au point.
Je rejoins le retrait des dossards au sein du domaine qui va servir de lieu de départ. En 2 minutes c'est réglé et je me dirige d'un pas décidé vers les vestiaires pour tourner 20 fois sur moi-même super vite pour me transformer en super coureuse. Je ne trouve pas la pièce destinée aux femmes et je décide de me tartiner les pieds au milieu des autres coureurs à majorité masculine il faut bien le dire. Je suis d'ailleurs déjà dans l'ambiance testostérone à plein avec des hommes qui n'hésitent à se mettre en slip devant moi histoire de tartiner leur parties intimes de crème anti-frottement. Je suis désolée les garçons mais il n'y aura pas réciprocité et personne ne verra ma culotte porte bonheur, à savoir une culotte stretch noire de chez Dim (désolée j'ai beau savoir que le string est très confort pour courir je ne m'y fais pas...). Habillée, je m'attaque à mon activité préférée post course, à savoir le pliage de dossard histoire de faire tenir ce qui tient plus de l'affiche 4x4 sur ma brassière. Très rapidement un coureur me fait remarquer que je ne dois pas plier le dossard... Je lui fais gentiment remarquer que n'ayant pas les seins de Lolo Ferrari je n'ai pas trop le choix. Mon petit 90B ne fera pas de pub pour les porcelaines bernardaud je suis désolée ! Je retrouve Métallica qui je vous le confirme n'a rien d'une nostalgique toujours pas sortie de sa période Cure. Une petite photo et je rencontre les membres de son club qui l'accompagnent. Confirmation : ce n'est pas le club de Métallica pour rien, ils sont tous aussi adorables qu'elle.
Nous nous dirigeons tranquillement vers la ligne de départ en plein champ et je me mets dans le fond du troupeau histoire de ne pas mourir piétinée sous les trails des coureurs. Comme je papote tranquillement je ne me rends même pas compte que le départ est donné et je pars comme je peux prenant immédiatement conscience que pour faire un temps j'aurais du me mettre un peu plus devant... Un tour de terrain et nous partons dans la campagne. Le rythme est lent pour moi et surtout il y a beaucoup de monde devant moi qui rend tout simplement impossible tout dépassement. Bon ce n'est un secret pour personne, cette course n'est qu'une succession de montées, descentes et autres cailloux ou racines c'est au choix... Il va me falloir attendre presque 6 km pour pouvoir enfin courir à mon rythme. Bon d'un certain côté cela a l'avantage de me préserver alors que j'aurais sûrement eu tendance à aller trop vite. La chaleur est au rendez vous et je ravitaille consciencieusement, pas question de risquer la déshydratation. J'ai un peu l'impression désagréable de ne faire que grimper et encore je marche... Là encore pas le choix, tout le monde marche ou presque et les dépassements sont tout simplement impossibles sans prendre des risques énormes. Sur les côtés des chemins il y a des tonnes de feuilles qui couvrent les racines et les cailloux. Courir la dessus et c'est le risque de tomber ou de se tordre la cheville ce qu'à 15 jours d'un marathon je ne peux me permettre. Bon tant pis je ne vais pas gagner la course aujourd'hui et je vais profiter de la balade en levant un peu les yeux et franchement cela vaut le coup.
Au 17° km apparaît un paysage digne d'un film, un petit village superbe accroché à la forêt, un lac dans le fond, il n'y a pas de doute, cette course est vraiment superbe. Les maisons perdues au milieu des bois sont pour la plupart en cours de restauration par nos amis hollandais qui ont déjà tout restauré chez nous dans l'Allier et qui continuent leur progression vers le sud. Les kms défilent tranquillement mais sûrement. Je suis bien il faut le reconnaître. Pendant quelques km je vais même me payer le luxe d'être selon les bénévoles dans les 40 premières féminines. Bon d'accord cela ne va pas durer mais je me suis fait plaisir. Les descentes ne sont pas toujours facile à gérer mais signalées à l'avance pour les anticiper. C'est vrai que c'est rigolo de voir une bande de coureurs qui se plaignaient quelques mètres avant d'avoir à grimper, se plaindre de nouveau d'avoir à descendre... Eh les mecs vous avez entendu parler du marathon de Berlin, Dubaï pour ne citer que ceux là, c'est tout plat ! On dirait du Fabrice, un copain qui a couru le marathon des Sables pour la 3° fois cette année et qui nous a dit en rentrant : « c'était dur cette année il y avait du sable et il faisait chaud... ».
Bref les km s'enchaînent et je me fais rattraper par des féminines qui arrivent de partout. Alors soit toutes les filles de la course sont des adeptes du negative split, soit je ralentis... Comme je refuse de regarder mon chrono pour profiter de la balade, je ne me situe pas vraiment dans le temps et puis ce serait dommage de ne pas regarder autour de soi, la campagne est tellement belle. En plus je suis contente, mes chaussures neuves sont presque propres. Il fait sec et à part quelques passages un peu boueux, on ne peut se plaindre que de la poussière. Evidement j'ai parlé trop vite. J'avais vaguement entendu parler d'une rivière mais je pensais qu'elle était due aux mauvaises conditions météo de l'année dernière. Que nenni !!! Elle est là et bien là, à se demander si l'organisation ne planque pas des tuyaux d'arrosage pour l'entretenir. J'hésite quelques secondes, je n'aime pas avoir les pieds mouillés moi... Et puis je comprends vite qu'il n'y a pas le choix. Alors je fonce et patauge en cœur avec tous mes copains. Il reste 2 km et on va pouvoir tester l'évacuation des eaux usées sur les trails. Je dois bien reconnaître que finalement ce bain de pied improvisé sera bénéfique pour mes petits pieds qui commencent à chauffer sérieusement. Je repars comme une fusée bien décidée à finir rapidement cette course pour une raison simple : j'ai faim... et la blonde qui a faim faut se pousser...
J'arrive d'ailleurs aux escaliers, les fameux escaliers. Bon là je sais que l'arrivée est proche (environ 500 m) et mon estomac crie famine. Je décide donc de passer la seconde et j'attaque les marches en courant. Je vais tout remonter comme une folle en criant : « poussez les vous les garçons j'arrive ! ». Les encouragements des spectateurs fusent bien sur alors qu'ils sont là pour voir des gens souffrir, pas pour voir une blonde déchaînée grimpée comme un cabri... Je J'arrive en haut et je continue sur ma lancée, pas question de ralentir, les gâteaux de Babou m'attendent ! La route est maintenant goudronnée et en descente, je m'en donne donc à cœur joie. Dernier virage, les spectateurs sont là et bien sur je leur dis de crier encore plus fort. Je lève les bras aux ciels, genre Paula au finish et j'accélère pour mon sprint final devenu célèbre dans toutes les courses de France. N'empêche, vous auriez vu la tête des 2 mecs que j'ai coiffés au poteau... Toujours pas compris d'où la blonde avait bien pu sortir...
Je passe la ligne en 3h27 et quelques secondes plutôt heureuse d'être arrivée. Je ne traîne pas d'ailleurs, je dois rentrer. Je prends ma bouteille d'eau, un abricot sec et mon assiette bien sur et me voilà repartie vers les vestiaires bien décidée à prendre une douche avant de remonter dans mon carrosse. J'arrive tant bien que mal puisque l'organisation a trouvé très drôle de les installer tout en haut d'une colline et le parcours nous obligent à traverser la route empruntée par les coureurs qui arrivent. Enfin me voilà qui récupère mon sac et qui découvre une scène que ma mémoire de jeune fille élevée chez les sœurs et chez les jésuites n'est pas prête d'oublier. Tout à l'heure ils avaient gardé leur slip et bien là mes copains coureurs ont décidé de tout enlever... Bon ok j'avoue j'ai déjà vu des hommes nus (mais si peu... on ne sait jamais si le directeur du pensionnat vient lire mon compte rendu !) mais là franchement je ne m'y attendais pas vraiment. Grande déception : mon arrivée ne bouleverse personne apparemment et la haie d'honneur n'est pas au rendez vous... Bien la peine d'avoir mis ma jolie brassière et d'avoir le nombril à l'air... Dépitée je me dirige vers les douches des filles et je comprends pourquoi : pas d'eau chaude ! A ce moment là je jure de lui faire bouffer sa maudite assiette à celui de l'organisation qui nous a privé du plaisir d'une bonne douche chaude. Je sais qu'il parait que la récup est meilleure si on se plonge les jambes dans de l'eau glacée après une course mais là franchement je me serai bien passée d'être cobaye d'une étude scientifique. Je me rince en apnée tellement j'ai le souffle coupé et je sors de là rapido le zoo. Je vais regagner mon véhicule et mon domicile en pensant à plusieurs choses :
- je me suis bien amusée ce qui m'étonne toujours moi la folle du bitume et ce qui est de bonne augure pour le marathon du Mont Blanc fin juin.
- je n'ai pas besoin d'un GPS pour trouver mon chemin
- la prochaine fois je refais le test des vestiaires d'après course avec ma brassière et mon mini short et on voit si les cuisses d'une blonde sculptées par la pratique acharnée de la course à pied peuvent avoir raison d'une douche glacée...
Barbie
Photos avec Metallica
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