Marathon de Lyon 2008 (Stella25106) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Les Courses - Les Comptes rendus
Écrit par admin   
12-05-2008

Janvier 2006
Tout commence par une invitation à courir un soir de janvier : c'est l'hiver, il fait froid et en plus, on attaque par une montée qui me coupe les pattes en quelques minutes et réduit mes poumons en miettes. Courir, c'est déjà dur, mais si en plus ça monte, trop dur, inhumain même.
Le début de mes amours avec la course à pied : l'amour vache ... mais j'y reviendrai.

Novembre 2007, Jogg Iles, 30km en 2h42
Un collègue s'aligne sur le 20 km et me dit dans les jours qui suivent : "il me reste 22 km à faire, toi 12 seulement". Objectif : le Marathon de Lyon pour 2008, donc. CQFD. Je n'y crois pas une seconde, il est fou.

Réveillon 2007
Bonne année ! On te souhaite quoi ? Ben, le Marathon de Lyon, pardi ! Ca y est, le virus a mordu et il est coriace.

Janvier 2008
Blessure aux adducteurs . Ce n'est pas une déchirure, dixit l'échographie, mais plus probablement une forte contracture. 3 semaines d'arrêt total. En parallèle, je récupère des programmes d'entraînement sur 8 ou 10 semaines à 4 séances par semaine. Tous les espoirs sont permis. Redémarrage lent fin janvier.

Février 2008
Jour J moins 10 semaines, première semaine à 4 séances. Ca y est : la mécanique est lancée, loin de mon meilleur niveau mais tant pis, je cours.

Mars 2008 :
Premier test : le semi-marathon du Printemps d'Ozon, avec une belle montée. Temps très loin de mes meilleurs scores à plus de 2 heures mais la jambe tient bon.
Je m'inscrits au marathon de Lyon. Mon équipier des premières sorties me traite de folle : c'est trop gros et avec une blessure qui se remet à peine, c'est suicidaire. Peut-être, mais je veux y croire.
Je continue sur ma lancée à 4 sorties par semaine.

Avril 2008
Jour J moins 3 semaines. Folle sortie à plein régime avec un ami cher. Mon ange gardien me fait forcer un peu : la douleur revient. Je cours à nouveau puis enchaîne sur un semi-marathon. Bon temps, en progrès, mais la blessure est de retour.
Visite chez mon médecin qui hésite entre soigner la jambe et soigner la tête de l'acharnée que je suis. Il choisit la jambe. Je marche quasiment tous les jours pendant 2 semaines pour faire travailler le muscle en douceur, traitement anti-inflammatoire en complément. Je ne suis plus en ligne avec ma préparation. Le doute, tenace, s'installe. Parmi les pros, l'un doute : premier marathon, blessure, dur dur. L'autre m'incite à ne pas y penser.

Jour J moins 1 semaine. Le doute, de plus en plus. Petite sortie et encore une forte douleur qui se fait sentir à J moins 3. Attaque aux anti-inflammatoires et méthode Coué : on peut y arriver.
Mon père renonce à me dissuader de prendre le départ et croise les doigts, il sait qu'abandonner serait dur à vivre. Mon ange gardien me conseille d'aller lentement mais sûrement, c'est faisable. Mon coach des premières heures m'incite à la prudence et à être attentive aux signaux d'alerte de mon corps : surtout, savoir s'arrêter à temps avant de tout casser et de regretter.

Jour J moins 1. Trouillomètre à zéro. Je prépare les affaires : photo de mon père, bracelet de ma mère, bague de mon ange gardien, montre chrono de mon coach. Le MP3 dans la poche. Toujours le doute, atroce, mais je vais prendre le départ, après, comme dirait mon collègue : no stress, ça passe ou ça passe. A bon entendeur. Mieux vaut tenter que renoncer. Les filles croient en moi !

27 avril 2008, le grand jour.
Départ de la maison. Pas trop de stress, se faire plaisir surtout. Arrivée à Gerland. Bouchon, petit stress à la perspective de devoir se préparer vite au départ. Tout va bien, mise à part ce vilebrequin dans l'estomac. Je retrouve les copines du 10 km : bonne chance, les filles ! Mon collègue du marathon : good luck ! Mon porte-drapeau des 3 heures, courage. Pas d'échauffement : départ lent au programme, et j'ai 42 km pour être au top !

Ligne de départ. Je sens la douleur, déjà. Ca va être dur, je pense à des choses qui réchauffent le coeur et je me concentre, je pense à mes supporters.
Top départ. Pas le temps d'y penser, c'est parti. Je pars lentement. Je me fais doubler par mon porte-drapeau : la moto est en panne, il doit rejoindre le km 21 en courant. Petit tour du côté de Gerland, une traversée du stade de l'OL, spectaculaire, et on continue vers le centre ville.

La douleur s'accentue sur les 10 premiers kilomètres, devient franche à 20 km. Il ne me traverse pas l'idée de devoir abandonner. Je continue ma progression lente. Un ravito tous les 5 km : une demi-bouteille d'eau pour se désaltérer, une demi pour se rafraîchir les bras et la nuque. On traverse la rue de la république : pas le temps pour du shopping.

Le parc de la tête d'or, 25 km environ : un coureur est à terre. J'apprendrai plus tard qu'il ne s'en est pas sorti. C'est dur. Je ne sais rien de ce qui m'attend mais j'ai la sensation que j'irai au bout. Le mur du 35 ? Sais pas ...

Ca y est, 30 km. De plus en plus dur : je croise des coureurs de plus en plus défaits, marqués par les efforts. Certains, de plus en plus, marchent. Je ne marcherai pas, seulement aux ravitos.

35 km. C'est ça le mur ? Rien senti, je suis face au mur depuis la ligne de départ. Je sais que j'irai au bout. Je suis inquiète de voir de plus en plus de coureurs à la dérive, certains au sol, perclus de crampes. Je tiens bon : j'ai simplement les jambes lourdes et l'adducteur KO.

37 km : le vent de face, très vif, c'est de plus en plus dur, mais je m'accroche. Quitte à marcher, je finirai, je le veux. Je cours toujours, je ne marcherai pas, c'est un miracle.

39 km : c'est plus des km, c'est des miles. Quand est-ce qu'on arrive ? Je ne vais tout de même pas marcher ! Je retrouve mon porte-drapeau au km 39 : je lui crie "je vais mourir, mais je mourrai à Gerland !". Il m'accompagne sur les 3 derniers km. Je suis à la peine, mais je m'accroche, on est si proche du but. Il est génial : il m'encourage au ravito, allez, on redémarre au km 41.

42 km : il reste 0,195 km ! Mon accompagnateur me lâche : "ça y est, c'est la ligne droite, elle est à toi, c'est au bout, c'est que du positif maintenant". Je fonce. Je souris, je suis émue : tout me revient en vrac, la blessure, les entraînements, le doute, mes parents qui m'ont encouragée, les collègues, mon ange gardien, mon coach, les copines, mon défi impossible.

L'arrivée : je passe la ligne en 4h26 et 50 secondes, soit 4h25 et 30 secondes au temps de la puce. On me remet la médaille de "finisseur". Je suis hilare, je ris, j'ai les larmes au bord des yeux. Je savoure, je l'ai fait et j'ai l'impression de rêver. Je fonce à la Twingo : j'envoie à mon père un SMS « je suis marathonienne en 4h27 et je suis super fière ». Il me répond "FORMIDABLE" et aussi qu'il est ému. J'apprendrai plus tard que depuis 9h ce matin, il regardait sa montre : "ça y est, elle est partie", puis "elle court depuis 2 heures, j'espère qu'elle n'a pas abandonné", puis 3, puis 4, "elle ne va pas tarder". Puis le SMS et le soulagement. Les messages de félicitations arrivent, les coups de fil aussi : que de bonheur de l'avoir fait. Je suis fière. J'ai couru contre moi, pour moi, pour tous ceux qui m'ont soutenue. Merci à tous.

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Commentaires (5)Add Comment
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Ecrit par lou2009, décembre 14, 2008
j'en ai les larmes aux yeux ! bravo !!
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Ecrit par anoushka, juin 04, 2008
Coucou,
Félicitation pour ce marathon, surtout qu'il y avait effectivement beaucoup de vent et qu'il faisait chaud. J'y étais en tant que bénévole (avec le beau K-way orange!smilies/wink.gif au départ et ensuite à l'arrivée (aux BIP). On a dû se croiser!! En tout cas ton récit me donne vraiment envie de tenter le marathon!!
smilies/smiley.gif
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Ecrit par abdel57, mai 17, 2008
BRAVO!!
j'y étais aussi et c'était mon premier....en lisant ton récit j'ai tout revécu.....merci
Merci à ma "compagne" de course (Emmanuelle dite Manou) (une fille qui est à elle seule est un bonheur de rencontrer)
félicitations à toi
sportivement
Abdel
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Ecrit par ptetortue, mai 17, 2008
bravo à toi!!!!
et tu parles du Printemps d'ozon ?
j'y étais aussi mais de l'autre côté, au premier ravito et à l'arrivée.
sympa la montée du col de bel air, smilies/wink.gif
peut-être à l'année prochaine,
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Ecrit par Barbie, mai 12, 2008
c'est fou quand même les émotions que cette course apportent. On ne lit jamais la même chose avec un semi ou une autre course. On a l'impressoin de rentrer dans une sorte de légende, de faire partie d'un petit groupe à part où tu as dignement gagné ta place.
Félicitations en tout cas
Barbie

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