Trail de la Faience par Nenni (2008) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Les Courses - Les Comptes rendus
Écrit par admin   
19-06-2008
 

Trail de la Faïence, Desvres (62), 48 kms

15 juin 2008

trail_-_faience_-_nenni_-_4.jpg

Drôle d'état d'esprit pour participer à cette première et comme on le dit chez nous, plus envie d'aller me pendre que de courir...

La visite auprès de nos amis vetiéglisois me réconforte tout de même.

Après un samedi récréatif dans le Pas de Calais, je termine ma journée en achevant de préparer mes effets pour le lendemain. La nuit ne sera pas reposante.

Levé à 6 heures, douche rapide et départ pour Desvres, distant d'une quarantaine de kms.

Je prend mon dossard, je vais déjeuner (deux croissants, un pain choco, deux cafés et un jus d'orange, rien que du diététique) et me rendors dans la voiture. Il est 8h15 lorsque je me réveille. Il fait gris, la pluie menace.

Je retrouve, près de l'arche de départ, Doudou, autre Céleste qui a fait le déplacement.

8h50, la drache ! Tout le monde s'abrite et prie, les yeux non pas vers La Mecque, mais vers le ciel.

9h05, je m'éclate ou je m'éclate !?! Départ. Les +/- 300 participants aux deux épreuves s'élancent. Je suis très vite dans le peloton de queue, mais je m'en fous, j'ai la tête ailleurs, et je me demande même si j'ai ma tête.

Je fais les premiers kms avec doudou, mais rapidement, au gré de mes photos et de mes fréquents arrêts, il me distance. Je vais vagabonder de côtes en côtes, seul, ou avec de temps en temps une rencontre, mais brève. Le paysage est beau, les sentiers sont super glissants, et la météo nous épargne. Je tourne en 1h10 aux 10 premiers kms. Je parviens de temps en temps à me distraire, mais j'ai l'oeil sur ma montre et je me prend souvent le pouls. Je viens de monter à 170 puls au sommet d'une côte. Je suis partagé entre crainte et j'en-foutisme ; je végète. Le premier ravitaillement est au km 19, et j'y suis en 2h25. Je suis lent et régulier, je n'ai mal nul part, je n'ai toujours pas ma tête. Je rencontre Georges, qui en est à son premier long trail (il n'a pas encore fait plus de 30 kms en course). Nous papotons un peu, mais je n'ai pas envie, et pourtant, grâce à lui, mon moral va tout doucement revenir. Ce ne sera jamais la grande forme, mais le sourire me revient.

La sortie de la vallée où était niché le ravitaillement est raide, sur plus ou moins 300 mètres d'un chemin de moutons, le long d'une clôture, et à plusieurs reprises, je manque de m'embrocher dans les fils barbelés, je n'ai plus la vue claire. Une descente en pente douce me permet de reprendre mes esprits. Il est presque midi. Le ciel se couvre de gros nuages gris, et il commence à tomber de la grêle. Des arbres nous protègent des grelons et amortissent les chocs.

Le deuxième ravitaillement, au 28ème km, est atteint en 3h30. Je suis toujours avec Georges. L'averse n'a pas duré, mais a été suffisante pour rendre extrêmement gras les chemins. Le mélange de terre et de craie est un cocktail détonnant en matière de glisse, et il nous faut tout notre instinct de survie pour ne pas être par terre à chaque pas.

Le soleil va vite revenir, et réchauffer l'atmosphère, à défaut de sécher les sentiers.

J'ai arrêté de prendre mon pouls, la sensation d'engourdissement de mâchoire est suffisante pour savoir que je suis dans le rouge, et pourtant, au niveau muscles, je ne suis nulle part. Je relance en côte, sur plat, partout, sans difficultés. Georges, lui, commence des crampes... les kms lui pèsent.

32ème km : bifurcation. Ceux qui veulent arrêter, peuvent retourner directement au point de départ, les autres repartent pour un boucle de 16 kms... Georges hésite, me regarde et me suis. Les chemins deviennent durs, le soleil tape de plus en plus fort. Le Pas de Calais n'est pas haut, mais n'est pas plat !

Je viens de me rendre compte, après 35 kms, que je n'ai rien mangé (une barre de grains de sésame, deux morceaux de pommes) ni rien bu (un litre d'eau et deux cocas), depuis le départ à 9 heures. Je n'en ressens pas les effets. Ce seront mes gamins, qui adorent les crasses que je mange en course, qui seront contents de ce que je vais leur ramener. Nous ne savons pas trop ou nous en sommes question classement, mais sommes largement dans les temps de la barrière horaire.

Perdus au beau milieu de la campagne, nous retrouvons les ravitailleurs du troisième poste. Il nous reste 5 ou 6 kms. Notre temps de passage au marathon est de 5h30. Les crampes de George le paralyse et il doit s'arrêter fréquemment pour s'étirer. Pour une fois que je n'ai pas mon arnica et mon cuprum, ils auraient bien servi.

Sans être la grande joie, j'ai retrouvé du plaisir sur cette fin de course, avec le luxe d'une côte entière à 165 puls minutes. De toutes manières, j'arrive au bout de ce trail, et le reste n'importe peu.

C'est en compagnie de la femme et des enfants de mon compagnon de route que nous faisons les derniers mètres. 6h22 pour boucler ces 48 kms. J'aurais pu aller plus vite, je n'ai pas pu, pas su.

Je ne me suis pas éclaté, ni éclaté.

Je tourne en rond, je rame.

Maintenant, il va falloir que je relativise...

Deux mois sans course, officielle, juste l'entraînement, vitesse et marche, du moins au programme, le reste...

Beau trail tout de même, et pour une première, une réussite. Une épreuve à mettre, pour l'année prochaine, à son agenda !

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Commentaires (10)Add Comment
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Ecrit par magalie, septembre 08, 2008
qu'est ce que tu entends par engourdissement de la machoire? c'est un signe de quoi exactement?
en tous les cas!!! CHAPEAU
smilies/wink.gif smilies/cry.gif
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Ecrit par Bibiche, août 05, 2008
Bizarre, je découvre ce compte rendu aujourd'hui seulement. Belle course Nenni, et si bien racontée la motivation évasive certains jours de course improbable...
Etonnant et rassurant!
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Ecrit par LN LA TORTUE, juin 28, 2008
ce trail est très bien raconté, belle preuve de courage et tenacité ! Ca fait du bien de lire ton CR
on se reconnait un peu : c'est pour ça que je m'appelle LN LA TORTUE smilies/grin.gif smilies/grin.gif avec mon camel bag !!!!
avec un peu de recul, le plaisir de faire cette course n'est-il pas le plus beau souvenir finalement et le moment de partage avec un autre coureur ??? n'est-ce-pas ce que nous recherchons, nous qui ne finirons sans doute jamais sur les podiums ???
en tout cas, belles photos, ça donne envie de le faire l'année prochaine !
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Ecrit par anoushka, juin 21, 2008
Félicitations pour être allé au bout de ce trail malgré l'état d'esprit du départ. Le fait d'être arrivé au bout sans trop d'encombres a dû, je l'espère, te remonter un peu le moral smilies/smiley.gif Merci pour ton CR et les belles photos! smilies/cheesy.gif Take care.
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Ecrit par khoryncou, juin 21, 2008
En lisant ,ton récit j'avais l'impression de voir "la force tranquile se déplacer", ca à l'air tellement simple.
Bon boulot et belles photos.
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Ecrit par babou, juin 20, 2008
Je suis impressionnée Nennie, je n'ai jamais fait de trail, mais ça me tente grave ! Première mini tentative demain pour moi, mais rien à voir avec ton aventure ! Tu as bien géré ta course, toute en douceur et à l'écoute de tes sensations... avec de l'appréhension aussi, mais c'est normal ! bon, tout s'est bien passé, alors maintenant, tu retrouves ton moral et tu gères tout ça pour le mieux. On te fait confiance !
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Ecrit par nenni, juin 19, 2008
Georges aussi se demandait s'il en était capable, et il l'a fait !
Le choix du camelbag ou de la ceinture est fonction du type de course, du nombre de ravitaillements, et de la météo.
Pour du long et temps chaud, je prend le camel; pour le reste, la ceinture et la banane me suffisent car je peux emporter 3/4 de litre d'eau, ma nourriture, et mes commodités (pq, médicaments, lingettes, téléphone...) soit environ 1 kg de petit matériel.
Les deux ne me gènent pas, question d'habitude, et surtout de bons règlages de sangles.
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Ecrit par Heidi, juin 19, 2008
Eh! je n'avais pas vu ce CR... ça fait envie... mais j'ignore complètement si j'en serais capable...
En voyant tes photos je me posais la question, pourquoi tu cours pas avec un sac à dos et plutôt avec une ceinture porte bidon? ça te gêne pas?
Heidi
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Ecrit par Coccinelle, juin 19, 2008
Eh bien moi je trouve que tu as drôlement bien fait, vu ton état d'esprit au départ ! Pas même été effleuré par l'idée de t'arrêter au 32e ! Récit assez étonnant et superbes photos, merci de nous les partager avec nous smilies/smiley.gif
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Ecrit par nadine, juin 19, 2008
ça m'impressionne, ce que tu as fait, malgré tes craintes et tes doutes !!! Je suis très admirative !!!
Les photos sont magnifiques... BRAVO Nenni, et soigne toi bien !!!
Nadine smilies/kiss.gif

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