Écrit par Cécile Jeudi, 01 Décembre 2011 13:28
Hélène je l'ai rencontré lorsque j'étais licenciée à l'EAMYA, elle courait vite et je me disais souvent quand je serai grande moi je veux faire Hélène comme métier ! Une vraie foulée de gazelle ! Elle écrit également pour faire partager sa passion et je me suis dit que ce serait la moindre des choses de lui faire une petite place sur notre site. Bonne lecture !
Cécile
Et courir de plaisir…
Combien de fois, au cours d’un footing ou d’une séance d’entrainement, avez-vous été interpellé par un passant ou un randonneur vous demandant si vous préparez une compétition ou si vous courrez pour le plaisir ?
Mieux encore, ne vous est-il jamais arrivé d’obtenir comme réponse à la question :
- « vous préparez une course ?
- non, non, je cours pour le plaisir ! »
Y aurait-il vraiment une opposition, en termes de plaisir, entre s’entrainer en vue d’une compétition et courir pour profiter du grand air, ou d’un beau paysage, ou encore pour se détendre à la sortie du bureau… ?
Il est difficile d’imaginer qu’un athlète compétiteur passe des heures sur un stade sans y éprouver du plaisir. Au contraire, souvent plus on court et plus on a envie et même besoin de courir. Et c’est justement parce qu’on y éprouve du plaisir. Le rôle des endorphines à ce niveau a été prouvé par Docteur Henning Boecker de l’Université de Bonn et les résultats de cette étude ont été publiés dans la très sérieuse publication Cerebral Cortex.
La différence entre les coureurs compétiteurs et les autres se situe plutôt au niveau de la motivation. Les uns recherchant une motivation dite « intrinsèque » c'est-à-dire liée directement à la pratique de l’activité alors que les autres, les compétiteurs, seraient plus influencés par une motivation « extrinsèque » c'est-à-dire liée à des éléments indirectement liés à la pratique, comme par exemple l’envie d’obtenir une récompense.
Mais pour tous ces coureurs, si la pratique de la course à pied n’entraine pas ou plus un sentiment de plaisir, il y a fort à parier que l’entrainement cessera rapidement. L’objectif de cet article est donc de donner quelques pistes pour vous permettre de varier les conditions de course et ainsi éviter de sombrer dans la monotonie et la lassitude qui sont souvent à l’origine de l’abandon de la pratique.
La nouveauté et la surprise sont des facteurs de maintien de la motivation. A vous de les susciter et de faire preuve d’un peu d’imagination !
Tout d’abord un premier moyen de lutter contre la monotonie est de varier le type de séance. Alterner par exemple une séance de course à allure régulière, une séance de fractionné (alternance de périodes de courses à allures variées) et des séances de course à allure progressivement accélérée. En fonction de vos objectifs et de votre niveau, ces allures et les durées des différentes périodes seront variables.
Ainsi pour une séance d’une durée totale de 45 minutes de course : il existe une infinité de façon de répartir votre effort et ainsi de varier les sensations :
1/ 45 minutes à allure régulière
2/ 15 minutes à allure lente puis 20 minutes de fractionné de type 30 secondes de course à allure soutenue alternées avec 30 secondes de course lente puis 10 minutes de footing
3/ une course progressivement accélérée toutes les 10 minutes environ
4/ une course où les changements d’allure se font en fonction de ses propres sensations, sans se soucier du chronomètre
5/ une course où les changements d’allure se font en fonction du relief (accélérer dans les cotes, ralentir en descente) ou en fonction des changements de direction (accélérer sur une ligne droite, ralentir au changement de direction, puis ré-accélérer au changement de direction suivant)
Un autre levier pour varier les séances est d’alterner entre des séances en groupe et des séances en solitaire. Si vous avez l’habitude de courir en groupe, essayer de faire un footing seul et laisser libre cours à votre réflexion. Votre cerveau s’évadera, et vous vous surprendrez à rêver ou au contraire à réfléchir à des sujets plus ou moins importants. En prime, vous constaterez que vous aurez les idées claires et vous poursuivrez facilement cette réflexion après votre séance.
En variant vos parcours d’entrainement, vous aurez aussi un autre aperçu des lieux que vous traverser et vos sensations en course évolueront. Essayer par exemple tout simplement de changer le sens de votre boucle, le début devient la fin, vos repères ne sont plus les mêmes et ce sont toutes vos sensations qui changent. De plus, en inversant le sens de votre course, vous vous sentirez mieux à un endroit où d’habitude vous éprouviez peut être plus de difficulté et vous apprécierez mieux cette portion du parcours. Or, comme notre cerveau anticipe ces sensations de bien être et au contraire de souffrance en fonction à nos expériences passées, en modifiant le sens du parcours, vous éviterez ces mauvaises sensations. Et quand vous referez votre parcours dans son sens habituel, l’impression de difficulté ou de lassitude que vous ressentiez à un endroit précis du parcours aura disparu ou sera déplacée.
Essayer de trouver différents parcours dans un cadre différent : un parcours en forêt, un parcours en bord de rivière, un parcours en ville, en privilégiant les parcs pour limiter l’inhalation des gaz d’échappement et en recherchant un maximum de chemin ou pelouse à la place du goudron qui est beaucoup plus traumatisant pour vos tendons et articulations.
Faites l’effort d’être attentif à l’environnement qui vous entoure. Pour cela, laissez votre lecteur MP3 à la maison et écouter les bruits de la nature qui vous entoure. Ecoutez le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les branches, le clapotis de l’eau ou le silence de la nature… Imprégnez vous de cette musique naturelle, laissez libre court à votre imagination, détente garantie ! Si vous avez l’habitude de courir en musique ou en ville, dans un environnement sonore bruyant, il vous faudra peut être quelques sorties pour retrouver ces sensations et entendre ces sonorité que vous avez oublié ou auxquelles vous ne prêtez pas attention.
Pour changer l’ambiance de votre entrainement, changez l’heure de vos séances. Que ce soit en ville ou en campagne, selon le moment de la journée, l’atmosphère n’est pas la même. Le matin vous sentez la nature qui s’éveille, la brume encore présente, les oiseaux sont encore endormis, seuls quelques uns vous saluent au passage. La ville aussi s’agite doucement. Les lieux remplis d’une foule frénétique en pleine journée semblent vous être réservés. Vous êtes libres : libre de vos mouvements, libre de votre rythme de course, libre de lever les yeux pour regarder les façades des immeubles qui vous entourent au lieu de garder le regard fixé sur les autres usagers, de manière à ne pas entrer en collision avec eux. Vous croiserez le commerçant qui prépare sa boutique avant l’arrivée des premiers clients, vous sentirez l’odeur du pain chaud devant la boulangerie et apprécierez encore plus le plaisir de courir en voyant un homme d’affaire sortir de chez lui, mallette sous le bras, et monter dans sa voiture alors que vous bénéficiez encore d’un peu de répit !. En prime, après un footing matinal, vous serez en forme pour toute la journée, doté d’une énergie saine et durable. Une journée de bureau ou de tension se supporte beaucoup mieux quand on a mis son corps en mouvement dès le matin.
A l’inverse le soir, appréciez le coucher de soleil, les lumières orangées, le retour au calme. N’hésitez pas à vous arrêter pour vous étirer dans un endroit qui vous plaît particulièrement, en bord de rivière par exemple, et laissez vous imprégner par ce calme, respirez à plein poumon, laissez échapper les tensions accumulées dans la journée. Courir dans la pénombre exige une plus grande attention visuelle, soyez vigilent à le pose de vos appuis et préférez des courses à allure modérée afin de ne pas vous blessez.
Courir doit rester un jeu. Une petite montée, allez, j’accélère jusqu’en haut ! Je défie le cycliste qui passe à coté de moi. Je fais un petit sprint dans le sable, évite les vagues. Je défie mon compagnon d’entrainement : « le premier arrivé au croisement suivant à gagné », etc… Appréciez la sensation de vitesse lors d’une course en faux plat descendant, sentir ses jambes nous dépasser, allonger la foulée, se laisser entrainer par la vitesse. En courant sur un sentier en forêt, je m’amuse du défilement des arbres dans mon champ visuel, plus le sentier est étroit et technique, mieux c’est. Il en est de même en descente. En prime ces petits jeux sont de bons moyens pour améliorer ses appuis et avoir des appuis actifs.
Alors chaussez les baskets, variez les lieux et les ambiances, ouvrez vous à votre environnement, osez vous évadez au sens propre comme au figuré, et ainsi le plaisir de courir demeurera … Ces petits trucs permettent au coureur entrainé et performant comme au débutant qui ne recherche pas la compétition de conserver le plaisir de courir, tout en se donnant les moyens de progresser. Car ne l’oublions pas, le plaisir vient aussi du fait de se sentir compétent, mais c’est une autre histoire…
Hélène MAMAN, professeur d’EPS et sportive passionnée
Écrit par Cécile Jeudi, 24 Novembre 2011 11:35
Comme vous en avez pris l'habitude maintenant, je fais appel à vous pour la rubrique Paroles de Femmes de Running pour Elles.
Question : Pour vous les hommes courent ils comme les femmes ?
Je vous laisse m'envoyer vos réponses par MP pour celles qui le souhaitent pour la surprise dans le journal !). Si d'autres souhaitent débattre sur le site, n'hésitez pas ! On peut partir du principe que la théorie pour le journal et les anecdotes pour le site !!!
Merci à vous
Cécile








